En France il y a peu de pétrole et encore moins d’idées (sauf si on est écolo … )

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Le territoire hexagonal français est potentiellement riche en pétrole et en gaz. Il y a eu le gaz de Lacq dont le gisement s’est épuisé comme le gaz de Groningue aux Pays-Bas mais il y a aussi dans trois bassins sédimentaires, l’Aquitaine, le Languedoc-Roussillon et le Bassin Parisien, des potentialités non négligeables de gisements d’hydrocarbures à des profondeurs variées. C’est le cas du Bassin Parisien dont un peu de pétrole est pompé chaque jour à plus de 2000 mètres de profondeur par une société canadienne du nom de Vermilion. Cette même société a exploré l’Aquitaine et son plateau continental mais sans succès pour l’instant car les sondages profonds, en particulier en mer, sont coûteux et les entreprises spécialisées dans ce domaine n’investissent de grosses sommes que si le « jeu en vaut la chandelle ». Ces décisions dépendent également du prix du pétrole brut sur le marché mondial, ce qui complique la situation.

Bref, depuis déjà de nombreuses années Vermilion pompe du pétrole en Seine-et-Marne, paye une redevance aux propriétaires des champs sur lesquels se trouvent les pompes ainsi qu’une taxe aux communes dont par exemple la Commune de Saint-Méry où se trouve une unité de traitement du mélange pétrole-eau-gaz provenant de quelques puits alentour. L’activité est rentable même avec un pétrole Brent à 53,78 dollars le baril (cours du 11 septembre 2017) car les installations sont amorties depuis bien longtemps. Tout va bien, personne ne se plaint et chacun y trouve son compte.

Sauf que depuis que le clown écolo-gauchiste Hulot ayant accédé au poste de Ministre d’Etat chargé de l’ « économie circulaire », des moulins à vent et du démantèlement des centrales nucléaires décide, sur un coup de sang idéologique, d’interdire l’exploration et l’exploitation sur tout le territoire hexagonal français d’un quelconque hydrocarbure sous forme liquide ou gazeuse, tout va mal. Dans la tête dérangée de cet écolo pur et dur, il sera plus rentable (et moins coûteux) de recycler, de fermenter, de composter pour produire de l’énergie qui sera utilisée pour faire rouler des voitures électriques et faire fonctionner le peu d’industrie qui restera sur le territoire hexagonal. Ben voyons !

Selon les services techniques de la société Vermilion, il y a encore suffisamment de réserves dans le Bassin Parisien – qui n’a pas été totalement exploré à ce jour – pour pomper des hydrocarbures durant les 50 prochaines années. Pour Hulot, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire (ce titre me laisse rêveur !), c’est inacceptable, ça pollue, ça abime l’esthétique inoubliable de la campagne française profonde … Il est beaucoup plus judicieux d’installer des forêts d’éoliennes en lieu et place de ces pompes discrètes et silencieuses qui produisent tout de même 815000 tonnes de pétrole brut par an soit un petit 1 % de la consommation annuelle française de brut. Mais non, « bienvenue dans un monde meilleur » sans pétrole et sans uranium ! pour paraphraser le slogan de Rhône-Poulenc, sponsor de Hulot quand il parcourait le monde entier en hélicoptère. Selon France-Nature-Environnement, une ONG écolo-bobo hébergée par le Muséum Nationale d’Histoire Naturelle à Paris (dont c’est l’incontestable mission) : « dans le cadre de la transition énergétique, il va falloir se passer ou tout du moins fortement diminuer notre consommation en énergie fossile ». Hulot a donc décidé d’accélérer la ruine de la France, c’est une évidence.

Source et illustration : AFP (dépêche du 1er septembre 2017) qui s’est délectée comme il se doit en rapportant cette information.

Pétrole, tout va bien ? Pas si sûr …

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Vitol, personne ne connaît cette société et n’en a jamais entendu parler. C’est pourtant le plus important acteur du négoce de pétrole dans le monde, un très gros business qui est entre les mains des 5 principales firmes se partageant ce gâteau (illustration). Chaque fluctuation du prix du baril de pétrole, à chaque seconde, que ce soit en Extrême-Orient ou en Europe, représente quelques milliards de dollars et il y a des gagnants et des perdants dans ce gigantesque jeu de roulette. Pourtant le moral de ces sociétés totalement opaques dont personne ne connait exactement la domiciliation exacte n’est pas au beau fixe.

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Malgré les affirmations récentes de la patronne du FMI qui comme chacun sait fait partie du club très sélect des personnes responsables mais pas coupables (cf. l’affaire Tapie), l’économie mondiale va décidément de plus en plus mal à tel point que le CEO de Vitol, un certain Monsieur Kho, a récemment déclaré que la réduction récente de la production décidée par l’OPEP n’avait eu pratiquement aucun effet sur l’évolution du prix du baril car la demande s’essouffle tant en Chine qu’en Inde, mais également dans de nombreux pays émergents ainsi qu’en Europe. De surcroît la reprise du pompage de pétrole aux USA n’arrange pas vraiment la situation. Les cours mondiaux du pétrole sont en effet à l’affut de l’état des stocks de brut et de produits raffinés sur le territoire américain. Or l’administration US dispose de tous les outils pour influer sur le cours du pétrole, si possible en publiant de fausses statistiques pour le plus grand bien de négociants comme Glencore, une multinationale implantée dans plus de 90 pays dans le monde et qui s’intéresse à toutes les matières premières sans exception, depuis le cuivre et le nickel en passant par le zinc, le charbon, les denrées alimentaires et naturellement le pétrole. Basée au Pays-Bas, Glencore est le concurrent direct de Vitol dans le négoce des produits pétroliers malgré le fait que son activité pétrolière est minoritaire au sein de ses activités.

L’Agence Internationale de l’Énergie, bien que tenant des propos rassurants, concède que la croissance molle va perdurer, l’injection massive de liquidités dans les circuits économiques par les grandes banques centrales, FED, BCE et BoJ, n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance. Celle-ci est en berne, dans l’attente du cygne noir qui précipitera la grande crise économique mondiale que tous les responsables politiques redoutent. Les signaux avant-coureurs se trouvent parfois là où on ne les attend pas.

