Notre espérance de vie est inscrite dans une goutte de sang !

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Le 5 mars 2014 je relatais dans ce blog une étude réalisée en Finlande sur des biomarqueurs sanguins et leur corrélation avec l’espérance de vie. Dans le billet de ce jour il est intéressant de commenter un article paru dans Cell Systems issu du même laboratoire mais cette fois-ci en collaboration avec l’Université de Melbourne portant sur une famille de biomarqueurs sanguins plus spécifiques de la famille de l’alpha-1-glycoprotéine acide (AGP) et englobant plus de 17000 personnes suivies parfois depuis plus de dix ans. La présence de résidus acétyle (GlycA) sur des glycoprotéines a été mesurée par résonance magnétique nucléaire du proton sur des échantillons sanguins de personnes dont les dossiers médicaux électroniques étaient par ailleurs disponibles. Une corrélation a pu ainsi être établie entre le taux de GlycA et la morbidité puisque l’échantillon de personnes a été suivi durant une moyenne de 8 années.

Le taux d’acétylation des glycoprotéines circulantes (GlycA), est le reflet d’une inflammation en phase aiguë ou chronique. Quatre glycoprotéines sériques ont été sélectionnées pour leur signal en résonance magnétique facilement identifiable : alpha-1-glycoprotéine acide, haptoglobine, alpha-1-antitrypsine et transférrine. Ces quatre marqueurs sont spécifiques d’inflammations latentes d’origine bactérienne ou virale mais peuvent aussi signifier des inflammations d’origine inconnue ou d’origine métabolique comme le diabète de type 2, l’obésité ou encore le développement précoce de risques d’accidents cardio-vasculaires. Ces marqueurs sont beaucoup plus spécifique que la CRP (C-reactive Protein) pourtant considérée comme un excellent marqueur de phénomènes inflammatoires.

Il est tout à fait remarquable de constater que presque tous les sujets étudiés étaient en apparence en bonne santé et ignoraient naturellement que leur organisme était activement occupé à combattre un phénomène inflammatoire. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, 36 cytokines ont été alors quantifiées sur 630 personnes. Et encore une fois les analyses ont révélé une forte corrélation entre ces cytokines et les marqueurs GlycA révélés par résonance magnétique. L’accessibilité des dossiers électroniques médicaux a également permis d’émettre quelques hypothèses sur la signification de l’ensemble des résultats. Les phénomènes d’inflammation chronique d’origine bactérienne ou virale conduisent à relativement court terme – 14 ans au mieux – à la mort. Les causes de décès ne sont pas nécessairement liées à des infections bactériennes ou virales mais aux conséquences de l’inflammation chronique résultante sur l’ensemble de l’organisme, mécanisme dans lequel interviennent certaines cytokines dont l’expression a été démontrée avec les neutrophiles, un variété de globules blancs. Ces conséquences peuvent être l’apparition de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2 ou encore de syndrome métabolique, surpoids, obésité, dérèglements du fonctionnement du foie ou des reins …

La conclusion de cette étude est qu’avec une goutte de sang prélevée au bout d’un doigt un laboratoire d’analyse convenablement équipé peut prédire aujourd’hui l’espérance de vie d’un individu à quelques années près !

Source et illustration : http://dx.doi.org/10.1016/j.cels.2015.09.007

Selon la Banque Mondiale quel est le problème le plus critique dans le monde aujourd’hui ?

