Des cas de bilharziose en Corse

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D’aucuns diront tout de suite que c’est à cause du réchauffement climatique : des cas de bilharziose ont été identifiés en Corse dans la rivière Cavu (illustration). Plusieurs dizaines de personnes, tant de France que d’Allemagne, qui n’ont pourtant jamais mis les pieds dans un pays tropical ont été diagnostiquées infectées par le ver plat schistosome avec l’aide d’un spécialiste français des maladies tropicales, le Docteur Jérome Boissier de l’Université de Perpignan. Le climat en Corse n’a rien à voir avec celui du Sénégal ou du Cameroun, des pays où cette maladie parasitaire est endémique et pas seulement en Afrique. L’OMS estime que plus de 230 millions de personnes sont infectées, le schistosome étant le parasite le plus répandu dans le monde après celui de la malaria.

L’équipe du Docteur Boissier a réalisé une véritable enquête policière avec tests ADN à l’appui pour comprendre pour quelle raison ce parasite était présent dans cette rivière mais également d’autres rivières de Corse. La bilharziose affecte presque tous les mammifères et son hôte intermédiaire est un petit escargot d’eau douce et effectivement des petits escargots (Bulinus truncatus) ont été trouvés dans la rivière Cavu. Les tests ADN ont montré que le schistosome présent chez les malades était en fait un hybride de S. haematobiotum, qui infecte normalement les humains, et de S. bovis qui infecte les bovins et qui avait déjà été identifié au Sénégal en 2008. L’équipe du Docteur Boissier a montré en outre que cet escargot ne pouvait être l’hôte ni du S. haematobiotum ni du S. bovis mais acceptait parfaitement l’hybride.

Après avoir terminé la séquence complète de l’ADN de ce ver hybride il est apparu que cet ADN était composé pour les trois quarts de celui du ver qui affecte les humains et le reste provenait du ver affectant les bovins. Mais la structure de l’ADN lui-même excluait une hybridation récente et celle-ci devait être le résultat de nombreuses générations. De telles hybridations ont été décrites chez d’autres vers parasites par le passé mais il est probable qu’elles sont largement sous-estimées. Toujours est-il que la provenance des cas décrits et identifiés comme provenant de la rivière Cavu est probablement le Sénégal où un vacancier infesté dans ce pays a uriné dans la rivière et par un effet du hasard la présence de l’escargot et le fait que le schistosome est un hybride accepté par cet escargot particulier a fait le reste. Il n’y a donc pas lieu d’incriminer un réchauffement du climat.

Source : http://dx.doi.org/101101/387969 et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/03/14/etude-en-direct-de-la-bilharziose/

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