Standard&Poor analyse le futur énergétique de l’Europe : il n’y a de place pour aucun optimisme …

La transition énergétique « propre » de l’Union européenne « laisse de côté un certain nombre de technologies éprouvées » dans une approche qui est « plus une économie politique qu’une économie de marché », a déclaré cette semaine un analyste du cabinet S&P Global Ratings Infrastructure and Utilities. (Les brefs commentaires et ajouts de mon cru figurent entre parenthèses et en caractères italiques).

S’adressant aux journalistes le 16 novembre 2020, avant la conférence annuelle de l’agence de notation sur les infrastructures et les services publics, Pierre Georges, directeur principal de EMEA Utilities (producteurs d’électricité de la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique), a déclaré que la part de la capacité nucléaire dans le mix énergétique du bloc européen devrait baisser de 32 GW d’ici 2030 par rapport à son niveau de 2018. Il s’agit du chiffre net de S&P pour l’UE et le Royaume-Uni, (qui comprend la mise en service de la centrale nucléaire de Mochovce en Slovaquie sur cette période (2020)). L’Allemagne, l’Espagne et la Belgique – qui ont toutes des plans de sortie du nucléaire – représentaient respectivement 9,5 GW, 7,1 GW et 5,8 GW de capacité nucléaire à la fin 2018. Le chiffre de 32 GW est une baisse de capacité légèrement plus rapide que celle projetée dans le scénario le plus bas du rapport sur le combustible nucléaire de l’Association nucléaire mondiale.

Interrogé sur l’avenir de la nouvelle construction nucléaire en Europe, Pierre Georges a déclaré : « Mis à part les développements des nouvelles technologies, des points d’interrogation planent sur les perspectives du secteur nucléaire en Europe datant d’avant la pandémie et celles-ci persistent ». Le parc de réacteurs vieillissant à travers l’Europe atteint sa 40e année dans de nombreux pays, a-t-il déclaré, et le démantèlement de ces centrales est « inévitable ». Les nouveaux projets de construction au Royaume-Uni, en Hongrie et en Pologne ne mettront pas de nouvelles capacités en ligne avant 2030, a-t-il ajouté (hors EPRs d’Olkiluoto et de Flamanville).

Le manque de nouvelles unités va au-delà de la question de l’acceptation publique du nucléaire, a-t-il dit, et des problèmes de la chaîne d’approvisionnement (et de la gestion des déchets). Le savoir-faire et l’expertise disparaissent lentement mais sûrement, il faut donc vraiment relancer une nouvelle industrie pour y arriver dans les décennies à venir. Les perspectives pour les petits réacteurs modulaires pourraient être meilleures que pour les usines à grande échelle, a-t-il dit, et celles-ci pourraient éventuellement faire partie du secteur de la production d’hydrogène.

Choix technologiques

La croissance des énergies renouvelables n’a pas été affectée par la pandémie en raison d’un renforcement des signaux politiques nationaux et européens, a-t-il déclaré. Les moteurs politiques de cette année comprennent le fonds de relance de 750 milliards d’euros de la Commission européenne. L’objectif de l’UE est une réduction de 55% ou plus des émissions d’ici 2030 et de la neutralité carbone d’ici 2050, en matière d’hydrogène vert capacité d’électrolyse de 6 GW d’ici 2024 et de 40 GW d’ici 2030 (à l’évidence cela relève du rêve 6GW = 7 réacteurs nucléaires type Fessenheim), l’Allemagne portant ses objectifs éoliens offshore à 20 GW d’ici 2030 et 40 GW d’ici 2040, et le Royaume-Uni (qui ne fait plus partie de l’Union européenne) augmentant son objectif éolien offshore en 2030 de 30 GW à 40 GW. Mais les ambitions gouvernementales pour le « net zéro » se déroulent dans un environnement macro-économique « fragile », a-t-il dit, et de nouveaux modèles d’investissement devront être définis.

Il y a la question autour du « bon choix » de technologie, a-t-il dit, car « une technologie appliquée trop rapidement peut être dangereuse voire mortelle, mais aller trop lentement ne nous permettra pas d’atteindre les objectifs zéro carbone ». (Pierre Georges n’a pas précisé ce qu’était dans son esprit une technologie mortelle : mortelle en terme de vie humaine ou mortelle pour l’économie ?) « La transition énergétique de l’UE laisse de côté un certain nombre de technologies éprouvées par le passé, ce qui impliquera une adaptation plus drastique. C’est le cas des acteurs des énergies fossiles – charbon, pétrole et gaz – et dans une certaine mesure l’industrie nucléaire ». Il a été demandé à Pierre Georges s’il y avait un décalage entre les projections de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) et d’autres organisations selon lesquelles le nucléaire doit être inclus dans la transition énergétique propre si le monde veut atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone, et le fait que la taxonomie de l’UE sur la finance durable néglige le rôle de l’énergie nucléaire. Il a déclaré à ce sujet : « Le nucléaire est bien sûr une technologie proche du zéro carbone qui pourrait avoir un rôle à jouer. Les questions qui se posent aujourd’hui sont qu’il faut trouver le bon modèle [de financement]. La France, qui est le pays le plus exposé lorsque il s’agit du nucléaire retarde toute réponse sur le « nouveau » nucléaire jusqu’au prochain mandat présidentiel et vous pouvez voir que c’est un sujet hautement sensible politiquement. Mais c’est aussi très rationnel, étant donné l’incapacité jusqu’à présent à achever les projets existants, que ce soit avec Olkiluoto-3 en Finlande ou Flamanville en France. Regardez ces deux projets et posez-vous la question suivante : pouvons-nous effectivement construire un nouveau cycle d’investissement pour le nucléaire alors qu’il est tout à fait évident qu’il existe aujourd’hui des faiblesses techniques et d’expertise dans l’industrie ? » (Les deux EPRs du site chinois de Taishan dont la construction a commencé en 2009 ont été connectés au réseau respectivement en 2018 et 2019, ce détail n’a pas échappé à Pierre Georges qui en a conclu qu’il n’y avait plus d’expertise dans ce domaine industriel en Europe. Les prochaines unités construites en Europe le seront par la Chine ou la Russie). Les prévisions de l’IEA ont une vision globale et prennent ainsi en compte les chaînes d’approvisionnement nucléaire en Russie et en Chine, où les pipelines d’investissement sont plus certains et l’expertise dans le nucléaire « ne s’est jamais éteinte ».

La voie vers une économie nette zéro carbone présente aux services publics un certain nombre de défis technologiques dans la mesure où le secteur de l’électricité est « encore en phase de R&D pour que la décarbonisation se produise », a-t-il déclaré. Ces défis incluent le développement de technologies de production de l’hydrogène et de capture du carbone et l’intégration de la numérisation (difficile de comprendre de quoi il s’agit, les « smart-grids » peut-être, encore une vue de l’esprit : on ne pilote pas la consommation électrique d’un logement comme on pilote la consommation d’un pays tout entier). Un autre défi, non seulement dans le secteur des producteurs d’électricité mais aussi dans le pétrole et le gaz, est d’adopter une approche stratégique de la gouvernance environnementale, sociale et d’entreprise en ligne avec la transition vers l’énergie propre. Un autre défi consiste à déplacer l’accent mis dans la réglementation des préoccupations sur le maintien des industries très grosses consommatrices d’électricité et donc à l’incitation des opérateurs de réseau et des développeurs d’infrastructures à faire les investissements nécessaires. (De ce fait il est prévisible que dans quelques années seulement il n’y aura plus de sidérurgie ni de production d’aluminium en Europe et l’industrie chimique sera gravement pénalisée).

La vie après COVID

La voie de la reprise après la pandémie de coronavirus « reste cahotique » mais le rebond des économies dans les États membres de l’UE après la première vague de verrouillage a été plus fort que prévu, a déclaré Georges. Selon S&P, le PIB de la zone euro dans son ensemble a baissé cette année de 7,4% par rapport à son niveau de 2019, mais devrait augmenter de 6,1% en 2021. À titre de comparaison, les variations des PIB des États-Unis et de la Chine ont été respectivement, -4% et + 2,1% cette année et devraient augmenter de 3,9% et 6,9% l’an prochain (Ah bon ! chacun ses prévisions mais je serais beaucoup plus pessimiste. Exemple : le Japon n’a jamais confiné le pays et l’activité économique et industrielle n’a pas cessé comme c’est encore le cas dans certains pays européens. Pourtant l’économie japonaise s’est contracté de 5 % sur les 9 premiers mois de 2020 simplement en raison du ralentissement de l’économie de ses pays clients, c’est-à-dire des facteurs extérieurs au Japon). « La situation favorable est susceptible de perdurer et, de plus, le monde financier fait également pression pour une économie plus verte visant à construire un portefeuille de prêts dans le développement durable et l’innovation verte. Les investisseurs qui s’intéressent à l’Europe intègrent de plus en plus les facteurs énergétiques dans leur analyse et leurs choix d’investissement », a-t-il déclaré. « Cela change progressivement les stratégies des entreprises qui y intègrent de plus en plus le cadre énergétique ».

Sur ce que la pandémie COVID-19 signifie pour la transition énergétique, Georges a déclaré que les infrastructures énergétiques entrent dans une décennie d ‘« investissement de super-cycle ». « C’est formidable, mais qu’arrive-t-il à la chaîne d’approvisionnement et à la clientèle, qui ne bénéficient pas de la même manière dans leur cœur de métier, et sont peut-être un peu démunis pour faire face à cette croissance ? Le secteur des services publics aura toujours un bilan assez serré et Il faudra trouver un équilibre avec les opportunités d’investissement élevées. C’est vraiment ce dont nous aurons besoin pour saisir pleinement les prochaines mises à jour de la stratégie découlant du secteur de l’énergie pour nous assurer que cette combinaison de croissance élevée et de bilans contraints puisse fonctionner ensemble ». La nouvelle situation créée par la pandémie a conduit à des « messages contrastés » sur les infrastructures, a-t-il déclaré. « Nous voyons d’un côté que le COVID-19 affecte certains secteurs du monde des infrastructures, comme les aéroports et les transports en général. D’un autre côté, les considérations environnementales, la lutte contre le changement climatique et l’assouplissement des restrictions budgétaires donnent un énorme coup de pouce aux besoins en infrastructures, ouvrant la voie à une décennie de super-cycle d’investissement à partir des infrastructures vertes à une époque de coût du capital historiquement bas ».

S&P prévoit que les investissements dans les énergies renouvelables « augmenteront massivement » dans le monde et qu’il y aura « quatre fois plus de solaire, trois fois plus d’éolien terrestre et trois fois plus d’éolien offshore » d’ici 2030. Dans l’UE et au Royaume-Uni, cela va provoquer un changement de paradigme, a déclaré Georges, avec une capacité installée d’énergie renouvelable augmentant de 50% d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2018. « Nous pensons que les réseaux électriques se développeront le plus pour connecter et intégrer les énergies renouvelables, tandis que les réseaux de gaz ont plus d’incertitudes dans une économie décarbonée, et nous voyons leurs perspectives à long terme dépendant de la montée en puissance de l’hydrogène. L’intégration de la numérisation nécessitera une mise à niveau de l’infrastructure de base existante, ce qui nécessitera des investissements massifs », a-t-il déclaré.

