Brève. La psychose du coronavirus chinois

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Il est tout à fait incroyable que le monde entier soit transporté par une panique incompréhensible à propos de ce virus qui sévit en Chine depuis quelques semaines.

Il y aurait déjà quelques 130 morts … Mais ce n’est encore rien, le pire est à craindre. Il n’existe ni vaccin ni médicaments pour combattre ce virus.

Et alors ? Où est le problème toutes proportions gardées si on garde en mémoire le nombre de morts provoqués par la rougeole dans le monde en 2019 : plus de 140000, et pas seulement des enfants !

Pourtant il existe un vaccin particulièrement efficace pour juguler cette maladie qui tue, preuve en est la statistique de l’OMS. L’opinion publique devrait plutôt être prise de panique en raison de la montée en puissance des mouvements et autres associations d’obscurantistes qui sont opposés à la vaccination.

Enfin une solution aux dons d’organes et elle vient de … Chine.

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Il y a quelques semaines un membre de ma famille a été contraint de subir la greffe d’une valvule cardiaque. Or comme il est presque impossible en France de trouver des donneurs d’organes les chirurgiens ont eu recours à une valvule de porc, l’animal dont les fonctions physiologiques et la taille des organes sont les plus proches de celles de l’homme. Naturellement cette personne devra être sous le contrôle permanent de produits immunosuppresseurs afin d’éviter tout rejet de ce morceau d’organe étranger, même pas humain !

Des biologistes de l’Université chinoise de Hangzhou ont entrepris de rendre le porc « plus compatible » avec l’homme afin d’aboutir à un véritable réservoir inépuisable d’organes pouvant être greffés à l’homme sans risques de rejet, c’est-à-dire sans réaction immunitaire agressive pouvant mettre en péril la greffe et par conséquent la vie de la personne qui a subi cette greffe. Pour aboutir à un résultat satisfaisant ces biologistes ont, dans une première étape « nettoyé» l’ADN des porcs qu’ils élèvent soigneusement dans des fermes spéciales destinés, dans le but ultime recherché, à les transformer en donneurs d’organes universels pour l’homme. À l’aide de l’outil CRISPR dont il a été souvent fait mention sur ce blog cette première étape a consisté à éliminer toute trace de rétrovirus susceptibles d’être transmis à l’homme via une greffe d’organes. Pas moins de 25 informations génétiques rétrovirales se trouvant incorporées dans l’ADN du porc ont été éliminées pour enfin obtenir des lignées de porcs « propres » et donc d’être utilisées pour la deuxième étape de conditionnement. L’état de santé des porcs ayant subi ces modifications (porcs PERVKO) a par la suite été étudié et confirmé comme favorable pour la suite de cette opération.

L’enjeu étant d’une importance économique considérable, il était tout aussi considérable sur le plan expérimental de s’attaquer à l’effacement des antigènes de surface cellulaire provoquant la réaction immunitaire chez l’homme. La stratégie a reposé encore une fois sur l’utilisation du même outil de haute couture génomique qu’est le CRISPR. Ces antigènes de surface sont constitués d’enchainements très spécifiques de sucres, spécificité inter-espèces mais également rencontrée à l’intérieur d’une même espèce puisque chaque être humain possède ses propres antigènes de surface. L’exemple le plus connu est celui des groupes sanguins. Il est important de noter que toutes les manipulations génétiques dont il est question dans ce billet sont initialement effectuées avec des cellules germinales artificiellement dérivées de fibroblastes de peau qui permettront de produire par transfert de noyaux dans des ovocytes puis introduits ensuite dans l’utérus d’une truie porteuse de donner naissance à plusieurs porcelets génétiquement modifiés. Pour rendre inopérants ces antigènes de surface, l’outil de haute couture CRISPR a encore été utilisé pour annihiler les gènes de toute une série d’enzymes intervenant dans la constitution étape par étape de ces antigènes, au total 9 enzymes, donc 9 gènes à rendre inopérants.

À l’accomplissement de cette série d’expérimentations l’intégrité de l’ensemble du génome cellulaire a été vérifié. Cette vérification a été enfin confirmée sur les porcelets génétiquement modifiés obtenus. Quelques mutations ont été détectées en dehors des sites choisis pour atteindre l’inactivation des gènes impliqués dans la constitution des antigènes de surface. Cependant aucune preuve n’a pu être formellement apportée quant à l’origine de ces mutations mineures, c’est-à-dire résultant de l’utilisation de l’outil CRISPR. Il s’agit probablement de mutations somatiques spontanées. Toujours est-il que les porcelets obtenus étaient en excellente santé.

