Nouvelles du Japon : la fertilisation in vitro (IVF) va-t-elle sauver la démographie de ce pays ?

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D’abord les faits : cinq pour cent des nouveaux-nés japonais ont été conçus par fertilisation in vitro, c’est le pourcentage le plus élevé du monde. La population du Japon est de moins de la moitié de celle des USA et pourtant il y a 30 % de plus de cliniques spécialisées dans la fertilisation in vitro. En 2016 il y a eu moins d’un million de naissances au Japon et il en est ressorti que le taux de fertilité avait atteint le triste record de 1,44 enfant par femme en âge de procréer. Pour rappel afin que la population reste stable en nombre il faut un taux de fertilité de 2,1.

Bien que le Japon soit probablement le pays du monde le plus en avance technologiquement le taux de succès des IVF y est le plus faible de tous les pays développés en atteignant un peu moins de 10 % de succès. La question qui vient à l’esprit est de savoir pourquoi les IVF sont si répandues au Japon. Bien que le système de santé publique ne prenne pas en charge les IVF le gouvernement japonais accorde une subvention de 150000 yens pour les couples désirant un enfant. Or compte tenu de l’organisation sociale du pays un grand nombre de femmes travaillent et il reste peu d’heures chaque jour au couple pour augmenter ses chances d’avoir un enfant. De plus les femmes se marient de plus en plus tardivement et peu d’entre elles ont un enfant en dehors du mariage. De ce fait la plupart des femmes qui se soumettent à une IVF ont dépassé la quarantaine, deux fois plus qu’en Grande-Bretagne ou en France.

Le gouvernement du Premier Ministre Shinzo Abe a fixé comme objectif de voir remonter le taux de natalité à 1,8 à l’horizon 2026 et si les protocoles pour effectuer des IVF étaient mieux adaptés (voir note) et que le taux de réussite doublait le nombre de naissance pourrait augmenter de 300000 enfants par an contrebalançant alors le nombre de décès. La firme danoise Origio qui vend les produits utilisés pour les IVF déplore que la société japonaise d’obstétrique et de gynécologie soit par trop restrictive en ce qui concerne les dons de sperme ou encore les mères porteuses pour autrui. De ce fait des centaines de Japonaises partent quelques mois à l’étranger chaque année pour se soumettre à une IVF sachant que près d’un cinquième des couples japonais ne réussissent pas à avoir un enfant. En effet la raison de ces choix est qu’un tentative d’IVF coûte entre 300000 et 500000 yens.

Note. Pour des raisons difficiles à expliquer les médecins japonais pratiquant des IVF ne respectent pas les protocoles généralement admis dans d’autres pays en ce qui concerne les doses de gonadotropine (hyper-stimulation des ovaires) utilisées pour favoriser la réussite d’une IVF car ils redoutent des effets secondaires indésirables pourtant parfaitement connus et décrits dans la littérature médicale. Cette attitude étrange est la raison pour laquelle les IVFs ont un taux de réussite si faible au Japon.

Sources : The Economist et BioEdge, illustration BioEdge