« Les défis incluent le fait que cette transition énergétique est une économie politique par opposition à l’économie de marché que nous connaissons bien. Elle découlera de l’efficacité énergétique ainsi que de la décarbonisation et de l’électrification de l’économie. Ces défis seront coûteux et nécessiteront un consensus de la part de tous les gouvernements ». (Quand on sait que les gouvernements et les entreprises rémunèrent les agence de notation et d’analyses pour qu’elles leur présentent de telles divagations on ne peut qu’être figé d’effroi. Première question : comment les pays européens produiront-ils massivement de l’hydrogène, 6 GW d’ici 2024 et 40 GW d’ici 2030, 40 GW représentant 22 fois la capacité de la totalité de la centrale nucléaire de Fessenheim, 2 réacteurs de 0,9 Gwe, maintenant fermée et destinée à la ferraille. J’ignore quelles sont les qualifications du staff de S&P mais il est évident que cette institution a viré vers l’écolo-gauchisme pur et dur pour oser déclarer un tel tissu d’inepties).

C’est à cause des militaires que l’énergie nucléaire civile est dangereuse !

Demandez à quelqu’un pourquoi il est contre les OGMs, d’une manière générale il n’en sait rien. Si vous lui dites que la vaccination contre le SARS-CoV-2 à l’aide d’ARN messager viral transformera tous les hommes en OGMs il croira que c’est une blague de mauvais goût, et pourtant c’est la triste vérité. Demandez à une personne pourquoi elle est opposée à l’énergie nucléaire civile et de préciser ses arguments. Elle balbutiera et ne saura pas trop quoi répondre si ce n’est que c’est dangereux tout en ignorant totalement l’aspect dangereux de l’énergie nucléaire en comparaison d’autres sources d’énergie. Dans ces deux cas emblématiques qui agitent l’opinion il y a une ressemblance frappante : les gens sont pour ou contre telle ou telle nouvelle technologie et qu’ils soient pour ou contre, ni les uns ni les autres ne connaissent vraiment les raisons qui ont motivé leur prise de position devenue avec le temps immuable. Ils ont cru à un moment donné, dont ils ne se souviennent plus, que l’énergie nucléaire était dangereuse comme ils ont cru aussi que les OGMs étaient une invention mauvaise pour la nature. À de très rares exceptions ces personnes n’ont pas pris la peine de faire l’effort basique de se documenter. Avec Internet c’est facile, il n’est plus nécessaire d’aller musarder dans une bibliothèque universitaire pour trouver un ouvrage confus qui exposera en détail le fonctionnement d’un réacteur nucléaire ou le cheminement complexe permettant d’aboutir à une plante génétiquement modifiée. Encore faut-il décider de se documenter objectivement et cela demande un réel effort auquel peu de personnes acceptent de se plier.

Pour l’énergie nucléaire la situation émotionnelle est trop souvent prédominante et il est malheureusement nécessaire d’admettre que si l’atome n’avait pas été en premier lieu utilisé par les militaires pour confectionner des armes de destruction massive l’énergie nucléaire à usage civil aurait été parfaitement admise par l’opinion et serait probablement aujourd’hui la source d’électricité la plus répandue dans le monde, du moins dans les pays pouvant se le permettre sur le plan technologique et financier. Si la bombe atomique n’avait jamais existé, une sorte d’utilisation déviante de la fission nucléaire, il y a bien longtemps qu’on ne brûlerait plus un seul kilo de charbon ou un seul litre de pétrole pour produire de l’électricité. Il y a eu malheureusement l’intervention des militaires et c’est à eux qu’incombe la responsabilité d’avoir rendu l’énergie nucléaire aussi impopulaire. Tout a commencé avec le premier essai nucléaire « Trinity » au Nouveau-Mexique, le 16 juillet 1945, prélude aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki au Japon, l’aboutissement du projet Manhattan. Voici donc le récit de Satya Vatti, une journaliste de BreakThroug News qui vit à Albuquerque dans ce même Etat du Nouveau-Mexique qui démontre la dangerosité du nucléaire militaire.

Les victimes du premier test nucléaire sur le sol américain, 75 ans après, cherchent toujours réparation auprès de la justice.

«Ils pensaient que le monde touchait à sa fin», explique Genoveva Peralta Purcella (12 novembre 2020).

Le 16 juillet 1945, la toute première bombe nucléaire a été testée au Nouveau-Mexique, dans le sud-ouest des États-Unis. La détonation portait le nom de code « Trinity ». C’est le jour qui scellerait le sort de nombreux Américains vivant dans les environs pour les générations à venir. À soixante-dix miles (75 kilomètres) de ce qui est devenu connu sous le nom de Ground Zero – le site d’essai de Trinity – la famille de Genoveva vivait dans un ranch juste à l’extérieur du village de Capitan au Nouveau-Mexique. Genoveva est née l’année suivant l’explosion. Maintenant âgée de 74 ans, elle raconte solennellement comment sa famille se souvient du jour qui allait changer leur vie à jamais. Les sœurs de Genoveva étaient venues rendre visite à leur père et à leur mère enceinte au ranch. À précisément 5 h 30, à l’aube, le ciel s’est soudainement assombri. N’ayant pas d’autre point de référence, ils ont confondu les rugissements et les grondements anormalement forts dans le ciel pour du tonnerre. La maison entière a commencé à trembler. Effrayée, la famille s’est blottie dans un coin.

Lorsque le ciel s’est dégagé, son père est sorti de la maison et il a remarqué qu’il était d’un coup recouvert d’une poudre blanche. La poudre était partout et couvrait tout autour de lui. Rien n’y échappait, ni les vaches que la famille avait élevées, ni les légumes du jardin, ni l’eau de pluie qu’ils stockaient en l’absence d’eau courante. Comme d’autres familles qui ont vécu cette expérience, la famille de Genoveva a balayé la poudre et consommé ses légumes et l’eau stockée. L’explosion a produit tellement d’énergie qu’elle a incinéré tout ce qu’elle avait atteint et a formé une boule de feu qui s’est élevée à plus de 12 kilomètres dans l’atmosphère. Cette boule de feu a créé des cendres qui sont retombées comme de la neige sur les communautés entourant le site de l’explosion. Les gens ne le savaient pas alors, mais ces cendres qui couvraient des milliers de kilomètres carrés étaient les retombées radioactives de l’explosion.

L’effroi a saisi les communautés du bassin de Tularosa qui ont soit été témoins, soit ont vécu le phénomène qu’elles ne pouvaient pas comprendre. Pendant ce temps, la réaction immédiate du personnel du projet Manhattan, qui a créé la bombe, a été « de la surprise, de la joie et un grand soulagement ».

Paul Pino, le cousin de Genoveva, né neuf ans après l’explosion de Trinity, dit que sa famille, qui vivait à 33 miles (55 kilomètres) du site de l’explosion, comptait parmi les nombreuses personnes qui ignoraient ce qui s’était passé ce jour-là. Dans les jours et les mois qui ont précédé l’explosion, les responsables du gouvernement américain n’ont informé aucunes des personne vivant dans la région du test imminent d’une bombe nucléaire. Personne dans le bassin de Tularosa n’a été évacué en lieu sûr. Le lendemain de l’essai nucléaire, les responsables ont commencé à construire un faux récit dans la conscience de la nation : la région était isolée et inhabitée. Et pourtant, des dizaines de milliers de personnes vivaient dans le bassin de Tularosa en 1945. Pendant longtemps, les habitants du bassin ont cru que l’explosion était celle d’un dépôt de munitions. « Le gouvernement nous a menti », a déclaré Pino.

Il faut 24 000 ans pour que la moitié de ce qui reste du plutonium radioactif utilisé dans la bombe Trinity se désintègre. Les habitants de la région ont inhalé et ingéré des particules radioactives pendant 75 ans en raison de la contamination environnementale. Les personnes au pouvoir refusent d’accepter leur responsabilité et de prendre des mesures correctives. À ce jour, il n’y a eu aucun effort de nettoyage.

L’exposition aux radiations a causé des taux élevés de cancers agressifs, de maladies thyroïdiennes, de mortalité infantile et d’autres anomalies de santé dans des générations de familles dans la région du bassin de Tularosa. L’ampleur de l’impact sur la santé ne peut être déterminée avec précision car les études épidémiologiques à long terme n’ont été entreprises que récemment. Les résultats des dernières études de recherche du National Cancer Institute ont été publiés en septembre 2020 dans la revue Health Physics.

« Nous étions 10 et maintenant, un seul survit », a déclaré Genoveva en parlant d’elle-même. Elle a perdu tous les membres de sa famille à cause de cancers. Dans un pays sans soins de santé universels, l’endettement des dépenses médicales a entraîné la ruine économique des communautés proches du site de Trinity. « Toute la douleur et ces souffrances que nous avons dû endurer, et pas un soupçon d’aide du gouvernement », dit Pino, et « pendant ce temps, ce gouvernement a dépensé des milliers de milliards pour les armes nucléaires ». L’histoire de Genoveva n’est pas exceptionnelle. C’est l’histoire de dizaines de milliers de familles aux États-Unis.

Plus de 1 000 essais de bombes nucléaires ont été effectués aux États-Unis entre 1945 et 1992. Un total de 100 essais hors sol ont été effectués sur le site d’essai du Nevada de 1951 à 1962. Les vents ont transporté des retombées radioactives sur des milliers de kilomètres. Des centaines de millions de personnes vivant aux États-Unis ont été exposées à des niveaux de rayonnement variables au fil des ans, sans qu’ils en aient été informés. Le Nouveau-Mexique était sous le vent du site d’essai du Nevada, et les gens qui y vivaient ont continué à être exposés à la radioactivité pendant des décennies après l’exposition initiale pendant l’essai nucléaire de Trinity.

Les habitants des communautés touchées ont fondé le Consortium des Downwinders (personnes se trouvant « sous le vent » du Nevada) du bassin de Tularosa en 2005 pour lutter pour obtenir justice pour les survivants et leurs descendants. Tina Cordova, l’un des cofondateurs du groupe, a été choquée d’apprendre que quelques-uns des États touchés voisins du Nouveau-Mexique recevaient une compensation financière en vertu de la loi sur la compensation de l’exposition aux radiations depuis 1990. Les communautés du Nouveau-Mexique, cependant, ont été exclues des clauses de cette loi. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, Cordova a répondu : « C’est la question à un milliard de dollars. Je pense que nous sommes exclus parce que nous sommes principalement des Hispaniques mexicains, des Autochtones et des Latinos. Nous sommes des minorités et nous sommes pauvres ». Cordova elle-même est la quatrième génération de sa famille à avoir un cancer. Elle s’est jointe à d’autres comme elle pour éduquer et organiser les communautés affectées, pour lutter afin d’établir la vérité. « Dans leur précipitation [du gouvernement] pour bombarder le Japon, nous avons été sacrifiés dans le processus. Nous avons été enrôlés au service de notre pays, sans le savoir, ne le voulant pas, et nous restons toujours sans compensation.

