« Changement climatique » : Bill Gates est pragmatique et il a raison

Capture d’écran 2019-12-31 à 16.55.33.png

Bill Gates, bien connu pour ses nombreuses initiatives philanthropiques, fait de plus en plus de déclarations relatives au climat. Il a clairement dit que l’efficacité du désinvestissement dans les entreprises impliquées dans l’extraction des combustibles fossiles, en d’autres termes la vente des actions de celles-ci, est totalement inefficace dans la lutte contre le réchauffement climatique. Gates a déclaré dans le Financial Times que « ce désinvestissement, aujourd’hui, a probablement eu pour résultat zéro tonnes de réduction des émissions de carbone« . En réalité la situation est beaucoup plus complexe qu’une simple relation en désinvestissement dans ces entreprises et la réduction des émissions de carbone. Si les investisseurs veulent réellement influer sur la politique de ces compagnies, il y a d’autres approches possibles.

Ce mouvement de désinvestissement dans les entreprises impliquées dans l’extraction, la transformation et la commercialisation des combustibles fossiles a pris naissance dans les campus universitaires américains en 2011 et ce mouvement s’est répandu globalement sous l’impulsion de groupes activistes d’ultra-gauche qui en étaient les initiateurs. Maintenant ce sont les institutions financières, les gestionnaires de fonds de pension, les municipalités et certains gouvernements qui participent à ce mouvement. Selon des travaux réalisés à l’Université d’Oxford l’ampleur de ce mouvement de désinvestissement est sans précédent dans l’histoire économique récente. Si les activistes ayant promu ce mouvement ont alerté l’opinion publique en stigmatisant ces compagnies impliquées dans l’énergie, les effets de ce désinvestissement n’ont pas eu l’effet escompté sur ces dernières. Les effets ont été très limités.

Considérons le marché des actions. La nature même de ce marché implique que si quelqu’un veut vendre les actions d’une compagnie comme Shell ou Exxon qu’il détient il lui faut trouver un acheteur. Dans ces conditions la transaction n’affectera pas la société concernée, en particulier si un investisseur se porte acquéreur pour réaliser des profits. Se focaliser sur les obligations peut avoir un impact plus important. Les entreprises dont il est question ici doivent investir et elles dépendent donc des prêts bancaires pour envisager de nouvelles prospections et productions ou pour refinancer leurs dettes existantes. Les volumes d’émission de dettes sont sans commune mesure en regard du capital de ces sociétés. Si certaines banques refusent désormais de financer la dette de ces entreprises, d’autres acteurs financiers sont toujours disposés à investir dans ce domaine. Et les chiffres dans ce secteur de l’énergie parlent d’eux-mêmes : entre 2010 et 2018 plus de 5000 milliards de dollars ont été investis dans la dette des entreprises liées à l’énergie fossile selon le cabinet d’études Dealogic. Il est donc clair que ces mouvements de désinvestissement n’ont aucun impact sur le fonctionnement de ces entreprises.

Quelle stratégie adopter par les investisseurs soucieux de préserver le climat ?

Ces investisseurs peuvent tenter de modifier l’attitude ce ces compagnies comme par exemple en ayant un droit de regard sur leur « business model ». Cette approche demande une longue patience car opérer un changement de politique économique pour ces entreprises vers une attitude moins intensive en carbone peut demander des années. On ne voit pas trop comment des entreprises comme Total ou Glencore peuvent profondément modifier leur « business model » pour le rendre moins « carbon-intensive » dans la mesure où justement le « carbone » est au centre de leur activité. Les investisseurs ont donc une marge de manoeuvre particulièrement étroite. Les actionnaires de leur côté peuvent tenter des actions contre la direction des entreprises si celles-ci restent récalcitrantes à toute modification de leur modèle économique. Tout ce que les actionnaires peuvent exiger ce sont des rapports détaillés relatifs à l’évolution des émissions de carbone si possible sur une base annuelle. Mais là encore ils courent le risque majeur d’une diminution conséquente de leurs dividendes. Jusqu’à présent les assemblées générales des actionnaires de ces entreprises ont répugné à envisager de telles actions.

