OGMs : mise au point au sujet du maïs

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Alors que 19 pays européens se plient aux injonctions de l’administration de Bruxelles et du Parlement européen de Strasbourg notoirement rongés de l’intérieur par les lobbys écologistes les plus radicaux du monde en ce qui concerne la culture des plantes génétiquement modifiés, mais aussi dans bien d’autres domaines, il est nécessaire de rappeler la réalité en ce qui concerne les OGMs et plus particulièrement le maïs. Voici les faits près de 35 ans après l’introduction commerciale en 1996 des plantes transgéniques par la société Monsanto – mais bien d’autres entreprises suivront – Monsanto qui a focalisé les récriminations infondées de ces activistes ignorants des subtilités biologiques ayant conduit à la création de ces plantes transgéniques de grande culture. Depuis leur introduction en 1996 les plantes génétiquement modifiées ont été adoptées par de nombreux pays devenant la biotechnologie la plus rapidement adoptée dans le monde. Leur culture est passée de 1,7 millions d’hectare au début de 1997 à 185 millions d’hectares en 2016 représentant 12 % de la production globale agricole, la moitié se trouvant dans les pays développés. En 2016 les différents traits introduits par transgénèse dans les principales cultures concernées – soja, maïs, colza et coton – sont la tolérance aux herbicides, 96 millions d’hectares soit 53 % des surfaces cultivées avec des plantes transgéniques, la résistance aux insectes : 25 millions d’hectares (14 % de cette surface cultivée) et ces deux traits combinés pour 58,5 millions d’hectares soit 33 % de la surface cultivée d’OGMs.

Malgré les milliers d’études réalisées et indépendantes des principaux producteurs de plantes transgéniques, il reste encore 38 pays dans le monde, dont 19 en Europe, qui ont officiellement interdit la culture de plantes génétiquement modifiées bien que ces pays n’aient pas prohibé l’importation d’aliments pour les êtres humains ou les animaux provenant de plantes elles-mêmes transgéniques, une situation pour le moins paradoxale. Le maïs, après le soja, est la seconde culture transgénique qui a fait l’objet du plus grand nombre d’études détaillées. Environ un tiers de la production de maïs dans le monde est d’origine transgénique. Il y a trente-trois millions d’hectares de maïs transgénique aux USA sur les 53 millions au total dans le monde soit un tiers de tout le maïs cultivé dans le monde sur 185 millions d’hectares. Le maïs transgénique a donc un bel avenir devant lui. Le chiffre d’affaire réalisé pour le seul maïs transgénique dans le monde est estimé à environ (2016) 8 milliards de dollars.

Depuis que les premiers maïs transgéniques ont été autorisés plus de 6000 publications scientifiques ont examiné en détail les avantages mais aussi les inconvénients de ces plantes. Il faut rappeler que dans la plus grande majorité des cas les semences de maïs commercialisées – transgéniques ou non – sont aujourd’hui des hybrides dits F1 qui permettent de combiner un trait génétique introduit et d’autres phénotypes permettant une optimisation des rendements ou une résistance à des conditions hydriques particulières. Les grands semenciers, souvent créateurs de ces plantes génétiquement modifiées, ont donc rendu captifs leurs clients c’est-à-dire les cultivateurs car sans ces hybrides de première génération ceux-ci ne seraient pas satisfaits économiquement des rendements des cultures.

Il existe selon une revue de ces 6000 publications pour la plus grande majorité conduites indépendamment des semenciers tels que Pioneer ou Monsanto des avantages ignorés des politiciens et des activistes écologistes qui ne cessent de décrier les plantes transgéniques. La résistance aux insectes ravageurs obtenue par l’introduction du gène codant pour la toxine Bt a permis, au delà d’une réduction considérable de l’épandage d’insecticides, de réduire presque totalement les risque d’apparition d’aflatoxines provoquées par des infections fongiques favorisées par la dégradation des grains par les insectes. Les risques de présence d’aflatoxines, des composés chimiques toxiques pour le foie et cancérigènes reconnus, sont diminués dans une proportion supérieure à 98 % par rapport à des plantes non génétiquement modifiées même traitées avec des insecticides plusieurs fois au cours de la saison de croissance.

En ce qui concerne strictement le coût et le rendement des récoltes de maïs peu d’études ont synthétisé l’ensemble des coûts ni établi de comparaisons détaillées avec des cultures identiques de cultivars non génétiquement modifiés. En effet, ce type d’étude est délicat car il est multi-factoriel. Ces études ont surtout consisté à comparer les rendements par hectare et il ressort que ces rendements oscillent autour de 18 % d’augmentation par rapport à des maïs transgéniques en comparaison de maïs conventionnels, plus précisément entre 5,6 et 24,5 % selon le type d’hybride concerné et dans des conditions de culture optimales. Pour les maïs génétiquement modifiés pour être résistants aux insectes (toxine Bt) l’amélioration est en général de 18 % également hormis les coûts des traitements à l’aide d’insecticides, les coûts des traitements chimiques n’ayant pas été pris en considération dans ces études.

