Retour sur les tardigrades

Capture d’écran 2016-09-21 à 12.15.43.png

Il y a quelques mois j’avais écrit un billet sur les tardigrades (voir le lien) dans lequel il était fait mention d’une controverse au sujet de leur patrimoine génétique. Inutile de rappeler ici ce qu’est un tardigrade car l’objet de ce présent billet tente de trouver une explication aux propriétés d’extrème résistance de ces animalcules. Une équipe de biologistes de l’Université de Tokyo dirigée par le Docteur Takekazu Kunieda a réalisé le séquençage de l’ADN du tardigrade Ramazzottius varieornatus particulièrement résistant aux radiations ionisantes et à la dessication totale. Afin d’expliquer les mécanismes de résistance remarquables de ces petits acariens ils ont ensuite étudié l’expression des gènes induite par les conditions extrêmes et les résultats obtenus sont tout à fait surprenants.

Le premier résultat global est la séquence finale du génome complet de ce tardigrade qui code pour 19521 gènes. Un peu plus de 50 % de ces gènes présentent des similitudes avec ceux des autres métazoaires et 40 % sont uniques aux tardigrades. Pour le reste il reste encore quelques incertitudes résultant probablement de traces de contaminations à hauteur de seulement 1,8 % et enfin une centaine de gènes effectivement exprimés par le tardigrade sont le résultat d’un transfert horizontal, c’est-à-dire provenant de virus, de champignons ou de bactéries. Il faut garder à l’esprit que le tardigrade vit dans l’eau et se nourrit de détritus. il est donc exposé dans son milieu naturel à toutes sortes de microorganismes.

La partie la plus intéressante de ces travaux de recherche est la présence chez le tardigrade de toute une série d’activités enzymatiques qui le protègent des phénomènes d’oxydation apparaissant lors de la dessication ou à l’exposition aux radiations ionisantes. Les enzymes très présents sont ceux qui détruisent l’eau oxygénée apparaissant lors de la dessication. D’une part le tardigrade dispose de deux fois plus de l’enzyme appelé superoxyde-dismutase qui détruit l’eau oxygénée, un poison mortel pour les cellules, que n’importe quel autre métazoaire, y compris l’homme ! Il possède également plusieurs formes de certains enzymes de réparation de l’ADN ou de la chromatine alors que par exemple chez l’homme ces activités particulières n’existe que sous une seule forme.

Mieux encore, toutes les voies métaboliques de dégradation existant normalement dans les cellules et pouvant faire apparaître de l’eau oxygénée chez les métazoaires, y compris l’homme, sont réduites à leur plus simple expression ou ont totalement disparu chez le tardigrade afin qu’il soit mieux protégé contre le stress dit oxydatif. De plus le tardigrade a mis au point des systèmes qui protègent son équipement en protéines de la coagulation à la chaleur (le tardigrade supporte allègrement des températures de plus de 100 degrés) et de la dénaturation lors de dessication extrême, des protéines uniques dans le monde vivant. Enfin au niveau des mécanismes de protection de l’ADN, le tardigrade exprime à des niveaux records une protéine spéciale qui compacte le complexe ADN-chromatine lors de la multiplication cellulaire, une protéine qui existe aussi chez les cellules embryonaires y compris d’origine humaine et dont le rôle, pour faire bref, est d’éviter à la cellule de faire n’importe quoi lors d’une division. Cette protéine particulière protège l’ADN efficacement lors d’un traitement avec des radiations ionisantes en favorisant l’intervention des activités enzymatiques de réparation de l’ADN.

Pour le tardigrade la nature a admirablement bien fait les choses …

Source : Nature en accès libre, doi : 10.1038/ncomms12808 Illustration (Nature) : tardigrade dans des conditions normales, à droite tardigrade déshydraté. Les traits symbolisent 100 microns.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/12/14/la-controverse-du-tardigrade/

La mort des colonies d’abeilles revisitée

Capture d’écran 2016-08-24 à 13.53.32.png

On a dit tout et n’importe quoi sur la maladie qui frappe les abeilles et détruit les colonies. Certains sont même allé jusqu’à incriminer le réchauffement climatique global. Les pesticides ont aussi été accusés d’amplifier cette hécatombe, dont en particulier les néonicotinoïdes, en fragilisant les abeilles qui ne peuvent alors plus se défendre contre les attaques des varroas et d’autres pathogènes.

