Oeufs « contaminés » et principe de précaution, ça peut aller très loin !

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La loi européenne totalement stupide qui interdit l’usage du fipronil dans les fermes d’élevage, quelles qu’elles soient, fait toujours des vagues injustifiées sous le vain prétexte que les oeufs ont été « contaminés ». J’insiste sur le mot contaminé qui fait peur alors qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’alarmer pour quelques microgrammes de cette substance dans un oeuf.

Tout est parti du fait que la Commission Européenne a fait adopter par le Parlement de Strasbourg un texte totalement biaisé (voir le lien vers le site eur-lex) relatif aux taux de résidus de pesticides permis dans l’alimentation en 2005 et utilisés dans les élevages. Selon les diverses lois pondues par la Commission Européenne l’usage du fipronil dans les élevages a été soumis à une régulation stricte dès 2011, renforçant la décision prise en 2005. Je défie une quelconque personne non spécialiste des textes de loi de l’Union Européenne d’y retrouver ses oeufs car il faut pouvoir accéder aux annexes de ces textes pour enfin trouver une information. J’ai perdu beaucoup de temps sans succès sur le site eur-lex . Il semble, de mon point de vue, qu’il existe une interdiction pure et simple et sans aucune justification de cet insecticide dans les élevages destinés à la consommation humaine.

Il ressort de cette jungle de textes que la Commission Européenne (et le Parlement) appliquent le détestable principe de précaution inventé en 1992 lors de la Conférence de Rio sur l’environnement. Je cite le principe 15 de la déclaration de Rio (Wikipedia) : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » Tout est dit dans ce texte hautement sibyllin à dessein. Ce principe a fait l’objet d’une loi en France dite « loi Barnier » promulguée en février 1995 mais en préparation par ce même Barnier dès qu’il fut nommé Ministre de l’Environnement dans le gouvernement Balladur, dernière cohabitation sous la Présidence de Mitterand (30 mars 1993- 10 Mai 1995). Cette loi en gestation conduisit à l’interdiction par précaution de la production d’albumine placentaire par l’Institut Mérieux, un « haut fait » de Simone Veil alors Ministre de la Santé dans ce même gouvernement (voir le lien sur ce blog). En réalité elle ne fit qu’appliquer ce que Barnier lui priait de faire « par précaution ».

Comme chaque citoyen européen le sait tant la Commission de Bruxelles que le Parlement de Strasbourg sont pourris par le lobby vert et les textes de loi destinés à la protection de l’environnement et par conséquent de la santé humaine sont tous imprégnés de cette idéologie absurde du principe de précaution. Je vais prendre un exemple extrême

et tout aussi stupide que le principe de précaution qui va hérisser certains de mes lecteurs. Faut-il interdire les religions monothéistes et fermer tous les lieux de culte puisqu’il est impossible d’apporter des preuves scientifiques de l’existence de Dieu et ceci afin de préserver la santé (mentale) des citoyens ? La Russie vient d’interdire les Témoins de Jéhovah à la suite de la décision de la Cour Suprême en date du 16 août 2017. Les lieux de culte (395) ont été fermés et confisqués et les 175000 membres de cette « Eglise » ont été placés sous surveillance discrète. Cette secte et en effet considérée comme extrémiste et donc potentiellement dangereuse pour la population. Le principe de précaution qui évidemment ne s’applique pas dans ces deux cas peut conduire à toutes sortes de dérives plus malfaisantes que bénéfiques.

Un autre exemple tout aussi stupide, quoique … Anne Hidalgo, l’illustre maire de Paris de par sa démagogie outrancière et accessoirement ancienne conquête de l’ex-capitaine de pédalo veut interdire les voitures anciennes (de plus de dix ans) dans Paris intra muros. Ceci sous prétexte de préserver la santé des Parisiens mais aussi pour préserver la « santé » du climat, ben voyons ! Encore une fois le principe de précaution joue pleinement dans toute sa splendeur. Il n’y a plus de plomb dans l’essence mais les produits remplaçant le plomb sont-ils anodins ? Nul ne le sait. Quant au CO2 et à son effet sur le climat, nul ne sait aussi ce qu’il faut exactement en penser sauf le tout aussi stupide Ministre d’Etat Hulot qui veut fermer une vingtaine de centrales nucléaires et recouvrir le territoire français de moulins à vent, puisque les moulins à vent ne produisent pas de CO2, on vous le dit ! Et le CO2 c’est mauvais pour la santé, ceci explique cela par précaution.