Le vrai lien entre les combustibles fossiles et la qualité de vie

Ce n’est pas du tout ce à quoi on a tendance à penser en ces temps d’intoxication politique, intellectuelle et médiatique généralisée dans tous les domaines. Ce n’est pas le réchauffement climatique ni le « vilain Poutine » ni le « méchant Assad » ni l’horrible « califat islamique ». Il s’agit d’un problème éminemment plus tangible, considérable, et pourtant il n’y a aucun lobby pour en faire la publicité auprès des décideurs, des ONGs bien pensantes et politiquement correctes et des gouvernements parce que tous les pays développés n’en ont cure, il s’agit de la pauvreté créée par le manque d’énergie dans les pays du tiers monde. Dans les pays occidentaux la mauvaise foi va jusqu’à convaincre ces décideurs que trop d’énergie à portée de la main, toute l’énergie dont on a besoin (et quand on dispose d’énergie on en a de plus en plus besoin), est un problème à dénoncer très salutairement pour se donner bonne conscience. La honte que devraient au contraire dénoncer ces ONGs est que pour 6 personnes sur 7 vivant dans des pays en voie de développement ou pauvres le manque d’énergie est une calamité. Le seul paramètre qui sépare indubitablement les pays pauvres des pays riches est l’énergie disponible. Mais on a coutume maintenant pour satisfaire la bien-pensance à attaquer les compagnies productrices d’énergie – en anglais les « utilities » – parce qu’elles sont accusées de détruire la planète et cela en se plaçant cyniquement sur un plan moral que rien ne justifie … Pourtant, l’un des plus grands progrès technologiques du XXe siècle a été l’électrification des villes qui permit de réduire la pollution et d’ouvrir la porte à toutes sortes de progrès technologiques. On a longtemps clamé que l’électricité était une « fée » contribuant au bonheur des hommes. Le XXe siècle fut dans un premier temps celui de l’électricité-charbon. Puis vint l’électricité-pétrole et ensuite l’électronucléaire. Mais il s’agissait toujours de la « fée électricité » quelle que fût son origine. L’énergie disponible permit l’essor de l’industrie, des chemins de fer, de l’automobile puis des liaisons maritimes et par aéroplanes, personne ne pourra le nier. Ces progrès technologiques majeurs, électricité, moteurs à vapeur puis moteur à explosion, ont paradoxalement ralenti la croissance de la population dans les pays dotés de ces formes d’énergie abondante et bon marché.

De nombreuses études plus ou moins scientifiques tirent la sonnette d’alarme au sujet de l’accroissement de la population de la planète : on parle de plus de 12 milliards dans 80 ans … Pourtant les pays ayant un taux de natalité élevé sont ceux qui ne disposent que de peu ou de pas du tout d’énergie. Dans les familles sub-sahéliennes les enfant constituent un capital en main-d’oeuvre car ils sont envoyés collecter du bois dans la brousse pour faire cuire les aliments, il n’y a ni gaz, ni kérosène ni électricité ! Cette carte des taux de fertilité est parlante (Wikimedia) :

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On peut aussi représenter l’espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie toutes sources confondues converties en kWh, ici aussi 194 pays sont représentés, et il n’y a pas non plus photo (Source Banque Mondiale) :

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Plus les pays consomment d’énergie plus ils produisent de richesse. L’Allemagne par exemple consomme 7100 kWh par habitant et par an et le PIB moyen par habitant est de 45000 dollars. Au Mozambique 450 kWh pour 1100 dollars. En Allemagne l’espérance de vie est de 80 ans et au Mozambique de 53 ans … encore une fois il n’y a pas de doute à avoir, ce sont des données de la Banque Mondiale ! La situation de ces pays sous-développés s’aggrave avec une dette publique en constante augmentation comme le précise la Banque Mondiale et d’où sont tirés les graphiques ci-dessus et ci-après ( http://data.worldbank.org/sites/default/files/gdf_2012.pdf ) .