Des centaines d’équipes de zoologistes associés à des biologistes s’affairent pour tenter de trouver une explication rationelle à la maladie des rûches mais pas seulement en se penchant au chevet des abeilles car les bourdons, d’autres importants insectes pollinisateurs utilisés en particulier dans les cultures sous serre, sont aussi affectés par diverses maladies. La complexité de ce problème commence à être décortiquée à l’aide des techniques les plus modernes de la biologie moléculaire, je veux parler du séquençage de l’ADN et des ARNs. Car il est urgent de trouver une solution – si au final on y arrive – pour juguler cette hécatombe dont les retombées économiques sont immenses. Les bienfaits des insectes pollinisateurs et en particulier des abeilles sont évalués mondialement à plus de 175 milliards de dollars par an : il y donc bien une motivation économique qui rend ce problème urgentissime.

En février, lors de la floraison des amandiers en Californie, 60 % des rûches américaines sont transportées par camion dans la San Joaquim Valley. La Californie est le premier producteur mondial d’amandes, plus de 80 % des amandes du monde y sont produites et cet exode temporaire de rûches est le plus grand évènement de pollinisation au monde. Ce gigantesque mouvement de rûchers favorise la fragilisation des abeilles puisque près d’un tiers des colonies ne survivent pas à l’épreuve. L’une des raisons incriminées pour expliquer la mortalité des abeilles est justement une mauvaise gestion des rûches et des essaims par les apiculteurs eux-mêmes. Mais la principale raison de cet état de fait reste encore le varroa.

journal.ppat.1005757.g001.png

Ce qui a intrigué les zoologistes est l’observation suivante : par comparaison aux colonies saines, celles qui montrent des signes de souffrance sont beaucoup plus affectées par des virus, parallèlement à la présence (ou non) de varroa et ceci indépendamment de tous les autres facteurs tels que l’environnement, la présence sur les lieux de butinage de pesticides ou encore de récents transports en camion pour amener les rûches sur les lieux de pollinisation. Il en est de même pour les colonies de bourdons. Les moyens d’investigation modernes de présence d’ADN et d’ARN et leur identification rapide a permis de montrer qu’une multitude de virus étaient responsables de la mort des colonies. Pour ne citer que quelques-uns d’entre eux, il s’agit pour la plupart de virus à ARN simple brin à lecture directe, par opposition aux « rétrovirus » dont la lecture se fait dans le sens 5′ vers 3′. Je passe sur les détails. Il s’agit du virus Israeli de paralysie sévère (IAPV), du virus Kashmir (KBV), du virus déformant les ailes (DWV), du virus Lake Sinai (LSV) mais aussi du virus Kakugo, du varroa destructor virus-1, du virus Sacbrood et enfin d’autres virus qui n’ont pas encore pu être classés taxonomiquement. Ça fait beaucoup et les spécialistes de la question ont tendance à émettre l’hypothèse que tous ces virus pathogènes pour les abeilles, pour beaucoup d’entre eux véhiculés par le varroa, se transmettent d’abeille à abeille par déglutition.

Chez les colonies atteintes par le varroa, la diversité virale est réduite à seulement deux ou trois types de virus, ce qui aurait tendance à montrer que le varroa ne transmet pas tous ces types de virus mais il reste encore à préciser ce point particulier. Les travaux actuels s’orientent vers une meilleure compréhension des mécanismes d’immunité des abeilles vis-à-vis d’une attaque virale. Il semble que le varroa affaiblit le système immunitaire des abeilles selon un processus encore inconnu. Ce qui est d’ors et déjà acquis est une modification du taux de petits ARNs inhibiteurs de la réplication des virus à ARN, l’un des mécanismes de défense des abeilles. La situation est plutôt compliquée par le fait que l’on ne dispose pas d’abeilles mutantes comme dans le cas de la drosophile (la mouche du vinaigre) qui est également susceptible à des attaques virales et chez laquelle il a été possible de préciser le rôle des petits ARNs inhibiteurs double-brin interférant avec la réplication virale. Enfin la production in vitro de ces virus est encore très difficile.

