La situation économique américaine se dégrade

La première puissance économique autoproclamée du monde n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des estimations ont montré que rapportée à la population actuelle il y avait moins de sans-abri au plus fort de la crise économique de 1929 qu’aujourd’hui en raison des défauts de paiement des prêts immobiliers et de la précarité du travail. À cela s’ajoute une inflation record jamais atteinte depuis plus de 50 ans qui, calculée sur le panier de la ménagère, c’est-à-dire ce qu’il faut absolument acheter pour survivre, a atteint 19,7 % sur une année. Les Américains privilégiés qui n’ont plus de crédit sur leur voiture dorment dedans. Ils arrivent tant bien que mal à travailler et vivent au jour le jour en percevant des salaires de misère qui leurs sont versés en espèces. Plus des deux cinquièmes de ces nouveaux pauvres n’ayant pas encore de droits ouverts aux aides fédérales pour se fournir en nourriture se sont vus retirées leurs cartes de crédit et l’étape suivant sera une suppression de leur téléphone. Ils seront alors totalement marginalisés, errant dans les rues pour trouver un petit boulot, quelques heures ici, quelques heures là, uniquement pour se nourrir. Les estimations non officielles mentionnent qu’environ 40 millions de personnes, parfois avec des enfants, sont dans cette situation aujourd’hui. Une grande ville du nord des USA a demandé à la police de ne plus verbaliser les personnes qui urinaient et déféquaient dans la rue, je crois qu’il s’agit de Minneapolis sous toute réserve, c’est dire à quel point la situation américaine est délabrée.

La réserve fédérale, confrontée à l’inflation frappant les produits de toute première nécessité, a malgré tout augmenté son taux directeur de 75 points de base ce 27 juillet après l’augmentation de 50 points il y a seulement quelques jours. C’est donc la panique. Le pire dans cette décision de la FED est qu’il n’y aura aucun effet sur l’inflation car les prix des produits industriels finis ont vu leur prix augmenter de 57 % ces dernières semaines. L’Europe n’est pas en reste puisque la BCE a estimé que l’inflation moyenne dans l’Union atteindra au cours de l’été plus de 13 % avec la Lituanie en tête (22 %) et la France, meilleur élève ( ? ) à 4,3 % révisée il y a quelques jours à 4,8 %, sans commentaire. Naturellement toute cette histoire est de la faute de Poutine. Sauf que la politique des banques centrales occidentales avait préparé le terrain avec l’argent facile …

Sources : diverses dont ZeroHedge

Les taux des titres de dette à 10 ans français augmentent, qu’en penser ?

Que mes lecteurs soient indulgents car je ne suis ni économiste ni analyste financier. Il m’arrive donc d’écrire des absurdités. Je voudrais rappeler néanmoins qu’au cours des années 1970-1980 l’inflation atteignait parfois 13 % par an, les salaires étaient indexés sur ce taux d’inflation et les taux d’intérêt des emprunts immobiliers suivaient cette même inflation. J’ai connu cette situation au début des années 1980. La situation est toute autre aujourd’hui puisque ni les salaires ni les retraites ne suivront l’inflation, peut-être à deux chiffres, qui se profile.

Avec l’augmentation du taux des obligations d’Etat à dix ans, chaque point coûte à l’Etat 36 milliards d’euros pas an. C’est Monsieur Olivier Piacentini qui l’affirme au cours d’une entrevue sur la chaine de télévision NTD. Puisque le Ministre des finances français ne sait pas calculer, voici donc les chiffres disponibles sur le site tradingeconomics.com qui clarifieront les neurones déficientes de ce ministre et éclaireront les Français. En août 2020 le taux des obligations à dix ans était de moins 0,16 % et à ce jour 31 mai 2022 il est de plus 1,56 %. Après un bref passage en territoire positif l’intérêt du bon du trésor à dix ans et un retour en territoire négatif, ce taux n’a plus cessé d’augmenter depuis décembre 2021. Cent points de base représentant 36 milliards de coût supplémentaire pour l’Etat on se trouve donc maintenant avec un différentiel de 172 points de base. Le surcoût pour l’Etat est donc de 62 milliards par an. Les taux à dix ans sont orientés vers la hausse dans tous les pays occidentaux y compris la Suisse.

