Covid-19 : Neil Ferguson, le Lyssenko libéral

Avertissement à l’intention de mes lecteurs. Ce billet est un copié-collé d’un article de Thierry Meyssan paru sur son site voltairenet.org. Meyssan est un journaliste d’investigation qui, s’il lui arrive de faire des erreurs de jugement, n’en fait pas moins son travail avec honnêteté. Il est un journaliste « free-lance » qui est donc indépendant et ne dépend pas des puissances financières qui ont vêtu d’une camisole l’ensemble des médias français et de bien d’autres pays européens dits « démocratiques ». Pour tenter de se faire une opinion sur n’importe quel fait de société il ne suffit certainement pas de se contenter de la lecture du Figaro ou du Monde et par conséquent de consentir à un asservissement idéologique. J’ose donc à nouveau m’en référer aux travaux d’investigation de Thierry Meyssan. Pour la bonne compréhension du texte de Meyssan des ajouts en caractères italiques ont été insérés.

Aux débuts de la Guerre froide, il était d’usage en Occident de se gausser de l’aveuglement des Soviétiques qui croyaient aux balivernes du professeur Trofim Lyssenko. Le Premier secrétaire du Parti, Joseph Staline, avait interdit l’enseignement de la génétique et utilisait Lyssenko pour justifier scientifiquement du marxisme, mais il n’en tirait aucune conséquence pratique. Aujourd’hui la même maladie mentale a atteint l’Occident. Le professeur Neil Ferguson assure que les statistiques peuvent prédire le comportement des être vivants. C’est stupide, et pourtant de nombreux hauts dirigeants politiques le croient. Malheureusement, à la différence des Soviétiques, ils en tirent des conséquences politiques qui ruinent leurs pays.

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La création du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

Depuis une vingtaine d’années, les dirigeants politiques occidentaux tentent d’utiliser les connaissances statistiques des épidémies pour déterminer les bonnes décisions à prendre en cas de danger. Suite à celle de SRAS en 2003, l’Union européenne s’est dotée en 2005 d’un Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDPC). Durant le second semestre 2008, celui-ci et la présidence tournante française organisèrent un colloque pour étudier l’opportunité de la fermeture des écoles pour lutter contre une épidémie de grippe et déterminer quand celle-ci devrait intervenir et quand elle devrait cesser. On ne parlait pas encore de confinement généralisé de toute la population.

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La principale contribution fut celle du professeur Neil Ferguson et de Simon Cauchemez de l’Imperial College de Londres [1]. Elle comparait ‎ les données statistiques des fermetures d’école à Hong Kong en 2003 et 2008 (SRAS et grippe porcine), de celle occasionnée par la grève des professeurs en Israël en 2000, de l’impact des vacances par zones en France de 1984 à 2006, de la fermetures des écoles infectées par la grippe (asiatique) en France en 1957, et de celles de la grippe espagnole dans certaines villes US et en Australie en 1918. Et elle relevait les inégalités et les injustices liées aux fermetures d’école au Royaume-Uni et aux USA.

Dès ce moment-là‎, le problème était posé à l’envers. Les experts avaient observé que les fermetures d’école n’avaient pas d’incidence notable sur le nombre final de décès, mais uniquement sur la vitesse de propagation de la maladie. Ils avaient pour mission de prévoir une solution à la fermeture de lits d’hôpitaux qui n’étaient pas occupés au jour le jour. Les statistiques n’étaient plus au service de la santé des Européens, mais d’une idéologie, celle de la gestion libérale de l’État.

Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères qui organisa ce colloque, était celui qui, lorsqu’il était ministre de la Santé (1992-93, 1997-99, 2001-02) avait débuté la réorganisation du système hospitalier français non plus selon des critères médicaux, mais selon une logique de rentabilité. En une quinzaine d’années, la France a ainsi pu réaliser de substantielles économies en fermant 15 % de ses lits d’hôpitaux, des économies dérisoires au regard du coût actuel du confinement.

