Le financement des « ONGs » européennes et leurs répercussions économiques

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En Europe il existe des ONGs tolérées et financées par les gouvernements, c’est du moins la version officielle qui est admise par l’homme de la rue. Dans un récent billet sur ce blog j’ai mentionné ce financement largement abusif des ONGs qui sévissent en France, financement par les impôts des contribuables, et qu’il serait urgent de mettre de l’ordre dans ce système obsolète qui date de 1901. Curieusement aucun de mes lecteurs n’a laissé de commentaire à ce sujet alors qu’il me paraît d’une extrême importance pour la sécurité nationale comme vous allez le découvrir avec deux exemples. Certes le panel que représentent les lecteurs de mon blog n’est pas représentatif de l’opinion générale. Pour autant quand j’aborde le problème posé par les ONGs je dois reconnaître que ces organismes bénéficient de la sympathie de l’opinion. Or cette attitude de confiance aveugle est complètement trompeuse. Pour éclairer la gouverne de mes chers lecteurs je vais reprendre sans trop les déformer deux propos d’Alain Juillet qui a été longtemps conseiller pour l’Intelligence économique auprès de la DGSE. D’ailleurs pourquoi les déformerais-je puisque Monsieur Juillet est infiniment mieux informé que votre serviteur. Voici donc les deux exemples que j’ai choisi étant donné que je connais dans le détail ces deux domaines.

En ce qui concerne les OGMs (organismes génétiquement modifiés), les disciples de José Bové détruisaient allègrement avec l’appui de Greenpeace (ONG qui n’a de vert [green] que le nom) les plantes transgéniques en essais plein-champ. Ces véritables commandos de terroristes réduisant à néant des années de travaux de recherche académique étaient financés sans le savoir et très indirectement par tout un montage financier opaque, nous étions au début des années 1990 pour vous remémorer ces évènements, alors que la France était le leader européen de la transgenèse végétale avec l’INRA, le CNRS, Limagrain et Rhône-Poulenc et je vous laisse deviner qui les finançait : … Monsanto !

Cette gigantesque multinationale américaine voulait tuer dans l’oeuf toute velléité française d’interférer dans ses visées de domination mondiale du marché des plantes génétiquement modifiées.

Il faut avoir travaillé dans l’intelligence économique comme Alain Juillet (intelligence ici est une traduction inappropriée du mot anglo-saxon éponyme qui signifie information et par extension espionnage, cf. l’Intelligence Service anglais) pour affirmer de tels propos. Heureux écolos anti-OGMs qui ont été manipulés par Monsanto sans jamais le savoir : ils n’ont même pas compris que de l’autre côté de l’Atlantique on les prenait pour des débiles mentaux puisqu’eux-mêmes clouaient au pilori cette firme multinationale … et Monsanto et Pioneer Seeds se frottaient les mains avec naturellement l’encouragement de la Maison-Blanche car il fallait à tout prix protéger l’industrie américaine. José Bové devrait être poursuivi en justice pour avoir détruit le patrimoine intellectuel français au profit des Etats-Unis en étant un acteur « écologiste » aux ordres de Monsanto. Malheureusement il clamerait son innocence car il est trop c*n pour avoir pu imaginer un seul instant qu’il était manipulé par une multinationale américaine.

Venons-en maintenant à la technologie française du nucléaire civil, un autre domaine que je connais bien pour avoir travaillé comme consultant auprès d’EDF justement dans le domaine du nucléaire. Il s’agit d’un autre gros morceau qui a mobilisé une multitude d’ONGs dont encore une fois Greenpeace. Pour la petite histoire le premier réacteur à eau pressurisée produisant de l’électricité construit en France est le réacteur de Chooz A sous licence Westinghouse concédée à la Compagnie Franco-américaine de Constructions Atomiques plus connue ensuite sous le nom de Framatome. Il s’agissait d’un réacteur d’une puissance de 300 MW qui fut définitivement arrêtée en 1991 après 24 ans de fonctionnement et de bons et loyaux services rendus. Cette installation a été arrêtée car elle n’était plus rentable en raison de son implantation souterraine qui compliquait considérablement les interventions de maintenance. Puis avec l’appui du gouvernement français via le CEA et les excellents services de recherche et développement d’EDF la France améliora considérablement le procédé originel Westinghouse au point que le pays commença à exporter son savoir-faire en Corée (du sud) puis en République sud-africaine. Le site de Chooz comprend aujourd’hui deux réacteurs d’une puissance électrique de 1560 MW électriques chacun, les immédiats précurseurs de l’EPR avec ceux du site de Civaux dans la Vienne.