La troisième étape, la plus importante, a eu pour objectif de « travestir », au sens littéral du terme, ces porcs dont la destinée finale sera l’abattoir comme pour beaucoup de leurs congénères mais non plus pour nourrir des êtres humains mais pour les sauver. Il s’est agi d’introduire 9 transgènes d’origine humaine codant pour les antigènes d’histocompatibilité humains se trouvant, au moins pour certains d’entre eux, à la surface des leucocytes. Les antigènes d’histocompatibilité d’origine porcine ont dû être éliminés auparavant (.3KO) et ont donc été remplacés par ces 9 transgènes (9TG)

L’étape finale de vérification de la validité de l’ensemble de cette approche au niveau moléculaire a consisté à comparer quel était le niveau de reconnaissance des fibroblastes prélevés sur les veines ombilicales des porcelets génétiquement modifiés et de comparer les résultats avec ceux obtenus avec des fibroblastes de cordons ombilicaux d’origine humaine, une source de fibroblastes très commune dans un laboratoire de biologie. Les résultats illustrés dans la figure ci-dessous parlent d’eux-mêmes :

 

 

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Dans cette figure WT désigne les porcs de la même race non génétiquement modifiés et comme annoncé dans le texte ci-dessus des cellules endothéliales de cordon ombilical de ces porcs génétiquement modifiés 3KO.9GT et PERVKO.3KO.9TG, HUVEC étant le contrôle réalisé avec des cellules endothéliales de cordon ombilical humain. Les cellules ont été soumises à un contact avec des immunoglobulines humaines IgG et IgM) provenant d’un pool de sang humain pour examiner le taux de fixation des immunoglobulines à la surface de ces cellules. Un autre contrôle a consisté à mesurer le taux de mortalité de ces cellules en présence de complément (voir le lien sur la cascade d’activation du complément). Dans les deux tests il est apparu que ceux présentés ici de manière graphique ont permis d’affirmer que l’ensemble des manipulations génétiques ont permis d’obtenir au final des porcs prêts à être donneurs d’organes pouvant être greffés sur des êtres humains sans risques majeurs d’incompatibilité.

Il reste cependant une dernière étape qui consistera à choisir parmi plus d’une quarantaine d’allèles différents quelle « souche » de porcs devra être choisie pour constituer une source inépuisable d’organes susceptibles d’être transplantés chez l’homme : cœur, poumons, pancréas, rate, foie, reins, artères, bref, le résultat de cette technique d’une complexité expérimentale encore inenvisageable il y a seulement quelques années va révolutionner la médecine.

Il est en effet tout à fait probable qu’au sein des grands hôpitaux il y aura bientôt des élevages de porcs donneurs d’organes … et en prime on pourra également manger leurs jambons et leurs côtelettes, mais je m’égare. Dans la réalité ces porcs ne seront pas gratuits puisqu’ils seront la propriété de deux sociétés privées : eGenesis Inc. et Qihan Bio Inc. et ils ne seront disponibles commercialement, si on peut dire les choses ainsi, que lorsque les essais cliniques auront validé dans la réalité ce travail exemplaire. Compte tenu du coût de ces porcs immuno-compatibles – on n’en a aucune idée pour l’instant – il faudra que le milieu hospitalier s’organise en conséquence. Quand on sacrifiera un porc il faudra l’ « exploiter » totalement. En d’autres termes les hôpitaux qui s’équiperont d’élevages permettant une reproduction de ces animaux (si les propriétaires des brevets accordent des licences en ce sens) devront s’organiser pour planifier une multitude de greffes au même moment et au même endroit. C’est un peu de la fiction que d’écrire ces dernières lignes mais le milieu hospitalier sera indubitablement confronté à ce problème. L’avenir est donc fascinant !

Source et illustrations : doi: http://dx.doi.org/10.1101/2019.12.17.876862 , lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Complement_system

La Chine a franchi une étape dans la réduction de sa consommation de charbon : la « cogénération » à partir de centrales nucléaires.

