Nuages sombres sur le WEB

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En 1980, il y a donc 38 ans, le jeune informaticien londonien Tim Berners-Lee bénéficia d’un contrat de courte pour tenter d’interconnecter les ordinateurs des différents laboratoires du CERN, la grosse machine à accélérer des particules située dans les profondeurs de la plaine séparant Ferney-Voltaire de Genève. De retour à Londres il travailla alors dans une entreprise de télécommunication qui plus précisément s’intéressait aux transferts de données entre postes informatiques puis il revint au CERN en 1989 et ayant acquis une solide formation dans ce type particulier de télécommunications Berners-Lee mit au point un système de gestion des transferts de données d’un ordinateur vers un ou plusieurs autres au sein du CERN qu’il nomma Hypertext Transfer Protocole (HTTP). C’était la naissance du WEB plus communément appellé « Internet ».

Le WEB tel qu’on le connaît aujourd’hui est un gigantesque système de gestion de transferts de données à l’échelle mondiale fondamentalement basé sur deux principes : un protocole de contrôle des transmission (TCP) et un système de noms de domaines. Berners-Lee reste aujourd’hui Président fondateur de la World Wide Web Foundation et il est un féroce défenseur de la neutralité du WEB en ce sens que le « trafic » sur la toile ne doit ni être contrôlé ni enregistré et rester totalement libre. Pour Berners-Lee il s’agit d’une sorte de respect du droit des peuples à disposer d’internet comme ils le désirent, internet étant devenu pour lui un bien commun de l’humanité et ceci à l’échelle planétaire.

C’est la raison pour laquelle Berners-Lee s’insurge contre les pratiques des géants de la technologie comme Facebook et Google qui enfreignent ce principe fondamental de la neutralité du Web. Il prône un démantèlement de ces deux mastodontes des technologies de l’information à moins qu’apparaissent de sérieux concurrents ou bien que les utilisateurs s’en éloignent progressivement et il dénonce cette concentration de pouvoir devenue incontrôlable.

Berners-Lee a été particulièrement désappointé à propos du scandale de Cambridge Analytica à qui Facebook avait vendu (l’histoire ne la pas explicitement dit mais c’est du domaine de la vraisemblance) une quantité considérable de données sans le consentement des utilisateurs du réseau social. Cette pratique de Facebook, largement utilisée par Google avec ses algorithmes de classement de ses pages web pour attirer des annonceurs publicitaires, est contraire à l’esprit de la Fondation du WWB. Berners-Lee soupçonne également Twitter d’imiter les deux grands géants de l’IT en procédant de plus en plus souvent à des censures de contenus. Selon Berners-Lee : « Si vous mettez une goutte d’amour dans un « twitt » il semble que votre twitt disparaît rapidement mais si vous mettez un soupçon de haine alors ce twitt se propage beaucoup plus rapidement, Et vous vous demandez alors : est-ce pour cette raison que Twitter en tant que média a été créé ?« . À méditer.

Source partielle : ZeroHedge, illustration Wikipedia.

5 réflexions au sujet de « Nuages sombres sur le WEB »

  1. C’est le principe de base de la culture journalistique américaine (qui fait des émules jusqu’en Europe) : le sang et les scandales font plus vendre que les bons sentiments.

  2. Petite remarque en passant : Tim Bernes-Lee a eu beaucoup de mérite mais sans Vinton Cerf qui a mis au point avec Bob Kahn le protocole TCP/IP, Berners-Lee aurait été à poil.
    Pour les gens pas très au fait de l’informatique réseau, le protocole IP permet grossièrement de faire communiquer des machines en leur assignat une adresse, comme on le fait avec du courrier postal, le protocole TCP permet de fiabiliser les transmissions. Evidemment, tout cela ne peut fonctionner que si on a un système d’annuaire mondial (le protocole DNS) et une gestion souple de l’utilisation des connexions (le protocole DHCP).
    Evidemment, les américains se sont appropriés comme d’habitude la gestion des postes clés de cet ensemble d’architectures serveurs , et il suffit qu’ils mettent en carafe quelques serveurs clés pour que l’Internet mondial se retrouve dans le noir…

    • Merci pour ce commentaire. je n’avais pas eu le courage d’entrer dans les détails de toutes ces procédures informatiques.
      En ce qui concerne la main-mise des Américains sur internet s’ils veulent mettre le Web dans le noir, comme vous le dites si bien, ils en subiront aussi les conséquences chez eux. Il en est de même pour le GPS mais je pense que ce type d’évènement n’arrivera pas. Pourtant la Chine travaille sérieusement pour trouver des parades mais ce n’est pour le moment qu’anecdotique, et où en est l’Europe avec son propre système GPS ? Pas de nouvelles, probablement parce que les USA font obstruction …

      • Pour Galiléo, le déploiement des satellites n’est pas encore terminé, il faudra attendre encore deux bonnes années. Beidou et Glonass sont opérationnels depuis un moment, bref, l’UE est à la bourre, comme d’habitude dans cet ensemble hétéroclite de 28 pays qui tirent dans toutes les directions. Pour le Royaume-Uni, il serait question de bloquer l’accès des sujets de sa Majesté à Galiléo en cas de Brexit « dur », malgré les sommes déjà versées. Sympathiques les ronds de cuir de la Commission 🙂

  3. Remarque en passant : les américains n’ont pas l’intention de mettre à genoux l’Internet mondial, car grâce à lui, ils peuvent espionner la planète entière 🙂

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