Le principe de précaution a encore de beaux jours devant lui et il y a de réelles questions à se poser quant à son application …

http://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2005/396/oj

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/08/07/le-non-evenement-du-fipronil-dans-les-oeufs-en-europe/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/04/le-principe-de-precaution-et-simone-veil-une-catastrophe/

Illustration tirée du film « Paris brûle-t-il ? de René Clément (1966) : une rue de Paris sans voitures !

Note d’information pour mes fidèles lecteurs : les 19, 20 et 21 août prochains pas de billet, je ne serai pas connecté, isolé dans les montagnes tinerféniennes.

Le non-évènement du fipronil dans les oeufs en Europe

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Le fipronil, un puissant insecticide découvert par Rhône-Poulenc au début des années 1980 et maintenant propriété de Bayer, bloque le canal potassium des neurones. Il n’est toxique que pour les insectes et certains poissons car correctement utilisé ce produit est inoffensif chez les autres vertébrés, en particulier chez l’homme. Le « scandale » de la présence de fipronil dans des oeufs vendus par des fermes avicoles néerlandaises en Europe est un non-évènement monté en épingle par je ne sais quelles associations de consommateurs intellectuellement indigentes qui se sont empressées d’alerter les gouvernements et les amateurs d’oeufs sans jamais mentionner quelle quantité exacte de ce produit était retrouvée dans un oeuf (voir note en fin de billet). Nulle part dans la presse ce renseignement clé a été clairement présenté en toute honnêteté.

L’usage du fipronil pour contrôler les parasites dans les élevages, dans le cas des oeufs néerlandais le pou rouge, est étroitement réglementé mais seuls des cas de toxicité aigüe chez l’être humain ont été décrit ces 30 dernières années en relation avec des tentatives de suicide. De là à se suicider en ingérant des oeufs soit-disant « contaminés » – comme l’écrivent les journalistes – avec des quantités infimes de fipronil est un évènement improbable. Comme pour le glyphosate, la désinformation fait partie de la vie quotidienne et c’est tout à fait regrettable. Nicolas Hulot, qui fit fortune en étant sponsorisé par Rhône-Poulenc durant des années (faut-il le rappeler) va vite émettre un avis d’alerte générale sans pour autant se préoccuper de la toxicité réelle des oeufs pour les consommateurs, étant parfaitement incompétent en la matière …

Note : Après avoir écrit ce billet j’ai finalement trouvé quelle était la teneur en fipronil des oeufs pompeusement qualifiés de « contaminés » comme si un élevage de poules pondeuses était aussi dangereux qu’une centrale nucléaire … Les oeufs prélevés pour analyse dans une ferme située sur la municipalité d’Ede (Pays-Bas) contiennent 0,30 mg de fipronil par kg. Or un oeuf pèse en moyenne 50 g, il faut donc 20 oeufs pour réunir une quantité de 0,30 mg, par conséquent un oeuf « contaminé » contient au plus 15 microgrammes de fipronil ! C’est astronomique pour les fonctionnaires de Bruxelles car ils ont stupidement et arbitrairement fixé les normes autorisées à 5 microgrammes par kg d’oeufs sans avoir jamais tenu compte des réalités des élevages de poulets. Qu’on m’envoie 10 douzaines de ces oeufs, je me ferai une omelette de 6 oeufs chaque jour et je suis convaincu que je ne serai absolument pas malade …

Le principe de précaution et Simone Veil : une catastrophe !

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C’est une affaire désastreuse et peu connue du grand public qu’a provoqué, on peut dire à son insu, Simone Veil alors qu’elle était à nouveau Ministre de la Santé au sein du gouvernement Balladur, dernière cohabitation sous le règne de Mitterand, entre 1993 et 1995. Il s’agit d’un désastre économique et sanitaire à la suite d’une décision de cette femme illustre dont la compétence ne fut reconnue que pour prendre des décisions relatives aux « droits des femmes » comme l’autorisation par la loi de l’interruption volontaire de grossesse pour convenance personnelle, tout ce qui restera finalement dans la mémoire du public. Et j’ai bien pesé mes mots en écrivant ce billet … L’avortement volontaire a toujours été pratiqué depuis peut-être la nuit des temps et l’intervention législative de Simone Veil aura simplement permis de sauver des vies car les « faiseuses d’ange » ne connaissaient pas et ne pouvaient donc pas respecter les règles fondamentales de la médecine, loi qui a également permis de préserver la liberté des médecins qui osaient procéder à cette intervention car ils risquaient la prison. Pour information l’avortement pour convenance personnelle est interdit en Espagne, pays où je vis maintenant, et les femmes qui ne désirent pas l’enfant qu’elles portent doivent aller en Suisse, coût tout compris 6000 euros, business is business.

