Elon Musk : un génie, un doux rêveur, un escroc ou les trois à la fois ?

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La stratégie de la firme de voitures « tout-électrique » Tesla est basée sur la durabilité (sustainability en anglais), en d’autres termes sur une empreinte carbone nulle de ces véhicules automobiles qui ne brûlent ni essence, ni kérosène, ni alcool et naturellement pas de charbon, on ne vit plus à l’époque des locomotives à vapeur. C’est tout simplement du vent, sans jeu de mot, car qui dit vent dit moulins à vent, le sommet de l’énergie renouvelable. Donc toutes les voitures électriques Tesla, avec ou sans conducteur, doivent être alimentées pour recharger leurs batteries avec de l’électricité également « renouvelable » si la firme Tesla doit rester en accord avec ses principes. Elon Musk a choisi un business plan audacieux, certes, mais à la limite de l’escroquerie car comment recharger à terme de 200 millions de véhicules aux USA seulement ? Avec du vent ou du rêve ?

La capitalisation boursière de Tesla a dépassé après seulement 14 ans d’existence celle de Ford, une société qui existe depuis 109 ans et est le plus grand constructeur d’automobiles des Etats-Unis. Ça sent déjà l’entourloupe boursière ! Car Tesla produit autant de véhicules en une année que Ford en douze jours et demi. Cette capitalisation (50,84 milliards de dollars) est tout de même encore loin de celle de Toyota qui atteint 160 milliards de dollars.

L’objectif d’Elon Musk est d’infléchir le marché automobile mondial vers la voiture tout-électrique et de changer les mentalités (rien que ça !) car pour ce monsieur même les véhicules hybrides genre Prius (sans faire de publicité) n’ont pas une empreinte carbone nulle, point que revendique Tesla.

Qui va produire l’électricité qui sera nécessaire pour recharger tous ces véhicules électriques et comment cette énergie va-t-elle être produite ? Elon Musk ne se pose pas la question, ce n’est pas son problème, il veut vendre des voitures et imprimer son idéologie dans le monde entier, une transition future vers des véhicules à empreinte carbone nulle, point barre. De mon point de vue seule l’énergie nucléaire pourra satisfaire ce challenge de « sustainability » revendiqué par Tesla car il faudra disposer d’une source d’énergie fiable, propre et d’un prix abordable et compétitif avec le pétrole qui un jour ou l’autre tendra à se raréfier, ce qui facilitera d’ailleurs les futurs investissements dans des réacteurs à neutrons rapide brûlant du thorium ou de l’uranium appauvri, une dernière filière qu’a abandonné la France pourtant leader mondial à l’époque. Il n’y a donc qu’une alternative plausible pour réduire les émissions de CO2 par les véhicules automobiles, l’énergie nucléaire – quoiqu’en pensent les écologistes au sujet de cette source d’énergie électrique comme ces abrutis de Hollande (François), Lepage (Corinne), Royal (Ségolène) seulement en France – et ne parlons même pas de l’Allemagne ou de la Californie qui ne veulent plus entendre parler d’uranium. Elon Musk n’est pas un génie, loin s’en faut, il rêve les yeux ouverts ou alors c’est un escroc (génial) et de haut vol …

Note : il est bon de rappeler que les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim condamnés à une mort prématurée pour des raisons politiques pourraient alimenter quotidiennement 400000 véhicules « tout-électrique » par jour durant les dix prochaines années voire plus … Ça c’est de l’écologie !

9 réflexions au sujet de « Elon Musk : un génie, un doux rêveur, un escroc ou les trois à la fois ? »