Source : Bloomberg

L’Union Européenne et la Guerre syrienne de l’énergie.

Cet article est une traduction par mes soins d’un point-de-vue de F. William Engdahl paru sur le site New Eastern Outlook ce 10 octobre 2016. Remarque : pour la bonne compréhension du texte anglais il m’a fallu parfois modifier la traduction sans en changer le sens.

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Le silence des agneaux-réfugiés, L’Union Européenne et la Guerre syrienne de l’énergie.

L’un des phénomènes les plus bizarres dans une situation elle-même très bizarre apparue l’année passée est le refus de toutes les autorités politiques européennes de discuter ouvertement de la réalité de la destruction sociale engendrée par l’afflux de plus de 4 millions de réfugiés depuis la Syrie et d’autres pays d’Afrique du Nord. Le débat européen au sujet des réfugiés, en raison de ce silence, ou le refus de parler ouvertement des réelles causes et des remèdes possibles, conduit les politiciens expérimentés à des interprétations totalement absurdes alors qu’ils connaissent pourtant par ailleurs les vraies raisons de cette situation. Ce silence alimente in fine les guerres pour l’énergie mais certainement pas un développement économique et social en particulier en Europe.

Les réfugiés sont la conséquence directe de la guerre. La guerre est la conséquence des décisions de certaines compagnies pétrolières et des intérêts militaires de l’OTAN de reprendre ou d’établir un nouveau contrôle des marchés de l’énergie, le pétrole et aujourd’hui le gaz naturel. De même la guerre est la conséquence des réactions des autres nations comme la Russie, l’Iran et la Chine de contrecarrer les tentatives des USA et de l’Union Européenne de contrôler les flux globaux d’énergie. De plus il y a la réaction des éléments ukrainiens néo-nazis mis en place après le coup d’état de 2014 fomenté par les USA pour rejoindre cette guerre de l’énergie avec l’appui de l’Union Européenne sur des bases totalement fabriquées. Il résulte de cette situation – le silence des leaders politiques européens – un drame tragique qui se noue et constitue un relent écoeurant du roman de Thomas Harris « Le Silence des Agneaux ».

Un danger endogame ?

Un exemple de l’idiotie inventée par les politiciens européens pour justifier leur silence sur la question de la guerre de l’énergie est le récent commentaire du Ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble. Schäuble est un politicien européen qui a enduré beaucoup de situations difficiles et il est clair qu’il ne parle pas pour ne rien dire. Il servit de conseiller au Chancelier Helmut Kohl durant la difficile réunification des deux Allemagnes dans les années 1990, période qui vit l’élimination par assassinats ciblés de quelques figures prépondérantes de la réunification dont Alfred Herrhausen et Detlev Rohwedder, deux dirigeants de la Deutsche Bank, des faits qui affaiblirent Schäuble bien qu’il fut par la suite blanchi, ces crimes ayant été officiellement commis par des « tireurs isolés » … Que dit donc aujourd’hui Schäuble à propos de la crise sociale la plus grave que traverse l’Allemagne depuis la Seconde Guerre Mondiale ? Dans une interview accordée au journal German Zeit, s’opposant à l’idée que l’Europe puisse s’isoler de l’afflux de réfugiés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Schäuble a déclaré ceci : « Cette isolement pourrait nous ruiner et nous conduire à la dégénérescence provoquée par l’endogamie. Pour nous les musulmans allemands enrichissent notre peuple et notre diversité« . Il a ensuite ajouté ce commentaire étrange : « il suffit d’observer les femmes d’origine turque de troisième génération : elles constituent un immense potentiel d’innovation ! ».

Aussi loin que je sache (c’est Engdahl qui l’écrit), le seul politicien allemand qui a osé dire la vérité au sujet des capitaux qui sont derrière la création de l’Etat islamique ou DAESH a été promptement réduit au silence : le Ministre du Développement allemand Gerd Mueller, au cours d’une interview accordée à la chaine de télévision ZDF en août 2014, accusa ouvertement le Qatar de financer les militants de l’Etat islamique. Il déclara ceci : « Vous devez vous demander qui finance et arme les troupes de l’ISIS. Le mot-clé est le Qatar – et comment on doit se comporter vis-à-vis de cet Etat et de ces gens politiquement ? » Mueller fut définitivement réduit au silence par Angela Merkel.

Pour être certaine d’éviter tout propos embarrassant qui pourrait dévoiler la vérité sur les financements des terroristes en Syrie et au Moyen-Orient la même Angela Merkel a limogé le chef des services secrets allemand, Gerhard Schindler, en raison d’un mémo interne qu’il divulgua à la presse, mémo dans lequel il faisait mention de sa grande préoccupation au sujet de l’Arabie Saoudite et de son Ministre de la défense le Prince Muhammad bin Salman qui finance et soutient l’instabilité au Moyen-Orient, un membre de la famille royale saoudienne de facto Roi puisque son père souffre de démence aggravée.

Le silence de l’Union Européenne au sujet de l’Ukraine et de la Russie est tout aussi assourdissant, autant que le silence à propos des guerres au Moyen-Orient et en Libye.

Ce même silence pesant des politiciens européens fut incroyable quand, en 2014, une conversation téléphonique entre Victoria Nuland, Secrétaire d’Etat assistante américaine aux affaires européennes et est-européennes avec l’ambassadeur US à Kiev Pyatt fut interceptée et rendue publique. Lors de leur discussion téléphonique relative à la mise en place d’un gouvernement post-Yanukovych et considérant les préférences de l’Union Européenne, Pyatt lui déclara : « J’encule l’Union Européenne ! », « fuck the UE » dans le texte. Le remarquable silence de l’ensemble de la classe politique européenne au sujet de cet incident fait vraiment penser au silence des agneaux. Il s’ensuivit une poursuite des sanctions économiques à l’encontre de la Russie dont souffre l’ensemble de l’économie européenne. La seule Allemagne a perdu 120 milliards d’euros depuis la « révolution » de Maiden à la fin de 2013 …

Le tabou de la réalité

Qu’est-ce qui peut bien conduire des politiciens avisés comme Schäuble à proclamer des non-sens pareils sur les dangers de la consanguinité allemande et la qualité des femmes turques de troisième génération à juguler ce danger ? Ce n’est pas vraiment ce que pensent les politiciens européens mais il s’agit plutôt de ne pas dire la vérité de peur de représailles de la part des USA et c’est ce qui est important ici. Ce que Merkel, Schäuble et bien d’autres leaders politique européens savent parfaitement mais gardent le silence est l’agenda de la CIA, du Département d’Etat américain et du Pentagone, de concert avec leurs homologues anglais, français et allemands, avec Erdogan en Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar : il s’agit d’une grande réorganisation du contrôle de la majeure partie du pétrole et du gaz naturel dans le monde.

