Energie : la Chine et l’Inde préfèrent le charbon aux autres énergies renouvelables (hors nucléaire).

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Jamais dans l’histoire de l’humanité deux pays dont la population de chacun dépasse largement le milliard d’individus ont eu autant besoin de quantités gargantuesques d’énergie pour que leurs économies continuent à progresser pour assurer le bien-être de leur population. Si la Chine a réalisé les plus importants efforts dans le monde pour rendre sa production d’énergie plus propre elle continue néanmoins à développer les centrales électriques brûlant du charbon. L’Agence Bloomberg a estimé que la totalité des centrales à charbon planifiées dans ce pays était supérieure à toutes celles existant en Europe outre les installations déjà existantes. Le nombres de centrales électriques à charbon en Chine et en Inde est de 5884 alors que pour le monde entier ce parc électrique est de 10210. Toujours pour ces deux pays 634 nouvelles usines sont en construction. Il est opportun de rappeler que le total de la population pour ces deux pays est de 2,7 milliards d’individus.

Dans le monde 2 habitants sur 7 sont soit des Indiens soit des Chinois. Ces deux pays ont examiné dans le détail l’expérience catastrophique de l’Allemagne qui a préféré les énergies renouvelables au nucléaire et au thermique classique – charbon ou lignite – pour se conformer aux vœux pieux totalement surréalistes de l’accord de Paris sur le climat. L’abandon trop précipité du nucléaire par l’Allemagne conduit régulièrement à des instabilités du réseau en termes de fréquence du courant électrique. Il y a quelques jours le black-out a été évité d’extrême justesse en procédant à des délestages dans une grande partie du territoire, essentiellement dans le sud-ouest du pays. La Chine et l’Inde considèrent que l’exemple de l’Allemagne est un mauvais exemple qui devrait servir de leçon à de nombreux autres pays. Pour préserver leur économie les consommateurs allemands paient le prix fort pour leur électricité qui est devenu le plus élevé en Europe et ni le gouvernement chinois ni le gouvernement indien ne peuvent se permettre un tel choix pour leurs populations.

Mis à part les pays développés – y compris la Chine et l’Inde – en 2019, selon l’IEA (Association Internationale pour l’Énergie), les émissions de CO2 ont augmenté alors que le bilan global a été légèrement négatif. Pourtant la Chine contribue pour 50 % des émissions mondiales de CO2, ce sont donc les autres pays développés qui ont contribué à cette diminution, certes minime mais mesurée de manière fiable par l’observatoire de Hawaï. L’une des raisons invoquées serait un ralentissement de la croissance économique des pays développés qui se traduisait par un effondrement des tarifs de fret maritime vrac (Baltic Dry Index) avant l’arrivée de l’épidémie de coronavirus. Diverses institutions financières continuent à investir dans la filière charbon car, par exemple pour Farallon Capital Management, ni la Chine ni l’Inde ne pourront substituer le charbon par des énergies dites renouvelables, pariant sur le fait que les réserves mondiales de charbon exploitable en faisant appel aux techniques actuelles pourront satisfaire la demande actuelle pendant encore au moins deux siècles.

Le pari d’un certain nombre de fonds d’investissement n’est pas risqué puisque, à l’avenir, des gisement charbonniers profonds – plus de 1500 mètres de profondeur – pourront être exploités dans le futur à l’aide de techniques qui seront mises au point au cours des années à venir. À l’heure actuelle la Chine, l’Inde, mais aussi le Japon dans une moindre mesure, importent du pétrole et du gaz naturel depuis des pays qui se moquent des droits de l’homme comme l’Arabie saoudite, le Vénézuela, l’Iran, le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie mais peu leur importe, il ne peuvent pas se permettre de priver leurs peuples d’énergie, ce serait à leurs yeux criminel, et si les émissions de CO2 paraissent criminelles pour de nombreuses personnalités politiques du monde occidental ni la Chine ni l’Inde n’ont l’intention de se plier aux injonctions de ces pays occidentaux qui prétendent leur faire la leçon au sujet des dangers du changement climatique. D’ailleurs ce satanique CO2 n’est-il pas bénéfique pour les végétaux et le plancton ?

