L’unité 1 de l’usine électronucléaire de Taishan est connectée au réseau

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EDF, acteur à hauteur de 30 % du projet conjoint avec Guangdong Taishan à 140 kilomètres à l’ouest d’Hong-Kong peut enfin se féliciter de voir que le premier EPR au monde vient d’être connecté au réseau électrique chinois. La deuxième unité EPR sur le même site devrait être connectée avant la fin de cette année 2018. Le chantier aura duré seulement 9 ans et ceci est le résultat de l’efficacité des entreprises chinoises. Il ne faut pas mettre sous le tapis le transfert massif de technologies depuis la France vers la Chine (c’était prévu dans le contrat de joint-venture) et il ne fait aucun doute que bientôt ce pays deviendra le leader incontesté de la technologie électronucléaire dans son ensemble. EDF peut se flatter d’être aussi devenu, par la force des choses à la suite de la débâcle d’Areva, le maître d’oeuvre des 3 autres EPR en cours de construction, Taishan 2, Flamanville 3 et Olkiluoto 3 lorsque les activités d’ingénierie d’Areva (ex-Framatome) ont été reprises mais il ne faut pas oublier que sans l’aide de l’Etat français, donc des contribuables, le projet d’Hinkley Point C en Grande-Bretagne n’aurait pas pu être concrétisé. Dans ce dernier projet la Chine est également partenaire d’EDF, curieuse situation assez paradoxale.

Où est l’époque dorée des constructions françaises de centrales nucléaires en Corée et en Afrique du sud (Koeberg) par Framatome ? La filière nucléaire française constituée d’entreprises étatiques a été mal gérée et elle continuera à se dégrader car EDF est maintenant obligé de s’occuper de moulins à vent en s’endettant monstrueusement alors que ce n’était pas sa vocation initiale, celle décidée par les plan quinquennaux des années 1960-1970. Il y avait à cette époque de vrais techniciens à la tête d’EDF et non pas des crânes d’oeuf incompétents. Chaque fois que l’Etat français actionnaire d’entreprises industrielles et commerciales veut diriger celles-ci il est certain que ce sera une catastrophe ! Et cette situation est exacerbée par la porosité entre le gouvernement français et les écologistes anti-nucléaires. Dans 20 ans ce sont les Chinois qui viendront construire de nouvelles unités sur le sol français car personne ne pourra s’en passer …

Enfin, pour terminer ce pamphlet, les syndicats dans leur ensemble s’inquiètent à juste titre de l’avenir de l’entreprise car le gouvernement constitué d’incapables veut obliger EDF à diversifier ses sources d’électricité, au risque de me répéter. Sous le fallacieux prétexte qu’il faut réduire l’empreinte carbone de l’entreprise (ah bon ?) les écologistes poussent le gouvernement à réorienter la politique énergétique alors qu’il faudrait en premier lieu, au sujet de cette empreinte, se préoccuper des transports mais ces mêmes écologistes ne veulent pas toucher à la fibre sensible des Français trop attachés à leur tas de tôle monté sur 4 roues (cf un prochain billet sur ce blog). Un choix critique confié à des ministres nullissimes qui ne connaissent même pas la loi d’Ohm. La France est déjà descendue dans les limbes et sera bientôt un pays classé parmi ceux du Tiers-Monde.

Source et illustration : CGNPC

Billet d’humeur géopolitique : les incohérences américaines

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Les USA ont dénoncé l’accord arraché de haute lutte avec l’Iran pour que ce pays cesse ses projets d’enrichissement d’uranium à des fins militaires et puisse redevenir un membre à part entière du commerce mondial. Les Etats-Unis sont pourtant le premier disséminateur d’armes nucléaires de destruction massive dans le monde puisque des missiles sont installés dans une grande partie de l’Europe au sein des bases militaires de l’OTAN le plus souvent à l’insu des populations locales ainsi que sur d’autres territoires contrôlés par les USA comme Diego Garcia ou encore Guam et peut-être Okinawa. En ce qui concerne l’Iran c’est maintenant une nouvelle forme de chantage qui s’installe alors que ce pays a cessé toute activité d’enrichissement au delà de 4 % d’uranium-235, situation confirmée par les visites inopinées des inspecteurs de l’IAEA. Le nucléaire a bon dos et les Américains cherchent tous les arguments pour fragiliser l’Iran car le gouvernement de Téhéran a conclu un accord commercial avec la Chine consistant à accepter des yuans en règlement de ses livraisons de pétrole et de gaz. Saddam Hussein et Khadaffi en ont fait les frais …

