Le désastre programmé des Départements Français d’Outre-Mer

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Voici une dépêche de l’AFP (lire ci-dessous) qui n’a pas manqué de m’émouvoir dans la mesure où je connais très bien Marie-Galante pour y avoir vécu près d’une année. Entre la corruption au grand jour des élus locaux (et métropolitains) comme par exemple en ce qui concerne la résidence luxueuse pour les retraités de la sécurité sociale sur la commune de Capesterre qui a été l’occasion d’un ignominieux trafic d’influences entre élus locaux et la Métropole, l’installation d’éoliennes qui sont souvent en flambeau quand les vents alizés sont trop violents et enfin les subventions européennes indues pour la construction de la distillerie de Bellevue comportant des installations pharaoniques de dépollution et de préservation de l’environnement. À l’époque – il y a un peu plus de 15 ans – la distillerie Poisson (rhum Père Labat) n’était plus en activité et le bâtiment, rongé par les termites, a fini par s’effondrer. La marque a été rachetée par Damoiseau, firme située sur la grande terre au Moule. L’autre distillerie – Bielle – brûlait (et je pense qu’elle le fait encore) de la bagasse pour la distillation et la presse à cannes était actionnée par un moteur diesel. Je connais très bien cette distillerie (j’ai d’ailleurs quelques bouteilles de rhum Bielle chez moi achetées il y a 6 mois à Auchan Galliéni à Paris. Je la connais bien car je m’étais lié d’amitié avec le propriétaire et l’ingénieur qui oeuvrait sur le site.

En ce qui concerne la sucrerie de Marie-Galante, située à mi-chemin entre Saint-Louis et Grand-Bourg, elle appartient si mes souvenirs sont exacts à des Béqués descendants d’illustres familles d’esclavagistes et je n’ai pas peur de l’écrire, mais il y a déjà 15 ans elle ne pouvait pas traiter toute la canne de l’île car elle était victime de pannes récurrentes en raison de sa vétusté à tel point qu’une majeure partie de la canne de Marie-Galante était acheminée par bateau sur la grande île (La Guadeloupe) pour y produire du rhum en particulier à la distillerie Bologne au sud de la Guadeloupe.

Cette situation décrite par la dépêche de l’AFP m’a interpellé à double titre car les DOM sont une aberration économique institutionnelle dans la mesure où le pouvoir parisien, lorsque l’Europe s’est officiellement construite, n’a pas sauté sur l’occasion de faire de ces îles, Réunion, Guadeloupe, Martinique, Saint-Pierre et Miquelon et même la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, des zones européennes excentrées comme les Canaries, Madère et les Açores. L’archipel des Canaries, que je connais aussi très bien puisque j’y vis depuis maintenant 9 années, est un paradis fiscal très probablement plus avantageux que l’Irlande pour les entreprises, 4 % de taxe sur les bénéfices des entreprises, et une TVA de 5 %. De plus ce statut particulier de zones européennes excentrées fait que ces îles que je viens de nommer bénéficient de la manne de l’Europe pour toutes sortes d’infrastructures – y compris industrielles – quasiment ad libitum ! Les équipements hospitaliers des Iles Canaries sont de tout premier ordre. Les autoroutes et les installations portuaires et aéroportuaires, financées par l’Europe, sont d’une qualité irréprochable, sans compte les productions agricoles, notamment la banane, largement soutenues par l’Europe.

Dans les DOM-TOM français ? Rien de tout cela sinon un régime fiscal avantageux pour les seuls fonctionnaires de l’Etat français dont le pouvoir d’achat presque obscène n’a fait que creuser les inégalités sociales sans oublier le copinage et la corruption.

Cette dépêche de l’AFP m’a finalement donné une unique occasion de peindre une situation catastrophique et délirante de toutes ces îles, ayant un statut aberrant de départements français au même titre que la Creuse et j’ai pris l’exemple de la Creuse car il s’agit d’un département « oublié » de la France métropolitaine … La sucrerie de Marie-Galante pourrait bénéficier d’investissements massifs de la Communauté européenne comme la raffinerie de pétrole de Tenerife (qui appartient à une firme d’Abu-Dhabi) a bénéficié récemment d’aides de l’Europe pour réduire les rejets de méthyl mercaptan pour ne pas tirer le rideau sous la pression des habitants de Santa Cruz de Tenerife … C’est tout simplement surréaliste, la corruption marie-galantaise favorisée par les élus locaux dans le cadre d’un département français a fait son oeuvre.

De plus les écologistes sont venus mettre leur grain de sel dans cette histoire en exigeant un développement « durable » … C’est quoi ? Cela fait 250 ans qu’on produit du sucre à Marie-Galante, l’île aux 100 moulins qui servaient à broyer la canne, cela n’est-il pas durable même s’il n’y a plus de moulins sinon quelques éoliennes le plus souvent en panne ?

Pointe-à-Pitre – La situation des planteurs de canne de Marie-Galante, en Guadeloupe, sera « catastrophique même si la convention permettant de débloquer les fonds pour l’usine de sucre est signée » a estimé samedi le directeur de la coopérative des 1.800 planteurs de Marie-Galante, qui ont bloqué l’île vendredi.

Les planteurs de Marie-Galante souhaitaient par ce blocage alerter la population sur leur situation, menacée par le retard pris dans le démarrage de la récolte sucrière, conditionnée à la remise en route de l’usine, en attente du versement d’aides publiques, via une convention portant sur 2016-2017 et qui n’a pas encore été signée.

