Turquie et Indonésie, étrange similitude

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Le Tribunal International de la Haye vient de reconnaître – enfin – la complicité des USA, de la Grande-Bretagne et de l’Australie dans les massacres à grande échelle, plus de 500000 morts qui furent passés par les armes après des incarcérations arbitraires, à la suite de la tentative de coup d’Etat fomentée le 30 septembre 1965 par l’armée et dirigée contre le Président Sukarno. Le chef de l’armée, le général Suharto, devint ensuite président de l’Indonésie en 1968 alors que Sukarno se retrouva fragilisé par ces exactions sanglantes. Les données « officielles » mentionnent un demi-million de morts, essentiellement des soit-disant communistes, mais des organisations non gouvernementales ont affirmé à l’époque que près de trois millions de personnes furent massacrées sans état d’âme.

Les récents évènements de Turquie ressemblent étrangement à ce qui se passa en Indonésie. La communauté internationale va-t-elle rester muette et immobile devant la gigantesque purge qui s’organise maintenant en Turquie. Pêle-mêle des étudiants, des professeurs d’université, des magistrats, des juges, des politiciens « hostiles » à Erdogan, des militaires, des Kurdes bien sûr, l’occasion est trop bonne, mais aussi des hommes et des femmes de la rue vont être massacrés ou parqués dans des camps pour y mourir de mort lente au soleil comme on fait sécher les abricots. Les Américains qui possèdent des bases militaires où se trouvent plus de 60 fusées à tête nucléaire vont-ils laisser Erdogan massacrer ses concitoyens alors qu’ils sont les chantres de la liberté et de la démocratie ? Ils ont sinon favorisé du moins toléré les massacres indonésiens au nom de la démocratie, vont-il faire de même en Turquie en soutenant le dictateur Erdogan dans son entreprise d’installation d’un pouvoir totalitaire ?

Source partielle : informationclearinghouse Image d’archive de la répression à Djakarta.

Billet d’humeur politique

Merkel, Hollande et Erdogan : beau trio !

Les élections régionales en Allemagne ce dimanche 13 mars ont sanctionné le parti de la Chancelière Angela Merkel avec la montée du parti d’extrême droite AfD car il ne faut pas se masquer le regard, il s’agit d’une résurgence du nazisme, certes sous une forme modérée, qui constitue une première depuis 1945. l’Allemagne va-t-elle renouer avec ses vieux démons ? La question peut se poser dans la mesure où maintenant les deux partis traditionnels, CDU et SPD, sont laminés par les Verts et ces nouveaux-venus sur la scène politique. On ne peut que constater que la politique outre-Rhin est devenue étrange pour ne pas dire source d’inquiétude. Il suffit de se remémorer cette sorte de pacte inattendu entre Merkel, Hollande et le dictateur Erdogan qui devrait être conclu en cours de semaine.

Il est déplorable que l’Europe soit totalement dénuée de toute direction claire dans ses décisions de politique étrangère et pour cause : l’Europe c’est l’OTAN, et l’OTAN c’est la Maison-Blanche et sa propagande incessante des néocons et du complexe militaro-industriel. De plus la Turquie fait partie de l’OTAN et c’est là que le bât blesse douloureusement car personne n’ose dire à ce monstre d’Erdogan, largement compromis avec tout son clan dans les affaires juteuses de Daesh, que ça suffit ! L’Europe est sans voix unie devant les évènements du Moyen-Orient et on comprend que les mouvements populistes de droite trouvent un terrain favorable auprès d’électeurs excédés par la navigation à vue de leur Chancelière. En 2017 ce sera le même cas de figure en France …

Enfin en Espagne, pays qui n’est pas gouverné depuis maintenant presque trois mois, c’est la montée de deux extrêmes qui a brouillé les cartes politiques, un parti d’extrême gauche populiste genre Siryza, tout le contraire de ce qui se passe en Allemagne avec l’AfD en apparence mais deux mouvements qui se rejoignent finalement, et des rêveurs (Ciudadanos) qui veulent tout tout de suite et qui n’ont pas compris que la relance économique espagnole n’est assurée qu’à coup d’emprunts sur les marchés.