Ce mouvement de « dédollarisation » du marché des hydrocarbures déplait au plus haut point aux USA et les mesures de rétorsion commerciale mises en place par la Maison-Blanche à l’encontre de la Chine entrent dans ce cadre de fragilisation du dollar. Et comme si les Américains étaient à court d’arguments ils accusent maintenant l’Iran d’avoir été l’instigateur des attentats du 11 septembre. On croit rêver tant la situation devient surréaliste. C’est un juge fédéral new-yorkais instruisant 1008 plaintes de familles de victimes des attentats du 11 septembre, le Juge George B. Daniels, qui a entamé des poursuites à l’encontre de la République Islamiste d’Iran, le Corps des Gardiens de la Révolution et la Banque centrale d’Iran. Et ceci tout simplement parce que les USA ne veulent pas se brouiller avec l’Arabie Saoudite, leur allié et vassal dans la région, et aussi ennemi religieux héréditaire de l’Iran qui, tout le monde le sait, a financé ces attentats. On croirait assister à un mélodrame de mauvaise facture mais le jeu devient dangereux car l’Iran compte parmi ses alliés inconditionnels la Chine mais aussi la Russie.

La situation sur le front du pétrodollar se dégrade puisqu’un autre grand pays consommateur d’hydrocarbures, l’Inde, a décidé d’acheter son pétrole à l’Iran en payant la facture en roupies. Inutile de disserter plus avant le « roi dollar » ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir car la Chine et l’Inde ne sont ni l’Irak ni la Libye … À suivre.

Source et illustration : ABC News (abcnews.go.com)

Interdire la pêche dans les eaux internationales : une urgence !

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Dans quelques semaines l’ONU se penchera sur la mise en place de régulations internationales au sujet de la pêche en haute mer c’est-à-dire dans les eaux internationales. Ce type de pêche échappe à tous les règlements nationaux appliqués dans les zones maritimes exclusives et était jusqu’à peu d’années peu connu et mal documenté. Aujourd’hui avec la surveillance satellitaire il est possible de suivre en temps réel tous les bateaux hauturiers partout dans le monde. Cette pêche ne représente que 10 % de l’ensemble des prises mais elle est dévastatrice pour l’équilibre halieutique, elle ne survit que grâce à de généreuses subventions de la part des gouvernements nationaux et sur le plan social la faible rentabilité de cette activité conduit les armateurs à avoir recours à une main-d’oeuvre aussi peu coûteuse qu’il est possible d’en trouver sur le marché.

Depuis une quinzaine d’années les bateaux sont suivis par le « Global Fishing Watch », une plateforme créée par les ONGs Skytruth et Oceania en collaboration avec Google. Les prises ont été répertoriées et en 2014 elles ont atteint 4,4 millions de tonnes avec un chiffre d’affaires global de 7,6 milliards de dollars. Cinq pays se partagent les deux tiers de cette pêche : la Chine (21 %), Taiwan (13 %), le Japon (11 %), la Corée du Sud (11 %) et l’Espagne (8 %). Or les coûts globaux liés à cette pêche sont estimés entre 6,2 et 8 milliards de dollars. Pour cette même année 2014 les subventions accordées par les gouvernements nationaux se sont élevées à 4,2 milliards de dollars ce qui revient à dire que plus de la moitié des bateaux ne sont pas rentables et le seraient encore moins sans une main-d’oeuvre quasiment esclavagisée, à peine rémunérée et vivant à bord dans des conditions d’extrême précarité. L’illustration ci-dessus indique le nombre de bateaux par pays et les techniques de pêche (lien en fin de billet).

L’impact de la pêche en haute mer sur les populations halieutiques proches des côtes est considérable puisque les poissons se déplacent sans arrêt et ils se raréfient par conséquent dans les eaux territoriales. Les techniques de pêche sont également dévastatrices comme par exemple la chalutage des grands fonds ou encore la palangre qui ne fait par définition aucune discrimination entre les espèces. De ce fait le thon rouge (Thunnus maccoyii) des mers du sud est en voie de disparition et les populations d’albacore et de thon obèse sont menacées. Le thon n’atteint sa maturité sexuelle qu’à l’âge de 5 ans et peut vivre plus de 60 ans et comme pour l’empereur (Pomacanthus imperator) ce sont des poissons à croissance lente, leur population est donc très difficile à gérer.