Cette stratégie est simple et remonte à un discours de Dick Cheney à Londres en 1999. Cheney était l’ancien CEO d’Halliburton. Cet agenda remonte en réalité au temps où Cheney était Secrétaire d’Etat à la Défense en 1992, une stratégie globale pour assurer la main-mise totale des USA sur les hydrocarbures mondiaux et assurer le statut de super-puissance aux Etats-Unis d’Amérique avant qu’une autre nation ou un groupe de nations n’entre en compétition dans ce dessein mondial. Il ne s’agissait plus pour Cheney de guerres préventives mais de guerres pour l’énergie. Ces guerres pour l’énergie ont été maquillées en guerres saintes – une vraie mascarade – pour prendre le contrôle mondial de l’énergie. La guerre en Syrie, initiée il y a 5 ans à la suite des « Printemps Arabes », des changements de régime fomentés et favorisés par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, est un élément clé de cette stratégie américaine de contrôle de l’énergie mondiale et du futur de cette énergie en particulier pour l’Union Européenne. Pour les petits copains de Dick Cheney à Washington c’est un jeu à la vie à la mort.

Le prix du gaz en Europe

L’Union Européenne est potentiellement le plus gros consommateur de gaz naturel dans le monde en raison des mesures déjà en partie adoptées de réduction des émissions de CO2. Je n’argumenterai pas sur le bien-fondé ou non du réchauffement global (c’est Engdahl qui l’écrit). Ce qui est important de retenir pour l’évolution du marché mondial de l’énergie est le fait légal que les Etats membres de l’UE ont approuvé un programme de réduction d’émission du CO2 : en 2020 une réduction de 20 % de l’émission des gaz à effet de serre par rapport à 1990 ; en 2030, au moins 40 % de réduction par rapport toujours à 1990. Tous les gouvernements européens ont reconnu que la seule solution était d’avoir massivement recours au gaz naturel pour remplacer le charbon et le pétrole. En Allemagne se surajoute la décision post-Fukushima d’abandonner totalement l’énergie nucléaire. Cette situation européenne est une véritable mine d’or pour qui contrôlera le marché du gaz naturel, et pas seulement pour le Qatar …

L’entrée en scène de Washington

Jusqu’au coup d’Etat organisé en Ukraine par les Américains en 2014, la Russie était le principal fournisseur de gaz de l’Europe à partir des immenses gisements de ce pays. Le but de Washington a été de couper cet approvisionnement en gaz russe vers l’Europe. L’Administration Obama conseillée par Nuland et le vice Président Joe Biden a installé un régime vassal à Kiev et fomenté une mascarade pour défier la compagnie russe Gazprom par des retards de paiement des sommes dues pour le gaz naturel fourni à l’Ukraine. Ils ont également ordonné à ce régime installé à Kiev d’entrer en guerre contre la partie russophone du Donbass et Kiev a obéi servilement. Ces évènements ont provoqué une crise stratégique en Crimée, berceau d’une grande base militaire navale russe, région qui était administrativement reliée à Kiev depuis l’époque soviétique mais historiquement russe et tatare. Un référendum organisé par les habitants de la Crimée au cours duquel plus de 90 % de la population vota pour le rattachement à la Russie servit de prétexte à Washington pour obliger l’Union Européenne à décider de sanctions économiques envers la Russie et certains dirigeants de compagnies énergétiques russes, des sanctions qui ont largement impacté négativement l’économie européenne.

La propagande organisée par l’OTAN et les médias européens contrôlés par les Etats européens a finalement rendu impossible le projet de gazoduc dit « South-Stream ». Ce gazoduc, depuis la mise en place opérationnelle du gazoduc « North-Stream » depuis l’oblast de Saint-Petersbourg vers le nord de l’Allemagne dans la Mer du Nord, aurait privé les USA d’un moyen de chantage vis-à-vis de Gasprom par l’intermédiaire de l’Ukraine. La Bulgarie qui devait héberger le terminal du gazoduc South-Stream a subi une pression constante de la part de Bruxelles pour se désengager de ce projet et finalement en décembre 2014, le Président Poutine déclara le projet caduque. Maintenant ce sont la Syrie et dans une moindre mesure l’Irak à majorité chiite qui constituent un obstacle à l’agenda de contrôle de la fourniture de gaz à l’Europe.

Retour à 1991

L’agenda US de domination de l’énergie remonte à 1991. Le Général 4 étoiles de l’OTAN Wesley Clark décrivit le meeting auquel il participa avec Dick Cheney et Paul Wolfowitz, sous-secrétaire d’Etat à la défense, au Pentagone pour mettre en place l’agenda développé par les néo-conservateurs soutenus par le complexe militaro-industriel américain, les grandes compagnies pétrolières et les banques de Wall Street : « Monsieur le Secrétaire, vous devez être satisfait de la performance de vos troupes lors de l’Opération Desert Storm ». Il répondit : « Oui, mais pas vraiment. En vérité nous aurions du éliminer Saddam Hussein et nous le l’avons pas fait … Ce que nous avons par contre appris est que nous pouvons utiliser nos forces armées dans la région – le Moyen-Orient – et les soviétiques (dans le texte) ne nous arrêteront pas. Et nous avons 5 à 10 ans pour faire le ménage et éliminer ces vieux régimes clients du régime soviétique – Syrie, Iran et Irak – avant qu’une nouvelle super-puissance émerge pour contrecarrer nos desseins« .

