Les lacs glaciaires sont d’extraordinaires pièges à CO2

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Une étude réalisée au Canada par diverses universités montre que les lacs glaciaires sont d’excellents pièges pour le CO2 atmosphérique. Il s’agit de la conjonction de plusieurs facteurs favorables permettant une telle efficacité de piégeage. En effet, les eaux provenant de la fonte des glaciers sont chargées de sels minéraux solubles tels que du magnésium ou du calcium et lorsque ces eaux arrivent dans un lac – dans le cas de cette étude le lac Hazen sur l’île d’Ellesmere au nord-ouest du Groenland (illustration) – la présence de CO2 qui dans l’eau se transforme en ions HCO3- puis CO3- – va les précipiter sous forme de carbonates insolubles. La température de l’eau étant proche de zéro degrés a tendance à dissoudre encore plus de CO2 puisque le phénomène de précipitation des carbonates diminue le taux de saturation de l’eau par le CO2, l’oxygène dissous restant invariant et n’entrant pas comme acteur dans ce processus. Alors le phénomène de séquestration se poursuit tant que la surface du lac n’est pas prise par les glaces à la fin de l’été et jusqu’au mois de juin suivant.

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Dans le lac Hazen ainsi que d’autres étendues d’eau du grand nord canadien il n’y a aucune vie et le processus de séquestration du CO2 est strictement minéral. Il faut naturellement que les torrents provenant des glaciers rencontrent des sols meubles d’une composition favorables pour permettre à l’eau de se charger en ions métalliques, Ca ++ et Mg ++ en majorité, pour que ce processus soit accéléré. De ce fait le lac Hazen qui représente une superficie d’environ 100 km2 est capable chaque année de piéger 1700 tonnes de CO2 durant la courte période, quelques mois seulement, durant laquelle il n’est pas recouvert de glace. Les carbonates, insolubles, se déposent au fond du lac et une petite partie est évacuée vers l’océan par la rivière Ruggles, exutoire naturel de ce lac.

Cette étude met en évidence la difficulté d’imaginer un piégeage du CO2 que préconisent les écologistes positionnés en grands sauveurs incontournables du climat mis en danger par ce CO2 présentant prétendument un effet de serre néfaste pour ce climat. Pour réaliser un tel processus il faudrait disposer d’abord d’immenses quantités de sels solubles de magnésium et/ou de calcium, des chlorures par exemples. Il faudrait donc disposer d’acide chlorhydrique et laver des roches extraites d’on ne sait pas trop où avec cet acide puis répandre ces chlorures dans des étendues d’eau – lesquelles, on ne sait pas trop non plus – et enfin agiter l’eau afin que le maximum de CO2 se dissolve et se transforme en ion carbonate CO3- -. C’est tout simplement une vue de l’esprit car, de plus, conformément à la loi de dissolution des gaz dans l’eau, celle-ci est inversement proportionnelle à la température. Pour qu’un tel processus soit efficace il faudrait, dans les contrées tempérées, refroidir l’eau !

En conclusion de l’interprétation que l’on peut faire de cette remarquable étude parue dans les PNAS, compte tenu de l’ « urgence climatique » il faut tout simplement faire confiance à la formidable résilience de la planète.

Source et illustrations : article des PNAS aimablement communiqué par le Docteur Kyra A. St. Pierre de l’Université d’Alberta à Edmonton qui est vivement remerciée ici.

8 réflexions au sujet de « Les lacs glaciaires sont d’extraordinaires pièges à CO2 »