Inspiré d’un article de Ronald Stein, fondateur de PTS Advance

Qui va gagner la guerre du climat ?

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Article de Francis Menton paru fin novembre 2019 sur son site manhattancontrarian (https://www.manhattancontrarian.com/about )

Si vous obtenez la plupart de vos informations en lisant passivement ce qui apparaît dans une sorte de flux Facebook ou Google ou équivalent, vous avez probablement l’impression que les guerres climatiques sont terminées et que les militants du climat ont balayé le champ de bataille. Dans mon cas, je ne compte certainement pas sur ce type de sources toxiques d’informations, mais je surveille régulièrement de nombreux autres sites d’information dans la catégorie «grand public» – le New York Times, le Washington Post, Bloomberg, The Economist, Politico, et plusieurs des réseaux de télévision comme CBS, ABC, NBC et CNN. Tous ceux-ci (et bien d’autres) ont clairement mis une interdiction absolue sur toute nouvelle ou information qui jetterait la moindre lumière négative sur la proposition selon laquelle une «crise climatique» imminente doit être résolue par la transformation gouvernementale de l’économie mondiale.

Je vais donner quelques exemples montrant jusqu’où est allé ce type d’information. En septembre, l’adolescente suédoise mentalement instable Greta Thunberg, dont la seule qualification était sa passion ignorante pour l’extrémisme climatique, a obtenu la tribune du «Sommet sur l’action pour le climat» de l’ONU pour un grand discours. Extrait:

« Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides de sens. Et pourtant, je fais partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent. Les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction massive, et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et du conte de fées de la croissance économique éternelle. Comment osez-vous ! »

On pourrait imaginer que des gens sensés voudraient rester aussi loin de Greta que possible de peur d’être accusés de maltraitance d’enfants. Mais en réalité Greta est célébrée comme une héroïne. En octobre, quelque chose appelé le Conseil Nordique a décerné à la jeune Greta son prix environnemental 2019. (Il semble qu’elle ait rejeté la récompense, revendiquant ainsi pour elle-même un niveau de sainteté encore plus élevé parmi les vrais croyants.)

Pendant ce temps, en Allemagne, un groupe de réflexion appelé l’Institut européen pour le climat et l’énergie (EIKE dans l’acronyme allemand) prévoyait de tenir une conférence sur le climat dans un hôtel appelé le NH à Munich. Voici ce qu’a commenté NoTricksZone le 19 novembre 2019 :

« Selon le porte-parole d’EIKE, le professeur Horst-Joachim Lüdecke, «une foule de gauchistes verts» a fait pression sur la direction de l’hôtel du NH Congress Center de Munich (Aschheim) «pour annuler illégalement le contrat d’hébergement».

Apparemment, la faute impardonnable d’EIKE était de permettre à certains scientifiques du camp sceptique de comparaître et de parler lors de leur conférence. EIKE s’est adressé au tribunal pour tenter d’obtenir une injonction contre l’annulation de dernière minute de son contrat, mais le tribunal allemand a confirmé l’annulation au motif que la «sécurité» primait sur la liberté d’expression contrefaite. NTZ (notrickszone) a indiqué dans une mise à jour que la conférence a pu trouver un autre lieu à la dernière minute et continuer. Naturellement ce changement de dernière minute de lieu et tenu secret a constitué un énorme problème pour obtenir de la publicité pour la conférence.

Les tout derniers vestiges de la dissidence sont donc en train de disparaître. Certes, la transformation de l’économie mondiale et de son utilisation de l’énergie ne peut pas être stoppée.