À la suite de l’invasion de l’Irak en 2003 durant la présidence Bush-Cheney avec Paul Wolfowitz de nouveau au Pentagone, cette fois pour éliminer Saddam et prendre possession de l’Irak, le Général John Abizaid fit une remarque d’une évidente limpidité : « Naturellement que (cette guerre) c’est pour le pétrole, c’est surtout pour le pétrole et on ne peut pas le nier« . Peu de gens se souviennent que le premier jour de son installation comme vice-président en janvier 2001, Dick Cheney, qui venait de quitter Halliburton, la plus grande société de services pétroliers du monde, mit en place une « Task Force » dédiée à l’énergie à la Maison-Blanche. Ce qui est moins connu est que cette task force ne s’intéressait pas seulement aux besoins en énergie des USA … Cheney invita les CEOs des majors pétrolières occidentales et leur demanda de lui fournir des cartes détaillées ainsi que des statistiques tout aussi détaillées des ressources pétrolières de l’Irak et des autres pays du Moyen-Orient. Condoleeza Rice, conseillère du Président pour la sécurité nationale et ancien membre du conseil d’administration de Chevron, demanda à son staff de coopérer entièrement avec la task force de Cheney. Les minutes de ces meetings furent réclamées par diverses organisations d’intérêt public conformément à la loi sur l’information. Cheney refusa catégoriquement. Le but de cette task force était d’organiser au plus haut niveau de l’Etat américain la mise au pas des « Etats voyous » et de s’approprier les champs pétrolifères et gaziers existants et potentiels selon des informations qui fuitèrent à cette époque.

Comme le déclara Dick Cheney en 1999 dans son discours au Institute of Petroleum, « en 2010 nous aurons besoin d’environ 50 millions de barils de plus par jour. D’où viendra alors ce pétrole ? Les Gouvernements et les compagnies pétrolières contrôlent à l’évidence 90 % des ressources. Le pétrole reste fondamentalement un business d’Etat. Si de nombreuses régions du monde offrent des opportunités non négligeables, le Moyen-Orient avec les deux tiers des réserves mondiales et son prix d’extraction très raisonnable reste l’endroit où le profit est le plus tangible … ». Ce qui transparait est un portrait d’un Dick Cheney comme l’homme central d’un système de gouvernement parallèle secret indépendant des Présidents que ce soient GHW Bush, Bill Clinton, GW Bush Junior ou Obama. Il agit en conséquence depuis au moins 1991 en utilisant son carnet d’adresse tant au Gouvernement qu’à la CIA ou les majors du pétrole pour réorganiser le contrôle à l’échelle mondiale du pétrole et maintenant du gaz. C’est un grand projet, un design de portée géopolitique mais il est aussi promis à l’échec.

Gaz qatari ou russe ?

Revenons à l’année 2009. Quand le marché du gaz pour l’Union européenne apparut être potentiellement le plus important du monde et que les terminaux de GNL (gaz naturel liquéfié) et les réseaux de pipe-lines fleurissaient un peu partout dans le monde, le gaz naturel devint de plus en plus un marché régional. En 2009, Roland Dumas, ancien Ministre des affaires étrangères français, révéla que les militaires anglais se préparaient à une invasion de la Syrie d’Assad. C’était deux années avant les printemps arabes et les allégations de massacres de masse par l’armée et la police de Assad qui constituèrent le feu vert pour le déclenchement d’une guerre en Syrie avec le support de la Maison-Blanche. Dumas déclara à la télévision française : « j’étais en Angleterre deux ans avant le déclenchement des hostilités en Syrie pour d’autres préoccupations. J’ai rencontré des officiels britanniques de haut niveau qui confessèrent qu’ils préparaient quelque chose en Syrie. C’était en Grande-Bretagne et non pas aux USA. Les Anglais préparaient des troupes pour envahir la Syrie. » Des e-mails fuités de la firme de renseignement privée Strafor révélèrent des notes de meetings avec des officiels du Pentagon qui confirmèrent que dès 2011 des entrainements conjoints des forces spéciales américaines et britanniques avaient pour objectif d’assurer la chute d’Assad « de l’intérieur ».

En août 2009 l’Emir du Qatar rendit visite à Assad à Damas. Le Qatar est propriétaire du champ gazier de Northfield au milieu du Golfe Persique, le plus important du monde. L’Emir proposa à Assad de faire passer par la Syrie un gazoduc pour aller vers la Turquie puis vers le marché européen. Peu de temps avant ce meeting à Damas le Sheikh Al Tani, l’équivalent d’un premier ministre au Qatar, rencontra Erdogan alors premier ministre de la Turquie et lui déclara que son pays était désireux de voir la construction d’un gazoduc traversant la Syrie et arrivant en Turquie pour approvisionner l’Europe. Un groupe de travail fut mis en place pour obtenir des résultats concrets sans délais.

Assad déclina l’offre qatari car elle mettait en danger les intérêts de son allié de toujours, la Russie, le principal fournisseur en gaz naturel de l’Europe. Ce fut le point de départ de la décision de l’OTAN de détruire militairement la Syrie dès 2011 sur le modèle des évènements de Libye. Comme pour insulter et mettre à mal le plan énergétique de Cheney au Moyen-Orient, l’année suivante, en 2012, le Président Assad entama des discussions avec l’Irak, la cible première du complot de Cheney pour prendre possession des champs pétrolifères de ce pays, et aussi avec l’Iran, la bête noire des Américains. Il faut noter que le gisement gazier qatari est une partie seulement de la plus grande réserve de gaz connue au monde à ce jour qui s’étend aussi dans les eaux territoriales iraniennes sous le nom de South Pars. Ce gisement est mal exploité en raison des sanctions économiques qui furent imposées à l’Iran par les Américains.