Venons-en donc au sujet de ce billet. En vertu de l’application de l’exécrable principe de précaution (voir note 3.) Simone Veil prit la décision, puisque c’est toujours le Ministre qui entérine au final une décision, d’interdire à l’Institut Mérieux toute production d’albumine à partir de placentas humains à dater du premier janvier 1994, du moins l’administration du Ministère de la Santé la poussa à prendre cette décision. Cette production avait été organisée progressivement et inlassablement durant des années par le Docteur Charles Mérieux et avait atteint un degré de technologie, une sophistication et une précision inégalés au fil des années. Le produit final était exempt de tout contaminant, même mineur. Pour Simone Veil, totalement ignorante du dossier qui lui fut soumis par l’Administration, le risque de présence de virus ou de prions dans les flacons d’albumine à 20 % (poids/volume) directement perfusables ne pouvait pas être nul, un fait qui ne fut jamais prouvé tant la qualité de l’albumine sortant de l’usine de séparation et de production de l’Institut Mérieux était irréprochable.

Le procédé de fabrication avait été minutieusement étudié par des autorités scientifiques et médicales compétentes et indépendantes de l’Institut Mérieux provenant de divers pays et jamais aucune de ces études n’avait pu démontrer la présence d’éléments préjudiciables à la santé. Pour Simone Veil, et il lui incomba donc en tant que Ministre d’insister sur ce fait, il y avait une totale absence de traçabilité des placentas provenant de divers pays du monde, dont la France, et le sacro-saint principe de précaution ne pouvait pas être satisfait. Il aurait fallu « tracer » chaque placenta et comme un lot de production d’albumine provenait au bas mot de 30000 à 50000 placentas puisque les traitements quotidiens avaient atteint jusqu’à 27 tonnes de placentas par jour, autant dire que la mise en oeuvre des exigences des fonctionnaires du Ministère de la Santé relevait de la pure fiction. Comment étiqueter sur le cordon ombilical chaque placenta congelé ensuite dans des sacs en papier paraffiné épais pour satisfaire les exigences de transport en provenance du monde entier, et comment, sur le site de production répertorier tous ces placentas puisque les sacs entiers passaient directement dans un broyeur sans être décongelés sauf en cas de présence d’un objet métallique ? Une exigence surréaliste !

Il est nécessaire pour dédouaner Simone Veil de replacer cette affaire dans son contexte : la France, comme plusieurs autres pays dans le monde, avait été secouée par le scandale du sang contaminé dès le milieu des années 1980, scandale qui fut révélé au grand public seulement en 1991 après avoir été soigneusement gardé sous le manteau par le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS). Inutile d’insister sur l’opacité de cet organisme étatique au sujet duquel je reviendrai dans ces lignes …

Cette usine, située dans la lointaine banlieue de Lyon, ville qui est le berceau de la famille Mérieux, traitait des dizaines de tonnes de placentas humains provenant de divers pays du monde chaque jour de la semaine. Cette collecte, véritable chaine du froid organisée à l’échelle mondiale puisque des milliers de maternités avaient été équipées de congélateurs aux frais de l’Institut Mérieux, permettait de produire une albumine humaine d’une qualité inégalée y compris depuis l’avènement de la biologie moléculaire moderne. Il s’agissait dans de nombreux cas d’un substitut aux transfusions de sang total qui présentait pourtant un risque en ce qui concerne la présence de virus ou d’anticorps indésirables, risque inévitable qui existe toujours aujourd’hui. Par exemple je ne peux pas donner mon sang (bénévolement en Espagne et sous la tutelle de la Croix-Rouge) car je suis positif pour les hépatites A, B et C et de plus je souffre de malaria !

Le principe de précaution ne fut que le seul argument que ne put qu’invoquer Simone Veil en dernier ressort. Mais derrière cette décision – j’insiste une nouvelle fois – démagogique et de façade, il s’agissait de protéger le monopole étatique des centres nationaux français de transfusion sanguine (CNTS) qui produisaient timidement et avec des gaspillages notoires et une gestion désastreuse des dérivés sanguins de mauvaise qualité. Les CTS étaient et sont toujours contrôlés par l’Etat (cf l’affaire du sang contaminé et du fameux « responsable mais pas coupable ») et toute atteinte à un monopole d’Etat devait être combattue avec véhémence quitte à priver le monde entier d’un produit de très haute qualité recherché par tous les pays du monde puisque l’albumine humaine Mérieux à 20 % était interdite de vente sur le territoire français !

