Monsieur Peillon (EducNat) vous faites fausse route !!!

Je suis avec intérêt les manigances éhontées du Ministre de l’Education Nationale, l’archétype du marxiste convaincu (plus marxiste que lui au gouvernement de l’ancien professeur d’allemand qui tient lieu de premier ministre il est difficile de trouver) qui considère que les banlieues défavorisées et les collèges d’une manière générale (c’est pour faire passer sa mesure démagogique) ont besoin de 60000 nouveaux profs, même s’ils ne savent pas lire et écrire, pour encadrer les jeunes des banlieues à faire du macramé ou des origamis ou apprendre à pianoter sur une tablette généreusement fournie par le conseil général de Corrèze.

Tout simplement parce qu’ils sont défavorisés et que l’Education Nationale a pour mission de les extirper de l’univers de la drogue, de la prostitution, du jihadisme et des incendies de voitures, alors il faut des maîtres, des instituteurs, en un mot des enseignants de valeur pour les encadrer et leur inculquer les règles basiques de la République, une, indivisible et incontournable. La République c’est la CMU, l’allocation chômage, l’allocation logement, l’allocation minimum vieillesse, l’allocation braguette (pardon, pas en Seine-Saint-Denis mais dans les DOM, encore que …), bref, puisque tous ces jeunes défavorisés des quartiers de banlieue des grandes villes de France, défavorisés, doivent être chouchoutés à des fins évidemment électoralistes qui se profilent à l’horizon, il faut des enseignants en sur-nombre. Or la folie du nivellement par la médiocrité obsessionnelle du sieur Peillon, ministre de l’Education Nationale tout aussi incompétent et idéologiquement orienté que son collègue Martin, ministre de l’environnement et de l’énergie (ancien faucheur d’OGM) se heurte, Ô horreur au refus de l’autre ministre qui a encore presque les pieds sur terre, je veux parler du Ministre des Finances Moscouvichy (ce surnom n’est pas de mon fait mais d’un internaute anonyme) qui a dû se rendre à l’évidence que la mise à quai prolongée du porte-avions Charles de Gaulle (il doit se retourner dans sa tombe plusieurs fois par jour, je parle de Charles) va coûter près de deux milliards d’euros d’investissements totalement imprévus, sans compter les opérations militaires africaines (au Mail on frôle déjà les deux milliards, sans oublier le « manque à gagner de la collecte des impôts) c’est dire …

Bref, Peillon, pas un sou, démerdes-toi !

Et que fait ce minable entre les minables du gouvernement, araser les salaires des plus méritants (et méritoires) des enseignants de l’éducation nationales française. Cette institution qui a vu hier sa note dégradée par le rapport de l’OCDE (voir le précédent billet de mon blog) permet tout de même à quelques élèves valeureux de tenter d’accéder au savoir et faire éventuellement partie de cette élite qui pour beaucoup d’adolescents reste inaccessible à moins d’efforts continus, consentis, pour intégrer une école d’ingénieurs ou de commerce, quelle qu’elle soit, pourvu qu’on puisse trouver un emploi satisfaisant, en France ou ailleurs, plutôt ailleurs mais peu importe.

Pour satisfaire aux directives constructivistes et marxisantes du gouvernement il faut donc rogner les salaires des enseignants les mieux payés pour redistribuer quelques miettes à de vagues assistants des heures creuses qui prendront en charges des élèves de CM1 ou de CM2 qui n’en auront strictement rien à foutre quitte à fragiliser le système des classes préparatoires, le seul aspect positif de l’Education Nationale.

Vous me direz que je ne sais pas de quoi je parle, bien au contraire. Quand j’ai enfin réussi mon baccalauréat (à 20 ans, problèmes de santé aidant) je suis allé « à la fac » parce que j’avais peur des concours. Il m’a fallu deux années de travail acharné pour entrer en maîtrise, mais le bout du tunnel n’était pas du tout visible. La « fac » est un univers déshumanisé et politisé à l’extrême qui ne débouche sur rien du tout à moins d’être décidé au départ à faire des sacrifices presque insupportables. Dans le cas contraire on est condamné au chômage. C’était vrai il y a 40 ans, c’est toujours le cas. Quand j’étais étudiant, il y avait des filles qui se prostituaient pour payer leur chambre à la cité universitaire et c’est probablement toujours le cas aujourd’hui. Bref, « la fac » c’est une impasse, point barre, une institution pour rendre les statistiques du chômage des jeunes moins révoltantes.

Et les classes préparatoires ? A moins de pouvoir intégrer sur dossier des écoles genre INSA où les deux premières années d’étude correspondent aux classes préparatoires telles qu’elles existent dans les lycées, et encore faut-il présenter un dossier scolaire solide, la seule alternative est pour un futur bachelier de tenter sa chance dans le meilleur lycée. Et comme pour l’INSA, les dossiers de candidature font l’objet d’un classement et comme partout ailleurs (sauf à l’Université, la porte ouverte à n’importe quel illettré) il y a en quelque sorte un numerus clausus. On choisit donc les 50 meilleurs dossiers pour constituer une classe préparatoire. C’est tout à fait compréhensible.