En juin 2012 un mémorandum d’intention fut signé entre la Syrie, l’Irak et l’Iran pour la construction d’un gazoduc aboutissant au Liban ou dans un port syrien au nord du Liban. Ce projet de 10 milliards de dollars court-circuitait le projet turc, pays membre de l’OTAN. Peu de temps après cet accord ces trois même pays se mirent d’accord pour un projet d’oléoduc avec un terminal dans le port syrien de Banias. Ce projet devait prendre en charge les productions des gisements d’huile et de gaz de Kirkuk et de South Pars. En outre un tel projet mettait hors circuit tant la Turquie qu’Israël. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase et conduisit Washington et l’OTAN à organiser une guerre civile avec des combats s’étendant de Damas à Alep. Sans ressources gazières le Qatar serait un pays féodal avec des chameaux et des faucons. Sa religion est le même wahhabisme sunnite fondamentaliste que celui de l’Arabie Saoudite, son seul voisin. Les têtes coupées au sabre, la peine de mort pour les homosexuels, la lapidation des femmes adultères, toutes ces horreurs sont autorisées par une stricte charia. Avec le gaz le Qatar est le pays le plus riche par tête d’habitant du monde et le monde occidental feint d’ignorer ces coutumes d’une autre époque. Longtemps protectorat anglais le Qatar héberge à Doha l’une des plus importantes bases militaires américaines du Moyen-Orient. Au Qatar seulement 13 % de la population a un passeport qatari, le reste ce sont des travailleurs étrangers « invités » réduits le plus souvent à l’esclavage. Les Frères Musulmans, expulsés en particulier d’Egypte, résident au Qatar ainsi que la chaine de TV Al Jazeera qui entretient des liens étroits avec l’OTAN. En bref, le Qatar est le partenaire idéal pour la CIA, le MI6 et l’OTAN pour faire avancer l’agenda américain concernant les ressources en hydrocarbures du Moyen-Orient. Il faut ajouter qu’à la suite de la levée des sanctions contre l’Iran en raison de son programme controversé d’enrichissement d’uranium, ce pays est devenu soudainement un ennemi juré du Qatar avec comme cerise sur le gâteau que c’est un pays musulman chiite …

Le péché impardonnable de la Russie

C’est alors que la Russie entra en scène en Syrie après avoir opposé par deux fois son véto aux Nations-Unies pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne comme ce fut le cas en Libye qui aurait réduit à néant les efforts d’Assad pour reprendre le contrôle de son pays devant les avancées des terroristes. Une telle zone d’exclusion aurait accéléré la balkanisation de la Syrie et son démembrement total favorisant ainsi la mise en place du gazoduc qatari vers la Turquie. À ce point la Russie devint la principale cible à abattre pour les USA car elle mettait à mal l’ensemble de la stratégie énergétique de Washington, qu’elle en fut informée ou non. George Friedman, fondateur de Strafor, aussi appelé la « CIA de l’ombre », finit par admettre cet état de fait au cours d’une interview inattendue par un journal russe de première importance, Kommersant, le 17 janvier 2015. Friedman dont les principaux clients sont le Pentagone et les services de renseignement américains déclara ceci : « La Russie a adopté des positions que les Américains ont considéré comme inacceptables. D’abord en Syrie. C’est là que les Russes ont montré qu’ils étaient capables d’influencer la politique au Moyen-Orient. Les USA ont pensé que l’intention des Russes était de les blesser. C’est dans ce contexte que nous devrions réévaluer les évènement d’Ukraine. » Il ajouta même en décrivant les évènements d’Ukraine qu’il s’agissait d’un coup d’Etat financé par les USA à la seule fin de renverser le Président pro-russe Victor Yanukovych en février 2014, « La Russie considère qu’il s’agissait d’un coup d’Etat organisé et financé par les USA : c’était en effet le plus flagrant coup de l’histoire« .

Voué à l’échec

Les conséquences du complot fou de Cheney pour tenter de contrôler le pétrole et le gaz dans le monde entier commencent à devenir très claires. Ces derniers jours, à la suite d’un cessez-le-feu en accord avec Washington, la Russie a laissé entendre qu’elle ne permettrait pas aux USA de continuer à armer les terroristes du front Al-Nusra en dépit du fait que John Kerry ait affirmé que les rebelles « modérés » combattent sur le terrain ces terroristes affiliés à Al-Qaeda. Il s’agit encore une fois d’un autre mensonge de Washington. Les forces russes jointes à l’armée régulière syrienne ont clairement affirmé leur résolution de détruire tous les terroristes tant à Alep que dans d’autres localités syriennes qu’ils soient des « modérés » ou des membres d’Al-Nusra/Al Qaeda. Les bombardements de la Libye en 2011 pour prendre le contrôle des champs pétrolifères de ce pays ont été un fiasco abyssal. Le pays autrefois riche et prospère est maintenant entre les mains de bandes armées qui massacrent à l’aveuglette pour le contrôle de quelques barils de pétrole. La manipulation de la riche Arabie Saoudite pour financer le grand dessein américain sur les hydrocarbures du Moyen-Orient s’avère un autre désastre. Le Royaume est en train de sacrifier en pure perte ses réserves de devises d’autant plus que la guerre fomentée au Yémen par les Américains coûte à ce pays une vraie fortune sans résultats tangibles. La Turquie a perdu sa boussole et Erdogan conduit aussi son pays, il y a quelques mois encore très prospère, à la ruine en dépit de son récent rapprochement de façade avec la Russie car la Turquie reste un membre stratégiquement important de l’OTAN.

Plus dramatiquement enfin, les nettoyages ethniques et religieux organisés en sous-main par les USA en Syrie ont eu pour conséquence une émigration massive qui a traversé la Turquie pour s’établir depuis 2015 principalement en Allemagne et en Suède, menaçant les fondements mêmes de l’Union européenne en déstabilisant l’équilibre social des pays européens. On retrouve là le silence des politiciens européens, en particulier d’Angela Merkel ou de Wolfgang Schäuble. Ils savent tous que cet afflux de réfugiés en Europe a été intentionnellement créé par Washington avec la complicité d’Erdogan pour déstabiliser l’Europe et ouvrir la voie au contrôle par les USA des gazoducs acheminant, à terme, le gaz qatari et irakien vers l’Europe et coupant de ce fait les ressources de la Russie. C’est la vraie histoire au sujet de laquelle les politiciens européens restent silencieux.

Le roman de Thomas Harris décrit le silence qui règne après que le dernier agneau ait été acheminé à l’abattoir. Le silence pour dissimuler la vérité est une forme de communication tout aussi destructrice que les mensonges pour dissimuler ce silence, comme les récentes déclarations de Wolfgang Schäuble à propos des dangers de la consanguinité et des femmes turques de troisième génération.