Il reste donc une seule possibilité : influencer les politiciens.

L’un des leviers sur lequel les décideurs politiques peuvent agir se situe au niveau des consommateurs, qu’il s’agisse de personnes physiques ou d’entreprises. Ce levier est ce qu’il est commun d’appeler les « taxes carbone » dans leur ensemble, qu’il s’agisse des droits négociés sur le marché international du carbone ou les taxes directes. Cependant si les entreprises peuvent aisément gérer les droits d’émission de carbone qu’elle répercuteront sur les consommateurs, les taxes directes se heurteront au mécontentement populaire au niveau individuel et au niveau des petites entreprises qui n’ont pas d’accès direct au marché des droits d’émission à moins de s’adresser à des organismes financiers. La conséquence sera identique : un renchérissement des coûts des productions et des services. Les aides financières des Etats pour inciter les consommateurs à une plus grande modération dans leurs émissions de carbone, il s’agit là des subventions pour abandonner les véhicules automobiles classiques (moteurs à combustion interne diesel ou essence) ont atteint sur la période 2013-2015 138 milliards de dollars chaque année pour l’ensemble des pays du G20 alors que seulement 3 milliards de dollars ont été consacrés chaque année sur cette même période pour le financement de projets d’énergie propre. Ces données ont été communiquées par le WWF, et Les Amis de la Terre US.

L’attitude des entreprises liées à la production et la commercialisation d’énergies carbonées fossiles ne peut pas changer du jour au lendemain sans courir le risque d’une catastrophe économique de grande ampleur. Si les émissions de carbone se sont stabilisées ou ont très légèrement diminué ces dix dernières années ce n’est pas la conséquence d’un changement d’attitude des grandes entreprises impliquées dans l’énergie mais d’un ralentissement généralisé de l’économie mondiale comme le montre l’illustration ci-dessous.

Capture d’écran 2020-01-01 à 12.56.16.png

Le rêve des gauchistes qui ont initié le mouvement de désinvestissement en 2011 ne se réalise pas car il est totalement déconnecté des réalités économiques. Vouloir sauver le climat provoquera la misère pour des centaines de millions de personnes qui au contraire aspirent à un meilleur niveau de vie et l’appauvrissement de tous les autres. Si les banques et les investisseurs décident de restreindre l’accès des grandes compagnies de l’énergie aux financements qui leur sont nécessaires pour poursuivre leurs activités normalement, c’est-à-dire sans contraintes environnementales impossibles à atteindre, alors à terme il y aura une pénurie mondiale de ces sources d’énergie pour l’instant irremplaçables, car une économie moderne ne peut pas fonctionner avec une énergie intermittente. Les activistes qui prônent une « société sans carbone » rêvent, et au final ils seront eux-mêmes les victimes de leurs rêves.

Inspiré de très loin d’un article paru sur le site schroders.com

USA : la guerre pour le charbon a commencé

USA : la guerre pour le charbon a commencé

Aux Etats-Unis la désaffection pour l’énergie nucléaire depuis le grand tsunami du Kanto au Japon en mars 2011 a conduit les compagnies d’électricité à délaisser l’entretien de ces installations avec le but inavoué de tout simplement fermer ces usines bien avant qu’elles ne deviennent obsolètes. Avec la campagne anti-charbon qui a eu pour conséquence depuis l’administration Obama la fermeture pure et simple de nombreuses mines et d’usines de production électrique la situation du réseau électrique nord-américain devient critique. Cette situation préoccupe le locataire de la Maison-Blanche qui veut repenser les régulations mises en place par son prédécesseur pour la protection de l’environnement.

Si le gaz de schiste est devenu très compétitif il n’en reste pas moins que les équipements de production d’électricité à partir de gaz ne servent qu’à lisser la charge erratique des énergies renouvelables sur le réseau électrique. Pour le Président américain préserver l’équilibre du réseau est une priorité de sécurité nationale et c’est la raison pour laquelle l’administration Trump a décidé d’aider les compagnies d’électricité à investir dans les centrales électriques nucléaires ou à charbon existantes de toute urgence et à obliger les distributeurs à acheter prioritairement l’électricité produite par ces installations.

