La jalousie amoureuse, une déviance ? Pas vraiment

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D’une des plus larges études réalisées à propos de l’infidélité amoureuse et conduite par la Chapman University il ressort que le comportement de l’homme diffère profondément de celui de la femme. Il a fallu questionner pas moins de 63894 personnes, hétérosexuels, bisexuels, lesbiennes et gays, pour se faire une idée précise de la nature et des motivations de la jalousie.

Il y a la jalousie liée à l’infidélité sexuelle et la jalousie liée à l’infidélité sentimentale. Pour être plus clair il était indiqué dans le questionnaire exhaustif envoyé aux participants de cette étude de préciser quelle était leur positionnement exact en termes de jalousie : avoir des relations sexuelles avec un(e) autre partenaire sans pour autant en être amoureux ou être amoureux d’une autre personne sans avoir de relations sexuelles avec cette dernière. Le questionnaire avait le mérite d’être simple et présentait l’avantage de pouvoir analyser tout aussi simplement les résultats. Il est tout de suite ressorti de cette étude que les bisexuels, les lesbiennes et les gays ne différaient pas quant à leur penchant à développer une jalousie que ce soit pour des raisons sexuelles ou sentimentales. Le questionnaire, faut-il le préciser, faisait appel à des expériences vécues ou demandait aux volontaires d’imaginer quelle serait leur réaction dans l’une des deux situations citées plus haut.

La différence d’appréciation des motivations de la jalousie est beaucoup plus marquée parmi les personnes hétérosexuelles avec une différence évidente entre femmes et hommes. Si les gays, les lesbiennes et les bisexuels n’éprouvent pas vraiment de sentiment de jalousie vis-à-vis des frasques sentimentales ou sexuelles de leur partenaire, les hommes hétérosexuels ont tous déclaré ressentir une profonde réaction de jalousie en apprenant (ou en imaginant) que leur partenaire était sexuellement infidèle même si elle n’éprouvait aucun sentiment amoureux pour son partenaire sexuel momentané. Le fait d’être « trompé » seulement sur le plan sentimental, c’est-à-dire dans une relation purement sentimentale sans conclusion sexuelle ne leur semblait pas d’une grande importance. Ce qui motive la jalousie des hommes hétérosexuels est l’incertitude dans laquelle ils se trouvent, sachant que leur partenaire est susceptible de les tromper sexuellement ou les trompent effectivement, de la transmission de leurs gènes. Un homme est en effet jamais à 100 % certain que l’enfant à qui sa partenaire a donné naissance est bien son enfant. Les statistiques montrent qu’environ un enfant sur dix est le résultat d’une liaison adultérine, quel que soit le milieu social ou culturel et quel que soit le niveau d’évolution du pays considéré. Certes, dix pour cent c’est beaucoup mais c’est pourtant la réalité. Il n’est donc pas difficile de comprendre quelles sont les motivations, avant tout physiologiques, de la jalousie de l’homme relativement aux frasques sexuelles de sa partenaire.

En ce qui concerne les femmes, la situation est plus ambigüe car les sentiments seraient prépondérants dans les relations amoureuses sans finalité sexuelle. Personnellement je doute de cette interprétation : les femmes sont tout aussi attirées par les choses du sexe que les hommes à moins d’être suffisamment astucieuses pour cacher leur jeu …

Il n’empêche que cette étude a clairement montré que les femmes hétérosexuelles éprouvent de la jalousie si leur partenaire vit une relation romantique avec une autre femme sans relation sexuelle et qu’elles seraient plutôt moins enclines à la jalousie si leur partenaire avait effectivement une relation sexuelle avec une autre femme. L’étude ne détaille pas les motivations profondes des femmes dans ce registre mais on peut imaginer sans peine qu’une femme, apprenant que son partenaire (époux ou compagnon) est engagé dans des relations sexuelles avec une éventuelle rivale avec succès serait pour elle plutôt gratifiant, cette situation lui prouvant que son partenaire est reconnu par des concurrentes comme un mâle satisfaisant apte à transmettre avec succès ses gènes à une descendance. C’est là que réside l’ambiguité de l’attitude de la femme. Elle est jalouse si son partenaire éprouve des sentiments à l’égard d’une rivale, mais elle se sent presque honorée de savoir qu’il est choisi par une autre femme comme un bon géniteur !

La théorie du genre (à laquelle je n’adhère pas) prévoit qu’il ne doit pas y avoir de différence entre la femme et l’homme, que ce soit au niveau de la vie sentimentale ou de l’activité sexuelle, et pourtant cette étude prouve qu’il en est tout autrement.

Morale de l’histoire, c’est très simple. Mesdames, soyez amoureuses mais que cet amour reste platonique. Messieurs, vous pouvez tromper sexuellement votre partenaire mais ne tombez pas amoureux. C’est un peu vite dit mais c’est pourtant ce qui ressort de cette large étude concernant ces 63894 personnes de 18 à 65 ans avec une moyenne d’âge proche de la quarantaine. Il paraît évident qu’il faut réévaluer notre perception de la fidélité conjugale et aussi de la jalousie …

Source : Chapman University News Desk

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