Agriculture et gaz à effet de serre : le leurre de la doxa « bio »

Une récente étude réalisée en Grande-Bretagne a démontré que le passage de l’agriculture moderne comportant des intrants chimiques vers une agriculture « organique » encore appelée « biologique » voire « renouvelable » (comme si l’agriculture n’était pas en elle-même biologique, qu’elle soit bio ou pas, et renouvelable puisque l’essentiel de son énergie provient du Soleil) c’est-à-dire sans intrants externes conduirait à une chute globale de la production agricole de 40 %. Cette chute concerne aussi bien la production végétale que la production animale. Dans l’hypothèse du tout organique certaines productions agricoles devraient disparaître en Grande-Bretagne, c’est le cas du colza. L’élevage et les produits laitiers seraient profondément impactés tant au niveau de la quantité de viande produite que des volumes de lait en raison d’une grande pauvreté de l’alimentation animale.

Pour ramener à zéro l’usage des engrais azotés l’introduction des rotations triennales afin de restaurer le niveau d’azote des sols avec de la luzerne ou d’autres légumineuses réduirait de 30 % les surfaces cultivées. Dans ce cadre il faudrait généraliser la fertilisation « naturelle » à l’aide de fumier, de purin, de fientes de poulets et de lisier de porc, alternative pouvant provoquer dans certaines régions de Grande-Bretagne une catastrophe écologique. Ce rapprochement entre assolement et engrais naturels aurait pour conséquence un bouleversement de l’agriculture moderne consistant en un retour à la polyculture traditionnelle, chaque exploitation produisant ses propres fertilisants, avec pratique de l’assolement triennal. Ce scénario nécessiterait la mise en exploitation de la moindre parcelle de terre arable tant en Angleterre qu’au Pays-de-Galles qui se heurterait de d’insurmontables problèmes fonciers. Malgré cette hypothétique révolution de l’agriculture anglaise qui ne pourrait se réaliser que sur une période de 20 à 30 ans, le pays serait contraint d’importer 40 % de plus – par rapport à ses importations actuelles – de denrées alimentaires.

Dans ces conditions quel serait le bilan final des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole de l’Angleterre + Pays-de-Galles : tout simplement un doublement de ces dernières mais dont la moitié serait « exportée » dans des pays tiers comme c’est déjà le cas pour les délocalisations de l’industrie vers des pays tiers qui ne sont pas trop regardants en ce qui concerne leurs émissions de gaz à effet de serre. En comptabilisant les surfaces arables des pays tiers contribuant à satisfaire les importations de produits agricoles, élevage et lait compris, de la Grande-Bretagne, cette délocalisation forcée par une conversion de l’agriculture britannique au « tout biologique » provoquerait un quintuplement de ces surfaces agricoles dans les pays tiers exportateurs, l’impact des émissions de gaz à effet de serre dues au transport étant négligeable.

Quand un laboratoire universitaire étudie en détail et en toute objectivité les risques et les conséquences des désirs des écologistes on ne peut qu’être surpris. Ce qui est remarquable est que la revue Nature ait eu le courage d’accepter le manuscrit d’une telle étude qui a le mérite de clarifier les idées et de révéler le total irréalisme des milieux écologistes. Tout est expliqué dans la figure ci-dessous :

Capture d’écran 2019-10-27 à 17.43.32.png

Note explicative. GHG = gaz à effet de serre, émissions exprimées en millions de tonnes annuellement. Conventional = production agricole actuelle, en violet Angleterre et Pays-de-Galles, en vert : importations et contribution du transport depuis les pays tiers. LUC : sans modification des pratiques agricoles des pays tiers et sans modification de la superficie agricole domestique ( Angleterre et Pays-de-Galles ). En jaune production de gaz à effet de serre : 4 scénarios : haut, moyen, bas et scénario incluant des taxes carbone (COC). Scénario haut : conversion de prairies dans les pays tiers à l’exclusion de toute autre surface arable dédiées à l’exportation vers la Grande-Bretagne ; scénario moyen : conversion de seulement 50 % de prairies en terres agricoles ; scénario bas : conversion de seulement 25 % de prairies en terres agricoles. Les postes de séquestration du carbone (CS) dans les sols sont inclus dans cette étude (brun clair : Angleterre et Pays-de-Galles et bleu : pays tiers, la séquestration n’étant envisagée comme opérationnelle que dans un vingtaine d’années. D’ici là beaucoup d’eau aura coulé dans la Tamise sous les ponts de Londres …