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Il y eut en Suisse un précédent dans la cogénération avec les usines de Beznau et de Gösgen qui assurent en hiver le chauffage de 11 villes avec un réseau de plus de 130 kilomètres de lignes calorifugées d’eau chaude mais cet exemple suisse fut rarement suivi. Dès 1969 la centrale nucléaire de Beznau comprenant deux réacteurs PWR de chacun 365 MWe assura le chauffage de nombreuses villes alentour. Il est en effet stupide de rejeter dans l’atmosphère ou les rivières la chaleur produite par les réacteurs sans aucune valorisation. C’est d’ailleurs le même cas de figure avec les centrales électriques utilisant du charbon comme combustible. Bref, la Chine, préoccupée par les problèmes de pollution catastrophique des grandes villes, a décidé d’utiliser cette chaleur perdue pour chauffer 700000 m2 de logements de de bâtiments publics de la ville de Haiyang.

L’usine de Haiyang, située en bord de mer, comprend deux réacteurs AP1000. L’eau de refroidissement de la vapeur en sortie de turbines produit aussi de la vapeur dans des échangeurs de chaleur qui est alors envoyée dans d’autres échangeurs de chaleur secondaires situés dans divers quartier de la ville de Haiyang, elle-même située sur la côte sud de la péninsule de Shandong qui fait face à la péninsule coréenne. L’ensemble de l’équipement a été installé par la firme Mitsubishi Hitachi Power System (MHPS) dans le cadre de la construction des deux réacteurs AP1000 d’une puissance nominale pour chacun d’entre eux de 1250 MWe.

Cette réalisation permettra d’éviter de brûler dans les foyers et les bâtiments publics 23000 tonnes de charbon évitant ainsi d’émettre 222 tonnes de suie, 282 tonnes d’oxydes de soufre, 362 tonnes d’oxydes d’azote et 60000 tonnes de CO2 chaque année. À la fin de l’année 2021 la totalité de la ville de Haiyang sera chauffée par la chaleur résiduelle de la centrale nucléaire.

L’extension du réseau de vapeur sur un rayon de 100 kilomètres permettra ensuite de chauffer 30 millions de m2 de surface de logements avec les 4 autres unités AP1000 programmées sur le même site et dont la construction vient d’être initiée. L’unité 2 de la centrale de Haiyang sera connectée au réseau en Janvier 2020 et produira de la vapeur pour assurer le chauffage urbain dès cette date. La Chine a résolument pris des dispositions drastiques pour réduire la pollution des grandes villes en généralisant la cogénération à partir des centrales nucléaires. En effet de nombreux foyers chinois utilisent toujours du charbon pour se chauffer et cuisiner car ce charbon est le combustible le moins coûteux et ceci malgré une législation de plus en plus stricte.

Outre le chauffage urbain SDNPC (Shandong Nuclear Power Company) a décidé d’installer sur le même site une usine de dessalage de l’eau de mer pour sécuriser l’alimentation en eau de la ville et des industries qui s’y trouvent. Le dessalage de l’eau de mer est beaucoup plus efficace avec de l’eau préchauffée et il s’agit ici d’une autre forme de cogénération dont bien des pays devraient s’inspirer comme par exemple la centrale électrique de Koeberg (construite par la France) à proximité de la ville du Cap en Afrique du Sud qui manque chroniquement d’eau.

Sources : World Nuclear News et MHPS, illustration State Power Investment Corporation

L’éducation nationale française en pleine déconfiture : ce n’est pas une exception française !

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Les Français, râleurs et jamais satisfaits de leur sort, se plaignent – certes à juste titre – de la dégradation du système d’enseignement étatique de leur pays. Ce « mammouth » coûte une fortune (154 milliards d’euros en 2017, source Statista) pour des résultats médiocres voire insignifiants. Le personnel enseignant ( tous agents confondus 1133300 en 2017, même source, cf. note en fin de billet) est supposé transmettre aux enfants un enseignement satisfaisant alors que plus de 30 % des élèves en fin d’études secondaires savent à peine écrire et sont incapables de faire une « règle de trois » car jamais on ne leur a expliqué clairement ce dont il s’agissait. Si j’ai mentionné la règle de trois c’est simplement parce que les éleves de classe terminale (pour les non-Français il s’agit de l’année se terminant par le baccalauréat) ne savent même pas construire un raisonnement déductif : il semblerait que les enseignants sont devenus incapables d’apprendre à leurs éleves à raisonner et c’est très préoccupant. On se demande ce qu’ils apprennent au cours de leur formation d’enseignants mais c’est une autre histoire.