  1. Effectivement les voitures électriques ou hybrides n’ont pas d’empreinte CO2 nulle, contrairement à l’intox médiatique ambiante à ce sujet.
    Quelques explications. Tout objet est fait de divers matériaux, qui sont extraits de mines de fer, de bauxite, de chrome etc…etc…, par un processus pas toujours simple mais passant par des usines qu’il faut construire, alimenter en énergie, employer du personnel (qui vient en voiture, mange, respire…), puis transporter le produit obtenu (tôle, tube, barre, lingot, IPN, etc…) là où il sera découpé, plié, forgé, embouti, usiné, peint, etc….. ensuite les différentes pièces obtenues seront assemblées. Tout ce qui précède nécessite beaucoup d’énergies, on appelle ces énergies les « énergies grises » (énergies que le client du produit fini ne voit pas). Plus l’ensemble de ces énergies grises est important, plus le prix du produit fini est élevé : il y a une proportionnalité entre le prix d’un produit (chemise, tôle, voiture, meuble, repas, pont, voie ferrée, vin, etc…etc…) et la somme totale des énergies qui ont été mises en oeuvre pour sa conception. (Certes, une taxe, une rareté, une marge bénéficiaire ou une spéculation etc… peuvent altérer l’équation « Prix = k.Somme des énergies », en d’autres termes ce n’est pas exactement du style ax + b.
    Une voiture hybride qui est plus sophistiquée qu’une voiture ordinaire coûtera donc plus chère (Si même finition, même cadence de production). La prime à l’achat sur les hybrides masque cette différence à l’acheteur, MAIS, d’où vient l’argent de la prime à l’achat? Des impôts et taxes payées par d’autres, autres qui travaillent, utilisent leur voiture, mangent, etc… donc utilisent de l’énergie!, donc la prime représente aussi de l’énergie. Energie cachée, énergie grise donc.
    Cela personne ne vous le dit, et pourtant. (Il parait qu’il ne faut pas que cela se sache)
    Les voitures hybrides jouent sur un autre tableau, en diminuant la plage du moteur on augmente un peu son rendement, l’électricité stockée pouvant compenser un besoin ponctuel de puissance. OK. Les freinages (conduite en ville donc) sont utilisés pour recharger les batterie (énergie cinétique transformée en énergie électrique avec un rendement d’environ 0,5 : rendement du générateur, rendement de la batterie, rendement du moteur électrique. Les rendements se multiplient entr’eux (hélas). Quid de la recharge sur une utilisation autoroutière?
    Lu (je ne sais plus où) mais sur autoroute la 308 BleuHDi consomme moins que la Prius. Comme quoi…
    Concernant la voiture 100% électrique, le propriétaire ne voit pas les énergies grises, ni même la pollution de la centrale EDF qui va recharger son véhicule. Ces niais disent à leur amis que leur véhicule est propre, pas de pollution, pas de CO2. Et de plus, la teinte de la carrosserie est probablement verte! Oui, quand le véhicule roule il n’y a pas de pot d’échappement, pas de pollution : celle-ci est simplement déplacée.
    Oui, a ne laisser rentrer dans une ville que des voitures électriques cela rendra l’air débarrassée de particules, de fumées, etc… mais c’est simplement déplacer ces pollutions là où l’on fabrique ces véhicules, là où l’on produit l’électricité.
    Exception : électricité provenant d’un barrage hydraulique.

  2. Même le barrage et la centrale hydraulique n’est pas innocent : combien faut-il brûler de charbon ou de pétrole pour fabriquer une tonne de ciment ? Beaucoup, et les cimenteries figurent dans le top 5 des pollueurs.
    Combien de milliers de tonnes de ciment pour un barrage et sa centrale ?
    Quels dégâts inflige-t-on à la vallée, à la rivière ou au fleuve, à sa flore et sa faune, au paysage, aux habitants locaux, aux agriculteurs ?
    Qui étudie sérieusement et chiffre ces coûts écologiques ou humains ? Sujet tabou…
    Les création industrielles les plus soi-disant « écolos » reposent toutes sur un ou plusieurs mensonges éhontés.
    Bon, nous savons bien pour qui nous prend la pub et la TV. Pour des c….
    Jean Claude

    • L’énergie hydraulique présente quand même le meilleurs écobilan possible parmi tous les moyens de produire de l’électricité. Maintenant, aucune source d’énergie est complétement neutre, il est vrai.

  3. Aucune solution n’est viable à grande échelle sur le long terme, c’est la loi de l’entropie. Le soucis est de vouloir à tout prix croître sans fin dans un monde fini, véhicule électrique ou thermique, transport aérien, obsolecence programmée, crédit, propagane consumériste (publicité) qui ringardise le consommateur sobre, …

    Il faut se focaliser sur la baisse de la consommation (énergie et matière première).
    Comme cela a été souligné par certains, l’énergie grise compte pour beaucoup, un ordinateur par exemple est bien plus gourmand en énergie grise qu’en électricité durant son utilisation, bien pire pour un smartphone, et on veut nous en faire changer à un rythme sans cesse accru, et plus un produit est high-tech plus il est coûteux (en énergie) à recycler, et donc n’est que très peu recyclé… Là aussi loi de l’entropie.

    N’oubliez pas que même un véhicule électrique émet des micro-particules nocives (le roulement pneu/macadam génère autour de 40% des micro-particules émises par un véhicule thermique, cette part se retrouve sur un électrique) toujours l’entropie…, et effectivement comme cela a été écrit, le reste de la pollution est simplement délocalisée sur la production des batteries et de l’électricité, la comparaison peut être à l’avantage du thermique si on roule peu et que le mix électrique est fourni avec beau d’énergie fossile (charbon, fuel, gaz) vu que l’énergie grise nécessaire pour fabriquer les batteries fait à peu près doubler le coût en énergie grise d’un véhicule électrique.