Par contre tous ces travaux ont fait ressortir que les chutes de rendements des productions de maïs non génétiquement modifiés étaient généralement de 31 % par rapport aux maïs « Bt » et en moyenne de 10,5 % pour les maïs résistants aux herbicides, en l’occurence le glyphosate. Trente-et-un pour cent, économiquement parlant, c’est loin d’être négligeable mais encore une fois toutes ces études n’ont pas tenu compte des épandages répétés d’insecticides dans le cas des maïs non « Bt ».

Enfin une autre préoccupation des opposants aux plantes transgéniques concernait une modification de l’équilibre biologique des sols. Selon ces études il n’en est rien. Aucune modification significative des sols n’a pu être constatée ni aucun effet sur la fixation de carbone par les fanes de maïs laissées au champ. N’importe quel lecteur anglophone de mon blog peut se reporter à l’article dont il est fait référence dans ce billet et qui est libre d’accès :

Scientific Reports doi : 10.1038/s41598-018-21284-2

Dans le marché des céréales l’éthique n’est pas de mise …

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La France va nourrir ses cochons et ses bêtes à corne avec du blé tendre, du moins en partie seulement … C’est une première qui est passée inaperçue dans les médias main-stream et c’est malheureusement la réalité. La production européenne est excédentaire depuis plusieurs années et les stocks n’ont jamais été aussi élevés, les silos portuaires sont pleins. Il en résulte que le prix du blé est passé de 228 dollars la tonne (métrique) début mars 2015 à 178 dollars fin août à la bourse de Chicago. Le cours du maïs s’est relativement maintenu durant la même période oscillant autour de 175 dollars la tonne métrique en mars dernier pour revenir à 163 dollars fin août. Au port de La Pallice (France) le blé tendre se négocie sur le marché à 162 euros la tonne alors que le maïs se négocie à Bordeaux à 156 euros la tonne. On constate donc une tendance baissière sur le blé tendre qui a conduit les fabricants d’aliments pour bovins et porcins à négocier des ristournes sur le marché à terme du blé leur permettant à coûts égaux d’incorporer jusqu’à 30 % de blé tendre dans les aliments pour bétail en remplacement d’une partie du maïs et du soja dont la cote est de l’ordre de 300 dollars la tonne métrique.

Autant dire que les fabricants d’aliments pour bétail se frottent les mains puisqu’ils vont réaliser de substantielles économies sur les matière premières sans pour autant revoir leurs prix à la baisse arguant du fait que le blé est plus riche en protéines que le maïs. Tout cela est-il bien moral ? Certes, c’est moins immoral que de produire de l’alcool à partir du blé pour l’utiliser comme carburant mais quand on sait que l’Algérie vient de passer une commande pour 650000 tonnes de blé tendre au prix à terme (décembre) de 179,75 euros la tonne, on peut se poser de réelles questions. Le blé tendre pour la population algérienne, départ de La Pallice, est plus cher que ce même blé pour nourrir les cochons et les bœufs français. Si on mentionne enfin que les céréaliers français perçoivent des aides de l’Union Européenne on aura tout compris : il ne faut surtout pas faire de sentiments en affaire et laisser la morale et l’éthique de côté : les profits sont toujours bons à prendre.

Source : Bloomberg et www.terre-net.fr/marché-agricole/

« Crise » climatique, épisode 10 : Et si le mouvement écolo-malthusien avait tout faux ?

L’idée force des écologistes est qu’il y a trop de bouches à nourrir sur la planète Terre qui offre des ressources limitées. Il est donc impératif d’effectuer un tournant décisif soit vers une limitation autoritaire des naissances dans le plus pur esprit malthusien (revoir le billet du 25 septembre de ce blog), soit, ce qui à terme revient au même, réduire l’énergie disponible ou en augmenter le coût, car tel est là le vrai débat. Ce n’est pas un hasard si ce débat a dévié vers le changement climatique toujours hypothétique car il s’agit d’un alibi merveilleux pour les écolo-malthusiens afin de mettre en œuvre leur idéologie totalitaire. Leur raisonnement simpliste et teinté de sophismes que je me permets de rappeler ici est le suivant : il y a trop de monde sur la Terre et cette population pléthorique émet des gaz à « effet de serre » et par voie de conséquence le climat se dérègle. Il faut donc développer des énergies renouvelables exemptes de carbone, faire payer le prix fort cette énergie et ainsi la croissance économique diminuera ainsi que la croissance de la population. On préservera alors les ressources finies de la planète pour les générations futures et on sauvera le climat, les forêts, les grenouilles, les herbes folles, les glaciers, les papillons et les petits oiseaux …

Ce montage idéologique est, malheureusement pour les écologistes, totalement faux et le but de ce billet est de le démontrer en s’inspirant largement de l’exemple des USA. Cet exemple est d’ailleurs parfaitement approprié car les USA sont le premier émetteur de carbone du monde et la population du pays continue à croître grâce à l’immigration malgré un taux de fertilité global de 1,86 naissances par couple. Il faut donc examiner point par point les faits plutôt que de déclarer que la planète et son climat sont en péril sur la base d’un a priori idéologique infondé.