En fait, ailleurs dans le monde, la réalité continue de l’emporter sur l’hystérie. Vous souvenez-vous des rapports d’il y a quelques années selon lesquels la Chine cessait de développer l’énergie fossile et devenait un «leader du climat» en optant pour les énergies éoliennes et solaires à la mode ? Eh bien, c’était tout simplement une « fake-news ». Ce mois-ci, un organisme appelé Global Energy Monitor a publié un nouveau rapport sur ce qui se passe sur le terrain en Chine. Résultat : 148 gigaWatts de capacité électrique au charbon en construction active ou avec reprise de la construction après suspension des travaux. Les gens du Global Energy Monitor (qui semblent être associés à la campagne End Coal) ne pourraient pas être plus horrifiés :

« Au cours de la période 2014-2016 des permis de construction représentant 245 GW électriques ont été approuvés soit presque autant que l’ensemble des centrales électriques à charbon américaines (254 GW) amplifiant ce qui était déjà une flotte d’électricité au charbon surdimensionnée, avec une moyenne en charge horaire pour les centrales au charbon de la Chine oscillant autour de 50% depuis 2015. Aujourd’hui, 147,7 GW de centrales au charbon sont soit en construction active soit des suspensions de construction qui devraient être relancés – un montant presque égal à la capacité actuelle de charbon de l’Union européenne (150 GW ). Les groupes industriels de l’industrie du charbon et de l’énergie proposent au gouvernement central d’augmenter la capacité totale de production d’électricité au charbon de 20 à 40%, donc entre 1200 et 1400 GW dans le cadre du plan d’infrastructure 2035 de la Chine ».

Avec 1400 GW de capacité de production d’électricité au charbon, la Chine se rapprocherait de 6 fois de la capacité de production électrique à partir de charbon des États-Unis. Pourquoi encore une fois on nous dérange avec toute cette affaire de décarbonisation aux USA et en Europe ? (liens en fin de billet).

Et en Allemagne, le fantasme selon lequel l’énergie éolienne peut être compétitive par rapport à l’énergie fossile continue également de se heurter au mur du monde réel. Der Spiegel a rapporté le 19 novembre que la fin de certaines subventions, ainsi que l’opposition des écologistes locaux qui ne veulent pas de forêts d’éoliennes laides dans leurs localités, ont mis l’industrie éolienne allemande (et européenne) en «chute libre»:

« Les fabricants de turbines et de panneaux solaires tombent comme des mouches, alors que les subventions sont annulées dans presque toute l’Europe. Les emplois dits «verts» sont facilement créés mais disparaissent tout aussi facilement. Les «industries» éolienne et solaire qui ont donné naissance à ces emplois ne peuvent tout simplement pas survivre sans subventions massives indéfiniment, ce qui signifie que leurs jours sont comptés. Le couperet étant dirigé vers les subventions à travers le monde, leur disparition définitive n’est qu’une question de temps. Cette suppression des subventions dans toute l’Europe a pratiquement détruit l’industrie éolienne : en Allemagne, au cours de cette année 2019, 35 éoliennes terrestres insignifiantes ont été érigées jusqu’à présent. En 2018 douze pays de l’Union européenne (UE) n’ont pas installé «une seule éolienne».

Pendant ce temps, la fracturation hydraulique aux États-Unis continue de maintenir une offre abondante de pétrole et de gaz à des prix raisonnables (voir note). Des pétro-Etats comme la Russie, le Venezuela, l’Iran et l’Arabie saoudite sont sur les starting-blocks. Alors, qui gagne vraiment les guerres climatiques ?