Après l’accident de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island (illustration) le 28 mars 1979 provoqué par une erreur humaine l’industrie électro-nucléaire américaine a été mise au point mort et le savoir-faire a progressivement disparu. Comme aujourd’hui le seul pays européen, hors Russie, encore capable de construire des centrales nucléaires est la France alors les Etats-Unis ont tout fait pour fragiliser le savoir-faire industriel français dans le domaine du nucléaire civil afin de relancer l’industrie américaine dans ce domaine, ce qui reste encore hypothétique. Même le gouvernement français a cédé au scandaleux chantage exercé par les USA pour céder le département énergie d’Alstom à General Electric agrémenté de faits (non avérés) de corruption pour discréditer l’image d’Alstom entrant dans le cadre de l’extraterritorialité de la loi américaine (cf. l’affaire Pierruci).

La cession d’Alstom, pilier incontournable de l’industrie électro-nucléaire française, a été approuvée par un certain Emmanuel Macron en personne alors qu’il se trouvait au Ministère des finances français méprisant ainsi toutes les conséquences stratégiques d’une telle opération strictement financière à ses yeux. Afin que l’opinion publique française soit anesthésiée lors de cette transaction les USA n’ont jamais cessé d’épauler diverses ONGs pour discréditer l’énergie nucléaire française, en particulier Greenpeace qui bien qu’interdite de séjour aux USA (ainsi qu’en Russie et en Chine pour d’autres raisons) continue d’être financée par le lobby américain ultra-puissant des énergies fossiles.

On peut légitimement se poser la question d’une éventuelle action souterraine des lobbys américains, via des ONGs européennes et pas seulement françaises, pour la fermeture totalement stupide et sans aucune espèce de motivation économique du surrégénérateur de Creys-Malville. Quant à la fermeture tout aussi stupide de l’usine de Fessenheim elle est le résultat également de la pression d’ONGs allemandes et suisses avec à leur tête Corinne Lepage probablement manipulée, sans jamais en avoir eu conscience elle-même – au niveau de la clairvoyance elle pourrait être classé au même niveau que José Bové – par les lobbys américains qui veulent vendre leur pétrole, leur gaz et leur charbon aux Européens. Au risque de me répéter la prochaine centrale nucléaire qui verra le jour sur le sol français aura été entièrement fabriquée par la Chine à qui la France a cédé tout son savoir-faire y compris celui des turbines en sous-estimant l’immense aptitude des Chinois à admirablement tout très bien copier. Dès lors ces actions à la cow-boy des Américains ne font que favoriser les Chinois et les Russes, belle réussite ! Et la présidence de la République française s’en lave les mains. J’en ai la nausée …

Petit compte-rendu d’une conversation à bâtons rompus avec un ingénieur informaticien.

Ce billet est un peu particulier car il est intimiste dans la mesure où je livre à mes lecteurs un peu de ma personnalité sans aucune gène.

En 48 heures à mon retour du Japon un ami de lycée de mon fils puiné, lui-même informaticien, qui était venu le nez en l’air pour chercher ici à Tenerife des opportunités de travail, a passé deux soirées avec moi avant de retourner en France. Plongés l’un comme l’autre dans des discussions variées, je n’ai pas mémorisé tous les sujets abordés. Comme j’ai coutume de le pratiquer avec mon blog, j’aborde toutes sortes de sujets, en particulier avec un homme qui atteint la quarantaine mais reste d’une curiosité redoutable, une qualité considérable. Si mon blog est pluridisciplinaire c’est tout simplement parce que c’est une conséquence de ma curiosité et, donc, nos conversations ont débordé de diversité.

Le premier point abordé fut le climat, le réchauffement climatique maintenant dénommé le « changement climatique » (on ne sait jamais …) et l’effet de serre du CO2 devenu un dogme, comme le dogme de l’immaculée conception pour les catholiques. On parle tellement du changement climatique dans les médias qu’on se trouve dans un véritable état nauséeux ! J’ai osé lui raconter cette histoire que j’aime raconter aux Espagnols à propos du dogme de la virginité de Marie, eux pour qui la Vierge est une véritable idole qu’on promène dans les rues comme étaient vénérés Vénus et Jupiter dans le panthéon romain. J’ai choqué plus d’un Espagnol en lui expliquant que, selon mon analyse, Marie a trompé son naïf d’époux, pauvre charpentier (ou berger, je ne sais plus) insignifiant, en forniquant avec le Saint-Esprit, c’est ce l’on nous raconte mais elle aurait pu être infidèle avec n’importe quel autre homme, pour mettre au monde un enfant adultérin. Il fallait que Joseph soit le cocu de l’histoire. J’ai failli être lynché par des Espagnols profondément choqués par mes propos.

Cette obsession du climat est l’enfant adultérin de l’écologisme militant et de la fausse science répandue par les instances onusiennes en charge de sauver la planète, Gaïa, la nouvelle divinité des temps modernes, et il faut y croire sinon … sinon on est taxé de fascisme. C’est tout simplement renversant ! Quand j’ai prononcé le mot fascisme j’ai apporté quelques explications. En effet l’écologisme est une émanation de l’ultra-gauche, idéologie reprise par les puissances financières afin de réaliser in fine de gigantesques profits en culpabilisant – c’est le rôle de cette ultra-gauche – l’ensemble des populations, surtout des pays les plus avancés (car c’est là où se trouve la richesse) pour mieux les rançonner.

