Un vaccin contre le streptocoque B

Le dépistage systématique de la présence de streptocoque B chez les femmes enceintes par frottis vaginal suivi d’une antibiothérapie par voie intraveineuse lors de l’accouchement chez celles qui sont porteuses de cette bactérie a permis de réduire considérablement sa transmission chez le nouveau-né. Cette bactérie en apparence anodine est présente chez près de 20 % des femmes enceintes et elle peut provoquer des fausses-couches mais aussi et surtout méningite et septicémie chez le nouveau-né. Le pourcentage de femmes porteuses de cette bactérie atteint 35 % dans les Caraïbes et 11 % en Asie du Sud-Est. Les pays où l’on compte le plus grand nombre de femmes enceintes infectées sont l’Inde (2,4 millions), la Chine (1,9 million), le Nigeria (1 million) et les USA (940000).

La mise au point récente d’un vaccin financée par la fondation Bill et Melinda Gates est prometteuse dans la mesure où son efficacité est de l’ordre de 80 %, ce qui pourrait permettre d’éviter plus de 200000 infections de nouveaux-nés dont une grande majorité décède et les autres souffrent plus tard de séquelles neurologiques graves.

Source et illustration : Clinical Infectious Diseases, doi : 10.1093/cid/cix663 . GBS = group B streptocoque, stillbirth : avortement spontané, « RIP » : requiescant in pace …

Commentaire sur l’actualité de ce 11 novembre 2017

Comme tous les ans depuis 99 ans le Président français est allé raviver la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, un monument militariste qui célèbre tous les massacres commis par Napoléon. J’ai montré à ma « novia » la liste des villes espagnoles mises à sac par l’armée napoléonnienne, allez-y c’est édifiant.

Mais au fait, qui était le soldat inconnu ? Un de ces centaines de milliers de Sénégalais, de Cochinchinois que la France a fait venir par bateaux entiers sur le sol français car l’armée était à court de combattants ? Les Anglais ont fait la même chose avec les Pakistanais et les Indiens ! Tous envoyés à la boucherie et enterrés à la va-vite comme les esclaves au XVIIIe siècle dans les îles … Et les généraux et autres maréchaux n’y ont jamais vu un quelconque inconvénient moral. Il faut dire que les militaires n’ont pas vraiment de sens moral ni de respect de la nature humaine.

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J’espère qu’il n’y aura pas de 101e célébration de cette guerre honteuse et qu’un jour tous les boulevards et autres avenues qui célèbrent les noms de ces assassins seront « débaptisés » …

Crédit photos : Twitter et The Guardian (combattants Sénégalais)

La « sécurité sociale » chez les derniers Néandertaliens

Par le fait du hasard des publications scientifiques, j’abreuverai encore mes lecteurs demain dimanche d’une autre histoire relatives aux hommes de Néandertal qui précise de façon inattendue leurs liens avec l’homme moderne.

Aujourd’hui le Kurdistan iraquien est un endroit dangereux, mais il y a 50000 ans, les chasseurs cueilleurs néandertaliens devaient aussi être sur le qui-vive. Il y avait des ours, des jaguars à dents longues, des lions et des hyènes sans oublier les serpents et les scorpions. Un pas de travers et ces hommes étaient transformés en viande morte. Tout ceci fait qu’il est surprenant qu’un homme de Néandertal appelé Shanidar 1 par les scientifiques ait pu survivre jusqu’à la cinquantaine, l’équivalent de 80 ans aujourd’hui. Il devait avoir profité d’une bonne couverture sociale style Pléistocène de la part de sa tribu.

Un article de PlosOne (voir le lien) très technique décrit en détail le squelette de cet homme découvert dans la grotte de Shanidar près d’Erbil en Irak. Le site qui contient les restes d’une dizaine de néandertaliens est connu depuis la fin des années 1950 mais un examen plus approfondi de Shanidar 1 a montré qu’il souffrait de handicaps sérieux. Des études antérieurs avaient indiqué que cet homme souffrait de multiples blessures, un coup au niveau de la face qui lui fit probablement perdre la vue d’un oeil, des fractures et une amputation de l’avant-bras droit ainsi que des blessures au niveau de la jambe droite. Une dégénérescence systémique du squelette avait également été constatée.