Le charlatanisme du professeur Neil Ferguson

Le professeur Ferguson est toujours la référence européenne en matière de modélisation des épidémies.
Pourtant c’est lui qui, en 2001, avait convaincu le Premier ministre Tony Blair de faire abattre 6 millions de bovins pour stopper l’épidémie de fièvre aphteuse (une décision qui coûta 10 milliards de livres et qui est aujourd’hui considérée comme aberrante).
En 2002, il calcula que la maladie de la vache folle tuerait environ 50 000 britanniques et 150 000 de plus lorsqu’elle se transmettrait aux moutons. Il y eut en réalité 177 morts en Grande-Bretagne.
En 2005, il prédit que la grippe aviaire tuerait 65 000 Britanniques. Il y en eu au total 457.

Peu importe, il est devenu conseiller de la Banque mondiale et de nombreux gouvernements. C’est lui qui fit parvenir le 12 mars 2020 une note confidentielle au président français Emmanuel Macron annonçant un demi-million de morts en France. Affolé celui-ci prit la décision de confinement généralisée le soir même. C’est encore le professeur Ferguson qui annonçait publiquement, le 16 mars, que, si rien n’était fait, on compterait jusqu’à 550 000 morts au Royaume-Uni et jusqu’à 1,2 million aux États-Unis, contraignant le gouvernement britannique à revoir sa politique.

Simon Cauchemez, qui était en 2009 son bras droit, dirige aujourd’hui l’unité de modélisation de l’Institut Pasteur. Il est bien sûr membre du Comité scientifique de l’Élysée où il a proposé le confinement généralisé. Ce comité a été constitué par le directeur général de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, fils spirituel et ancien conseiller technique de Bernard Kouchner.

La prise de pouvoir de l’équipe Ferguson est fondée sur une escroquerie intellectuelle. La « biologie mathématique » (sic) pourrait justifier la gestion libérale des services de santé.

Malheureusement si les statistiques permettent d’évaluer après coup les effets de telle ou telle mesure, elles ne peuvent pas prévoir le comportement d’un organisme vivant, en l’occurence d’un virus. Celui-ci cherche à se propager, surtout pas à tuer, ce qu’il provoque involontairement lorsque l’espèce dans laquelle il se niche n’a pas encore d’anticorps appropriés. Aucun virus n’éliminera d’espèce, y compris les humains, car s’il les tuait tous, il disparaîtrait avec eux (c’est la raison pour laquelle la fièvre Ebola ne fait des apparitions que sporadiques et limitées géographiquement car le taux de létalité de la maladie est très élevé, plus de 50 % des malades meurent).

Au demeurant, l’extrapolation de mesures concernant des grippes à l’épidémie de Covid-19 est une absurdité : la grippe touche de nombreux enfants, pas le Covid-19 qui ne tue en termes démographiques que des personnes âgées ou diabétiques ou encore hypertendues. Les enfants contaminés au Covid-19 n’ont qu’une très faible charge virale, on ignore même à ce jour s’ils sont contagieux.

Le professeur Ferguson a reconnu, le 22 mars, avoir effectué ses calculs sur l’épidémie de Covid-19 exclusivement avec une base de données vieille de 13 ans relative aux épidémies de grippe.

Force est de se constater la dérive de ce guru qui ne se contente plus de justifier des politiques libérales appliquées à la Santé publique, mais en vient à préconiser de priver de liberté des peuples entiers. Pour masquer la réalité de cette dérive, les partisans du professeur Ferguson détournent l’attention du public en lui proposant l’usage de masques chirurgicaux dont nous avons déjà expliqué qu’il ne sont d’aucune utilité face à l’épidémie (voir note en fin de billet).

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La polémique avec le Professeur Didier Raoult

Ces explications éclairent d’un jour nouveau la polémique qui a opposé les disciples du professeur Neil Ferguson à ceux du professeur Didier Raoult. Contrairement à ce que l’on a dit, il ne s’agit pas d’un problème de méthodologie, mais bien de finalité.