La responsabilité de cette situation calamiteuse n’est pas le fait des enseignants eux-mêmes qui sont supposés être tous de bonne volonté mais elle est à rechercher dans les groupes de réflexion néo-trotskystes du Ministère lui-même qui depuis 40 ans détruit systématiquement ce qui avait été mis en place dès la fin de la Révolution française, c’est-à-dire un enseignement équilibré, éclectique, permettant d’assurer aux générations successives d’enfants la possession de bases solides pour la réflexion, la conceptualisation et l’imagination. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est regrettable : l’idéologie marxiste du Ministère de l’Education français consiste à uniformiser les élèves dans la médiocrité afin qu’ils se sentent tous égaux.

La France n’est ainsi plus capable de donner à ses enfants les outils nécessaires pour devenir compétitifs dans notre société moderne et les gouvernements successifs, y compris le gouvernement actuel, doivent être blâmés pour ne plus former que des jeunes adultes désarmés devant le destin futur qui les attend. Il n’est nul besoin de chercher l’erreur, la stratégie idéologique des politiciens qui gouvernent ce pays a consisté, depuis ces 40 dernières années à rendre des générations entières entièrement dépendantes de l’Etat-Providence pour une médiocrité de vie d’assistés. La première ineptie adoptée par les idéologues de la rue de Grenelle à Paris (là où se trouve le ministère français de l’éducation nationale) fut de rendre obligatoire la scolarité jusqu’au bacalauréat et la dernière imbécillité en date est de rendre les mathématiques optionnelles lors des trois années de scolarité précédant le baccalauréat. On croît rêver, tout simplement !

Mais l’apanage de la ruine du système éducatif n’est pas propre à la France. En effet, les Etats-Unis font presque mieux en la matière comme l’a décrit Michael Snyder sur le blog « The American Dream » en prenant quelques exemples pour illustrer son propos. Le programme PISA (Program for International Student Assessment) évalue tous les 5 ans le niveau scolaire des enfants de 15 ans dans le monde entier sur divers sujets. Ce programme prend en considération plus de 30 millions d’étudiants de 79 pays différents. « Étudiant » est pris ici dans le sens littéral du terme, c’est-à-dire des enfants de 15 ans qui « étudient » ou sont censés étudier.

Si on considère les mathématiques, la science de toutes les sciences puisque les mathématiques sont un outil indispensable pour toutes les autres disciplines scientifiques y compris l’économie, la France, pourtant réputée pour son excellence mathématique, est juste un peu meilleure dans le classement que les USA (10 rangs au dessus) et dans ce dernier pays l’enseignement des mathématiques se dégrade année après année à tel point que le niveau d’un élève de l’échantillon chinois Beijing-Shanghai-Jiangsu-Zhejiang (B-S-J-Z) a 4 années d’avance sur son homologue américain. De plus le programme PISA a montré, honteuse ironie, que les plus mauvais élèves du BSJZ égalaient les meilleurs élèves américains du même âge.

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La récente réforme du Ministère de l’éducation nationale français considérant les mathématiques comme matière optionnelle lors des trois dernières années de scolarité aura pour conséquence de faire chuter la France dans le classement PISA et le petit élève chinois (illustration) aura à son tour 4 années d’avance sur son homologue français.

Dans ce genre d’analyse l’armée américaine est confrontée à un grave problème de recrutement en raison de la dégradation de l’enseignement et de la vie quotidienne « american style ». Si les recruteurs éliminent les candidats parce qu’ils n’ont pas le niveau éducatif requis, parce qu’ils sont en surpoids ou parce qu’ils utilisent des drogues illicites alors il ne reste pratiquement plus personne à enrôler dans l’armée ! Il est anecdotique de rappeler que les « marines » américains qui débarquèrent en Normandie en 1944 étaient presque tous titulaires du baccalauréat : autres temps, autres moeurs … dit-on.

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Petite information supplémentaire. Ma petite-fille termine sa scolarité dans une classe correspondant à un intermédiaire entre le cours moyen deuxième année et la classe de sixième en France. L’illustration ci-dessous est un vibreur qu’elle a construit en classe. On y distingue la bobine, la plaque de tôle dont l’extrémité se trouve près du pôle de la bobine ainsi que le fil établissant le contact vers le pôle « moins » de la pile. Le fil rouge permet à l’opérateur d’établir le contact avec le pôle « plus » de la pile. J’ai expliqué à ma petite-fille qu’elle apprendrait plus tard les lois mathématiques qui décrivent l’électro-magnétisme, ici la loi de Lenz. Cette petite réalisation permet aussi aux élèves à développer leur dextérité manuelle.

