Nouvelles du Japon : l’arrêt de toutes les centrales nucléaires japonaises a fait « plus de mal que de bien » …

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À la suite du grand tsunami du 11 mars 2011 qui provoqua l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi l’accroissement du prix de l’électricité et l’augmentation de l’utilisation de combustibles carbonés fossiles a provoqué plus de morts que celles provoquées auprès de personnes fragiles par l’évacuation des zones proches de la centrale nucléaire selon une récente étude. Il n’y eut aucune mort directe due à l’accident lui-même mais la décision d’arrêter toutes les centrales nucléaires a provoqué à une perte en vies humaines inattendue.

Il s’agit encore une fois de l’application à la lettre du fameux (et fumeux) principe de précaution qui précipita l’arrêt des centrales nucléaires japonaises ordonné par le MITI, selon l’Institut allemand IZA d’économie du travail. Avant le grand tsunami l’énergie nucléaire japonaise produisait 30 % de l’énergie électrique mais en moins de 15 mois toutes les unités ont été mises à l’arrêt pour mise en conformité – selon ce fameux principe de précaution – afin d’éviter un nouveau désastre provoqué par un autre tsunami géant, le cinquième du genre connu dans le monde depuis 1500 ans c’est-à-dire aussi loin que les chroniques et écrits aient pu remonter. Depuis 2015 neuf réacteurs ont été raccordés au réseau et 17 autres sont en attente de nouveau fonctionnement après approbation par les autorités nationales et locales.

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Cet arrêt brutal de la production électrique d’origine nucléaire a eu pour effet presque immédiat une augmentation considérable du prix de l’électricité variant selon les région. Plus ces régions étaient « nucléarisées » plus l’augmentation a été substantielle. Dans certaines régions comme celle de Tokyo cette augmentation a atteint plus de 38 % et elle a entrainé une chute de la consommation en particulier quand la demande pour satisfaire le chauffage domestique était élevée, c’est-à-dire durant les mois d’hiver.

Etant donné le rôle du contrôle de la température au cours des mois d’hiver dans les logements cette baisse de la consommation d’électricité a provoqué un accroissement de la mortalité. L’étude de l’Institut IZA montre que cet accroissement de la mortalité a largement dépassé celui occasionné par le déplacement des personnes âgées lors de l’évacuation des zones contaminées (en vertu de l’application stricte du principe de précaution), par conséquent l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires a fait beaucoup plus de mal que de bien.

Selon l’étude la conséquence a été une augmentation du nombre de décès de 1280 personnes sur la période 2011-2014, beaucoup plus que les 1232 morts déplorés à la suite de l’évacuation des zones contaminées après l’accident. Cette étude ne s’est intéressée qu’aux 21 plus grandes agglomérations représentant 28 % de la population totale du Japon, l’impact de l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires est probablement beaucoup plus élevé.Le remplacement des centrales nucléaires par des centrales utilisant des combustibles fossiles a aussi eu un impact sur la santé des population en raison de la dégradation de la qualité de l’air dans l’environnement immédiat de ces installations et l’effet global de ce « retour » précipité vers les combustibles fossiles n’est pas encore très bien connu mais ne doit pas être sous-estimé. Les résultats de l’étude IZA coïncident avec celles conduites par les experts japonais de la santé qui ont souligné le stress de certaines évacuation inutiles en particulier chez les personnes âgées qui ont représenté l’essentiel des 1232 morts déplorés.

Selon le Professeur Geraldine Thomas, enseignant la pathologie moléculaire à l’Imperial College à Londres, l’ordre d’évacuation des habitants des zones peu ou faiblement contaminées autour de la centrale nucléaire endommagée a été disproportionnée et en tous les cas mal organisée. Si les doses de radioactivité sur le site ont été élevées il n’en a pas été de même sur tout le territoire évacué à la hâte, doses qui ont été largement surévaluées. Plus tôt cette année 2019, Michael Shellenberger, président de l’organisation Environmental Progress a déclaré que cette évacuation avait été faite de manière irraisonnée dans un moment de panique et qu’elle avait provoqué la mort d’au moins 2000 personnes (statistique non officielle), panique alimentée par la peur de radiations quasiment inexistantes. Toujours est-il que le Comité onusien en charge des effets des radiations n’a pas été capable de comptabiliser le moindre décès directement provoqué par les radiations.

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En tant qu’outil de régulation, le principe de précaution qui stipule qu’une quelconque activité ne peut être poursuivie si des doutes de dommages possibles ne sont pas complètement levés a été maintes fois mal appliqué et l’Institut IZA en est arrivé à se poser la question de savoir pourquoi les autorités japonaises (mais aussi la population et diverses association non-gouvernementales) invoquent encore ce principe de précaution compte tenu de l’évidence des résultats de son étude. L’une des explications possibles est qu’un évènement marquant et inattendu, comme un accident nucléaire, affecte la perception raisonnée du risque, perception qui est alors fortement teinté d’émotion instinctive plutôt que de rationalité et d’argumentation scientifique.

Les décès provoqués par l’augmentation des tarifs de l’énergie électrique sont largement passés inaperçus. Bien qu’une relation directe de cause à effet ne puisse pas être clairement établie il a néanmoins été possible d’estimer l’impact de cette augmentation des tarifs à une modification du comportement des populations. Le principe de précaution monte en épingle, bien trop souvent, les évènements marquants comme l’accident de Fukushima-Daiichi, sans aucune rationalité, et n’a pas pour but de proposer des scénarios alternatifs. Ce principe contribue donc à des prises de décision gouvernementales totalement inadaptées et inefficaces. Selon la fondation IZA c’est l’un des grands défauts de ce principe de précaution.

Source et illustrations : ftp.iza.org/dp12687.pdf

3 réflexions au sujet de « Nouvelles du Japon : l’arrêt de toutes les centrales nucléaires japonaises a fait « plus de mal que de bien » … »

  1. D’après le graphique en fin d’article, le froid tue plus que les fortes chaleurs.
    Je me demande ce que cela va donner quand le refroidissement généralisé qui a déjà commencé va aller en s’intensifiant.

    • Le GIEC avait prévu ce refroidissement qui est la conséquence du réchauffement climatique ayant entraîné ce fameux dérèglement, ce dernier, on l’a compris, nous amène le refroidissement. Le GIEC ne se trompe JAMAIS
      J’ose espérer que vous l’avez intégré ! Sinon, à quoi servirait la propagande qu’on nous ….. impose depuis plus de 30 ans ?

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