Serait-ce la fin des taux négatifs ? Cette aberration économique consistant à proposer des titres de dette à des souscripteurs qui doivent payer chaque année pour espérer retrouver leur capital de départ 10 ans plus tard est une illusion car en réalité, en Europe et aux Etats-Unis, les banques centrales rachètent ces titres de dette sur le second marché. C’est une manière détournée d’emprunter de l’argent à la banque centrale qui se moque dès lors de ces intérêts négatifs dans la mesure où son bilan est devenu monstrueux. L’inflation a perturbé ce cycle de dettes à des taux négatifs tout simplement parce que les investisseurs sont maintenant certains de ne plus retrouver leur capital initial. Donc la dette souveraine des Etats va « s’évaporer » en raison de cette inflation. Sur le papier ces Etats seront les grands bénéficiaires mais cette inflation constitue dans la vraie vie un impôt qui sera d’autant plus douloureux qu’il concernera des personnes physiques à faible revenu.

Fort heureusement la France dispose d’un institut qui calcule un taux d’inflation « optimisé ». Malheureusement cet institut calcule aussi mal que son ministre de tutelle qui est le Ministre des finances. Les boniments ministériels, un jour prochain, ne seront plus du tout convaincants et alors le peuple manifestera son mécontentement. Et comme pour aggraver la situation les déficits iront en s’amplifiant et un jour prochain la France se retrouvera sous la tutelle du Fonds Monétaire International puisque les taux offerts aux investisseurs resteront négatifs en regard de l’inflation. L’Afrique du Sud et le Brésil par exemple offrent des taux d’environ 8 % proches de l’inflation qui sévit dans ces pays. Tout est fait en France pour que la situation s’aggrave. Il est vrai que l’image de mon pays natal, vue de l’étranger, se dégrade jour après jour. Demandez aux supporters anglais et espagnols qui ont fait le déplacement pour assister au match de finale à Saint-Denis, demandez-leur ce qu’ils pensent du nouveau gouvernement français, un ramassis d’incompétents, certains d’entre eux ayant des mœurs pas très nettes, alors vous aurez en retour une image réaliste de la France : un pays en pleine déroute morale, financière et sociétale. 

La France est dirigée par des gérontocrates

À l’issue des élections présidentielles j’ai décidé de ne plus jamais voter, d’ailleurs j’ai une bonne excuse car je ne suis pas inscrit sur les listes électorales du consulat de France à Tokyo. Je ne m’intéresse plus qu’à l’actualité internationale et elle est suffisamment chargée pour négliger les magouilles électoralistes en vue des élections législatives qui aboutiront à choisir des députés n’ayant plus aucun pouvoir puisque le Président aux manettes pour 5 ans gouvernera par ordonnances téléguidé en cela par la Maison-Blanche, la Commission européenne et le Forum économique mondial. Les Français n’ont d’autre choix que de se taire et d’avaler toutes les couleuvres que leur serviront les décideurs politiques.

Comme je l’ai constaté ce matin en regardant un entretien d’Emmanuel Todd et d’Olivier Berruyer sur le site Blast la France est dirigée par des oligarques faisant partie des « boomers » et influençant le pouvoir politique sans jamais apparaître ouvertement sur la scène médiatique. Macron a été réélu par ces mêmes « boomers » car il font confiance à un gérontophile qui est donc l’un des leurs. Les deux intervenants de cet entretien sur Blast n’ont pas tenu le propos que je viens d’écrire. Il ressort que l’inflation, maintenant de l’ordre de 8 % en France va laminer les petits salaires puis les « boomers » suivront en constatant l’effondrement du pouvoir d’achat de leur retraite et ils n’apprécieront pas. Les augmentations de salaire ne sont pas à l’ordre du jour du moins dans l’esprit des dirigeants d’entreprise confrontés à une crise économique qui ne dit pas encore son nom. Celle-ci va arriver et quel que soit le nouveau gouvernement celui-ci n’aura plus aucun moyen pour stimuler l’économie sinon avoir recours à la dette.