Les travaux de recherche dans le domaine de la mort des colonies d’abeilles s’orientent enfin vers les bactéries normalement présentes dans le tractus digestif des abeilles afin de déterminer l’interaction entre celles-ci et la défense immunitaire des abeilles. Toute une recherche malaisée en perspective, les enjeux économiques la justifient amplement.

Source : Plos pathogens, doi : 10.1371/journal.ppat.1005757

Un enzyme qui dégrade le PET (polyéthylène-téréphtalate)

Capture d’écran 2016-03-13 à 12.39.02.png

Les matières plastiques en tous genres ont inondé nos vies quotidiennes, depuis les touches des claviers d’ordinateurs jusqu’aux bouteilles d’eau minérale en passant par les jouets, le mobilier ou encore les chaussures et les vêtements. Rien que pour le polyéthylène-téréphtalate, plus connu sous l’abréviation de PET, une matière plastique transparente constituant les bouteilles de boissons variées, la production annuelle mondiale était de 56 millions de tonnes en 2013, dont 60 % utilisés pour les fibres textiles, par exemple le Dacron, et le reste pour les emballages. Les monomères du PET sont issus directement du pétrole. Il s’agit de l’acide téréphtalique et de l’éthylène-glycol. Le PET est inerte et jusqu’à récemment il n’était pas considéré comme biodégradable. Des petits curieux avaient bien noté quelques dégradations ici ou là, dans les creux humides des centre de retraitement des matières plastiques, mais jamais personne ne s’était sérieusement penché sur les populations bactériennes susceptibles de dégrader ces produits envahissants. C’est ce à quoi s’est intéressée une équipe de biologistes de l’Institut de Technologie de Kyoto et de la Keio University à Yokohama.

Il y a en effet un immense enjeu économique et environnemental s’il existe des activités enzymatiques capables de dégrader le PET pour le recycler car traiter des résidus de matières plastiques dans un fermenteur avec des bactéries ou éventuellement avec des enzymes produits par sur-expression avec des bactéries ou des levures comme il en existe pour les lessives, certaines synthèses chimiques ou encore dans l’industrie textile est beaucoup plus rentable industriellement que de traiter des matières plastiques chimiquement ou encore à l’aide de canons à électrons.

L’équipe dirigée par le Docteur Kenji Miyamoto a donc suivi le chemin d’investigation classique en allant dans un premier temps collecter quelques 250 échantillons dans un centre de traitement des matières plastiques situé près d’Osaka. Une mixture bactérienne s’est révélée capable de pousser sur des films de PET dans un milieu de culture contenant essentiellement des sels minéraux et quelques vitamines.

La deuxième étape a consisté à isoler la bactérie capable de pousser sur ces films de PET et de la caractériser en détail. Elle a été nommée Ideonella sakaiensis car elle fait partie de la famille des « Ideonelleae ». Les toutes premières investigations ont montré que cette bactérie semblait, à l’aide de petits filaments (indiqués par des flèches dans l’illustration), excréter quelque chose sur le film de PET, probablement des enzymes capables de dégrader ce substrat carboné, le seul présent dans le milieu de culture.

L’étape suivante a donc tout naturellement conduit à la caractérisation des gènes de la bactérie qui étaient exprimés en présence de PET puis de sur-exprimer le produit de ces gènes dans des bactéries adéquates afin d’en étudier les propriétés et reconstituer le schéma de dégradation du PET. Et ça se passe ainsi :

Capture d’écran 2016-03-13 à 12.38.27.png

PETase est un enzyme qui hydrolyse le PET en fragments dont le MHET (monohydroxy-ethyl téréphtalate) qui va à son tour être coupé en téréphtalate et éthylène-glycol. Comme tout se passe en dehors de la bactérie, celle-ci a mis au point un système lui permettant de « pomper » ces deux molécules chimiques qui vont lui servir d’aliment carboné comme le CO2 atmosphérique sert d’aliment aux plantes et au plancton. Finalement la bactérie dispose d’un équipement enzymatique interne qui va conduire à l’acide protocatechuique facilement assimilé pour le métabolisme basal.

L’étape finale de ce travail remarquable a consisté à ajouter directement l’enzyme PETase à des films de PET et le résultat – une dégradation de ces films – a permis de vérifier qu’on n’avait pas besoin de la bactérie pour procéder à la dégradation de cette matière plastique en ses constituants initiaux.

