Billet d’humeur énergétique

Le choc pétrolier de 1973 a marqué le déclin de la croissance à deux chiffres d’une grande partie des pays européens, les « trente glorieuses » ne furent plus qu’un souvenir à la fin des années soixante-dix. Cette période d’immense croissance économique était essentiellement basée sur un coût ridiculement faible de l’énergie, un baril de pétrole en moyenne à 3 dollars ! La France, s’équipant d’un parc électronucléaire dès 1973 (plan Mesmer décidé après le choc pétrolier), vit le coût de l’énergie électrique diminuer ensuite en valeur absolue mais dans le même temps, la construction d’un réseau d’autoroutes et la réfection jusqu’au modeste chemin vicinal de l’ensemble des voies de communication encouragea les Français à utiliser leur voiture pour le moindre déplacement. Ce tournant dans les habitudes quotidiennes eut pour conséquence une aggravation continue du déficit de la balance commerciale du pays en raison de l’importation d’hydrocarbures qui représentent environ 60 % de l’ensemble de l’énergie consommée dans le pays et 60 % du déficit commercial. L’énergie étant un intrant incontournable de l’industrie et de l’agriculture, l’enchérissement des hydrocarbures a pesé sur la croissance de manière globale et avec un baril de pétrole (Brent) qui reste depuis plusieurs années autour de 110 dollars, il est illusoire d’espérer une baisse du prix du pétrole, ce n’est pas le taux de change euro/dollar qui améliore la situation puisqu’un euro fort pénalise pour d’autres raisons l’économie, et l’économie de l’Europe risque de stagner. Bref, le retour à une croissance à deux chiffres est définitivement hors d’atteinte et une croissance de l’ordre de 1 % durant les dix prochaines années voire plus est une projection plus réaliste. Dans ces conditions, il est également illusoire d’assister à un assainissement des finances publiques dans la mesure où tout avait été organisé au cours de ces « trente glorieuses » qui virent cette forte croissance permettre par exemple de financer la protection sociale de manière presque satisfaisante. Depuis une quinzaine d’années le tournant vers les énergies renouvelables aggrave encore la situation car le coût de l’énergie croit arithmétiquement en fonction du financement de ces énergies dites « vertes » , vertes pour leurs promoteurs mais plus que sombres pour les utilisateurs que sont les industries et les ménages. Devant cette situation qui va devenir intenable, certains pays européens ont d’ors et déjà décidé de ne plus subventionner les énergies alternatives comme l’Espagne, le Danemark et plus récemment la Grande-Bretagne. Il est vrai que le Danemark et l’Espagne ont été les champions du « n’importe quoi » dans ce domaine, engloutissant en pure perte des dizaines de milliards d’euros (ou de couronnes) dans des projets éoliens ou photovoltaïques qui, contrairement à ce qu’espéraient les gouvernements, ou du moins les écologistes, n’ont jamais pu réduire même de quelques pour cent « l’empreinte carbone » pour reprendre une expression chère à ces derniers et qui ne veut strictement rien dire. Ce mix d’un pétrole (et d’un gaz naturel) durablement aux alentours de 110 dollars et d’un renchérissement domestique sous forme de taxes sur l’énergie ne sont pas de bonne augure pour l’économie européenne et en particulier pour celle de la France. La fermeture programmée de manière totalement démagogique et irréfléchie par Hollande, secondé par le faucheur d’OGM reconverti ministre de l’énergie, de la « plus vieille centrale nucléaire française », entendez par là la moins sûre, représentera un « trou » dans la production électronucléaire d’environ 3 %. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’augmenter de 3 % (pardon 5%) le kWh et tout le monde est content, sauf que c’est d’abord le consommateur qui en subit les conséquences et ensuite, ce qui tout aussi grave voire plus, l’industriel et enfin le calcul est spécieux, une taxe ne remplace pas une production nette d’énergie, c’est-à-dire de richesse. Et comme il faut de toutes les façons financer des programmes délirants d’énergies alternatives, moulins à vent, panneaux solaires et même hydroliennes au fil de l’eau sur la Loire (bizarre, les écologistes n’ont pas encore manifesté contre ce projet totalement débile) on ponctionnera à nouveau les consommateurs et les entreprises avec deux augmentations du kWh en 2014, c’est déjà prévu ! Dans ces conditions il n’y a pas besoin d’être docteur en économie ou énarque pour comprendre que c’est une bonne récession que va traverser la France ou au mieux une croissance proche de zéro puisqu’on ne peut plus faire confiance aux statistiques gouvernementales … Les Anglais, voyant leur production pétrolière et gazière décliner ont résolument décidé de faire des trous pour extraire du gaz et peut-être du pétrole au Pays de Galles par fracturation hydraulique, les Polonais et les Suédois aussi et l’Espagne y songe de plus en plus sérieusement comme d’explorer en détail le plateau continental situé au large des Iles Canaries. En France, rien, le gouvernement préfère persévérer dans sa folie de taxation au détriment de l’économie et de la consommation. Quel bel avenir dans la douce France verdoyante …

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