Il faut un leader politique qui ait le courage moral de dire la vérité comme l’eut un certain Charles de Gaulle quand il refusa de diaboliser l’Union soviétique et qu’il retira la France de l’OTAN en 1966 plutôt que de faire la courbette devant des politiciens américains imprévisibles et dangereux.

Source : New Eastern Outlook online

Remarques finales personnelles. Sans vouloir abonder dans le sens de la théorie du complot, il est intéressant de noter le tournant détestable que prend la campagne électorale américaine. On accuse maintenant Vladimir Poutine de collusion sinon de complicité avec Donald Trump. Poutine aurait ordonné à des hackers russes d’entrer dans les sites gouvernementaux américains pour sortir des révélations affligeantes relatives à la candidate Clinton via Julian Assange qui réside à Moscou. Poutine, comme Kadhaffi, Saddam Hussein et Assad est un dictateur mangeur d’enfants qu’il faut abattre. Voilà la propagande orchestrée par les néo-conservateurs américains qui ont avancé leur candidate va-t’en guerre pour éventuellement provoquer un conflit nucléaire généralisé car il y a dans les arsenaux des puissances nucléaires suffisamment de bombes pour vitrifier l’ensemble de la planète.

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D’autre part le récent protocole d’accord entre la Russie et la Turquie (lundi 10 octobre 2016, date de parution de l’article de William Engdahl) pour faire passer un gazoduc sur le sol turc pour alimenter l’Europe dans le seul but de court-circuiter l’Ukraine ne pourra voir le jour que si la Turquie se désengage de l’OTAN. Une telle décision l’exposerait à des mesures de rétorsion de la part des USA. Le coup d’Etat manqué récent apparemment organisé avec le support des Américains serait-il avant-coureur de ce qui pourrait arriver à la Turquie dans le cas où ce projet de gazoduc se concrétisait ? Erdogan serait alors classé comme un dictateur sanguinaire à éliminer. Affaire à suivre.

Le pétrole c’est vraiment dangereux pour le climat !

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Que mes lecteurs se rassurent tout de suite, je ne suis pas devenu brusquement un adepte inconditionnel des moulins à vent et des panneaux photovoltaïques. En effet, le titre de ce billet pourrait faire croire que je viens de me ranger dans la catégorie des pourfendeurs des grandes compagnies pétrolières qui déversent leurs barils d’or noir sur les marchés, ce qui accroit inexorablement (?) la teneur en « gaz à effet de serre » de l’atmosphère. Rien de tout cela, il s’agit de la vraie raison de la disparition soudaine des dinosaures il y a entre 66 et 63 millions d’années.

Lorsque la société Pemex et d’autres majors du pétrole élargirent leurs prospections autour du principal gisement de pétrole du Mexique au large de la péninsule du Yucatan ils furent étonnés de constater qu’il y avait une sorte d’îlot circulaire sous-marin de 180 kilomètres de diamètre sans quantité notoire de pétrole alors que le champ pétrolifère de Cantarell, par exemple, est une véritable éponge tout près de ce « désert » pétrolier. C’est ainsi que fut découvert le cratère d’impact de Chicxulub dont on attribua la formation à la chute d’un astéroïde d’au moins 10 kilomètres de diamètre constitué en grande partie de fer et d’iridium. Des études détaillées confirmèrent par la suite que ce cratère d’impact maintenant totalement comblé par des sédiments datait bien d’environ 63 millions d’années.

Or, comme la disparition soudaine des dinosaures date d’à peu près la même époque, tous les ossements fossilisés de ces monstrueuses créatures dont je ne suis pas du tout fanatique ont été datés d’avant cette période bien précisée par les géologues et appelée la frontière crétacé/paléogène. Ce mot barbare veut tout simplement dire qu’au même moment sur toute la planète on retrouve une couche géologique très fine enrichie en iridium, un métal très rare dans la croute terrestre. Tout concourrait pour considérer que les dinosaures avaient disparu subitement à la suite de la chute de ce gros astéroïde, mais pas seulement les dinosaures car les ammonites disparurent également ainsi que près de 80 % de toute forme de vie que ce soit terrestre ou océanique.

Les scientifiques se sont creusé les méninges pour expliquer comment un tel impact avait pu avoir un effet planétaire aussi catastrophique, toutes les simulations conduisant à des conclusions hasardeuses. Il a fallu attendre la sagacité d’une équipe de géologues et de physico-chimistes de l’Université Tohoku de Sandai au Japon pour comprendre exactement le déroulement de ces évènements catastrophiques relatés ici : doi: 10.1038/srep28427 .

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L’équipe du Docteur Kunio Kaiho a approfondi l’analyse de cette couche riche en iridium sur deux échantillons l’un provenant de l’île d’Haïti actuelle et l’autre du sud de l’Espagne à Caravaca dans la province de Murcia. Ils ont trouvé qu’outre la présence d’iridium et de fer il y avait bizarrement la présence notoirement élevée d’hydrocarbures de la famille des coronènes et des benzopyrènes. Or ces hydrocarbures sont la signature des particules carbonées qui forment la suie et la fumée y compris des pots d’échappement des moteurs diesel ! La chute de l’astéroïde du Chicxulub n’aurait tout de même pas mis le feu à toute la végétation existant sur la Terre à cette époque. L’explication fournie par ces géologues est beaucoup plus terrifiante : l’astéroïde alluma un gigantesque feu de pétrole, volatilisant en un instant entre 2 et 60 milliards de tonnes de pétrole produisant un panache de fumée d’une taille difficile à imaginer qui monta à des altitudes stratosphériques enveloppant toute la planète d’une épaisse couche de suie qui obscurcit durablement – au moins pendant 10 ans – la planète Terre entière.