Selon une récente étude les 99 réacteurs nucléaires américains actuellement en fonctionnement et datant tous des années 1960-1970 nécessitent des investissements de sécurité qui avaient pourtant été exigés à la suite de l’accident japonais. Aujourd’hui seulement deux réacteurs sont en construction en Géorgie et nul ne sait quand ils seront connectés au réseau, cf. les déboires de Westinghouse. Quant aux centrales brûlant du charbon beaucoup d’entre elles ne sont pas rentables pour les raisons invoquées ci-dessus avec l’arrivée massive du gaz de schiste et l’obligation pour les opérateurs de réduire les émissions de CO2 selon un plan – le « Clean Power Act » – totalement insoutenable qui entraine la fermeture des usines les unes après les autres.

Or Donald Trump a promis lors de sa campagne électorale de soutenir l’industrie du charbon. Comment les « utilities » vont-elles réagir ? La question est cruciale pour l’administration Trump car d’une manière générale les industriels de l’énergie n’apprécient pas que des décisions fédérales viennent les contraindre dans leurs stratégies commerciales. Mais selon la Maison-Blanche il s’agit d’une décision de sécurité nationale qui prime avant toute autre considération. Il est donc clair que la raison du retrait des USA de l’accord de Paris est évidente : ces accords mettent en danger la sécurité du pays ainsi que son économie. Pour abonder dans le sens de la décision de Donald Trump une récente étude a montré que l’histoire montée de toute pièce de l’effet de serre du CO2 était une imposture scientifique. Ce sujet fera l’objet d’un prochain billet sur ce blog.

Source partielle : AFP, dépêche du premier juin 2018.

Où l’on redécouvre le bon vieux « gaz de ville ».

1024px-Plaque_indiquant_la_présence_de_l'installation_du_gaz_dans_les_logements.jpg

Comme un précédent billet le mentionnait la Pologne comme la Grèce et l’Allemagne sont des gros consommateurs de charbon souvent de mauvaise qualité, ce que l’on a coûtume d’appeler du charbon brun mais il s’agit de lignite, encore plus polluant que la belle anthracite que nous brûlions autrefois dans les poêles à feu continu de nos maisons. Au début du XXe siècle les grandes villes produisaient du « gaz à l’eau » aussi appelé « gaz de ville » en injectant de la vapeur d’eau dans des fours brûlant du charbon. Ce gaz constitué d’oxyde de carbone et d’hydrogène était stocké dans d’immenses réservoirs qui pullulaient dans les villes et étaient appelés gazomètres. Quand la maîtrise du captage du gaz naturel (méthane) devint économiquement rentable le gaz de ville, dangereux et toxique, fut remplacé par le méthane. L’avènement du gaz de pétrole liquéfié, propane et butane, fut la deuxième innovation domestique des années 1950 : finis les fourneaux à charbon ou à bois pour faire la cuisine !

Cependant la valorisation de la houille en gaz n’a jamais été abandonnée et la firme américaine Synthesis Energy Systems (SES) côtée au NASDAQ et domiciliée dans les Îles Vierges anglaises vient de décrocher un contrat avec la Pologne pour gazéifier du charbon en produisant … du bon vieux « gaz à l’eau », le procédé largement utilisé pendant des dizaines d’années mais renommé pour la bonne cause « SynGas Technology », ça fait plus sérieux !

Si la société SES a pu obtenir un premier contrat avec la Pologne c’est essentiellement pour quatre raisons. 1. Ce pays veut s’affranchir le plus possible du gaz russe et comme la Pologne est le premier producteur de charbon d’Europe il était opportun d’envisager de gazéifier ce charbon. 2. La pollution provoquée par le chauffage domestique au charbon est très préoccupante et remplacer ce charbon par du « gaz à l’eau » purifié et donc débarrassé des traces de contaminants comme l’acide cyanhydrique ou des mercaptans et des oxydes de soufre par ce procédé nouveau, dont je mets en doute le caractère innovant, est en soi une avancée qui a convaincu les autorités polonaises. 3. Comme la Grèce et l’Allemagne la Pologne ne peut pas se permettre d’importer du gaz naturel liquéfié ou de brûler des fractions lourdes de pétrole (également importé) pour produire de l’électricité. 4. Enfin produire moins de CO2 sera toujours bien vu par la communauté internationale.