« Au mieux la campagne démarrera fin mars, et s’achèvera en pleine saison des pluies », ce qui conduira à « une perte de récolte 30 à 40.000 tonnes de cannes », a expliqué à l’AFP Thierry Orfèvres, directeur de la Sicama.

La dernière convention qui courait jusqu’en 2015 imposait d’augmenter la productivité des planteurs de 62.000 t de cannes à 150.000 t. « Nous l’avons fait et nous avons investi pour cela, nous ne pouvons pas perdre d’argent », affirme Thierry Orfèvres.

La signature de la convention permettant la mise en route de la campagne sucrière est suspendue à un conflit autour de deux projets de centrale biomasse adossée à l’usine sucrière : l’un soutenu par l’entreprise Albioma et les acteurs de la filière depuis 2012, et l’autre, par la communauté de commune de Marie-Galante (CCMG), présenté en décembre, dans le cadre d’un projet de démonstrateur industriel de la ville durable (DIVD), axé autour du « tourisme durable ».

Actionnaires de l’usine de sucre et par là-même du projet Albioma, les planteurs ne cachent pas leurs soupçons de voir le projet de « DIVD » tuer la filière. Ce que la CCMG conteste.

Lundi, une réunion se tiendra « sur les modalités du soutien des collectivités territoriales et de l’Etat à la filière canne de Marie-Galante », selon un courrier d’invitation au préfet d’Ary Chalus, le président de Région, que l’AFP s’est procuré.

Il y indique vouloir « accompagner la volonté des élus marie-galantais » dans leur « approche durable » et « s’engage à proposer, dès cette année, un plan biomasse à l’échelle du territoire guadeloupéen ».

Ce positionnement jette le flou sur les intentions de signature par la Région de la convention. Les services du président de région affirment qu’il « refuse d’être le responsable de la mort de la filière canne à Marie-Galante ». Mais, qu' »en tant qu’élu régional, il ne peut pas ne pas entendre ce que disent les élus locaux ».

(©AFP / 19 février 2017 15h12)

Illustration : moulin de Capesterre (iha)

Les risques existentiels encourus par l’humanité : une évaluation.

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Un petit groupe d’universitaires comprenant des mathématiciens, des biologistes, des informaticiens, des juristes ou encore des philosophes a constitué à l’Université de Cambridge une équipe très spéciale dont la mission est d’étudier les risques existentiels, en d’autres termes les menaces auxquelles l’humanité peut être confrontée dans un futur indéterminé. Tous les aspects de la politique, des sciences et des technologies ont été abordés par ce centre pour l’étude des risques existentiels (CSER, acronyme de Center for the Study of Existential Risk). Selon les évaluations qui ressortent de leurs travaux il est urgent de sensibiliser l’opinion au sujet de ces risques qui ne sont pas ceux que l’on croit communément.

# 1 Intelligence artificielle

Le plus grand risque que court l’humanité serait l’intelligence artificielle prise globalement, non pas seulement des super-ordinateurs dans lesquels des algorithmes complexes influencent nos choix, ce qui est déjà le cas avec Google, ayant pour conséquence un appauvrissement de notre liberté de décision, mais également les machines considérées globalement en particulier les robots. Le risque serait, si aucun contrôle n’est organisé à l’échelle planétaire dès aujourd’hui, une prise en otage de l’ensemble de l’humanité. Les machines décideraient entièrement pour nous. Ce n’est pas de la science-fiction du genre « Terminator » mais bien une réalité qui nous concerne tous et le CSER classe l’intelligence artificielle comme la plus grande menace pour l’humanité dès 2075.

# 2 Risque biologique

Le développement inimaginable il y a encore 30 années de la biologie moderne constitue le second plus grand risque pour l’humanité. Les outils modernes de la biologie moléculaire ont ouvert la boite de Pandore. Les biologistes sont capables, notamment à l’aide de l’outil CRISPR-cas9 de créer des virus nouveaux et de modifier des bactéries anodines pour les transformer en facteurs pouvant provoquer une pandémie totalement incontrôlable qui décimera en quelques années l’ensemble de l’humanité. Ce que craint le CSER est que la banalisation des outils de la biologie moléculaire permette à n’importe quel biologiste un tant soit peu expérimenté de procéder dans son garage à ce genre d’approche sans qu’aucun contrôle puisse être mis en place. Le risque biologique existe déjà et il est classé comme très élevé.

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# 3 Les armes autonomes

Ce risque, aussi, existe déjà : la perte de contrôle d’armements intelligents. Juste un exemple pour situer ce risque. L’armée sud-coréenne surveille sa frontière la séparant de la Corée du Nord à l’aide de robots construits par la firme Samsung. Ces machines sont capables de reconnaître un individu tentant de traverser cette frontière et de l’abattre sans l’autorisation d’une hiérarchie inexistante devenue inutile. Le CSER a imaginé les pires scenarii. Il suffirait de quelques camions remplis de robots intelligents pour détruire une ville entière. À l’extrême limite il deviendrait impossible d’identifier l’ennemi. Durant la guerre froide la stratégie était d’empiler des bombes nucléaires pour dissuader l’ennemi d’attaquer. Aujourd’hui il est tout à fait réaliste d’imaginer des armées sans combattants, des machines feront le travail en lieu et place des combattants traditionnels. Ce risque de guerre robotisée à l’aide de drones intelligents est déjà présent et devra faire l’objet de traités internationaux pour en limiter la portée. C’est l’une des retombées majeures du risque # 1.