Liens. https://en.wikipedia.org/wiki/Trinity_%28nuclear_test%29

https://www.osti.gov/opennet/manhattan-project-history/Events/1945/trinity.htm

https://eu.detroitnews.com/story/news/nation/2015/07/16/trinity-test-anniversary/30233105/

https://www.atomicheritage.org/history/trinity-test-1945

https://dceg.cancer.gov/research/how-we-study/exposure-assessment/trinity

https://www.trinitydownwinders.com/

http://www.radiationexposurecompensationact.com/

Réflexions au sujet de la Chine, suite.

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Il est un domaine où la planification sur le long terme est nécessaire et c’est ce que la France fit lors des législations De Gaulle et Pompidou, la planification de l’électrification d’origine nucléaire du pays. Lorsque j’étais collégien en pension chez les curés les rares souvenirs positifs que je garde sont la visite du chantier du barrage hydroélectrique au fil de l’eau sur le Rhône au sud de Lyon à Pierre-Bénite. Si on n’a pas visité ce chantier au cours de l’élaboration des fondations du barrage, que l’on circule sur l’autoroute du sud et que l’on regarde la structure à peine visible de cette réalisation on ne peut pas comprendre l’ampleur des travaux effectués pour produire des kWh pratiquement gratuits aujourd’hui. Il fallut une planification rigoureuse sur le long terme pour que de tels ouvrages puissent être réalisés. L’autre visite qui me marqua profondément fut celle de la centrale nucléaire de Bugey I, une visite très spectaculaire ! En effet il s’agissait d’un réacteur nucléaire consommant de l’uranium naturel avec un modérateur constitué de briques de graphite et le tout refroidi avec du CO2 sous pression permettant d’actionner une turbine pour produire de l’électricité. La particularité de ce réacteur était que l’on pouvait marcher tranquillement sur la dalle supérieure du réacteur en fonctionnement sans craindre d’être contaminé. Le bruit de la soufflerie du circuit de refroidissement était impressionnant ainsi que celui de la turbine couplée à l’alternateur dans la salle des machines. La construction des réacteurs graphite-gaz avait été planifiée bien avant la décision de l’administration De Gaulle dans le but de produire assez de plutonium pour réaliser ensuite des bombes … Bref, le programme électronucléaire décidé par De Gaulle et dont la France profite encore fut le fruit d’une planification sur le long terme : on ne construit pas un réacteur nucléaire en quelques années car il s’agit d’un technologie complexe, tout aussi complexe que de reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’identique dont l’édification dura plus de 100 ans.

Venons-en donc à la Chine et à l’énergie nucléaire dans ce pays. Les dirigeants chinois se moquent d’être élus, réélus ou non, ce n’est pas leur problème comme c’est le cas pour les politiciens occidentaux, entre parenthèses il s’agit ici d’un système totalement débile, je parle bien sûr des pays occidentaux. Les dirigeants chinois pensent à l’avenir et ils savent qu’un jour viendra où la natalité de leur pays diminuera et il n’y a pas d’autre solution pour attendre ce but, c’est l’embourgeoisement de la population. En ce qui concerne l’énergie ces mêmes dirigeants savent très bien qu’il faudra un jour sauvegarder le charbon dont ce pays dispose en d’immenses réserves pour l’utiliser dans l’industrie chimique. Le développement de l’énergie nucléaire est donc devenu un priorité absolue pour la Chine. Il y a aujourd’hui 47 réacteurs nucléaires couplés au réseau électrique dont les deux premiers EPRs du monde opérationnels. Il y a 16 réacteurs nucléaires en construction à divers stades dont un surrégénérateur sous licence russe et un réacteur haute température à combustible en lit fluidisé refroidi à l’hélium pour la production d’hydrogène utilisant le procédé iode-soufre et deux autres EPRs de technologie maintenant entièrement chinoise. Sont planifiés en outre 63 autres réacteurs nucléaires, majoritairement des AP1000, c’est-à-dire des PWRs type Fessenheim un peu améliorés dont la durée de vie envisagée est d’au moins 70 ans comme d’ailleurs celle des deux EPR déjà opérationnels. En France comme dans beaucoup d’autres pays européens on planifie le retour au XVIIIe siècle, en Chine on planifie l’énergie vers l’horizon 2100. Voilà toute la différence entre la Chine et les pays occidentaux …

Sources : Wikipedia, illustration WNN, les deux EPR chinois opérationnels.

De la nécessité d’inclure l’énergie nucléaire dans un système énergétique propre

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Document de l’IAEA repris par la World Nuclear Association

Résumé

Dans un monde centré sur des solutions à court terme, bon nombre des caractéristiques qui font de l’énergie nucléaire un acteur clé dans la transition vers un monde durable ne sont pas correctement valorisées et souvent considérées comme acquises. En réfléchissant au discours populaire dans le monde de la politique énergétique, il semblerait que les énergies renouvelables, et les énergies renouvelables seules, seront responsables et capables de fournir un système énergétique zéro carbone – et que ce n’est qu’une question de temps.

Aujourd’hui, la réalité est que les émissions mondiales de dioxyde de carbone et l’utilisation de combustibles fossiles sont toujours en augmentation. Cela rend non seulement la lutte contre le changement climatique beaucoup plus difficile, mais entraîne également des centaines de milliers de décès par pollution chaque année.

L’énergie est l’agent essentiel de la promotion du développement humain, et la demande mondiale devrait augmenter considérablement au cours des prochaines décennies. Garantir l’accès à une énergie moderne et abordable est essentiel pour sortir les gens de la pauvreté et pour promouvoir l’indépendance énergétique et la croissance économique.

L’énergie nucléaire est une solution éprouvée avec une longue expérience bien établie. Les réacteurs nucléaires – un grand total de 445 dans 30 pays – sont l’épine dorsale à faible émission de carbone des systèmes électriques, fonctionnant en arrière-plan, jour après jour, souvent hors de vue et hors de nos esprits. Capables de générer d’immenses quantités d’énergie propre, ce sont les géants silencieux sur lesquels nous comptons quotidiennement.

L’énergie nucléaire a montré – que ce soit en France ou en Suède – qu’elle pourrait être le catalyseur de la réalisation de transitions énergétiques durables, bien avant que le changement climatique ne soit à l’ordre du jour. L’utilisation de l’énergie nucléaire est la voie rapide vers un système énergétique puissant et propre, qui non seulement offre un environnement plus sain et un approvisionnement en électricité abordable, mais renforce également la sécurité énergétique et contribue à atténuer le changement climatique.

L’industrie nucléaire mondiale, dirigée par la World Nuclear Association, est prête à relever le défi. Dans le cadre du programme Harmony, nous nous sommes fixé pour objectif de construire 1 000 GWe supplémentaires de réacteurs à travers le monde avant 2050, portant la part mondiale de la production d’électricité d’origine nucléaire à 25%.

Afin de réaliser le plein potentiel de l’énergie nucléaire, nous avons identifié trois domaines clés où des actions sont nécessaires :

La nécessité de créer des conditions équitables qui valorisent la fiabilité et la sécurité énergétique

Le besoin d’harmonie dans l’environnement réglementaire nucléaire

La nécessité d’un paradigme de sécurité holistique pour l’ensemble du système électrique.

Les éléments d’un système d’énergie propre

L’électricité est au cœur de la vie moderne – elle alimente notre vie quotidienne, ainsi que nos rêves et nos ambitions. La demande n’a cessé de croître depuis plus de 100 ans et continuera de le faire à mesure que de nombreuses régions du monde continueront de se développer, et l’électrification joue un rôle central dans les efforts de décarbonisation (figure 1, voir références en fin d’article). Avec près d’un milliard de personnes dans le monde vivant toujours dans l’obscurité, sans accès à l’électricité, l’humanité a la responsabilité d’apprendre du passé – chacun a le droit de profiter d’un style de vie moderne d’une manière qui ne cause pas de tort aux personnes ou à la planète.

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Le défi qui nous attend, cependant, va bien au-delà de l’électricité – nous devrons trouver des moyens de décarboniser toutes les parties de l’économie qui sont susceptibles de l’être et nous avons besoin de solutions durables à long terme. Cela signifie changer la façon dont nous chauffons nos maisons et alimenter nos processus industriels, ainsi que garantir que la façon dont nous voyageons, exportons nos produits et expédions nos aliments s’éloigne des combustibles fossiles.

Malgré les efforts considérables déployés pour décarboniser l’économie et les innombrables milliards dépensés, notre monde reste fortement accro aux combustibles fossiles. La tendance est claire – au lieu de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles, nous l’augmentons (figure 2). En conséquence directe, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter lorsqu’elles doivent chuter de façon drastique.

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Nous devons apporter une transformation mondiale qui soit socialement, économiquement et écologiquement durable. Nous avons besoin d’un système abordable – personne ne devrait avoir à choisir entre le chauffage de sa maison et des éléments essentiels comme manger – ainsi qu’à aider à réduire la pauvreté et à assurer la réalisation du potentiel humain dans le monde. Nous avons besoin d’une source d’énergie qui peut non seulement nous aider à atténuer les effets du changement climatique et de la dégradation de l’environnement, mais aussi à apporter les énormes avantages d’une alimentation électrique fiable aux quatre coins du monde qui n’y ont pas accès.

L’énergie nucléaire apporte déjà une contribution majeure. En utilisant l’énergie nucléaire plutôt que les combustibles fossiles, nous évitons actuellement l’émission de plus de 2500 millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année. Pour mettre cela en perspective, cela équivaut à retirer environ 400 millions de voitures des routes du monde.

La société moderne est tributaire de l’approvisionnement régulier en électricité, tous les jours de l’année – quelles que soient la météo, la saison ou l’heure – et l’énergie nucléaire est particulièrement bien adaptée pour fournir ce service. Étant donné que la majorité de l’approvisionnement de base en électricité est d’origine fossile, une augmentation de l’utilisation de l’énergie nucléaire entraînerait une décarbonisation rapide du système électrique. Le récent rapport III de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur l’énergie nucléaire a souligné l’importance de générateurs d’électricité fiables en charge de base et la nécessité de bien les évaluer et de les compenser pour les services de sécurité et de fiabilité qu’ils fournissent.

Malgré une croissance récente impressionnante, la dure réalité est que les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules résoudre notre dépendance aux combustibles fossiles. De toute évidence, le soleil ne brille pas toujours et le vent ne souffle pas toujours, ce qui est aggravé par le fait que plusieurs fois ces périodes coïncident avec le moment où la demande d’électricité est au plus haut, mais les énergies renouvelables peuvent être complémentaires de l’énergie nucléaire. Les solutions de stockage, telles que les batteries, ne pourront pas alimenter nos sociétés pendant des jours ou des semaines lorsque le temps n’est pas favorable. Le gaz naturel est actuellement la solution la plus utilisée pour résoudre le problème de l’intermittence, qui ne fait que renforcer la dépendance de notre économie vis-à-vis des combustibles fossiles, et compromet gravement les «pouvoirs verts» apparents de nombreuses énergies renouvelables.