Neil Ferguson est un charlatan happé par son escroquerie, tandis que Didier Raoult est un médecin clinicien. Les adeptes du premier ont besoin de morts pour croire en leur religion, ceux du second soignent leurs malades.

Le problème que nous affrontons n’est pas un débat scientifique, mais une guerre d’erreurs répétées contre la démarche scientifique. Il est stupéfiant d’entendre des membres du Conseil scientifique de l’Élysée reprocher au professeur Raoult de ne pas mener d’études comparatives avec un groupe témoin. Faut-il qu’en période de crise un médecin responsable ne soigne pas certains de ses patients et les sacrifie délibérément ?

[1] « Closure of schools during an influenza pandemic », Cauchemez, Simon ; Ferguson, Neil M ; Wachtel, Claude ; Tegnell, Anders ; Saour, Guillaume ; Duncan, Ben ; Nicoll, Angus, The Lancet Infectious Diseases (August 2009), 9 (8) : 473–481. doi:10.1016/S1473-3099(09)70176-8.

Article de Thierry Meyssan paru sur son site voltairenet.org le 18 avril 2020

Note. Au sujet du port de masques protecteurs, dans tous les pays asiatiques il s’agit d’une pratique courante. Elle n’est motivée que lorsque la personne en question présente des symptômes grippaux ou de simples rhumes. Mes petits-enfants franco-japonais portent un masque à la maison s’ils sont grippés ou enrhumés quand ils sont en présence de leurs grands-parents, spontanément, sans que ni mon fils ni ma belle-fille ne leur en donne l’ordre. Dans la rue il est inutile de porter un masque si on n’est pas malade, c’est-à-dire grippé avec de la fièvre, par contre si tel est le cas le port d’un masque protège l’entourage que l’on soit dans la rue, dans un magasin, le métro ou le train. Chaque fois que je séjourne à Tokyo il y a toujours des personnes qui circulent dans la rue ou utilisent le train ou le métro avec un masque parce qu’elles sont grippées afin de ne pas transmettre leur maladie aux passants. Il s’agit d’un principe fondamental du respect d’autrui qui n’existe que dans la culture asiatique, principe qui est enseigné dans les écoles dès le plus jeune âge.

8 réflexions au sujet de « Covid-19 : Neil Ferguson, le Lyssenko libéral »

  1. Impressionnant. En plus les infectiologues français ont montré leurs lacunes en biologie des épidémies. Delfraissy est un triste exemple de cette suffisence bornée. Le gouvernement a été conseillé à son corps défendant par des soi disant experts formatés à ce type de science foireuse l’important pour eux étant d’être des agents corrompus par les labos et l’industrie chimique.

  2. Tout laisse à penser que ces malfaisants font partie d’une confrèrie qui a pris de plus en plus de pouvoir en occident anglo-saxonnisé. Ils ont l’impression d’être utiles en prenant la commande de tous les leviers au nom du Progrès… C’est une noblesse de Loge qui remplace l’ancienne noblesse de robe… La République a recrée une société de caste au nom de l’égalité, quel paradoxe. Malgré ses critiques envers le parti communiste chinois qui tient toutes les manettes de décision cette clique de puissants n’a rien à lui envier… Que faire puisque tous leurs petits arrangements se font en douce ?

  3. La plupart des « savants » français formés pendant ou après l’ère socialiste sont des escrocs ignorants, des parasites nuisibles.
    Ils mentent sur leurs connaissances, leurs diplômes sont bidonnés et ils prennent la calculette pour faire une multiplication par 10.
    Mais ils sont « de gôche » ou « d’extrême gôche ». L’idéologie a remplacé le savoir dans les facs françaises.
    S’ils veulent aller travailler en Suisse, on leur fait faire comme premier test une dictée et un problème d’arithmétique pour s’assurer que ce ne sont pas de complets arriérés mentaux.
    Quand un pays détruit son école, ça donne : QI des élèves chinois 106, QI des élèves français 97.
    Les politiques aussi sont ignares et bêtes, ils sont seulement plus voleurs et menteurs que la moyenne, et donc tout ce beau monde de ripoux se coopte.
    Un peuple qui accepte massivement de gaver cette pourriture mérite le triste destin qui l’attend.