# 4 Conflit nucléaire

Le CSER considère que le risque de conflit nucléaire entre les deux puissances (USA et Russie) possédant à elles deux plus de 90 % des armes nucléaires existant dans le monde serait surtout la conséquence d’une fausse alerte. Statistiquement et selon les leçons du passé la probabilité d’une fausse alerte initiant par erreur un conflit nucléaire conduisant à la disparition de l’humanité est de une fausse alerte tous les 14 ans. Il est donc loin d’être nul et l’équipe de Cambridge préconise une remise en question globale du risque de fausse alerte de la part des autorités russes et nord-américaines mais aussi chinoises, pakistanaises et indiennes. Sachant qu’un conflit nucléaire généralisé conduirait à une destruction totale de l’humanité le CSER classe pourtant ce risque comme peu élevé.

# 5 Risque climatique

Pour le CSER le risque du changement climatique d’origine humaine sur l’organisation de la société dans son ensemble doit être pris en considération mais il existe trop d’incertitudes pour évaluer l’ampleur de ce réchauffement ainsi que son impact sur l’humanité. Si ce risque existe déjà il est classé comme peu préoccupant par cet organisme de prospective.

# 6 Impact d’un astéroïde

Considéré comme probable au cours des 50 à 100 millions d’années à venir, classé très faible mais potentiellement aussi dévastateur que celui qui provoqua la disparition des dinosaures.

# 7 Invasion d’extra-terrestres

Si la probabilité de formes de vie intelligentes dans l’Univers n’est pas nulle une invasion de la Terre par des extra-terrestres a été considérée par le CSER mais classée imprévisible et extrêmement faible, ouf !

# 8 Manque de nourriture et famines massives

Compte tenu des prévisions de croissance de la population mondiale – 9,6 milliards d’habitants en 2050 – le risque de famine est loin d’être négligeable d’autant plus que l’accroissement des rendements agricoles de près de 70 % depuis la fin des années 60 repose entièrement sur la disponibilité en pétrole pour la production d’engrais et de produits chimiques permettant de combattre les ravageurs. Cette amélioration du rendement des cultures vivrières a probablement atteint son maximum et le risque étudié par le CSER est une attaque virale ou fongique massive de l’une ou l’autre des trois céréales les plus cultivées dans le monde, riz, maïs ou blé qui provoquerait une famine aux conséquences incontrôlables. La recherche et l’amélioration génétique des plantes afin qu’elles soient prémunies contre de tels dangers biologiques paraît nécessaire sinon urgente. Le CSER a évalué la venue de ce risque majeur vers les années 2050.

# 9 La rumeur des accélérateurs de particules

Un accident dans un accélérateur de particules comme celui du CERN « ferait » apparaître un petit trou noir qui finirait pas avaler tout ce qui l’entoure et au final jusqu’à la Terre entière. Sur le papier ce serait en théorie possible mais la probabilité qu’un tel évènement puisse arriver reste du domaine de la pure spéculation.

# 10 Un tyran planétaire

L’arrivée d’un homme à la tête d’une grande nation qui nierait les évidences scientifiques et technologiques pour accaparer pour lui et ses complices l’ensemble des richesses de la planète, une hypothèse qui semble avoir été abordée par le CSER dans la foulée de l’élection de Donald Trump qui a promis de mettre à plat l’affaire du réchauffement climatique. Comme des dizaines de milliers de chercheurs universitaires vivent de crédits alloués pour conforter l’hypothèse du réchauffement climatique d’origine humaine ils se sentent donc directement concernés et à leurs yeux un homme comme Donald Trump est dangereux car « il nie les évidences scientifiques ».

Cette énumération appelle quelques remarques. D’abord le dixième risque me paraît un peu spécieux. Qu’un groupe d’intellectuels considère que Donald Trump représente un danger pour la communauté scientifique parce qu’il doute de la véracité de la théorie du réchauffement climatique d’origine humaine me paraît excessif. J’aurais préféré un classement différent de ces risques en y incluant le risque d’un refroidissement du climat n’en déplaise aux tenants du dogme du réchauffement. La robotique, les machines intelligentes, les drones feront l’objet d’une étude internationale et de la mise en place d’un comité d’éthique ad hoc pour réguler les applications de ces technologies aussi bien que faire se peut de même qu’il existe des comités d’éthique qui se penchent sur l’utilisation des cellules embryonnaires humaines. Il s’agira d’une prise de conscience internationale quels que soient les intérêts industriels ou financiers en jeu. Personnellement je ne pense pas que l’asservissement de l’humanité toute entière par des machines puisse être plausible ni possible à moins que les hommes aient atteint un degré de dégénérescence intellectuelle avancé.

Les deux risques les plus préoccupants me paraissent être une attaque des grandes cultures vivrières par un ou des ravageurs incontrôlables comme c’est déjà le cas pour les frênes, les oliviers et les bananiers. Comme pour le phylloxéra et la vigne, l’ingéniosité humaine trouvera une parade mais un tel évènement laissera des traces douloureuses. Les risques « biologiques » pouvant se matérialiser par des expérimentations réalisées par un fou irresponsable sont également à craindre mais mettre au point un virus hautement pathogène tuera son inventeur avant qu’il ne se disperse dans la nature, un virus nécessite un « réservoir » et un vecteur. Je mettrai donc un gros bémol dans l’évaluation du risque # 2. Restent donc les risques # 5 et 8 qui se rejoignent dans le mesure où le refroidissement du climat annoncé par de nombreux géophysiciens et astrophysiciens aura pour conséquence une famine généralisée et une totale et profonde désorganisation de l’ordre mondial. Si j’étais membre du CSER je classerai ce risque en première urgence car apparaissant en 2025 au plus tard comme l’ont avancé des géophysiciens éminents.