Et puis comme j’avais effleuré la religion en des termes non pas sarcastiques mais humoristiques j’ai exposé mon point de vue sur le parallélisme saisissant entre cette entreprise de sauvetage de Gaïa, la nouvelle déesse, et le système scandaleux des indulgences mis au point par la papauté pour s’enrichir sur le dos des gueux. Mon interlocuteur était « scotché » comme on dit maintenant et j’étais assez fier de ma démonstration.

Tout naturellement nous en sommes venus à parler de sexe et je lui ai dit que pour moi parler de sexualité, de la manière pour un homme de procurer le maximum de jouissance à sa partenaire, pour un hétérosexuel que je suis, c’était comme de disserter de la meilleure recette de gratin de pomme de terre. Faut-il une ou plusieurs pointes d’ail dans le gratin, des oignons ou pas, du fromage ou pas de fromage, un gratin lyonnais ou un gratin dauphinois ? C’est comme dire si on met son doigt, ou une autre pièce de son anatomie, ici, là, un peu plus haut, ou un plus bas, pour que votre petite amie en redemande et qu’elle soit comblée de plaisir. J’ai fait une digression sur l’ail, c’était tout à fait à propos puisque l’ail contient de l’allicine. Mon interlocuteur était peu perdu alors je lui ai expliqué que l’ail était reconnu par la pharmacopée populaire comme favorisant la virilité de l’homme, normal puisqu’il contient de l’allicine qui est un puissant vaso-dilatateur ayant, de loin, les mêmes effets que le sildenafil, plus connu sous le nom de Viagra.

Comparer l’art de faire l’amour avec l’art de préparer un gratin de pomme de terre n’est pas anodin. En effet, il n’y a que deux activités importantes dans la vie de tous les jours, en particulier pour les Français : le sexe et la bouffe ! Et pour se nourrir il faut de l’argent, donc travailler, c’est ce qui gouverne tout individu et par extension le monde entier : le sexe et l’argent. J’ai été taxé de pessimisme mais j’assume pleinement ma position.

Pour le climat, je lui ai fait remarquer que le CO2 n’était pas toxique puisque lorsque nous respirons, nous exhalons de l’air carrément vicié puisqu’il contient plus de 2000 ppm de CO2. Et toujours à propos du climat, je lui ai fait remarquer que l’IPCC avait inventé le mouvement perpétuel avec son effet de serre rétro-forcé qui présente l’incroyable propriété de s’auto-alimenter, sans entrer dans trop de détails de thermodynamique. Tous les sujets « climatiques » brûlants ont été abordés en particulier l’énergie. Comme mes lecteurs le savent je suis un fervent partisan de l’énergie nucléaire mais que je ne crois pas à la faisabilité de la fusion. Mon interlocuteur était surpris que je considère que le projet ITER c’est de l’argent jeté non pas par les fenêtres mais directement à l’égout. Et si on veut « sauver le climat », c’est ce que nous ressassent les médias inlassablement, au point de finir par être soi-même lassé, la seule solution est de développer l’énergie électrique basée sur la fission nucléaire, que ce soit à partir d’uranium ou à partir de thorium. Et il y en a assez dans la croute terrestre pour satisfaire la soif d’énergie du monde entier pendant plusieurs millénaires sans mentionner les ressources infinies en uranium de l’eau de mer que l’on sait « capter » maintenant …

Dans le cours de nos conversations longues et arrosées cet ami de mon dernier fils me demanda de me définir. Vaste question ! Je me servis un whisky, je m’en souviens très bien, parce qu’il est très difficile de se définir soi-même globalement, c’est-à-dire en ne tentant pas de dissimuler les travers de sa personnalité. Il s’agit d’un exercice difficile. Ou bien j’entrais dans les détails ou alors je sortais un salve de qualificatifs éculés que tout le monde connait. J’optais pour cette deuxième solution. C’est ainsi que je me définis : je suis libertaire ou pour être plus précis libre penseur, anti-militariste, anti-clérical, apolitique ou plutôt politiquement incorrect, (ex)scientifique attéré par l’usage politisé que l’on fait aujourd’hui de la science. Ça fait beaucoup ! Par contre j’ai quelques qualités, la curiosité, le sens de l’humour, l’amour de la vie et de l’esthétique qu’il s’agisse de la musique, des romans, des films, de la nature, et bien entendu du corps d’une belle femme ou du visage d’un jeune enfant tout fier d’avoir fait ses premiers pas …

Et puis cet ami de mon fils m’a posé l’ultime question que j’attendais : pourquoi tenir un blog ? Depuis que j’ai cessé toute activité professionnelle j’ai toujours aimé écrire mais je n’ai jamais fait l’effort d’aller solliciter un éditeur pour rendre publics des essais intimistes. À quoi bon éventuellement gagner quelques euros en autorisant un éditeur à s’approprier la plus grande part des bénéfices incertains pouvant émerger d’une telle entreprise. Tenir un blog c’est informer gracieusement de potentiels lecteurs aussi honnêtement que possible en abordant des sujets parfois soumis à une véritable censure par les grands médias. Et cette gratuité est fondamentale car elle préserve ma liberté d’expression. Et je suis assez fier, parfois, de secouer les neurones de mes lecteurs.