À n’en pas douter ces travaux vont conduire à des applications industrielles pour dégrader le PET dans des conditions infiniment moins coûteuses en énergie que les techniques chimiques et physiques actuellement utilisées à petite échelle en raison de leur prix. On peut imaginer des fermenteurs de plusieurs centaines de milliers de litres dans lesquels une solution enzymatique réduira le PET en ses constituants initiaux qu’on pourra récupérer et repolymériser avec les catalyseurs adéquats. Cependant il ne faut pas oublier que la majeure partie du PET (plus de 50 %) est recyclée sous forme de fibres de mauvaise qualité qui servent notamment à fabriquer des revêtements de sol ou des vêtements particuliers comme les « polaires ». Il faut souhaiter un grand avenir à ces travaux innovants qui conjuguent les techniques les plus modernes de la biologie pour aboutir à une application industrielle respectueuse de l’environnement …

Source : Science, DOI : 10.1126/science.aad6359 , article aimablement communiqué par le Docteur Kenji Miyamoto que je tiens à la disposition de mes lecteurs.

Sauvons le soldat Olivier Voinnet ! Il peut compter sur mon soutien …

Capture d’écran 2015-04-05 à 21.15.17

Il faut être spécialiste dans le domaine de la biologie moléculaire pour comprendre les enjeux des microRNAs et de la lutte acharnée entre divers laboratoires de recherche en pointe dans ce domaine, une lutte à mort car tous les moyens sont bons pour discréditer des collègues gênants y compris les coups bas dans une sorte de pugilat sanglant. Pour comprendre l’enjeu des microRNAs (micro ARNs en français) il est nécessaire de faire un petit résumé des travaux dans ce domaine relativement nouveau de la biologie. De tout petits ARNs d’environ 22 bases ont été découverts un peu par hasard dans un nématode (C. elegans) très utilisé en biologie puis on a retrouvé ces mêmes curieux petits fragments dans une plante très simple que les généticiens des plantes affectionnent, l’arabette (A. thaliana). Ce sont des sortes de messages émis par le noyau cellulaire vers la machinerie de synthèse des protéines et ces petits bouts d’acide nucléique viennent reconnaître des séquences des ARN messagers et bloquent alors la traduction de ces derniers en protéines. On appelle ce mécanisme le « gene silencing » qui signifie en gros que l’expression d’un gène est stoppée. Chez l’homme c’est à peu près la même chose et les applications potentielles de ces petits ARNs qu’on peut très facilement synthétiser avec des machines et modifier légèrement pour qu’ils aient une durée de vie prolongée dans l’organisme sont immenses dans toutes sortes de domaines thérapeutiques, depuis la modulation du système immunitaire au traitement d’une maladie d’origine métabolique en passant par des traitements innovants de certains cancers ou tout simplement des applications de confort comme éviter que les cheveux blanchissent avec l’âge, que sais-je encore puisque les applications sont gigantesques et non encore toutes explorées.

Devant une telle situation, il est compréhensible qu’il y ait une lutte acharnée pour protéger immédiatement toute trouvaille pouvant avoir des applications potentielles dans n’importe quel domaine, non seulement en médecine humaine mais également pour améliorer les plantes ou les animaux sans modifier leur patrimoine génétique, en quelque sorte le rêve des écologistes. Il se trouve qu’un Français spécialiste dans le domaine des microRNAs est dans le collimateur de ses détracteurs car quelle que soit la qualité d’une publication scientifique, on peut toujours trouver une petite bête qui éveille alors des soupçons nauséabonds alimentés par la jalousie. Voinnet a près de 100 publications à son actif dans ce domaine et des petits malins en ont décortiqué quelques unes, une quarantaine, et trouvé de drôles d’illustrations qui paraissent « trafiquées » pour mieux illustrer le contenu des articles. Certaines de ces figures réapparaissent dans plusieurs articles sans qu’on ne se soit jamais posé la question de savoir si ces détails étaient cruciaux pour la qualité de l’ensemble du travail présenté. Un site polémiste appelé PubPeer et spécialisé dans le « contrôle-qualité » des publications scientifiques a débusqué entre le 4 et le 14 septembre dernier ce qui a été qualifié de supercherie de la part de Voinnet. Dans 11 articles cosignés par ce spécialiste des microRNAs des illustrations suspectes ont été détectées. Le Web s’est alors déchainé, on ne pouvait pas s’attendre au contraire, pour descendre en flammes cet « arrogant » biologiste qui a été nommé professeur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (EPFZ) en 2010 et dirige maintenant une équipe de trente personnes tout frais sorti du giron du CNRS qu’il a parfaitement bien fait de quitter car il s’agit d’un des pires paniers de crabe du monde scientifique où seul l’usage du cyanure est encore prohibé !

