Notre espérance de vie est inscrite dans une goutte de sang !

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Le 5 mars 2014 je relatais dans ce blog une étude réalisée en Finlande sur des biomarqueurs sanguins et leur corrélation avec l’espérance de vie. Dans le billet de ce jour il est intéressant de commenter un article paru dans Cell Systems issu du même laboratoire mais cette fois-ci en collaboration avec l’Université de Melbourne portant sur une famille de biomarqueurs sanguins plus spécifiques de la famille de l’alpha-1-glycoprotéine acide (AGP) et englobant plus de 17000 personnes suivies parfois depuis plus de dix ans. La présence de résidus acétyle (GlycA) sur des glycoprotéines a été mesurée par résonance magnétique nucléaire du proton sur des échantillons sanguins de personnes dont les dossiers médicaux électroniques étaient par ailleurs disponibles. Une corrélation a pu ainsi être établie entre le taux de GlycA et la morbidité puisque l’échantillon de personnes a été suivi durant une moyenne de 8 années.

Le taux d’acétylation des glycoprotéines circulantes (GlycA), est le reflet d’une inflammation en phase aiguë ou chronique. Quatre glycoprotéines sériques ont été sélectionnées pour leur signal en résonance magnétique facilement identifiable : alpha-1-glycoprotéine acide, haptoglobine, alpha-1-antitrypsine et transférrine. Ces quatre marqueurs sont spécifiques d’inflammations latentes d’origine bactérienne ou virale mais peuvent aussi signifier des inflammations d’origine inconnue ou d’origine métabolique comme le diabète de type 2, l’obésité ou encore le développement précoce de risques d’accidents cardio-vasculaires. Ces marqueurs sont beaucoup plus spécifique que la CRP (C-reactive Protein) pourtant considérée comme un excellent marqueur de phénomènes inflammatoires.

Il est tout à fait remarquable de constater que presque tous les sujets étudiés étaient en apparence en bonne santé et ignoraient naturellement que leur organisme était activement occupé à combattre un phénomène inflammatoire. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, 36 cytokines ont été alors quantifiées sur 630 personnes. Et encore une fois les analyses ont révélé une forte corrélation entre ces cytokines et les marqueurs GlycA révélés par résonance magnétique. L’accessibilité des dossiers électroniques médicaux a également permis d’émettre quelques hypothèses sur la signification de l’ensemble des résultats. Les phénomènes d’inflammation chronique d’origine bactérienne ou virale conduisent à relativement court terme – 14 ans au mieux – à la mort. Les causes de décès ne sont pas nécessairement liées à des infections bactériennes ou virales mais aux conséquences de l’inflammation chronique résultante sur l’ensemble de l’organisme, mécanisme dans lequel interviennent certaines cytokines dont l’expression a été démontrée avec les neutrophiles, un variété de globules blancs. Ces conséquences peuvent être l’apparition de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2 ou encore de syndrome métabolique, surpoids, obésité, dérèglements du fonctionnement du foie ou des reins …

La conclusion de cette étude est qu’avec une goutte de sang prélevée au bout d’un doigt un laboratoire d’analyse convenablement équipé peut prédire aujourd’hui l’espérance de vie d’un individu à quelques années près !

Source et illustration : http://dx.doi.org/10.1016/j.cels.2015.09.007

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