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L’étude récente a montré qu’il était probablement sourd. Indépendamment du fait qu’il avait perdu un avant-bras, un oeil et qu’il souffrait d’autres blessures, la surdité de cet homme en avait fait une proie facile pour les bêtes carnivores sauvages et il dépendait donc étroitement de l’attention constante des autres membres du groupe pour sa survie. Des excroissances osseuses (exostoses) avaient en effet obstrué ses conduits auditifs et le fait d’être sourd ne permettait plus à cet homme de localiser correctement les bruits extérieurs à la grotte et donc l’exposait aux dangers des prédateurs. Pour avoir atteint un tel âge avancé cet homme devait donc être entouré de quelques membres de sa famille ou de son groupe et pour avoir bénéficié d’une telle attention peut-être était-il un « ancien » très respecté, un chaman ou un guerrier illustre … Toutes les suppositions sont possibles.

Source : https://doi.org:10.1371/journal.pone.0186684.g001 . Illustrations : exostoses du conduit auditif externe et entrée de la grotte de Shanidar

Maladie d’Alzheimer : un tournant décisif dans la recherche ?

Je suis un septuagénaire encore alerte, du moins je le pense, et chaque fois que je trouve un article scientifique au sujet de la maladie d’Alzheimer j’éprouve une certaine forme d’angoisse pour ne pas dire d’effroi car cette maladie pernicieuse dégrade progressivement les capacités intellectuelles sans que l’on s’en rende vraiment compte, l’horreur ! Je me souviens d’un homme très élégant d’un certain âge qui se promenait dans la rue toujours accompagné de son chien pas très loin de mon modeste meublé à Santa Cruz de Tenerife. Son chien connaissait le parcours invariable et quotidien de son maître mais un jour je le croisai dans une rue qui ne semblait pas faire partie de son itinéraire de marche paisible et le chien paraissait particulièrement agité et tirait de manière inaccoutumée sur le cordon de cuir qui le reliait vitalement à ce monsieur. Ce vieil homme ne savait plus où il se trouvait et fort heureusement son chien fidèle le ramena chez lui. Depuis quelques mois je n’ai plus jamais eu l’occasion de le rencontrer dans la rue, sa maladie a certainement pris une tournure critique …

Tout ceci pour relater une découverte fortuite réalisée avec des souris relative à cette terrible et redoutable maladie, redoutable dans la mesure où le malade ne se rend pas compte de son évolution puisqu’il perd lui-même conscience de sa propre identité et je le répète ici pour bien signifier ma préoccupation. Deux équipes de biologistes, du Canada et de Chine, ont identifié des perturbations métaboliques hors du cerveau qui semblent induire la maladie d’Alzheimer, syndrome pourtant considéré comme strictement cérébral. En d’autres termes cette maladie apparaitrait quelque part dans le corps et la protéine défectueuse appelée beta-amyloïde qui provoque le développement de la maladie dans le cerveau migrerait vers celui-ci. Techniquement cette protéine défectueuse peut effectivement apparaître dans n’importe quel organe du corps puis traverser la barrière cérébrale insidieusement si on peut énoncer les choses ainsi et déclencher la maladie dans l’organe – le cerveau – le plus vulnérable à la beta-amyloïde du moins au niveau de ses conséquences.

Pour arriver à cette découverte surprenante mais aussi très inquiétante le Docteur X-L Bu a d’abord observé que chez des souris génétiquement modifiées pour reproduire la maladie d’Alzheimer leur sang véhiculait la protéine beta-amyloïde. Avec son équipe il a procédé à une expérience particulière consistant à greffer littéralement ce type de souris à une souris saine pour qu’il s’établisse un flux sanguin continu, en quelque sorte entre des souris artificiellement siamoises. Le résultat fut que la souris saine, c’est-à-dire non génétiquement modifiée, les spécialistes disent une souris sauvage ou « naïve », a développé très rapidement la maladie d’Alzheimer.

Cette expérience inattendue prouve que cette maladie peut très bien trouver son origine hors du cerveau. C’est terrifiant mais également porteur d’espoir car si les chercheurs arrivent à déterminer par quel mécanisme la protéine beta-amyloïde apparait par exemple dans la peau ou les intestins il se peut qu’ils découvrent un traitement efficace. En effet le problème de la fameuse barrière de perméabilité cérébrale est un facteur limitant pour l’étude de toute thérapeutique médicamenteuse susceptible sinon de vaincre cette maladie du moins de la retarder. Ces travaux parus dans le journal Molecular Psychiatry constituent donc un immense espoir pour la recherche médicale dans ce domaine.