Excellente nouvelle année 2020 à tous mes lecteurs …

Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique

L’ « écomerdier » imposé à l’Afrique par les écolo-imperialistes

Plutôt que de brûler de la bouse de vache et du charbon de bois, pourquoi l’Afrique sub-saharienne n’aurait-elle pas de l’électricité bon marché ? C’est la question que l’on peut se poser en examinant l’état des lieux de l’Afrique. Alors que l’Inde, la Chine et le Vietnam ainsi que d’autres pays utilisent de plus en plus de gaz naturel, de charbon et de pétrole pour électrifier et moderniser leurs nations, créer des emplois et améliorer la santé, relever le niveau de vie et augmenter l’espérance de vie, pourquoi la Banque Mondiale et d’autres institutions internationales exigent des pays de l’Afrique sub-saharienne d’utiliser de plus en plus de charbon de bois pour le chauffage et la cuisine ? Pourquoi les pays africains eux-mêmes, les Nations-Unies et les organismes de défense des droits de l’homme tolèrent cette politique mortifère ?

Durant la récente « semaine du climat » l’organisme onusien IPCC a fait la promotion de la biomasse qui – selon ses affirmations – entrent déjà pour 60 % des énergies renouvelables en Europe afin de combattre le changement climatique (on ne dit plus réchauffement, au cas où …) et stabiliser le climat qui n’a jamais été vraiment stable par le passé, mais bon …

Les énergies dites renouvelables comprennent par exemple la centrale électrique de Drax en Grande-Bretagne qui brûle des « boulets » de bois provenant de millions d’arbres poussant sur des dizaines de milliers d’hectares de forêts canadiennes et américaines, détruites à jamais. Les arbres sont transformés en petites boules qui sont chargées sur des camions pour les transporter dans les ports côtiers pour être ensuite acheminées au nord du Yorkshire en Grande-Bretagne par cargos brûlant du pétrole. Du port ces granulés sont acheminés alors par train jusqu’à la centrale électrique et brûlés à la place du charbon pour générer de l’électricité. Ainsi la Grande-Bretagne peut s’enorgueillir d’atteindre l’objectif d’énergie renouvelable que les accors de Paris ont fixé. Pourtant l’ensemble de cette opération produit beaucoup plus de gaz carbonique que n’importe quelle usine similaire de production d’électricité utilisant du gaz naturel ou du charbon ! Quant aux arbres il faudra attendre 50 ans pour pouvoir à nouveau exploiter les forêts nouvellement rasées. Et on dit que c’est de l’énergie renouvelable !

Certaines organisations de protection de l’environnement ont crié au scandale quand l’IPCC a convenu que l’utilisation du charbon de bois devait être promue en Afrique sub-saharienne car cette pratique contribuait à réduite les surfaces boisées. Non seulement la production de charbon de bois, considéré comme une source d’énergie renouvelable par l’IPCC, détruit l’environnement et menace de nombreuses espèces d’animaux et de plantes mais l’utilisation du charbon de bois menace aussi la santé humaine. Le programme pour l’environnement des Nations-Unies prévoit que la demande africaine de charbon de bois, dont la production est actuellement d’environ 23 millions de tonnes par an, doublera voire triplera vers 2050. Cette production a doublé ces dernières 20 années et représente maintenant 60 % de la production mondiale de charbon de bois selon la FAO. L’urbanisation galopante a accru la demande car le charbon de bois est le combustible préféré en raison de son bas coût pour la cuisine en Afrique sub-saharienne.

Certes, le charbon de bois est plus propre et plus facile à utiliser que le bois lui-même et meilleur marché que le gaz de pétrole liquéfié ou l’électricité, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle plus de 80 % des familles en milieu urbain utilisent le charbon de bois pour la cuisine et en milieu rural c’est 100 %. Et pourtant l’OMS (un autre organisme onusien) considère que mondialement plus de 4,3 millions de personnes meurent prématurément de maladies liées au caractère malsain de l’air des maison où est utilisé le charbon de bois pour la cuisine sur des feux ouverts ou des cuisinières qui fuient et enfument les logements. C’est plus de morts que la malaria, la tuberculose et le SIDA réunis … L’OMS a aussi noté que le manque d’accès à l’électricité pour 1,2 milliard de personnes dans le monde a pour résultat d’exposer les familles à des particules fines et aux autres produits toxiques présents dans la fumée, la cuisson mal assurée provoquant en outre toutes sortes d’intoxications alimentaires.