Note. L’épidémie de coronavirus dont la dangerosité a été amplifiée à outrance par la totalité des médias a conduit à une profonde déprime de l’ensemble des économies et du cours du baril de pétrole. Les entreprises de « fracking » nord-américaines, lourdement endettées seront les premières victimes de cette crise économique qui ne pourra que s’auto-amplifier. La donne sur les marchés du pétrole et du gaz sera donc modifiée dans les prochains mois. Dans le même temps si les banques centrales occidentales décident de procéder à de l’ « helicopter-money » pour sauver ce qui peut encore être sauvé de l’économie les pays occidentaux s’achemineront alors vers la pire des situations, ce que les économistes appellent la « stagflation », c’est-à-dire une croissance économique nulle voire une récession avec une inflation provoquée par l’abondance de liquidités conjuguée à la raréfaction de produits de consommation courante, abondance de liquidités qui en aucun cas ne sera efficace pour redresser l’économie. Je suis loin d’être un économiste mais je constate qu’aucun analyste n’ose utiliser ce terme de stagflation, la pire des situations imaginables.

Liens (en anglais). https://www.npr.org/2019/09/23/763452863/transcript-greta-thunbergs-speech-at-the-u-n-climate-action-summit?t=1583948400266

https://www.washingtonpost.com/climate-environment/2019/10/30/greta-thunberg-rejects-prestigious-honor-saying-climate-crisis-needs-action-not-awards/

https://notrickszone.com/2019/11/19/radicals-bully-nh-munich-conference-center-force-cancellation-of-13th-skeptic-climate-conference/

https://www.manhattancontrarian.com/blog/2017/6/8/believe-me-you-dont-have-to-worry-about-china-seizing-climate-leadership?rq=china%20climate%20leader

https://endcoal.org/wp-content/uploads/2019/11/Out-of-Step-English-final.pdf

https://stopthesethings.com/2019/11/19/game-over-german-wind-industry-in-freefall-turbine-makers-sack-thousands-in-mass-layoffs/

Nouvelles du Japon : la course pour l’énergie … « carbonée »

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Alors qu’en Grande-Bretagne le monde politique a décidé de détruire à l’horizon 2035 l’économie du pays en bannissant les véhicules automobiles à combustion interne et toutes les centrales électriques utilisant du charbon tels des lemmings se précipitant dans la mer du sommet d’une falaise, le Japon a décidé de construire 22 nouvelles centrales électriques utilisant du charbon. Le New York Times s’en est ému dans un article choc qui frise la sensiblerie. Le journaliste du NYT s’est rendu chez Madame Satsuki Kanno à Yokosuka, préfecture de Kanagawa, au sud de Yokohama au bord de la baie de Tokyo pour entendre ses doléances. Cette dame habite à quelques pas d’un site où deux centrales électriques brûlant du charbon sont en cours de construction.

Le Japon n’a pas d’autre choix que d’utiliser du charbon qui provient directement d’Australie à bas coût pour produire l’électricité dont son industrie et sa population ont besoin puisque la remise en route des réacteurs nucléaires tarde pour des raisons de politique locale, le gouvernement japonais ayant magnifiquement oeuvré pour discréditer cette source d’énergie auprès des populations à la suite de la très mauvaise gestion de l’accident de Fukushima-Daiichi, l’histoire rocambolesque de l’eau tritiée en étant le dernier avatar.

Vingt deux nouvelles centrales à charbon sont en cours de construction sur 17 sites différents, de quoi, à terme, émettre autant de CO2 que toutes les voitures neuves vendues chaque année aux Etats-Unis. Cette comparaison pourtant utilisée par le NYT en dit long sur le gigantesque volume d’émissions de ce gaz supposé aggraver les conditions climatiques de la Terre par les seuls Etats-Unis. Et le NYT d’en rajouter une couche dans son dénigrement de la politique énergétique japonaise en rappelant que les Jeux Olympique de cet été 2020 à Tokyo seront supposés être les « plus verts » qu’ils puissent avoir été.

Le Japon a donc fait un choix clair. La population ne veut pas dénaturer les admirables paysage du pays avec des moulins à vent géants, coûteux et d’une efficacité qui n’est pas prouvée. Le Ministère de l’industrie japonais a en outre pris en considération le fait que ce type d’énergie renouvelable n’est pas adapté au pays en raison de la fréquence des typhons qui réduiraient à un tas de ferraille n’importe quel moulin à vent. Et il en est de même pour les tremblements de terre …

Il ne reste donc que le charbon, combustible peu onéreux qui produit déjà 40 % de toute l’énergie électrique du pays avec parfois de vieilles installations qui devront elles-aussi être remplacées dans les années à venir.