La proposition qui sera abordée aux Nations-Unies consistera à interdire la pêche dans les eaux internationales afin de transformer celles-ci en sanctuaire où ces poissons pourront vivre, grandir, se reproduire et aller enfin vers les zones économiques exclusives gérées par les Etats. Alors les populations de thons pourront se régénérer et les subventions accordées aux marins-pêcheurs pourront être orientées vers le développement d’autres types de pêches moins consommatrices de carburant. Mais c’est un programme de longue haleine qui doit être géré de manière autoritaire. On peut toujours rêver plutôt que de laisser à nos petits-enfants des mers désertes.

Source et illustration : Science Advance http://advances.sciencemag.org/content/advances/4/6/eaat2504.full.pdf doi: 10.1126/sciadv.aat2504

Un rôle physiologique de l’orgasme féminin ?

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Compte tenu des différences anatomiques et physiologiques évidentes entre la femme et l’homme, ce dernier – beaucoup plus que la femme d’ailleurs – a toujours tenté d’expliquer la nature de l’orgasme féminin afin de se considérer comme l’acteur principal de ce processus physiologique. Le plaisir sexuel féminin, pour certaines religions, n’a même pas lieu d’être, c’est dire à quel point il a été vilipendé au cours des siècles. Les « bons chrétiens » ne disait-ils pas il y a encore peu d’années que « une femme honnête ne doit pas avoir de plaisir« , l’orgasme masculin concrétisé par une éjaculation étant la seule forme de plaisir sexuel reconnue (par l’homme). Pour l’homme, donc, la nature même de l’orgasme féminin fut et est encore un sujet de débats dans la communauté scientifique (et au comptoir du café du commerce au coin de la rue). Il y a encore peu d’années, dans les années 1970, certains médecins avaient émis l’hypothèse que les règles contenaient une substance toxique qu’ils avaient appelé ménotoxine et puisqu’elle provoquait le flétrissement des fleurs (vraiment n’importe quoi …) l’homme courait un réel danger en voulant avoir un rapport sexuel avec une femme qui avait ses règles. Je n’invente rien c’est écrit en toutes lettres dans un article du Guardian !

Lien : http://www.mum.org/menotox.htm

La question centrale que les physiologistes (surtout masculins) se sont posé est l’utilité de l’orgasme féminin. S’il ne fait aucun doute qu’en ce qui concerne l’homme il est lié à la contraction des minuscules muscles des vésicules séminales pour expulser le sperme, dans la même problématique l’homme a tenté de lier l’orgasme féminin à ce qu’il a appelé pompeusement et par une sorte de mimétisme une éjaculation vaginale. En toute logique ce serait pour faciliter la pénétration du pénis or les physiologistes se sont rendu compte finalement que persévérer dans cette direction de recherche était erroné à moins qu’une relation sexuelle (hétérosexuelle) suive un protocole bien défini comme cela fut magnifiquement illustré dans le fameux film de Robert Mulligan « Un été 42 » : les préliminaires … Donc les physiologistes ont réalisé une étude minutieuse avec le lapin, un animal de laboratoire dont la femelle présente la particularité d’être sexuellement réceptive quel que soit son stade hormonal reproductif. Pour expliquer en effet un trait particulier apparaissant au cours de l’évolution il est judicieux d’étudier d’autres animaux placentaires afin de faire la part entre le rôle de l’orgasme de la femelle dans le processus de reproduction en liaison avec celui du mâle qui est crucial pour la transmission du sperme et donc de déterminer la signification de ce trait plutôt que son origine au cours de l’évolution. Cependant le choix du lapin pour de telles études apparut inapproprié car ces mêmes physiologistes ont constaté un peu trop tard que la lapine possédait effectivement un clitoris mais que celui-ci se trouvait à quelques millimètres à l’intérieur du vagin.

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Deux constatations ont finalement abouti à une explication physiologique de l’orgasme féminin. D’une part le clitoris est plus éloigné de l’orifice vaginal chez la femme que chez tous les autres primates et la confirmation relativement récente de la présence des corps caverneux du clitoris entourant l’entrée du vagin a permis d’envisager une éventuelle relation entre la pénétration du pénis et l’orgasme féminin. D’autre part, et ce trait est commun chez tous les animaux placentaires, l’orgasme féminin provoque une véritable inondation de l’organisme par de l’ocytocine, une hormone neuro-hypophysaire essentielle pour l’ensemble du cycle de reproduction.

