La Chine et la Russie accélèrent leur « dédollarisation »

La Chine et la Russie s’orientent progressivement vers un arrangement pour atteindre une dédollarisation de leurs économies depuis que la crise financière mondiale de 2008 a révélé les risques d’une dépendance excessive à l’égard des États-Unis. Cependant, les sanctions économiques américaines contre Moscou et Pékin semblent avoir intensifié la recherche d’alternatives.

Miser sur Washington

L’architecture financière centrée sur l’Amérique est une immense source de pouvoir. La plupart des échanges internationaux sont effectués en dollars américains, le transfert des paiements passe par le système de transaction SWIFT* (voir notes en fin d’article) sur lequel le pays a une immense influence, tandis que le financement provient des banques d’investissement dirigées par les États-Unis, la dette est classée par les agences de notation américaines et même les principales cartes de crédit sont américaines. Ces instruments économiques de pouvoir permettent à Washington de gérer son empire – il peut gérer d’énormes déficits commerciaux, collecter des données sur ses adversaires, accorder un traitement favorable à ses alliés et écraser ses adversaires avec des sanctions.

L’architecture financière centrée sur les États-Unis n’est plus viable. La Maison Blanche a perdu le contrôle de son déséquilibre commercial négatif, la dette devient incontrôlable et l’inflation galopante détruit la monnaie. Pire encore, Washington utilise son architecture financière comme un outil de politique étrangère en imposant des sanctions à ses adversaires. La stratégie de sécurité américaine confirme que la Chine et la Russie sont les deux principaux États dans le collimateur de Washington, ce qui oblige Moscou et Pékin à établir une architecture financière alternative découplée des États-Unis.

Dédollarisation

La dédollarisation, la réduction de la dépendance au dollar américain comme monnaie de réserve et de transaction, est un défi immense car le rôle dominant du dollar américain définit le système financier international depuis plus de 75 ans. Le dollar a maintenu sa position forte pour trois raisons principales : la taille énorme de l’économie américaine, la préservation de la valeur du dollar en maintenant l’inflation à un niveau bas et le marché financier ouvert et liquide. Alors que l’économie américaine est en déclin relatif, l’inflation est incontrôlable et ses marchés financiers sont utilisés comme une arme – les fondements du rôle durable du dollar touchent rapidement à leur fin.

Un partenariat financier entre la Chine et la Russie, premier importateur mondial d’énergie et premier exportateur mondial d’énergie, est un instrument indispensable pour détrôner le pétrodollar. En 2015, environ 90 % des échanges entre la Russie et la Chine étaient réglés en dollars, et en 2020, les échanges libellés en dollars entre les deux géants eurasiens avaient presque diminué de moitié, avec seulement 46 % des échanges en dollars. La Russie a également ouvert la voie en réduisant la part du dollar américain dans ses réserves de change. Les mécanismes de dédollarisation du commerce sino-russe sont également utilisés pour mettre fin à l’utilisation du billet vert avec des tiers, des progrès étant observés dans des pays tels que l’Amérique latine, la Turquie, l’Iran, l’Inde, etc. Les États-Unis ont injecté des dollars. au monde entier pendant des décennies, et à un moment donné, la marée changera à mesure que la mer de dollars rentrera chez elle avec une valeur de plus en plus diminuée.

Opérations financières

Le système SWIFT pour les transactions financières entre les banques du monde entier était auparavant le seul système pour les paiements internationaux. Ce rôle central de SWIFT a commencé à s’éroder lorsque les États-Unis l’ont utilisé comme arme politique. Les Américains ont d’abord expulsé l’Iran et la Corée du Nord, et en 2014, Washington a commencé à menacer d’expulser également la Russie du système. Au cours des dernières semaines, la menace d’utiliser SWIFT comme arme contre la Russie s’est intensifiée.

La Chine a répondu en créant le CIPS** et la Russie a développé le SPFS***, les deux étant des alternatives à SWIFT. Même plusieurs autres pays européens se sont regroupés avec une alternative à SWIFT pour limiter la juridiction extraterritoriale de Washington et ainsi continuer à commercer avec l’Iran. Une nouvelle architecture financière sino-russe devrait intégrer le CIPS et le SPFS, et les rendre plus accessibles aux tiers. Si les États-Unis expulsaient la Russie, le découplage de SWIFT s’intensifierait encore.

Banques de développement

Le FMI, la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, dirigés par les États-Unis, sont des instruments renommés de la politique économique américaine. Le lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) dirigée par la Chine en 2015 est devenu un tournant dans l’architecture financière mondiale, alors que tous les principaux alliés des États-Unis (à l’exception du Japon) se sont engagés au mépris des avertissements américains. La nouvelle banque de développement, anciennement appelée banque de développement des BRICS, était une étape supplémentaire vers le découplage des banques de développement dirigées par les États-Unis. La Banque eurasienne de développement et la future Banque de développement SCO**** sont davantage des clous dans le cercueil des banques de développement contrôlées par les États-Unis.

Effets de synergie

La Chine et la Russie ont également développé leurs propres agences de notation et remplacé la position dominante de Visa et Mastercard dans leurs pays respectifs. Cette nouvelle architecture financière est complétée par un partenariat énergétique et un partenariat technologique, car ni la Chine ni la Russie ne veulent dépendre des industries de haute technologie américaines alors qu’elles entrent dans la quatrième révolution industrielle. En outre, la Chine et la Russie cherchent à éviter les couloirs de transport dominés par les États-Unis. La Chine a investi des milliards de dollars dans son initiative « la Ceinture et la Route » pour de nouveaux corridors terrestres et maritimes, tandis que la Russie a avancé un programme similaire mais plus modeste qui comprend le développement de l’Arctique en tant que route maritime en partenariat avec la Chine. Le financement et la gestion de ces programmes de haute technologie et corridors de transport auront des effets de synergie positifs pour la poursuite du développement d’une nouvelle architecture financière internationale.

Les États-Unis peuvent utiliser davantage de sanctions pour s’opposer au développement d’une architecture financière internationale multipolaire, bien que la coercition économique continue ne fera qu’augmenter la demande de découplage avec l’Amérique. La première règle des sanctions est que lorsqu’elles perdurent, les cibles des sanctions apprendront à vivre sans la puissance belligérante. Ce qui a commencé comme un effort pour affaiblir et isoler les adversaires de Washington finit par isoler les États-Unis.

Article de Glenn Diesen, Professeur à l’Université de la Norvège-Sud-Est

Notes. SWIFT : Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, comprend plus de 3000 employés et utilise un système informatique en perpétuelle amélioration pour être capable de gérer plus de 40 millions de transactions financières chaque jour entre environ 11000 établissements financiers et bancaires. Cette entreprise est étroitement contrôlée par les Etats-Unis. CIPS : Cross-Border Inter-Bank Payments System est un organisme de gestion de transactions bancaires situé à Shanghaï censé gérer les transactions libellées en yuans. Malgré sa création en 2015 cet organisme n’a pas encore atteint sa maturité. SPFS, littéralement Système pour le Transfert de Messages Financiers, créé par la Banque Centrale de Russie gère les transactions de plus de 400 « clients » dans le monde. Ces deux systèmes utilisent la même syntaxe que SWIFT. SCO : Shanghai Cooperation Organisation, pendant de la Banque Mondiale, couvre les 3 cinquièmes de la zone asiatique et 40 % de la population mondiale. Il faut enfin rappeler qu’il existe des accords de « swap » entre la Chine et le Japon ainsi qu’entre la Corée et la Chine.