Source : New York Times

« Changement climatique » : Bill Gates est pragmatique et il a raison

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Bill Gates, bien connu pour ses nombreuses initiatives philanthropiques, fait de plus en plus de déclarations relatives au climat. Il a clairement dit que l’efficacité du désinvestissement dans les entreprises impliquées dans l’extraction des combustibles fossiles, en d’autres termes la vente des actions de celles-ci, est totalement inefficace dans la lutte contre le réchauffement climatique. Gates a déclaré dans le Financial Times que « ce désinvestissement, aujourd’hui, a probablement eu pour résultat zéro tonnes de réduction des émissions de carbone« . En réalité la situation est beaucoup plus complexe qu’une simple relation en désinvestissement dans ces entreprises et la réduction des émissions de carbone. Si les investisseurs veulent réellement influer sur la politique de ces compagnies, il y a d’autres approches possibles.

Ce mouvement de désinvestissement dans les entreprises impliquées dans l’extraction, la transformation et la commercialisation des combustibles fossiles a pris naissance dans les campus universitaires américains en 2011 et ce mouvement s’est répandu globalement sous l’impulsion de groupes activistes d’ultra-gauche qui en étaient les initiateurs. Maintenant ce sont les institutions financières, les gestionnaires de fonds de pension, les municipalités et certains gouvernements qui participent à ce mouvement. Selon des travaux réalisés à l’Université d’Oxford l’ampleur de ce mouvement de désinvestissement est sans précédent dans l’histoire économique récente. Si les activistes ayant promu ce mouvement ont alerté l’opinion publique en stigmatisant ces compagnies impliquées dans l’énergie, les effets de ce désinvestissement n’ont pas eu l’effet escompté sur ces dernières. Les effets ont été très limités.

Considérons le marché des actions. La nature même de ce marché implique que si quelqu’un veut vendre les actions d’une compagnie comme Shell ou Exxon qu’il détient il lui faut trouver un acheteur. Dans ces conditions la transaction n’affectera pas la société concernée, en particulier si un investisseur se porte acquéreur pour réaliser des profits. Se focaliser sur les obligations peut avoir un impact plus important. Les entreprises dont il est question ici doivent investir et elles dépendent donc des prêts bancaires pour envisager de nouvelles prospections et productions ou pour refinancer leurs dettes existantes. Les volumes d’émission de dettes sont sans commune mesure en regard du capital de ces sociétés. Si certaines banques refusent désormais de financer la dette de ces entreprises, d’autres acteurs financiers sont toujours disposés à investir dans ce domaine. Et les chiffres dans ce secteur de l’énergie parlent d’eux-mêmes : entre 2010 et 2018 plus de 5000 milliards de dollars ont été investis dans la dette des entreprises liées à l’énergie fossile selon le cabinet d’études Dealogic. Il est donc clair que ces mouvements de désinvestissement n’ont aucun impact sur le fonctionnement de ces entreprises.

Quelle stratégie adopter par les investisseurs soucieux de préserver le climat ?

Ces investisseurs peuvent tenter de modifier l’attitude ce ces compagnies comme par exemple en ayant un droit de regard sur leur « business model ». Cette approche demande une longue patience car opérer un changement de politique économique pour ces entreprises vers une attitude moins intensive en carbone peut demander des années. On ne voit pas trop comment des entreprises comme Total ou Glencore peuvent profondément modifier leur « business model » pour le rendre moins « carbon-intensive » dans la mesure où justement le « carbone » est au centre de leur activité. Les investisseurs ont donc une marge de manoeuvre particulièrement étroite. Les actionnaires de leur côté peuvent tenter des actions contre la direction des entreprises si celles-ci restent récalcitrantes à toute modification de leur modèle économique. Tout ce que les actionnaires peuvent exiger ce sont des rapports détaillés relatifs à l’évolution des émissions de carbone si possible sur une base annuelle. Mais là encore ils courent le risque majeur d’une diminution conséquente de leurs dividendes. Jusqu’à présent les assemblées générales des actionnaires de ces entreprises ont répugné à envisager de telles actions.