Notes. Michael Snyder est éditeur de theeconomiccollapseblog.com et éditorialiste du site themostimportantnews.com. Si on reprend les données de Statista citées au début de ce billet, globalement un fonctionnaire de l’éducation nationale française, tous postes confondus, coûte à l’Etat, donc aux contribuables, 135800 euros par an. Il s’agit d’un calcul spécieux mais qui justifie que comme avait osé le dire Claude Allègre en son temps ce mammouth a vraiment besoin d’être dégraissé.

Source : zerohedge

https://www.oecd.org/pisa/PISA%202018%20Insights%20and%20Interpretations%20FINAL%20PDF.pdf

L’évolution de la population mondiale : l’exemple du Japon

Faisons naturellement abstraction ici des délires eugénistes des mondialistes qui veulent mettre en place un système mondial coercitif de contrôle des naissances pour réduire à terme la population dans le monde sous le prétexte fallacieux qu’il est urgent de sauver le climat. Il suffit de considérer les exemples du Japon, de l’Italie ou encore de l’Allemagne pour se faire une idée de l’évolution de la population en une génération, c’est-à-dire 30 ans, à l’horizon 2050. Cette date a été considérée comme celle de tous les dangers si tous les pays du monde ne s’unissent pas pour sauver le climat car, au delà nous grillerons tous comme des toasts. Il faut raison garder pour deux raisons.

1. Personne ne sait dans quel sens évoluera le climat. Les géophysiciens prévoient un refroidissement généralisé déjà initié depuis quelques années, en dépit de ce qu’affirme la propagande, qui durera jusqu’en l’an 2100 en raison d’un effondrement de l’activité magnétique du Soleil alors que l’IPCC tente de faire admettre à l’opinion qu’au contraire la température moyenne augmentera de 2 à 5 degrés sans toutefois que les modèles utilisés pour une telle prédiction par cette institution soient capables de remonter dans le temps. C’est la raison pour laquelle on peut sérieusement douter de la pertinence de ces modèles. Il n’y a donc aucune raison de se préoccuper de l’évolution de la population mondiale en prétextant que le climat se dégrade parce qu’il y trop de bipèdes sur la planète.

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2. Pour les deux pays les plus peuplés du monde la population va s’effondrer et ils vont suivre l’exemple du Japon qui perd actuellement plus de 500000 habitants chaque année. La Chine a profondément modifié l’équilibre démographique naturel en introduisant au cours des années 1970 la politique de l’enfant unique. Cette politique combinée avec un « embourgeoisement » de la population a accéléré le déclin de l’accroissement de la population qui n’est plus aujourd’hui, malgré la réintroduction d’une politique de 2 enfants par famille en 2016, que de 0,3 % par an. La population chinoise va donc commencer à décliner au milieu de la prochaine décennie tout en vieillissant très rapidement. La Chine en est actuellement dans la situation que connut le Japon dans les années 1980.

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La situation de l’Inde est différente. Pendant de nombreuses années le gouvernement central de New-Delhi a négligé de prendre des mesures pour réduire l’accroissement de sa population. Les citoyens ont pris eux-mêmes une mesure beaucoup plus efficace justifiée par la tradition des mariages. En Inde le mariage d’une fille représente une dépense tellement élevée que de nombreux couples ne peuvent pas l’assumer. L’arrivée de l’échographie dans les dispensaires a fait le reste : l’avortement sélectif est tellement répandu qu’aujourd’hui il y a en Inde un profond déséquilibre entre le nombre de femmes nubiles et le nombre d’hommes en âge de se marier. Le rapport est en moyenne de 100 femmes pour 120 hommes. Si le taux de fertilité total de l’Inde est toujours de 2,4 les conséquences de ce déséquilibre seront dans un proche avenir tout aussi dramatiques que celles de la politique de l’enfant unique en Chine. L’élévation du niveau de vie moyen des Indiens conduira également aux mêmes conséquences qu’au Japon et en Chine : une baisse de la fécondité et par conséquent une décroissance progressive de la population au tournant des années 2030. Chaque fois que les gouvernements ou les particuliers – dans le cas de l’Inde – tentent de modifier les lois naturelle de la démographie ils favorisent une catastrophe apparaissant lors de la génération suivante et cette catastrophe ne peut plus être jugulée dans le cas de la Chine.