Le magnésium : arme géostratégique ?

Le magnésium est le quatrième élément le plus abondant de la croute terrestre après le fer, l’oxygène et le silicium. C’est le troisième plus abondant composant de l’eau de mer après le sodium et le chlore. Ce métal se trouve toujours combiné à d’autres éléments. Seuls quelques minéraux sont des sources exploitables de magnésium dont la dolomite, le talc et l’olivine. Les quatre cinquième du magnésium métal produit dans le monde, 1 million de tonnes par an, proviennent de Chine. Comme pour l’aluminium cette production comprend une électrolyse du chlorure de magnésium obtenu après diverses étapes chimiques qui diffèrent selon le minerai utilisé. Dans l’industrie le magnésium est le troisième métal par son importance après le fer et l’aluminium et il entre dans une multitude d’applications depuis les alliages notamment avec l’aluminium mais également en électronique, en chimie de synthèse … L’une des utilisations grand-public du magnésium est sa présence, allié à l’aluminium, pour la confection des canettes de boissons variées (près de 400 milliards par an dans le monde).

À ce jour le cours du magnésium est de 31500 yuans/tonne, soit environ 4100 euros, après avoir connu une augmentation de 94 % en une année. Cette augmentation s’explique par le renchérissement du prix de l’énergie électrique et des carburants. Il existe d’autres raisons car parmi tous les métaux cotés à la bourse de Shanghaï, gallium, germanium, manganèse, indium, néodyme et tellure, outre les autres lanthanides, c’est le magnésium qui a connu la plus importante augmentation de prix. Ce serait donc la demande qui serait la cause de cette augmentation du prix de la tonne de magnésium combinée à la situation de monopole de la Chine sur ce marché. La reprise économique de la Chine, qui n’est maintenant « que » de 5 % par an, expliquerait cette hausse. Les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont choisi de s’en remettre à la Chine pour leurs approvisionnements en magnésium. Cette stratégie comporte un risque et le gouvernement de Pékin entend le faire comprendre aux Occidentaux qui ne se privent pas de critiquer la politique du gouvernement chinois.

Par exemple le néodyme utilisé pour confectionner les aimants permanents des moulins à vent a vu son cours, toujours à la bourse de Shanghaï, n’augmenter que de 58 % en une année pour atteindre 128000 euros la tonne. C’est une faible augmentation en pourcentage par rapport au magnésium qui s’explique par le fait que la Chine est le premier producteur de ce métal et le premier utilisateur pour la fabrication de l’élément producteur d’électricité des moulins à vent destinés à l’exportation alors que la production massive de voitures électriques « made in PRC » utilise beaucoup de magnésium pour tous les alliages à base d’aluminium. Un métal aussi « trivial » que le magnésium constitue donc bien une arme stratégique et les Occidentaux seraient bien avisés de laisser les Chinois tranquilles car ils disposent d’arguments économiques imparables pour se faire respecter.

Maîtriser les émissions de gaz à effet de serre : une lubie européenne

Dans sa fameuse (et unique) comédie « Les Plaideurs » Jean Racine met en scène le portier Petit-Jean du juge Dandin, dans la célèbre première scène de l’acte premier de l’oeuvre. J’ai appris cette scène qu’il fallait réciter de mémoire lorsque j’étais au collège ou plutôt à l’école primaire. Il y figure ce célèbre vers « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». Vous pouvez retrouver ce texte ici : https://www.atramenta.net/lire/oeuvre392-chapitre-3.html . Le but de ce billet n’est pas de faire un commentaire de ce texte plein de sagesse paysanne. J’en citerai cependant un autre passage qui est tout à fait approprié à l’objet de mon billet : « Sur l’avenir bien fou qui se fiera, tel qui rit vendredi, dimanche pleurera ». En effet la grande escroquerie de l’IPCC qui fait l’objet du grand raout de Glasgow, ville industrielle dont je ne me souviens que de l’immense distillerie Johnny Walker, est de prédire l’avenir à l’aide de modèles informatiques tous aussi faux les uns que les autres. Et le premier adage cité plus haut semble avoir été ignoré par la Commission européenne dans ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’autre escroquerie de l’IPCC à laquelle l’ensemble du monde occidental a fini par croire à grands renforts de propagande répétitive depuis des dizaines d’années.

En effet, réaliser d’ici 2030 une réduction de 55 % des émissions de ces supposés gaz à effet de serre en Europe va tuer l’Europe, car « qui veut voyager loin ménage sa monture ». En d’autres termes toute politique énergétique demande du temps, beaucoup de temps. Le tableau ci-dessous figurant dans le document écrit par Philippe Herlin dont j’ai fait mention dans mon précédent billet explique clairement les conséquences que pourrait endurer la France si les désirs de la Commission européenne étaient appliqués à la lettre. La planification du secteur énergétique doit être faite sur le long terme. Neuf années c’est ridiculement court et les conséquences des décisions de la Commission européenne sont extrêmement préoccupantes, je dirai même suicidaires.

Ce tableau ne concerne que la France dont la production d’électricité est déjà « verte » à plus de 80 %. Le rectangle vert en haut et à droite de cette illustration est bien vert mais il comprend en grande partie les petites unités de production d’électricité utilisant du gaz comme combustible qui sont d’une souplesse suffisante pour pallier aux aléas de la production électrique des éoliennes et aussi quelques unités de production d’électricité utilisant du charbon. Que voit-on par ailleurs ? Les deux postes qui excitent les écologistes au plus haut point sont les transports et le résidentiel. On ne va tout de même pas réduire les émissions de GES du secteur agricole à moins de choisir soit d’affamer la population soit d’être condamné à importer ce que l’on peut produire sur le sol national. Dans le secteur des transports supprimer les poids lourds et les véhicules utilitaires légers paralyserait l’économie. Il reste donc les véhicules particuliers et le secteur résidentiel, c’est-à-dire le chauffage, l’éclairage et la consommation d’électricité que nécessite le confort normal d’un logement. Sur les 445 millions de tonnes d’équivalents CO2 il faut trouver un stratagème satisfaisant les injonctions de la Commission européenne et 55 % de ce montant c’est 244 MtCO2. En convertissant la totalité des véhicules particuliers en voitures électriques on est loin, très loin, du compte : 72 pour 244. De toutes les façons il n’y aura jamais assez le lithium pour convertir tous les véhicules particuliers à l’électricité.

Il apparaît donc clairement que le schéma de la Commission est inapplicable à moins d’obliger tous les Français, y compris les politiciens, à réduire d’une manière insupportable leur train de vie, en particulier ne plus manger de viande, l’élevage occupant une part importante dans ce bilan, et reboiser avec des milliards d’arbres toutes les prairies de la douce France puisque les forêts sont des pièges à gaz à effet de serre. « Ne mangez plus de viande ! ». J’imagine l’effet qu’un tel ordre émanant du gouvernement aurait sur la population …

Inutile de continuer à défendre les lubies de Madame Van der Leyen, ce ne sont que des lubies.