Si les politiciens sont tous plus ou moins corrompus, il faut tout de même reconnaître qu’il existe encore quelques professionnels qui ont intégré les arcanes subtiles de ce métier particulier. On ne peut pourtant que déplorer l’attitude de Merkel et de Hollande en ce qui concerne l’immigration massive en provenance du Moyen-Orient, l’attitude d’Erdogan avec Daesh et la Syrie et enfin cette servitude consentie vis-à-vis de la Maison-Blanche, un mélange inévitablement explosif à terme pour l’Europe et son unité de façade.

Billet d’humeur géopolitique

 

On s’achemine donc allègrement vers un nouveau conflit mondial, tranquillement, non pas la fleur au fusil comme au début de la der-des-der, mais avec des drones, des fusées, des armes de destruction massive, des mercenaires avides de profits (y compris les casques bleus de l’ONU) et des conglomérats industriels intéressés en premier lieu par ces conflits. Par exemple, les casques bleus de l’ONU qui ont participé aux opérations de nettoyage de la « vermine » sunnite financée par l’Arabie Saoudite au Mali ont reçu une prime de 50000 euros outre leur salaire de soldats professionnels pour six mois d’opération sur le terrain. Certes ils risquaient leur vie mais combien sont-ils morts au champ du déshonneur ? Ces soldats de l’ONU ne sont-ils pas des mercenaires au service des grandes puissances occidentales et payés par les contribuables ?

Pourquoi s’achemine-t-on vers un conflit de grande ampleur au Moyen-Orient, tout simplement parce que le Royaume Saoudien sunnite, embourbé dans un conflit coûteux et sanglant au Yémen, veut redorer son image en envoyant des troupes au sol en Syrie pour combattre ceux-là même qu’il a financé depuis plusieurs années pour mettre à genoux le régime chiite syrien. De même la Turquie, qui veut redorer son image auprès des chancelleries occidentales, vient également de déclarer son intention d’envoyer des troupes au sol (et en profitera au passage pour massacrer des Kurdes qui n’ont rien à voir avec le conflit syrien) et Erdogan est favorable au déploiement d’avions chasseurs saoudiens à Incirlik sur son territoire.

Si tel était le cas, tout le Moyen-Orient s’embraserait dans une guerre de religion, la rivalité séculaire entre les sunnites et les chiites.

L’Occident s’en lavera les mains en armant les deux camps et en attendant les bras croisés qu’ils s’exterminent mutuellement, aussi simple que ça. C’est l’hypothèse basse mais ni les Américains, ni les Russes et naturellement ni les Européens qui n’ont jamais fait preuve de cohérence en matière de politique étrangère – je parle surtout des Européens – ne pourront résister à donner un petit coup de main à l’un ou à l’autre camp. Et puis ce sera bon pour l’économie occidentale moribonde que de faire fonctionner à plein régime l’industrie de l’armement, cela va sans dire.

On est donc au bord du gouffre. Sans l’avouer ouvertement tous les pays occidentaux concernés se préparent à une guerre meurtrière, coûteuse pour les contribuables, et indéterminée en ce qui concerne les résultats finaux. C’est la seule solution trouvée pour remédier à la crise économique globale qui se profile également à l’horizon. Deux indicateurs doivent être pris en considération pour étayer l’évolution de la situation au Moyen-Orient : la violente remontée des cours du pétrole ce vendredi 12 février (plus de 10 % pour le WTI) et le renchérissement concomitant du prix de l’once d’or qui a augmenté de plus de 135 dollars en trois jours …

Aux dernières nouvelles, Erdogan, ce dictateur impulsif beaucoup plus dangereux qu’Assad, a ordonné le bombardement des positions kurdes près de Minnigh, une importante position stratégique reprise par les Kurdes aux djihadistes, près d’Alep à quelques kilomètres de la frontière turque, avec l’appui de l’aviation russe. Erdogan est soutenu par le Pentagone … Ceci explique cela.

Conseil de lecture : http://iconoclaste/2016/01/pétrole-moyen-orient-le-dessous-des-cartes-a-travers-le-prisme-petrolier/