3. Le cas de l’Europe est exemplaire car il n’y a plus de pays où le taux de fécondité soit supérieur à 2,1 enfant par femme féconde. L’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la France (qui n’est plus une exception) et les pays baltes vont assister à un vieillissement de leur population encore plus rapidement que ce que le Japon a connu depuis le début des années 1990. En 2030 la moitié de la population allemande aura plus de 65 ans et ce simple chiffre signifie que le modèle économique allemand s’effondrera, accélérant par voie de conséquence la chute de la natalité. Cette évolution atteindra l’ensemble des pays européens avec quelques années d’écart entre eux. En effet, envisager d’avoir des enfants qui seront confrontés à des conditions de vie difficiles plus tard constituera un argument très dissuasif.

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Si on analyse le graphique provenant d’une étude de la CIA (voir aussi le tableau : https://www.cia.gov/library/publications/resources/the-world-factbook/fields/356rank.html ) 100 pays sur 224, incluant de nombreuses dépendances ultra-marines de divers pays, ont un taux de fécondité supérieur à 2,1 et sur le continent africain seul le Maroc présente un taux de natalité inférieur à ce chiffre. L’alphabétisation et l’amélioration des conditions de vie quotidienne ne peuvent être que les seuls instruments pour que progressivement, peut-être en une génération si on reste optimiste, les taux de natalité diminuent et atteignent le seuil de 2,1 enfant par femme. On se retrouve donc vers 2050, décennie de tous les dangers mais beaucoup d’entre nous seront morts depuis longtemps …

Géopolitique : la guerre du lithium a déjà commencé

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Pour équiper une voiture électrique Tesla modèle S de batteries délivrant une puissance de 70 kWh il faut 63 kilos de lithium. La firme américaine Tesla produit aujourd’hui des voitures électriques en Chine contribuant de ce fait aux quelques 1 million et demi de ce type de voiture déjà fabriquées dans ce pays, le premier producteur du monde. En outre la Chine prévoit qu’en 2040 toutes les voitures neuves vendues dans son pays seront électriques. La demande en lithium va donc croître exponentiellement ainsi que la consommation d’électricité et dès 2025 la Chine aura besoin de 800000 tonnes de lithium puis cette demande continuera à augmenter. La principale préoccupation de la Chine est donc d’assurer ses sources d’approvisionnement en dépit du fait que ce pays compte parmi les rares pays possédant des gisements de lithium avec le Chili, la Bolivie, l’Argentine et l’Australie. La Chine a donc ces dernières années mis en place des contrats d’exploitation avec la plupart de ces pays, dont en particulier le Chili et la Bolivie.

Avec la Bolivie qui possède près de 60 % des réserves mondiales de lithium connues la Chine était sur le point de finaliser un contrat d’exploitation du haut plateau d’Uyuni à l’extrême sud-est du pays à 4000 mètres d’altitude, une étendue de désert salé de près de 10000 km2. La NSA, organisme d’écoute américain, a constitué un solide dossier relatif aux tractations entre l’administration chinoise et le gouvernement bolivien d’Evo Morales qui avaient été initiées dès le début de l’année 2018. Il s’agissait d’un accord gagnant-gagnant entre la Bolivie et la Chine puisque ce dernier pays s’engageait à investir dans une usine de production de lithium métal et ultérieurement dans une unité de production d’accumulateur Li-ion en Bolivie. Comme il est facile de l’imaginer tout ceci n’a pas vraiment plu à l’administration américaine. La CIA a donc financé l’opposition politique bolivienne essentiellement d’origine hispanique pour fragiliser le gouvernement d’Evo Morales d’origine aymara amérindienne, les Amérindiens étant largement majoritaires dans la population bolivienne. De plus le passé de syndicaliste de Morales et sa politique socialiste ouvertement affichée dans le pays le plus pauvre d’Amérique latine a aggravé son cas. Le véritable coup d’Etat organisé par la CIA a conduit Morales à l’exil et à l’annulation de tous les contrats miniers passés ou sur le point d’être conclus avec la Chine.