Pour terminer ce billet la seule source d’énergie non carbonée capable de réduire les émissions de GES est le nucléaire. Le Président Macron a eu une idée de génie opportuniste : développer le plus vite possible les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) pouvant être produit en série. Il faudra au moins dix ans pour que ce qui reste de l’industrie nucléaire française encore capable de construire une centrale nucléaire se reconvertisse à cette technologie qui n’est pas miniaturisée comme on aurait tendance à le croire. Raisonnablement on peut espérer que dans 20 ans la France pourra devenir un acteur d’une importance tout relative dans le domaine nucléaire. Les SMR sont à l’heure actuelle en balbutiement. La Chine apparaît comme le leader dans ce domaine avec les deux SMRs haute température refroidis à l’hélium de 210 MW électriques unitaires et la Russie avec l’usine flottante comprenant deux réacteurs de 50 MW électriques alimentant une petite ville du nord-est de la Sibérie. Une multitude d’autres projets occupent les ingénieurs américains, russes, coréens, chinois et anglais. Tout en voulant vanter l’avenir de l’industrie nucléaire française dans le domaine des petits réacteurs nucléaires modulaires le Président Macron a ordonné la fermeture des deux réacteurs de la centrale électrique de Fessenheim qui représentent 6 SMRs de 300 MW de puissance électrique alors que cette usine pouvait encore fonctionner pendant au moins 30 ans. En conclusion la France ne pourra pas respecter les engagements de la Commission européenne à moins de tuer au sens littéral du terme le pays tout entier. Réchauffement du climat ou pas il faudra bien que les décideurs politiques retrouvent la raison, mais je dois déborder d’optimisme.

Note. Le premier SMR (eau pressurisée) construit par la Chine ( Shanghai Nuclear Engineering Research and Design Institute (SNERDI)) d’une puissance électrique nominale de 300 MW a été opérationnel en 1991. Il s’agit de la série CNP-300 dont plusieurs unités ont été construites au Pakistan, la dernière d’entre elles ayant été connectée au réseau électrique en 2017, sa construction ayant débuté en 2011. La Chine construit aujourd’hui des SMRs haute température dans le but de produire de l’hydrogène à un prix abordable à l’avenir. La Chine a en effet pour ambition de produire des véhicules automobiles munis de piles à hydrogène car il lui paraît évident que la pénurie annoncée de lithium ne permettra pas de répandre les voitures électriques « made in PRC » très longtemps. La Russie, de son côté, a construit un SMR à neutrons rapides refroidi avec du plomb liquide d’une puissance également de 300 MW électriques, le réacteur BREST. Pour la catastrophe annoncée des investissements ESG je conseille à mes lecteurs de voir cette interview :

https://www.youtube.com/watch?v=LlwTJH2DoUY et pour les curieux le rapport RTE : https://assets.rte-france.com/prod/public/2021-10/Futurs-Energetiques-2050-principaux-resultats_0.pdf et la note de Philippe Herlin au sujet de ce rapport : https://www.lopinion.fr/edition/economie/rte-rapport-fausse-hypothese-depart-tribune-philippe-herlin-institut-257996

L’effondrement annoncé de la Chine

OPINION. Il y a vingt ans était publié le livre prophétique de Gordon Chang prédisant la fin du communisme chinois. Pékin en a fait un sujet de plaisanterie. Les nuages, pourtant, s’amoncellent. Article de Frédéric Koller paru sur le quotidien Le Temps (Genève) le 23 octobre 2021

Il y a vingt ans paraissait « The Coming Collapse of China »de Gordon Chang. Cet « effondrement imminent de la Chine » devait se produire dans les cinq à dix ans. Dix ans plus tard, constatant que la Chine était toujours debout, l’auteur repoussait sa prédiction à 2012. La dernière fois qu’il s’est aventuré à pronostiquer une révolution en Chine c’était en 2016. Depuis, il reste persuadé que le temps lui donnera raison. Mais il se garde de fixer une nouvelle date.

Le pouvoir chinois a d’abord ignoré la prophétie, puis il a ironisé sur la date limite du livre, pour ensuite s’en emparer afin de discréditer les critiques du régime. Parler des échecs du parti vous valait l’étiquette infamante de « Gordon Chang ». De sujet de raillerie, le titre du livre a finalement été renvoyé à l’expéditeur, ou plutôt à son pays d’adoption. Pékin s’est mis à évoquer « The coming collapse of american democracy ».

Le point de bascule

Lorsqu’il paraît au tournant du siècle, le livre marque les esprits. Gordon Chang n’était pas le seul à prédire la chute du Parti communiste. Ses origines sino-américaines et sa longue expérience en Chine pour des cabinets de consultant juridique américains l’assurent d’un statut particulier. Il connaît son sujet et maîtrise les deux cultures. A l’époque, on parle déjà des « mauvaises dettes » des grandes banques chinoises. Le système financier était soi-disant au bord du gouffre. L’analyse de Gordon Chang se focalise toutefois sur un régime politique inapte à s’adapter aux lois du marché et à lutter contre la corruption: le pouvoir communiste est condamné à échouer dans sa tentative de modernisation.

Cette lecture est alors dominante hors de Chine. Peu après la sortie du livre, pourtant, Pékin accède à l’OMC. Et il va se produire une transformation que peu d’observateurs osaient envisager. L’ouverture au commerce international dynamise l’économie sans faire trembler le régime. Le développement du pays repose sur deux piliers : les investissements étrangers accompagnés de transferts technologiques et l’immobilier, moteur de la consommation intérieure. Les exportations sont la principale source de croissance. La construction emploie des dizaines de millions d’ouvriers et fournit des logements décents.

Depuis un quart de siècle, la bulle immobilière chinoise menace d’éclater. Depuis un quart de siècle, la croissance soutenue de la Chine a permis d’absorber les défaillances de ce marché (surendettement, mauvaise allocation des ressources, corruption, destruction de l’environnement). La grande question est celle du point de bascule. A partir de quel seuil le tassement de la croissance risque-t-il de mettre tout l’édifice en péril ? Et c’est là qu’interviennent la crise du covid (la mise à l’arrêt du commerce) et la chute d’Evergrande, l’un des plus grands groupes immobiliers du pays.

Le premier qui chutera

Le système financier chinois est en mesure d’encaisser l’onde de choc d’une faillite d’Evergrande. Mais Pékin ne peut pas se permettre le risque d’une panique sociale provoquée par la perte de leurs économies de millions de propriétaires. Evergrande sera démantelé, comme les actifs pourris des grandes banques à la fin des années 1990. On n’assiste donc – pas encore ? – à une crise comparable à celle des subprimes. Mais l’endettement du pays, notamment de ses collectivités locales, menace sa stabilité.

C’est cette fragilité du marché immobilier chinois, couplée au vent de démondialisation en cours – et donc d’un recul des exportations – qui redonne de la voix, outre-Atlantique, aux fidèles de Gordon Chang. En Chine, à l’inverse, on voit une accumulation de signes de la faillite de la démocratie américaine. La dictature de Pékin et la démocratie de Washington pourraient coexister encore longtemps. Rien n’est écrit. Le premier de ces deux régimes qui s’effondrera, pourtant, entraînera dans ses décombres une transformation systémique du monde.

SARS-CoV-2 : la vérité commence à émerger, enfin !

Le NIH et le NIAID* et y compris la DARPA**, l’organisme de l’armée américaine en charge des recherches sur les armes biologiques ont financé les recherches sur les gains de fonction à partir du SARS-CoV-1, aussi appelé SRAS, et ceci dès le début des années 2010. L’objectif de ces travaux particulièrement risqués et donc confiés au laboratoire P4 de Wuhan en Chine et financés par les contribuables américains, avaient pour objectif de trouver un moyen pour modifier les informations génétiques du virus « natif » isolé de chauve-souris afin de le rendre hautement infectieux pour les hommes. L’animal de laboratoire utilisé pour ces travaux était la souris humanisée, c’est-à-dire présentant les récepteurs adéquats à la surface des cellules épithéliales pulmonaires, afin de sélectionner par des modifications génétiques successives le virus capable de se fixer avec une haute efficacité sur la protéine membranaire ACE2. La communauté scientifique américaine, considérant ces recherches comme dangereuses finança le laboratoire P4 de Wuhan pour terminer ces travaux.