Considérons comme premier fait les forêts. Depuis le milieu du XIXe siècle les forêts ont cessé de décroître en raison de l’usage du charbon puis du gaz de ville autrement appelé « gaz à l’eau » et enfin du pétrole et du gaz naturel. Aux USA l’arrêt de la déforestation débuta aux alentours de 1900 quand on inventa la créosote pour éviter que les traverses de chemin de fer ne pourrissent en quelques années. En Europe, les forêts étaient encore utilisées pour cuire le pain et se chauffer mais au cours des années 20 et 30, le gaz de ville fut jugé plus facilement utilisable que le bois par les boulangers des grandes villes et la demande en bois déclina. De même le chauffage domestique fit de plus en plus appel au charbon. Aujourd’hui si Franklin Roosevelt revenait se promener en Pennsylvanie ou dans le Connecticut il ne reconnaîtrait pas les paysages car ils sont maintenant recouverts de grands arbres … L’exploitation des forêts obéit à la loi fondamentale du commerce, celle de l’offre et de la demande. Quand l’offre fut remplacée par le gaz et le charbon les coupes claires des forêts nord-américaines cessèrent et aujourd’hui le mouvement s’amplifie en raison de la diminution de la surface des exploitations agricoles pour des raisons qui seront exposées ci-après.

La principale utilisation du bois reste aujourd’hui le papier-carton et le recyclage de mieux en mieux organisé a depuis une dizaine d’années permis un arrêt de la progression de l’utilisation du bois dans ce domaine. Enfin la généralisation du courrier électronique a également contribué à cette stabilisation. On a donc atteint un pic d’utilisation du bois et la déforestation tant redoutée des écologistes n’est qu’une apparence. En effet pour un hectare de forêt naturelle remplacée par une plantation, les rendements permettent rapidement d’économiser deux hectares de cette forêt naturelle. C’est le cas au Brésil où les eucalyptus destinés à la pâte à papier remplacent la forêt primaire et produisent 9 fois plus de bois que cette dernière ! Enfin les arbres génétiquement modifiés pour ne plus fleurir chaque année peuvent encore ajouter 30 % d’amélioration au rendement forestier :

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(Sources : FAO, 2013 et World Bank, 2012)

En France, l’INRA était très directement impliquée dans la mise au point de peupliers transgéniques stériles qui poussaient presque deux fois plus vite que les peupliers normaux en vue de réduire significativement l’exploitation des forêts pour produire de la pâte à papier. Les travaux ont brutalement cessé à la suite de destructions répétées d’essais en grandeur nature et à la suite du tarissement des crédits de recherche sur ordre du Ministère de l’Écologie, belle illustration de l’absurdité de l’idéologie écologiste !

Prenons maintenant l’exemple de l’agriculture et de l’élevage. La situation est encore plus évidente. Pour le maïs aux USA, entre 1900 et aujourd’hui la production a été multipliée par 6 alors que la surface plantée à diminué de 20 %. De fait la production de maïs surpasse en tonnage la totalité de toutes les autres cultures et élevages aux USA :
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(Source : US Census Bureau)

En ce qui concerne le maïs et son utilisation pour produire du « carburant vert » il s’agit largement d’une déviation réthorique à des fins de propagande. En effet, depuis l’interdiction du plomb-tétra-éthyle comme additif anti-cliquetage (je ne sais pas si c’est le terme exact), des dérivés synthétiques oxygénés ont d’abord été utilisés comme substituts aux dérivés organiques de plomb. Or la production de ces produits, entre autres le ter-butyl-éthyl-éther, se sont révélés beaucoup plus coûteux que l’alcool (éthanol) pour relever l’indice d’octane de l’essence. Ajouté dans une proportion de l’ordre de 10 % à l’essence de pétrole l’alcool produit massivement à partir d’amidon de maïs est maintenant utilisé comme agent anti-cliquetage dans tous les Etats des USA. La production d’alcool à partir de maïs ou encore de canne à sucre n’est donc pas du tout une démarche « écologique durable » mais elle entre dans la plus pure logique industrielle et financière :

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(Source : USDA Economic Research Service)

Pour la pomme de terre, la situation est identique, les rendements ont doublé entre 1970 et 2010 alors que les surfaces mises en culture ont diminué de 20 % et la production a de fait augmenté de 40 %. Ces évolutions ont permis de détourner la production de maïs vers l’alcool utilisé comme additif pour les carburants (voir supra). Il y a donc, comme pour le bois un découplage entre les surfaces utilisées et la production. On assiste exactement à la même tendance pour l’élevage.