Pendant les deux dernières années, 2020-2021 la France à réussi à augmenter sa dette de 650 milliards d’euros pour un résultat stupéfiant d’une augmentation du PIB de la nation d’à peine 50 milliards et ce n’est pas avec un tel résultat que la situation va s’améliorer, et ceci d’autant plus que les investisseurs étrangers se tournent vers d’autres pays après avoir constaté ce désastre. Il suffira d’un élément extérieur comme l’entrée en guerre de l’OTAN contre la Russie pour que la situation déjà catastrophique de la France s’aggrave et que les grincements de dents des « sans-dents » remontent jusqu’aux ors de la République. Tout concoure pour l’émergence d’une crise grave et durable. Et les retraités, les « boomers » dont je fais partie, regretteront d’avoir choisi Macron comme patron à l’autorité non partagée pour diriger le pays.

J’avoue que je suis heureux de me trouver au Japon maintenant et probablement jusqu’à la fin de mes jours selon le bon-vouloir des autorités japonaises (ce n’est pas encore gagné) car mon désir d’obtention d’un visa de longue durée pour vivre auprès de mon fils n’est pas prévu par la loi. Je reste optimiste dans la mesure où ma santé se dégrade en raison des effets à long terme du coronavirus. Alors la France, l’Europe, Ursula, Klaus et les autres, c’est bien loin. Qu’ils aillent affronter la Russie c’est leur problème sachant que le Président russe a bien prévenu : l’Europe peut être entièrement vitrifiée en moins d’une heure …

Lien d’inspiration : https://www.youtube.com/watch?v=yulAKGSFquE&ab_channel=BLAST%2CLesouffledel%27info

Notre monde de mensonges

Si le discours sur l’inflation dont nous sommes nourris est vrai, la politique de sanctions du gouvernement américain n’a aucun sens car les pires victimes sont les populations américaines et européennes qui paient les restrictions d’approvisionnement par des prix et des taux d’intérêt plus élevés.

Comme la Russie est un exportateur d’énergie et de minéraux, des prix plus élevés se traduisent par une augmentation des recettes d’exportation. Ce sont les Américains et les Européens frappés par les prix élevés qui subissent les sanctions.

Demandez-vous pourquoi, avec les pénuries d’approvisionnement, les chaînes d’approvisionnement perturbées par la politique de verrouillage insensée et la hausse de l’inflation, le gouvernement américain a fait grimper l’inflation en inhibant l’approvisionnement avec des sanctions. La cause de l’inflation actuelle est-elle l’impression d’argent par la Réserve fédérale ou la réduction de l’offre de biens et de services causée par le protocole Covid de Washington et les « sanctions russes » ?

Demandez-vous pourquoi le régime Biden est plus préoccupé par l’État gangster ukrainien que par le taux d’inflation américain et le bien-être des citoyens américains.

Demandez-vous si le prix élevé actuel de l’essence est vraiment le résultat de sanctions empêchant le pétrole d’arriver sur le marché. Autant que je sache, la Russie continue de vendre du pétrole et du gaz naturel. Seuls les petits achats américains de pétrole russe ont cessé. La faible quantité de pétrole en cause ne peut expliquer la hausse des prix. Ce sont très probablement les compagnies pétrolières qui utilisent le récit de la « crise » pour augmenter les prix.

Demandez-vous si une hausse des taux d’intérêt d’un demi-point de pourcentage est suffisante pour provoquer une baisse de 1 000 du Dow Jones. Vraisemblablement, l’argument est qu’un taux d’intérêt plus élevé augmente les coûts et fait baisser les bénéfices, donc le déclin du marché boursier. Mais si des taux d’intérêt plus élevés augmentent les coûts, comment sont-ils anti-inflationnistes ? Très probablement, le marché boursier a chuté parce que la Réserve fédérale a déclaré qu’elle mettait fin à sa politique d’impression de monnaie pour soutenir les cours des actions et des obligations. Au lieu de cela, la Réserve fédérale va vendre des actions et des obligations de son portefeuille de 9 billions de dollars construit en achetant des actions et des obligations pendant plus d’une décennie afin de soutenir les banques de New York et Wall Street. Lorsque l’assouplissement quantitatif a commencé, le portefeuille de la Réserve fédérale était de 800 milliards de dollars. Aujourd’hui, il est 11 fois plus grand. Cette énorme augmentation du portefeuille de la Réserve fédérale explique la longue ascension du Dow Jones et les fortunes faites à Wall Street.

Aucun des récits dont nous sommes nourris n’est vrai. Les récits servent des agendas qui ne sont pas divulgués au public.

C’est une fiction que les « démocraties occidentales » sont autonomes. Comment les gens peuvent-ils s’autogouverner alors qu’ils vivent dans un monde gouverné par de fausses explications au service d’agendas cachés ?