L’un des premiers acquis des travaux effectués à Wuhan fut la démonstration au cours de l’année 2018 de la très forte affinité du virus modifié pour cette protéine membranaire ACE2 impliquée dans le mécanisme de régulation de la coagulation sanguine. Dans le même temps la séquence de nucléotide du matériel génétique du virus fut communiquée à quelques laboratoires pharmaceutiques nord-américains afin qu’ils mettent au point un thérapie génique basée sur un ORF*** bien spécifique du coronavirus, celui qui code pour la protéine de la spicule de ce dernier, protéine se fixant sur le récepteur ACE2. Toutes ces informations plutôt dérangeantes pour le Docteur Fauci et ses acolytes ont été révélées dans le cadre du Freedom Information Act dont en particulier le document DARPA-PREEMPT HR00111S0017 où il est précisé que l’armée américaine refusa d’effectuer de tels travaux sur le sol américain.

Cependant la DARPA consentit à financer le laboratoire de Wuhan afin de mettre la dernière main à l’élaboration du SARS-CoV-2, un virus chimérique hautement infectieux pour l’homme dont la « sortie » devait être programmée quand les laboratoires pharmaceutiques nord-américains seraient prêts pour la production massive de vaccins à ARN messager codant pour l’une des sous-unités de la protéine « spike ». Comment ce virus chimérique, résultat d’une collaboration sino-américaine, a-t-il été « libéré » dans la nature ? Il y a plusieurs réponses. Un erreur de contrôle des mesures de sécurité au sein du laboratoire P4 de Wuhan paraît invraisemblable : tous les personnels travaillant dans ce laboratoires savaient que ce virus était potentiellement très dangereux. Comme divers biologistes américains venaient périodiquement travailler dans ce laboratoire l’hypothèse la plus vraisemblable serait que l’un d’entre eux ait volontairement soustrait de ce laboratoire un tube scellé contenant la forme finale du virus qui avait par ailleurs montré sur les souris humanisées son pouvoir infectieux et de le faire sortir du laboratoire P4. Lorsque l’on a pénétré dans le bâtiment-réacteur d’une centrale nucléaire muni d’une combinaison spéciale et de bottes aux pieds, quand on ressort de cet endroit on subit un examen radiologique consistant à détecter si on émet des rayons gamma, c’est-à-dire si on a été contaminé. Dans un laboratoire du type de celui de Wuhan il n’existe aucune technologie de détection d’un échantillon biologique quand on quitte la zone contrôlée en passant dans un sas en dépression où on se défait de sa combinaison en sur-pression afin que la moindre particule solide soit aspirée vers un purificateur à ultra-violets intenses.

Donc quelqu’un est sorti de ce laboratoire avec la souche chimère du coronavirus hautement infectieuse. On ne saura jamais qui a commis ce crime mais je pencherais pour un visiteur américain car les laboratoires pharmaceutiques nord-américains étaient presque prêts à affronter une épidémie. Une petite contamination dans la ville même de Wuhan et le tour était joué, les Américains se lavaient de leur méfait pour ensuite accuser les Chinois. Ce qui est le plus suspect dans cette histoire qui frise le sordide réside dans le fait que les Américains ont délibérément confié les travaux de gain de fonction à ce laboratoire P4 de Wuhan en le finançant généreusement dans ce but, ce que le NIH a finalement reconnu. Une manœuvre politique vraiment vicieuse pour accuser ensuite la Chine ? Un projet délibéré pour enrichir les laboratoires pharmaceutiques nord-américains qui étaient prêts à affronter l’épidémie avec leur pseudo-vaccin ? Une tentative pour Gilead d’écouler son Remdesivir ? L’Union européenne a dépensé en pure perte un milliard d’euros pour ce produit qui s’est révélé inefficace, toxique pour les reins et mutagène pour le virus.

Ce qui a le plus contrarié les Américains dans leur plan machiavélique (d’une éventuelle extermination du peuple chinois) est tout simplement que les Chinois savaient que l’hydroxychloroquine était utile pour combattre efficacement la maladie dès l’apparition des premiers symptômes de type grippal associée ou non à un antibiotique de type macrolide. De plus le virus présent à Wuhan fut immédiatement cultivé à grande échelle sur des cellules Vero afin de préparer un vaccin de type traditionnel. Le souci est que les Américains, du haut de leur superbe impérialiste, considèrent les Chinois comme un peuple de seconde zone comme ils considèrent les nègres de leur pays à peine différents d’un animal. J’ai bien écrit « nègres » à dessein car n’importe où aux USA les blancs parlent de « Blacks » ou de « Nigers ». Le système politique américain est, il est vrai, adossé à un système racial depuis sa naissance et les Chinois ne sont que des « Chinooks » pour les Américains WASP.

Les travaux de gain de fonction ont abouti à un virus qui provoque une maladie de la coagulation sanguine diagnostiquée par des thromboses, qui fait apparaître des anticorps « croisant » avec la syncytine-1, c’est-à-dire reconnaissent cette protéine essentielle pour l’implantation du placenta dans l’utérus ainsi que pour l’équilibre de la membrane basale du derme et le bon fonctionnement des gonades. Voilà un fait qui réjouit déjà Bill Gates, lui qui veut que la population mondiale diminue. Devant ces évidences scientifiques il sera intéressant de suivre l’évolution des naissances dans tous les pays qui ont été massivement affectés par le SARS-CoV-2 dans les prochaines années, d’autant que les gouvernements préconisent des injections de rappel. Cette pandémie coronavirale est donc bien un complot organisé par les USA dont ils font porter aux Chinois la responsabilité. Dans le genre machiavélique on ne pouvait pas imaginer mieux.

Source et illustration : ZeroHedge

*NIAID = National Institute of Allergy and Infectious Diseases

**DARPA = Defence Advance Research Projects Agency

***ORF = Open Reading Frame, c’est-à-dire un gène lisible codant pour une protéine et WASP = White Anglo-Saxon Protestant. Note. L’effet de l’Ivermectine sur le coronavirus a été découvert au cours du printemps 2020. Sa prescription, comme celle de l’HCQ, a été interdite à la demande des laboratoires pharmaceutiques, ou de Bill Gates, qui sait.

La guerre des monnaies (suite)

Dans un billet précédent je dissertais de l’antagonisme entre la Chine et les USA. J’ai omis quelques remarques que l’opinion a tendance à amalgamer ou ignorer. D’abord les revendications territoriales de la Chine concernant Taïwan n’aboutiront jamais à un conflit armé entre les USA et la Chine. Il existe en effet un accord non écrit entre les 5 puissances dotées officiellement de l’arme nucléaire dont le fondement est de ne pas utiliser l’arme nucléaire en cas de conflit entre ces 5 puissances. Israël, le Pakistan, l’Inde et la Corée du Nord ne font pas partie de ce club. Personne ne connait l’état de leur armement ni celui des vecteurs qu’ils peuvent déployer pour tenter d’anéantir à distance un ennemi. Les 5 pays « nucléarisés » disposent d’un arsenal suffisant et opérationnel à tout moment pour détruire une grande partie de la Terre. Ils ne s’affronteront donc jamais directement tout simplement car ils ne savent pas qui sortira gagnant d’un tel conflit si tant est qu’il y aura un survivant. En conséquence les USA n’entreront jamais en conflit armé direct avec la Chine au sujet de Taïwan. Ces deux pays n’ont aucun intérêt à voir cette île détruite par des bombardements pour satisfaire une revendication territoriale, pour l’un, et une position stratégique pour l’autre. Taïwan possède un atout majeur, son entreprise TSMC. Il faudra au moins dix ans pour que l’usine TSMC-bis en construction sur le sol américain soit opérationnelle et la Chine ne sera opérationnelle dans cette technologie qu’en 2030 au plus tôt avec une résolution légèrement inférieure à 10 nanomètres alors que TSMC a déjà atteint 4 nanomètres. En d’autres termes un circuit produit par TSMC aujourd’hui sera, dans dix ans, toujours plus performant (d’un facteur 2) à la meilleure technologie que pourra atteindre la Chine.