Vers un avenir durable

Le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur le réchauffement climatique de 1,5 °C (référence iv) a examiné un grand nombre de scénarios différents pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Parmi les scénarios qui permettraient d’atteindre cet objectif de 1,5 °C, l’augmentation moyenne de la contribution de l’énergie nucléaire à la production d’électricité était 2,5 fois plus élevée qu’aujourd’hui. Cependant, le scénario « à mi-chemin » – dans lequel les tendances sociales, économiques et technologiques suivent les modèles actuels et ne nécessiteraient pas de changements majeurs, par exemple, le régime alimentaire et les habitudes de voyage – voit le besoin d’augmentation nucléaire de cinq fois fois dans le monde d’ici 2050.

L’AIE a conclu que sans une contribution accrue de l’énergie nucléaire, le défi déjà énorme de la réduction des émissions deviendra drastiquement plus difficile et plus coûteux. Dans leur dernier rapport sur l’énergie nucléaire (réf.v), publié en 2019, ils concluent également que ne pas utiliser le nucléaire aurait des implications négatives pour la sécurité énergétique et entraînerait des coûts plus élevés pour les consommateurs. L’AIE recommande des réformes politiques pour « … garantir la concurrence sur un pied d’égalité » et que « … l’accent devrait être mis sur la conception de marchés de l’électricité d’une manière qui valorise l’énergie propre et les attributs de sécurité énergétique des technologies à faible émission de carbone, y compris l’énergie nucléaire ». Ces réformes devraient également garantir que la fiabilité de la production d’électricité est correctement évaluée et compensée.

Dans le cadre du programme Harmony, l’industrie nucléaire mondiale a identifié trois domaines d’action clés pour libérer le véritable potentiel de l’énergie nucléaire : la nécessité de conditions de concurrence équitables, l’harmonisation des réglementations et la mise en place d’un paradigme de sûreté efficace.

En ce qui concerne la nécessité de règles du jeu équitables, nous constatons que de nombreux marchés mondiaux de l’électricité fonctionnent de manière non durable, dominée par une réflexion à court terme. Un approvisionnement en électricité abordable, fiable et disponible 24h/24 et 7j/7 génère de larges avantages pour la société et, comme le montre la figure 3, le nucléaire est l’une des sources d’électricité les plus abordables économiquement.

Cependant, les marchés n’accordent pas le crédit voulu aux producteurs d’électricité, comme l’énergie nucléaire, qui sont en mesure de répondre à ces demandes sociétales. Cela a entraîné des situations où l’énergie nucléaire a eu du mal à concurrencer les sources d’énergie subventionnées, elle ne tient pas compte des coûts cachés engendrés par son intermittence (par exemple, des dispositions de secours coûteuses et des investissements dans le réseau), ou n’a pas assumé sa responsabilité pour avoir utilisé notre atmosphère commune comme un dépotoir.

De plus, les marchés de l’électricité ne reconnaissent pas les coûts relatifs des différentes formes de production d’électricité. Alors que l’industrie nucléaire assume la responsabilité de ses coûts de cycle de vie (y compris le déclassement et la gestion des déchets), d’autres producteurs d’électricité ne le font pas. Les générateurs de combustibles fossiles sont rarement tenus de payer le prix des dommages environnementaux et sanitaires que leurs émissions provoquent, tandis que le coût de l’énergie éolienne et solaire n’inclut pas l’élimination des matériaux parfois toxiques en fin de vie.

En ce qui concerne la nécessité d’harmoniser les réglementations, les multiples barrières réglementaires découlant des divers processus d’autorisation nationaux et des exigences de sécurité limitent actuellement le commerce et l’investissement nucléaires mondiaux. Un manque de normalisation internationale impose des charges réglementaires inutiles aux activités nucléaires et entraîne des retards dans l’octroi de licences pour les nouvelles conceptions, ce qui entrave l’innovation.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a souligné l’importance de s’attaquer à ce problème, concluant que le manque d’harmonie réglementaire « … est la cause de nombreux inconvénients pour l’ensemble de l’industrie nucléaire, y compris les développeurs, les fournisseurs, les opérateurs et même les régulateurs eux-mêmes … Il en résulte une augmentation des coûts et une prévisibilité réduite de l’exécution des projets ». Il est donc crucial d’harmoniser le processus réglementaire pour remédier à ces faiblesses et éviter les doubles emplois et les incohérences inutiles.

En ce qui concerne la nécessité d’un paradigme de sécurité holistique pour l’ensemble du système électrique, nous devons considérer la sécurité dans une perspective sociétale, ce que le système énergétique actuel ne parvient pas à faire. Les avantages de l’énergie nucléaire pour la santé, l’environnement et la sécurité ne sont pas suffisamment compris et évalués par rapport à d’autres sources d’électricité. L’énergie nucléaire reste la forme de production d’électricité la plus sûre (figure 4). De plus, l’utilisation du nucléaire prévient régulièrement plusieurs dizaines de milliers de décès (résultant principalement de la pollution atmosphérique) chaque année en évitant l’utilisation du charbon, des mesures qui doivent être mieux reconnues et valorisées.

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Le nucléaire pour un avenir durable

L’énergie nucléaire contribue déjà de manière significative à fournir au monde une électricité propre et abondante et a fait ses preuves en tant que bête de somme fiable dans le monde entier. Des pays comme la France, la Suède et la Suisse ont prouvé qu’il est possible de dissocier la croissance économique d’une augmentation des émissions nocives et dans les délais nécessaires pour lutter efficacement contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement (figures 5 et 6, réf. ix et x). Le nucléaire peut garantir que les populations à croissance rapide atteignent un niveau de vie croissant – sans avoir à sacrifier la planète ou leur propre bien-être.

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L’incroyable densité énergétique de l’uranium signifie que quelques kilos suffisent pour fournir à une personne suffisamment d’énergie pour la vie. L’uranium est abondant et peut être trouvé dans de nombreuses régions du monde, ainsi que dans l’eau de mer (voir note en fin de billet). De plus, le combustible nucléaire usé est bien géré et peut dans la plupart des cas être recyclé pour produire encore plus d’énergie. En utilisant l’énergie nucléaire, les pays sont en mesure de prendre en main leur propre destin en diminuant leur dépendance à l’égard de l’énergie importée – une indépendance et une sécurité accrues en des temps incertains.

Contrairement à d’autres sources d’énergie, l’énergie nucléaire nous aide à réduire notre empreinte totale, au-delà de l’environnement. En tenant compte de facteurs tels que le coût (par exemple, les coûts de carburant et de construction), le carbone (émissions de gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie), les empreintes hydriques et terrestres, le nucléaire est de loin plus performant devant tous les autres producteurs d’énergie.

L’énergie nucléaire offre une multitude de services au-delà de la simple électricité. Grâce au nucléaire, nous pouvons décarboniser la façon dont nous chauffons nos maisons, fournir de la chaleur de process à l’industrie et garantir l’accès à de l’eau propre. Les approvisionnements en eau douce étant soumis à une pression croissante dans le monde, les réacteurs nucléaires peuvent assurer le dessalement, assurant un débit fiable d’eau potable fraîche dans les zones où elle est rare.

L’énergie nucléaire peut être utilisée pour alimenter la nouvelle révolution de la mobilité en cours. Chaque jour, nous utilisons près de 20 millions de barils de pétrole pour alimenter nos véhicules. En passant à une flotte de transport électrique ou à hydrogène – tous alimentés par l’atome – nous sommes en mesure de relever l’un des principaux défis d’une économie durable (voir également la note en fin de billet à ce sujet).

Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre – nous avons besoin de chaque partie du puzzle pour contribuer à résoudre certains des plus grands défis auxquels l’humanité aura été confrontée depuis très longtemps. Les impacts du changement climatique toucheront d’abord les plus pauvres et les plus vulnérables, et le fait de ne pas agir aura des conséquences humanitaires incalculables.

L’énergie nucléaire est le géant silencieux du système énergétique d’aujourd’hui – elle fonctionne silencieusement en arrière-plan, capable de fournir d’immenses quantités d’énergie, quelle que soit la météo ou la saison, nous permettant de nous concentrer sur tout le reste de la vie. Il s’agit d’une technologie qui est disponible dès maintenant et qui peut être étendue rapidement à travers le monde pour nous aider à résoudre certains des défis les plus déterminants auxquels nous sommes confrontés. L’énergie nucléaire a le potentiel d’annoncer un monde nouveau, plus propre et vraiment durable – nous permettant de transmettre une planète plus propre à nos enfants.

Source : World Nuclear Association. Références :

i  International Energy Agency (2018), World Energy Outlook 2018. Data accessed from https://www.iea.org/weo/ – Based on the New Policies Scenario, which incorporates existing energy policies as well as an assessment of the results likely to stem from the implementation of announced policy intentions – with visual modification by World Nuclear Association.

ii  International Energy Agency (n.d.), Statistics. Accessed from: https://www.iea.org/statistics/?country=WORLD&year=2016&category=Electricity&indicator=ElecGenByFuel&mode =chart&dataTable=ELECTRICITYANDHEAT – with visual modifications by World Nuclear Association.

iii  International Energy Agency (2019), Nuclear Power in a Clean Energy System. Accessed from: https://www.iea.org/ publications/nuclear/

iv  Intergovernmental Panel on Climate Change (2018), Special Report on Global Warming of 1.5 °C. Accessed from: https://www.ipcc.ch/sr15/

v  International Energy Agency (2019), Nuclear Power in a Clean Energy System. Accessed from: https://www.iea.org/ publications/nuclear/

vi  International Energy Agency & OECD Nuclear Energy Agency (2015), Projected Costs of generating Electricity – 2015 Edition. Accessed from: https://www.oecd-nea.org/ndd/pubs/2015/7057-proj-costs-electricity-2015.pdf

vii  International Atomic Energy Agency (2015), Technical challenges in the application and licensing of digital instrumentation and control systems in nuclear power plants. Accessed from: https://www-pub.iaea.org/MTCD/ Publications/PDF/P1695_web.pdf

viii  Paul-Scherrer Institute. Data for nuclear accidents modified to reflect UNSCEAR findings/recommendations (2012) and NRC SOARCA study 2015

ix  International Energy Agency (2018), Electricity Information 2018 https://webstore.iea.org/electricity-information-2018-overview

x  Ibid.

