OGMs : mise au point au sujet du maïs

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Alors que 19 pays européens se plient aux injonctions de l’administration de Bruxelles et du Parlement européen de Strasbourg notoirement rongés de l’intérieur par les lobbys écologistes les plus radicaux du monde en ce qui concerne la culture des plantes génétiquement modifiés, mais aussi dans bien d’autres domaines, il est nécessaire de rappeler la réalité en ce qui concerne les OGMs et plus particulièrement le maïs. Voici les faits près de 35 ans après l’introduction commerciale en 1996 des plantes transgéniques par la société Monsanto – mais bien d’autres entreprises suivront – Monsanto qui a focalisé les récriminations infondées de ces activistes ignorants des subtilités biologiques ayant conduit à la création de ces plantes transgéniques de grande culture. Depuis leur introduction en 1996 les plantes génétiquement modifiées ont été adoptées par de nombreux pays devenant la biotechnologie la plus rapidement adoptée dans le monde. Leur culture est passée de 1,7 millions d’hectare au début de 1997 à 185 millions d’hectares en 2016 représentant 12 % de la production globale agricole, la moitié se trouvant dans les pays développés. En 2016 les différents traits introduits par transgénèse dans les principales cultures concernées – soja, maïs, colza et coton – sont la tolérance aux herbicides, 96 millions d’hectares soit 53 % des surfaces cultivées avec des plantes transgéniques, la résistance aux insectes : 25 millions d’hectares (14 % de cette surface cultivée) et ces deux traits combinés pour 58,5 millions d’hectares soit 33 % de la surface cultivée d’OGMs.

Malgré les milliers d’études réalisées et indépendantes des principaux producteurs de plantes transgéniques, il reste encore 38 pays dans le monde, dont 19 en Europe, qui ont officiellement interdit la culture de plantes génétiquement modifiées bien que ces pays n’aient pas prohibé l’importation d’aliments pour les êtres humains ou les animaux provenant de plantes elles-mêmes transgéniques, une situation pour le moins paradoxale. Le maïs, après le soja, est la seconde culture transgénique qui a fait l’objet du plus grand nombre d’études détaillées. Environ un tiers de la production de maïs dans le monde est d’origine transgénique. Il y a trente-trois millions d’hectares de maïs transgénique aux USA sur les 53 millions au total dans le monde soit un tiers de tout le maïs cultivé dans le monde sur 185 millions d’hectares. Le maïs transgénique a donc un bel avenir devant lui. Le chiffre d’affaire réalisé pour le seul maïs transgénique dans le monde est estimé à environ (2016) 8 milliards de dollars.

Depuis que les premiers maïs transgéniques ont été autorisés plus de 6000 publications scientifiques ont examiné en détail les avantages mais aussi les inconvénients de ces plantes. Il faut rappeler que dans la plus grande majorité des cas les semences de maïs commercialisées – transgéniques ou non – sont aujourd’hui des hybrides dits F1 qui permettent de combiner un trait génétique introduit et d’autres phénotypes permettant une optimisation des rendements ou une résistance à des conditions hydriques particulières. Les grands semenciers, souvent créateurs de ces plantes génétiquement modifiées, ont donc rendu captifs leurs clients c’est-à-dire les cultivateurs car sans ces hybrides de première génération ceux-ci ne seraient pas satisfaits économiquement des rendements des cultures.

Il existe selon une revue de ces 6000 publications pour la plus grande majorité conduites indépendamment des semenciers tels que Pioneer ou Monsanto des avantages ignorés des politiciens et des activistes écologistes qui ne cessent de décrier les plantes transgéniques. La résistance aux insectes ravageurs obtenue par l’introduction du gène codant pour la toxine Bt a permis, au delà d’une réduction considérable de l’épandage d’insecticides, de réduire presque totalement les risque d’apparition d’aflatoxines provoquées par des infections fongiques favorisées par la dégradation des grains par les insectes. Les risques de présence d’aflatoxines, des composés chimiques toxiques pour le foie et cancérigènes reconnus, sont diminués dans une proportion supérieure à 98 % par rapport à des plantes non génétiquement modifiées même traitées avec des insecticides plusieurs fois au cours de la saison de croissance.

En ce qui concerne strictement le coût et le rendement des récoltes de maïs peu d’études ont synthétisé l’ensemble des coûts ni établi de comparaisons détaillées avec des cultures identiques de cultivars non génétiquement modifiés. En effet, ce type d’étude est délicat car il est multi-factoriel. Ces études ont surtout consisté à comparer les rendements par hectare et il ressort que ces rendements oscillent autour de 18 % d’augmentation par rapport à des maïs transgéniques en comparaison de maïs conventionnels, plus précisément entre 5,6 et 24,5 % selon le type d’hybride concerné et dans des conditions de culture optimales. Pour les maïs génétiquement modifiés pour être résistants aux insectes (toxine Bt) l’amélioration est en général de 18 % également hormis les coûts des traitements à l’aide d’insecticides, les coûts des traitements chimiques n’ayant pas été pris en considération dans ces études.