Source et illustration. doi : 10.1038/s41467-019-12622-7

15 réflexions au sujet de « Agriculture et gaz à effet de serre : le leurre de la doxa « bio » »

  1. C’est franchement extraordinaire : des chercheurs passent du temps à redécouvrir ce que tout ingénieur agronome apprend à l’école en cours d’amélioration des plantes et de protection des cultures depuis des décennies : bien évidemment que les intrants (produits phytosanitaires et engrais) servent à quelque chose : augmenter les rendements, et protéger les cultures des ravageurs et autres micro-organismes pathogènes. On ne demande pas aux agriculteurs de les acheter et de les utiliser pour siphonner leur portefeuille, tuer leurs plantes et empoisonner le consommateur final. Il n’y a que des écologistes incultes pour penser ça.
    Si on élargit la réflexion, on réalise que l’agriculture est à la base une activité industrielle liée à l’exploitation de la terre : on utilise des engins agricoles, de grandes parcelles de terre qu’on a pris à mère Nature en rasant les forêts à grande échelle, etc… Il est donc naturel de chercher à maximiser les rendements en nourrissant la terre (puisqu’on y met des plantes qui vont pomper son eau et ses nutriments, d’où les engrais et l’irrigation), on va sélectionner des espèces de plantes qui n’existent pas naturellement pour adapter la nourriture au goût des consommateurs et des besoins des distributeurs en grandes quantités, et enfin on protège les plantes cultivées par des médicaments qu’on appelle « des pesticides ». Au final, cela permet de nourrir une population toujours en croissance avec des parcelles de terre en décroissance. Il y a cependant des limites au modèle industriel : la gestion de l’eau et l’érosion des sols (voir les USA ou plus proche de nous, l’Espagne où des régions entières se désertifient à cause d’une mauvaise gestion des sols). En France, grâce à la taille raisonnable des parcelles et au professionnalisme des agriculteurs, on a réussit à éviter cela, mais dans des zones comme la Beauce, il serait bon de planter plus d’arbres pour permettre aux sols de se reconstituer (un arbre peut plonger ses racines jusqu’à 30 mètres et pomper des quantités hallucinantes d’eau, les radicules vivent en symbiose avec une microflore qui permet de nourrir intelligemment la terre en profondeur).
    Bref, on va finir par redécouvrir les vertus du bocage normand si on continue ! LOL.

    • C’est le choix sous-jacent dans cette étude : le retour à une poly-culture comme je l’ai connue dans mon enfance dans mon hameau natal. Chaque exploitation, en général des métayers, avaient quelques vaches, cultivaient du blé, entretenaient des prés pour le foin d’hiver, quelques fruits vendus à un grossiste local, des pommes de terre, leur vigne pour produire le vin pour l’année, de la volailles, des cochons pour le saucisson et le lard. Le fumier servait d’engrais. La technique de culture était l’assolement. Les tracteurs ont fait leur apparition à la fin des années 1950 et ce fut le début du changement. Les hommes sont partis travailler à la ville, à l’usine (il y en avait encore à l’époque), il a fallu couper les haies pour remembrer les parcelles, etc, etc … Il y avait 15 exploitations agricoles quand j’avais 10 ans. Aujourd’hui, à ma connaissance, il n’y en plus que deux !

      • Les petites exploitations de Grand Papa ne sont plus rentables ou pérennes. C’est pourquoi elles sont revendues une poignée de cerises et qu’on assiste à un phénomène de concentration de ce secteur qui auparavant arrivait à vivre de généreuses subventions publiques (ce qui personnellement ne me gêne pas, car cela permettait de diversifier les productions agricoles). Avec la politique agricole commune de l’UE, cela est désormais impossible. Les denrées agricoles sont cotées à la bourse de Chicago. Le marché est mondialisé. C’est la réalité d’aujourd’hui.
        Il faut aussi se rappeler que les terres ne sont pas extensibles à l’infini et que la population ne fait que croître. Pour « faire de la croissance indéfinie dans une monde fini », il faut bien que le progrès technique et scientifique intervienne, et ce progrès, cela s’appelle l’industrialisation. L’industrie est une méthode qui permet de produire des biens standard en grandes quantités, à un prix défiant toute concurrence. Quand on y réfléchit bien, l’industrie c’est le summum du communisme (mais je ne poursuivrai pas cette réflexion ici, ce n’est pas le sujet).
        Cela n’empêche pas de petits exploitants de faire avec succès du bio en petites quantités sur des produits haut de gamme sur des marchés de niche en circuits courts, mais il faut pouvoir acheter ces productions à leur juste prix qui est très très élevé, et ces produits sont réservés en général en priorité aux clients réguliers qui ont de gros budgets comme par exemple les restaurants prestigieux (Elysée, ministères, restaurants étoilés parisiens ou provinciaux).
        Pour le smicard, c’est direction le hard discounter du coin, ou l’hypermarché et ses promotions du jour où il trouvera des denrées majoritairement importées de pays comme l’Espagne ou le Maroc. Le marché de centre ville est aujourd’hui très souvent visité par des personnes âgées qui viennent pour y faire des rencontres et acheter deux ou trois bricoles pas trop chères, peut-être produites localement, et encore.