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Et pourtant on entend dire sans arrêt comme un disque rayé que le charbon, le pétrole et le gaz sont mauvais pour la planète alors que les faits démontrent une toute autre situation. Le mix énergétique global est basé à 80 % sur ces ressources carbonées fossiles qui dominent le marché de l’énergie, électricité ou transport et industrie, en raison de leur prix modique ( y compris des investissements modérés pour construire une usine de production), de leur disponibilité et de leur « densité » d’énergie par rapport à d’autres sources, hormis le nucléaire réservé à la production d’électricité décarbonée. Si les énergies éolienne et photovoltaïque (elles-mêmes mises en place pour un coût en énergies fossiles massif qu’on a curieusement tendance à tout simplement ignorer) pouvaient remplacer les combustibles fossiles carbonés ce ne serait que dans le domaine de la production d’électricité. Or une étude récente ( http://arstechnica.com/science/2012/03/study-alternative-energy-has-barely-displaced-fossil-fuels/ ) a montré sans ambiguité qu’en raison de leur intermittence elles ne pourront jamais atteindre ce but car elles ne peuvent satisfaire les demandes en énergie des transports terrestres et de l’industrie.

Le graphique ci-dessous indique clairement, encore une fois, que l’espérance de vie est directement corrélée aux … émissions de carbone pour chaque pays (ici 130) pris en compte dans l’étude de la Banque Mondiale :

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C’est paradoxal mais c’est ainsi.

Venons-en à l’urbanisation de la population. Chaque année plus de 80 millions de personnes se déplacent dans les villes. L’urbanisation est telle que l’équivalent d’une ville comme Seattle (650000 habitants) s’ajoute chaque quinzaine de jours aux villes déjà existantes. La demande en énergie devra satisfaire les besoins en construction dont l’importance économique est évaluée à plus de 10000 milliards (dix mille …) de dollars à l’horizon 2020 selon le Global Construction Outlook 2020 : http://www.prnewswire.com/news-releases/global-construction-market-worth-103-trillion-in-2020-50-largest-most-influential-markets-292235961.html . Contrairement aux idées reçues ou véhiculées à dessein pour perturber le jugement des décideurs, l’urbanisation diminue l’impact humain sur l’environnement tout en stimulant la croissance économique qui à son tour augmente l’espérance de vie ( http://mitpress.mit.edu/books/environmental-advantages-cities ) :

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Finalement cette étude de la Banque Mondiale portant sur 194 pays scinde ces derniers en deux groupes, ceux qui utilisent moins de 2500 kWh/ habitant/an et les autres. Cette analyse honnête indique que la vérité est exactement à l’opposé de ce qu’on tente de nous faire croire : les pays qui utilisent le plus d’électricité génèrent le plus de richesse, émettent, certes, plus de CO2, sont plus urbanisés mais vivent en meilleure santé, ont un taux de natalité réduit et vivent plus longtemps. Pour conclure il est intéressant de revenir sur la part de l’électricité d’origine nucléaire qui ne cessera d’augmenter dans les décennies à venir selon l’Agence Internationale de l’Energie avec les technologies de quatrième génération, la surrégénération englobant le thorium et l’uranium-238 comme combustibles, quand la disponibilité et le prix des combustibles carbonés fossiles, évoluant en sens inverse, conduiront à ce choix afin d’éviter une paupérisation massive de l’ensemble de la population de la planète avec les conséquences difficiles à imaginer qui s’en suivront. Quant aux émissions de carbone il reste à prouver si elles sont réellement nocives pour la planète …

111 pays utilisent moins de 2500 kWh/habitant et par an, ont un revenu moyen de 3482 dollar par habitant et par an, émettent 1,44 tonne de CO2 par habitant et par an, leur urbanisation est de 45 % et leur espérance de vie de 66,3 années.

83 pays utilisent en moyenne 7077 kWh/an et par habitant, disposent d’un revenu moyen de 32111 dollars , émettent 9,95 tonnes de CO2 toujours par habitant et par an avec une urbanisation de 75 % et une espérance de vie de 77,1 années.