Pour l’administration américaine le lithium est considéré comme un métal stratégique et toute tentative d’exploitation échappant au contrôle de Washington met en danger la sécurité des Etats-Unis. La population bolivienne d’origine amérindienne est la première à en subir les conséquences et ses espoirs d’amélioration de son niveau de vie ont disparu. Les troubles que vit actuellement le Chili sont du même ordre et sont également organisés par la CIA, sous le faux prétexte que tous les pays de la sphère d’influence américaine sur les deux partie du continent doivent être des pays « démocratiques » et si ce n’est pas le cas ils sont considérés comme des menaces pour la sécurité des USA. La guerre du lithium a bel et bien commencé …

Source partielle : globalresearch.ca, illustration Wikipedia

Le moment européen de la Chine est arrivé

Il serait difficile de mésestimer l’importance des visites de Xi Jinping à Rome, Paris et Monaco la semaine dernière. En mettant au coeur de l’Europe son initiative très médiatisée « Belt and Road Initiative » (ceinture maritime et voies terrestres, BRI), le Président chinois a confronté l’Europe à la question la plus fondamentale qu’il devra résoudre dans les années à venir : où en est-elle en tant que partenaire trans-atlantique avec les USA et comment se positionnera-t-elle en tant qu’extrémité occidentale du continent eurasiatique ? En effet, la simplification de l’ordre moderne, pour le dire autrement, commence juste à faire partie de l’Histoire. À Rome, le gouvernement populiste du Premier ministre Giuseppe Conte a invité l’Italie au programme ambitieux de la Chine visant à relier l’Asie de l’Est et l’Europe occidentale par le biais d’une multitude de projets d’infrastructure allant de Shanghaï à Lisbonne. Le protocole d’accord qu’ont signé Xi et le le vice-premier ministre Luigi di Maio comprends le développement de routes, de voies ferrées, de ponts, d’aéroports, de ports maritimes mais aussi des systèmes de télécommunication et des projets énergétiques. Parallèlement à ce protocole les investisseurs chinois ont signé 29 accords industriels et commerciaux d’un montant de 2,8 milliards de dollars.

L’Italie est le premier des 7 pays fondateurs de l’Union européenne à s’engager dans la stratégie BRI chinoise. Et l’Italie l’a fait deux semaines après la publication « Chine : Perspectives Stratégiques » par la Commission européenne, une évaluation de l’arrivée rapide de la Chine en Europe qui touche le coeur de l’ambivalence de l’Union :

« La Chine, dans différents domaines, est simultanément un partenaire de coopération avec le quel l’Union européenne a des objectifs étroitement alignés, un partenaire de négociation avec lequel l’Union européenne doit trouver un équilibre ménageant ses intérêts, un concurrent économique dans la poursuite du leadership technologique et un rival systémique promouvant un modèle alternatif de gouvernance. »

Il y a dans ce document beaucoup de points à assimiler. L’un d’eux est la préoccupation croissante des membres de l’UE et des hauts fonctionnaires de Bruxelles au sujet de l’émergence de la Chine en tant que puissance mondiale. C’est bien naturel, à condition de ne pas tomber dans une version moderne du « péril jaune » du siècle dernier. En second lieu les dirigeants de l’UE sont très réticents au sujet de l’attitude conflictuelle à l’égard de la Chine que Washington leur recommande. La voie de la sagesse que l’UE pourrait choisir est un indicateur fort que les Européens cherchent enfin une voix indépendante dans les affaires mondiales.

À la recherche de l’unité

Les Européens recherchent également un front uni dans les relations de leur continent avec la Chine. C’était le point de vue de Macron à l’arrivée de Xi à Paris et il a veillé à ce qu’Angela Merkel et Jean-Claude Junker soient présents sur le perron de l’Elysée pour saluer Xi. La principale raison pour laquelle l’Italie a envoyé une véritable onde choc à travers l’Europe lorsqu’elle a adhéré au projet de Xi est qu’elle a brisé la hiérarchie européenne à un moment critique.