    Bref Mr Elon Musk est un pro du capitalisme vert qui na de vert que la couleur…

    Le nucléaire (fission) peut sembler séduisant à première vue (bilan CO2), mais… on a (volontairement en France vu les lobbies) sous-estimé de beaucoup les coûts de stockage des déchets (non maîtrisé…) ainsi que le démentèlement des centrales, sans parler que si jamais on se remetait à miser sur cette énergie au niveau mondial, le pic d’uranium serait rapidement atteint.
    Quant à la fusion, ça n’est pas demain la veille et elle n’est pas non plus sans nuisances.

    Je m’écarte un peu du sujet (quoique…) : sur la loi de l’entropie appliquée à l’économie, lire Nicholas Georgescu Roegen, un des plus grands économistes du XXe siècle (forcément aux oubliettes vu la domination actuelle des néo-classiques), qui montre bien que dans un monde fini, toute croissance conduit inéluctablement à davantage de pollution et à une raréfaction des ressources, quelque soit la technologie employée, le taux de recyclage, …, le problème est toujours la croissance, la technologie peut aux mieux ralentir le processus (parfois ça peut être l’inverse), mais un processus exponentiel finit toujours par arriver aux limites, et alors on assiste à alors un effondrement (dans un système complexe tel que notre planète) plus ou moins brutal, tel que simulé par le Club de Rome dès le début des années 1970.
    A ce stade (effondrement financier, économique, voir social), avoir de l’énergie nucléaire sera un lourd handicap, mieux vaut miser sur le renouvelable tout en réduisant darstiquement la consommation.

    • Cher JP,
      j’ai lu et relu avec attention votre commentaire d’une grande qualité et sur ce point je vous en remercie. Cependant il appelle quelques remarques contradictoires de ma part. Tout d’abord je réfute les conclusions du Club de Rome qui constituent la base de l’idéologie écologiste et du malthusianisme. Ce sont à mon avis des positions insoutenables sinon moralement du moins concrètement. En quelques mots seulement mais ma prose n’est pas infaillible, tout d’abord si on veut être en accord avec la doxa imposée par des puissances de l’ombre au sujet de la dangerosité du CO2 il n’y a qu’une alternative et une seule : l’énergie nucléaire. Non pas le PWR d’aujourd’hui, une technologie imposée par les militaires qui avaient besoin de plutonium pour « leurs » bombes mais le thorium ou la surrégénération, ce qui revient d’ailleurs au même, deux technologies qui réduisent considérablement le problème des déchets.
      Le tout électrique est tout à fait envisageable à condition que l’on maîtrise ces technologies d’avant-garde lorsque l’Europe s’était lancée dans le projet NERSA que je connais très bien (Super-Phénix) qui a été abandonné sur un coup de tête invraisemblable des écologistes qui hantaient déjà les couloirs des ministères à l’époque de Jospin. Cette approche qui pourtant n’utilisait que l’uranium appauvri mais était en outre capable de « brûler » les transuranides provenant des PWRs était un choix totalement optimisé et fiable, durable et donc économiquement voué à un succès. J’ai souvent dénoncé cette erreur stratégique fondamentale d’un gouvernement déjà miné par les idées et les réminiscences théoriques du Club de Rome quand il s’est agi de décider de la fermeture de cette usine unique au monde à l’époque et que j’ai eu l’occasion de visiter à de nombreuses reprises.
      Le tout électrique est réalisable afin de préserver la qualité de vie de la planète, encore que le CO2 n’a rien de nocif, si la source de cette énergie est fiable, durable et économique et seule l’énergie nucléaire peut satisfaire à ces trois critères. Les stocks français d’uranium appauvri sont suffisants pour fournir autant d’énergie que le pays en a besoin pendant 2000 ans et vous avez bien lu !
      Maintenant en ce qui concerne la nourriture ou l’élevage, je suis désolé de vous contredire également. Dans de brefs délais il existera de véritables usines de production de légumes et de fruits à condition que de la lumière soit disponible économiquement. Les progrès en termes de génétique et de modification des caractères des plantes permettront également de satisfaire l’ensemble d’une population qui devrait atteindre quelques 9 milliards d’individus aux alentours de 2030 bien que je n’accorde qu’une confiance limitée à ce type d’exercice intellectuel.
      En conclusion, je pense que vous êtes par trop pessimiste et que le génie humain peut en fin de compte contourner les fameuses lois de l’entropie, ceci étant un grand espoir …

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