Source : Agence internationale de l’énergie atomique

Notes. Dans le cadre d’un accord de coopération entre la France et je Japon la faisabilité technique de l’extraction de l’uranium de l’eau de mer a été démontrée. Par conséquent les ressources en uranium peuvent être considérées comme infinies (sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/06/20/luranium-de-leau-de-mer-cest-faisable/ ). L’engouement actuel pour les moteurs à hydrogène ou les « piles à combustibles » n’est pas justifié dans le mesure où pour l’instant les seules sources économiquement rentables d’hydrogène sont le « reforming » catalytique du pétrole, la gazéification du charbon et la production électrolytique du chlore à partir de saumures concentrées, l’hydrogène étant un sous-produit de ce processus industriel. Il n’existe aujourd’hui aucune autre technologie de production massive d’hydrogène. Ne pas mentionner ces évidences industrielles relève de la « fausse-nouvelle » quand un gouvernement veut promouvoir l’hydrogène comme combustible non polluant.

Fermeture de 14 réacteurs nucléaires français, un gâchis financier, humain et climatique.

L’article ci-dessous (voir le lien pour la source en fin de billet) provient du blog de Philippe Murer, auteur de ce texte. J’ajouterai que la Ministre de la transition écologique et solidaire, précédemment ministre des transports est X-Ponts de formation (Polytechnique + Ponts & Chaussées). Elle n’a jamais mis les doigts dans le cambouis car dès la fin de ses études elle a plongé à pleines mains dans la confiture administrative et politicienne. Sympathisante du parti écolo, pour ne pas dire écolo elle-même, elle représente l’archétype de ces hauts fonctionnaires qui ont décidé d’appauvrir irrémédiablement la France et de la faire entrer dans le club des pays sous-développés à coup de décrets passés en catimini alors que l’économie française est déjà gravement atteinte par l’incurie totale de ces mêmes politiciens dont elle fait partie dans la gestion tout simplement stupide de l’épidémie coronavirale, économie qui retrouvera une petite vitesse de croisière au mieux après 2025 avec 5 réacteurs nucléaires de plus arrêtés à tout jamais et des contribuables terrassés par des taxes variées pour mettre en place des énergies dites renouvelables dont on sait – et cette ministre le sait aussi – qu’elles sont totalement inefficaces. Quand on rapproche cette totale irresponsabilité du gouvernement français relative à l’énergie nucléaire de sa politique d’incitation à acheter des voitures électriques Renault ZOÉ on ne peut qu’en conclure que la France est gouvernée par des incapables dont il faut se débarrasser au plus vite pour ne pas laisser la France sombrer dans le chaos total. Bonne lecture.

Un décret du gouvernement du 23 avril, passé inaperçu dans cette période d’épidémie, grave dans le marbre la fermeture de 14 réacteurs nucléaires pour les 15 années à venir[1].

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Un terrible gâchis climatique, financier et humain.

Ces 14 réacteurs représentent le quart du parc nucléaire français. Les centrales nucléaires, décriées par les écologistes, ont pourtant rendu un sacré service au climat en économisant depuis 40 ans de gigantesques quantités d’émission de CO2. Elles rendent aussi un service important à l’emploi et à l’économie française puisque la filière nucléaire emploie 250.000 personnes. Le gâchis financier qui résulterait de leur mise à la casse est lui aussi énorme, la construction des centrales françaises ayant coûté 96 milliards d’euros selon la Cour des Comptes.

Mettre à la casse de telles unités de production d’électricité, avant leur fin programmée, est un gâchis : gâchis d’argent par dizaines de milliards d’euros, gâchis d’emplois bien rémunérés, gâchis dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Nous n’avons pourtant aucun chemin pour produire de l’électricité en émettant moins de CO2. En effet, stocker les énergies éoliennes et solaires, intermittentes par nature, avec des batteries est irréaliste. L’académie des Sciences a publié en 2017 une étude rappelant que pour stocker 2 jours de besoins électriques d’hiver pour la France, il faut 15 millions de tonnes de batterie contenant 300.000 tonnes de lithium soit 7 fois la production mondiale actuelle de lithium[2]. La façon la plus propre pour remplacer l’électricité des 14 réacteurs est donc de produire de l’électricité avec des énergies renouvelables éoliennes et solaires complétées par des centrales au gaz lorsqu’il n’y a pas assez de vent ou de soleil, la nuit par exemple. Dans le meilleur des cas, à cause des périodes sans vent ou sans luminosité, les éoliennes et les panneaux solaires produiraient 35% de la production d’électricité avec peu d’émission de CO2 et des centrales au gaz complémentaires 65% avec beaucoup d’émission de CO2[3]. Le calcul, simple, montre que ces 14 réacteurs émettent 30 fois moins de CO2 que le couple énergies renouvelables et gaz[4] nécessaire pour les remplacer.

Si on réalise le programme d’Europe Ecologie les Verts, le remplacement de toutes les centrales nucléaires par des énergies renouvelables et des centrales au gaz, les émissions de CO2 de la France augmenteraient de 121 millions de tonnes de CO2. Ces calculs montrent toute l’absurdité d’un tel projet : chaque année, la France rejetterait 40% de CO2 en plus dans l’atmosphère qu’elle n’en rejette aujourd’hui !

Le nucléaire a économisé l’équivalent de 22 ans de rejets de CO2 d’un pays comme la France.

Le nucléaire a beau être brocardé par les « verts », il émet nettement moins de CO2 que l’électricité renouvelable intermittente, obligatoirement complétée par des centrales fossiles. Ce n’est pas pour rien que le champion des énergies renouvelables, l’Allemagne, a ouvert nombre de centrales au gaz (et même au charbon) ces dernières années. Ce pays démarrera d’ailleurs en 2020 une énième centrale… au charbon[5] !

De 1977 à aujourd’hui, les centrales nucléaires françaises ont économisé 22 ans de rejets de CO2 d’un pays comme la France d’aujourd’hui ou 9 ans de rejets de CO2 d’un pays comme l’Allemagne [6].

Le nucléaire permet à la France d’être le grand pays industrialisé le plus économe en CO2 : le français moyen émet selon la Banque Mondiale 4,6 tonnes de CO2 par an quand le terrien moyen en émet 5 tonnes par an, l’Allemand 8,9 tonnes par an.

Produire massivement de l’hydrogène, l’essence de demain.

Le nucléaire est donc nécessaire à une production d’électricité avec le minimum d’émission de CO2. Faut il en déduire que les éoliennes et les panneaux solaires ne peuvent servir à rien ? Assurément non.

Un pays comme la France, ayant une électricité rejetant très peu de CO2, peut installer des éoliennes et des panneaux solaires en nombre. L’électricité produite sera utilisée pour produire sans émission de CO2 de l’hydrogène dans des électrolyseurs[7]. Cerise sur le gâteau pour la France, les centrales nucléaires ne produisent pas toujours à plein régime. Il est possible et très rentable de se servir de cette production d’électricité supplémentaire à coût quasi nul pour produire encore plus d’hydrogène propre.

Cet hydrogène propre est produit à un coût acceptable et coute moins cher que l’essence si on ne lui met pas sur le dos les taxes excessives sur le carburant. L’hydrogène est bien l’essence de demain.

Il existe déjà des trains à hydrogène Alstom permettant de remplacer les trains au Diesel. Bizarrement, ce train roule en Allemagne. La SNCF va cependant commander 17 trains Alstom à hydrogène[8]. En utilisant cette technologie, nous pourrons remplacer les bus diesel par des bus à hydrogène en ville, allégeant du coût l’émission de particules fines. Les infrastructures hydrogène se développant, nous pourrons, dans une dizaine d’années, passer aux camions à hydrogène, aux voitures à hydrogène (3 voitures de série existent déjà et Paris compte 100 taxis à hydrogène et bientôt 600[9]). Dans un jour lointain, l’avion à hydrogène et le bateau à hydrogène sont un développement tout à fait réaliste.

Le système de transport peut donc à terme se passer d’énergie fossile.

Voilà pourquoi, la fermeture de Fessenheim et la fermeture programmée de nombre de centrales nucléaires françaises est une erreur fatale dans la transition énergétique : c’est un gâchis terrible dans la lutte contre le réchauffement climatique, un gâchis financier et un gâchis humain. Une très mauvaise décision de nos gouvernements qui n’ont malheureusement pas de stratégie réaliste et pragmatique pour que la France se passe à terme des énergies fossiles.

Le sujet de la transition énergétique et tous les autres sujets de la transition écologique sont développés dans un livre à paraître en mai : « Comment réaliser la transition écologique, un défi passionnant »[10].

[1] « La France adopte finalement sa feuille de route énergétique » https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/nucleaire-photovoltaique-la-france-adopte-finalement-sa-feuille-de-route-energetique-845962.html

 

[2] « La question de la transition énergétique est elle bien posée dans les débats actuels ? » https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/lpdv_190417.pdf

[3] En France, une éolienne produit à plein régime l’équivalent de 2000 heures par an, un panneau photovoltaïque produit à plein régime l’équivalent de 1100 heures par an. En additionnant les deux, ce qui est simpliste mais donne le résultat le plus favorable pour les énergies renouvelables, nous arrivons à 3100 heures par an soit 35% du temps. Le calcul réel est complexe, tient compte de la courbe réelle de consommation nationale d’électricité et de production heure par heure des énergies renouvelables, de la présence de vents et de soleil au niveau local quand il ne l’est pas au niveau national mais les ordres de grandeur sont acceptables.

[4] La production des 14 réacteurs est de 95 milliards de kilowatts-heure d’électricité par an. Chaque réacteur émet 12 grammes de CO2 par kilowatt-heure produit. Ces 14 réacteurs émettent donc chaque année 4,56 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 95*109*12/1012=1,14).

Une centrale au gaz émet 490 grammes de CO2 par kilowatt-heure produit quand le couple éolienne et solaire émet en moyenne 30 grammes de CO2 par kilowatt-heure produit. Le couple énergie renouvelable centrale au gaz émettra donc chaque année 31,25 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 65%*(380*109*490/1012)+35%*(380*109*30/1012)=31,25). Pour remplacer l’ensemble du parc nucléaire français, le même calcul aboutit à un surplus de 125 millions de tonnes de CO2 émis.

[5] « L’Allemagne va mettre en service une toute nouvelle centrale à charbon en 2020 » https://www.bfmtv.com/economie/l-allemagne-va-mettre-en-service-une-toute-nouvelle-centrale-a-charbon-en-2020-1799343.html

[6] La production nucléaire de la France depuis 1977 est de 14 000 milliards de kilowatts heure. En les remplaçant par des centrales au gaz, puisque les énergies renouvelables n’existent que récemment, l’économie est environ de 6700 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 14000*109*(490-12)/ 1012=6692). La France a émis environ 300 millions de tonnes de CO2 en 2019 (source Banque Mondiale). L’Allemagne a émis environ 700 millions de tonnes de CO2 en 2019 (source Banque Mondiale).