Sources : Banque Mondiale et Forbes.com

À la recherche de l’immortalité perdue

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Proust avait intitulé son œuvre magistrale « À la Recherche du Temps Perdu » qu’il commença a écrire au début du XXe siècle. S’il vivait aujourd’hui il constaterait avec un étonnement d’enfant à quel point les êtres humains sont devenus dépendants de l’information et de toutes les technologies qui tournent autour de ce thème, téléphone, télévision, internet, mais aussi qu’ils sont emportés par un maelström d’amas de tôle de toutes les couleurs qui encombrent les rues des villes sans vraiment en améliorer l’esthétique … mais il serait aussi fasciné par les découvertes récentes de la biologie qui sont aussi à la recherche non pas du temps perdu mais d’une prolongation de ce temps qui nous est compté. À l’époque de Proust l’espérance de vie, si on avait survécu à toutes les maladies infectieuses de l’enfance et de l’adolescence, pouvait atteindre au mieux 70 ans pour les couches aisées de la population. La moyenne mondiale, estimée, était de seulement 31 ans au début de ce XXe siècle, cinq ans de plus que durant le néolithique, également une estimation. Tout a changé avec l’avènement des antibiotiques et des vaccins, progrès technologiques dont les effets sur l’espérance de vie ont été amplifiés par l’hygiène, l’abondance de nourriture et le développement économique. Proust est mort à 51 ans d’une pneumonie, il pourrait aujourd’hui vivre au moins jusqu’à 80 ans, à peu près l’espérance de vie moyenne des hommes en France. Aurait-il trouvé pour autant le temps perdu ?

C’est ce que les biologistes de tous bords tentent d’aborder, non pas le temps passé et perdu mais celui qu’on pourrait perdre de ne l’avoir pas vécu en mourant « prématurément ». Le mécanisme d’élimination des cellules défectueuses chez la mouche du vinaigre avec l’activation du gène « Azot », contraction du nom de la divinité aztèque Ahuizotl, constitue une piste sérieuse dans la recherche de la longévité. Également, l’activation de l’expression du gène de la télomérase avec une drogue judicieusement imaginée par des chimistes experts en modélisation moléculaire faciliterait l’allongement de la vie. Enfin, il existe certains produits prometteurs mais plutôt difficiles à mettre en œuvre comme le resveratrol ou la rapamycine (voir les liens en fin de billet).

Les médias ne se sont pas trompé : chaque jour qui passe est une occasion de mentionner un jour que le café est bon pour la santé et la longévité, le lendemain c’est le vin rouge, puis c’est le tour du chocolat ou du fromage. Les « études » se succèdent et sont contredites par d’autres études. On se demande dès lors si la quête du temps n’est pas finalement une chimère. Pourtant la recherche de la pilule de longue vie est et restera d’actualité, c’est ce que pense Bill Gifford dans un livre qui vient de paraître (et que je n’ai pas lu ni ne lirai) intitulé « Spring Chicken : Stay Young Forever (Or Die Trying) », titre qu’on peut traduire ainsi : Oiseaux du printemps : restez jeune pour toujours (ou mourrez en essayant). Un titre alléchant mais empreint également d’un certain réalisme car pour cet auteur qui a fait une large compilation de tout ce qui se fait en matière d’allongement de l’espérance de vie il apparaît que ce serait plutôt le style de vie qui soit l’un des éléments déterminants de l’allongement de la vie. Si Jeanne Calment cessa de fumer ses deux cigarettes quotidiennes à 117 ans, c’est surtout son style de vie saine qui lui permit d’atteindre l’age de 122 ans et 164 jours. À cent ans elle faisait encore du vélo et continua à boire son verre de porto quotidien et déguster ses deux kilos de chocolat par semaine. Mais sa longue vie calme et sans stress aucun depuis son enfance furent incontestablement des éléments en faveur de sa longévité exceptionnelle puisqu’à l’age de 110 ans elle était encore autonome. Pour Bill Gifford il ne fait aucun doute que le style de vie est important : de l’exercice physique, pas d’excès, pas de stress, une nourriture saine … mais notre organisme est soumis à sa propre dégradation en raison tout simplement des minuscules imperfections biologiques qui s’accumulent et entrainent finalement notre vieillissement.

