Déni de réalité ! De qui se moque-t-on ?

J’ai lu dans plusieurs quotidiens que DSK avait traité les journalistes de pourris et il a raison, cent fois raison, et je vais encore le prouver sans équivoque.
Je regarde le Monde.fr de ce jour et je suis tout de suite accroché par un titre attirant mon attention, mais comment en serait-il autrement :

Rapport Besson sur l’énergie en 2050 : le déni de réalité continue

j’ai laissé à dessein la police du titre, en gros et gras pour que le regard soit attiré immédiatement.
Déni de réalité, un bien grand mot puisque les arguments du journaliste anonyme, naturellement, commentent le rapport rendu à Monsieur Besson, l’actuel ministre de l’industrie si je ne me trompe pour une prospective énergétique qui de toutes les manières ne vaut que ce qu’elle vaut compte tenu des nombreuses inconnues existant dans ce genre d’exercice.
Mais cela n’excuse en rien un tel titre, ou alors le journaliste en question ne lit que la presse et les rapports qui lui procurent l’occasion de polémiquer en ces temps électoraux, en particulier à propos de l’énergie.

Je cite ce journaliste et cela est révélateur de la crédibilité qu’on peut lui accorder :
« Rappel : parmi le nombre effarant de sources de premier ordre qui brandissent la menace d’un déclin prochain de la production mondiale de pétrole, figure la banque globale HSBC (repère notoire de décroissants fumeurs de chanvre bio), qui annonce qu’« il ne reste plus qu’une cinquantaine d’années de pétrole ». »

Qu’est-ce que le chanvre bio a à voir avec les propos développés dans cet article ?

Puis plus loin :
« De Greenpeace au Front National, tout ce qu’on entend à propos de l’énergie dans la campagne présidentielle n’a d’ailleurs trait qu’au nucléaire. Nous continuons à nous préoccuper du troisième étage de la fusée « Modernité », en omettant consciencieusement le sort promis au premier étage. »

En lisant ces lignes, je me suis vraiment demandé si je n’avais pas une allucination : Greenpeace et le Front National croqués à la même sauce aigre douce, c’en est trop. Je suis allé consulter le rapport et ses recommandations (je lirai le rapport plus tard) dont je glisse ici le lien :

http://www.strategie.gouv.fr/content/rapport-energies-2050

Pour bien situer le problème, au risque de se faire enfumer par les énergies fossiles (quand il n’y aura plus une goutte de pétrole on produira des combustibles équivalents à partir de charbon dont les réserves prouvées permettent de « tenir plus de cent ans » parce qu’il est inenvisageable de se passer de véhicules automobiles en totalité en trente années. Les experts d’HSBC, pour ne nommer qu’eux puisqu’ils sont cités par le journaliste, ne tiennent pas compte des réserves immenses et prouvées de schistes bitumineux ni des réserves de gaz provenant de ces mêmes schistes, ni enfin du fait récent et ignoré que l’Arabie Saoudite, qu’on cite comme référence bien trop souvent, consomme sur place plus de 40 % de l’huile qu’elle pompe (dessalage de l’eau de mer, climatiseurs, …). Faut-il rappeler à ce journaliste que les USA sont depuis très récemment exportateurs de produits pétroliers avec la mise en exploitation contrôlée et satisfaisante sur le plan environnemental des gaz de schistes.
Compte tenu des coûts actuels et probablement futurs de l’éolien et du solaire par rapport au pétrole (actuel, mais qui ne fera que se renchérir) et au nucléaire, la bête noire de ce journaliste, de Hollande, de Joly et d’autres béotiens qui ont utilisé et utilisent encore l’accident de Fukushima-Daiichi comme seul argument pertinent pour alimenter leurs idées bien étroites mais conformes au courant politiquent correct du moment, il est évident que la raréfaction progressive des ressources pétrolières ne pourra être contrebalancée que par le nucléaire, sachant que les deux ressources du futur dans cette filière sont le thorium 232 et l’uranium 238.
Alors, en toute lucidité, ce qui manque à l’évidence à ce journaliste anonyme, on ne pourra pas se passer de l’énergie nucléaire au moins pour la durée indiquée dans le rapport, 40 années, à moins de déstabiliser dangereusement l’économie française comme on l’observe en ce moment au Japon avec une facture énergétique de 15 milliards d’euros par mois pour se seul surcoût occasionné par la fermeture pour mise en conformité des 50 réacteurs nucléaires encore susceptibles de fonctionner.
Ce rapport de prospective n’est qu’un rapport de prospective avec toutes les incertitudes à long terme que cela suppose. Mais il était inconvenant de considérer qu’il constitue un déni de réalité.

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