[7] Lire par exemple « H2V prêt à déployer ses deux usines d’hydrogène vert » https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/h2v-pret-a-deployer-ses-deux-usines-dhydrogene-vert-993002

[8] A qui va profiter la future commande de 15 trains à hydrogène par la SNCF https://www.usinenouvelle.com/article/a-qui-va-profiter-la-future-commande-de-quinze-trains-a-hydrogene-par-la-sncf.N878830

[9] Et maintenant, les taxis à l’hydrogène http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/et-maintenant-les-taxis-a-l-hydrogene-24-02-2019-8019378.php

[10] Edition Jean-Cyrille Godefroy

source : http://leblogdephilippemurer.com/index.php/2020/04/26/fermeture-de-14-reacteurs-nucleaires-francais-un-gachis-financier-humain-et-climatique/

Le financement des « ONGs » européennes et leurs répercussions économiques

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En Europe il existe des ONGs tolérées et financées par les gouvernements, c’est du moins la version officielle qui est admise par l’homme de la rue. Dans un récent billet sur ce blog j’ai mentionné ce financement largement abusif des ONGs qui sévissent en France, financement par les impôts des contribuables, et qu’il serait urgent de mettre de l’ordre dans ce système obsolète qui date de 1901. Curieusement aucun de mes lecteurs n’a laissé de commentaire à ce sujet alors qu’il me paraît d’une extrême importance pour la sécurité nationale comme vous allez le découvrir avec deux exemples. Certes le panel que représentent les lecteurs de mon blog n’est pas représentatif de l’opinion générale. Pour autant quand j’aborde le problème posé par les ONGs je dois reconnaître que ces organismes bénéficient de la sympathie de l’opinion. Or cette attitude de confiance aveugle est complètement trompeuse. Pour éclairer la gouverne de mes chers lecteurs je vais reprendre sans trop les déformer deux propos d’Alain Juillet qui a été longtemps conseiller pour l’Intelligence économique auprès de la DGSE. D’ailleurs pourquoi les déformerais-je puisque Monsieur Juillet est infiniment mieux informé que votre serviteur. Voici donc les deux exemples que j’ai choisi étant donné que je connais dans le détail ces deux domaines.

En ce qui concerne les OGMs (organismes génétiquement modifiés), les disciples de José Bové détruisaient allègrement avec l’appui de Greenpeace (ONG qui n’a de vert [green] que le nom) les plantes transgéniques en essais plein-champ. Ces véritables commandos de terroristes réduisant à néant des années de travaux de recherche académique étaient financés sans le savoir et très indirectement par tout un montage financier opaque, nous étions au début des années 1990 pour vous remémorer ces évènements, alors que la France était le leader européen de la transgenèse végétale avec l’INRA, le CNRS, Limagrain et Rhône-Poulenc et je vous laisse deviner qui les finançait : … Monsanto !

Cette gigantesque multinationale américaine voulait tuer dans l’oeuf toute velléité française d’interférer dans ses visées de domination mondiale du marché des plantes génétiquement modifiées.

Il faut avoir travaillé dans l’intelligence économique comme Alain Juillet (intelligence ici est une traduction inappropriée du mot anglo-saxon éponyme qui signifie information et par extension espionnage, cf. l’Intelligence Service anglais) pour affirmer de tels propos. Heureux écolos anti-OGMs qui ont été manipulés par Monsanto sans jamais le savoir : ils n’ont même pas compris que de l’autre côté de l’Atlantique on les prenait pour des débiles mentaux puisqu’eux-mêmes clouaient au pilori cette firme multinationale … et Monsanto et Pioneer Seeds se frottaient les mains avec naturellement l’encouragement de la Maison-Blanche car il fallait à tout prix protéger l’industrie américaine. José Bové devrait être poursuivi en justice pour avoir détruit le patrimoine intellectuel français au profit des Etats-Unis en étant un acteur « écologiste » aux ordres de Monsanto. Malheureusement il clamerait son innocence car il est trop c*n pour avoir pu imaginer un seul instant qu’il était manipulé par une multinationale américaine.

Venons-en maintenant à la technologie française du nucléaire civil, un autre domaine que je connais bien pour avoir travaillé comme consultant auprès d’EDF justement dans le domaine du nucléaire. Il s’agit d’un autre gros morceau qui a mobilisé une multitude d’ONGs dont encore une fois Greenpeace. Pour la petite histoire le premier réacteur à eau pressurisée produisant de l’électricité construit en France est le réacteur de Chooz A sous licence Westinghouse concédée à la Compagnie Franco-américaine de Constructions Atomiques plus connue ensuite sous le nom de Framatome. Il s’agissait d’un réacteur d’une puissance de 300 MW qui fut définitivement arrêtée en 1991 après 24 ans de fonctionnement et de bons et loyaux services rendus. Cette installation a été arrêtée car elle n’était plus rentable en raison de son implantation souterraine qui compliquait considérablement les interventions de maintenance. Puis avec l’appui du gouvernement français via le CEA et les excellents services de recherche et développement d’EDF la France améliora considérablement le procédé originel Westinghouse au point que le pays commença à exporter son savoir-faire en Corée (du sud) puis en République sud-africaine. Le site de Chooz comprend aujourd’hui deux réacteurs d’une puissance électrique de 1560 MW électriques chacun, les immédiats précurseurs de l’EPR avec ceux du site de Civaux dans la Vienne.

Après l’accident de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island (illustration) le 28 mars 1979 provoqué par une erreur humaine l’industrie électro-nucléaire américaine a été mise au point mort et le savoir-faire a progressivement disparu. Comme aujourd’hui le seul pays européen, hors Russie, encore capable de construire des centrales nucléaires est la France alors les Etats-Unis ont tout fait pour fragiliser le savoir-faire industriel français dans le domaine du nucléaire civil afin de relancer l’industrie américaine dans ce domaine, ce qui reste encore hypothétique. Même le gouvernement français a cédé au scandaleux chantage exercé par les USA pour céder le département énergie d’Alstom à General Electric agrémenté de faits (non avérés) de corruption pour discréditer l’image d’Alstom entrant dans le cadre de l’extraterritorialité de la loi américaine (cf. l’affaire Pierruci).

La cession d’Alstom, pilier incontournable de l’industrie électro-nucléaire française, a été approuvée par un certain Emmanuel Macron en personne alors qu’il se trouvait au Ministère des finances français méprisant ainsi toutes les conséquences stratégiques d’une telle opération strictement financière à ses yeux. Afin que l’opinion publique française soit anesthésiée lors de cette transaction les USA n’ont jamais cessé d’épauler diverses ONGs pour discréditer l’énergie nucléaire française, en particulier Greenpeace qui bien qu’interdite de séjour aux USA (ainsi qu’en Russie et en Chine pour d’autres raisons) continue d’être financée par le lobby américain ultra-puissant des énergies fossiles.

On peut légitimement se poser la question d’une éventuelle action souterraine des lobbys américains, via des ONGs européennes et pas seulement françaises, pour la fermeture totalement stupide et sans aucune espèce de motivation économique du surrégénérateur de Creys-Malville. Quant à la fermeture tout aussi stupide de l’usine de Fessenheim elle est le résultat également de la pression d’ONGs allemandes et suisses avec à leur tête Corinne Lepage probablement manipulée, sans jamais en avoir eu conscience elle-même – au niveau de la clairvoyance elle pourrait être classé au même niveau que José Bové – par les lobbys américains qui veulent vendre leur pétrole, leur gaz et leur charbon aux Européens. Au risque de me répéter la prochaine centrale nucléaire qui verra le jour sur le sol français aura été entièrement fabriquée par la Chine à qui la France a cédé tout son savoir-faire y compris celui des turbines en sous-estimant l’immense aptitude des Chinois à admirablement tout très bien copier. Dès lors ces actions à la cow-boy des Américains ne font que favoriser les Chinois et les Russes, belle réussite ! Et la présidence de la République française s’en lave les mains. J’en ai la nausée …

Petit compte-rendu d’une conversation à bâtons rompus avec un ingénieur informaticien.

Ce billet est un peu particulier car il est intimiste dans la mesure où je livre à mes lecteurs un peu de ma personnalité sans aucune gène.

En 48 heures à mon retour du Japon un ami de lycée de mon fils puiné, lui-même informaticien, qui était venu le nez en l’air pour chercher ici à Tenerife des opportunités de travail, a passé deux soirées avec moi avant de retourner en France. Plongés l’un comme l’autre dans des discussions variées, je n’ai pas mémorisé tous les sujets abordés. Comme j’ai coutume de le pratiquer avec mon blog, j’aborde toutes sortes de sujets, en particulier avec un homme qui atteint la quarantaine mais reste d’une curiosité redoutable, une qualité considérable. Si mon blog est pluridisciplinaire c’est tout simplement parce que c’est une conséquence de ma curiosité et, donc, nos conversations ont débordé de diversité.

Le premier point abordé fut le climat, le réchauffement climatique maintenant dénommé le « changement climatique » (on ne sait jamais …) et l’effet de serre du CO2 devenu un dogme, comme le dogme de l’immaculée conception pour les catholiques. On parle tellement du changement climatique dans les médias qu’on se trouve dans un véritable état nauséeux ! J’ai osé lui raconter cette histoire que j’aime raconter aux Espagnols à propos du dogme de la virginité de Marie, eux pour qui la Vierge est une véritable idole qu’on promène dans les rues comme étaient vénérés Vénus et Jupiter dans le panthéon romain. J’ai choqué plus d’un Espagnol en lui expliquant que, selon mon analyse, Marie a trompé son naïf d’époux, pauvre charpentier (ou berger, je ne sais plus) insignifiant, en forniquant avec le Saint-Esprit, c’est ce l’on nous raconte mais elle aurait pu être infidèle avec n’importe quel autre homme, pour mettre au monde un enfant adultérin. Il fallait que Joseph soit le cocu de l’histoire. J’ai failli être lynché par des Espagnols profondément choqués par mes propos.

Cette obsession du climat est l’enfant adultérin de l’écologisme militant et de la fausse science répandue par les instances onusiennes en charge de sauver la planète, Gaïa, la nouvelle divinité des temps modernes, et il faut y croire sinon … sinon on est taxé de fascisme. C’est tout simplement renversant ! Quand j’ai prononcé le mot fascisme j’ai apporté quelques explications. En effet l’écologisme est une émanation de l’ultra-gauche, idéologie reprise par les puissances financières afin de réaliser in fine de gigantesques profits en culpabilisant – c’est le rôle de cette ultra-gauche – l’ensemble des populations, surtout des pays les plus avancés (car c’est là où se trouve la richesse) pour mieux les rançonner.

Et puis comme j’avais effleuré la religion en des termes non pas sarcastiques mais humoristiques j’ai exposé mon point de vue sur le parallélisme saisissant entre cette entreprise de sauvetage de Gaïa, la nouvelle déesse, et le système scandaleux des indulgences mis au point par la papauté pour s’enrichir sur le dos des gueux. Mon interlocuteur était « scotché » comme on dit maintenant et j’étais assez fier de ma démonstration.