Le Washington Post insiste par exemple sur la vie moderne de l’employé de bureau qui reste assis devant l’écran de son ordinateur plus de 8 heures par jour. Il use son organisme prématurément (voir le lien) :

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Alors ? Manger du chocolat comme la vieille Jeanne, boire un petit coup, mais pas trop, baiser régulièrement ? Il paraît que c’est excellent pour se déstresser car le stress tue ! Il n’y a pas encore de recette contre le vieillissement, le botox ou le collagène (illustration) n’y suffiront pas. Un jour certain, mesdames, la peau de votre visage se plissera, s’effondrera sur elle-même, changera de couleur et vous n’y pourrez absolument rien car votre organisme vieillit inexorablement depuis la naissance. Tout ce discours me rappelle Desproges qui dans un de ses fameux réquisitoires racontait l’histoire de Toto qui va voir son médecin. Après lui avoir décrit ses souffrances, le médecin finit par conclure qu’il souffrait de la vie, une maladie qu’on attrape à la naissance et dont on finit par mourir …

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https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/02/15/du-nouveau-a-propos-du-resveratrol/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/07/01/la-rapamycine-revient-sur-le-devant-de-la-scene-immunosuppresseur-alzheimer-serotonine-et-dopamine/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/31/une-autre-approche-vers-limmortalite-pas-pour-tout-de-suite/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/22/limmortalite-peut-etre-pour-bientot/

Sources : http://www.amazon.com/Spring-Chicken-Young-Forever-Trying/dp/1455527440/ et http://apps.washingtonpost.com/g/page/national/the-health-hazards-of-sitting/750/?tid=sm_tw

Voir aussi : http://www.bloomberg.com/news/features/2015-02-12/does-a-real-anti-aging-pill-already-exist-

Le déclin américain

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Les USA, le pays le plus puissant du monde, le pays à la pointe des progrès techniques, biologiques, médicaux et … militaires, ne peut pas se réjouir de l’amélioration de l’espérance de vie de ses habitants. C’est même catastrophique et c’est un signe indubitable d’un abâtardissement progressif de la population. Pour l’ensemble des pays de l’OCDE entre 1960 et 2010, l’espérance de vie a augmenté de dix ans. Quid des USA ? Seulement 1,82 année d’allongement de la durée de vie moyenne, soit 5 fois moins qu’au Japon ou en Allemagne. Pourtant près de 50 % des Américains ne fument pas et de nombreux fumeurs ont cessé de fumer pour diverses raisons. Malgré l’augmentation du nombre d’automobiles, le nombre de morts sur les routes a considérablement diminué durant cette même période. Les traitements ciblés pour prévenir ou soigner les maladies cardiovasculaires et les cancers sont satisfaisants et ont permis de prolonger de nombreuses vies de plusieurs années.

Pourquoi les USA sont aussi tragiquement à la traine, c’est la question que se sont posé des statisticiens du Bureau des recherches économiques américain, un genre d’INSEE version outre-atlantique. Et ce qu’ils ont mis en évidence est vraiment le signe d’une dérive de la société américaine, une sorte de déclin contre lequel il n’existe probablement plus de remède. Comme on dit pour le climat, si on n’agit pas tout de suite il sera trop tard. Pour les USA et la santé de ses habitants il est déjà trop tard. Toujours entre 1960 et 2010 le nombre de personnes pathologiquement obèses a cru de 14 à 36 % de la population pour trois raisons selon ce rapport : activité physique insuffisante, abus de nourriture trop riche en calories et désaffection pour une cuisine plus saine à la maison. Les autres facteurs entrainant des morts prématurées sont les armes à feu, suicide et homicide, et les overdoses de drogues illicites ou disponibles dans n’importe quel drugstore :

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Drogue et obésité sont donc les deux signes du déclin de l’Amérique. Les morts par overdose de drogues ont atteint en 2010 plus de 32000, soit 90 morts par overdose chaque jour ! Pour la morbidité due à l’obésité, si 15 % de la population est très handicapée par l’obésité, les données statistiques relatives à la morbidité restent évasives. Il ne faut peut-être pas trop affoler la population …

Triste Amérique qui se veut le modèle économique, politique et social pour tous les pays du monde !