La SES n’en est pas à ses premières arnaques – son siège social ne se trouve pas par hasard dans les Îles Vierges – puisque 5 usines fonctionnent déja en Chine et une autre installation est opérationnelle dans l’Etat australien du Queensland, un autre très gros producteur de charbon.

Source : Reuters, illustration Wikipedia

La Grèce et les accords « COP21 » : une vue de l’esprit !

Capture d’écran 2018-03-29 à 12.22.37.png

La Grèce était entrée triomphalement dans l’Union monétaire européenne à la suite d’un gros truquage de ses comptes nationaux par Goldman-Sachs, l’ex-employeur de Mario Draghi, et c’était merveilleux d’avoir un membre de l’union aux portes de la Turquie. Les Allemands se sont frotté les mains car ils vendaient et allaient vendre encore plus d’armes à la Grèce pour se protéger des velléités agressives des Ottomans qui n’ont jamais digéré la dissolution de leur Empire en 1918. Aujourd’hui la Grèce est un pays pauvre, peut-être le plus pauvre de l’Union Européenne et quand on est pauvre il faut faire avec sa pauvreté !

La Grèce ne respectera certainement pas les accords sur le climat de Paris car elle n’en a pas les moyens et elle cherche de l’argent par tous les moyens et tous les moyens sont bons également pour en économiser afin d’accumuler quelques maigres devises pour rembourser ses dettes (essentiellement détenues par l’Allemagne qui a vendu des armes au pays …). Le port du Pyrée n’est plus à vendre il appartient déjà à la Chine et pour réduire ses importations de gaz et de pétrole la Grèce exploite une gigantesque mine de charbon de mauvaise qualité pour produire le tiers de son électricité domestique. C’est la mine de Ptolemaida flanquée d’une grosse centrale électrique ultra-polluante construite par … les Allemands car les Teutons s’y connaissent en énergie polluante. Avec la Pologne, la République Tchèque, l’Allemagne et la Grèce, ces quatre pays représentent le tiers de la production mondiale de charbon. Le charbon a encore de beaux jours devant lui n’en déplaise aux pourfendeurs des émissions de carbone !

Capture d’écran 2018-03-29 à 12.23.36.png

La Grèce ne peut donc pas se permettre de cesser cette exploitation et elle se moque des accords de Paris comme d’ailleurs les quatre autres pays mentionnés ci-dessus quoiqu’en pensent des organisations terroristes comme Greenpeace car cesser l’exploitation du charbon serait tout simplement suicidaire. De plus exploiter cette mine de charbon située dans l’ouest de la Macédoine (non pas indépendante mais une province grecque, tout ce qu’il y a de plus grecque) a créé plus de 10000 emplois locaux et personne ne se plaint ni ne se plaindra. Conclusion : un pays « pauvre » comme la Grèce ou la Pologne, un peu moins pauvre, ne pourra jamais se conformer aux accords de Paris, c’est un fait, point barre.

Capture d’écran 2018-03-29 à 12.24.20.png

Adapté d’un article paru dans le Guardian surtout pour les illustrations car comme chacun sait le Guardian est un journal de gauche vendu aux idées surréalistes de Greenpeace.