De plus cette décision de Simone Veil – puisque ce sont toujours les Ministres qui décident et assument leur responsabilité et non pas l’Administration avec un grand A, faut-il le répéter – fit perdre à la France sa position de leader mondial dans ce domaine car, unique de par son origine, l’albumine humaine Mérieux provenait de placentas, un déchet des cliniques, et non de sang total dont la disponibilité était et est toujours encore aléatoire. L’extraordinaire usine de production de l’albumine (voir note 2) fut démantelée alors qu’elle avait atteint il y a plus de 25 ans un sommet technologique inégalé depuis par aucun autre laboratoire pharmaceutique dans le monde. Comme mentionné plus haut, malgré les progrès récents de la biologie moléculaire il est impossible de produire cette protéine du sang dans des conditions satisfaisantes par génie génétique. L’idée en tous points géniale du Docteur Charles Mérieux d’utiliser des placentas humains est tombée dans les oubliettes et la France a perdu l’un de ses plus beaux fleurons dans le domaine bio-médical. Voilà une conséquence de l’incurie et de l’incompétence involontaire mais assumée de Ministres qui prétendent gouverner la France « pour son bien » et Simone Veil n’est pas une exception, loin de là.

J’ajouterai qu’après cette décision de Simone Veil l’Institut Mérieux, brutalement privé de sa plus importante source de revenus, passa sous le contrôle de Rhône-Poulenc afin de pouvoir se redéployer dans le monde en rachetant la firme canadienne Connaught et l’entité Pasteur Productions pour s’internationaliser et se diversifier dans la production de vaccins, une activité qui était déjà existante à l’Institut Mérieux. Aujourd’hui la principale activité de l’ancien Institut Mérieux au sein du groupe Sanofi-Aventis, le seul reliquat français de Rhône-Poulenc, groupe qui fut démantelé et vendu par la suite « par appartements », est donc la production de vaccins.

Notes à destination de mes lecteurs.

1. La firme Mérieux était dans le collimateur du CNTS depuis plusieurs années avant cet évènement en tous points déplorable car elle rémunérait des donneurs de sang pour la production de certaines immunoglobulines. Or le don du sang, pour des raisons qui m’échappent toujours, est strictement bénévole en France comme dans bien d’autres pays du monde. Comme la production d’albumine placentaire amputait en quelque sorte les prérogatives du CNTS fixées par la loi, il est donc aisé de comprendre quelle ne fut pas la pression que dut subir Simone Veil pour prendre la décision, en dernier recours, d’interdire cette activité.

2. Je déclare que mes propos sont totalement indépendants des intérêts de Mérieux ou de Sanofi. Les faits relatés ici sont restés dans ma mémoire et sont peut-être entachés de ma part de quelques inexactitudes car il se trouve que j’ai moi-même travaillé sur le placenta humain en étroite relation avec l’Institut Mérieux bien avant cette histoire dans le cadre de recherches strictement académiques qui ne firent jamais l’objet d’applications industrielles ou commerciales. Si j’ai relaté ici cette histoire qui m’est revenue en mémoire c’est uniquement à la suite du décès récent de Simone Veil.

3. L’exécrable principe de précaution a vu le jour lors de la conférence de Rio en 1992 au sujet du changement du climat. Puisqu’on ne connaissait pas les causes de ce changement il était donc préférable d’attendre des évidences scientifiques pour prendre des mesures adéquates afin de prévenir toute catastrophe. Ce principe trouva un écho favorable en France, pays traumatisé par l’affaire du sang contaminé par le virus du SIDA (AIDS) et en pleine crise de la « vache folle ». Bien que non inscrit dans la loi puisqu’il faudra attendre le 2 février 1995 pour voir la promulgation de la « Loi Barnier ». Cette loi entérinera le principe de précaution qui sera par la suite inscrit dans le « marbre » la Constitution française par le Président Jacques Chirac. Cette loi concernait initialement l’environnement puisque Barnier était alors justement Ministre de l’Environnement mais par extension il s’ensuivit une sorte de blocage de toutes sortes de travaux de recherche et la mise à l’écart d’innovations en raison du manque d’évidences scientifiques relatives à leur sécurité tant pour l’environnement que pour la santé des personnes. Il est donc raisonnable de considérer que Simone Veil tint compte de ce courant de pensée du gouvernement dont elle faisait partie en entérinant la décision d’interdire la production d’albumine humaine d’origine placentaire par l’Institut Mérieux. Tout simplement un désastre économique dont elle fut probablement involontairement responsable, du moins j’ose pour ma part l’espérer …