Il reste donc une seule possibilité : influencer les politiciens.

L’un des leviers sur lequel les décideurs politiques peuvent agir se situe au niveau des consommateurs, qu’il s’agisse de personnes physiques ou d’entreprises. Ce levier est ce qu’il est commun d’appeler les « taxes carbone » dans leur ensemble, qu’il s’agisse des droits négociés sur le marché international du carbone ou les taxes directes. Cependant si les entreprises peuvent aisément gérer les droits d’émission de carbone qu’elle répercuteront sur les consommateurs, les taxes directes se heurteront au mécontentement populaire au niveau individuel et au niveau des petites entreprises qui n’ont pas d’accès direct au marché des droits d’émission à moins de s’adresser à des organismes financiers. La conséquence sera identique : un renchérissement des coûts des productions et des services. Les aides financières des Etats pour inciter les consommateurs à une plus grande modération dans leurs émissions de carbone, il s’agit là des subventions pour abandonner les véhicules automobiles classiques (moteurs à combustion interne diesel ou essence) ont atteint sur la période 2013-2015 138 milliards de dollars chaque année pour l’ensemble des pays du G20 alors que seulement 3 milliards de dollars ont été consacrés chaque année sur cette même période pour le financement de projets d’énergie propre. Ces données ont été communiquées par le WWF, et Les Amis de la Terre US.

L’attitude des entreprises liées à la production et la commercialisation d’énergies carbonées fossiles ne peut pas changer du jour au lendemain sans courir le risque d’une catastrophe économique de grande ampleur. Si les émissions de carbone se sont stabilisées ou ont très légèrement diminué ces dix dernières années ce n’est pas la conséquence d’un changement d’attitude des grandes entreprises impliquées dans l’énergie mais d’un ralentissement généralisé de l’économie mondiale comme le montre l’illustration ci-dessous.

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Le rêve des gauchistes qui ont initié le mouvement de désinvestissement en 2011 ne se réalise pas car il est totalement déconnecté des réalités économiques. Vouloir sauver le climat provoquera la misère pour des centaines de millions de personnes qui au contraire aspirent à un meilleur niveau de vie et l’appauvrissement de tous les autres. Si les banques et les investisseurs décident de restreindre l’accès des grandes compagnies de l’énergie aux financements qui leur sont nécessaires pour poursuivre leurs activités normalement, c’est-à-dire sans contraintes environnementales impossibles à atteindre, alors à terme il y aura une pénurie mondiale de ces sources d’énergie pour l’instant irremplaçables, car une économie moderne ne peut pas fonctionner avec une énergie intermittente. Les activistes qui prônent une « société sans carbone » rêvent, et au final ils seront eux-mêmes les victimes de leurs rêves.

Inspiré de très loin d’un article paru sur le site schroders.com

USA : la guerre pour le charbon a commencé

USA : la guerre pour le charbon a commencé

Aux Etats-Unis la désaffection pour l’énergie nucléaire depuis le grand tsunami du Kanto au Japon en mars 2011 a conduit les compagnies d’électricité à délaisser l’entretien de ces installations avec le but inavoué de tout simplement fermer ces usines bien avant qu’elles ne deviennent obsolètes. Avec la campagne anti-charbon qui a eu pour conséquence depuis l’administration Obama la fermeture pure et simple de nombreuses mines et d’usines de production électrique la situation du réseau électrique nord-américain devient critique. Cette situation préoccupe le locataire de la Maison-Blanche qui veut repenser les régulations mises en place par son prédécesseur pour la protection de l’environnement.