Tout naturellement nous en sommes venus à parler de sexe et je lui ai dit que pour moi parler de sexualité, de la manière pour un homme de procurer le maximum de jouissance à sa partenaire, pour un hétérosexuel que je suis, c’était comme de disserter de la meilleure recette de gratin de pomme de terre. Faut-il une ou plusieurs pointes d’ail dans le gratin, des oignons ou pas, du fromage ou pas de fromage, un gratin lyonnais ou un gratin dauphinois ? C’est comme dire si on met son doigt, ou une autre pièce de son anatomie, ici, là, un peu plus haut, ou un plus bas, pour que votre petite amie en redemande et qu’elle soit comblée de plaisir. J’ai fait une digression sur l’ail, c’était tout à fait à propos puisque l’ail contient de l’allicine. Mon interlocuteur était peu perdu alors je lui ai expliqué que l’ail était reconnu par la pharmacopée populaire comme favorisant la virilité de l’homme, normal puisqu’il contient de l’allicine qui est un puissant vaso-dilatateur ayant, de loin, les mêmes effets que le sildenafil, plus connu sous le nom de Viagra.

Comparer l’art de faire l’amour avec l’art de préparer un gratin de pomme de terre n’est pas anodin. En effet, il n’y a que deux activités importantes dans la vie de tous les jours, en particulier pour les Français : le sexe et la bouffe ! Et pour se nourrir il faut de l’argent, donc travailler, c’est ce qui gouverne tout individu et par extension le monde entier : le sexe et l’argent. J’ai été taxé de pessimisme mais j’assume pleinement ma position.

Pour le climat, je lui ai fait remarquer que le CO2 n’était pas toxique puisque lorsque nous respirons, nous exhalons de l’air carrément vicié puisqu’il contient plus de 2000 ppm de CO2. Et toujours à propos du climat, je lui ai fait remarquer que l’IPCC avait inventé le mouvement perpétuel avec son effet de serre rétro-forcé qui présente l’incroyable propriété de s’auto-alimenter, sans entrer dans trop de détails de thermodynamique. Tous les sujets « climatiques » brûlants ont été abordés en particulier l’énergie. Comme mes lecteurs le savent je suis un fervent partisan de l’énergie nucléaire mais que je ne crois pas à la faisabilité de la fusion. Mon interlocuteur était surpris que je considère que le projet ITER c’est de l’argent jeté non pas par les fenêtres mais directement à l’égout. Et si on veut « sauver le climat », c’est ce que nous ressassent les médias inlassablement, au point de finir par être soi-même lassé, la seule solution est de développer l’énergie électrique basée sur la fission nucléaire, que ce soit à partir d’uranium ou à partir de thorium. Et il y en a assez dans la croute terrestre pour satisfaire la soif d’énergie du monde entier pendant plusieurs millénaires sans mentionner les ressources infinies en uranium de l’eau de mer que l’on sait « capter » maintenant …

Dans le cours de nos conversations longues et arrosées cet ami de mon dernier fils me demanda de me définir. Vaste question ! Je me servis un whisky, je m’en souviens très bien, parce qu’il est très difficile de se définir soi-même globalement, c’est-à-dire en ne tentant pas de dissimuler les travers de sa personnalité. Il s’agit d’un exercice difficile. Ou bien j’entrais dans les détails ou alors je sortais un salve de qualificatifs éculés que tout le monde connait. J’optais pour cette deuxième solution. C’est ainsi que je me définis : je suis libertaire ou pour être plus précis libre penseur, anti-militariste, anti-clérical, apolitique ou plutôt politiquement incorrect, (ex)scientifique attéré par l’usage politisé que l’on fait aujourd’hui de la science. Ça fait beaucoup ! Par contre j’ai quelques qualités, la curiosité, le sens de l’humour, l’amour de la vie et de l’esthétique qu’il s’agisse de la musique, des romans, des films, de la nature, et bien entendu du corps d’une belle femme ou du visage d’un jeune enfant tout fier d’avoir fait ses premiers pas …

Et puis cet ami de mon fils m’a posé l’ultime question que j’attendais : pourquoi tenir un blog ? Depuis que j’ai cessé toute activité professionnelle j’ai toujours aimé écrire mais je n’ai jamais fait l’effort d’aller solliciter un éditeur pour rendre publics des essais intimistes. À quoi bon éventuellement gagner quelques euros en autorisant un éditeur à s’approprier la plus grande part des bénéfices incertains pouvant émerger d’une telle entreprise. Tenir un blog c’est informer gracieusement de potentiels lecteurs aussi honnêtement que possible en abordant des sujets parfois soumis à une véritable censure par les grands médias. Et cette gratuité est fondamentale car elle préserve ma liberté d’expression. Et je suis assez fier, parfois, de secouer les neurones de mes lecteurs.

Excellente nouvelle année 2020 à tous mes lecteurs …

Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique

L’ « écomerdier » imposé à l’Afrique par les écolo-imperialistes

Plutôt que de brûler de la bouse de vache et du charbon de bois, pourquoi l’Afrique sub-saharienne n’aurait-elle pas de l’électricité bon marché ? C’est la question que l’on peut se poser en examinant l’état des lieux de l’Afrique. Alors que l’Inde, la Chine et le Vietnam ainsi que d’autres pays utilisent de plus en plus de gaz naturel, de charbon et de pétrole pour électrifier et moderniser leurs nations, créer des emplois et améliorer la santé, relever le niveau de vie et augmenter l’espérance de vie, pourquoi la Banque Mondiale et d’autres institutions internationales exigent des pays de l’Afrique sub-saharienne d’utiliser de plus en plus de charbon de bois pour le chauffage et la cuisine ? Pourquoi les pays africains eux-mêmes, les Nations-Unies et les organismes de défense des droits de l’homme tolèrent cette politique mortifère ?

Durant la récente « semaine du climat » l’organisme onusien IPCC a fait la promotion de la biomasse qui – selon ses affirmations – entrent déjà pour 60 % des énergies renouvelables en Europe afin de combattre le changement climatique (on ne dit plus réchauffement, au cas où …) et stabiliser le climat qui n’a jamais été vraiment stable par le passé, mais bon …

Les énergies dites renouvelables comprennent par exemple la centrale électrique de Drax en Grande-Bretagne qui brûle des « boulets » de bois provenant de millions d’arbres poussant sur des dizaines de milliers d’hectares de forêts canadiennes et américaines, détruites à jamais. Les arbres sont transformés en petites boules qui sont chargées sur des camions pour les transporter dans les ports côtiers pour être ensuite acheminées au nord du Yorkshire en Grande-Bretagne par cargos brûlant du pétrole. Du port ces granulés sont acheminés alors par train jusqu’à la centrale électrique et brûlés à la place du charbon pour générer de l’électricité. Ainsi la Grande-Bretagne peut s’enorgueillir d’atteindre l’objectif d’énergie renouvelable que les accors de Paris ont fixé. Pourtant l’ensemble de cette opération produit beaucoup plus de gaz carbonique que n’importe quelle usine similaire de production d’électricité utilisant du gaz naturel ou du charbon ! Quant aux arbres il faudra attendre 50 ans pour pouvoir à nouveau exploiter les forêts nouvellement rasées. Et on dit que c’est de l’énergie renouvelable !

Certaines organisations de protection de l’environnement ont crié au scandale quand l’IPCC a convenu que l’utilisation du charbon de bois devait être promue en Afrique sub-saharienne car cette pratique contribuait à réduite les surfaces boisées. Non seulement la production de charbon de bois, considéré comme une source d’énergie renouvelable par l’IPCC, détruit l’environnement et menace de nombreuses espèces d’animaux et de plantes mais l’utilisation du charbon de bois menace aussi la santé humaine. Le programme pour l’environnement des Nations-Unies prévoit que la demande africaine de charbon de bois, dont la production est actuellement d’environ 23 millions de tonnes par an, doublera voire triplera vers 2050. Cette production a doublé ces dernières 20 années et représente maintenant 60 % de la production mondiale de charbon de bois selon la FAO. L’urbanisation galopante a accru la demande car le charbon de bois est le combustible préféré en raison de son bas coût pour la cuisine en Afrique sub-saharienne.

Certes, le charbon de bois est plus propre et plus facile à utiliser que le bois lui-même et meilleur marché que le gaz de pétrole liquéfié ou l’électricité, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle plus de 80 % des familles en milieu urbain utilisent le charbon de bois pour la cuisine et en milieu rural c’est 100 %. Et pourtant l’OMS (un autre organisme onusien) considère que mondialement plus de 4,3 millions de personnes meurent prématurément de maladies liées au caractère malsain de l’air des maison où est utilisé le charbon de bois pour la cuisine sur des feux ouverts ou des cuisinières qui fuient et enfument les logements. C’est plus de morts que la malaria, la tuberculose et le SIDA réunis … L’OMS a aussi noté que le manque d’accès à l’électricité pour 1,2 milliard de personnes dans le monde a pour résultat d’exposer les familles à des particules fines et aux autres produits toxiques présents dans la fumée, la cuisson mal assurée provoquant en outre toutes sortes d’intoxications alimentaires.

L’absence d’électricité disponible en abondance restreint la possibilité de lire confortablement le soir pour étudier, lire, avoir accès à un ordinateur et à internet, développer une petite industrie, des industries de plus grande taille, alimenter des hôpitaux, des écoles et des infrastructures et permettre d’améliorer la vie des personnes, la santé et la nourriture. Pourquoi 100 ans après que l’électricité ait révolutionné les sociétés occidentales il y a encore plus de la moitié de l’Afrique sub-saharienne qui n’est connectée à aucun réseau électrique ? Est-ce qu’un Américain, un Canadien, un Européen, un Australien, un Japonais et même un Chinois pourrait vivre aujourd’hui sans une électricité abondante, relativement bon marché 24/7/365 ? En 2016 la Banque Mondiale a estimé qu’à peine 42 % des logements en Afrique sub-saharienne avaient accès à l’électricité, le Rwanda atteignant 80 % mais la Guinée-Bissau à peine 30 %, laissant des centaines de millions de personnes sans électricité du tout ou seulement sur des périodes très limitées et totalement imprévisibles, alors qu’il s’agit d’une source d’énergie que nous considérons, nous Occidentaux, comme vitale.

Le site ZimbabweSituation.com indique que trois facteurs restreignent la demande en électricité dans la majorité des pays africains. D’abord la plupart des ménages et des entreprises connectées à un réseau électrique font face à des black-out à répétition en raison de la faiblesse de la production par rapport à la demande et en raison d’un réseau défectueux. Ce qui signifie que les habitants ont toujours recours au charbon de bois pour cuisiner, la conséquence étant qu’ils paient pour disposer d’électricité, quand il y en a de disponible, et qu’ils paient aussi pour se fournir en charbon de bois. (Paradoxalement c’est aussi le cas en Californie depuis la faillite de PG&E qui, si c’était un Etat indépendant, serait le plus riche du monde alors que de nombreux ménages sont revenus au bon réchaud à pétrole pour cuisiner puisqu’il y a des black-out imprévisibles partout dans cet État !).