Histoire de moustiques et de téléphones

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Avec l’apparition de l’outil CRISPR-cas9 l’une des approches les plus prometteuses pour l’éradication de la malaria est le moustique génétiquement modifié pour exprimer des anticorps dirigés contre les larves de Plasmodium se trouvant dans les glandes salivaires de ce dernier. J’ai relaté ces travaux dans ce blog il y a quelques mois (voir le lien) et malgré les recommandations positives de l’Académie des Sciences américaine, il se passera encore de nombreuses années avant que ce moustique transgénique soit lâché dans la nature. Ce bloquage plus idéologique que scientifique s’appuie sur le fameux principe de précaution dont la devise peut se résumer ainsi « dans le doute abstiens-toi ». Une telle attitude est devenue en quelque sorte la doxa des mouvements écologistes politisés qui considèrent que toute modification intentionnelle d’un organisme vivant présente des risques pour les écosystèmes sans qu’il soit clairement démontré que ces risques existent réellement.

En ce qui concerne le moustique génétiquement modifié l’un des arguments des opposants à son utilisation comme moyen de lutte contre la malaria est le risque de transmission horizontale à d’autres espèces de moustiques voire d’autres insectes volants ou rampants. Un telle affirmation qui constitue un non-sens scientifique total a été également avancée dans le cas des plantes transgéniques de grande culture. En réalité l’argument est toujours le même : il ne faut pas perturber la nature. Cette attitude dénuée de tout fondement s’illustre par la rumeur selon laquelle les téléphones cellulaires seraient néfastes pour la santé et en particulier pour l’intégrité des fonctions cérébrales. On ne sait pas aujourd’hui exactement combien de téléphones portables sont utilisés dans le monde, peut-être plus de 3 milliards. Combien de tumeurs du cerveau ont pu être attribuées aux très faibles radiations électromagnétiques émises par les téléphones portables, personne ne le sait, pas même les plus éminents neurologues des plus grandes universités du monde. Le (faux) débat sur les effets potentiellement délétères des ondes électromagnétiques continuera à alimenter la presse de caniveau car la peur est un marché très lucratif.

Pourquoi le riz doré est-il considéré comme néfaste tant pour l’environnement que pour la santé ? Alors que ce riz, dont les propriétés nutritionnelles intrinsèques sont strictement identiques au riz « normal », est décrié par cette même mouvance écologiste alors qu’il pourrait sauver des millions de vies, les arguments avancés sont strictement identiques à ceux relatifs aux moustiques génétiquement modifiés ou aux téléphones portables : il faut respecter la nature et la laisser faire son oeuvre, au détriment comme dans le cas du riz doré de la santé humaine.

Il est affligeant de constater que l’opinion publique, manipulée par une fausse propagande, fasse barrage à toute avancée technologique qui pourrait bénéficier au plus grand nombre. J’insiste sur ce dernier point car il rejoint les tendances malthusiennes de ces mouvements de protection de la nature. En sont-ils arrivés à souhaiter un conflit nucléaire qui détruirait la majeure partie de l’humanité mais aussi la majeure partie du monde animal ? Bonne question …

Source partielle : World Economic Forum

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/11/29/paludisme-et-manipulation-genetique-combien-faudra-t-il-de-morts-pour-quune-avancee-decisive-soit-autorisee/

Le « principe de précaution » : la Chine n’en a cure !

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En dehors de quelques universités privées réservées aux « étudiants fortunés » comme Stanford, Harvard ou Emory la majorité des universités américaines se trouvent aujourd’hui dans un état financier désastreux. En moyenne le budget des universités d’Etat se trouve absorbé à plus de 60 % par les frais administratifs y compris les salaires des enseignants et il ne reste plus rien pour les dépenses courantes. Les chercheurs de métier doivent comme on disait lorsque je fis le choix d’une localisation dans un laboratoire privé pour poursuivre mes travaux de recherche se « prostituer » pour le privé. Quelle belle affirmation provenant directement des groupuscules idéologiques gauchistes qui ont toujours, y compris aux USA et en particulier sur des campus comme celui de Berkeley, plaidé pour une indépendance de la recherche universitaire.

Il faut préciser que l’Université de Californie, dont Berkeley est l’un des campus, présente la particularité d’être gratuite pour les étudiants nés et résidents de cet Etat, ce qui n’est pas le cas des autres universités américaines. Aujourd’hui, aux USA – et y compris en Californie – comme dans la plupart des pays de l’OCDE, la recherche universitaire en partie financée par des fonds publics ne peut survivre sans contrats avec l’industrie privée et c’est tout à fait normal car la recherche doit déboucher vers des applications qui bénéficieront non pas seulement aux industriels mais également à l’ensemble de la société.