Un gisement de terres rares inattendu : le charbon

Rareearthoxides.jpg

À quelques exceptions près toutes les terres rares, ou lanthanides sur le tableau périodique des éléments, sont cruciales dans les technologies nouvelles, que ce soient les smartphones, les écrans de télévision ou encore les ordinateurs. La Chine est devenue au cours des années le leader mondial dans ce domaine bien que le savoir-faire pour purifier ces éléments – pas si rares qu’on ne le croit – ait été développé il y a de nombreuses années en France par la division chimie fine de l’ancienne société Rhône-Poulenc aujourd’hui disparue. En Europe du moins c’est maintenant la société belge Solvay qui a racheté Rhodia et maintient une activité cryptique de purification de quelques-uns de ces éléments minéraux. Les USA sont donc totalement dépendants de la Chine comme d’ailleurs le Japon en ce qui concerne ces terres rares. Il y a quelques années le gouvernement américain a mandaté le département de l’énergie (DOE) pour effectuer des recherches sur les gisements de terres rares sur le sol américain malgré le fait qu’il existe toujours des gisements et d’anciennes mines désaffectées depuis des décennies.

En liaison avec le bureau de recherches géologiques et diverses universités un gisement inattendu et prometteur a été identifié. Il s’agit des dépôts de charbon de l’Illinois, des Appalaches du nord et de Pennsylvanie qui se sont révélés les plus intéressants car le charbon qui a été analysé contient jusqu’à 300 parties par million de ces éléments. De plus les eaux utilisées pour laver le charbon et qui sont stockées temporairement dans des bassins de décantation se sont également révélées riches en ces éléments. Le laboratoire nationale de technologie des énergies (NETL) va financer un programme de mise au point de l’extraction de ces terres rares afin de réduire à terme la dépendance des USA vis-à-vis de l’étranger. Ce programme entre dans le cadre d’une plus grande indépendance de l’économie américaine dans ce domaine des hautes technologies et le Pentagone n’est pas étranger à cette initiative car les terres rares sont aussi utilisées dans de nombreux armements …

Source : Energy Business Review, illustration Wikipedia ( https://en.wikipedia.org/wiki/Rare-earth_element )

COP21 : La Pologne fait cavalier seul avec le charbon

Quand le Président Donald Trump est passé par Varsovie l’été dernier il a dit aux autorités polonaises : « Si vous avez besoin de charbon passez-moi un coup de téléphone« . Comme la compagnie minière nationale polonaise PGG n’arrive pas à satisfaire les objectifs d’extraction fixés par le gouvernement – 28 millions de tonnes de charbon extraites au lieu des 32 attendus – la Première Ministre polonaise Beata Szydlo a donc décroché son téléphone et le premier navire américain en provenance de Baltimore chargé de 73600 tonnes de charbon de Virginie de l’Ouest est arrivé la semaine dernière en vue du port de Gdansk. C’est une première car seules des compagnies privées étaient autorisées à importer du charbon de l’étranger. PGG n’est qu’un des acteurs polonais de l’extraction de charbon car la production totale du pays est de 57 millions de tonnes par an (prévisions pour 2017) et l’électricité est produite pour 80 % à partir de charbon. Pas question donc pour le gouvernement polonais actuel soutenu par le « parti national pour la loi et la justice » d’abandonner le charbon de Silésie comme source d’énergie abordable alors que d’autres pays de l’Union européenne se tournent vers des énergies plus propres comme le gaz naturel ou encore les moulins à vent …

Comme l’accord de Paris issu de la COP 21 n’impose pas d’obligations spécifiques de la part des signataires (la Pologne a ratifié le traité) le pays continuera à extraire du charbon pour alimenter son industrie lourde et produire de l’électricité. Cependant les mines polonaises souffrent d’années de sous-investissement, elles sont dangereuses et leur exploitation en profondeur provoque souvent des accidents. Si les USA ont consenti un prix « spécial » de 85 dollars par tonne, il est très en dessous du prix spot sur le marché international tiré par la Chine qui atteint environ 110 dollars la tonne. Et si l’hiver qui vient est exceptionnellement froid alors la Pologne devra se tourner vers la Russie.