Source : Science Alert et doi : 10.1038/mp.2017.204

Acte de naissance de l’Australie

Établie par les Hollandais au XVIIe siècle, en 1663, la première carte mentionnant l’existence de l’Australie a été restaurée après deux ans d’un travail minutieux. Elle est maintenant exposée à la libraire nationale de Canberra. Cette carte, bien qu’incomplète, est aussi appelée le certificat de naissance de la Nouvelle Hollande car les Hollandais arrivèrent en Australie bien avant les Anglais. Elle comprend des détails de la Tasmanie, île découverte par le navigateur hollandais Abel Tasman en 1642. Ce n’est que 130 années plus tard que le célèbre navigateur et explorateur James Cook accosta sur la côte est de l’Australie qui ne figure d’ailleurs pas sur cette carte et revendiqua le territoire comme faisant désormais partie de l’empire britannique. Cette oeuvre d’art comparable à celles de Vermeer, contemporain du cartographe en chef de la compagnie hollandaise des Indes orientales Joan Blaeu, fut considérée comme définitivement perdue mais retrouvée par hasard dans un entrepôt en Suède en 2010.

Les navigateurs du XVIIIe siècle connaissaient l’existence de cette carte puisque Cook en détenait une version miniature.

Source : Reuters

Transition énergétique (écologique) à la française : un fiasco annoncé !

Le ministricule d’Etat Hulot doit se sentir très mal dans ses snikers depuis la publication du rapport prévisionnel de RTE (réseau de transport d’Électricité de France) sur l’avenir à moyen terme de la production d’éléctricité sur le sol français qui précise, je cite : « l’atteinte de l’objectif des 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français« . Les ingénieurs de RTE ont les pieds sur terre et leur mission est d’assurer un transport sécurisé de l’électricité sur tout le territoire de France et également d’assurer les exportations d’énergie électrique, un des rares secteurs industriels français qui rapporte des devises au pays.

La montée en puissance annoncée et souhaitée par les écologistes des énergies renouvelables afin de pouvoir diminuer la part du nucléaire dans la production électrique – source d’électricité qui ne produit pas de CO2, faut-il le rappeler – nécessite la mise en place de centrales électriques brûlant du gaz naturel, donc produisant du CO2, pour pallier aux instabilités incontournables de ces énergies renouvelables, éolien et solaire. Hulot ne connait donc visiblement pas son dossier et il n’agit qu’en écologiste politisé : la France est le pays développé le « plus propre » du monde en terme de production électrique après la Finlande. Mais non, Hulot feint d’ignorer cet état de fait puisqu’il veut remplacer les centrales nucléaires dites « vieillissantes » par des moulins à vent. J’ai écrit « vieillissantes » car tous les réacteurs du type 900 MWe ont été ou seront certifiés par l’ASN pour fonctionner encore 10, 20 voire trente années supplémentaires et plus encore. La plupart des équipements essentiels pour le bon fonctionnement de ces usines ont été changés ou en voie de l’être comme en particulier les générateurs de vapeurs ainsi que les dispositifs de sécurité et les systèmes de pilotage qui ont été améliorés ces dernières années à la suite de l’accident de Fukushima-Daiichi.

Pour preuve qu’Hulot ne connaît pas son dossier, voici ce qu’il a déclaré à la suite du Conseil des Ministres de ce mardi 7 novembre 2017 (illustration, source Agence Française de Propagande), je cite : « Si l’on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si l’on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait rouvrir d’autres centrales thermiques« . À la suite de cette déclaration de Hulot, Greenpeace a déclaré, je cite toujours l’AFP : « Nicolas Hulot, ne vous trompez pas de combat ! Ce n’est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s’accélèrera. La France doit enclencher sa transition énergétique en propulsant le développement des énergies renouvelables. Or ces dernières ne peuvent se développer qui si la part du nucléaire est réduite dans le mix électrique français« . L’argumentation de Greenpeace ne tient pas la route non plus : cette organisation semble aussi ignorer que l’énergie nucléaire ne produit pas de CO2 et la peur viscérale de Greenpeace pour l’uranium est remise au goût du jour dans une perspective totalement fallacieuse.