Source et illustrations : Wired

Première illustration, quelques membres du CSER dans la prestigieuse bibliothèque de l’Université d’Oxford qui sent l’encaustique et le vieux parchemin. De gauche à droite Julius Weitzdörfer du CSER, Beth Barnes de la Future of Sentience Society, Stephen Cave du Leverhulme Center for Future Intelligence, Anders Sandberg, écrivain futuriste, Huw Price de l’Université de Cambridge et Jane Heal du CSER.

Réflexions d’ Antoine BRUNET, ancien de la Cour des Comptes sur le Pénélopegate

Réflexions d’ Antoine BRUNET, ancien de la Cour des Comptes sur le Pénélopegate  

Chers tous,

J’ai comme vous été assommé par la cataracte médiatique du Penelopegate.

Mais ensuite j’ai enquêté et réfléchi. Voici quelques éléments à cet égard. S’ils vous paraissent valables, vous pouvez les faire circuler.

Amitiés à tous,

Antoine BRUNET

Y a-t-il emploi fictif ?

A mon avis non : c’est impossible pour plusieurs raisons, l’accusation ne tient pas.

D‘abord est-ce que Pénélope a réellement travaillé ?
 La réponse est nécessairement oui. M Fillon, comme tous les députés, ne peut pas travailler sans assistant parlementaire, dont le rôle est à la fois divers et très chargé: suivre l’actualité, préparer des notes de synthèse ou des dossiers sur des sujets complexes, préparer les discours amendements et interventions à l’Assemblée, recevoir l’énorme courrier d’un parlementaire et rédiger les réponses, écouter les solliciteurs, représenter le député localement quand il est indisponible, préparer l’emploi du temps et suivre les rendez-vous et déplacements.

Bref, il faut quelqu’un de fort calibre et ayant du temps disponible. C’est un travail qui relève du niveau “Administrateur civil” de la fonction publique.

J’ai fait du Cabinet ministériel, je n’ai jamais autant travaillé. Or à aucun moment le Canard n’a dit: « le travail était fait en réalité par Mr X, Mlle Y et Mme Z,  donc pas par Pénélope ». C’était pourtant le seul moyen de prouver que Pénélope n’aurait rien fait. Et à ma connaissance, personne n’a cité le nom d’autres assistants parlementaires que Mme Fillon. Si donc elle était bien la seule, comment imaginer qu’elle n’ait pas fait le travail ? Comment le député Fillon aurait-il pu fonctionner ? Ainsi l’accusation d’emploi fictif paraît peu vraisemblable.

Ensuite, même si Pénélope n’avait pas travaillé, y aurait-il détournement  de fonds publics ? La réponse est non, car jusqu’en 2012, les fonds concernés étaient privés : personne n’obligeait Mr Fillon à dépenser son enveloppe destinée à payer un ou plusieurs assistants. Il pouvait garder les fonds entièrement pour lui, leur emploi était totalement libre. Une fois ces fonds arrivés sur son compte bancaire, il en avait la libre disposition. C’était des fonds privés, comme son salaire de  député.

Donc il ne pouvait y avoir détournement, puisque le parlementaire en avait le libre emploi, sans avoir à en rendre compte à personne. Et encore moins de détournement de fonds publics, puisque ces fonds étaient privés.

Ce régime de libre utilisation des fonds a cessé fin 2012. Depuis 2013, les sommes non utilisées à payer un ou plusieurs assistants parlementaires reviennent à l’Assemblée. À partir de cette date les fonds sont « fléchés », leur nature est un peu différente. Ne cherchons pas à en dire davantage, puisque les faits sont antérieurs à ce changement de régime : à partir de 2013 Mme Fillon a cessé d’être rémunérée par son mari. M Fillon a expliqué qu’il avait cessé de le faire parce qu’il avait senti monter la réprobation publique contre ces emplois familiaux, pourtant légaux, et que, pour tenir compte de cette inflexion de l’opinion, il avait pris d’autres personnes pour remplacer son épouse.

Ainsi la qualification de détournement de fonds publics ne peut être retenue.

Si enfin cette  qualification était néanmoins retenue, l’auteur des faits pourrait-il être  poursuivi en justice ? La réponse est non car les faits sont trop anciens. De tels « délits » (emplois fictifs, détournement  de fonds publics) se « prescrivent » par trois ans. Après trois ans on ne peut  plus les poursuivre. Or les faits remontent largement à plus de trois ans.  Rien que pour ce motif la procédure diligentée à grand fracas contre Fillon est « bidon ». Si la PJ avait été honnête, elle aurait refermé le dossier en 24 heures en disant: les faits sont prescrits et ne peuvent plus être poursuivis. Et on n’en parlait plus.

Au lieu de cela, elle fait durer l’affaire, sans aucune chance d’aboutir, ni sur le fond ni sous l’angle de la prescription, uniquement pour ternir la réputation du candidat qui apparaissait bien placé pour gagner l’élection, et dégoûter les électeurs de voter pour lui.