L’autre point qui obligera en quelque sorte la Chine à modérer ses velléités d’annexion de Taïwan est la proximité de l’immense installation militaire terrestre et maritime américaine d’Okinawa au sud de Kyushu au Japon qui se trouve à 20 minutes de vol d’un F-16 (ou d’un F-35 s’il est en état de vol). Le Japon n’est pas exclu de la stratégie américaine car des entreprises nippones spécialisées mondialement dans les matériaux composites travaillent activement dans le cadre d’un contrat avec Raytheon et Lockheed-Martin pour la mise au point d’un chasseur et d’un bombardier super-furtifs. De toutes les façons un conflit armé entre la Chine et les USA serait destructeur sans même l’usage d’un quelconque armement nucléaire et les Américains auraient beaucoup à perdre. L’industrie américaine est en effet incapable de produire à domicile ce qu’elle importe de Chine. Avant d’envisager un conflit armé avec la Chine il faudra en premier lieu « ré-industrialiser » le pays. Or un tel processus durera plus de dix ans.

Le dernier point à considérer dans cette guerre des monnaies qui voit le jour est l’attitude de la Russie, l’Union européenne étant considérée dans ce jeu stratégique comme une quantité négligeable. Si les Américains étaient de fins politiciens, ce qui est loin d’être le cas, ils devraient d’abord se rapprocher de la Russie plutôt que de l’Australie ! La Russie est préoccupée par les visées économiques de la Chine sur la Sibérie. La « route de la soie » ferroviaire qui emprunte le territoire russe sur des milliers de kilomètres constitue un sujet de réflexion pour le Kremlin. Plutôt que de laisser croiser des navires de guerre à proximité de la péninsule de Crimée les Américains seraient bien avisés de renouer des relations de bonne entente avec la Russie. En décidant avec l’Europe de sanctions contre la Russie les Américains ont anéanti toute crédibilité au sujet de leur stratégie d’encerclement maritime de la Chine car il faudrait aussi que la Chine soit « encerclée » par la terre, comprenez la Russie. Mais les Américains sont trop fiers d’eux-mêmes pour reconnaître qu’ils ont fait une grave erreur stratégique dans leur attitude vis-à-vis de la Russie. Sans le soutien de la Russie les USA ne pourront jamais maîtriser les projets de dé-dollarisation de la Chine. Et un tel soutien relève de l’hypothèse puisque Moscou est également en faveur d’un abandon du dollar pour les échanges internationaux.

La conclusion est évidente : à terme le leadership américain disparaîtra avec le dollar, en d’autres termes la « globalisation adossées au roi dollar » puis l’Union européenne s’effondrera, c’est inévitable, et un nouvel équilibre s’établira avec une Chine plus modérée, confrontée elle aussi à des problèmes démographiques sérieux et qui s’occupera plus de ce qui se passe à l’intérieur du pays car le parti dominant redoute tout mouvement populaire de mécontentement comme celui qui enfle avec la possible faillite d’Evergrande car d’autres promoteurs immobiliers pourraient suivre. Le colosse chinois a des pieds d’argile et les responsables politiques en sont conscients. Ils savent que tant les Américains que les Européens ne peuvent se passer des produits « made in PRC » et cette situation durera encore longtemps car les Chinois ont une autre notion du temps que les Occidentaux.

La guerre des monnaies ne fait que commencer

Lorsque le Président Saddam Hussein envisagea de vendre son pétrole aux Européens et d’être payé en retour en euros les Etats-Unis trouvèrent un stratagème honteux pour leur déclarer la guerre. Souvenez-vous de la fiole brandie par Donald Rumsfeld aux Nations-Unies pour justifier cette entrée en guerre, la preuve que l’Irak disposait d’armes de destruction massive. Bis repetita placent lorsque le commandeur Khadaffi fit la même proposition aux Européens, les Anglais et les Français servirent de bras armé aux Américains pour détruire, au sens littéral du terme, la Libye. Le Président américain aurait pu ouvertement mettre en garde tous les pays producteurs d’hydrocarbures (liquides ou gazeux) contre toute tentative d’abandon du dollar US dans leurs transactions, la situation aurait été plus claire pour tout le monde, y compris pour la Russie qui subit des sanctions de la part des Etats-Unis, accompagnés de manière honteuse par l’Union européenne. On a prétendu dans les chancelleries que ces sanctions avaient pour but de punir la Russie pour son annexion de la péninsule de Crimée. C’était un prétexte car la Russie avait aussi proposé aux Européens de payer le gaz qu’ils importaient en euros. Naturellement les Européens, les laquais des USA, n’avaient pas donné suite à cette proposition du Kremlin et ils s’en mordront les doigts … dans un proche avenir.

Il se trouve que le gouvernement central de la Chine a autorisé la bourse de Shanghaï a ouvrir une cotation du pétrole et du gaz en yuan, en yuan convertibles en or qui plus est. Ceci a été rendu possible après avoir mis de l’ordre à Hong-Kong dans le but d’évincer la City de Londres dans le cours des projets chinois. Des accords de swap ont été conclus avec divers pays de la région, Viet-Nam, Thaïlande, Indonésie et, fait notoire, le Japon. De plus la Chine est sur le point de finaliser un système de transactions équivalent au SWIFT qui est entièrement contrôlé par les Américains, et de ce système les Chinois n’en veulent plus et ils ont bien raison.

Devant ces faits il est donc facile de comprendre la nervosité des Américains et le ralliement de la Grande-Bretagne au projet d’encerclement de la Chine par la mer (cf. l’affaire des sous-marins) révèle également l’humiliation de ce pays qui n’a presque plus de pouvoir de contrôle sur la place financière d’Hong-Kong. Les Américains ont toujours considéré que l’Océan Pacifique était leur « mare nostrum » au sens romain du terme depuis la fin de la guerre hispano-américaine de la fin du XIXe siècle. Avant Pearl Harbor les américains mettaient en place un blocus maritime du Japon. Ce fut d’ailleurs la raison principale du bombardement du port de Honolulu. Les Américains alimentent donc le projet de blocus maritime de la Chine. L’Australie, un pays gouverné par des imbéciles, a réduit voire annulé toutes ses exportations de charbon, de bauxite, de minerai de fer, de bétail ou encore de sucre en direction de la Chine, la Chine étant en effet son principal client en 2020. Ce pays a par conséquent perdu près de 20 % de son produit intérieur brut avec ces restrictions. Faut-il être idiot pour choisir une allégeance inconditionnelle à un pays, les USA, dont la fourberie est maintenant avérée en dépit du fait que l’économie de son propre pays, l’Australie, est mise en danger.