Chez les lapins par exemple mais plus encore chez les félins l’orgasme de la femelle au cours d’une copulation stimule l’ovulation alors qu’elle est spontanée chez une grande majorité d’autres mammifères placentaires car l’ovulation est corrélée au cycle hormonal lié à l’ovulation. S’il est très difficile sinon impossible d’identifier un orgasme chez les femelles d’animaux la fonction de l’orgasme chez la femme a évolué vers le seul plaisir sans qu’il ait une signification physiologique majeure. Comme le dit le Docteur Elisabeth Lloyd, biologiste à l’Université de l’Indiana, je cite : « l’orgasme féminin est un fantastique bonus, même s’il a perdu toute sa signification au cours de l’évolution« .

Reste la question des orgasmes multiples dont seulement entre 14 et 16 % des femmes déclarent être les bénéficiaires. Des études récentes ont montré que ces femmes, pour ainsi dire privilégiées, ont une activité cérébrale au niveau des ondes alpha différente de celle des femmes ne faisant l’expérience que d’un seul orgasme et parfois difficilement. Chez ces femmes ces ondes alpha sont significativement plus lentes. Aucune explication satisfaisante n’a pu encore être apportée à cette observation. De là à prétendre que l’orgasme féminin est plus cérébral que physique il n’y a qu’un pas que pour ma part je refuse de franchir mais qui l’a été par de nombreux hommes et en particulier les médecins généralistes qui se sont spécialisé dans la gynécolobie et l’obstétrique.

Les physiologistes sérieux considèrent définitivement que l’orgasme réside dans une sensibilité du clitoris exacerbée par un afflux de sang lors de la stimulation sexuelle et que l’existence du point G (point de Gräfenberg) justifiant une origine vaginale de l’orgasme est un pur fantasme masculin monté de toute pièce par les hommes pour justifier le fait que la pénétration du pénis est indispensable pour que la femme atteigne un orgasme, encore une attitude totalement erronée de l’homme face au mystère de l’orgasme féminin. Et pour cause la pénétration met en contact l’os pubien de l’homme avec son homologue féminin. Or ce contact entraine naturellement une stimulation du clitoris pouvant parfois conduire à un orgasme chez la femme … Messieurs cessez de vous sentir maîtres dans ce domaine du mystère de l’orgasme féminin, vous n’êtes qu’un acteur subalterne le plus souvent inexpérimenté que ne recherche que son propre plaisir.

Inspiré d’un article paru dans le Guardian (première illustration) et aussi

https://doi.org/10.1002/jes.b.22690 , doi : 10.1007/s00192-012-1831-y , autre illustration : Meg Ryan dans le film « Quand Harry rencontre Sally » (capture d’écran).

Note à l’intention de mes fidèles lecteurs. Comme ce billet suscitera de nombreuses remarques et qu’en cette période estivale bon nombre d’entre vous ont d’autres préoccupations, durant les 4 semaines à venir je ne mettrai en ligne un billet que tous les deux ou trois jours. Bonnes vacances à tous et merci pour votre assiduité.

Politique-fiction : les « évènements » d’Algérie

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À la suite de mon billet relatif aux terres rares j’ai poursuivi ma réflexion en relisant l’histoire car effectuer ce genre d’exercice est parfois une source de surprises. Il ne faut pas lire cette histoire telle qu’elle est enseignée au collège, certainement pas, car elle a été lissée et parfois profondément modifiée par les technocrates dans de nombreux pays européens et en particulier en France pour la rendre conforme aux aspirations modernes. Il est triste de constater cette violation du patrimoine de l’humanité toute entière car notre histoire fait partie de nous-mêmes, de ce qui a fait ce que nous sommes aujourd’hui bien que souvent nous n’en soyons pas conscients.

C’est à l’issue d’une conversation avec une amie « pied-noire » un peu houleuse, pas cette amie mais la conversation, au sujet de la crise algérienne qui en fut l’objet, que m’est venu à l’esprit cette réflexion qui n’est pas une « fake news » comme on dit mais juste le fruit de mes réflexions sur l’histoire récente.

Il s’agit donc d’une analyse très personnelle de l’histoire passée de l’Algérie qui concerne encore sentimentalement des centaines de milliers de personnes déplacées depuis l’Algérie vers la France métropolitaine jusqu’en 1962. Les « pieds-noirs » alimentent encore aujourd’hui une haine inextinguible à l’encontre du Général De Gaulle car à leurs yeux il fut l’instigateur de la séparation entre la France et l’Algérie et l’auteur de toutes les sombres misères que ces populations endurèrent revenant d’Alger, d’Oran ou d’autres ports dans des bateaux bondés pour affronter les hivers rigoureux des années 1960.

