La peur : une valeur monnayable depuis le XIe siècle.

La mise en place du système des indulgences par la papauté dès le onzième siècle est un tournant dans l’attitude de l’église chrétienne. L’Eglise devient une entreprise mercantile en ce sens qu’elle vend des réductions de temps passé au purgatoire pour l’expiation des péchés avant d’entrer au paradis. Le purgatoire est une redoutable étape vers ce paradis promis, le royaume des cieux, à tout « bon » chrétien. Ce purgatoire fait aussi peur que l’enfer sinon plus … Pour y échapper il faut donc payer l’église, acheter son indulgence. Tous les évènements cataclysmiques comme par exemple la moindre épidémie de peste sont qualifiés de punition de Dieu à l’encontre des « mauvais » chrétiens et pour y échapper rien de mieux que des indulgences achetées avec de la monnaie sonnante et trébuchante. L’adjectif trébuchant provient de la pratique du changeur assermenté par l’église qui pesait les pièces de monnaie avec une petite balance appelée trébuchet avant de distribuer les indulgences aux pauvres naïfs qui se laissaient piéger par la propagande pontificale. Car il fallait bien entretenir le pape et sa cour, financer les guerres qu’il fomentait dans toute l’Europe et participer à la construction des palais pontificaux. D’où cette peur quasiment institutionnalisée par l’Eglise. J’ignore si les autres religions monothéistes alimentent de principe de peur de l’au-delà, je suis trop fainéant pour me documenter.

Depuis le milieu du vingtième siècle et la déchristianisation de l’Europe et de l’Amérique du nord – les Évangélistes mis à part qui font partie des fanatiques tout aussi exécrables que les salafistes – il a fallu inventer de nouvelles peurs non plus pour alimenter l’Eglise mais les gouvernements. Cette motivation s’est d’abord concrétisée par la peur du nucléaire avec le mouvement Greenpeace comme figure de proue. La naissance de Greenpeace suivit la décision du Pentagone de procéder à des essais nucléaires dans les îles Aléoutiennes en Alaska et il s’ensuivit une diabolisation du nucléaire qui perdure encore aujourd’hui et n’est motivée que par « la bombe ». L’usage du nucléaire civil n’a jamais tué personne et a au contraire permis de sauver des vies de mineurs de charbon. Puis des mouvements identiques à Greenpeace ont changé leur fusil d’épaule afin d’inventer de nouvelles peurs car il faut entretenir la peur toujours et sans fin.

Quoi de plus approprié que les organismes végétaux génétiquement modifiés pour créer ex nihillo une nouvelle peur d’autant plus que ni les politiciens ni le public savent de quoi il s’agit exactement. Les plantes transgéniques sont indiscernables de leurs homologues non manipulées génétiquement. Une lécithine de soja transgénique est de la lécithine et chimiquement parlant elle est en tous point identique à la lécithine d’un soja non « Bt ». Dans le monde entier, du moins dans les pays occidentaux, il n’y a plus de sauce mayonnaise préparée avec de la lécithine ne provenant pas de soja transgénique. Pourtant la peur des OGMs persiste et est inscrite dans la loi de certains pays. Puis des organismes politiques et des organisations non politiques ont créé de toute pièce la peur des pesticides, la peur du glyphosate ayant fait significativement reculer les limites de l’imbécillité des politiciens. Certes il est vain d’exiger qu’un politiciens soit intelligent … Dans un registre en tous points identique on a peur de la rougeole mais on a aussi peur du vaccin protégeant totalement contre cette maladie qui peut être mortelle (150000 décès dans le monde en 2019). Dans ce dernier cas on a atteint un sommet de bêtise invraisemblable.

Inutile de mentionner la peur du réchauffement climatique qui a entrainé la peur du gaz carbonique progressivement qualifié de gaz toxique alors qu’il s’agit du nutriment essentiel à toute forme de vie végétale ou planctonique et donc à l’origine de toute vie sur la Terre. Progressivement toute recherche scientifique ou technique innovante se paralyse en raison du principe de précaution qui fut mis en place initialement pour protéger l’environnement quand le fameux « trou d’ozone » fut découvert. Il s’agit d’un principe essentiellement issu de la plus grande escroquerie pseudo-scientifique imaginée à la fin de ce vingtième siècle. Non seulement ce trou d’ozone n’avait jamais été observé auparavant puisqu’il fallait des satellites permettant d’en mesurer l’existence mais une grande multinationale américaine proposait sur le marché une alternative aux CFCs, le prétexte de cette escroquerie planétaire. La peur du trou d’ozone fut sciemment organisée en Australie en se référant à la fréquence de cancers de la peau provoquée par les rayons ultra-violet. Il est normal que des hommes blancs à la peau claire provenant des îles britanniques soient plus sensibles aux rayonnements solaires en comparaison des aborigènes à la peau mâte et sombre qui s’étaient adapté à ces conditions de vie.