Prosaïquement on peut dire que le bétail, les porcs et les poulets sont des « machines » à fabriquer de la viande à partir de productions agricoles. En prenant l’image du nombre de miles parcourus par une automobile avec un gallon d’essence, on peut faire la comparaison suivante : un bœuf ce serait 12 miles, un porc 40 et un poulet 60. La « machine » la plus efficace pour transformer des protéines végétales en viande est à l’évidence le poulet. C’est la raison pour laquelle les parts de marché du poulet on triplé aux USA depuis les années 1970 alors que la consommation de viande de bœuf a stagné durant la même période:

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(Source : USDA)

L’efficacité des élevages de poulet a par ailleurs permis de réduire les surfaces cultivées en maïs et en soja destinées à ces animaux. On assiste donc à un découplage général entre les besoins de la population en nourriture (ou en bois) et les surfaces arables (et arborables) exploitées. Cette tendance pourrait s’amplifier si on organisait correctement les circuits de distribution et si on revoyait le système législatif des dates de péremption complètement fantaisiste pour diminuer le gaspillage généralisé existant dans les pays de l’OCDE : il y a près d’un milliard d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim alors qu’il se gaspille annuellement 1,3 milliard de tonnes de nourriture dans ces pays, c’est-à-dire l’équivalent de la production agricole de l’Inde ! Le site californien Food Cowboy ( http://www.foodcowboy.com ) s’est spécialisé dans la redirection des aliments supposés périmés des supermarchés et des restaurants vers des organismes caritatifs offrant des repas aux plus démunis – car il y a aux USA près de 50 millions de personnes dépendant de la « soupe populaire » pour survivre sur 91 millions de chômeurs – on oublie trop souvent d’évoquer ce fait dans les statistiques concernant l’économie nord-américaine … L’Europe envisage très sérieusement de modifier les règlementations pour diminuer ce gaspillage scandaleux savamment organisé par les grands groupes de distribution alimentaire et on peut espérer que l’afflux récent et massif de réfugiés vers les pays européens accélérera ce processus. Si le problème du gaspillage était concrètement abordé alors le découplage entre l’utilisation des terres agricoles et les besoins de la population serait encore plus évident.

Pour en finir avec les secteurs agricoles, de l’élevage et du bois, il est important de mentionner dans ce processus de découplage le reverdissement de la planète (voir le lien) qui contribue au renforcement de ce dernier. On attribue ce reverdissement à un effet conjugué de l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique puisque ce gaz est le principal « aliment » des végétaux et à l’augmentation, certes infime, de la température moyenne de la planète, quelques fractions de degré seulement par an ces trente dernières années. Cette tendance est exprimée en grammes de carbone immobilisé par an et par mètre-carré et est donc loin d’être négligeable. Ce verdissement global et planétaire à quelques exceptions près est le phénomène écologique le plus important de ces trente dernières années et il est largement passé sous silence car il est la directe conséquence de l’augmentation du CO2 atmosphérique (source : voir le lien) :
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Un autre aspect du découplage entre l’accroissement de la population et l’utilisation des matières premières minérales s’explique par l’apparition par exemple des smartphones et de bien d’autres technologies dites à juste titre intelligentes. La figure ci-dessous est loin d’être anecdotique car elle explique à elle seule l’infléchissement de l’utilisation d’un grand nombre de matières premières industrielles, depuis le papier jusqu’au cadmium en passant par l’aluminium ou le cobalt :
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Parmi toutes les productions industrielles seule l’électricité et les matières plastiques ont continué à progresser en volume depuis la fin des années 70. Il y a donc encore ici un découplage évident. Quant à la mesure, certes approximative, de l’activité économique rapportée à deux marqueurs admis comme fiables, le CO2 et les oxydes de soufre émis dans l’atmosphère, encore une fois, au moins pour les USA, il y a un découplage évident avec la progression du produit intérieur brut comme on peut le voir dans ces représentations de Kuznets (en orangé) décrivant l’état de l’environnement :

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Les émissions de SO2 ont cessé de croître après les années 70 et les émissions de carbone ont atteint un plateau alors que pourtant la population des USA a augmenté de 80 millions depuis cette date. Il y a beaucoup à parier que le développement des véhicules automobiles électriques et hybrides accélérera cette évolution et ce découplage entre l’utilisation des ressources terrestres et le développement.

On se trouve donc devant des faits incontestables et les arguments écolo-malthusiens ne tiennent plus car à l’évidence ils s’appuient non pas sur des faits mais sur des affabulations idéologiques et la preuve se trouve ici ( http://www.europeanfinancialreview.com/?p=1096 ) :

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Contrairement à ce que prétendent les écolo-malthusiens, la population de la planète a tendance à se stabiliser. Certes il faudra encore attendre quelques années pour que l’augmentation de l’espérance de vie ne joue plus son rôle mais à relativement court terme la population mondiale diminuera. Des surfaces considérables de terres arables seront alors rendues à la nature … On est donc loin de l’alarmisme et du déficit planétaire relatif à l’utilisation des ressource de la Terre et loin également d’une possible perturbation climatique liée aux activités humaines.