Par contre tous ces travaux ont fait ressortir que les chutes de rendements des productions de maïs non génétiquement modifiés étaient généralement de 31 % par rapport aux maïs « Bt » et en moyenne de 10,5 % pour les maïs résistants aux herbicides, en l’occurence le glyphosate. Trente-et-un pour cent, économiquement parlant, c’est loin d’être négligeable mais encore une fois toutes ces études n’ont pas tenu compte des épandages répétés d’insecticides dans le cas des maïs non « Bt ».

Enfin une autre préoccupation des opposants aux plantes transgéniques concernait une modification de l’équilibre biologique des sols. Selon ces études il n’en est rien. Aucune modification significative des sols n’a pu être constatée ni aucun effet sur la fixation de carbone par les fanes de maïs laissées au champ. N’importe quel lecteur anglophone de mon blog peut se reporter à l’article dont il est fait référence dans ce billet et qui est libre d’accès :

Scientific Reports doi : 10.1038/s41598-018-21284-2

9 réflexions au sujet de « OGMs : mise au point au sujet du maïs »

  1. Bonjour
    Vous rapportez que la production de Bt pour la régulation des attaques d’insectes induit une réduction de 98 % des contaminations en aflatoxines dues aux altérations fongiques des grains par les insectes.
    Je trouve ce chiffre important: la publication de référence indique t’elle à quelle type de conduite culturale ce chiffre se rapporte : le témoin non traité ? Et quelle est la part moyenne de grains contaminés à la récolte et dans les sillos en situation « normale » ?
    Cordialement

  2. Il est très dommage que ces près de 200 million d’hectares ne concernent que des solutions qui permettent de se passer de tel ou tel pesticide car si les OGM avaient concerné l’amélioration des aliments ( goût, augmentation des substances bénéfiques ou au contraire réduction des substances toxiques…) le consommateur aurait obtenu des bénéfices et il aurait pu faire le  » trade offf ».
    Monsanto étant un acteur quasi nul en agrochimie ( excepté le glyphosate) il a cherché comme source de croissance à remplacer les pesticides des grands agrochimistes par ses semences OGM…. pour son plus grand bien mais pour le plus grand malheur de cette technologie.Le pire est que les anti pesticides ( pour le bio) sont aussi anti OGM. bad luck.

  3. Les maïs Bt (résistance aux insectes) ne représentent que 10% des cultures. Pour les 90% restant ce sont des maïs résistants aux herbicides.
    Avec l’apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate, les maïs résistants permettent un épandage de saloperies de plus en plus massif. Aucun intérêt.
    Avec les maïs Bt, les premières résistances sont également apparues chez les insectes. Le problème est tellement problématique que les fournisseurs de semences sont les premiers à réclamer aux agriculteurs de ne pas semer 100% de maïs Bt pour éviter que les insectes ne soient confrontés uniquement à des maïs Bt et que les résistances ne se diffusent trop rapidement. Si tel était le cas plus aucune culture ne pourrait être traitée, ni en conventionnel, ni en bio, et les maïs Bt deviendraient totalement inutiles. Donc là encore, aucun intérêt.

    • la résistance est un phénomène normal et cela ne condamne pas la technologie. Il est normal qu’elle concerne aussi les OGM.Pour limiter la pression de sélection il faut combiner les techniques et ne pas toujours employer la même molécule ( ou plutôt même famille chimique) ou le même gène ( BT ou autre). Un élément de plus pou encourager les recherches pour mettre sur le marché de nouvelles molécules/gènes.

  4. Parmi les productions bénéfiques issues des OGM, on peut également citer les substances médicales ou biologiques issues de cultures de micro-organismes génétiquement modifiés : on y trouve l’insuline, le facteur VII, l’hormone de croissance, les enzymes industrielles (protéases et lipases…les « enzymes gloutons » de nos lessives), les enzymes pour la coagulation du lait, etc…
    Ca fait beaucoup de chiffre d’affaire (un des leaders du secteur est la société danoise Novo) et cela montre que si le fait de bricoler le génome d’un organisme vivant était aussi dangereux que cela, on ne les utiliserait pas comme produits injectables ou comme auxiliaires de fabrications alimentaires.
    Les dernières recherches couronnées de succès sur les productions végétales GM se déroulent à l’université de l’Ilinois, où des biochimistes ont réussi à bricoler le génome de plants de tabac pour lui permettre d’être plus efficace dans sa photosynthèse (par amélioration de l’activité enzymatique de la Rubisco) et les essais en champs ont montré une hausse des rendements de 40 %. C’est énorme.
    Ces chercheurs espèrent pouvoir transférer ces résultats au soja, aux céréales, à la tomate et à la pomme de terre.
    Avec la technologie CRISPR-Cas9 (qui permet de faire de la microchirurgie dans l’ADN), il est clair qu’on a les moyens aujourd’hui de développer de façon exponentielle les recherches et les résultats sur l’amélioration des plantes.

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