Finalement ce n’est pas la montée en puissance de la Chine qui inquiète les Etats-Unis mais bien la « dédollarisation » de ses échanges avec des pays tiers. Enfin la convertibilité du yuan en or est humiliante pour les Américains qui ne peuvent que constater que la valeur de leur billet vert est en chute libre par rapport à l’or. Les Américains ne pourront pas éternellement manipuler le cours de ce métal et alors le billet vert ne vaudra plus rien. La Chine est le premier producteur d’or du monde et le premier client des raffineries suisses tant pour l’or extrait sur son sol que pour l’or qualité joaillerie sur lequel les acheteurs chinois font main-basse dans le monde entier. Il y a lieu de se réjouir car les Américains vont un jour ou l’autre payer leur désinvolture et la suprématie du dollar sur les marchés mondiaux ainsi que les iniques pratiques d’extraterritorialité mises en place ne sont plus qu’une affaire de mois ou d’années. Pour plus d’informations à ce sujet l’excellente présentation de Charles Gave devant la Banque Cantonale de Genève est hautement instructive : https://www.youtube.com/watch?v=-olDIuigOUA

SARS-CoV-2 et gains de fonction : collaboration entre Chine et USA

Des documents récemment publiés fournissent des détails sur la recherche financée par les États-Unis sur plusieurs types de coronavirus à l’Institut de virologie de Wuhan en Chine. The Intercept a obtenu plus de 900 pages de documents détaillant le travail d’EcoHealth Alliance, une organisation de santé basée aux États-Unis qui a utilisé l’argent fédéral pour financer la recherche sur le coronavirus des chauves-souris au laboratoire chinois. La mine de documents comprend deux propositions de subventions inédites qui ont été financées par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID dont le Directeur est Antony Fauci), ainsi que des mises à jour du projet relatives à la recherche d’EcoHealth Alliance, qui a été examinée dans le cadre d’un intérêt accru pour les origines de la pandémie https://en.wikipedia.org/wiki/EcoHealth_Alliance .

Les documents ont été publiés après la conclusion d’un litige sur le Freedom of Information Act par The Intercept contre les National Institutes of Health (NIH). Intercept met les documents complets à la disposition du public (liens en fin de billet). « Il s’agit d’une feuille de route pour la recherche à haut risque qui aurait pu conduire à la pandémie actuelle », a déclaré Gary Ruskin, directeur exécutif de U.S. Right To Know, un groupe qui a enquêté sur les origines du SARS-CoV-2.

L’une des subventions, intitulée « Comprendre le risque d’émergence du coronavirus des chauves-souris », décrit un effort ambitieux mené par le président de l’EcoHealth Alliance, Peter Daszak, pour dépister des milliers d’échantillons de chauves-souris à la recherche de nouveaux coronavirus. La recherche a également impliqué le dépistage des personnes qui travaillent avec des animaux vivants. Les documents contiennent plusieurs détails critiques sur la recherche à Wuhan, y compris le fait que des travaux expérimentaux clés avec des souris humanisées ont été menés dans un laboratoire de niveau de biosécurité P3 au Centre universitaire d’expérimentation animale de Wuhan – et non à l’Institut de virologie de Wuhan, comme c’était le cas auparavant. Les documents soulèvent des questions supplémentaires sur la théorie selon laquelle la pandémie pourrait avoir commencé dans un accident de laboratoire, une idée que Daszak a agressivement rejetée ( https://www.cbsnews.com/news/covid-19-wuhan-origins-60-minutes-2021-03-28/ ).

La subvention de recherche contre le coronavirus de chauve-souris a fourni à EcoHealth Alliance un total de 3,1 millions de dollars, dont 599 000 $ que l’Institut de virologie de Wuhan a utilisé en partie pour identifier et modifier les coronavirus de chauve-souris susceptibles d’infecter les humains. Même avant la pandémie, de nombreux scientifiques s’inquiétaient des dangers potentiels associés à de telles expériences. La proposition de subvention reconnaît certains de ces dangers : « Le travail sur le terrain comporte le risque le plus élevé d’exposition au SRAS ou à d’autres CoV, tout en travaillant dans des grottes avec une forte densité de chauves-souris et le potentiel d’inhalation de poussière fécale ». Alina Chan, biologiste moléculaire au Broad Institute, a déclaré que les documents montrent qu’EcoHealth Alliance a des raisons de prendre au sérieux la théorie des fuites de laboratoire. « Dans cette proposition, ils soulignent en fait qu’ils savent à quel point ce travail est risqué. Ils n’arrêtent pas de parler de personnes potentiellement mordues – et ils ont tenu des registres de toutes les personnes mordues », a déclaré Chan. « EcoHealth a-t-il ces dossiers ? Et sinon, comment peuvent-ils exclure un accident lié à la recherche ? »

Selon Richard Ebright, biologiste moléculaire à l’Université Rutgers, les documents contiennent des informations critiques sur les recherches effectuées à Wuhan, notamment sur la création de nouveaux virus. « Les virus qu’ils ont construits ont été testés pour leur capacité à infecter des souris qui ont été conçues pour afficher des récepteurs de type humain sur leur cellule », a écrit Ebright à The Intercept après avoir examiné les documents. Ebright a également déclaré que les documents indiquent clairement que deux types différents de nouveaux coronavirus ont pu infecter des souris humanisées. « Pendant qu’ils travaillaient sur le coronavirus lié au SRAS, ils menaient en même temps un projet parallèle sur le coronavirus lié au MERS », a déclaré Ebright, faisant référence au virus qui a causé le syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Interrogé sur les subventions de recherche, Robert Kessler, responsable des communications chez EcoHealth Alliance, a déclaré: « Nous avons demandé des subventions pour mener des recherches. Les agences concernées ont estimé qu’il s’agissait d’une recherche importante et l’ont donc financée. Donc je ne sais pas s’il y a grand chose à dire ». La subvention a été initialement accordée pour une période de cinq ans – de 2014 à 2019. Le financement a été renouvelé en 2019 mais suspendu par l’administration Trump en avril 2020. Le plus proche parent du SRAS-CoV-2, qui cause le Covid-19, est un virus trouvé chez les chauves-souris, faisant de ces animaux un point focal pour les efforts visant à comprendre les origines de la pandémie. La manière exacte dont le virus s’est propagé à l’homme fait l’objet d’un débat houleux. De nombreux scientifiques pensent qu’il s’agissait d’un débordement naturel, ce qui signifie que le virus est passé à l’homme dans un environnement tel qu’un marché humide ou une zone rurale où les humains et les animaux sont en contact étroit. Les experts en biosécurité et les détectives d’Internet qui soupçonnent une origine de laboratoire, quant à eux, ont passé plus d’un an à se pencher sur des informations accessibles au public et des publications scientifiques obscures à la recherche de réponses. Au cours des derniers mois, des scientifiques de premier plan ont également appelé à une enquête plus approfondie sur les origines de la pandémie, tout comme le président Joe Biden, qui en mai a ordonné à la communauté du renseignement d’étudier la question. Le 27 août, Biden a annoncé que l’enquête de renseignement n’était pas concluante.

Biden a reproché à la Chine de ne pas avoir publié de données cruciales, mais le gouvernement américain a également mis du temps à publier des informations. The Intercept a initialement demandé des éclaircissements en septembre 2020. « Je souhaite que ce document soit publié au début de 2020 », a déclaré Chan, qui a appelé à une enquête sur la théorie de l’origine des fuites de laboratoire. « Cela aurait changé les choses massivement, juste pour avoir toutes les informations en un seul endroit, immédiatement transparent, dans un document crédible qui a été soumis par EcoHealth Alliance ».