Il y a un programme à réaliser, en quelque sorte un objectif sur deux années (on ne redouble pas la première année) afin que, et c’est la mission des enseignants spécialisés dans cet exercice périlleux, d’amener les élèves à être capables de réussir leur concours d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieurs. Je ne connais pas les concours d’entrée dans les écoles de commerce ou de littérature ou de philosophie, mais en ce qui concerne les disciplines scientifiques quelles qu’elles soient, les mathématiques et la physique constituent le socle auquel s’adjoignent la chimie ou encore la biologie pour des orientations spécifiques. Le rôle des enseignants est de mener les élèves vers la réussite en les tenant durant deux années à bout de bras afin qu’ils soient capables, le jour du concours, de réussir. Cette mission, unique dans l’Education Nationale française, et probablement unique au monde, requiert de la part des enseignants un réel travail quotidien consistant d’une part à préparer les cours même si ceux-ci doivent se conformer à un programme prédéfini, à préparer des exercices et des problèmes dont les solutions ne se trouvent pas disponibles après un simple clic sur internet (mais c’est vrai!) à soumettre régulièrement les élèves à des devoirs surveillés qui doivent être corrigés par les dits enseignants ainsi qu’à des devoirs « à la maison » également corrigés de la même minutieuse façon. Et la particularité des classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs comporte en quelque sorte un genre de contrôle continu qui n’existe en aucun cas à l’Université, le système des « colles » ou interrogations orales au tableau noir avec une craie comme tout argument pour tester les connaissances des élèves qui savent que le concours d’admission comprend aussi ce volet redoutable de l’épreuve orale.

Ces enseignants très spécialisés des classes dites préparatoires ont donc, en dehors de leurs heures statutaires de présence au lycée, une définition globale de leur activité professionnelle totalement absurde sur laquelle s’est arrêté le Ministre, le douloureux et quotidien fardeau des préparations des devoirs à la maison ou surveillés, des colles, de la correction des copies, de la préparation des cours, en un mot une douzaine d’heures par jour, et non pas par semaine comme le prétend le Ministre ! Et j’ajouterai y compris le dimanche et les jours fériés … Oui, les professeurs de classes préparatoires travaillent plus que les salariés de Leroy-Merlin, Carrefour ou Castorama (ou Sephora) qui voudraient travailler le dimanche ce que les syndicats mafieux leur refusent, car ils ont des objectifs à atteindre ! Ce sont les seuls fonctionnaires du mammouth (l’EducNat selon Claude Allègre) confrontés à un objectif : faire intégrer le maximum de leurs élèves, en quelque sorte leurs protégés, dans des écoles d’ingénieurs, que ce soient l’X, Normale Sup, Centrale, Supélec, Supaéro ou l’Agro, bref, atteindre une certaine gratification morale et professionnelle couronnant leurs efforts sans limite pour promouvoir ces prétendants à l’ascenseur social que le pouvoir socialo-écolo-marxiste dénonce à longueur de diatribe idéologique. Peillon veut que non seulement que les enseignants soient à la même enseigne mais que tous les élèves de l’Education Nationale soient incapables de résoudre une règle de trois. C’est ainsi que le pays sera capable d’affronter les défis qui l’attend à l’avenir.

Le système des classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs et les dites écoles d’ingénieurs sont les derniers espoirs sur lesquels la France peut compter pour ne pas être reléguée au rang du Botswana ou du Zimbabwe en terme de qualité de l’éducation scientifique, que le ministre de l’éducation en prenne conscience et ne cherche pas à décourager ces enseignants pour lesquels j’ai un réel respect car ce serait une erreur impardonnable.

Juste pour mémoire mais ceci n’a aucunement orienté mon discours, ma fille est docteur en math, agrégée de math, enseigne en math spé dans un lycée parisien, son époux est agrégé de math et enseigne également en spé dans un autre lycée parisien. Quand je séjourne chez eux, il m’est difficile de trouver un moment pour converser car ils sont toujours en train de travailler !!!

 

2 réflexions au sujet de « Monsieur Peillon (EducNat) vous faites fausse route !!! »

  1. 100% d’accord avec ce que vous dites dans ce billet.
    D’ailleurs, pour joindre le geste à la parole, vous devriez signer la pétition :
    http://www.petitions24.net/petition_unitaire_cpge
    Vous froncez les sourcils … je vois votre hésitation … je sais … moi non plus je n’aime pas les pétitions … mais j’ai signé celle-ci.
    Allez-y, foncez … après, vous pourrez dire que vous avez signé une pétition pour préserver le salaire de certains fonctionnaires de l’éducation nationale. Vous verrez, on ne se sent pas plus mal après !

  2. Entièrement d’accord sur le principe de l’excellence. Stop à la médiocrité programmée.
    Par contre concernant l’ascenseur social que seraient les prépas je serai nettement plus prudent. et vous le rappelez « la seule alternative est pour un futur bachelier de tenter sa chance dans le meilleur lycée » pour que l’ascenseur puisse se mettre en route. Problème ces lycées sont pour l’essentiel dans des quartiers plutôt huppés. les prépas sont en fait un outil de reproduction des inégalités. Et elles sont d’autant plus reproduites que le reste du monde subit un système scolaire inefficace dès la maternelle, le taux d’illetrisme de 20 % sur une classe d’âge de 20 ans en est la preuve.
    En fait il faudrait créer de l’excellence à tous les niveaux et massivement.
    .

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