Il suffit de constater dans quel bourbier carboné l’Allemagne s’enfonce avec sa décision d’abandonner le nucléaire. Ce pays est le troisième émetteur de CO2 après les USA et la Chine dans le monde malgré les dizaines de milliers d’éoliennes qui recouvrent le nord du pays. Pas de quoi pavoiser ! Un récent rapport du cabinet McKinsey souligne le fiasco de la transition énergétique en Allemagne. Le réseau électrique est instable, la réduction des émissions de CO2 est infime voire nulle, le prix du MWh (308 euros) y est de 103 euros supérieur à la moyenne européenne et il inclut la subvention aux énergies renouvelables de 69 euros par MWh. Ce sont essentiellement les consommateurs particuliers qui paient pour mener à bien cette transition vers la catastrophe. Le gouvernement allemand, sous la pression des « Verts », avait été pourtant averti par la Cour des Comptes allemande dès 2014 qui considérait que la transition énergétique était onéreuse, désorganisée et incohérente. Mais non, vérité en deçà du Rhin, erreur au delà doit se dire Hulot. Un immense fiasco à venir que tous les consommateurs français paieront au prix fort avec une mise à genoux de l’ensemble de l’économie. Merci messieurs les écolos !

Sources : AFP et SFEN, illustrations AFP et SFEN

Une immense grotte volcanique dans la Lune

Dans l’île de Lanzarote, au milieu de nulle part il y a un tunnel volcanique d’une dizaine de mètres de diamètre et de quelques kilomètres de long accessible par des sortes de puits où la voute du tunnel s’est effondrée. Je me suis promené dans la partie du tunnel encore dans son état originel car deux autres accès ont été défigurés par les élucubrations pseudo-artistiques de Cesar Manrique, un artiste qui n’a pas fait que du bien pour cette perle de l’archipel des Canaries. Mais là n’est pas le sujet de ce billet.

Il s’agit d’un gigantesque tunnel volcanique se trouvant sur, ou plutôt sous la surface de la Lune dans une région identifiée comme ayant connu une activité volcanique intense il y a quelques trois milliards d’années, les Marius Hills, en français les collines de Marius. Bien que la Lune soit plus petite que la Terre la sonde SELENE de l’agence spatiale japonaise appelée aussi Kaguya du nom d’une déesse du panthéon bouddhiste a détecté par exploration radar la présence d’un puits d’une cinquantaine de mètres de profondeur communiquant avec un tunnel sous-jacent de près de 50 kilomètres de long. La sonde Kaguya est en orbite autour de la Lune depuis 9 ans et explore dans ses moindres détails la surface et le proche sous-sol de cet astre.

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Les tunnels volcaniques se forment quand de la lave fluide commence à se solidifier. Il se forme une croute autour du torrent de lave qui durcit et au fur et à mesure que la lave s’écoule cette sorte de tube se vide pour laisser un tunnel dont celui de Lanzarote est un exemple en miniature en regard de celui découvert sur la Lune. La JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency) pense que cette formation sous-terraine pourrait servir de refuge aux futurs colonisateurs du satellite de la Terre. Il se peut qu’on y trouve de l’eau mais le principal avantage que présente cette formation est d’offrir un gite sécurisé pour les personnes courageuses qui décideront de vivre durablement dans cet endroit car la Lune est un astre plutôt hostile. Quand il y a du soleil la température au sol peut atteindre plus de 110 degrés et durant la nuit qui dure 14 jours – il faudra s’y habituer – cette température descend jusqu’à moins 145 degrés, il faudra s’y habituer aussi. De plus les particules ionisées et les radiations solaires dans les longueurs d’onde de l’ultra-violet ne sont arrêtées ni par l’atmosphère, tout simplement parce qu’elle est trop ténue, ni par un champ magnétique comme c’est le cas pour la Terre car il est presque inexistant également.

Cette découverte va donc encourager les visionnaires du grand voyage (avant d’aller coloniser la planète Mars) dans la concrétisation de leur rêve. Je serai mort bien avant ce genre d’aventure qui à mon humble avis ne présente aucun intérêt et encore moins sur la planète Mars dont les couches superficielles du sol sont riches en perchlorates, tout pour plaire !

Source et illustration : Asahi Shimbun