Article de Paul Craig Roberts. Note de votre serviteur. Paul C. Roberts est un vieux renard ayant servi l’administration américaine depuis Ronald Reagan. Il fait toujours des analyses avec un recul admirable et ce billet paru sur son blog il y a quelques jours dit tout, il n’y a rien à ajouter. Remplacez la Réserve fédérale par la Banque Centrale européenne, songez au taux d’inflation en Europe qui flirte aujourd’hui avec les 11 % par an, il ne faut pas se voiler la face, et enfin il ne faut pas ignorer que le taux des obligations à 10 ans est maintenant positif dans tous les pays d’Europe, y compris la Suisse ! La note de la France va être dégradée dans les prochains jours et elle ne pourra plus alors emprunter à très court terme avec des taux négatifs pour rouler sa dette, elle en est là, mais l’Agence France-Trésor ne trouve plus de souscripteurs. Conclusion : bientôt le FMI viendra mettre le nez dans les finances de la France.

L’inflation commence insidieusement

Un terme a été inventé pour les vendeurs de produits qui rétrécissent leurs emballages, et donc la quantité de produits dans ces emballages, en gardant le même prix de l’emballage : la réduction de la taille. Toute personne ayant un peu de bon sens ou une formation en économie sait qu’il s’agit d’une autre forme d’inflation des prix, causée par ce qui était autrefois le sens du dictionnaire de l’inflation : une augmentation de la masse monétaire.

Par exemple, alors que le retard américain moyen continue de s’élargir, le papier toilette s’est rétréci. La mère d’un ami a fait sortir une règle pour confirmer sa théorie. L’année dernière, John Hebbe de Fairfax, Virginie, a fourni une preuve photographique au Washington Post : un vieux rouleau mesurait 4,5 pouces de large, un nouveau rouleau, 3,75 pouces. Bien sûr, les nouveaux rouleaux sont plus gros, pour l’instant, ce qui agace les propriétaires de maisons avec des distributeurs de papier toilette avec le rouleau trop près du mur pour accueillir les rouleaux plus gros.

Greg Rosalsky a écrit pour NPR.org (National Public Radio) : « Le rouleau de papier toilette original Charmin, [Edgar Dworsky, ancien procureur général adjoint du Massachusetts], avait 650 feuilles. Maintenant, vous devez payer un supplément pour les « Mega Rolls » et les « Super Mega Rolls » – et même ceux-ci ont beaucoup moins de feuilles que l’original. Pour ajouter l’insulte à la blessure, Charmin a récemment réduit la taille de ses papiers de toilette. Parlez d’une affaire de merde (« crappy deal »). (Charmin est un fabricant de papier de toilettes du groupe Procter&Gamble)

« La réduction de matière est vraiment une augmentation de prix sournoise », a déclaré Dworsky à NPR. « Les consommateurs ont tendance à être attentifs aux prix. Mais ils ne sont pas conscients du poids net passé de 64 onces à 59 onces, ils ne le remarqueront probablement pas ».

Homo economicus est supposé remarquer cette supercherie de la théorie économique néoclassique. Oliver Kim a écrit dans The Crimson : « Mais voici un aveu : Homo economicus est tout au plus une fiction utile – dans le jargon économique, un modèle. Les êtres humains ne pensent pas vraiment comme Scrooge McDuck, mais, en approximation et dans l’ensemble, nous nous comportons souvent comme nous le faisions. (The Crimson est une gazette de l’Université d’Harvard)

Au fil des ans, Edgar Dworsky a documenté la réduction de matière de tout, des Doritos de shampoings pour bébé en passant par la vinaigrette. « La réduction de matière a tendance à se produire lorsque les fabricants sont confrontés à une sorte de pression sur les prix, par exemple, si le prix de l’essence ou des céréales augmente », a expliqué Rosalsky.

Ce qui manque au scribe de la NPR, c’est l’effondrement de la division du travail par l’inflation. Les gens moyens, qui ne sont pas du genre Homo economicus avertis, doivent pomper leur propre essence, faire leurs propres courses et, pire encore, gérer leurs propres fonds de retraite.