Source : Bloomberg et Rockefeller University

http://www.biogeosciences.net/12/653/2015/ doi:10.5194/bg-12-653-2015

http://phe.rockefeller.edu/news/wp-content/uploads/2009/09/SulfurCarbonDecouplingFinal2.pdf

La biomasse, source d’énergie renouvelable ? Pas tant que ça !

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La biomasse, cette tarte à la crème si l’on peut parler ainsi de cette supposée source d’énergie considérée comme inépuisable, n’est pas aussi reluisante qu’on l’affirme en termes de rejets de CO2, ce gaz dangereux pour le climat dont on ne dit donc que du mal alors qu’il est aussi essentiel pour la photosynthèse que l’oxygène que l’on respire pour rester en vie. Inutile de faire encore un cours de biochimie. La biomasse, dans l’esprit des écologistes qui veulent à tout prix remplacer le pétrole, le charbon et l’uranium par du « renouvelable », c’est le bois, la paille, les fanes de maïs et de rutabaga, surtout le rutabaga puisqu’il n’y aura bientôt plus de maïs car celui-ci sert déjà de plus en plus à produire de l’éthanol pour faire rouler les voitures. En 2013 quarante pour cent du maïs nord-américain a été utilisé pour produire de l’éthanol, et donc on peut s’attendre à une aggravation mondiale du marché du maïs vers la hausse sachant que les USA produisent aussi 40 % du maïs mondial. Tout ça pour dire que les rutabagas ont un bel avenir devant eux ! Les rutabagas, alias topinambours me rappellent personnellement de mauvais souvenirs. Quand j’étais enfant, il m’arrivais de déterrer quelques tubercules de cette plante et de croquer avidement dans la chair blanche légèrement violacée et sucrée sachant pourtant que je souffrirais de violents maux de ventre quelques heures plus tard.

Les fanes de nombreuses cultures vivrières constituent donc une source d’éthanol moins immorale que le maïs, encore que … Imaginons que les Japonais produisent de l’éthanol avec leur riz qui est pour eux comme un dieu, imaginons les Français convertissant 80 % de la production de vin en alcool, tout ça pour remplir les réservoirs des voitures … mais comme c’est renouvelable, c’est politiquement correct de se lancer dans des projets de ce genre. La biomasse est un terme vague qui englobe le lisier de porc, les bouses de vache et le fumier, des trucs qui puent déjà au départ et avec lesquels on peut produire du méthane qui est chargé en produits soufrés et qu’il faut purifier soigneusement avant de l’utiliser. La biomasse c’est aussi les copeaux de bois ou la sciure avec les fanes des cultures, dont les rutabagas et la paille. Mais faire de l’éthanol avec ces déchets n’est pas du tout simple même si sur le papier la cellulose et la lignine sont constituées de sucres, mais mettez de la sciure de bois dans de l’eau, ajoutez des levures, il ne se passera rien, alors qu’avec de la farine de maïs ou de toute autre céréale, la même tentative aboutit à un jus alcoolisé exploitable facilement à peu de frais.

Les résidus ligneux doivent être convertis en sucres susceptibles d’être consommés par les levures pour produire de l’alcool. Ce processus dégage du CO2 – ça les écolos oublient d’en parler, c’est dérangeant – selon l’équation chimique ci-dessous qui schématise la fermentation alcoolique :

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Si on englobe l’énergie nécessaire pour hydrolyser les résidus ligneux avec de l’acide sulfurique, les traitements catalytiques et enzymatiques nécessaires pour rendre ensuite ces sucres fermentescibles, la note est plutôt douloureuse et de nombreuses études ont clairement montré que les biocarburants produits par cette filière émettent globalement, y compris la combustion finale de l’alcool par le moteur d’une voiture, 7 % de CO2 de plus que de l’essence traditionnelle obtenue à partir du pétrole. Ces 7 % sont obtenus dans la situation la plus optimiste consistant à produire de l’alcool à partir de biomasse dans une région de culture intensive, par exemple de maïs, afin de minimiser au mieux les coûts d’acheminement des fanes et des rafles. C’est un peu comme les sucreries qui se trouvent dans les régions productrices de betteraves et non pas à des centaines de kilomètres ou les distilleries dans les îles qui sont toutes situées au beau milieu des champs de cannes à sucre, ce qui est par exemple le cas aussi au Brésil, premier producteur d’éthanol du monde. Toutes les études réalisées sur le bilan carbone de l’utilisation de la biomasse (University of Nebraska-Lincoln, crédit photo de la même source) pour produire de l’éthanol sont défavorables mais rien n’arrêtera le mouvement puisqu’il en a été décidé ainsi pour épargner, soit dit en passant de manière totalement erronée, l’état de l’atmosphère. L’EPA (Environmental Protection Agency, USA) a édicté une contrainte qui stipule que la production de biocarburants à partir de biomasse agricole doit être de 60 % inférieure aux carburants issus du pétrole en terme de rejet global de CO2, combustion finale incluse. On est encore très loin de cet objectif !