La deuxième subvention de recherche, « Understanding Risk of Zoonotic Virus Emergence in Emerging Infectious Disease Hotspots of Southeast Asia », a été attribuée en août 2020 et s’étend jusqu’en 2025. La proposition, rédigée en 2019, semble souvent prémonitoire, se concentrant sur l’intensification et le déploiement de ressources dans L’Asie en cas d’épidémie d’une « maladie infectieuse émergente » et se référant à l’Asie comme « le plus chaud des points chauds du NIAID ».

https://theintercept.com/2021/09/09/covid-origins-gain-of-function-research/

https://theintercept.com/document/2021/09/08/understanding-the-risk-of-bat-coronavirus-emergence/

https://theintercept.com/document/2021/09/08/understanding-risk-of-zoonotic-virus-emergence-in-emerging-infectious-disease-hotspots-of-southeast-asia/

Note. Les souris humanisées sont des animaux génétiquement modifiés exprimant une protéine humaine. Dans le cadre des travaux effectués pour la recherche de gains de fonction des coronavirus de chauve-souris ces souris exprimaient la forme humaine de l’enzyme de conversion de l’angiotensine de type 2 qui se trouve être abondant à la surface des cellules épithéliales des voies respiratoires et du système de circulation sanguine. Cette protéine appelée ACE2, alors exprimée par les souris génétiquement modifiée constitue un excellent moyen pour optimiser l’interaction entre le virus et l’hôte (ici la souris), le but de la mise au point de gains de fonction. La recherche de gains de fonctions était initialement réservée aux chimistes pour modifier des molécules naturelles afin d’augmenter leurs effets. Le cas le plus classique est la transformation de l’acide salicylique naturellement présent dans les feuilles de saule en ester acétique de la fonction OH de la molécule originelle pour conduire à l’aspirine.

Energie nucléaire : la Chine définitivement en avance !

Avec quelques jours d’intervalle le monde entier a appris que la Chine était devenue l’incontestable leader mondial de l’énergie nucléaire du futur : le chargement en combustible du premier réacteur nucléaire à très haute température et la mise en fonctionnement d’un réacteur à sels de thorium fondu. Ces deux programmes de démonstration ont été planifiés il y a plus de dix ans et ont chacun nécessité le travail de milliers d’ingénieurs souvent formés dans des universités occidentales et de techniciens hautement qualifiés ainsi que le savoir-faire d’une multitude de petites entreprises de haute technologie. La Chine s’oriente donc résolument vers un avenir énergétique fiable et peu onéreux.

Le réacteur à très haute température refroidi avec de l’hélium est situé à Shidaowan dans la province du Shandong. Il s’agit de deux unités qui fourniront de la vapeur de très haute qualité pour alimenter une turbine de 210 MW électriques. La première unité est déjà opérationnelle et le complexe sera raccordé au réseau électrique avant la fin de cette année. La construction de cette usine a débuté en décembre 2012. La température de l’hélium en sortie de réacteur est de 750°C et après passage dans un générateur de vapeur cet hélium refroidi à 250°C retourne dans le réacteur. Le réacteur lui-même se trouve dans une cuve de 11 mètres de haut et de 3 mètres de diamètre comprenant des déflecteurs en graphite et des barres de contrôle entourant un dispositif innovant constitué d’un lit fluidisé de billes de combustible de 60 millimètres de diamètre. À pleine charge le combustible comprend 420000 billes de céramique contenant chacune 7 grammes d’uranium enrichi à 8,5 % d’isotope 235. Il faut un mois pour que le chargement soit complet.

L’intérêt d’un tel dispositif est que le réacteur peut fonctionner sans arrêt de rechargement puisque celui-ci peut être effectué en continu et en cas d’incident les billes peuvent être stockées dans des cuves ayant un volume tel que le processus de fission s’arrête en raison du déficit de quantité critique d’uranium. Il s’agit pour l’instant d’un prototype néanmoins producteur d’électricité qui permettra aux ingénieurs de se former pour l’étude d’unités de puissance plus importante ainsi que pour développer toutes les technologies afférentes dont en particulier la production d’hydrogène.

L’autre innovation chinoise se trouve implanté à WuWei dans la province du Gansu. Il s’agit du premier réacteur à sels fondus de thorium. Bien que cette technologie ait été explorée au début des années 1960 aux USA elle n’a jamais fait depuis l’objet de nouvelles recherches car le fonctionnement de ce réacteur est beaucoup plus problématique. Le fonctionnement en continu d’une telle installation requiert absolument une unité de retraitement chimique en ligne afin de séparer les produits de fission qui empoisonnent le fonctionnement normal de la fission en raison de leur très grande section de capture des neutrons. L’isotope naturel du thorium est le thorium-232 qui n’est pas « fissile » comme l’uranium-235 ou le plutonium-239. Il faut donc une source de neutrons pour initier la réaction nucléaire. Celle-ci est constituée d’uranium-235. Le thorium-232 capte un neutron et se transforme alors en uranium-233. Mais la situation se complique avec l’apparition de protactinium-233. Tous ces métaux se trouvent sous forme de fluorures mixtes fondus à partir d’une température d’environ 290°C. Le prototype de 3 MW thermiques permettra surtout d’étudier le cycle du combustible, le flux de neutrons étant particulièrement délicat à contrôler. Depuis 1969 aucun pays dans le monde n’a envisagé la construction d’un tel prototype.

Pourquoi s’intéresser au thorium ? D’abord parce que le thorium est beaucoup plus abondant que l’uranium et ensuite parce que la Chine accumule des quantités impressionnantes de « stériles » provenant de la purification des terres rares, stériles très riches en thorium. Pour clore ce deuxième chapitre il n’existe aucune information disponible quant au choix technologique des ingénieurs chinois : simple flux ou double flux. S’il s’agit de la technologie double flux la Chine est alors très novatrice en ce qu’un tel dispositif peut fonctionner indéfiniment car il ne comporte pas de réflecteur en graphite mais il est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre (voir le lien wikipedia ci-dessous). Si les ingénieurs chinois réussissent ils auront fait franchir un grand pas à l’humanité qui n’aura alors dans l’avenir plus aucun problème d’énergie.

Sources : World Nuclear News, https://www.nature.com/articles/d41586-021-02459-w et

https://en.wikipedia.org/wiki/Liquid_fluoride_thorium_reactor#Removal_of_fission_products

Origine du SARS-CoV-2 : Washington patauge …

« Washington préfére salir la Chine plutôt que d’avoir une enquête scientifique honnête et ouverte sur l’origine de la pandémie », écrit Finian Cunningham.

Lorsque le président Joe Biden a ordonné à ses agences de renseignement de clarifier l’origine du virus Covid-19, il semblait qu’un coup monté était en cours pour désigner la Chine comme étant responsable de la pandémie mondiale. En mai, Biden a donné 90 jours à la communauté du renseignement américaine pour enquêter sur la possibilité que le virus SARS-CoV-2 qui cause la maladie Covid-19 ait été libéré par un laboratoire de microbiologie de la ville chinoise de Wuhan.