Dans le secteur de la santé il ne fait aucun doute que la recherche universitaire ne peut être poursuivie sans liens étroits avec les laboratoires pharmaceutiques privés. Dans le secteurs un peu flou des énergies nouvelles, les gouvernements versent leur aune prélevée sous forme d’impôts et taxes diverses mais des firmes privées sont à l’affut de toute découverte ou avancée technologique potentiellement profitables et elle ne dissimulent pas leurs financements, ne serait-ce que pour « entretenir » les brevets prometteurs. Dans le vaste domaine de l’agro-alimentaire la situation est presque caricaturale car les recherches dans les améliorations génétiques tant des plantes que des animaux sont extrêmement coûteuses. Seulement en terme de consommables, n’importe quelle manipulation génétique se chiffre rapidement en dizaines de milliers de dollars pour un seul projet et ces charges s’accumulent chaque semaine … Il en résulte que les universitaires sont contraints du fait de ces coûts incompressibles de leurs travaux d’orienter leurs recherches vers des applications susceptibles d’intéresser les industriels ou spécifiquement commandées par ces derniers.

L’un des exemples les plus évidents dans le secteur de l’agro-alimentaire est la démarche agressive du Boyalife Group, une société chinoise basée à Tianjin qui a opté ouvertement pour le clonage et l’amélioration génétique du cheptel bovin et pas seulement car parmi ses 22 filiales les préoccupations de ses chercheurs, la plupart tous formés dans les plus prestigieuses universités américaines, s’intéressent aussi au cancer, à la polyarthrite rhumatoïde ou encore à l’amélioration génétique des poissons d’élevage. Des milliers de techniciens et de chercheurs s’acharnent quotidiennement dans des multitudes de domaines de la biologie dans le seul but d’obtenir rapidement des résultats économiquement rentables.

On est loin de la situation lascive de la plupart des universités américaines et je ne parle même pas de leurs pendants européens car il serait affligeant de dépeindre l’état financier catastrophique de la majorité des universités d’Europe, des exceptions confirmant la règle qui est une régression alarmante de l’attrait des étudiants pour les disciplines scientifiques. En Chine, c’est exactement le contraire ! Depuis plus de 20 ans le gouvernement chinois a investi des sommes considérables dans la formation de ses scientifiques en offrant aux meilleurs élèves des bourses d’étude dans les meilleures écoles d’ingénieurs et universités du monde.

Aujourd’hui le résultat est évident, la Chine est en passe de devenir leader mondial dans la recherche universitaire. Passant outre les régulations obsolètes qui sont un frein pour la recherche dans les pays européens et nord-américains comme le monstrueusement stupide « principe de précaution », les universitaires chinois comme Xiao-Chun Xu, le fondateur de Boyalife, s’adaptent rapidement aux changements civilisationnels de l’Empire du Milieu. Par exemple l’appétit nouveau pour la viande de boeuf a conduit Xu à créer une ferme modèle grande comme trois terrains de foot-ball pour produire des bêtes à corne de la meilleur espèce clonées à partir du meilleur spécimen. Cette ferme produira d’ici deux ans 100000 clones chaque année pour la boucherie !

Le clonage des bananiers est une pratique courante depuis plus de 20 ans et la France fut d’ailleurs leader dans ce domaine avec également le clonage du palmier à huile mais cloner des bovins à une telle échelle est un véritable événement qui ne pouvait pas passer inaperçu.

La firme sud-coréenne Sooam Biotech est déjà spécialisée dans le clonage des chiens de compagnie pour apaiser les douleurs de leurs maîtres. Au jour d’aujourd’hui plus de 700 chiots clones à partir de cellules de chiens défunts que leur maîtres voulaient voir revivre sont sortis des laboratoires de cette firme, naturellement moyennant un somme plus que rondelette ( en.sooam.com/index.html ). Le projet du Docteur Xu est d’une toute autre échelle et les universitaires occidentaux le traitent déjà de savant fou … sauf les Américains car la FDA a approuvé les animaux d’élevage clonés pour l’alimentation humaine. Il faut admettre que le Docteur Xu est diplomé (PhD) de l’Université de Washington et titulaire d’un MBA de l’université prestigieuse Emory. Il est CEO fondateur de Boyalife et professeur de médecine moléculaire à l’Université de Pékin.

L’Union Européenne, en vertu du principe de précaution et en raison de la pression des écologistes, n’a pas encore statué sur ce point précis mais à n’en pas douter, le clonage des animaux d’élevage à usage alimentaire sera banni en Europe comme le sont les plantes génétiquement modifiées dans la plupart des pays de l’Union.