L’absence d’électricité disponible en abondance restreint la possibilité de lire confortablement le soir pour étudier, lire, avoir accès à un ordinateur et à internet, développer une petite industrie, des industries de plus grande taille, alimenter des hôpitaux, des écoles et des infrastructures et permettre d’améliorer la vie des personnes, la santé et la nourriture. Pourquoi 100 ans après que l’électricité ait révolutionné les sociétés occidentales il y a encore plus de la moitié de l’Afrique sub-saharienne qui n’est connectée à aucun réseau électrique ? Est-ce qu’un Américain, un Canadien, un Européen, un Australien, un Japonais et même un Chinois pourrait vivre aujourd’hui sans une électricité abondante, relativement bon marché 24/7/365 ? En 2016 la Banque Mondiale a estimé qu’à peine 42 % des logements en Afrique sub-saharienne avaient accès à l’électricité, le Rwanda atteignant 80 % mais la Guinée-Bissau à peine 30 %, laissant des centaines de millions de personnes sans électricité du tout ou seulement sur des périodes très limitées et totalement imprévisibles, alors qu’il s’agit d’une source d’énergie que nous considérons, nous Occidentaux, comme vitale.

Le site ZimbabweSituation.com indique que trois facteurs restreignent la demande en électricité dans la majorité des pays africains. D’abord la plupart des ménages et des entreprises connectées à un réseau électrique font face à des black-out à répétition en raison de la faiblesse de la production par rapport à la demande et en raison d’un réseau défectueux. Ce qui signifie que les habitants ont toujours recours au charbon de bois pour cuisiner, la conséquence étant qu’ils paient pour disposer d’électricité, quand il y en a de disponible, et qu’ils paient aussi pour se fournir en charbon de bois. (Paradoxalement c’est aussi le cas en Californie depuis la faillite de PG&E qui, si c’était un Etat indépendant, serait le plus riche du monde alors que de nombreux ménages sont revenus au bon réchaud à pétrole pour cuisiner puisqu’il y a des black-out imprévisibles partout dans cet État !).

Ensuite, alors que l’électricité constitue une large part du revenu des ménages, ces derniers ont un accès limité à cette source d’énergie. Les pays disposant d’un réseau peu développé augmentent les prix pour financer les infrastructures afin d’améliorer les réseaux. Mais des tarifs élevés se traduisent pas encore plus de charges financières, ce qui décourage les consommateurs et par voie de conséquence inhibe la création d’emplois puisque la consommation n’augmente pas et même décourage certains ménages à faire une demande de raccordement au réseau existant. En dernier lieu, le coût et la complexisté de l’extension des réseaux sont aussi des facteurs limitant l’électrification. Là où la production est insuffisante, les compagnies d’électricité retardent les connections au réseau jusqu’à ce que les infrastructures de production correspondent à la demande prévue. Le pire ce sont aussi les contraintes administratives et parfois coûtumières, par exemple pour l’installation de pilônes sur des terres communautaires, qui augmentent les coûts et donc réduisent la demande ce qui a pour effet dans certaines régions de repousser à jamais une quelconque électrification.

C’est ainsi que dans de nombreux cas le bois et le charbon de bois sont compétitifs par rapport au gaz de pétrole (quand il y en a) alors que la production de charbon de bois est gourmande en main d’oeuvre, polluante et destructrice de l’environnement. Une cuisinère moderne brûlant du bois permettrait de réduire les risques pour la santé mais la plupart des ménages ne peuvent pas s’en offrir une.

Le coût maîtrisé et la sécurité d’approvisionnement de l’électricité en Afrique sub-saharienne ne pourront être atteints qu’avec une modernisation et une expansion du réseau électrique, après viendront les usines de production d’électricité. Le regretté Steven Lyazi, qui travailla pour le Congrès de l’Égalité Raciale en Uganda, reconnut que la disponibilité en énergie solaire est une bonne nouvelle pour des millions d’Africains qui ne disposent que du bois de chauffage, des bouses du bétail et du charbon de bois pour cuisiner. Cependant, ajoutait-il, les énergies solaires et éoliennes ne sont au mieux que des solutions de remplacement vers la sécurité de l’approvisionnement en électricité, alors que, pourtant, les Nations-Unies, la Banque Mondiale et d’autres organismes politiques le préconisent : ce n’est qu’une vue de l’esprit.

« Beaucoup de personnalités », disait Lyazi, « méconnaissent que les Africains ont de grands rêves ». Juste un de ces rêves : la laison ferroviaire électrifiée de 750 km appellée Trans East Africa nécessiterait beaucoup plus d’énergie que ce que le solaire et l’éolien, qui sont des sources d’énergie intermittentes, peuvent produire.