Si le gaz de schiste est devenu très compétitif il n’en reste pas moins que les équipements de production d’électricité à partir de gaz ne servent qu’à lisser la charge erratique des énergies renouvelables sur le réseau électrique. Pour le Président américain préserver l’équilibre du réseau est une priorité de sécurité nationale et c’est la raison pour laquelle l’administration Trump a décidé d’aider les compagnies d’électricité à investir dans les centrales électriques nucléaires ou à charbon existantes de toute urgence et à obliger les distributeurs à acheter prioritairement l’électricité produite par ces installations.

Selon une récente étude les 99 réacteurs nucléaires américains actuellement en fonctionnement et datant tous des années 1960-1970 nécessitent des investissements de sécurité qui avaient pourtant été exigés à la suite de l’accident japonais. Aujourd’hui seulement deux réacteurs sont en construction en Géorgie et nul ne sait quand ils seront connectés au réseau, cf. les déboires de Westinghouse. Quant aux centrales brûlant du charbon beaucoup d’entre elles ne sont pas rentables pour les raisons invoquées ci-dessus avec l’arrivée massive du gaz de schiste et l’obligation pour les opérateurs de réduire les émissions de CO2 selon un plan – le « Clean Power Act » – totalement insoutenable qui entraine la fermeture des usines les unes après les autres.

Or Donald Trump a promis lors de sa campagne électorale de soutenir l’industrie du charbon. Comment les « utilities » vont-elles réagir ? La question est cruciale pour l’administration Trump car d’une manière générale les industriels de l’énergie n’apprécient pas que des décisions fédérales viennent les contraindre dans leurs stratégies commerciales. Mais selon la Maison-Blanche il s’agit d’une décision de sécurité nationale qui prime avant toute autre considération. Il est donc clair que la raison du retrait des USA de l’accord de Paris est évidente : ces accords mettent en danger la sécurité du pays ainsi que son économie. Pour abonder dans le sens de la décision de Donald Trump une récente étude a montré que l’histoire montée de toute pièce de l’effet de serre du CO2 était une imposture scientifique. Ce sujet fera l’objet d’un prochain billet sur ce blog.

Source partielle : AFP, dépêche du premier juin 2018.

Où l’on redécouvre le bon vieux « gaz de ville ».

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Comme un précédent billet le mentionnait la Pologne comme la Grèce et l’Allemagne sont des gros consommateurs de charbon souvent de mauvaise qualité, ce que l’on a coûtume d’appeler du charbon brun mais il s’agit de lignite, encore plus polluant que la belle anthracite que nous brûlions autrefois dans les poêles à feu continu de nos maisons. Au début du XXe siècle les grandes villes produisaient du « gaz à l’eau » aussi appelé « gaz de ville » en injectant de la vapeur d’eau dans des fours brûlant du charbon. Ce gaz constitué d’oxyde de carbone et d’hydrogène était stocké dans d’immenses réservoirs qui pullulaient dans les villes et étaient appelés gazomètres. Quand la maîtrise du captage du gaz naturel (méthane) devint économiquement rentable le gaz de ville, dangereux et toxique, fut remplacé par le méthane. L’avènement du gaz de pétrole liquéfié, propane et butane, fut la deuxième innovation domestique des années 1950 : finis les fourneaux à charbon ou à bois pour faire la cuisine !

Cependant la valorisation de la houille en gaz n’a jamais été abandonnée et la firme américaine Synthesis Energy Systems (SES) côtée au NASDAQ et domiciliée dans les Îles Vierges anglaises vient de décrocher un contrat avec la Pologne pour gazéifier du charbon en produisant … du bon vieux « gaz à l’eau », le procédé largement utilisé pendant des dizaines d’années mais renommé pour la bonne cause « SynGas Technology », ça fait plus sérieux !