La « crise » algérienne que d’aucuns appèlent la « guerre » d’Algérie était à l’époque sous-jacente bien avant que De Gaulle soit appelé par les Français en quelque sorte à la rescousse. Dès le début des années 1950, les géologues français avaient détecté la probable présence de pétrole en Algérie, les USA étaient engagés dans la guerre de Corée et ne semblaient pas s’intéresser à ce que faisait la France en Algérie. Dans le même temps les scientifiques français développaient dans le secret l’éventualité de la mise au point d’un armement nucléaire, une préoccupation qui occupait au même moment non pas seulement la France mais aussi l’Union soviétique et la Grande-Bretagne, dernier pays qui, déjà vassal des USA, ne fit que profiter des avancées technologiques américaines pour s’approprier la possession d’un armement nucléaire pour marquer, en pleine décolonisation, son existence géostratégique. Pour les Français l’énergie et les armements nucléaires étaient issus d’une longue tradition scientifique initiée par les Curie au début du XXe siècle.

Les évènements d’Algérie prirent une soudaine ampleur au tournant de l’année 1954 quand fut découvert du pétrole en plein désert à Hassi Messaoud par la Snrep. Au même moment la Tunisie et le Maroc devinrent des pays souverains et ce fait explique comment le FLN tout nouvellement créé ou allant bientôt l’être put recevoir des armements et beaucoup d’argent de pays tiers. L’histoire dit que c’était l’Egypte qui finançait la guerre civile algérienne, un autre terme pour qualifier les évènements d’Algérie. Nasser en voulait à la France et à la Grande-Bretagne au sujet de leur intervention sur le canal de Suez. Tout ça était bien compliqué et ce n’est que cette convergence de divers faits qui m’a conduit à dire à cette amie pied-noire qu’il était raisonnable de penser que les Américains avaient agi dans l’ombre. Le fiasco de l’expédition franco-anglaise de Suez fut le point de départ d’une sorte de protectorat des Etats-Unis envers l’Egypte et les Américains y sont toujours aujourd’hui. Il suffit de se souvenir du supposé « printemps arabe » égyptien fomenté par les Frères Musulmans qui fut un échec total et se conclut par une reprise du pouvoir par l’armée, ouvertement soutenue par les USA.

Alors qui finança le FLN sachant qu’il y avait du pétrole et probablement aussi du gaz qui fut découvert plus au sud quelques années plus tard à Hassi R’mel ? La réponse semble évidente mais que mes lecteurs n’aillent pas considérer qu’il s’agit d’une vérité qui ne sera probablement jamais dévoilée au grand jour. Cette conjonction d’évènements me permit d’indiquer à cette amie que probablement les services secrets américains manipulaient les protagonistes revendiquant une indépendance de l’Algérie. Je me trompe peut-être mais comment infirmer une telle hypothèse ?

Illustration : Champ pétrolifère d’Hassi Messaoud (Wikipedia)

Le train le plus cher du monde ?

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Quand je vais à Tokyo et que l’aéronef dans lequel j’ai embarqué atterrit à l’aéroport de Narita j’utilise le train de la ligne privée Kesei pour me rendre à Tokyo dont le centre-ville, en réalité le Palais Impérial (comme Notre-Dame à Paris), se trouve à 60 kilomètres. Le train que j’utilise est la ligne Kesei « limited express » qui dessert une bonne vingtaine de stations (pas toutes celles de la ligne qui en compte je crois me souvenir 42) pour arriver à Ueno parce que je n’aime pas changer à la station Nippori pour emprunter ensuite la Yamanote. D’ailleurs à Ueno il faut sortir de la gare de la Kesei pour se rendre à la station JR, Japan Rail, et j’en profite pour fumer une cigarette assis sur les marches de l’entrée du parc de Ueno où se trouvent de nombreux musées magnifiques. Le prix à payer pour le trajet Narita-Ueno est de 960 yens soit environ 8,50 euros.