Passons à présent au plan moral, qui est celui qui est le plus retenu  par le public et le plus “lourd à porter” :

Y a-t-il eu népotisme  ?

Oui au sens littéral. Mais cette situation est légale, organisée et encadrée par les assemblées parlementaires. Plus de 100 parlementaires emploient des membres de leur famille comme assistants parlementaires, sans que personne n’y ait trouvé à redire. Cette pratique est sans doute regrettable, mais on ne peut en accuser M Fillon sans devoir en accuser aussi les autres parlementaires qui sont dans le même cas et sans ouvrir une enquête judiciaire à leur encontre. Ce que ni les médias ni la justice ne font.

Y a-t-il eu rémunération abusivement élevée ?

La réponse est non, les rémunérations pratiquées sont normales : il convient pour les apprécier de considérer la totalité de la période dénoncée par les médias. Si on rapporte ces salaires « énormes », aux quelque 25 ans de mandat de député ou sénateur (hors périodes de poste de ministre), ils ont été en moyenne autour de 2.400 € nets par mois. Ce montant est à comparer à la rémunération mensuelle d’un Administrateur civil (= catégorie  A), qui va de 2.100 € bruts en début de carrière à 3.600 € (et davantage pour le hors classe, le hors échelle…) sans les primes qui s’y ajoutent, et qui sont en moyenne de 20% du traitement brut. On peut comparer le net de Pénélope au brut d’un administrateur sans les primes.

Un assistant parlementaire a été interrogé à la TV, pour savoir si la rémunération de Pénélope était excessive. Il a répondu que si cela avait été lui l’assistant de Fillon, pendant toute la période en question, cela aurait coûté plus cher que les sommes énoncées par le Canard enchaîné. Je l’ai vu et entendu moi-même.

Ceci n’a été repris par aucun média.

Pour résumer : le travail d’assistant parlementaire a bien dû être fait par quelqu’un, et si ce n’est par Pénélope, par qui d’autre a-t-il été fait ? Il n’y a pas d’emploi fictif. Les fonds, à l’époque des faits étaient d’emploi libre et, par conséquent, n’étaient pas des « deniers publics », mais des fonds privés. Il ne peut y avoir de détournement de fonds publics.

Les faits allégués sont prescrits et ne peuvent être poursuivis. Il ne peut y avoir d’enquête de police et encore moins de mise en examen.

L’emploi de membres de la famille est légal et largement pratiqué par des parlementaires de tous bords, dont aucun n’est poursuivi,

Les rémunérations étaient normales pour le poste concerné.

Tout ceci montre qu’on  est devant une bulle médiatique doublée d’un détournement de  procédure par l’autorité publique, consistant à faire durer une enquête judiciaire « bidon », dans le seul but de persuader une opinion non informée que les faits étaient immoraux et délictueux, afin de fausser l’élection présidentielle.

S’agissant des médias, rien de surprenant. On se souvient que lors de l’élection de Hollande, les médias s’étaient entendus pour réaliser chacun de leur côté un vote blanc anonyme de leurs personnels, reproduisant celui qu’ils avaient émis pour le scrutin réel. Résultat : 85 % avaient voté Hollande.

S’agissant des pouvoirs publics, rien d’étonnant non plus quand on connaît le respect de la  gauche pour la légalité, la présomption d’innocence et la moralité.

Alors, pour qui voter ?
Procédons à la revue des choix possibles :

À l’extrême  gauche, Mélenchon, le candidat du « peuple ». Son programme économique est désastreux, fondé sur le gonflement du smic et des prestations  sociales, le recrutement massif de fonctionnaires, le matraquage fiscal, la fermeture des frontières et le reniement de la dette publique. Ce programme est idéal pour accélérer les délocalisations des entreprises comme des hommes et femmes ayant reçu une instruction supérieure, c’est à dire pour vider le pays de sa substance.

Et pour financer tout  cela, on répudierait nos dettes (les banquiers n’avaient qu’à pas nous prêter, c’est de leur faute ! Sic) et on emprunterait à la Banque de  France.

Ce programme est inspiré de celui de Hugo Chavez au Vénézuela, qui a fait en peu d’années de ce pays prospère, assis sur un immense gisement de pétrole, un des pays les plus pauvres du monde. La fermeture des frontières françaises par des droits de douane élevés est un suicide collectif, quand on sait que la part du commerce extérieur est d’à peu près la moitié du PIB. En même temps, c’est la hausse assurée des prix intérieurs du fait des droits de douane, de l’inflation dûe aux emprunts à la Banque de France (interdits par les règles européennes,  donc, sortie de l’Europe), de la perte de compétitivité, sans compter les mesures de rétorsion inévitables du reste du monde envers nous.

Bref, évitons Mélenchon.

Au plan moral, rappelons-nous que l’intéressé s’est déclaré opposé à ce qu’on demande aux candidats de publier leurs revenus, parce que son patrimoine est de plusieurs millions et qu’il gagne environ 30.000 € par mois en tant qu’élu cumulant plusieurs mandats.

Puis M  Hamon. Sa semaine de 32 heures approfondira la chute de la compétitivité de nos entreprises, comme l’ont fait les 35 heures, cependant que le « revenu universel », qui coûterait chaque année autant que tout le budget de l’État, ne peut être financé qu’en doublant tous les impôts (la TVA à 40 % par exemple) ou en s’endettant comme la Grèce.