Si la société SES a pu obtenir un premier contrat avec la Pologne c’est essentiellement pour quatre raisons. 1. Ce pays veut s’affranchir le plus possible du gaz russe et comme la Pologne est le premier producteur de charbon d’Europe il était opportun d’envisager de gazéifier ce charbon. 2. La pollution provoquée par le chauffage domestique au charbon est très préoccupante et remplacer ce charbon par du « gaz à l’eau » purifié et donc débarrassé des traces de contaminants comme l’acide cyanhydrique ou des mercaptans et des oxydes de soufre par ce procédé nouveau, dont je mets en doute le caractère innovant, est en soi une avancée qui a convaincu les autorités polonaises. 3. Comme la Grèce et l’Allemagne la Pologne ne peut pas se permettre d’importer du gaz naturel liquéfié ou de brûler des fractions lourdes de pétrole (également importé) pour produire de l’électricité. 4. Enfin produire moins de CO2 sera toujours bien vu par la communauté internationale.

La SES n’en est pas à ses premières arnaques – son siège social ne se trouve pas par hasard dans les Îles Vierges – puisque 5 usines fonctionnent déja en Chine et une autre installation est opérationnelle dans l’Etat australien du Queensland, un autre très gros producteur de charbon.

Source : Reuters, illustration Wikipedia

La Grèce et les accords « COP21 » : une vue de l’esprit !

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La Grèce était entrée triomphalement dans l’Union monétaire européenne à la suite d’un gros truquage de ses comptes nationaux par Goldman-Sachs, l’ex-employeur de Mario Draghi, et c’était merveilleux d’avoir un membre de l’union aux portes de la Turquie. Les Allemands se sont frotté les mains car ils vendaient et allaient vendre encore plus d’armes à la Grèce pour se protéger des velléités agressives des Ottomans qui n’ont jamais digéré la dissolution de leur Empire en 1918. Aujourd’hui la Grèce est un pays pauvre, peut-être le plus pauvre de l’Union Européenne et quand on est pauvre il faut faire avec sa pauvreté !

La Grèce ne respectera certainement pas les accords sur le climat de Paris car elle n’en a pas les moyens et elle cherche de l’argent par tous les moyens et tous les moyens sont bons également pour en économiser afin d’accumuler quelques maigres devises pour rembourser ses dettes (essentiellement détenues par l’Allemagne qui a vendu des armes au pays …). Le port du Pyrée n’est plus à vendre il appartient déjà à la Chine et pour réduire ses importations de gaz et de pétrole la Grèce exploite une gigantesque mine de charbon de mauvaise qualité pour produire le tiers de son électricité domestique. C’est la mine de Ptolemaida flanquée d’une grosse centrale électrique ultra-polluante construite par … les Allemands car les Teutons s’y connaissent en énergie polluante. Avec la Pologne, la République Tchèque, l’Allemagne et la Grèce, ces quatre pays représentent le tiers de la production mondiale de charbon. Le charbon a encore de beaux jours devant lui n’en déplaise aux pourfendeurs des émissions de carbone !

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La Grèce ne peut donc pas se permettre de cesser cette exploitation et elle se moque des accords de Paris comme d’ailleurs les quatre autres pays mentionnés ci-dessus quoiqu’en pensent des organisations terroristes comme Greenpeace car cesser l’exploitation du charbon serait tout simplement suicidaire. De plus exploiter cette mine de charbon située dans l’ouest de la Macédoine (non pas indépendante mais une province grecque, tout ce qu’il y a de plus grecque) a créé plus de 10000 emplois locaux et personne ne se plaint ni ne se plaindra. Conclusion : un pays « pauvre » comme la Grèce ou la Pologne, un peu moins pauvre, ne pourra jamais se conformer aux accords de Paris, c’est un fait, point barre.

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Adapté d’un article paru dans le Guardian surtout pour les illustrations car comme chacun sait le Guardian est un journal de gauche vendu aux idées surréalistes de Greenpeace.