La grande majorité des pays d’Afrique sont avides d’énergie électrique qu’elle soit d’origine nucléaire, de charbon, de pétrole ou de gaz naturel, mais les environnementalistes occidentaux, largement européens, y compris la Banque Mondiale, se sont opposé au financement de tels projets. Lyaza, qui mourut dans un accident d’autobus en 2017, pressait les pays africains pour qu’ils utilisent leurs abondantes ressources naturelles. Il encourageait les Africains à défier les écologistes européens qui ont diabolisé les combustibles fossiles carbonés et n’ont jamais encouragé les projets hydroélectriques et l’énergie nucléaire en Afrique. Il clamait que l’Uganda et d’autres pays d’Afrique sub-saharienne devraient construire des gazoducs pour alimenter des centrales électriques afin de fournir de l’électricité à autant d’habitants que possible. Aujourd’hui, les champs pétroliers et gaziers africains brûlent pour rien du gaz qui n’est pas récupéré et le pétrole est exporté pour le plus grand bénéfice d’une élite restreinte laissant des millions de gens sans énergie, appauvris et désespérés.

Pourquoi ne pas construire des centrales au charbon, des centrales nucléaires et envisager des projets hydroélectriques ? Pourquoi pas ? Pourquoi les Africains devraient-ils être condamnés à survivre dans la pauvreté en étant dominés par les écolo-impérialistes, les néo-colonialistes et les organisations de protection de l’environnement destructrices et qui ignorent totalement les droit les plus basiques des êtres humains : le droit à l’énergie, à la santé moderne, à un niveau de vie satisfaisant et à des vies décentes ?

En tant qu’ingénieur dans l’énergie nucléaire, le sud-Africain Kelvin Kemm, consultant en énergie, notait qu’il y a trop de situations diverses en Afrique et qu’une seule source d’énergie électrique pourrait être envisagée à l’échelle du continent de manière économique et sûre : les réacteurs modulaires pebble bed (PBMR) de faible puissance – 200 MWe – refroidis avec un gaz associé à une turbine Brayton en cycle fermé ou un circuit secondaire de vapeur. Ces réacteurs acceptant un combustible configuré sous formes de billes de la taille d’une balle de golf bénéficient de par leur conception d’une sécurité dite passive. Ils peuvent être construits en grande série pour un coût d’investissement modique et leur puissance est adaptée aux réseaux existants pouvant être naturellement étendus par la suite. Cette technologie est adaptable à tous les pays de l’Afrique sub-saharienne. Ce sont les pays africains eux-mêmes qui doivent faire ce choix et non pas des pays étrangers qui leur fassent subir chantages et pressions politiques. Les pays africains ne doivent pas rester dans l’ignorance et être obligés de ne se contenter que de charbon de bois, ce que les écolo-impérialistes occidentaux leur imposent pour l’instant …

Traduction d’un article de Duggan Flanakin, à la tête de la recherche stratégique au Commitee for a Constructive Tomorrow. Il a étudié les régulations environnementales pendant des décennies. Note. Le PBMR a été abandonné par l’Allemagne qui fut initialement le pays le pays le plus avancé dans cette technologie. Seule la Chine a pour l’instant perduré dans cette voie avec la construction d’un prototype PBMR, l’HTR-PM, d’une puissance thermique de 250 MW, soit d’une puissance électrique d’environ 100 MW. Deux réacteurs modulaires alimenteront une unique turbine entrainant un alternateur d’une puissance nominale de 210 MW électriques. Cette installation doit être opérationnelle au début de l’année 2020. La génération future envisagée par la Chine est un PBMR refroidi par de l’hélium, de l’azote ou du CO2 entrainant une turbine Brayton. Les avantages de ce type de réacteur sont multiples. En cas de défaut de quelque nature que ce soit le réacteur est vidé de son combustible qui est réparti dans une aire de stockage compartimentée et facilement refroidie, la fission prenant alors instantanément fin. La technologie de production du combustible est connue et beaucoup plus aisée que celle d’un PWR classique qui requiert des assemblages de tubes et la mise en forme du combustible sous forme de pastilles. Le rechargement en combustible peut se faire de manière continue, ce qui n’est pas le cas de tous les autres réacteurs nucléaires existants. Enfin, outre de l’oxyde d’uranium-235 servant dans ce cas de producteur primaire de neutrons sous forme de billes, ce type de réacteur peut aussi accepter du thorium comme combustible. Voir par exemple : https://en.wikipedia.org/wiki/Pebble-bed_reactor et le billet de ce blog du 16 décembre 2017.

Les centrales nucléaires flottantes : un bel avenir potentiel.