Puisque le gouvernement a considéré que ses billets papier et ses chiffres informatiques étaient de l’argent, Murray Rothbard a écrit, « alors le gouvernement, en tant que fournisseur de monnaie dominant, devient libre de créer de l’argent sans frais et à volonté, en conséquence, cette « inflation » de la masse monétaire détruit la valeur du dollar ou de la livre, fait monter les prix, paralyse le calcul économique, entrave et endommage sérieusement le fonctionnement de l’économie de marché ». Cela inclurait la division du travail. « Comme nous voyons l’inflation augmenter maintenant, c’est pourquoi je pense que vous allez voir plus d’articles être réduits », a déclaré Dworksy à Rosalsky. « Et peut-être que ce sera un double coup dur : nous allons voir certains le prix des produits augmenter en même temps que vous en obtiendrez moins dans l’emballage.

Une porte-parole de Charmin, confrontée à des journalistes de WBUR à propos de la réduction de la taille de leurs carrés de draps de toilette, a tiré une explication de vous-savez-quoi, suggérant que c’était le résultat d’ « innovations permettant aux « consommateurs de, fondamentalement, essuyer leur arrière plus efficacement ». (WBUR est la station locale à Boston de la NPR)

Rosalsky, écrivant sur le site de la NPR, estime que « les consommateurs commenceront à remarquer et à exprimer leurs inquiétudes et le pouvoir de la demande des consommateurs obligera les entreprises à écouter et à dimensionner leurs produits ». Bonne taille? Quelle est la bonne taille ?

Ne blâmez pas Charmin, comme l’a expliqué Ludwig von Mises « Si le parti au pouvoir ne veut pas mettre sa popularité en péril par de lourdes taxes, il a recours à l’inflation ». Les consommateurs devraient se plaindre à ceux qui travaillent à l’Eccles Building (siège de la Réserve fédérale américaine) qui produisent de l’argent, et non à ceux du marché privé qui produisent du papier toilette. Source : Mises Institute, article de Doug French

Où est passée l’inflation ?

Où est passée l’inflation ?

Je ne suis pas un économiste, loin de là car c’est une science inexacte dans la mesure où il est impossible de mettre en équation tous les paramètres qui sont, comme disent les spécialistes, les sous-jacents de l’évolution des marchés. Janet Yellen a déclaré il y a quelques jours qu’elle ne comprenait pas pourquoi, malgré la profusion de monnaie disponible à des taux jamais vus depuis 5000 ans, il n’y avait toujours pas d’inflation. Faut-il que cette personne qui compte parmi les plus puissantes du monde soit totalement dénuée de bon-sens ! Un bon-sens paysan comme on disait autrefois …

Pour qu’il y ait inflation des prix il faut que la demande surpasse l’offre. Quand il y avait des famines en Europe le prix du blé pouvait être multiplié par 5 en quelques mois car l’offre était inexistante. Aujourd’hui il n’y a plus de demande dans la plupart des pays de l’OCDE car dans tous ces pays le chômage est endémique et important, très important. Aux USA, le pays de Yellen, plus de 50 millions de personnes en âge de travailler n’ont pas d’emploi du tout et survivent uniquement avec des coupons d’alimentation généreusement distribués par le gouvernement fédéral et 50 autres millions de personnes également en âge de travailler ne trouvent que quelques heures de travail ici et là durant la semaine pour éventuellement arriver à s’acheter une boite de corned-beef chaque jour. Ce n’est pas ainsi que la demande et donc l’inflation peuvent être relancées dans le pays de Yellen qui n’a décidément rien compris.

En Europe l’image n’est pas plus flatteuse. En Italie, Espagne, France, Portugal, Grèce ou Belgique la situation est tout aussi alarmante qu’aux USA. Le taux de chômage dans ces pays, si il est fait abstraction des statistiques gouvernementales truquées, atteint entre 15 et 20 % de la population active. Même scénario, mêmes effets : une demande réduite à sa plus simple expression – les denrées de première nécessité – ne relancera pas l’inflation tant espérée par les gouvernements pour diluer la dette d’Etat.

Tant que les statistiques du chômage flirteront avec des chiffres de l’ordre de 20 % les salaires n’augmenteront pas puisque le marché du travail obéit aux mêmes lois que n’importe quelle autre denrée : trop de demandeurs d’emploi, pas question d’augmenter les salaires et par conséquent pas non plus d’augmentation de la demande de la part de ceux qui ont la chance d’avoir un emploi. C’est en quelque sorte un cercle vicieux d’où lequel les économies occidentales auront beaucoup de mal à s’extirper.