Imposer par des mesures fiscales ou tarifaires les biocarburants a d’ors et déjà pour conséquence de voir une série de petites entreprises de raffinage de pétrole tout simplement mettre la clé sous la porte car l’adjonction d’un pourcentage (au moins 10 %, mais ce pourcentage varie selon les Etats américains) d’éthanol dans l’essence réduit à néant leur marge bénéficiaire déjà restreinte dans le meilleur des cas et ces raffineurs perdent chroniquement de l’argent. Tous les arguments idéologiques erronés des écologistes, en premier lieu Obama, ont conduit à la production massive d’éthanol à partir du maïs et les projections pour 2014 font frémir : les USA convertiront 5 milliards de boisseaux (35,2 litres soit 25,4 kg) de maïs, en termes compréhensibles 125 millions de tonnes, pour produire 13 milliards de gallons (3,78 litres) d’éthanol soit environ 50 millions de mètres cube (les puristes pourraient convertir en barils soit 315 millions de barils d’éthanol), ce qui ne représentera QUE 12 % de tout le carburant utilisé sur le territoire américain. Mais les conséquences sur le marché mondial du maïs seront gigantesques pour peu que se greffe une mauvaise récolte dont la cause sera naturellement attribuée immédiatement au changement climatique. Il faut se souvenir que les cours du maïs fixent aussi ceux du lait, du fromage, des œufs, de la viande, des sirops de sucre et des autres céréales, or les réserves mondiales de céréales couvraient au début de ce mois d’avril 2014 à peine deux mois de consommation, le plus bas niveau depuis 30 ans.

Puisque les écologistes sont si soucieux de l’environnement, ils devraient admettre que la culture du maïs orientée vers l’éthanol, et qui est lourdement subventionnée par l’administration Obama, a aussi pour effet de fragiliser les sols et de détruire en grande partie les haies qui avaient été à grand peine reconstituées pour réduire l’érosion afin d’augmenter la production. Mais au Brésil, c’est bien pire. L’appât du gain a eu pour résultat la destruction pure et simple de millions d’hectares de forêt pour planter de la canne à sucre et du soja dans le but de produire des agrocarburants. Une étude réalisée à l’Université de Sao Paulo a montré que l’effet sur l’empreinte carbone globale était catastrophique : tout l’éthanol produit après la destruction des forêts émet globalement 50 % de carbone de plus dans l’atmosphère que les carburants classiques dérivés du pétrole. Qu’à cela ne tienne, le Brésil, à la recherche de cash, exporte de l’éthanol, tant pis pour la forêt amazonienne !

Que ce soient le maïs ou la canne à sucre qui produisent facilement un éthanol à un prix abordable ou l’utilisation des déchets agricoles et forestiers qui constituent une aberration économique, ces choix ont été fait dans la précipitation, une conséquence de la peur du réchauffement climatique profondément ancrée dans la tête des politiciens par les experts de l’IPCC, une précipitation injustifiée en terme de préservation de l’environnement alors que l’arrivée au stade industriel d’algues et de bactéries génétiquement modifiées permettra, dans un très proche avenir et à moindre coût et surtout sans monopoliser des terres noblement destinées à l’alimentation humaine et animale, de produire un biodiesel satisfaisant. Mais encore une fois ce sont les pays dont les ressources agricoles sont limitées, en particulier les pays pauvres, qui subiront les contre-coups de plein fouet de ces politiques absurdes et criminelles.

Sources : University of Nebraska-Lincoln et Forbes Magazine

Effet pervers des énergies « vertes »

 

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Aux USA, la première utilisation du maïs est la production d’éthanol puisque la loi oblige les compagnies distributrices de carburant destiné aux automobiles à ajouter cet éthanol au carburant d’origine pétrolière. Ce fut le cas de 2010 à 2012 et cette année 2013 a revu l’utilisation « normale » du maïs redevenir très légèrement majoritaire. Ces dispositions législatives ont eu pour conséquence de maintenir un cours élevé pour le maïs pour la plus grande satisfaction des fermiers et des semenciers, on ne peut pas en douter et on ne peut pas non plus les blâmer. Le maïs contribue donc à un allègement de la facture pétrolière américaine, les statistiques du Département du Commerce le prouvent sans ambiguité. Tout le monde est content, y compris les écologistes.

Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui s’est passé en trois ans dans des Etats comme le Dakota du Sud ou le Nebraska qui sont traditionnellement des régions d’élevage extensif, c’est-à-dire de troupeaux auxquels est offert l’immensité des prairies naturelles en pâture. Or les fermiers, attirés par les revenus substantiels que leur procure le maïs destiné à l’éthanol (un peu plus de 1200 dollars par hectare) ont transformé en trois ans environ 500 000 hectares de prairies en culture de maïs. Certes, ils gagnent plus d’argent puisque les cours du maïs sont maintenus artificiellement attractifs, mais pour l’environnement c’est catastrophique. Dans un premier temps, la mise en culture de ces prairies d’herbes hautes libère d’énormes quantités de carbone immobilisé sous forme d’herbages, y compris les racines, les biotopes sont complètement détruits et les risques d’érosion considérablement amplifiés sans parler d’une disparition des plantes natives et de la vie sauvage. Une catastrophe qui conduit à un bilan « carbone » bien pire que ce que pourtant le législateur espérait ou avait imaginé dans son bureau feutré du Département de l’Energie à Washington.

Depuis l’élection d’Obama dont l’administration a rendu obligatoire l’utilisation d’éthanol pour les voitures, ce sont plus de 2 millions d’hectares de prairies qui ont disparu, normal puisque le prix du maïs a doublé entre 2007 et 2008. Les fermiers nord-américains s’exposent de nouveau au risque d’un nouveau « dust bowl » consécutif à l’agriculture extensive dans les grandes plaines du Texas au Nebraska dans la seconde moitié des années trente particulièrement humides suivies juste après la grande dépression de plusieurs années consécutives de sécheresse jusqu’en 1935, variations climatiques obligent. Près de trois millions d’agriculteurs se retrouvèrent complètement ruinés, ils avaient littéralement perdu leur terre grignotée sur les prairies et emportée par le vent jusqu’à la cote est.

C’est ce genre de scénario apocalyptique que les écologistes réservent à ceux qui les écoutent béatement pour réaliser quelques profits à court terme. Bienvenue dans un monde meilleur où tout est vert et écolo-compatible !

Source: Associated Press, illustration Wikipedia

Où on reparle du glufosinate …

Le glyphosate, produit leader de Monsanto et matière active du RoundUp est l’une des bêtes noires des écologistes qui considèrent que ce produit est toxique, dangereux pour les animaux, les batraciens et les Martiens. On ne peut pas en vouloir à des ignorants qui refusent de considérer que le glyphosate bloque une activité enzymatique qui n’est présente que dans les plantes mais puisqu’il paraît que les bébés naissent dans les choux alors effectivement on peut se poser des questions sur l’innocuité du produit. Depuis sa mise sur le marché de nombreuses plantes ont acquis une résistance au glyphosate en modifiant l’enzyme cible afin qu’il ne soit plus inhibé par l’herbicide et cela pose de sérieux problèmes à Monsanto.

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Il n’en est rien avec un autre herbicide développé anciennement par Rhône-Poulenc et maintenant propriété de Bayer, le glufosinate, qui est structuralement proche du glyphosate mais atteint une cible totalement différente qui est aussi un enzyme essentiel du métabolisme de la plante. Il n’est actif que sur les plantes. Pour faire court, le glufosinate bloque l’activité d’un enzyme appelé glutamine synthétase dont le rôle est de piéger la moindre trace d’ammoniac apparaissant dans la cellule végétale au cours de processus variés de synthèse ou de dégradation. L’ammoniac est en effet un poison violent pour les cellules vivantes, les nôtres aussi, en perturbant le fragile équilibre de l’acidité de la cellule. Toute accumulation d’ammoniac provoque la mort cellulaire. Or depuis les quelques vingt années de tests variés puis d’utilisation à grande échelle de cet herbicide, jamais aucune résistance n’a pu être détectée de par le monde. Bayer a développé une série de plantes de grande culture, coton, colza, maïs, soja ou encore betterave à sucre résistantes à cette matière active en introduisant dans la plante un gène provenant d’un Streptomyces et codant pour le même enzyme mais qui est totalement insensible au glufosinate.

Glufosinate

Il s’agit des plantes LibertyLink dont la firme Pioneer (une division de Dupont) est licenciée exclusive aux USA. Il faut rappeler que Pioneer est rarement attaqué par les écologistes européens et pour cause, peu ou pas de plantes transgéniques de cette société sont cultivées en Europe, beaucoup d’hybrides de Pioneer le sont. Mais comme la résistance au glufosinate semble pouvoir être écartée conformément au retour d’expérience de Bayer, Pioneer a finalement obtenu le feu vert de la Commission Européenne pour commercialiser les semences hybrides F1 génétiquement modifiées et résistantes à cet herbicide concurrent direct du glyphosate.