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Le 14 septembre dernier l’Akademik Lomonosov, parti de Mourmansk, a atteint Pevek, son port de destination dans la Chukotka à l’extrême nord-est de la Sibérie parcourant 4700 kilomètres dans les eaux glacées de l’Arctique. L’Akademik Lomonosov est une centrale nucléaire flottante constituée de deux réacteurs KLT-40S du même type que ceux se trouvant dans les brise-glace à propulsion nucléaire capable de générer 70 MW électriques et 50 Gcalories/heure d’énergie thermique ce qui est suffisant pour assurer la consommation électrique d’une ville de 100000 habitants ainsi que le chauffage de l’ensemble des habitations.

L’A. Lomonosov, vaisseau de 144 mètres de long et 30 mètres de large, déplace 21500 tonnes et comprend un équipage de 69 personnes. Les deux réacteurs conçus par OKBM Afrikantov ont été assemblés à l’institut de recherche et développement de Nizhniy Novgorod. Les cuves, générateurs de vapeur et turbines sont de conception russe. La durée de vie prévue de cette centrale électrique flottante et prévue être d’au moins 40 ans. Le rechargement en combustible – de l’uranium enrichi – s’effectuera tous les 12 ans ce qui nécessitera le retour du navire à Mourmansk, son port d’attache, qui dispose d’installations spécialisées pour gérer et retraiter le combustible des quelques 12 brise-glace nucléaires russes.

La compagnie d’énergie nucléaire russe Rosatom étudie déjà une deuxième génération de centrales nucléaires flottantes équipées de deux réacteurs RITM-200M d’une puissance totale de 100Me. La Russie opère 41 réacteurs nucléaires répartis sur 9 sites. Onze de ces réacteurs sont du type Chernobyl et deux autres, opérationnels, sont des surrégénérateurs, un troisième réacteur de ce type étant en construction. Sept autres réacteurs seront bientôt opérationnels. L’A. Lomonosov s’ajoute donc à cette liste et place la Russie parmi les leaders mondiaux de l’énergie nucléaire civile. L’avantage du réacteur nucléaire flottant réside en trois points. D’une part il s’agit de l’application directe d’une technologie éprouvée avec les brise-glace nucléaires, d’autre part la mobilité de ce type de source d’énergie présente de nombreux avantages. Par exemple ce type de petite centrale nucléaire modulaire (la production en série de tels réacteurs peut être envisagée) peut être installé sur un fleuve, par exemple parmi ceux traversés par la ligne ferroviaire du trans-sibérien, dans une région trop sismique pour envisager la construction d’une centrale nucléaire comme dans la péninsule du Kamtchatka à très forte sismicité ou encore pour suppléer en énergie des villes isolées des réseaux existants comme le gisement de gaz Shtokman dans la mer de Barentz ou encore le développement des sites gaziers et pétroliers de la Péninsule de Yamal. Mais Rosatom pourrait aussi équiper des villes comme Sebastopol, Novorossiysk ou Vladivostok avec de telles installions en supplément des infrastructures existantes.

Les applications de tels réacteurs modulaires flottants sont multiples comme par exemple dans l’archipel du Cap Vert en fournissant, outre de l’électricité, de l’eau par dessalage de l’eau de mer. En effet le A. Lomonosov dispose à bord de sa propre unité de dessalage d’eau de mer et l’archipel du Cap Vert souffre cruellement du manque d’électricité mais également d’eau potable et pour l’irrigation. Ce type de petite unité de production électrique est donc promis à un avenir non négligeable qui pourrait changer profondément la perception de la production d’énergie dans de nombreuses parties du monde.

Source : ZeroHedge

Notes. Les réacteurs KLT-40S sont des réacteurs à eau pressurisée utilisant de l’uranium enrichi à 14,1 % pour se conformer aux traités de non-prolifération des armements nucléaires. Les réacteurs utilisant de l’uranium enrichi jusqu’à 90 % sont réservés aux sous-marins car ils sont très compacts.

Accueillant des visiteurs je ne pourrai peut-être pas assurer une mise en ligne régulière de billets sur ce blog dans les prochains jours. Que mes fidèles lecteurs m’en excusent.

L’énergie nucléaire est de très loin la moins dangereuse parmi toutes les autres sources d’énergie électrique

L’énergie nucléaire est de très loin la moins dangereuse parmi toutes les autres sources d’énergie électrique

Les honorables lecteurs de mon modeste blog le savent : je suis convaincu de l’utilité de l’énergie nucléaire. En termes d’énergie produite par kg l’uranium est de loin le combustible le plus avantageux. L’uranium est un métal banal presque aussi abondant que le plomb dans la croute terrestre. Les technologies d’enrichissement en isotope 235 pour obtenir un combustible fissile sont maintenant bien maîtrisées. La gestion raisonnée des déchets de haute activité sera très certainement résolue globalement dans quelques dizaines d’années tout en produisant encore de l’énergie à bas prix à l’aide de surrégénérateurs. Et puisque je viens de mentionner cette technologie les réserves d’uranium appauvri sont immenses et le thorium sera aussi un combustible de choix à l’avenir afin de faire durer le plus possible les réserves de pétrole.