Puisque la demande est rachitique, les entreprises, confrontées à des marchés étriqués, n’investissent naturellement plus et n’embauchent également plus, d’où la persistance de ce chômage. Alors la politique des banques centrales consistant à inonder les marchés financiers de monnaie fraîchement imprimée est de ce fait totalement inefficace pour relancer l’économie, en d’autres termes l’emploi, la consommation et par voie de conséquence l’inflation.

Les taux d’intérêt proches de zéro, supposés stimuler l’économie – il est tentant, en théorie, d’emprunter à des taux ridicules – sont en réalité dévastateurs car ceux qui sont dans une situation économique précaire ne consommeront pas plus pour autant. Tout simplement parce que quand on n’a pas de revenus fixes on ne peut pas emprunter le moindre kopeck à son banquier. Ici à Tenerife, une île pourtant privilégiée par sa puissante industrie touristique et ses ressources agricoles inestimables, les pauvres restent pauvres mais les riches s’enrichissent en profitant de ces conditions ultra-favorables de crédit. Et l’inflation est un doux rêve. Vous voulez un exemple concret ? Tous les six jours je vais dans mon petit super-marché au coin de la rue acheter deux packs de bière (soit 8 litres) et un pack de 6 litres de lait entier (en réalité je bois beaucoup plus de 8 litres de bière en 6 jours et je n’ai aucune honte à l’avouer, d’autant plus que la bière ne coûte ici que 80 centimes d’euros le litre : où est l’inflation ?). Il m’en coûtait il y a un mois 10,14 euros. Depuis une semaine je débourse seulement 9,54 euros pour strictement le même achat : taux de déflation 5,9 % !

Il y a plus grave encore parmi les effets pervers des taux d’intérêt proches de zéro : les caisses de retraite n’arriveront plus à payer les pensions des retraités. Il ne faut pas croire que l’argent que j’ai épargné durant toute ma vie active (je suis retraité) pour me constituer une retraite complémentaire est resté dans une boite en fer blanc et que chaque mois ma caisse de retraite m’en met un peu sur mon compte en banque. Cette caisse de retraite a fait durant des années des placements avec mon épargne qui lui ont permis de rémunérer les retraités lorsque je travaillais et d’éventuellement réaliser quelques profits avec « mon argent ».

Aujourd’hui, en raison des politiques délirantes des banques centrales, ces mêmes caisses de retraite, qu’elles soient privées ou publiques, sont toutes au bord de la faillite puisqu’elles ne peuvent plus réaliser de profits sur les marchés financiers en raison de ces taux d’intérêt proches de zéro. Si les retraités actuels vont être un peu plus taxés pour tenter de sauver le système (c’est le cas de la France) il est inutile de douter un instant : les futurs retraités auront la vie très dure. Toutes les promesses qu’on leur tient aujourd’hui ne seront jamais honorées ! Seuls les grands favorisés de ce système financier perverti en profiteront, c’est-à-dire les riches qui sont devenus de plus en plus riches et les « nouveaux riches » qui ont accumulé des richesses extravagantes basées sur du vent à la Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg mais cette classe de privilégiés n’est pas à l’abri d’une profonde crise économique, la « big one » qui se profile à l’horizon en raison de cette situation invraisemblable.

Reste le cas du Japon, pays que je connais pour au moins y séjourner deux fois par an et prétendre bien le connaître est un abus de langage. Il y a peu de chômage dans ce pays, à peine trois pour cent de la population active, des centaines de milliers d’offres d’emploi ne sont pas satisfaites et le Japon a déjà modifié les lois relatives aux demandes de visa de résident temporaire dans le but d’attirer une main-d’oeuvre étrangère sélectionnée. Et pourtant les salaires évoluent peu, la demande stagne et l’inflation n’est toujours pas au rendez-vous malgré les « QEs » de la BoJ. L’un des objectifs de Shinzo Abe quand il a été élu était d’atteindre une inflation de quelque 3 % et les économistes nippons ne voient toujours rien venir. Même une augmentation de la TVA n’a pas vraiment créé d’inflation ! Qu’en conclure alors ? Les « quantitative easing » sont contre-productifs en tous les cas en ce qui concerne l’inflation, car la demande ne progresse pas et tous les billets de banque fraîchement imprimés se retrouvent dans la poches des 0,01 %, aux USA, en Europe et très certainement au Japon aussi. Cette masse considérable de liquidités n’a pas pénétré les circuits économiques normaux, c’est peut-être la raison pour laquelle les politiques monétaires des banques centrales occidentales (Japon compris) n’ont pas atteint leur but : un miroir aux alouettes de plus et une grave erreur d’appréciation des gouverneurs de ces banques centrales …