Curieusement, donc, le marché du charbon est beaucoup plus stratégique qu’il n’y paraît avec des enjeux géopolitiques ignorés car le gaz naturel russe qui inonde l’Europe et le « GNL » américain ont occulté le marché du charbon. Le Président américain travaille aussi pour les mineurs américains car ils font face à une diminution de la demande en charbon des compagnies d’électricité qui se convertissent au gaz de schiste. La crise du charbon en Pologne est donc du pain béni pour Washington et la Pologne, comme la Virginie de l’Ouest, n’abandonnera pas son charbon avant longtemps quoique puissent en penser les technocrates de Bruxelles minés de l’intérieur par les partis écologistes.

Source et illustration (centrale électrique de Zeran près de Varsovie) : Reuters

Billet d’humeur climatique

Après la déclaration commune franco-chinoise de réduction des émissions de gaz à effets de serre en 21 points, ça me rappelle les 21 atouts d’un jeu de tarot, fort bien relatée par Charles Sannat (voir le lien) ça fait tout de même désordre d’apprendre quelques jours plus tard que le bureau national des statistiques chinois frouillait les données relatives à la consommation de charbon dans le pays depuis les années 2000 et pas qu’un peu puisque ce sont 600 millions de tonnes qui sont passés à la trappe statistique chaque année ! Les statisticiens et le puissant bureau de la planification s’étaient tacitement mis d’accord pour « oublier » tout le charbon utilisé en dehors de l’industrie et du secteur de l’énergie. Or comme il est moins coûteux par exemple de se chauffer ou de faire la cuisine avec du charbon qu’avec du gaz ou de l’électricité cette gigantesque différence s’explique aisément. Cette seule différence arrangeait bien les Chinois qui étaient considérés comme de bons élèves soucieux de renverser la tendance puisqu’entre 2012 et 2013 la consommation de charbon (officielle) n’avait augmenté que de 0,1 % pour s’établir tout de même à 1,96 milliards de tonne équivalent pétrole. Ajoutons 600 millions de tonnes, c’est-à-dire près de deux fois la consommation de charbon de l’Inde ou 7 fois celle de l’Allemagne et on constate alors que la Chine est le champion du monde de la pollution et l’acteur principal, loin de tous les autres pays du monde, du supposé « dérêglement climatique ».

À quelques jours du grand raout appellé COP21 qui va se tenir au Bourget, le plus grand hub européen de jets privés (tout le monde sait que les jets privés ne polluent pas), et après les 21 engagements franco-chinois ça fait carrément désordre ! Malgré le fait qu’en Chine près de 30 réacteurs nucléaires sont en construction, le Président chinois s’est bien gardé de fixer un objectif de diminution des émissions de gaz polluants (y compris de CO2 qui ne fait pas partie des gaz polluants). L’inversion de la courbe d’émission de ces gaz n’est prévue par le bureau de la planification que … à l’horizon 2030.

Si on reprend les données de BP Statistical Review, la consommation mondiale de charbon est estimée à 3,86 milliards de tonnes équivalent pétrole. Il faut donc rajouter ces 600 millions oubliés par le bureau des statistiques chinois et on arrive alors à l’incroyable (mais vrai) pourcentage de la consommation totale de charbon par la Chine de 70 % de tout le charbon brûlé dans le monde ! Difficile dans ces conditions d’admettre que les 21 points seront applicables à la Chine et effectivement respectés par ce pays. Ceci veut dire qu’à l’évidence ce COP21 est déjà une duperie grandiose. Ce sera un ramassis indigeste de déclarations de bonnes intentions qui ne seront jamais appliquées et certainement pas en Chine ni aux USA où 450 « modestes » millions de tonnes sont brûlés chaque année pour produire essentiellement de l’électricité. On nage donc dans le délire le plus total …

Note : cette consommation « oubliée » de charbon représente un peu plus de 500 kg par habitant et par an. Je me souviens de la livraison de charbon dans la maison natale, près de 10 tonnes par an. Ce charbon était utilisé pour la cuisine, un peu d’eau chaude avec la cuisinière à charbon et le chauffage d’une toute petite partie de la maison.

Source : agence ats ( 04.11.2015 10h24 ) que je tiens à la disposition de mes lecteurs , lien : http://insolentiae.com/2015/11/04/dire-la-verite-cest-etre-minable-la-video-decorama-ledito-de-charles-sannat/