La rumeur a donc pris de l’ampleur et tous les moyens sont maintenant utilisés pour ternir la réputation de Voinnet. On est même allé jusqu’à raconter que son propre laboratoire était particulièrement bordélique et qu’il ne suivait pas de près les travaux et les manuscrits de ses collaborateurs, en quelque sorte une brebis galeuse qu’il faut éliminer du troupeau des scientifiques comme un certain Willie Soon à propos du changement climatique (voir le lien). Cette histoire d’illustrations supposées « trafiquées » relève de la comédie sinon de l’affabulation de la part des détracteurs de Voinnet. J’ai probablement publié une dizaine de fois la même figure dans des revues scientifiques de haut niveau à comités de lecture et des ouvrages genre « Annual Reviews » sans que jamais il ne me fut opposé la moindre remarque alors que le contexte de ces illustrations différait d’une publication à une autre. C’est basiquement ce qu’a fait Voinnet en toute bonne foi sans jamais imaginer qu’un jour une bande de vautours déciderait de le dépecer sur la place publique. Je ne suis pas du tout spécialiste des microRNAs et je ne peux pas juger de la supercherie, s’il y a d’ailleurs eu réellement supercherie, ce dont personnellement je doute, et je ne peux que me désoler des agissements inqualifiables d’une frange de scientifiques médiocres, envieux, dénués de toute créativité, pataugeant dans des recherches obscures faute de financement et surtout d’idées nouvelles.

Je suis allé musarder sur PubMed pour lire un article de Voinnet en libre accès, il n’est plus disponible (voir le lien) ! La mise à l’index d’un brillant biologiste est programmée et il serait très intéressant de connaître in fine qui manipule les détracteurs de ce monsieur qui a déposé une bonne dizaine de brevets bridant les prétentions des grands laboratoires pharmaceutiques car il y a gros à parier et le pari est gagnant avec les microRNAs. Après la gigantesque imposture du réchauffement climatique et les agissements plus que douteux d’Al Gore et de ses sbires, nommément Greenpeace et autres organisations terroristes sans oublier de mentionner les milliers de laboratoires qui fraudent impunément et ouvertement parce qu’il faut être dans la ligne politique du réchauffement, voilà qu’on va trainer dans la boue pour des broutilles insignifiantes, excusez le pléonasme, un génie atypique qui dérange la nomenclatura politique et pseudo-scientifique en place en particulier en France au CNRS, organisme notoirement connu pour favoriser les encartés au syndicat de la recherche scientifique d’obédience marxiste et les copains des copains politiciens de gauche …

Source et illustration : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/05f9cca4-d7c2-11e4-95aa-b84293f29f2d/Star_de_la_biologie_dans_la_tourmente

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/02/27/la-controverse-de-wei-hock-willie-soon-ou-la-delation-verte/

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25437534

Un virus du SIDA « OGM » contre la thalassémie !