La France irait tout  droit sous la tutelle du FMI, comme en 1958, situation dont nous a tirée l’arrivée de de Gaulle, remettant tout en ordre, et ouvrant le pays sur le monde pour le faire repartir.

Donc, évitons M. Hamon.

Au plan moral,  jusqu’ici aucune « casserole » n’a été détectée contre lui, à ma connaissance. 

Mais il y a plus grave, c’est la destruction par son programme de ce qui reste de la « valeur travail » déjà mise à mal par les 35 heures.

Puis M  Macron. On attend son programme. Le peu qu’il en ait exposé consiste à créer de nouvelles dépenses. Il ne prend parti sur rien, ou, quand il le fait, c’est pour renier ce qu’il a défendu comme ministre. Il se présente comme le candidat de la rupture et du renouveau, alors qu’il regroupe sous son aile l’essentiel des ministres de M Hollande. Bref, M Macron, c’est le nouveau Hollande.

Si on est satisfait du bilan de M Hollande, alors il faut voter Macron.

Au plan moral, pas un mot sur la gangrène islamique qui est devenue la préoccupation N° 1 des français, et qui fait le lit de Mme le Pen.

Rappelons en outre que M Macron a consommé en huit mois 80 % des frais de représentation de Bercy, dont une partie semble l’avoir été pour des fins électorales personnelles, sans qu ‘aucune enquête judiciaire n’ait été ouverte pour le laver de ce soupçon.

Mme le Pen. C’est le mariage des extrêmes, de gauche et de droite : son  programme économique est d’extrême gauche, c’est celui de M Mélenchon (voir ci-dessus), motif pour lequel, d’ailleurs, au Parlement européen le Front national s’est vu refuser sa demande d’adhésion au groupe d’extrême droite.

Son programme monétaire est la sortie de l’euro, par création d’un euro français dont la valeur sera déterminée souverainement par l’Etat et avec lequel seraient remboursés les emprunts publics (NB : ceux-ci sont libellés pour l’essentiel  en vrais euros ou en dollars, et sont détenus pour les deux tiers par des  étrangers) : on rêve ? On va vers des dévaluations en chaîne, dues à la perte de compétitivité des entreprises. Personne ne voudra de notre euro national. Personne ne voudra plus de nos emprunts publics.

Elle promet de fermer les frontières à l’immigration et aux marchandises et d’expulser les étrangers en situation irrégulière. C’est la politique de la Ligne Maginot et du recroquevillement national. Elle croit sans doute qu’en agissant ainsi elle empêchera les élites et les capitaux de fuir le pays pour aller créer des entreprises ailleurs et qu’elle encouragera les investissements étrangers chez nous.

Son programme budgétaire consiste à s’affranchir des règles d’équilibre de Maastricht. On fera le déficit qu’on voudra, financé par la Banque de France, enfin libérée des contraintes européennes, redevenue souveraine. Vive la planche à billets et les nouveaux assignats.

Mme le Pen  c’est le nationalisme + le socialisme. Ça a un nom, qu’il ne faut pas prononcer, parce qu’il rappellerait de mauvais souvenirs.

Donc, évitons Mme le Pen.

Au plan moral, pour se limiter à l’actualité récente, rappelons que Mme le Pen doit personnellement 350.000 E au Parlement européen, pour avoir pris son concubin comme attaché parlementaire, ce qui est interdit à Bruxelles, et avoir fait financer sa campagne en France par les fonds européens. Elle refuse de rembourser ces sommes et fait donc l’objet de poursuites judiciaires de ce chef. Ceci ne semble émouvoir personne.

Alors, il reste qui,  si on veut sortir du Hollandisme sans tomber encore plus  bas ? Il reste M Fillon, le  seul à présenter un programme complet et cohérent de redressement du pays appuyé sur une force de caractère capable d’en assurer la mise en  œuvre.

Et on irait douter de lui et du programme de redressement de la France au motif qu’il fait l’objet d’une campagne mensongère de la part des « immobilistes », profiteurs du statu quo, qui creusent des trous dans le bateau pour s’amuser un peu, en se fichant  pas mal de le faire couler !

Mais où avons-nous la tête ? Nous voulons voter pour tous ces marchands d’illusions qui nous conduiront à ce que sont devenus la Grèce ou le Vénézuela (sans compter l’Argentine, Cuba et bien d’autres) ? Ou alors allons-nous nous abstenir courageusement, pour ne pas avoir à choisir, en nous cachant la tête dans le sable pour ne pas voir ce qui va nous arriver ? 

Allons donc  !

Personnellement, je n’ai pas d’états d’âme. Je voterai Fillon, et je le ferais même s’il était fautif. Car mieux vaut un fautif qui sauve le pays qu’un candidat bien propre qui le conduise au précipice. Sans compter que par les temps qui courent, les candidats bien propres ne sont pas légion. Après tout, ni Colbert, ni Mazarin, ni Napoléon, ni Talleyrand, ni Clémenceau, ni la plupart des grands hommes d’Etat qui ont oeuvré pour le bien du pays, n’étaient de petits saints, malgré ce qu’ils s’efforçaient de paraître.

C’est pourquoi je voterai Fillon et je le fais savoir autour de moi pour redonner du courage à ceux qui doutent.

La communication initiale de Fillon a été faible, c’est à nous de prendre le relais. Je vous ai aidé à y voir clair ?