Ensuite, alors que l’électricité constitue une large part du revenu des ménages, ces derniers ont un accès limité à cette source d’énergie. Les pays disposant d’un réseau peu développé augmentent les prix pour financer les infrastructures afin d’améliorer les réseaux. Mais des tarifs élevés se traduisent pas encore plus de charges financières, ce qui décourage les consommateurs et par voie de conséquence inhibe la création d’emplois puisque la consommation n’augmente pas et même décourage certains ménages à faire une demande de raccordement au réseau existant. En dernier lieu, le coût et la complexisté de l’extension des réseaux sont aussi des facteurs limitant l’électrification. Là où la production est insuffisante, les compagnies d’électricité retardent les connections au réseau jusqu’à ce que les infrastructures de production correspondent à la demande prévue. Le pire ce sont aussi les contraintes administratives et parfois coûtumières, par exemple pour l’installation de pilônes sur des terres communautaires, qui augmentent les coûts et donc réduisent la demande ce qui a pour effet dans certaines régions de repousser à jamais une quelconque électrification.

C’est ainsi que dans de nombreux cas le bois et le charbon de bois sont compétitifs par rapport au gaz de pétrole (quand il y en a) alors que la production de charbon de bois est gourmande en main d’oeuvre, polluante et destructrice de l’environnement. Une cuisinère moderne brûlant du bois permettrait de réduire les risques pour la santé mais la plupart des ménages ne peuvent pas s’en offrir une.

Le coût maîtrisé et la sécurité d’approvisionnement de l’électricité en Afrique sub-saharienne ne pourront être atteints qu’avec une modernisation et une expansion du réseau électrique, après viendront les usines de production d’électricité. Le regretté Steven Lyazi, qui travailla pour le Congrès de l’Égalité Raciale en Uganda, reconnut que la disponibilité en énergie solaire est une bonne nouvelle pour des millions d’Africains qui ne disposent que du bois de chauffage, des bouses du bétail et du charbon de bois pour cuisiner. Cependant, ajoutait-il, les énergies solaires et éoliennes ne sont au mieux que des solutions de remplacement vers la sécurité de l’approvisionnement en électricité, alors que, pourtant, les Nations-Unies, la Banque Mondiale et d’autres organismes politiques le préconisent : ce n’est qu’une vue de l’esprit.

« Beaucoup de personnalités », disait Lyazi, « méconnaissent que les Africains ont de grands rêves ». Juste un de ces rêves : la laison ferroviaire électrifiée de 750 km appellée Trans East Africa nécessiterait beaucoup plus d’énergie que ce que le solaire et l’éolien, qui sont des sources d’énergie intermittentes, peuvent produire.

La grande majorité des pays d’Afrique sont avides d’énergie électrique qu’elle soit d’origine nucléaire, de charbon, de pétrole ou de gaz naturel, mais les environnementalistes occidentaux, largement européens, y compris la Banque Mondiale, se sont opposé au financement de tels projets. Lyaza, qui mourut dans un accident d’autobus en 2017, pressait les pays africains pour qu’ils utilisent leurs abondantes ressources naturelles. Il encourageait les Africains à défier les écologistes européens qui ont diabolisé les combustibles fossiles carbonés et n’ont jamais encouragé les projets hydroélectriques et l’énergie nucléaire en Afrique. Il clamait que l’Uganda et d’autres pays d’Afrique sub-saharienne devraient construire des gazoducs pour alimenter des centrales électriques afin de fournir de l’électricité à autant d’habitants que possible. Aujourd’hui, les champs pétroliers et gaziers africains brûlent pour rien du gaz qui n’est pas récupéré et le pétrole est exporté pour le plus grand bénéfice d’une élite restreinte laissant des millions de gens sans énergie, appauvris et désespérés.

Pourquoi ne pas construire des centrales au charbon, des centrales nucléaires et envisager des projets hydroélectriques ? Pourquoi pas ? Pourquoi les Africains devraient-ils être condamnés à survivre dans la pauvreté en étant dominés par les écolo-impérialistes, les néo-colonialistes et les organisations de protection de l’environnement destructrices et qui ignorent totalement les droit les plus basiques des êtres humains : le droit à l’énergie, à la santé moderne, à un niveau de vie satisfaisant et à des vies décentes ?

En tant qu’ingénieur dans l’énergie nucléaire, le sud-Africain Kelvin Kemm, consultant en énergie, notait qu’il y a trop de situations diverses en Afrique et qu’une seule source d’énergie électrique pourrait être envisagée à l’échelle du continent de manière économique et sûre : les réacteurs modulaires pebble bed (PBMR) de faible puissance – 200 MWe – refroidis avec un gaz associé à une turbine Brayton en cycle fermé ou un circuit secondaire de vapeur. Ces réacteurs acceptant un combustible configuré sous formes de billes de la taille d’une balle de golf bénéficient de par leur conception d’une sécurité dite passive. Ils peuvent être construits en grande série pour un coût d’investissement modique et leur puissance est adaptée aux réseaux existants pouvant être naturellement étendus par la suite. Cette technologie est adaptable à tous les pays de l’Afrique sub-saharienne. Ce sont les pays africains eux-mêmes qui doivent faire ce choix et non pas des pays étrangers qui leur fassent subir chantages et pressions politiques. Les pays africains ne doivent pas rester dans l’ignorance et être obligés de ne se contenter que de charbon de bois, ce que les écolo-impérialistes occidentaux leur imposent pour l’instant …

Traduction d’un article de Duggan Flanakin, à la tête de la recherche stratégique au Commitee for a Constructive Tomorrow. Il a étudié les régulations environnementales pendant des décennies. Note. Le PBMR a été abandonné par l’Allemagne qui fut initialement le pays le pays le plus avancé dans cette technologie. Seule la Chine a pour l’instant perduré dans cette voie avec la construction d’un prototype PBMR, l’HTR-PM, d’une puissance thermique de 250 MW, soit d’une puissance électrique d’environ 100 MW. Deux réacteurs modulaires alimenteront une unique turbine entrainant un alternateur d’une puissance nominale de 210 MW électriques. Cette installation doit être opérationnelle au début de l’année 2020. La génération future envisagée par la Chine est un PBMR refroidi par de l’hélium, de l’azote ou du CO2 entrainant une turbine Brayton. Les avantages de ce type de réacteur sont multiples. En cas de défaut de quelque nature que ce soit le réacteur est vidé de son combustible qui est réparti dans une aire de stockage compartimentée et facilement refroidie, la fission prenant alors instantanément fin. La technologie de production du combustible est connue et beaucoup plus aisée que celle d’un PWR classique qui requiert des assemblages de tubes et la mise en forme du combustible sous forme de pastilles. Le rechargement en combustible peut se faire de manière continue, ce qui n’est pas le cas de tous les autres réacteurs nucléaires existants. Enfin, outre de l’oxyde d’uranium-235 servant dans ce cas de producteur primaire de neutrons sous forme de billes, ce type de réacteur peut aussi accepter du thorium comme combustible. Voir par exemple : https://en.wikipedia.org/wiki/Pebble-bed_reactor et le billet de ce blog du 16 décembre 2017.

Les centrales nucléaires flottantes : un bel avenir potentiel.

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Le 14 septembre dernier l’Akademik Lomonosov, parti de Mourmansk, a atteint Pevek, son port de destination dans la Chukotka à l’extrême nord-est de la Sibérie parcourant 4700 kilomètres dans les eaux glacées de l’Arctique. L’Akademik Lomonosov est une centrale nucléaire flottante constituée de deux réacteurs KLT-40S du même type que ceux se trouvant dans les brise-glace à propulsion nucléaire capable de générer 70 MW électriques et 50 Gcalories/heure d’énergie thermique ce qui est suffisant pour assurer la consommation électrique d’une ville de 100000 habitants ainsi que le chauffage de l’ensemble des habitations.

L’A. Lomonosov, vaisseau de 144 mètres de long et 30 mètres de large, déplace 21500 tonnes et comprend un équipage de 69 personnes. Les deux réacteurs conçus par OKBM Afrikantov ont été assemblés à l’institut de recherche et développement de Nizhniy Novgorod. Les cuves, générateurs de vapeur et turbines sont de conception russe. La durée de vie prévue de cette centrale électrique flottante et prévue être d’au moins 40 ans. Le rechargement en combustible – de l’uranium enrichi – s’effectuera tous les 12 ans ce qui nécessitera le retour du navire à Mourmansk, son port d’attache, qui dispose d’installations spécialisées pour gérer et retraiter le combustible des quelques 12 brise-glace nucléaires russes.

La compagnie d’énergie nucléaire russe Rosatom étudie déjà une deuxième génération de centrales nucléaires flottantes équipées de deux réacteurs RITM-200M d’une puissance totale de 100Me. La Russie opère 41 réacteurs nucléaires répartis sur 9 sites. Onze de ces réacteurs sont du type Chernobyl et deux autres, opérationnels, sont des surrégénérateurs, un troisième réacteur de ce type étant en construction. Sept autres réacteurs seront bientôt opérationnels. L’A. Lomonosov s’ajoute donc à cette liste et place la Russie parmi les leaders mondiaux de l’énergie nucléaire civile. L’avantage du réacteur nucléaire flottant réside en trois points. D’une part il s’agit de l’application directe d’une technologie éprouvée avec les brise-glace nucléaires, d’autre part la mobilité de ce type de source d’énergie présente de nombreux avantages. Par exemple ce type de petite centrale nucléaire modulaire (la production en série de tels réacteurs peut être envisagée) peut être installé sur un fleuve, par exemple parmi ceux traversés par la ligne ferroviaire du trans-sibérien, dans une région trop sismique pour envisager la construction d’une centrale nucléaire comme dans la péninsule du Kamtchatka à très forte sismicité ou encore pour suppléer en énergie des villes isolées des réseaux existants comme le gisement de gaz Shtokman dans la mer de Barentz ou encore le développement des sites gaziers et pétroliers de la Péninsule de Yamal. Mais Rosatom pourrait aussi équiper des villes comme Sebastopol, Novorossiysk ou Vladivostok avec de telles installions en supplément des infrastructures existantes.

Les applications de tels réacteurs modulaires flottants sont multiples comme par exemple dans l’archipel du Cap Vert en fournissant, outre de l’électricité, de l’eau par dessalage de l’eau de mer. En effet le A. Lomonosov dispose à bord de sa propre unité de dessalage d’eau de mer et l’archipel du Cap Vert souffre cruellement du manque d’électricité mais également d’eau potable et pour l’irrigation. Ce type de petite unité de production électrique est donc promis à un avenir non négligeable qui pourrait changer profondément la perception de la production d’énergie dans de nombreuses parties du monde.

Source : ZeroHedge

Notes. Les réacteurs KLT-40S sont des réacteurs à eau pressurisée utilisant de l’uranium enrichi à 14,1 % pour se conformer aux traités de non-prolifération des armements nucléaires. Les réacteurs utilisant de l’uranium enrichi jusqu’à 90 % sont réservés aux sous-marins car ils sont très compacts.

Accueillant des visiteurs je ne pourrai peut-être pas assurer une mise en ligne régulière de billets sur ce blog dans les prochains jours. Que mes fidèles lecteurs m’en excusent.