  1. Merci pour ce papier, c’est sympa, il y est question de chimie, de physique, de biologie et de géologie.
    On redécouvre ainsi ce qu’on savait depuis longtemps, à savoir le cycle du carbone, dont celui des carbonates peu solubles comme le calcaire (carbonate de calcium) et la magnésie (carbonate de magnésium). On redécouvre aussi la loi de Henry (solubilité du CO2 gazeux dans l’eau qui augmente quand la température baisse et vice-versa) que j’appelle aussi « la loi du demi pression ».
    Une bière à la pression mousse d’autant moins qu’on la soutire à basse température (4 °C idéalement)…à cause de la loi de Henry donc.
    Evidemment, le processus de dissolution de CO2 dans de l’eau qui va glacer en hiver va s’inverser au cours de l’été quand elle va fondre et libérer ce CO2 ainsi piégé, indépendamment des carbonates qui se sont sédimentés et qui ne bougeront plus pour la vie. Ce phénomène va s’inverser dès le retour du froid. On a à faire à un cycle « biogéochimique ». La nature a donc inventé une pompe à CO2 très efficace. Elle absorbe le CO2 dans l’air et le transforme en meulière pour notre plus grand plaisir quand on veut construire une maison..
    Des journalistes incultes qui n’observent que la partie du cycle estival expliquent en ce moment aux militants écologistes qui ignorent tout de ces phénomènes que le relargage estival de CO2 est une conséquence du réchauffement climatique. OK, nul, zéro pointé sur le plan scientifique.
    Encore plus rigolo, tout le monde se souvient d’Al Gore (encore un milliardaire de l’écologie politique) et de ses prévisions alarmistes de 2007 je crois, selon lesquelles les glaces de l’Arctique devaient avoir intégralement fondu en 2013 en raison d’un réchauffement climatique d’origine humaine. Manque de bol pour lui, les neiges et glaces du pôle nord se portent mieux que jamais. Encore encore plus fort, le pôle Nord a été l’objet de chutes de neige d’une telle intensité l’hiver dernier qu’elles ont empêché toute reproduction selon « Futura Sciences », un magazine d’actualités scientifique très en faveur de la thèse du réchauffement climatique. C’est la consternation pour les scientifiques qui croient dur comme fer au réchauffement climatique d’origine humaine :
    https://www.futura-sciences.com/planete/breves/rechauffement-climatique-chutes-neige-exceptionnelles-ont-empeche-toute-reproduction-arctique-an-dernier-1350/
    Honnêtement, j’ai de la peine pour eux. Je crois que je vais aller allumer un cierge dans l’église à côté de chez moi en signe de deuil de leurs folles espérances. 🙂

      • Merci pour ce rappel salutaire, j’avais oublié, il faut aller fleurir les tombes de nos aînés au cimetière…vu le temps pourri qu’il fait, je remets ça à la semaine prochaine, la météo a annoncé une tempête pour ce week-end.
        La vie aux Canaries a finalement du bon 🙂

      • Plus précisément, la Toussaint est le 1er novembre ;
        Les Défunts (jour des morts), le 2 novembre.

  2. La nature sait donc recycler le CO2 libre (les végétaux) et stocker elle-même le CO2 en excès (les roches calcaires). La nature n’a pas besoin de l’homme pour ça.
    A son échelle, l’homme n’est qu’une petite colonie bactérienne insignifiante dans une immense boîte de Pétri. C’est ce qu’on apprend en cours d’écologie scientifique.
    Quand les militants écologistes et autres politiques de bas étage auront compris ce truc très simple, je crois qu’on aura déjà pas mal avancé.

  3. Si je comprends bien la cuture des coquillages est une bonne méthode pour absorber du CO 2. A voir la hauteur des croutes de calcaire vers La Rochelle j’en conclus que la nature sait bien stocker ce gaz sympathique.

    • Je vous rappelle en passant que les massifs de la Chartreuse, du Vercors, des Bauges, du Jura, … rien qu’en France sont des montagnes constituées ce carbonates et formées il y a entre 500 et 400 millions d’années à une époque où la teneur en CO2 était de l’ordre de 4000 ppm, soit 10 fois plus qu’aujourd’hui, tout cela favorisé par la photosynthèse qui vit l’explosion du phytoplancton (c’est toujours le premier « fixateur » de CO2) et par conséquent de la vie marine dont en particulier les coquillages qui se nourrissent de plancton en filtrant l’eau de mer. Tous ces massifs, montagneux aujourd’hui, se trouvaient au fond des mers. En Islande, au nord de l’île, il y a un lac relativement tempéré par la géothermie sous-jacente où prolifère du plancton. Je m’y suis baigné et la température est agréable, je veux dire au mois de juin. Ce lac constitue l’une des rares ressources minérales du pays puisqu’au fond de ce lac il y a des quantités massives de diatomées. Ce sont les squelettes calcaires du phytoplancton …

      • N’oubliez pas les Alpes qui ne sont formées que de calcaire. Des 2 cotés de Chambéry, c’est aussi du calcaire.

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