La pénurie de semi-conducteurs : un problème mondial récurrent

Ce n’est pas la pandémie coronavirale qui a provoqué une pénurie mondiale de semi-conducteurs puisque les deux principaux pays producteurs de ces composants essentiels pour l’industrie mondiale n’ont jamais été affectés par le coronavirus. Il s’agit de la Corée et de Taïwan, deux pays précisément exemplaires dans la gestion de cette crise sanitaire. La demande mondiale en semi-conducteurs n’a cessé de croître au fil des années et les gigantesques investissements pour créer de nouvelles unités de production n’ont pas suivi cette augmentation de la demande. Pour créer une unité industrielle de production de semi-conducteurs l’investissement nécessaire est de l’ordre de 12 milliards de dollars et il faudra trois années pour qu’elle devienne opérationnelle. Ces usines dont la sophistication est poussée à l’extrême puisque les circuits électroniques atteignent maintenant des échelles de l’ordre de quelques microns sont encore appelées des « fonderies ». En effet, l’activité en amont consiste à produire des lingots de silicium ultra-pur à partir de sables particuliers pauvres en contaminants mais qu’à cela ne tienne les techniques de purification dites de « zone » des lingots ont fait des progrès considérables quand il s’agit de ce secteur particulier de la production industrielle de « chips » spécialisés. Le court documentaire (lien en fin de billet) donne un aperçu de ce type d’unité de production. Deux entreprises extrême-orientales sont les leaders de ce marché, Samsung en Corée et TSMC (Taiwan Semiconductor). Quelques autres acteurs comme Intel aux USA et SMIC en Chine se partagent les miettes. Le Japon dont les unités de production, en particulier celles de Toshiba, ont été ruinées par le grand tsunami du 11 mars 2011 n’a pas suivi cette évolution. Seules des firmes nippones spécialisées dans la robotique de précision ont survécu mais ne sont plus que des sous-traitants de TSMC ou de Samsung.

Pourquoi des industriels du monde entier doivent attendre des livraisons de « chips », tout simplement parce qu’aucune entreprise occidentale ne peut prendre le risque financier considérable d’investir des milliards de dollars dans ce créneau alors que la conjoncture économique est incertaine et que par conséquent les risques de profitabilité sont tout aussi incertains. Un faisceau de paramètres a donc créé cette crise. D’abord les constructeurs d’automobiles ont reporté leurs commandes, occupés à repenser leurs productions pour passer du diesel à la voiture électrique. De tels changements de stratégie ne s’effectuent pas en un jour. Les confinements et autres couvre-feux ont eu pour conséquence une explosion du travail à domicile et la demande en électronique personnelle de bureau a bondi. Les décisions politiques de l’ex-président américain à l’égard de la Chine ont poussé une firme comme Huawei a constituer des stocks de semi-conducteurs jamais vus auparavant. Enfin le « minage » des monnaies électroniques a rapidement épuisé la production de cartes graphiques, une pression supplémentaire sur les principaux fabricants.

La conséquence de cette crise est une augmentation significative des prix de toute l’électronique grand public : quand il n’y a pas assez de blé le prix du pain augmente et ceux qui mangent du pain sont les premiers à en subir les conséquences, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui dans l’industrie des semi-conducteurs …

Inspiré d’un article paru sur le site The Conversation

Note. Pour ceux qui envisageraient de placer leurs économies en achetant des actions de TSMC qui ont « pris » 190 % d’augmentation en quelques semaines en raison de la pénurie mondiale de semi-conducteurs ils doivent s’armer de patience car investir à Taïwan est très compliqué. Enfin la Chine a besoin de Taïwan et pas seulement de TSMC mais également de FoxCon et un conflit armé entre la Chine populaire et la République de Chine (Taïwan) me paraît improbable pour l’instant car il faudra au moins 15 ans pour que la Chine devienne autosuffisante dans ce domaine.

Brève. Quand on dispose de la puissance de l’argent on ose tout

La deuxième plus importante usine de production d’hydroxychloroquine dans le monde a été détruite dimanche par une très forte explosion suivie d’un incendie massif. L’usine, située près de l’aéroport Taoyuan de Taïpeh, à Taïwan est totalement hors d’état de produire ce produit. Les conditions de sécurité dans une usine chimique sont extrêmement strictes et tout les personnels sont formés et au moins deux fois par an doivent assister à des sessions d’exercices de lutte contre le feu, le confinement des produits dangereux en cas d’incident et à des rappels des gestes élémentaires de sécurité. J’ai subi ce genre de formation pendant plus de 13 ans lorsque je travaillais au sein d’un centre de recherche de Rhône-Poulenc. Taïwan n’est pas un pays sous-développé et il est inconcevable que cet accident soit la conséquence d’un manque de rigueur industrielle.

La synthèse de cette molécule ne fait jamais appel à des conditions extrêmes de température ou de pression. C’est un process très bien maîtrisé effectué en continu qui, pour un chimiste, ne présente pas de problèmes particuliers. La seule hypothèse est une origine criminelle de cette explosion. L’hydroxychloroquine dérange au plus haut point le lobby international de la pharmacie pour deux raisons. Administré massivement à titre préventif et prophylactique pour maîtriser la pandémie de SARS-CoV-2 celle-ci ne serait plus qu’un souvenir. Le nombre de morts aurait été diminué de plus de la moitié. Certes les personnes de plus de 80 ans ayant une espérance de vie de moins d’une année seraient mortes mais n’auraient pas été comptabilisées abusivement dans les décès estampillés Covid. N’ayant pas d’alternative crédible pour traiter ce virus les laboratoires pharmaceutiques n’auraient pas systématiquement corrompu les gouvernements pour imposer des produits alternatifs inefficaces et dangereux en exigeant qu’ils interdisent l’hydroxychloroquine et plus important encore les gouvernements ne seraient pas obligés aujourd’hui de dépenser (l’argent des contribuables) des sommes astronomiques, des centaines de milliards de dollars, pour vacciner leurs populations avec un vaccin inconnu potentiellement dangereux.

Cet accident ne peut être que criminel …

Source : https://whatnownews24.com/2020/12/20/massive-explosion-at-a-pharmaceutical-company-in-north-taiwan/