Amitiés à tous

Antoine BRUNET

Source : note d’information obtenue d’un ancien haut fonctionnaire de l’Etat dont je préserve l’anonymat

Nouvel éclatement d’une « bulle » internet ?

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Snapchat, nouveau venu dans le monde d’internet s’est introduit en bourse et espère « lever » 15 milliards de dollars pour arriver à une capitalisation strictement adossée sur du vent de 20,8 milliards. Ça sent le délire et l’éclatement très proche d’une nouvelle « bulle » internet. Les grands de la Silicon Valley se feront balayer en quelques jours, que ce soient Google, Facebook, Tweeter, Whatsapp, Apple ou encore LinkedIn. À elles seules ces six sociétés (et je ne parle pas de Microsoft) capitalisent plus que l’équivalent du PIB de la France, n’est-ce pas indécent pour des entités commerciales qui ne réalisent leur chiffre d’affaire que sur la publicité et des services divers, entre autres fournir en temps réel des renseignements à la CIA et la NSA, ça me donne la nausée chaque fois que je reçois des mails de ces « grands » du Camino Real, la route qui relie San Francisco à San Jose !

Cette situation est devenue tellement caricaturale qu’elle ne peut que s’effondrer sur elle-même. Franchement, de vous à moi, vous est-il vraiment nécessaire d’aller quotidiennement voir ce qui se passe sur Facebook ? Avez-vous vraiment besoin d’être orienté chaque fois que vous faites une interrogation sur internet qui vous renvoie automatiquement à Google et vous précise les 20 sites les plus aptes à même de vous satisfaire ? J’enrage quand je tente une opération comme par exemple transférer des photos de mon appareil Fuji X10 dans mon MacBook. Apple m’explique ce qu’il faut faire ! Je n’ai pas le choix et à la limite je vais devoir payer pour mettre mes photos sur « iCloud », c’est tout simplement indécent et insupportable.

Tout ça parce que chaque fois que vous allumez votre ordinateur vous êtes sans le vouloir scruté, filtré, mémorisé et introduit dans un algorithme hautement sophistiqué qui a cerné presque totalement votre personnalité. Si en ce moment vous regardez la télévision connectée à internet via votre abonnement multimédia ces grands du web et les compagnies de télévision qu’ils ont asservi savent quel programme vous avez choisi et le lendemain quand vous ferez une interrogation anodine avec Google par exemple vous n’aurez même pas la surprise de constater qu’il ne vous faut plus aucun effort pour trouver exactement ce que vous désirez … Car votre personnalité et vos désirs sont mémorisés dans les méga-ordinateurs de Facebook, de Tweeter, de Whatshapp et de Google. Chaque fois que vous envoyez un message électronique – on dit courriel en bon français – vous êtes également scruté, analysé et classé parmi les bons ou les méchants. Et quand vous tenez un blog, comme votre serviteur, vous pouvez être privé de toile, je veux dire de web, ça risque de m’arriver car je suis un blogueur méchant et non conformiste qui dit des choses tout haut (écrites) qu’on ne devrait pas dire même tout bas …

Je ne suis pas parano mais quand je constate que l’introduction d’une société comme Snaptchap peut lever l’équivalent du capital nécessaire à la construction de deux centrales nucléaires, je suis tout simplement révolté … Je paye 47 euros par mois pour avoir chez moi avec un débit plus que lent une connexion internet y compris un téléphone portable dont je ne me sers jamais (imposé quand on souscrit un abonnement à internet) et un téléphone fixe, presque maintenant une curiosité, que j’utilise très rarement aussi et pas de télévision chez moi, je ne peux plus supporter cet outil de propagande orwellien, quel pourcentage revient à ces soit-disant fournisseurs de service car par exemple chaque fois que je vais sur Google pour faire une recherche il faut bien que ce site soit rémunéré d’une manière ou d’une autre, rien n’est gratuit … Si un de mes lecteurs peut me fournir des éléments de réponse je lui en serai très reconnaissant. Hier je suis allé manger des sardines grillées dans un petit restaurant très fréquenté par les touristes, et pour cause il y a le petit logo bleu Facebook très visible sur la porte ainsi que toutes les cartes de crédit acceptées et le logo « Tripadvisor », il paraît que c’est gratuit mais permettez-moi d’en douter …

Vivement que cette nouvelle « bulle » internet explose, Zuckerberg pourra aller se faire voir, je ne verserai pas une larme pour lui !

La Lune, Jupiter et l’Épi de la Vierge

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Dans un précédent billet (30 janvier 2017) qui n’avait rien à voir avec le mouvement des astres je mentionnais qu’on pouvait magnifiquement observer Jupiter toutes les nuits à partir de 23 heures. Jupiter se trouve un peu au dessus de l’étoile alpha de la constellation de la Vierge appelée Spica ou Épi de la Vierge. Spica est une étoile bleu qui est en réalité un système binaire massif constitué de deux étoiles tournant très rapidement l’une autour de l’autre. Le 16 février 2017 à 01 h 19 GMT (UTS et heure locale ici à Tenerife) j’ai fait cette photo de médiocre qualité car j’habite en pleine ville avec mon appareil de photo numérique Fujifilm X 10 pour bien prouver à mes lecteurs que j’observe le ciel très souvent mais malheureusement dans de très mauvaises conditions. Au sud on peut également voir en cette période de l’année Canopus l’étoile la plus brillante du ciel austral dans la constellation de la Carène qui servit longtemps aux navigateurs pour leur indiquer la direction du sud bien avant l’invention de la boussole … Je ne pense pas que Canopus soit visible depuis l’Europe continentale.