    • Il y a effectivement des cas où les sols ont été dégradés ( érosion, …) mais il y a aussi des cas où les sols onté été améliorés ( grâce aux amendements et à l’augmentation de la matière organique). Voir à ce sujet une compilation INRA bien faite sur l’état des sols en France et ses évolutions. Globalement, il n’y a pas de catastrophe en France grâce à la compétence agronomique du secteur. Ce n’est pas le cas de l’Afrique ou des dizaines de millions d’hectares ont rayées de la carte à cause des mauvaises pratiques et du manque de compétence en pédologie.Vous citez le cas de l’Espagne mais il faut parler la production de dizaines de millions de tonnes de légumes ( tomates..) … sans sol ( zone Almeria). Pour moi, la gestion de l’eau en espagne est plutôt un exemple de ce qu’il faut faire : l’espagne a au contraire gagné sur des sols misérables semi désertiques grâce à l’irrigation et aux engrais en arrivant même à faire 2 , voire 3, récoltes par an ( cultures  » dérobées »). L’utilisation de chélates de fer a permis de produire beaucoup ( agrumes, pêchers..) sur des sols basiques où il était autrefois impossible de produire correctement ( chloroses) La production espagnole a explosé en 50/70 ans et ceci de manière durable, C’est un exemple, non pas de la  » limite  » du système industriel mais au contraire de son potentiel.Beaucoup de pays devraient s’en inspirer

    • « Il y a cependant des limites au modèle industriel  » ( Espagne/USA)
      En Espagne, c’est plutôt le contraire qui s’est passé: Les techniques modernes ont permis de faire produire des sols quasi désertiques grâce à l’irrigation, l’utilisation de chélates de fer ( sans eux les plantes subissent de la chlorose en sols très basiques car incapables d’absorber le fer), d’amendements etc…En 60 ans la production agricole espagnole a littéralement explosé grâce au modèle  » industriel « . Dans la région d’almeria des millions de tonnes de légumes ( tomates..) sont produites alors qu’il n’y a pas de terre et de sol ( au pied de la sierra nevada).dans d’autres zones il est possible de faire 2 et même 3 cultures par an! ( cultures dérobées)
      En France, l’INRA a publié un excellent rapport sur l’état des sols ( consultable sur internet) et son évolution et ceci montre que dans plusieurs zones la fertilité des sols s’est même améliorée ( augmentation matière organique, amendements apportés etc..) . L’idée selonlaquelle le modèle  » intensif  » use les sols et abaisse la fertilité rendant ainsi le système non durable est tout simplement fausse.
      A l’inverse en Afrique des dizaines de millions d’hectares de sols ont été détruites par incompétence en pédologie et agronomie …. avec des systèmes  » non industriels  » ( érosion, brûlage etc….).de type traditionnel et familial.

      • Tout-à-fait d’accord avec vous Prolux, il y a juste qu’on ne parle pas des mêmes régions d’Espagne.

  2. Pour en revenir au billet, il est clair que le projet écologiste politique consiste à tuer l’agriculture et l’industrie. C’est curieux que peu de sympathisants écolos n’aient toujours pas compris là où on veut les embarquer.