640px-1GZX_Haemoglobin

La thalassémie, rien à voir avec l’une des rares émissions de télévision que j’avais l’habitude de regarder le vendredi soir il y a déjà pas mal d’années, est une maladie génétique rare présente dans les pays du pourtour méditerranéen ainsi qu’en Asie. On estime qu’environ 15000 personnes sont affectées par la forme grave de cette maladie dans les pays de l’OCDE. Il s’agit de mutations qui affectent le bon fonctionnement de l’hémoglobine (illustration Wikipedia), inutile de dire que cette maladie perturbe gravement le quotidien de ceux qui ont la malchance d’en hériter. D’une manière générale les personnes thalassémiques doivent se plier périodiquement à des transfusions sanguines enrichies en globules rouges car les mutations du gène codant pour l’hémoglobine rendent ce composant essentiel du sang pratiquement inactif et pour survivre les malades doivent recevoir de donneurs de sang leur lot presque mensuel d’hématies. Il y a un revers à ce traitement palliatif, une surcharge indésirable en fer de l’ensemble de l’organisme que la rate ne peut finalement plus gérer convenablement. Il arrive alors l’inévitable, un désordre complet de l’ensemble des fonctions vitales qui peut être fatal. Et comme les transfusions de poches d’hématies ne sont qu’un pis aller, les biologistes ont imaginé la thérapie génique et pour une fois, qui n’est pas la coutume, ce sont des Français qui se sont les premiers illustré dans cette approche.

Une collaboration entre universitaires parisiens (Paris-Descartes, Paris XI), l’INSERM et les Hôpitaux de Paris a finalement abouti à traiter la thalassémie par thérapie génique. Il y a quelques années un essai clinique avait été tenté mais le malade n’avait pu s’affranchir des perfusions de sang que seulement une année après le traitement. Maintenant c’est la réussite tant attendue en moins de deux semaines après l’injection du virus de la famille des lentivirus, plus précisément le virus du SIDA, le rétrovirus HIV 1, porteur du gène codant pour la chaine beta de l’hémoglobine. Pourquoi utiliser un tel virus pour un usage thérapeutique, pour la simple raison que le HIV incorpore ses informations génétiques dans l’ADN de la cellule hôte. La cible du HIV se trouve être en partie les cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse d’où dérivent les lymphocytes et les hématies. S’attaquer à la thalassémie par thérapie génique consistait donc à trouver le bon virus pour introduire le gène sain de la chaine beta de l’hémoglobine. C’est la raison pour laquelle le virus du SIDA était considéré comme le candidat idéal pour ce type d’approche thérapeutique d’autant plus qu’il est parfaitement bien connu depuis sa découverte en 1983. Pour rappel, le HIV est un rétrovirus dont le matériel génétique est un acide ribonucléique (ARN) qui va être transcrit en ADN par une réverse-transcriptase spécifique de ce virus et cet ADN s’intègre dans celui de la cellule hôte.

Capture d’écran 2014-06-16 à 08.39.56

L’équipe de biologistes et de médecins parisiens a donc introduit dans l’ARN du virus l’information nécessaire pour qu’une fois « infectées » les cellules souches hématopoïétiques expriment une hémoglobine normale. Naturellement le virus lui-même a été modifié afin de n’apporter aucun autre « désagrément » à ces cellules souches comme par exemple l’apparition d’immunodéficience. Dans le cas de la thalassémie, il se développe donc un clone de cellules souches transformées parallèlement aux cellules déficientes en chaine beta de l’hémoglobine et le malade finit par s’affranchir des transfusions mensuelles de sang. Pour les curieux l’illustration ci-dessous décrit la « construction » réalisée afin d’atteindre une thérapie efficace, de la haute couture à l’échelle moléculaire. Je suis incapable de décrire ce que signifie cette illustration mais il faut simplement retenir que la manipulation génétique en question est très complexe puisqu’elle se répartit sur quelques 8500 bases de l’ARN (8,5 kb) du virus qui en compte en tout 9193. Autant dire que le virus n’a plus d’autre fonction que de servir de seringue moléculaire !

Devant ce succès incontestable des derniers essais cliniques réalisés en collaboration avec la société Bluebird Bio basée à Cambridge, Massachusetts et également à Paris, l’exploitation commerciale du procédé mis au point à Paris sera désormais réalisée par la société Bluebird Bio sous le nom de Lentiglobin, une fois la validation par la FDA de ces essais cliniques en cours tant en France qu’aux USA. Le succès récent des derniers essais sur deux patients qui n’avaient plus besoin de transfusion une douzaine de jours après la thérapie génique – constitue un grand espoir dans le traitement durable de la beta thalassémie même si la réponse pourra être variable selon les individus.

Il faut enfin mentionner d’autres approches par thérapie génique utilisant le rétrovirus type HIV pour traiter l’hémophilie et peut-être un jour le diabète d’origine génétique. Plusieurs centaines d’essais cliniques ont d’ors et déjà validé cette technique.