Source : http://www.nber.org/papers/w20631

L’espérance de vie (aux USA) va-t-elle diminuer ? Bonne question !

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Plus on cumule de maladies chroniques passé un certain âge, plus notre espérance de vie diminue. C’est une lapalissade que d’écrire cela encore qu’aucune étude sérieuse n’a jamais pu quantifier précisément l’effet d’une accumulation de maladies comme le diabète, l’obésité ou encore les troubles cardio-vasculaires sur l’espérance de vie. C’est maintenant chose faite grâce à l’open data médical qui est constitutionnellement institué aux USA. Pour la France, on attendra la fin des tergiversations stupides du ministère concerné. Une équipe de médecins de la Johns Hopkins University a dépouillé 1 372 272 dossiers de suivi médical de personnes âgées de 67 et plus depuis le premier janvier 2008 jusqu’à ce jour. Cet échantillon ne représente que 5 % du total des personnes bénéficiant du « Medicare », un genre de sécurité sociale réservé aux troisième et quatrième âges. Pour de multiples raisons dont l’augmentation de l’obésité alarmante aux USA, l’espérance de vie croît dans ce pays beaucoup plus lentement que dans tous les autres pays de l’OCDE. Mais il n’y a pas que l’obésité maintenant reconnue comme une maladie, l’accumulation d’autres pathologies réduit cette espérance de vie au risque de me répéter.

Statistiquement une femme âgée de 75 ans ne souffrant d’aucune maladie chronique vivra 17,3 années de plus, soit jusqu’à 92 ans. Mais une femme du même âge, souffrant de 5 maladies chroniques ne vivra « que » jusqu’à 87 ans et si les pathologies réunies atteignent le nombre record de 10, son espérance de vie ne sera que de 5 ans, elle aura toutes les chances de ne pas survivre au delà de l’anniversaire de ses 80 ans ! La nature des maladies a son importance, par exemple une personne ayant des problèmes cardiaques à 67 ans vivra encore, toujours statistiquement, 21,2 années supplémentaires alors qu’au même âge un sujet souffrant de la maladie d’Alzheimer déclarée ne vivra pas plus de 12 années supplémentaires.

En moyenne, chaque pathologie chronique considérée individuellement réduit l’espérance de vie 1,8 années mais l’effet de leur addition n’est pas linéaire, en d’autres termes accumuler diabète et troubles cardio-vasculaires, par exemple, diminue l’espérance de vie de 7 années, toujours statistiquement. L’accumulation de la prise de médicaments joue également un rôle négatif sur la morbidité mais l’étude n’a fait qu’effleurer cet aspect qui de toute évidence devra être sérieusement étudié en détail lors d’un second volet d’investigation qui est en cours. Cette étude entre dans le cadre d’un vaste programme dont le but est de maîtriser les dépenses de santé et d’optimiser les traitements prescrits aux personnes du troisième âge et plus vieilles encore. En effet, 60 % des Américains de plus de 67 ans souffrent d’au moins trois maladies de longue durée selon ce qui ressort de l’étude et les progrès de la médecine ne peuvent apparemment plus s’adapter à cette situation car plus on vieillit plus le risque de souffrir de plusieurs maladies augmente. C’est encore un lapalissade mais il fallait le souligner avant que l’espérance de vie commence à diminuer dans ce pays. La situation est probablement similaire en Europe mais aucune étude précise n’a encore jamais été orientée en ce sens. On peut raisonnablement espérer que des pays comme l’Allemagne, la Suède et aussi la France procéderont à ce type d’analyse afin de réduire les coût inexorablement grandissants de la prise en charge des personnes âgées par la société. Il faut noter que dans cette étude les cas de cancer n’ont pas été pris en considération puisque par définition le cancer n’entre pas dans la catégorie des maladies chroniques.

