Nuages sombres sur le WEB

Capture d’écran 2018-11-18 à 10.52.08.png

En 1980, il y a donc 38 ans, le jeune informaticien londonien Tim Berners-Lee bénéficia d’un contrat de courte pour tenter d’interconnecter les ordinateurs des différents laboratoires du CERN, la grosse machine à accélérer des particules située dans les profondeurs de la plaine séparant Ferney-Voltaire de Genève. De retour à Londres il travailla alors dans une entreprise de télécommunication qui plus précisément s’intéressait aux transferts de données entre postes informatiques puis il revint au CERN en 1989 et ayant acquis une solide formation dans ce type particulier de télécommunications Berners-Lee mit au point un système de gestion des transferts de données d’un ordinateur vers un ou plusieurs autres au sein du CERN qu’il nomma Hypertext Transfer Protocole (HTTP). C’était la naissance du WEB plus communément appellé « Internet ».

Le WEB tel qu’on le connaît aujourd’hui est un gigantesque système de gestion de transferts de données à l’échelle mondiale fondamentalement basé sur deux principes : un protocole de contrôle des transmission (TCP) et un système de noms de domaines. Berners-Lee reste aujourd’hui Président fondateur de la World Wide Web Foundation et il est un féroce défenseur de la neutralité du WEB en ce sens que le « trafic » sur la toile ne doit ni être contrôlé ni enregistré et rester totalement libre. Pour Berners-Lee il s’agit d’une sorte de respect du droit des peuples à disposer d’internet comme ils le désirent, internet étant devenu pour lui un bien commun de l’humanité et ceci à l’échelle planétaire.

C’est la raison pour laquelle Berners-Lee s’insurge contre les pratiques des géants de la technologie comme Facebook et Google qui enfreignent ce principe fondamental de la neutralité du Web. Il prône un démantèlement de ces deux mastodontes des technologies de l’information à moins qu’apparaissent de sérieux concurrents ou bien que les utilisateurs s’en éloignent progressivement et il dénonce cette concentration de pouvoir devenue incontrôlable.

Berners-Lee a été particulièrement désappointé à propos du scandale de Cambridge Analytica à qui Facebook avait vendu (l’histoire ne la pas explicitement dit mais c’est du domaine de la vraisemblance) une quantité considérable de données sans le consentement des utilisateurs du réseau social. Cette pratique de Facebook, largement utilisée par Google avec ses algorithmes de classement de ses pages web pour attirer des annonceurs publicitaires, est contraire à l’esprit de la Fondation du WWB. Berners-Lee soupçonne également Twitter d’imiter les deux grands géants de l’IT en procédant de plus en plus souvent à des censures de contenus. Selon Berners-Lee : « Si vous mettez une goutte d’amour dans un « twitt » il semble que votre twitt disparaît rapidement mais si vous mettez un soupçon de haine alors ce twitt se propage beaucoup plus rapidement, Et vous vous demandez alors : est-ce pour cette raison que Twitter en tant que média a été créé ?« . À méditer.

Source partielle : ZeroHedge, illustration Wikipedia.

Le Web a fêté ses 28 ans dans la partie française du CERN.

Capture d’écran 2017-03-14 à 13.25.17.png

Le 12 mars 1989 l’informaticien anglais Tim Berners-Lee (TimBL) travaillait au CERN avec un contrat d’indépendant et il proposa à cet organisme, bien connu aujourd’hui pour sa découverte récente du bozon de Higgs, le concept d’hypertexte afin d’aider les chercheurs à communiquer entre eux. Il mit en place un système qu’on peut appeler aujourd’hui « intranet » sur le site du CERN, fort de son expérience au sein de la société de télécommunication anglaise Plessey et ayant collaboré à la mise au point d’un logiciel de traitement de texte. Le système proposé au CERN fut appelé Enquire. C’était la naissance du Web tel qu’on le connait maintenant.

Le développement de l’hypertexte (HTTP, acronyme de HyperText Transfer Protocol) constitue la base technique du web avec le contrôle de transmission (TCP) et le système de noms de domaines (DNS).

Comme je n’y comprend rien je laisse mes lecteurs se documenter par eux-mêmes (source par exemple Wikipedia).

À l’occasion de cet évènement « TimBL », aujourd’hui membre fondateur de la WWW Foundation (ne pas confondre avec le WWF), a écrit une lettre ouverte indiquant les trois points qui menacent cette organisation devenue mondiale et dont presque plus personne ne peut se passer, que ce soit en se connectant avec un ordinateur, une tablette ou un téléphone portable et ceci dans toutes les couches de la société, dans tous les pays du monde et pour toutes les applications ou domaines industriels, politiques et commerciaux et ce pratiquement sans exception.

TimBL sonne l’alerte sur les fausses nouvelles qui envahissent « la toile » que ce soient de faux faits-divers, de fausses informations financières ou encore de fausses rumeurs à caractère politique ou commercial. Ces fausses nouvelles font souvent le « buzz », un néologisme presque sonore, et envahissent la toile avec une rapidité étonnante et dangereuse. Ce sont surtout les réseaux sociaux et une petite poignée de moteurs de recherche qui favorisent l’envahissement du WEB par ces fausses nouvelles. TimBL déplore le mercantilisme de ces organisations qui gagnent de l’argent chaque fois qu’on y accède. Par exemple, durant la campagne présidentielle américaine, jusqu’à 50000 messages publicitaires étaient présentés chaque jour sur Facebook, une situation totalement incontrôlable ! Et chaque fois qu’un utilisateur de ce réseau social y était connecté la compagnie de Zuckerberg gagnait de l’argent … beaucoup d’argent, des millions de dollars chaque minute.

L’autre point que déplore TimBL est la perte de contrôle de nos données personnelles. La fourniture de renseignements personnels à un site web en échange d’un accès gratuit à ce dernier permet aux gouvernements de nous surveiller à notre insu. « Dans les pays où nous croyons que le gouvernement a l’intérêt des citoyens à coeur, la surveillance de tous, tout le temps, va tout simplement trop loin » selon TimBL que ce soit au niveau des idées politiques, de l’appartenance à une religion, de la sexualité ou encore de la santé.

TimBL aborde aussi très opportunément l’utilisation de la toile par le monde politique au mépris des plus basiques règles de la démocratie. À l’aide d’algorithmes sophistiqués le monde politique cible chacun des utilisateurs du web pour l’influencer dans ses choix. Un exemple évident est la main-mise évidente de l’écologie politique sur un nombre impressionnant de pages web de l’encyclopédie ouverte Wikipedia ainsi que la réécriture de certaines pages de l’histoire contemporaine.

Enfin TimBL conclue en appelant tous les « webinards » à s’unir pour sauvegarder la liberté d’internet car le web appartient à tout le monde et personne ne peut s’arroger le droit de l’utiliser comme un instrument de manipulation à des fins politiques ou idéologiques.

Source : http://webfoundation.org/2017/03/web-turns-28-letter/ disponible aussi en français, espagnol, portugais et arabe