En termes de sécurité l’énergie nucléaire est la plus sûre qui soit. Le tribut en vies humaines est infime si on se penche sur les statistiques concernant la seule production d’énergie électrique et c’est éloquent :

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N’importe quel procédé industriel présente des risques mortels. Les moulins à vent et les retenues hydro-électriques ne détiennent pas le label « zéro risques ». Chaque année près de 500000 personnes meurent dans ce seul secteur de l’énergie et le charbon et la lignite sont les champions toutes catégories confondues. Les médias relatent seulement les coups de grisou mais en considérant l’ensemble des pathologies mortelles liées à l’extraction du charbon, ce combustible est de très loin le plus létal ! L’énergie nucléaire ne « tue » que 0,07 personnes par an et par tera Watt-heure et cette statistique incorpore les accidents dans les mines d’uranium. Autant dire que de telles statistiques officielles et recoupées en provenance de divers organismes indépendants du « lobby » de l’énergie nucléaire plaident en faveur de cette source d’énergie électrique qui deviendra à terme irremplaçable et des pays comme la Chine, la Russie et l’Inde l’ont parfaitement compris.

Source et illustration : https://www.statista.com/chart/13994/global-deaths-per-energy-source/ . Les données englobent les accidents sur le carreau des mines.

Note à l’intention de mes lecteurs : pas de billets les 3 et 4 juin.

Nouvelles du Japon : le « mix » énergétique de l’archipel

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Depuis le grand tsunami du 11 mars 2011 qui fit près de 20000 morts, détruisit de nombreuses usines et provoqua l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, le Japon, pays qui ne dispose d’aucunes ressources énergétiques naturelles, a été contraint de s’équiper dans l’urgence d’usines de production d’électricité à partir de gaz naturel liquéfié importé à grand frais. Toutes les installations électro-nucléaires ont été arrêtées afin d’améliorer leur sécurité en cas de nouvel évènement tectonique majeur. De ce fait le Japon s’est alors progressivement tourné vers le charbon pour la production domestique d’électricité car les énergies renouvelables, en particulier les moulins à vent sont très mal tolérées par la population et pour plusieurs raisons. Les Japonais considèrent que le paysage que la nature leur offre en spectacle ne peut pas être dénaturé par des installations gigantesques de production aléatoire d’électricité. De plus la construction d’importants barrages hydro-électriques est exclue dans la mesure où le moindre kilomètre-carré de plaine est occupé par l’agriculture et les habitations et en raison des risques permanents de tremblements de terre.

Pour toutes ces raisons, alors qu’en 2010 le METI (ministère de l’industrie) avait décidé de réduire la consommation de charbon, le Japon s’est tourné à nouveau vers cette source d’énergie primaire beaucoup moins coûteuse que le gaz naturel liquéfié. Les ingénieurs japonais ont depuis lors créé des centrales électriques au charbon dites ultra-supercritiques comme par exemple à Yokohama qui produisent de la vapeur à très haute température tout en augmentant l’efficacité des turbines de 30 % – valeur moyenne d’une installation conventionnelle – à 45 %. Un tel rendement n’est qu’à peine égalé par des turbines à gaz. Cependant une telle installation a un coût et comme les cours internationaux du charbon sont déprimés et le seront durablement selon toute vraisemblance le Japon a mis en fonctionnement depuis 2011 huit nouvelles centrales électriques à charbon et il y en a actuellement 36 autres en construction !

Autant dire que le Japon a tourné définitivement le dos au protocole de Kyoto car il en va de la survie de son économie. Quel enseignement tirer de la situation énergétique japonaise ? C’est tout simplement que pour réduire les émissions de carbone l’énergie nucléaire joue et jouera à l’avenir un rôle incontournable. Sur les 54 réacteurs nucléaires dont disposait le Japon seulement 7 sont de nouveau en opération. Les mouvements écologistes du pays ont fait à de nombreuses reprises obstruction devant les tribunaux à la remise en marche des réacteurs parfois pratiquement neufs et qui ont été à grands frais mis aux nouvelles normes de sécurité drastiques « post-Fukushima ». Cette orientation vers le charbon (essentiellement australien) comme source d’énergie était prévisible et ainsi le Japon va devenir le troisième utilisateur de cette source d’énergie bon marché après la Chine et l’Inde. Les tenants des accords de Paris sur le climat ne peuvent que constater la totale ineptie de ces dispositions issues de la COP21 vues depuis l’Asie.

Source : Sciencemag. Illustration : charbon du Surat Basin (Queensland) en attente d’être convoyé au port de Gladstone pour être exporté vers le Japon