Selon les simulations réalisées au Département des Sciences de la Terre de l’Université Tohoku la température globale chuta de près de 16 degrés en moins d’une année, toutes les plantes photosynthétiques ainsi que le phytoplancton furent affectées ce qui conduisit à une rupture de la chaine alimentaire entrainant l’extinction probablement en moins de dix ans de la majorité des espèces vivantes, y compris des insectes ! Les crocodiles, dignes descendants des dinosaures, échappèrent à l’extinction totale en survivant tant bien que mal dans les zones intertropicales, du moins seulement certaines espèces …

Pour donner un ordre de grandeur de cette catastrophe pétrolière, le petit trou fuyard qui fit la une des journaux de la Terre entière dans le golfe du Mexique il y a quelques années ne déversa dans l’océan que 4,9 millions de barils soit en gros un million de tonnes de pétrole, l’équivalent de deux gros super-tankers. L’impact du Chicxulub vaporisa et enflamma, dans l’hypothèse haute expliquant parfaitement toutes les disparitions d’espèces vivantes observées, jusqu’à 60 milliards de tonnes de pétrole en quelques secondes … ce qui provoqua un changement climatique très brutal non pas provoqué par le CO2 mais tout simplement par la fumée.

Source : voir le doi dans le texte, en accès libre, illustration Wikimedia et Courtillot et al. Earth and Planetary Science Letters, 166, 177-195 (1999)

Le pétrole ça rapporte aussi mais autrement

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Depuis la chute des cours du pétrole, tant l’exploration pétrolière que tout le business qui concerne l’extraction de cet or noir s’est presque figé au point que une multitude de sociétés qu’on qualifie de para-pétrolières se trouvent en grande difficulté. Plus de commandes, des faillites à répétition, des hedge-funds qui abandonnent la partie, et des équipements qui viennent rouiller dans des ports accueillants contre monnaie sonnante en contre-partie.

C’est exactement ce qui se passe dans la darse nord du port de Santa Cruz de Tenerife où mouillent depuis des mois deux bateaux d’exploration (les deux derricks jumeaux sur la photo), deux plate-formes en piteux état alors que le projet de construction d’un rig (au niveau des deux grues sur la photo) est arrêté depuis maintenant deux ans.

Visuellement ce n’est pas attirant mais le port autonome de la ville s’en tire pas trop mal puisque ce business lui rapporte tout de même la coquette somme de deux cent mille euros chaque jour … jusqu’à ce que les propriétaires de ces équipements ne puissent plus payer. Alors le tout sera vendu comme ferraille au plus offrant. Cette dernière possibilité est problématique dans la mesure où le marché de l’acier s’est également effondré et personne, pas même en Europe, ne s’intéressera à de tels amas de tôle, promis à la piteuse destinée d’un éventuel récif artificiel …

COP21 : il y a comme un lézard avec le pétrole !

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Avec un prix du baril de pétrole qui fait le yo-yo (comme les indices boursiers) et se maintient aux alentours des 40 dollars l’incitation pour développer des énergies alternatives sans émission de carbone est devenue une vue de l’esprit en terme de rentabilité. De nombreux analystes considèrent que le pétrole va rester durablement « bon marché » compte tenu de la récession économique généralisée comme l’a clairement montré le dernier rapport du CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis, mais aussi pour d’autres raisons comme on va le constater.

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Si le volume des échanges commerciaux internationaux a très légèrement progressé en 2015 il a chuté de près de 14 % en valeur en raison de la chute des cours des matières premières dont le pétrole. Pourquoi et comment dans ces conditions investir dans des sources d’énergie peu carbonées pour satisfaire aux exigences de la COP21 ? D’ailleurs la conclusion politique de la COP21 n’est pas aussi exigeante qu’elle ne le paraît a priori. Elle sera applicable à partir de 2020 si et seulement si 55 pays représentant 55 % des émissions de CO2 ratifient au niveau national ce traité bourré de bonnes intentions climatiques. La France dont la production d’électricité est globalement « propre » va tout de même déposer un projet de loi pour faire ratifier par le Parlement les attendus de ce traité. Ce projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 9 mars prochain par Ségolène à qui a échu la Présidence de la COP jusqu’au prochain raout arrosé de thé à la menthe et agrémenté de merguez grillées fin 2016 à Marrakech.

Ségolène ne cesse de s’agiter tel un pantin qui n’a rien compris au scénario de la pantomime climatique car les nuages s’accumulent à l’horizon. Prenons par exemple la projection des ventes de voitures électriques (source Bloomberg, voir le lien) qui vont impacter profondément les prix des hydrocarbures.

C’est facile à comprendre : environ 50 % des émissions globales de CO2 sont le fait des véhicules automobiles à essence ou diesel. L’un des objectifs de la COP est naturellement d’arriver à réduire ces émissions. Le prix des batteries a chuté de 35 % en 2015, les véhicules tout électrique devraient devenir compétitifs dès 2022 et les analystes estiment qu’en 2040 le tiers des véhicules en circulation seront électriques. Ce n’est pas anecdotique car le prix du baril de pétrole pourrait rester durablement très bas pour cette raison mais également parce que les énergies propres, éolien, photovoltaïque et nucléaire se développeront parallèlement.

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L’impact de la montée en puissance des véhicules électriques a été sous-estimé par les politiciens et les financiers qui s’agitèrent tout au long de la grand-messe du Bourget et pour une raison très simple. Au taux de croissance actuelle des voitures électriques, en 2023 ce seront 2 millions de baril de pétrole par jour qui ne trouveront plus d’acquéreur pour la production de carburants auto c’est-à-dire très exactement le volume de la surabondance actuelle en 2015-2016.

L’un des objectifs de la COP21 était de développer les technologies de stockage des énergies renouvelables intermittentes par définition. Le prix des batteries équipant les voitures électriques (EV) va évoluer vers une baisse significative entrainant parallèlement une production de véhicules à un prix abordable dans seulement quelques années. Tous les paramètres se conjugueront donc pour que le prix du pétrole reste très bas et que les projets d’implantation d’installations d’énergie renouvelable restent catastrophiques sur le plan financier sans faire lourdement appel à l’impôt et à des taxes variées.