 

La Lune, Jupiter et l’Épi de la Vierge

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Dans un précédent billet (30 janvier 2017) qui n’avait rien à voir avec le mouvement des astres je mentionnais qu’on pouvait magnifiquement observer Jupiter toutes les nuits à partir de 23 heures. Jupiter se trouve un peu au dessus de l’étoile alpha de la constellation de la Vierge appelée Spica ou Épi de la Vierge. Spica est une étoile bleu qui est en réalité un système binaire massif constitué de deux étoiles tournant très rapidement l’une autour de l’autre. Le 16 février 2017 à 01 h 19 GMT (UTS et heure locale ici à Tenerife) j’ai fait cette photo de médiocre qualité car j’habite en pleine ville avec mon appareil de photo numérique Fujifilm X 10 pour bien prouver à mes lecteurs que j’observe le ciel très souvent mais malheureusement dans de très mauvaises conditions. Au sud on peut également voir en cette période de l’année Canopus l’étoile la plus brillante du ciel austral dans la constellation de la Carène qui servit longtemps aux navigateurs pour leur indiquer la direction du sud bien avant l’invention de la boussole … Je ne pense pas que Canopus soit visible depuis l’Europe continentale.

 

Un tout petit pas vers la production « bio » d’ammoniac.

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La production industrielle d’ammoniac catalysée par des oxydes de fer selon le procédé Haber-Bosch (1909) requiert de fortes pressions, 200 bars, et des températures élevées, 450 °C, outre la production en parallèle d’hydrogène dont la principale source est le gaz naturel et la purification de l’azote atmosphérique par liquéfaction, deux postes également gros consommateurs d’énergie. Les chiffres concernant la production d’ammoniac sont éloquents : 140 millions de tonnes produites annuellement représentant 3 % des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Le dogme du changement climatique d’origine humaine a donc stimulé la recherche dans le domaine de la production d’ammoniac à l’aide de catalyseurs d’origine biologique – des enzymes – car la nature sait très bien produire de l’ammoniac dans des conditions de température et de pression tout aussi naturelles. L’un des microorganismes candidat pour tenter de réaliser une production d’ammoniac à l’aide d’enzymes est l’Azotobacter vinelandii qui possède l’équipement nécessaire pour réaliser les deux réactions nécessaires, casser la molécule d’azote N2 extrêmement solide et produire des ions hydrogène. Il s’agit d’une nitrogénase, un enzyme fonctionnant avec du fer et du molybdène comme cofacteurs mais grand consommateur d’énergie fournie sous forme d’ATP par la cellule. L’autre enzyme fournissant les ions hydrogène H+ à partir de l’hydrogène moléculaire H2 contient deux métaux, du fer et du nickel. Pour casser une molécule d’azote il faut consommer 16 molécules d’ATP pour arriver au final à deux molécules d’ammoniac NH3 :

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Des chimistes de l’Université de l’Utah se sont donc attaqué à ce problème délicat en rassemblant dans une sorte de pile « à combustible enzymatique » d’un type nouveau d’un côté une hydrogénase et de l’autre coté une nitrogénase, les deux compartiments de cette pile étant séparés par une membrane poreuse aux ions hydrogène H+. Le compartiment hydrogénase a été enrichi en hydrogène gazeux et l’autre compartiment enrichi en azote également gazeux, le tout étant strictement isolé de tout oxygène qui détruirait instantanément ces deux enzymes. En remplaçant l’ATP par d’autres produits donneurs d’électrons cette pile enzymatique a été capable de produire de l’ammoniac et donc de casser la molécule d’azote tout en produisant – Oh surprise – un peu d’électricité puisque les électrons doivent transiter d’une des électrodes vers l’autre comme l’indique le schéma tiré de l’article paru dans Angewandte Chemie (voir le doi). Dans ce schéma MV est le méthyl viologène et PEM la membrane perméable aux ions hydrogène H+. En bleu à gauche l’hydrogénase et à droite le complexe nitrogénase.

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Il existe tout de même de gros problèmes à résoudre avant d’arriver à produire de l’ammoniac par cette approche. D’abord il faut disposer de ces deux enzymes qui sont plutôt difficiles à purifier car ils sont détruits par des traces d’oxygène. D’autre part le transfert d’électrons est assuré par de l’ATP et produire cet ATP in situ, c’est-à-dire dans la pile enzymatique elle-même, semble totalement irréaliste dans l’état actuel des connaissances biochimiques. La modélisation présentée par le Docteur Minteer devra donc attendre probablement très longtemps pour atteindre une quelconque application industrielle.

Source : Angewandte Chemie ( 10.1002/anie.201612500 ) aimablement communiqué par le Docteur Shelley D. Minteer qui est vivement remerciée ici.

Notes explicatives. Dans la plupart des cellules vivantes l’ion hydrogène H+ est produit à partir de l’eau avec apparition simultanée d’électrons et non pas de l’hydrogène gazeux. La modélisation réalisée par l’équipe du Docteur Minteer a utilisé l’enzyme hydrogénase purifié à partir de la bactérie Desulfovibrio gigas pour la beauté de la démonstration, si on peut dire les choses ainsi. Le méthyl viologène est un pigment artificiel accepteur d’électrons.