Sources : Nature ( doi:10.1038/nature09328 ) et

http://www.bluebirdbio.com/documents/BBB-factsheetv16.pdf

OGM, vaccins, CO2 : même combat obscurantiste !

J’ai lu une interview de Werner Arber, biophysicien au Biozentrum de Bâle et prix Nobel de physiologie et de médecine en 1978, dans Le Temps de Genève. Cet éminent biologiste, étudiant post-doctoral des Lederberg à l’Université de Stanford et de Salvador Luria au MIT, consacra sa carrière au transfert horizontal des gènes chez les bactéries par l’intermédiaire des bactériophages, des virus attaquant les bactéries et en y transférant des gènes étrangers, dont en particulier les gènes de résistance aux antibiotiques dont il a été fait mention dans un précédent billet. Ces travaux le conduisirent à la découverte des enzymes de restriction qui chez les bactéries permettent d’atténuer l’effet délétère des bactériophages en coupant l’ADN de ces derniers au niveau de sites de coupure spécifiques de chaque enzyme de manière restreinte. Cette découverte extrêmement importante a en effet été à la base du développement de la biologie moléculaire. Ces enzymes permettent d’obtenir des fragments d’ADN susceptibles d’être facilement séquencés et comme chacun de ces enzymes coupe l’ADN en des sites spécifiques, il est possible alors de procéder à des alignements des fragments obtenus et ainsi d’obtenir la séquence totale. Pour l’anecdote Werner Arber est président de l’Académie Pontificale des Sciences du Vatican depuis 2011 bien qu’il soit protestant comme quoi il n’y a pas d’ostracisme en science. Dans cet interview, Arber mentionne naturellement les plantes transgéniques et je n’ai pas pu résister à citer ici des extraits de son discours bien qu’il considère par ailleurs que tout procède de la volonté de Dieu, en tant que croyant.

L’homme manipule le génome d’êtres vivants en laboratoire. En créant des organismes génétiquement modifiés par exemple ou en synthétisant de toutes pièces l’ADN d’une bactérie ou le chromosome d’une levure.

Grâce au génie génétique, il est possible d’intégrer une séquence d’ADN étrangère dans le génome d’un être vivant comme une bactérie ou une plante. L’information codée par ce gène est alors activée dans la cellule hôte et génère une molécule spécifique comme produit du gène. Par exemple, il est possible d’induire la production de vitamines dans la partie d’une plante de notre nourriture quotidienne.

Pour le moment, le résultat le plus significatif est celui de la production d’un précurseur de la vitamine A chez le riz. Ce riz modifié appelé «riz doré» a été développé par Ingo Potrykus avec son collègue allemand alors qu’il était professeur à l’Ecole Polytechnique de Zürich. En Indonésie et en Afrique, il y a beaucoup de populations rurales qui ne mangent à tous les repas rien d’autre que du riz qui ne contient pas de vitamine A. Si les femmes enceintes et les enfants ne se nourrissent que de ces grains, ils développent des carences, aux effets néfastes irréversibles chez les enfants. Je suis très préoccupé par ce problème. Je suis sûr que grâce au génie génétique, on pourrait obtenir des plantes contenant les micronutriments indispensables à la bonne santé de ces populations. Ce genre de développement doit se faire sur une base scientifique solide et dans une perspective durable. Il doit aussi, idéalement, être entrepris via un partenariat entre l’économie, la science et le politique pour obtenir à long terme les meilleures solutions pour notre nutrition.

Est-ce qu’il y a des limites au génie génétique mené par l’homme? Est-ce qu’il enfreint ce que vous appelez «les lois de la nature»?

Non. Le transfert horizontal de gènes réalisé dans le laboratoire, la nature le fait tout le temps mais très lentement, et plus ou moins au hasard. Dans le laboratoire, chaque changement est réalisé l’un après l’autre sur des gènes connus. Les effets de son intégration dans l’organisme génétiquement modifié (OGM) sont testés. Certains milieux estiment que le génie génétique est a priori quelque chose de dangereux, ce qui est faux tant qu’il est fait dans le respect des lois de la nature.