Il existe un autre motif de peur planétaire mais il est soigneusement occulté pour des raisons faciles à comprendre. Il s’agit de l’épidémie mondiale de SIDA ou syndrome d’immuno-déficience acquise qui fit l’objet d’intenses recherches pour mettre au point une thérapie conduisant à rendre le virus, agent de cette maladie, « dormant » donc en quelque sorte non transmissible. Il n’existe aucune statistique officielle relative au nombre exact de personnes porteuses de ce virus. On ne connait pas non plus le nombre de patients soumis à une tri-thérapie anti-rétrovirale, ce qui aurait pu permettre l’extrapoler le nombre de cas effectifs. Ces statistiques restent du domaine discrétionnaire des gouvernements des pays concernés, en majorité en Afrique, mais égalent en Asie du sud-est et en Amérique latine. Il est impératif pour l’opinion tant des pays concernés que de l’opinion mondiale de ne pas divulguer ces données car alors la peur deviendrait totalement incontrôlable. Des estimations circulent parfois mais restent fragmentaires. Elles font état d’un demi- à un million de morts chaque année. En effet les sujets séro-positifs sous traitement chimio-thérapique quotidien peuvent toujours transmettre le virus car la charge virale n’est pas nulle. La grande peur que pourrait susciter de telles informations est donc soigneusement sous contrôle.

La nouvelle peur du coronavirus-millésime 2019, un avatar plutôt moins agressif que son prédécesseur le SRAS, n’entre pas exactement dans le même registre. Hormis le SIDA, la peur ultime si les vraies statistiques étaient rendues publiques, il faut néanmoins de plus en plus de peur et de plus en plus souvent pour maintenir la population dans cette espèce de torpeur qui annihile toute espèce de réaction. Cette fois-ci la peur a été tellement bien organisée qu’elle va impacter l’économie mondiale et en particulier celle de la Chine sachant que comme toute grippe saisonnière elle s’évanouira d’elle-même. L’organisation de cette peur est allée trop loin dans son caractère extrême qui n’a pas lieu d’être. Et encore une fois la peur servira de prétexte pour rogner la liberté des citoyens et pour leur vider les poches car il « faudra bien faire quelque chose » comme pour le climat, comme pour la biodiversité, comme pour les pesticides, etc …

Restent les peurs que l’on peut qualifier d’anecdotiques et auxquelles personne n’adhère vraiment comme par exemple la chute d’un gros météorite qui effacerait toute vie sur la planète ou l’arrivée d’extra-terrestres, ce qui est encore du domaine de la science-fiction. On vit dans un monde étrange et dangereux non pas à cause du changement du climat, de l’énergie nucléaire, de la soi-disant perte de biodiversité, des dangers du progrès et que sais-je encore, mais parce que des puissances occultes manipulent l’opinion pour accélérer la paupérisation des peuples au profit des quelques 0,01 % qui dirigent déjà l’ensemble de l’humanité. Et ça c’est terrifiant !

7 réflexions au sujet de « La peur : une valeur monnayable depuis le XIe siècle. »

  1. Je me permet de supputer que la peur du COVID19 va calmer ces crétins supports de la jeune gourdasse légèrement obèse. Ce qui ne va pas empêcher ces abrutis de nous souhaiter le COVID20.
    On les remerciera pas.

    • J’ose souhaiter que les deux cas positifs détectés à l’Assemblée Nationale ont contaminé l’ensemble de tous ces parasites inutiles et que la moitié – au moins – d’entre eux ira alimenter les fours crématoires pour qu’on n’entendre définitivement plus parler d’eux …

  2. bonjour, j’adore vous lire et ne m’en lasse pas. Ceci posé, cette conclusion sur les 0,01% de puissants, de riches… me déçoit un peu. je sais bien qu’il s’agit d’un racisme autorisé que celui qui consiste à haïr les riches du fait de leur condition mais cette fin gâche un peu votre analyse. En quoi les riches et les puissants organiseraient ils la peur ? elle est un constituant de la nature humaine. Le terreau et l’engrais, c’est internet qui, à la façon de l’imprimerie antan, bouscule la donne mais tout cela s’apaisera. L’humain est parfois médiocre mais quant à imaginer une caste organisant des complots… Tout le monde pioche avidement dans le tonneau des peurs, riches, pauvres, puissants et anonymes… On compare souvent les « climatosceptiques » à des adeptes de la théorie du complot. Le RCA est une aubaine, et puis voilà, providentielle pour tous les interventionnistes. Mais complot : le communisme en était-il un ? Denis Dupuy, chirurgien écrivain

    • Dans les 0,01 % il faut inclure les organismes financiers, les hedge funds et les assets managements. Ces organismes gèrent l’argent des grandes fortunes et également les fonds souverains et les fonds de pension. Ceci signifie que l’ensemble de l’économie repose sur des flux de capitaux à la milli-seconde près. Il y a aussi de très bonnes raisons d’avoir peur de ce sytème global mis en place depuis la fin des années 1980.

  3. « Le nucléaire civil n’a jamais tué personne » dites vous. Serait un début d’alzheimer ??
    A part çà je suis pour le nucléaire mais n’oublie pas les accidents qui ont tué pas mal de monde.

    • Il y a eu des morts sur le site de Tchernobyl à la suite d’irradiations massives lors de l’explosion du réacteur, je le reconnais. Il s’agissait des premiers intervenants sur le site pour maîtriser l’incendie mais par la suite personne ne connaît exactement le nombre de décès provoqués par les retombées radioactives. Je rappelle que l’accident de Tchernobyl fut provoqué par une erreur humaine ainsi que celui de Three Miles Island.

  4. Je propose de décréter le covid-19 « grande peur nationales 2020 ».
    PS : et Jean-Paul II qui disait en 1998 ; « N’ayez pas peur », serait-il traité d’inconscient criminel aujourd’hui ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s