Source et illustration : The Daily Beast et www.boyalifegroup.com/

Un gâchis alimentaire innommable !

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Près du tiers des denrées alimentaires qu’on trouve sur les linéaires des supérettes et des supermarchés est purement et simplement jeté, environ 4 milliards de tonnes chaque année en l’Europe, soit la faramineuse somme de 350 milliards d’euros, estimation la moins pessimiste selon le journal Comprehensive Reviews in Food Science, qui part dans les décharges d’ordures et les fours d’incinération. Cette somme est équivalente au produit national brut de la Belgique ! Tout ceci a un coût qui est répercuté sur le prix de la nourriture effectivement vendue. En d’autres termes, le consommateur achète ses denrées alimentaires 30 % plus chères pour compenser ces pertes obligatoires en raison de la législation en vigueur. Ou encore, seulement pour l’Europe, tout ce gaspillage permettrait de nourrir gratuitement et confortablement plus de 100 millions de personnes par exemple dans le continent Africain voisin, hors coûts de transport, naturellement ! On estime que ce gaspillage dans l’ensemble des pays de l’OCDE permettrait de nourrir gratuitement 1 milliard de personnes dans le monde ! Pourquoi un tel scandale existe-t-il ? D’abord il résulte d’une application du principe de précaution afin d’éviter des intoxications parmi les populations à risque, enfants, personnes immunodéprimées et vieillards, en raison de dispositions réglementaires qui ont en quelque sorte institutionnalisé ce principe. On peut ou ne pas adhérer à cette démarche mais il y a tout de même des limites qui sont vite dépassées car les industriels de l’agro-alimentaires en profitent largement pour se frotter les mains et remplir leurs porte-feuilles déjà bien garnis avec la malbouffe dont ils inondent le marché. Les législateurs, violemment sollicités pour satisfaire les exigences de ce secteur industriel, ont trouvé un stratagème qui les a affranchi de toute responsabilité morale dans ce scandale en laissant planer une incertitude sémantique dans l’étiquetage des denrées alimentaires, périssables ou non, ce qui donne une toute autre dimension à ce problème. Il y a trois étiquetages utilisés pour semer la confusion chez le consommateur et accélérer la mise au rebut des produits tout en faisant que l’industriel et le revendeurs sont protégés juridiquement et moralement. La mention « à vendre avant telle date » ou « date limite de vente » est la plus importante pour le revendeur mais elle n’indique en aucun cas si le produit en question est encore susceptible d’être consommé. C’est une date butoir décidée par le législateur en accord avec l’industriel et on peut imaginer sans peine qu’il y a collusion ou conflit d’intérêts évidents. L’autre mention « à consommer jusqu’à … », sous-entendu sans risque, est plus précise mais les critères mis en place pour faire figurer cette indication sur un produit alimentaire sont loin d’être clairs compte tenu de l’amélioration des conditions d’empaquetage, des conditions d’hygiène des ateliers de productions, du respect de la chaine du froid pour tous les produits devant être conservés à une température précise et enfin des techniques modernes d’amélioration de la conservation de certains produits comme l’irradiation par les rayons gamma largement développée pour de nombreux produits ou le conditionnement sous atmosphère inerte.

Après ces « dates limites » de vente ou de consommation, il y a une autre mention encore plus confuse qui est « meilleur avant telle date ». Apparemment cette précision pourrait faire penser qu’on laisse au consommateur le soin de prendre lui-même le risque de s’intoxiquer, dans le pire des cas, ou de ne pas être pleinement satisfait de la qualité du produit, dans le meilleur des cas, car cette indication fait référence aux propriétés organoleptiques du produit et non à sa qualité sanitaire. Cette mention peut aussi vouloir dire que le revendeur peut laisser le produit sur les linéaires puisque rien n’indique clairement qu’après la date effectivement indiquée il ne doit plus être consommé, « meilleur » étant un terme suggestif plutôt vague. En conséquence l’industriel de l’agroalimentaire et le revendeur se protègent grâce à ces indications sibyllines qui non seulement sèment le trouble dans l’esprit du consommateur mais favorisent d’autant plus le gaspillage.

Il y a le cas particulier des œufs pour lesquels certains producteurs ont pris la peine d’imprimer sur la coquille la date de ponte. Or rien n’indique pendant combien de jours ou de semaines après cette date de ponte les œufs restent « meilleurs » ou « à consommer avant » telle date et il n’y a pas non plus de « date limite » de vente. Pour certains produits comme le miel, on nage en plein délire puisqu’il s’agit d’un produit presque totalement déshydraté et afficher une date limite de vente est une aberration sinon une escroquerie (voir le lien sur ce blog) et il en est de même pour de nombreux produits secs comme la farine qui, convenablement conditionnée peut se conserver plusieurs années. Eh bien non, il y a aussi sur les sacs de farine une date limite de vente, j’ai vérifié hier par curiosité dans mon supermarché préféré, et c’est la même chose pour le sucre ! Les boites de conserve variées sont également étiquetées avec une date limite de vente (voir l’illustration), comme les cornichons au vinaigre … Une énumération exhaustive est inutile.