  3. Le Sénat a produit en juin 2019 une étude fouillée qui s’appelle « La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ? » (Rapport d’information n° 528 (2018-2019) de M. Laurent DUPLOMB, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 28 mai 2019). Voici copie d’un court résumé (sans les graphiques) que j’en avais fait au moment de sa sortie :
    A – La production agricole française (productions végétales et animales) en valeur est importante en UE en 2017 : France 72 milliards d’euros, Allemagne 53, Italie 53, Espagne 48, UK 28, NL 27, Pologne 22, Roumanie 15, Grèce 10, DK 10.
    B – Cette statistique est trompeuse : car les surfaces agricoles se réduisent tout comme l’emploi :
    – emplois agriculture et alimentation : 12 % du total des emplois en 1980 et 5.5 % aujourd’hui
    – surfaces agricoles alimentaires : – 17 % depuis 1961, soit 60,000 km2 en moins (taille de l’Alsace + la Lorraine + la Champagne + les Ardennes) !
    Les champions en la matière sont le Brésil, la Chine, l’Argentine et la Russie. Les USA produisent environ à peine plus que l’UE. Le Brésil produit deux fois plus que l’UE. C’est énorme et cela correspond à l’exploitation d’un surplus de terres prises sur la forêt amazonienne.
    C- La production agricole française stagne depuis la fin des années 90 :
    – baisse de la production de viande
    – nombre de vaches laitières divisé par 2 par rapport à 1984 !
    – stagnation de la production de céréales.
    D – Les concurrents de l’agriculture française :
    La Pologne, le Brésil, la Chine, l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Espagne.
    Désormais, l’Allemagne et les Pays-Bas ont des parts de marché supérieures à la France en matière agricole sur les marchés mondiaux.
    E – Balance commerciale :
    – Sans le vin et les spiritueux, le blé et le lait, la France aurait un déficit commercial agricole de plus de 6 milliards d’euros.
    – Les céréales (blé, orge) et les produits laitiers sont à égalité avec environ 2 x 4 milliards d’euros d’excédents (pour le moment grâce aux pays du Maghreb pour la semoule de blé, mais attention la Russie pourrait changer la donne !).
    – Les autres productions sont donc déficitaires de 14 milliards d’euros !
    Les causes sont connues : exploitations trop petites, trop de réglementations (surtout françaises) et trop de charges non compensées par des subventions.
    Il y a depuis le début de la création de l’euro une importation massive de denrées alimentaires en France (matières premières et produits finis) qui a doublé en l’espace de 16 ans environ !
    On constate notamment une explosion des importations de volailles en provenance de Pologne, de Belgique et des Pays-Bas.
    Notons aussi que sur la base des non-conformités constatées en 2017, on peut estimer qu’entre 8 et 12 % des denrées alimentaires importées de pays tiers ne respectent pas les normes européennes de production et sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité sanitaire des consommateurs. Ceci concerne en grande partie les produits issus de l’agriculture biologique (le bio c’est bien, encore faut-il qu’il soit sain…et c’est là que l’absence de produits phytosanitaires montre ses limites !).

    Conclusion : penser que l’agriculture française va se développer en mettant de petites exploitations polyvalentes et en passant au bio est non seulement naïf, mais également un contre-sens économique suicidaire.

    • Tout à fait d’accord. Que l’Allemagne exporte plus de fromages que la France est scandaleux . Importer du bois d’Allemagne est scandaleux. Importer d’énormes quantités de viande et de poisson/ crustacés ( alors que l’on a le deuxième domaine maritime du monde ) est scandaleux etc… on pourrait allonger la liste. Les gouvernements successifs ont une haine de ce qui marche ( caricacuré en  » productivisme  » ) et n’ont que le bio, les petites surfaces, les circuits courts à la bouche alors que l’on importe de plus en plus ( on importe plus des autres pays européens que l’on exporte!!!). Le logiciel des ministres de l’agriculture est à revoir. On pourrait gagner énormément d’emplois en valorisant notre savoir faire et notre potentiel , d’autant que l’on est aussi le premier pays au monde pour le nombre d etouristes et reconnu pour la richesse et la qualité de sa gastronomie.
      L’entreprise de destruction de la France est bien avancée:après l’industrie c’est au tour d el’agriculture.