Je répète que je ne suis pas économiste et je n’ai fait que relater dans ce billet mes impressions personnelles rassemblées au cours de nombreuses lectures sur un certain nombre de sites qui ne font pas partie des médias « main-stream ».

Terra incognita …

Je ne suis pas un analyste financier, heureusement d’ailleurs car faire des pronostics économiques ou financiers par les temps qui courent c’est comme prévoir le temps qu’il fera au mois de septembre, c’est-à-dire que la chance de faire une prévision réaliste de ce que ma petite nièce fera dans trois mois à Arcachon équivaut à lire dans le marc de café. Je m’explique : aucune de mes petites nièces, autant que je sache, n’ira à Arcachon cet été, mais ma diversion prosaïque n’est là que pour insister sur le fait que les prévisions économiques sont inutiles. Même Mario Draghi ne sait pas où il s’aventure après avoir réduit le taux directeur de la BCE d’un tiers à 0,5 % car maintenant, compte tenu d’une inflation moyenne dans la zone euro de 1,5 % le taux d’intérêt réel est négatif et Draghi, auréolé de son passé chez Goldman Sachs, ne peut pas se féliciter de conduire l’Europe dans une terra incognita qui n’encouragera certainement pas les banques à financer une quelconque initiative entrepeurneuriale et ce dans quel pays européen que ce soit y compris l’Allemagne. Ces taux d’intérêt négatifs de fait sont donc là pour paralyser l’ensemble de l’économie européenne et Madame Lagarde que je regardais hier interviewée par une chaine de télévision suisse doit rêver autant que Mario Draghi en annonçant que seule la rigueur pourra faire renaître la croissance tant espérée par les Espagnols, les Italiens, les Portugais … et les Français. Car, avec des taux d’intérêt négatifs, les investisseurs iront vers d’autres pays que ceux de l’Union européenne et lorsque les gouvernements européens, comme la France, dispendieux, ne trouveront plus d’acquéreurs pour leurs émissions d’obligations pour lesquelles ces derniers seront certains de perdre de l’argent, il ne faut pas les prendre pour des imbéciles, alors le système se bloquera de lui-même et le FMI ne pourra plus faire face à la débandade européenne généralisée tant politique que sociale. Car non seulement les banques qui voient maintenant leur mises en pension auprès de la BCE réduites également à un taux égal à zéro et donc compte tenu de l’inflation (qui diminue ce qui n’est pas bon signe) ces banquiers perdent de l’argent en le déposant même à très court terme, alors ils n’ont plus d’autre choix que de consolider leur bilan mais au détriment de toute espèce de relance de l’économie totalement atone en Europe.

C’est donc vers l’inconnu que l’Europe a choisi d’aller et les conséquences sont imprévisibles tant socialement que politiquement. Il y a dix huit mois environ (il faut que je mette de l’ordre dans mon blog pour que mes lecteurs s’y retrouvent) je prévoyais une récession en double-dip, elle est maintenant dans les faits et la décision de la BCE, masquée un temps par l’augmentation des indices boursiers, ne fera in fine qu’aggraver la situation. J’ose espérer que je me trompe, au moins pour l’Europe, mais j’ai peine à croire que la bourse ne réflète pas la réalité des fondamentaux et qu’elle est sous-évaluée. Les investisseurs, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens quoiqu’en pensent le gouvernement français socialo-communiste, ne s’y trompent pas car les nations ne sont plus solvables et encore pour quelques mois les bourses sont leur seule source de profit potentiel, mais cette situation ne durera pas non plus, alors ce sera la chute. 

L’allumette inattendue ? (inflation en Iran)

A quelques semaines des élections présidentielles iraniennes, une information passée inaperçue dans la quotidienneté des bombardements de civils en Syrie, un pays allié de l’Iran, est lourde de conséquences pour la stabilité de l’ensemble du Moyen-Orient, alors que le Président Hollande est en déplacement dans la région aujourd’hui.