Source : Johns Hopkins University

Incertitudes !

L’empoisonnement de Yasser Arafat confirmé à 80%
Yasser Arafat serait bien mort empoisonné au polonium en 2004, ont indiqué mercredi la chaîne d’information Al Djazira et sa veuve Souha. Elles se basent sur le rapport de l’Institut de radiophysique de Lausanne, qui a analysé la dépouille de l’ancien dirigeant palestinien, décédé en 2004 à Paris.

( … )

(ats / 06.11.2013 18h35)

 

C’est comme pour le réchauffement climatique, les « experts » ne veulent pas s’engager à 100 % mais seulement à 95 %, belle démonstration de leur malhonnêteté intellectuelle. Je disais dans un billet que si le pilote d’un avion de ligne commerciale avec 300 passagers à bord apprend que son avion n’a « que » 95 % de chances d’arriver à destination sans encombre, il clouerait l’aéronef au sol. Pour Arafat comme pour le climat, c’est tellement entaché d’incertitude qu’il est difficile d’y croire, encore que du polonium 210 dans la carcasse et les vêtements du « Vieux » laisse tout de même planer un doute, du polonium ne vient pas « par hasard », à 80 % de chances, souiller les chaires du cadavre … Je croyais que le polonium était réservé aux services secrets russes pour se débarrasser d’opposants gênants …

Pour épiloguer sur ces pourcentages, des petits malins diront qu’il y a quatre fois plus de certitude que le climat se dérègle en regard de la certitude qu’Arafat a été empoisonné par du polonium, c’est une arithmétique tellement simpliste que tout le monde y croit : 5 % d’incertitude en regard de 20 %, ça fait bien quatre fois ! Je fais de l’humour mais il en est maintenant ainsi, on vit dans un mensonge permanent où tout est manipulé, les essais cliniques (voir un dernier article du Lancet sur les antivirus et l’hépatite C, édifiant!) la disparition des ours polaires, mais non, le nombre d’ours polaires a augmenté de 35 % selon certaines sources bien informées, le chômage en France est en progression malgré le fait que les données statistiques des administrations concernées ne sont fiables qu’à 80 % et on peut continuer sur ce registre d’incertitude qui au final satisfait tout le monde. Vivons dans un monde incertain mais ce qui est certain c’est que nous n’échapperons pas à la mort un jour ou l’autre avec une incertitude d’espérance de vie de plus ou moins vingt ans selon l’âge qu’on affiche sur notre état civil … 

Les pays où il fait bon (?) vivre …

Si on considère les heures de travail annuel (en moyenne) par personne, l’age effectif moyen de départ à la retraite, et l’espérance de vie moyenne, ces données permettent de faire un classement des pays de l’OCDE selon la durée du travail effectif moyen sur une vie entière. Et le classement réserve des surprises ! Par exemple les pays où l’on travaille le plus « dur » sont le Mexique, la Corée du Sud et le Chili. L’algorithme de classement prend en compte l’espérance de vie et Mexique et Chili ne sont pas les mieux placés, ni pour le départ tardif à la retraite ni pour l’espérance de vie. Le pays avec l’attitude la plus, disons « relax » et champion toutes catégories des pays de l’OCDE est la France, on pouvait s’y attendre avec la loi aussi stupide que destructrice des 35 heures et le refus catégorique de tous les gouvernement successifs de réformer en profondeur la législation sur les retraites. Mais juste après la France arrivent curieusement L’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique en raison d’une combinaison des deux paramètres présentés plus haut.

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Longue vie aux Françaises et aux Français, le travail c’est pourtant la santé selon le dicton …

 

Source : vizual statistix tumblr