      • @Prolux : c’est clair, les écologistes ont un agenda évident qui consiste à détruire l’agriculture et les industries françaises. Notre classe politique a un agenda électoraliste et a donc inscrit l’agenda écologiste dans son logiciel. Il suffit d’entendre les balivernes de Guillaume (notre ministre en charge de l’agriculture, de la pêche, des forêts et des industries alimentaires) pour s’en convaincre. L’incompétence classique de nos élites politiques fait le reste 🙂

  4. Merci cher fromage normand, dont la région de bocage est encore visible en quelques endroits ;-), pour toutes ces précisions qui relève de l’analyse et du « bon sens ».
    En effet, pour reprendre les grandes lignes, l’agronomie dite scientifique fut inventée par les russes car leurs sols leur causaient problème. La pédologie fût à la base d’une connaissance de l’alimentation des plantes : d’où les proportions NPK.
    Pour la disparition des bocages, la problématique française fût de nourrir les français après la guerre 40 : le remembrement fût la solution retenue pour palier à une croissance de la production (on était pas encore sur le fil rasoir de la productivité dite industrielle) en associant machinisme et fertilisation (et bien sûr amélioration génétique des semences et tout les aspects sanitaires qui protégeaient la graine et la plante après les efforts des généticiens et de la biochimie).
    Après , la pensée réductrice et uniformisante ça crée des monstres (gigantisme) comme dans l’évolution des espèces et qui finit par disparaître faute de renouvellement des ressources.

    Tout ça c’est du B-A BA et l’homme répond à des problématiques comme Napoléon pour le sucre à partir de betteraves dans le blocus anglais ou encore par des nécessités de transport et de quantité disponible aux armées pour sa demande de remplacer le beurre par la margarine !

    Les écologistes devraient faire quelques années d’études scientifiques avec une psychanalyse comme examen de passage sur leurs émotions refoulées avant de s’autoriser à prétendre à quelques pouvoirs économique et social. (Idem pour nos politiques selon la discipline allouée).

    Euh , y’a une censure ? N’oubliez pas mes oranges quand je serai aux Baumettes lol

    • La destruction des haies et la rectification des cours d’eaux ( remembrements forcés) n’est pas le résultat de la volonté de produire mais la conséquence du système étatique Francais. Beaucoup d’ingénieurs des eaux et forêts venaient de polytechnique (!!) et ne connaissent donc rien à l’agronomie, la pédologie , la biologie etc..Pour un polytechnicien il n’est pas rationnel d’avoir des une rivière avec des méandres et il faut aussi optimiser le travail des machines .Tout doit être au droit. Point. On a immédiatement vu les conséquences (inondations en Bretagne…) mais les hauts fonctionnaires considérant les autres avec mépris n’ont pas écouté les agronomes ( les polytechiniciens étant plus intelligents que les bouseux) et a fallu longtemps pour que les pratiques changent.

      • LOL, hyper d’accord avec Gris et Prolux 🙂
        PS : le biais cognitif de l’ingénieur polytechnicien est qu’il a été sélectionné pour sa vitesse de pensée abstraite très rapide basée sur les mathématiques uniquement…malheureusement, la nature est infiniment plus subtile que nos mathématiques de base et n’a jamais été impressionnée par nos petites équations intégro-différentielles dans le plan complexe ou nos problèmes de topologies algébriques ardus à la sauce Grothendieck ou Schwartz.
        La Nature est infiniment plus compliquée et les biologistes-chimistes-physiciens que sont les ingénieurs agronomes ont intégré cette complexité et savent comment jouer avec, le plus souvent plus grâce à leur intuition qu’à de plates équations qui ne rendent jamais compte de la réalité…les modèles pathétiques du climat de nos scientifiques climato-réchauffistes en sont une très belle illustration : ils font passer les tripatouillages de formules avant les réalités thermodynamiques et mécaniciennes des fluides.
        Fort heureusement, il y a encore pas mal de polytechniciens qui ne se sont pas fait encore pourrir le cerveau par le fait que les mathématiques sont supposées être le Saint Graal des sciences et qui s’adaptent aux contingences de la physique, de la chimie et de la biologie…qui sont imparfaites certes mais collent au plus près du réel.
        Parler de cela à des écologistes politiques revient à pisser dans un violon, mais on peut dire que les agronomes et les agriculteurs au moins dans l’hexagone ont fait un très bon travail de productivité, à savoir nourrir plus de gens avec moins de terres, le tout en produisant des denrées de première qualité. Il est dommage qu’aujourd’hui la majorité des agriculteurs soit condamnée à vivre avec la moitié d’un smic par mois pour 12 heures de boulot par jour.
        C’est le signe que nos politiques sont fondamentalement nuls.

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