    • D’accord à 100%. Tout est idéologie dans ce pays et tout est radicalisé. Aucun pragmatisme. Toute décision est faite au nom de l’idéologie ou pour aider les copains. Le communatarisme est partout mais certains ne vont pas tarder à comprendre que leur allié de circonstance vont être les premiers à vouloir les mettre au pas.

      La population sous bulle idéologique de la gauche depuis 68 et de l’occidentalisaton, ne comprend même pas la situation et son abrutissement général à regarder la télé toujours plus débile chaque jour qui passe.

      Avec une immigration même pas filtré, 95% c’est pas des ingénieurs comme ils se plaisent à le dire, un chômage de masse qui va s’empirer et une économie au bord du précipice c’est sûr que demain ne sera pas joyeux pour certains.

  4. Rappel quand même : la crise économique devait venir. On savait que la finance allait de plus en plus mal et que rien n’avait changé depuis 2008. Voilà donc une théorie complotiste : au lieu de laisser la crise financière et économique arriver, pourquoi ne pas la provoquer et la contrôler.

    Cette pandémie exagérée est un bon prétexte, elle permet de continuer et de justifier l’intervention des BC, le surendettement des états qui n’y arrivaient plus, le contrôle de la population et surtout celui des rebelles et des pauvres. La justification de la paupérisation et de l’inflation est toute trouvée : c’est la faute du virus.

    La fameuse transition du monde d’après, soit disant plus écologique, n’est qu’un business de plus et un prétexte pour mieux diriger la population qui se manipule très facilement avec la peur comme on l’a vu récemment.

    Le monde occidental arrivant en fin de course, économiquement, culturelle ment, mentalement et démographiquement, l’Asie vient de prouver qu’elle était prête à prendre la relève de la planète et Trump le sait bien lui qui passe son temps à guerroyer avec la Chine pour récupérer les miettes. Cette pandémie semble être un baroud d’honneur du monde occidental.

    • C’est en effet ma conviction profonde.
      Je suis trop vieux pour voir le monde occidental s’autodétruire et je pense à mes petits-enfants qui n’auront même pas la nostalgie des jours heureux que nous avons vécu. Je vous conseille de regarder « Soleil Vert » qui sortit sur les écrans en 1973 et prévoyait que ce monde décrit par Richard Fleischer arriverait en … 2022 !

  5. A propos des masques:s’il n’a pas été dit que des âneries à leur sujet, ils sont utiles s’ils sont portés par les personnes porteuses du SARS-CoV-2 même si elles ne présentent pas de symptômes, ou des symptômes légers pouvant passer pour n’importe quoi d’autre, pour empêcher qu’elles n’en contaminent d’autres. Or, « tout bien portant… ».

  6. En Afrique équatoriale, peu de cas et encore moins de mortss, il y fait trop chaud et le soleil tape dur.
    Les UV-B sont mortels pour les rétrovirus.
    En Russie, encore beaucoup de cas, car l’été est tardif et il y fait encore froid.
    En Argentine et au Chili, l’épidémie est à son début, c’est la fin de l’automne et le temps fraîchit
    En Espagne et en Italie, l’été arrive et la maladie se fait rare, il faut tricher massivement pour avoir des morts bien étiquetés Covid. Bref, ça ressemble curieusement au profil de la grippe saisonnière, mais motus et omerta…
    Le monde occidental commet un suicide collectif sur les ordres d’une trentaine d’hyper-fortunes dégénérées et démentes.
    Le monde oriental va tranquillement prendre sa succession et, si tout se passe bien, sans guerre nucléaire, entraîner avec lui les peuples encore sous-développés qui deviendront sa nouvelle clientèle solvable, la roue tourne…

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