Pour effectuer le trajet Orly-Antony soit environ 9 kilomètres il en coûte 9,30 euros. Le petit train « OrlyVal » est automatique, il n’y a pas de conducteur ni de personnel sur le quai et pour un tel kilométrage il aurait fallu payer à ce tarif kilométrique 7000 yens entre l’aéroport de Narita et la station de Ueno … une vraie fortune. Je pense que ce petit train OrlyVal est l’un des plus chers du monde. Mais qu’en est-il au juste ? La société Matra a bénéficié d’un contrat ultra-avantageux conclu avec Aéroports de Paris qui ne sera probablement pas remis en question au cas où cette dernière soit privatisée comme le Gouvernement français a émis l’intention de le faire. Les passagers continueront à se faire copieusement arnaquer. Voilà comment les transports en commun français fonctionnent et fonctionneront encore longtemps : coûteux pour un service laissant parfois à désirer.

« Intelligence artificielle » : un abus de langage !

« Intelligence artificielle » : un abus de langage !

En complément au billet relatif au microbiome et au microbiote intestinal il m’est venu l’idée de disserter brièvement au sujet des avancées récentes de la biologie. En ce qui concerne ce microbiote l’analyse des matières fécales est réalisée de manière entièrement automatique que ce soit au niveau de l’identification des gènes bactériens impliqués dans l’une ou l’autre des voies métaboliques ainsi que l’analyse de ces métabolites. Comme pour le séquençage de l’ADN et aussi des ARN ribosomaux de ces mêmes bactéries il s’agit de robots en charge de préparer les échantillons et de les analyser. Il n’y a dans la pratique plus d’intervention humaine. Les résultats sont ensuite analysés par des ordinateurs puissants dans lesquels ont été introduits des logiciels sophistiqués à même d’analyser les informations fournies par les machines de séquençage et les spectrographes de masse miniaturisés présents dans le système pour identifier les métabolites présents dans ces matières fécales.

Cet équipement peut tout aussi bien être utilisé pour des analyses du sang ou d’autres fluides corporels. Les ordinateurs, outre ceux qui sont dédiés au pilotage des équipements, analysent les données, les « informations » pour être plus précis. En anglais le mot information se traduit par « intelligence » alors que le mot français ou wallon, romand ou québécois intelligence se traduit en anglais par le mot « cleverness ». Le mot anglais intelligence signifie en français stricto sensu « échange d’informations ». Dans le cas d’un système complexe d’analyse d’échantillons biologiques l’ordinateur collecte et analyse les informations et donc les renseignements relatifs à ces échantillons puis réalise lui-même un diagnostic de l’état d’équilibre (ou de déséquilibre) de ces échantillons car il peut être équipé d’un algorithme écrit de telle manière que ce diagnostic soit le plus précis possible. Il va au final imprimer un résultat indiquant au médecin qu’il serait judicieux que le patient X dont les matières fécales et leur microbiote ont conduit aux résultats x mange plus souvent des yaourts ou boive plus (ou moins) de jus d’orange.

Cet ordinateur est-il pour autant intelligent ? En d’autres termes s’agit-il de ce que l’on appelle abusivement de l’ « intelligence artificielle » ? Certainement pas ! La machine – puisqu’on parle aussi de « machine learning » – n’a fait que ce que l’opérateur lui a dit de faire : une simple analyse des informations et des renseignements que lui ont fourni les divers équipements d’analyses biologiques et chimiques et à partir de ces informations des algorithmes ont été utilisés pour rendre un diagnostic. Il en est de même pour de nombreux procédés industriels automatisés. Les ordinateurs ne sont pas « intelligents » ils ne font que traiter des informations ou des renseignements. Utiliser le terme « intelligence artificielle » est tout simplement un abus de langage, une mauvaise traduction de l’anglais vers le français mais aussi d’autres langues d’origine latine comme l’espagnol (inteligencia artificial). Et même un ordinateur jouant au jeu de go ou aux échecs n’est pas intelligent, il ne raisonne pas, il fait ce que l’opérateur lui a dit de faire et les algorithmes traitent les informations ou renseignements que lui envoie le jeu de go ou d’échecs pour continuer à prendre des décisions en suivant ces algorithmes. Et s’il y a eu quelque part l’intervention d’une intelligence c’était celle de l’opérateur informaticien qui a écrit ces algorithmes et les lignes de programmes. Les récents accidents de la circulation provoqués par des automobiles autonomes sont là pour le prouver, les algorithmes introduits dans les systèmes de pilotage de ces véhicules n’ont pas tout prévu et la voiture autonome est nullement « intelligente » comme le prétendent abusivement certaines personnes. Le jour où les avions seront pilotés par des robots je cesserai de voyager en avion …