La Chine a toujours qualifié les insinuations américaines de « prédéterminées » et non scientifiques. Pékin souligne l’absurdité d’employer des espions pour résoudre un problème scientifique d’une immense complexité. La politisation américaine d’une question scientifique contrecarre inévitablement une coopération internationale appropriée pour vaincre la pandémie et toutes les collaborations futures. Les espions américains ont publié leurs conclusions la semaine dernière dans une version non classifiée de leur rapport publié par le directeur du renseignement national qui dirige 17 agences. La conclusion majoritaire était que le virus provenait de la nature et infectait les humains via un vecteur animal. Il a été explicitement déclaré que les services de renseignement américains ont estimé que le virus n’était pas une « arme biologique ».

Ainsi, l’establishment de Washington semble se conformer au consensus scientifique international sur la pandémie. Washington semble s’éloigner de la « théorie » déséquilibrée que l’administration Trump précédente et les républicains bellicistes avaient promue, qui cherchait à rejeter la responsabilité de la pandémie sur la Chine. Rappelons que Trump et son secrétaire d’État voyou Mike Pompeo avaient accusé la Chine de détruire « la plus grande économie que le monde ait jamais connu » et ont insinué que l’instrument de sabotage était une arme biologique fabriquée par l’Institut de virologie de Wuhan.

Sous l’administration Trump, les médias américains s’étaient moqués de ses affirmations anti-chinoises. Cependant, sous Biden, le nouveau président démocrate a ravivé la théorie imprudente en chargeant les services de renseignement de l’examiner. Et les médias américains inconstants et consciencieux ont suivi le demi-tour en semblant donner de la plausibilité à la « théorie des fuites de laboratoire ». Les agences de renseignement désavouent maintenant cette notion. En d’autres termes, elles disent qu’il n’y a « pas d’arme à feu fumante » (smoking gun) impliquant la Chine dans la militarisation d’un virus et que la pandémie est due à une épidémie naturelle.

Cette évaluation américaine peut être considérée comme partiellement bienvenue. Si ceux qui veulent semer la peur avaient ostensiblement conclu que le virus était le résultat d’une fuite de laboratoire d’armes biologiques, les conséquences auraient été potentiellement catastrophiques. Car cela aurait impliqué que la Chine avait mené un acte de guerre furtivement pour détruire l’économie américaine et causer plus de 630 000 morts – de loin le plus grand nombre de morts dans le monde.

À cet égard, le rapport de renseignement de 90 jours ordonné par Biden avait une résonance inquiétante avec le tristement célèbre récit des armes de destruction massive (ADM) concocté pour le lancement de la guerre contre l’Irak en 2003 sous George W. Bush. Cette information s’est avérée plus tard sans fondement. Les Américains et les Britanniques ont politisé (fabriqué) ce renseignement pour permettre une guerre génocidaire contre l’Irak – dont l’héritage odieux se répercute encore aujourd’hui. Encore une fois, les médias d’information contrôlés par les entreprises (financières) ont été complices de la vente de ce faux récit et sont donc complices de crimes de guerre monumentaux.

Il y avait un danger que nous assistions à une mascarade de propagande similaire sur la Chine et la théorie de la « fuite de laboratoire ». Si les services de renseignement américains avaient pointé du doigt la Chine pour la pandémie de Covid-19, les médias occidentaux soumis auraient rempli leur fonction habituelle de prostituées. Les protestations de Pékin auraient sans doute été rejetées. Le résultat aurait eu de graves implications pour une confrontation militaire – à un moment où les tensions entre Washington et Pékin sont déjà vives. Alors, qu’est-ce-qu’il s’est passé? Il semble que l’establishment de Washington savait qu’il devait prendre du recul par rapport à la machination supposément imprudente de la Chine. La logique menait à l’abîme de l’affrontement militaire. Contrairement à l’Irak en 2003, la Chine est une puissance formidable qui est en fait défendue avec des armes nucléaires.

Mais il y a aussi le facteur gênant des preuves scientifiques et de la vérité objective. Dans le cas de la création du conflit avec l’Irak, les fauteurs de trouble américains avaient une certaine liberté d’imagination. Ils pourraient vraisemblablement prétendre identifier des armes nucléaires ou chimiques à partir d’images satellites ambiguës. À l’époque également, le secrétaire d’État Colin Powell pouvait brandir une fiole en verre de poudre blanche devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, menaçant implicitement que s’il la laissait tomber par terre, tout le monde dans la pièce mourrait d’une infection à l’anthrax. Il s’avère que Powell brandissait probablement un échantillon de lessive en poudre. Un stratagème aussi sournois n’est pas possible pour tenter d’incriminer la Chine à propos de la pandémie de Covid-19.

Pour pousser la théorie de la fuite de laboratoire d’une arme biologique, les États-Unis auraient dû fournir des données génétiques de l’agent pathogène et attribuer les données à l’Institut de virologie de Wuhan. Mais scientifiquement, il n’est pas possible de fabriquer frauduleusement une très longue séquence génétique. Une arme biologique est un produit de synthèse dont le séquençage génétique montre incontestablement des techniques d’ingénierie microbiologique. Un virus d’origine naturelle présentera une évolution naturelle de sa composition génétique.

Les fauteurs de trouble américains ne pourraient jamais concocter une telle preuve génétique. Ce n’est pas scientifiquement possible. De plus, les microbiologistes chinois avaient bien sûr des copies des données génétiques relatives à tous les virus qu’ils étudient et recherchent. Toute tentative de falsification des Américains serait absolument vérifiable. Toute la théorie des fuites de laboratoire a toujours été une course ridicule pour le renseignement américain. La plupart des scientifiques, dont une équipe internationale de l’Organisation mondiale de la santé en coopération avec des experts chinois, ont conclu que le virus Covid-19 est d’origine naturelle et a infecté l’homme via un vecteur animal. L’équipe de l’OMS a conclu qu’il était « extrêmement improbable » que le virus sorte des laboratoires de Wuhan, soit en tant qu’arme biologique, soit à la suite de la libération accidentelle d’échantillons de virus naturels.

Alors que la plupart des agences de renseignement américaines ont réalisé que la politisation de la pandémie est une impasse, néanmoins, l’un de leurs agents est cité dans l’enquête « 90 jours » (lien en fin de billet) comme affirmant que le virus Covid-19 pourrait avoir été libéré en tant qu’agent pathogène naturel au cours d’un accident à l’Institut de virologie de Wuhan. Cette évaluation ne constitue pas la pleine incrimination de la Chine. Mais cela implique toujours un degré de culpabilité pour la pandémie mondiale en cours. S’il ne s’agit pas d’un « pistolet fumant », les Américains ont recours à un pistolet graisseux pour salir la Chine.

Pékin et de nombreux scientifiques du monde entier ont condamné Washington pour avoir politisé les origines de la pandémie. C’est un canular futile et non scientifique de blâmer la Chine. De plus, cette diversion dangereuse empêche un effort international approprié pour étudier les origines du virus SARS-CoV-2 qui est essentiel pour vaincre les futures pandémies.

Il sert également de diversion aux appels valides pour enquêter sur la possibilité que la maladie de Covid-19 soit originaire des États-Unis ou de l’Europe des mois avant que les premiers cas ne soient signalés à Wuhan en Chine en décembre 2019. Fort Detrick, Maryland, impliquant des échantillons de virus naturels est une préoccupation valable pour une enquête internationale. Mais heureusement pour Washington, sa politisation crasseuse de la pandémie sert à entraver une telle enquête. Il préférerait salir la Chine plutôt que d’avoir une enquête scientifique honnête et ouverte sur l’origine de la pandémie sur le sol américain.

Article paru sur le site strategic-culture.org le 30 août 2021