Mais l’unité telle que Macron et Merkel l’envisagent va se révéler irréalisable. D’abord parce que Bruxelles ne peut pas s’ingérer dans les affaires souveraines d’un Etat de l’UE. Ensuite parce que n’importe quel Etat peut refuser la politique de Bruxelles s’il désire profiter des opportunités offertes par la Chine. L’illustration est qu’alors que Macron plaidait pour un front européen uni vis-à-vis de la Chine il signait ensuite des contrats avec Xi concernant Airbus, EDF et une multitude d’autres entreprises pour un montant de 35 milliards de dollars ! Il n’y a qu’une interprétation possible : la Commission européenne peut bien affirmer tout ce qu’elle veut comme prétendre que la politique de la Chine est de semer la division pour mieux conquérir l’Europe mais sur le terrain elle ne pourra pas empêcher la préférence des Chinois pour les accords bilatéraux. En rentrant chez lui, Xi s’est arrêté à Monaco pour finaliser l’accord de la Principauté décidé en février dernier pour permettre à Huawei, la société de télécommunication chinoise controversée, d’y développer le réseau 5G.

L’Italie était prédestinée pour dévoiler la forme que prendrait l’arrivée de la Chine en Europe. Le gouvernement Conte-Di Maio, coalition hétéroclite entre la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles est à contre-courant parmi les autres membres de l’UE. Il critique vivement Bruxelles et sa politique d’austérité. Il est farouchement jaloux de sa souveraineté et prône un assouplissement des liens de l’UE avec la Russie. Sur le plan intérieur l’économie italienne est affaiblie et les investissements étrangers sont pratiquement inexistants. Dans des domaines comme le textile ou la pharmacie peu de collaborations existent entre l’Italie et la Chine depuis des décennies. La carte ci-dessous montre clairement la position stratégique de l’Italie avec le port de Trieste qui est une porte d’entrée vers les marchés européens les plus solides.

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L’initiative visionnaire « Belt and Road » de Xi devrait maintenant décoller en Europe. L’accord avec l’Italie, la tournée européenne de Xi et le sommet UE-Chine prévu à Bruxelles le 9 avril prochain indiquent que ce moment est arrivé.

Changement de relations

Il n’est pas très clair que les Européens aient vraiment compris l’importance stratégique des évènements de la semaine dernière. Les Dirigeants Européens se sont engagés dans une voie qui va presque certainement modifier les relations trans-atlantiques établies de longue date. L’Europe commence – enfin – à agir de manière plus indépendante en se repositionnant entre le monde atlantique et les nations dynamiques de l’est et la Chine est la première d’entre elles. Pourtant aucun dirigeant européen n’a encore abordé cette question. Mais cette situation ne saurait être surestimée. Les relations trans-atlantiques sont de plus en plus tendues depuis la présidence Obama. Les décisions antagonistes de Trump, la dénonciation de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord sur le nucléaire iranien ont intensifié les frictions mais rien n’indique qu’un dirigeant européen devienne l’avocat d’une rupture des relations avec Washington.

La question centrale aujourd’hui est de savoir comment les relations américano-européennes vont évoluer au fur et à mesure de la présence chinoise de plus en plus évidente sur le sol européen. Les Européens semblent se préparer à un nouveau chapitre de leur histoire trans-atlantique mais rien n’indique comment Washington réagira à une réduction de son influence depuis longtemps non contestée par les capitales de l’Europe occidentale.

Il y a l’autre question à laquelle l’Occident devra répondre : la « perspective stratégique » de la Commission européenne qualifie la Chine de « rival systémique promouvant des formes alternatives de gouvernance ». Ce thème récurrent pose deux problèmes. D’abord rien ne prouve que la Chine ait insisté ou voudra insister pour que d’autres pays se conforment à ses normes politiques en échange d’un avantage économique. Cela est une pratique habituelle parmi les pays occidentaux et les institutions internationales telles que le Fond monétaire international ou la Banque mondiale. Ce n’est pas le cas de la Chine. Ensuite alors que nous avançons vers une parité entre Occidentaux et non-Occidentaux – une caractéristique incontournable du XIXe siècle – il deviendra impossible de supposer que les démocraties parlementaires de l’Occident puissent établir les critères selon lesquels tous les autres pays peuvent être classés et évalués. Les Nations ont des traditions politiques très différentes, c’est à chacune de les entretenir ou de s’en éloigner. La Chine comprend cela, à l’Occident d’en faire de même.

Article de Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger de l’International Herald Tribune pendant de nombreuses années, paru le premier avril 2019 sur le site Consortium News traduit pour mes fidèles lecteurs par mes soins.

Lawrence peut être contacté sur son site web : http://www.patricklawrence.us , illustration Wikimedia