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Mais revenons à cet objectif de 55-55 % décrété par la COP21. Il y a tout lieu de penser que les trois principaux pollueurs de la planète, USA, Chine et Inde, ne ratifieront pas le traité du « machin » onusien car d’ici 2020 la situation n’aura pas beaucoup évolué. Il est clair que d’autres pays comme le Canada, l’Australie ou encore la Russie ne ratifieront pas non plus ce traité scélérat basé sur des mensonges et une fiction scientifique scandaleuse. Ségolène a vraiment de quoi avoir des sueurs froides et c’est la raison pour laquelle elle s’agite dans tous les sens. Elle a organisé une réunion des ministres européens de l’environnement dans les prochains jours, une belle brochette d’escrocs vendus à la cause de la « paix verte ». Elle sera présente pour la mascarade onusienne du 22 avril prochain lors d’un énième raout mondain organisé au siège des Nations-Unies, ben voyons !

On avait le pire des Ministres des Affaires étrangères qu’ait connu la France avec Laurent, on aura aussi droit à la pire des bouffonnes dans le genre amateurisme pour représenter la voix de la France, elle qui avait promu l’idée d’une région Poitou-Charente leader européen des voitures électriques. On connait le fiasco financier qui s’en suivit et que les contribuables ont payé de leur poche.

Douce France, le pays de mon enfance … pourtant bientôt recouverte de moulins à vent et de panneaux solaires.

https://www.youtube.com/watch?v=6EbBbezVtUQ

Sources :

http://www.cpb.nl/sites/default/files/cijfer/CPB%20World%20Trade%20Monitor%20December%202015/cpb-world-trade-monitor-december-2015.pdf

http://www.bloomberg.com/features/2016-ev-oil-crisis/

http://mishtalk.com/2016/02/26/world-trade-plunged-13-8-in-us-dollar-terms/ et aussi AFP, dépêche du 28 février 2016, 14h54

Billet d’humeur économique : récession généralisée, sauve-qui-peut !

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Finalement la grande mascarade de la COP21 était organisée pour jeter des louches de poudre dans les yeux des observateurs et des analystes économiques, une sorte de diversion organisée pour faire oublier un instant la réalité du monde économique. La chute vertigineuse des cours du pétrole (le cours du Brent est passé en dessous de celui du WTI le 11 janvier 2016, du jamais vu) rend de facto obsolètes et extrêmement coûteuses toutes les sources d’énergie alternative préservant l’environnement comme c’était pourtant le souhait de la COP21. Plus grave encore, les compagnies pétrolières n’investissent plus car elles perdent de l’argent et pour limiter l’hémorragie elles licencient et annulent des projets d’exploration qui paraissaient pourtant encore rentables il y a seulement une année. La « bulle » pétrolière nord-américaine – 5000 milliards de dollars – va très certainement éclater dans les prochains mois et les monarchies et autres émirats moyen-orientaux sont à court de pétro-dollars. Fait extraordinaire, le Koweit a décidé que l’essence serait désormais payante alors que les carburants ont toujours, de mémoire de Koweitien, été gratuits ! Il en est de même au Royaume saoudien, dur retour à la réalité, et ce revirement économique va à coup sûr provoquer de graves troubles sociaux dans ces pays sous perfusion pétrolière depuis des générations.

Ne parlons même pas du Vénézuela qui s’enfonce dans une dictature du plus pur style marxiste-léniniste, l’ancien chauffeur de camion au pouvoir n’entendant pas se faire virer par un Parlement pourtant élu par le peuple alors que le pays manque de tout et que les pétrodollars ne rentrent plus dans les caisses.

Un des thermomètres les plus fiables pour prédire la situation économique future est le Baltic Dry Index. Cet indice a chuté en quelques jours de 63 points à 429, le plus bas jamais connu depuis que cet indice existe : les affréteurs n’ont plus rien à transporter et pas seulement du pétrole mais aussi des voitures, du minerai de fer ou de la bauxite ou encore du charbon. Les bateaux servent maintenant à stocker ce dont plus personne ne se porte acquéreur. Quand les statistiques américaines mentionnent les stocks de pétrole brut, des données qui font nerveux les traders spécialisés dans cette matière première, celles-ci oublient de mentionner les centaines de gros tankers à l’ancre à quelques encablures des côtes du Texas ou de Louisiane, les affréteurs attendant une remontée hypothétique des cours du pétrole.

L’un des pays dont l’essentiel de l’économie pour ne pas dire de la richesse dépend de l’exportation de ressources naturelles en tous genres, l’Australie, comme le Vénézuela ou encore le Brésil, se trouve dans une situation financière catastrophique mais personne n’ose montrer au grand jour la situation particulièrement critique de ce pays. Tout simplement l’économie de l’Australie va voler en éclats avec l’éclatement d’une bulle immobilière monstrueuse alimentée par les exportations mais celles-ci se tarissent jour après jour.

Ce n’est pas seulement l’Australie qui va sombrer dans une crise profonde, non pas seulement parce que les bananeraies du Queensland dépérissent en raison d’un champignon microscopique qui les détruit, mais tout simplement parce que la plus importante économie du monde, la Chine, est entrée dans un état comateux. Oh ! Certes on accueille comme une immense nouvelle le fait que les exportations chinoises auraient repris de la vigueur au mois de décembre dernier, +2,5 % (sur un an), alors que ces mêmes exportations ont chuté de 7,5 % sur l’année 2015. Il faut admirer ici le tour de passe-passe statistique pour embellir ce petit saut de puce parce qu’avec ma calculette cette « augmentation » magistralement saluée par les places financières n’est que de 0,2 %, autant dire de l’ordre de l’incertitude statistique : deux containers de plus sur un bateau en transportant 1000 !

Quant à la plupart des pays occidentaux, dont en particulier la France, la croissance est artificiellement soutenue par la dette qui ne cesse de croître : sans accroissement de cette dette qui est magiquement incorporée au PIB la plupart des pays européens seraient dans la réalité en profonde récession. Que font les politiciens, tous aveugles comme des rats-taupes, ils hypothèquent gravement l’avenir. Ils ne se posent même plus de questions existentielles car quand viendront à échéance les titres de dette ils seront tous morts !

Les soubresauts en forme de yo-yo des bourses occidentales vont continuer à enrichir (entre guillemets) les traders audacieux mais cette situation ne durera pas. Le système financier qu’on peut à juste titre appeler un montage de Ponzi va s’écrouler brutalement …

Illustration : investmenttools.com/futures/bdi_baltic_dry_index.htm