L’Iran a retiré le dollar et l’euro de la circulation pour tenter de masquer l’inflation qui détruit la valeur du riall : 75 % pour les 12 derniers mois, 57 % pour le dernier mois et 33 % seulement pour la semaine dernière suite à la décision du gouvernement ! Ca fait beaucoup mais ce n’est pas ce pourcentage astronomique de l’inflation quotidienne (près de 5 % par jour) qui fait frémir mais les conséquences sociales que cette situation devenue soudainement incontrôlable va entrainer. La question est donc la suivante et elle est de taille : comment la République islamiste d’Iran va endiguer la situation sociale explosive ? La seule réponse plausible pour maintenir l’intégrité de la nation est de faire la guerre à ses ennemis héréditaires, les Sunnites (comme le fait ouvertement El-Assad, chiite, en ce moment dans son pays, on ne peut pas le nier) et il y en a beaucoup de Sunnites de l’autre côté des rives du Golfe Persique !!!

On ne peut pas être vraiment optimiste quant à la stabilité à court terme du Moyen-Orient. Cette inflation iranienne est peut-être l’allumette de trop qui va embraser la région. 

Un crachat dans le seau des dettes. (Vers une dévaluation de l’euro ?)

Un crachat dans un seau !

L’aide aux banques espagnoles (une soixantaine de milliards d’euros) sous forme de cash en contre partie d’un dépôt d’obligations d’Etat est une goutte d’eau dans l’océan des junk bonds accumulées dans le bilan de ces banques.
Le plan de croissance arraché par l’Espagne et l’Italie est aussi un crachat dans un seau de dettes. Juste pour illustrer mon propos, voici un tableau décrivant la vraie réalité du problème :

Dès lors que le système sera mis en place, l’Allemagne devra garantir à hauteur d’un tiers de son PIB l’aide accordée aux PIIGS + la Belgique, ce qui correspondra à une augmentation de 40 % de sa dette actuelle. Pour la France ce sera 30 % de son PIB et une augmentation de sa dette de 36,8 %, 42 % pour les Pays-Bas et 64 % pour la Finlande.
Il n’y a donc aucune raison de se réjouir quand Hollande, Monti et Rajoy ont crié victoire avec cette machine à gaz toxique que constitue la mutualisation de la dette.
De toute manière ce montage à la Ponzy ne pourra pas fonctionner sans une remise en ordre douloureuse des finances publiques de tous les Etats européens et une harmonisation des législations relatives au travail, de la fiscalité et du fonctionnement des banques.

A l’appui de mes propos :

Que faire ?

Plus de LTRO ? Il n’y a pas de collatéraux !
Diminuer le taux directeur de la BCE ? Il flirte déjà avec zéro !
Acheter de la dette italienne et espagnole ? L’Allemagne s’y refusera !
Emettre des euro bonds ? L’Allemagne s’y refusera sans contre-partie !
Solliciter les USA, la Chine ou je Japon ? Improbable !
Appeler le FMI à l’aide ? Il n’en a pas les moyens !

Une solution reste une dévaluation de l’euro orchestrée par la FED, la BoJ, la BoE (et la banque centrale chinoise) comme cela fut le cas à la suite des accords dits « du Plaza » en 1985.
Cependant un tel scénario aurait des conséquences imprévisibles sur les économies de la Chine et du Japon, gros détenteurs d’euros mais aurait également des conséquences sur les économies des pays européens eux-mêmes si la croissance ne repartait pas presque immédiatement.

Enfin, une dernière solution à laquelle s’opposeront les Allemands jusqu’au bout, c’est-à-dire lorsqu’ils s’apercevront qu’il n’y a plus d’autre alternative, l’injection d’argent papier pour provoquer une inflation dans tous les pays européens aboutissant de fait à une dévaluation déguisée de l’euro.
20 % de dévaluation ou 20 % d’inflation ? Pas les mêmes causes mais les mêmes effets et c’est pourtant la seule solution qui reste … La réunion européenne de jeudi et vendredi aurait pu être celle de la dernière chance, elle entérine au contraire l’incapacité à gérer la dette monstrueuse de l’ensemble des pays européens, l’incapacité à gérer la récession qui s’annonce et l’incapacité à voir l’avenir avec un minimum de sérénité.