Naturellement il faut s’attendre à une réaction véhémente et encore une fois infondée scientifiquement des écologistes qui feront tout pour bloquer une quelconque culture de maïs hybride LibertyLink proposé par Pioneer. Pour ces idéologues obscurantistes les plantes transgéniques sont dangereuses, sans autre forme de procès, un point c’est tout. C’est une sorte de dogme auquel il faut croire sans se poser d’autres questions comme par exemple de savoir ce qu’en pensent les agriculteurs qui voient les rendements de leurs cultures chuter à cause de l’apparition de mauvaises herbes comme par exemple l’ambroisie, un adventice particulièrement allergène dont on parle chaque année dans les médias. Mais non, c’est dangereux, il n’y a même pas matière à en débattre. D’ailleurs le gouvernement socialo-écolo-marxiste français affublé d’un ministre de l’environnement (et de l’énergie) ancien faucheur d’OGM soutenu par son pote Bové reconverti député européen feront tout pour barrer la moindre autorisation de mise en culture de ce maïs.

Encore une fois l’obscurantisme prendra le dessus sur la science …  

Toutes les plantes C4, l’avenir ! Oui, c’est possible

Je ne voudrais pas ennuyer mes lecteurs en leur imposant un cours de biochime végétale tout simplement pour leur expliquer que les scientifiques sont sur le point de faire une immense découverte qui ne peut être compréhensible que si jes les soumets à ce petit cours de biochimie végétale.

Les plantes sont équipées pour transformer les photons (la lumière) en énergie sous forme d’électrons qui servent à maintenir les réactions chimiques du métabolisme cellulaire, dont la fixation de gaz carbonique. Et comme on parle un peu trop souvent à mon goût de réchauffement climatique, cette découverte tombe à point nommé, non seulement pour que les plantes soient capables de capter plus de gaz carbonique, mais aussi de produire plus de récoltes pour nourrir plus d’êtres humains qui produiront aussi plus de gaz carbonique à effet de serre. Mais je m’égare. Revenons donc aux plantes. Elles utilisent deux systèmes principaux pour capter le gaz carbonique. L’un deux, dit C3 car mettant en jeu des molécules chimiques comprenant trois atomes de carbones, est primitif, utilisé par tous les arbres, le blé entre autres cultures vivrières importantes et 98 % des plantes. Ce procédé primitif date probablement de l’époque où le gaz carbonique était abondant dans l’atmosphère et l’oxygène comparativement moins abondant. Les plantes ont donc développé alors ce système primitif mais il présente un mauvais rendement car justement l’oxygène entre en compétition avec le gaz carbonique dans le processus de captage de ce dernier par la plante dite C3. Pour les curieux reportez-vous à Wikipedia (en anglais ou en français) dont voici le lien :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Photosynthèse#Le_m.C3.A9canisme_des_plantes_en_C4

Quelques plantes, dont le maïs, fonctionnent de manière différente et sont dites C4 parce qu’elles captent le gaz carbonique en deux étapes structuralement dissociées dans la feuille alors que ce n’est pas le cas pour les plantes C3 et la compétition entre l’oxygène et le gaz carbonique est réduite. D’où de meilleurs rendements, c’est évident, mais aussi une meilleure gestion de l’eau, car tout ce processus de captage du gaz carbonique fait « transpirer » la plante. L’apparition des plantes C4 date d’une quarantaine de millions d’années, c’est beaucoup certes, mais le carbonifère date de près de 400 millions d’années, justement à une époque où le gaz carbonique était abondant et ces plantes en C4 sont apparues justement parce que la quantité d’oxygène avait augmenté dans l’atmosphère. Les plantes en C4 fixent d’abord le CO2 à l’aide d’un enzyme spécifique sur le phospho-énol-pyruvate pour former de l’acide oxalo-acétique transformé en acide malique qui migre dans une autre partie de la feuille à l’abri de l’oxygène pour libérer le CO2 qui sera pris en charge par la RUBISCO dans le cycle de Benson-Calvin. Ca y est, je l’ai dit ! La rubisco est l’enzyme le plus abondant sur la planète mais il fonctionne très mal, sauf dans les plantes C4. On cherche à améliorer son rendement, mais la tâche est ardue  Ce qui pourrait l’être beaucoup moins serait d’intégrer aux plantes C3 les gènes qui ont conduit à cette compartimentation entre la fixation du gaz carbonique sur le phosho-énol-pyruvate et son intégration dans le cycle de Benson-Calvin. C’est ce à quoi se sont consacré des équipes de chercheurs financés par la fondation de Bill et Melinda Gates pour transformer le riz de C3 en C4 et des équipes de l’Université de Cornell, NY qui manipulent les gènes impliqués dans la structure compartimentée retrouvée dans les plantes C4 dite structure kranz ou en « festons » en français. Je n’invente rien ( http://www.news.cornell.edu/stories/Jan13/Scarecrow.html ) et pour bien illustrer mon propos, voici une image de cette structure dite kranz :

Kranz

Il est évident que les retombées économiques attendues de cette recherche sont immenses comme je l’ai dit au début de mon billet, tant pour fixer plus de CO2, les climato-alarmistes seront rassurés, que pour nourrir plus de monde avec des récoltes de riz et de blé 40 % plus abondantes et nécessitant moins d’eau d’irrigation. Cette fois si les anti-OGM continuent à s’insurger (en Europe) ils se tireront une balle dans le pied.