On comprend donc sans peine que tout ce gâchis réglementairement organisé profite à l’industrie agroalimentaire au détriment des consommateurs entretenant parallèlement une famine chronique de centaines de millions de personnes. En effet, comme s’il fallait que les pays développés (OCDE) se donnent bonne conscience, l’aide alimentaire sous l’égide du HCR par exemple est dûment estampillée avec des inscriptions sur les sacs de farine ou les bidons d’huile « Product of USA » ou encore « Don de la Communauté Européenne » avec les drapeaux respectifs, la bannière étoilée et le cercle d’étoiles sur fond bleu. On distribue généreusement quelques dizaines de milliers de tonnes de denrées alimentaires à des peuples misérables dont une grande partie est détournée par des organisations mafieuses locales et dans le même temps on jette sans aucun état d’âme des milliards de tonnes de produits parfaitement propres à la consommation. Tout va très bien dans un monde ravagé par le mercantilisme de connivence !

Source : Comprehensive Reviews in Food Science

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/30/la-date-limite-de-vente-des-oeufs-et-du-miel/

Gaz, OGMs et politique

Il est intéressant de noter que les politiciens utilisent systématiquement des prétextes fallacieux pour masquer les vrais problèmes qui menacent la France. Par exemple, le gouvernement français actuel, mais c’était exactement le même scénario avant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012, a tergiversé pour augmenter le prix de l’énergie, gaz puis électricité, car il s’agit d’un point sensible et électoraliste. Il existe une instance officielle qui détermine le « vrai » coût du gaz et de l’électricité et depuis 2010 pour d’évidentes raisons bassement électoralistes autant Sarkozy que Hollande ont laissé les prix inchangés. Or, et j’en ai parlé dans un billet un peu avant le premier avril, le gouvernement a donc décidé une augmentation rétroactive de ces tarifs. Plus ubuesque on ne trouve pas parce que si un ménage aura quelques euros à payer chaque mois en sus afin de rattraper cette augmentation qui avait été reportée à plusieurs reprises, les entreprises vont devoir faire preuve de créativité pour introduire dans leurs bilans comptables des dépenses rétroactives. Mais bon, on ne peut pas demander à des énarques de tout savoir surtout quand leurs capacités intellectuelles sont limitées à leurs ambitions carriéristes.

Pour les OGM, dont le gouvernement a décrété l’interdiction sur le territoire de la République, la situation est encore plus surprenante car cette décision viole les dispositions européennes sur le sujet car la disposition dite d’exception nationale n’est pas validée pour la deuxième fois, ça fait désordre. Il faut apporter une petite clarification sur ce point : chaque gouvernement d’un pays de l’Union peut outrepasser les décisions de Bruxelles dans ce domaine « à condition d’apporter des preuves scientifiques sur la présence d’une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement », et c’est ainsi et encore une fois pour des raisons électoralistes que la décision a été prise. Or qui au gouvernement peut apporter la moindre preuve des risques d’utilisation des plantes transgéniques ? Le précédent ministre de l’environnement, ancien faucheur d’OGM amnistié ? Ségolène, sa remplaçante ? Les arguments utilisés par les gouvernements français successifs ont été rejetés par la Cour européenne de justice et le Conseil d’Etat comme « pas suffisamment étayés » et pour cause aucune preuve scientifique ne peut être trouvée pour interdire les plantes transgéniques, les arguments des écologistes relèvent de la propagande idéologique sans aucune preuve solide et irréfutable. Les Américains, très regardants sur leur santé et le respect de leur environnement, n’ont pas pu prouver que les plantes transgéniques étaient nuisibles et ce n’est pas parce que Monsanto ou Pioneer sont de puissantes entreprises américaines, mais tout simplement parce que l’Académie des Sciences américaine a objectivement, en toute indépendance et en toute connaissance de cause pris cette décision indépendamment de l’industrie et de la politique. Il est vrai que l’inique principe de précaution n’existe pas aux USA alors que la France l’a inscrit dans la Constitution …

Comme se plait à le répéter H16 dans ses billets paraissant sur le site de Contrepoints, ce pays est foutu !