Les risques liés au génie génétique sont du même ordre que ceux de l’évolution biologique naturelle, donc largement insignifiants. Pas une seule contribution de ce projet ne montrait de manière claire un danger. Cependant les politiciens ont décidé de maintenir le moratorium contre les OGM car l’opinion publique était toujours contre.

Je dis souvent à mes auditeurs: en combinant la moitié du génome de pommier et la moitié du génome de la fraise, vous n’obtiendrez pas un arbre avec des fraises. La nature contrôle en permanence les fonctions de tous les êtres vivants, y compris des OGM. Dans le cas en biologie synthétique de la construction pas à pas d’un génome de bactérie, il ne s’agit pas selon moi de la création d’un nouvel organisme vivant. Mais plutôt de la confirmation que ce que l’on interprète dans cet ADN est correct.

Si, dans le futur, une nouvelle fonction génétique qui n’existe pas dans la nature est inventée, alors des recherches très sérieuses en laboratoire devront être menées avant de l’utiliser, non seulement chez l’être vivant dans lequel la fonction a été intégrée, mais aussi dans de nombreux autres êtres vivants.

Est-ce que vous percevez un risque dans la culture des OGM en champ libre? Est-ce que ça pourrait perturber les plantes de la région?

Je ne pense pas. Un des grands problèmes qui menacent la biodiversité est la monoculture dans l’agriculture. Ce n’est pas naturel : la nature est diversité. Mais il est difficile de changer de système et de trouver une alternative pour fournir des aliments à toute la population.

Voilà, quoi dire plus surtout quand ce genre de propos émane d’un grand scientifique, croyant de surcroît, qui sait exactement de quoi il parle puisque sa carrière a été entièrement consacré aux transferts de gènes chez divers organismes. On ne peut que déplorer encore une fois l’obscurantisme des mouvements écologistes opposés aux plantes génétiquement modifiées. Pour ces ignorants il ne faut en aucun cas modifier la nature, une prise de position avant tout idéologique qui n’est justifiée par aucun principe justifié, ni humanitaire, ni religieux.

Une autre illustration de l’obscurantisme des mouvements écologistes est évidente avec cette dépêche d’agence :

Une épidémie de rougeole meurtrière touche le Vietnam

Une épidémie meurtrière de rougeole a déjà tué, depuis le début de l’année, au moins 112 personnes, principalement des enfants de moins de 10 ans, a annoncé le ministère de la Santé. Elle en a contaminé des milliers d’autres.Le bilan risque de s’alourdir en raison des contaminations croisées, du mauvais temps et d’hôpitaux pédiatriques débordés dans les principales villes du pays où les parents paniqués conduisent leurs enfants malades, a mis en garde le ministère.

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung avait appelé mercredi les autorités à être plus « actives » pour empêcher une propagation. Celles-ci ont distribué des vaccins, amélioré la surveillance de la maladie et demandé aux parents de faire soigner leurs enfants localement au lieu de les conduire dans des hôpitaux surchargés. (…)

Vaccins en question

Le Vietnam a des taux élevés de vaccination contre les maladies infantiles, dont la rougeole, mais le pays pourrait être victime de son succès. Certains parents, notamment inquiets de possibles effets secondaires, estiment qu’il est moins risqué de ne pas faire vacciner leurs enfants. « Je suis inquiète parce que ma fille a reçu une seule injection du vaccin, j’ai oublié la deuxième. Mais aussi, à cause des scandales et des rumeurs sur la vaccination, j’ai décidé de ne pas la faire », a commenté Nguyen Hoa Lan, dont la fille de sept ans et le fils de 10 ans sont malades. (ats / 19.04.2014 09h23)

En définitive, les mouvements écologistes diffusent des mensonges, des affirmations infondées et des rumeurs qui sont nuisibles à l’humanité dans son ensemble, que ce soit à propos des plantes génétiquement modifiées, des vaccins, de l’énergie nucléaire, du CO2, des pesticides, des engrais, de la fracturation hydraulique, des centrales électriques au charbon (sauf en Allemagne), du changement climatique, des micro-particules, de l’exploitation pétrolière dans l’Arctique, et bientôt ce sera inéluctablement le sort des nanotechnologies, de la surpopulation, des riches, des pauvres … Quand leurs agissements auront éliminé 90 % de la population de la planète ils seront les seuls à avoir survécu ! Triste perspective …