La situation économique mondiale est en pleine mutation

Les gesticulations de Donald Trump au sujet du fameux mur à 5 milliards de dollars pour prévenir l’immigration « latino » n’est qu’un enfumage qui dissimule un malaise beaucoup plus profond des USA, de son intelligentsia aussi appelée le « marigot », et d’une grande partie de la corporation de juristes et autres avocats d’affaires de Manhatan ou de Washington sans oublier l’ultra-puissant complexe militaro-industriel. Trump, l’homme d’affaires aux 1000 procès se moque de tout cela. Il est pragmatique car pour lui il s’agit avant tout du redécoupage géo-économique qui se recentre sur l’Asie sous l’impulsion de la Chine consistant à dédollariser l’économie de cette région. Alors que le Forum de Davos va sévir la semaine prochaine, il n’y aura que très peu d’observateurs chinois ou russes, paut-être aucun (je ne suis pas introduit dans ce milieu mafieux) mais il sera question à part le climat de cette emprise du yuan sur l’économie de l’Asie et le rapprochement entre la Russie et la Chine.

Trump a dit qu’il n’irait pas à Davos non plus ! Et pour cause, il n’a rien à y faire puisqu’il fait désormais cavalier seul sur la scène économique internationale, sa seule préoccupation étant cet abandon du dollar par la Russie, la Chine et bientôt l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan et d’autres pays qui suivront inéluctablement comme le Vietnam et peut-être bien le Japon qui a déjà mis en place il y a plus de 3 ans des accords de swap yen-yuan pour « huiler » les échanges commerciaux sino-nippons. C’est la seule raison justifiant ce que les médias appellent la guerre économique entre la Chine et les USA mise en place par Donald Trump, c’est le dernier sursaut impérialiste américain. Il n’y en a pas d’autre et la partie est perdue d’avance au profit de la Chine.

Pour les initiés internationaux, l’affaiblissement du rôle du dollar au niveau mondial signifie que l’une des armes américaines de domination du monde est également affaiblie et c’est pour eux très fâcheux !

Ce que Trump a réussi à faire en deux ans est le rapprochement entre la Russie et la Chine. Le centre économique mondial s’est déplacé et les bourses de Shangaï, Shenzen et Hong-Kong vont dominer le marché financier de la région qui sera en peu de mois totalement dédollarisé. Certes cette période de transition va conduire à un ralentissement économique – il faudra s’adapter à la nouvelle situation – mais il sera passager et la croissance resurgira alors mais certainement pas en Amérique du Nord et encore moins en Europe. Les USA, selon le souhait de Donald Trump, se replieront encore plus sur eux-mêmes et continueront à vivre péniblement malgré le malaise social grandissant. La puissance économique devenue zombie qu’est l’Europe sera celle qui subira de plein fouet cette nouvelle donne géo-économique, prisonnière de l’euro et de la Commission de Bruxelles qui décidément est incapable de détecter le bouleversement qui se met en place.

Ce n’était qu’une brève réflexion qui n’engage que moi-même …

Géopolitique : le mystère du rouble

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Traduction d’un article de Tom Luongo paru sur le site ZeroHedge le 28 décembre 2018.

Le rouble russe est reparti à la hausse cette semaine passée à la faveur de la déroute mondiale des cours des actions et des matières premières provoquée par la hausse des taux d’intérêt de la Réserve Fédérale américaine. La banque centrale de Russie avait réagi auparavant de manière un peu excessive à la hausse de l’inflation alors que l’économie mondiale va évoluer en 2019 chaotiquement dans un contexte géopolitique incertain. Les prix du pétrole évoluent parallèlement au cours des actions alors que les marchés sont entrés dans une phase de grande volatilité en prévision d’une récession mondiale. En temps normal le cours du rouble est très fortement lié à l’évolution des prix du pétrole. Pourtant le rouble n’a pas du tout, ces dernières semaines, réagi à la baisse considérable du cours du Brent.

Alors que le cours du Brent a accusé une baisse de 38 % depuis octobre, le rouble a fluctué dans une fourchette de 4 % pour un taux de change de 67 % pour un dollar. C’est une stabilité étonnante compte tenu de la volatilité du cours du Brent. Depuis le début de l’année 2018 le rouble a surréagi à l’intensification des sanctions imposées par les USA, en particulier au moment où l’intensification des sanctions à l’encontre de l’Iran et du Vénézuela avait maintenu les cours du pétrole à un niveau élevé.

Perspectives sur les cours du pétrole.

Le cours du rouble s’est redressé cette dernière semaine alors que la volatilité des cours du pétrole s’accentuait. En effet, en raison du volume de l’offre le cours du Brent ne peut pas durablement être maintenu au dessus de 65 dollars le baril. Et ce cours n’est pas non plus supportable en dessous de 40 dollars pour à peu près tout le monde, l’Arabie saoudite en raison de ses contraintes budgétaires ou encore les entreprises de « fracking » américaines acculées à des dettes gigantesques.

Depuis que le rouble a flotté à la fin de l’année 2014 la Russie a été de moins en moins impactée par les fluctuations des prix du pétrole, parce que les coûts domestiques sont payés en roubles et que les revenus en dollars sont compensés par un rouble plus faible. Ce sont les dépenses publiques qui pâtissent des baisses de prix du pétrole. Mais d’autre part les cours élevés lors d’une partie de cette année 2018 a rempli les coffres de la Russie qui a dégagé un excédent budgétaire de 2,1 % du PIB. La Russie dispose d’un système d’auto-budgétisation basé sur les recettes tarifaires du pétrole et alors le budget sera ajusté en fonction des prix anticipés du pétrole. Donc, compte tenu des 1,2 millions de baril/jour communiqués à l’OPEP il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement russe envisage un baril à 80 dollars en 2019 et c’est ici un signal baissier.

L’énergie représente la majeure partie des exportations russes mais cette proportion diminue régulièrement au fur et à mesure que d’autres industries deviennent matures. En 2017 le pétrole et le gaz représentaient un peu moins de 60 % des exportations contre 69 % en 2014. Si le prix des hydrocarbures augmente en 2019 cette part pourrait également augmenter mais les exportations hors hydrocarbures ont atteint en 2018 un record de 147 milliards de dollars selon une déclaration de Andrey Slepnev, Directeur Général du Russian Export Center. C’est un fait nouveau important. Le choc des sanctions américaines et la baisse des prix des hydrocarbures aurait dû affecter le cours du rouble comme celà a été le cas avec la lire turque et ce devait être l’espoir de Capitol Hill. Or ce ne fut pas le cas et cela montre bien la part croissante du commerce russe hors zone dollar : les exportations russes continuent à croître grâce au rouble faible et à la stature d’homme d’Etat de Poutine. Et l’effet direct est d’encourager davantage de pays disposés à se soustraire aux sanctions américaines à commercer directement avec la Russie.

La vraie guerre idéologique.

Trump et Poutine sont maintenant en guerre idéologique sur la manière de faire du commerce. Trump a choisi un comportement mafieux consistant à punir les gens qui veulent faire des affaires avec d’autres pays que les USA alors que Poutine s’inspire d’un Dale Carnegie cherchant des victoires commerciales là où il pourra y parvenir. Trump a le bâton, Poutine propose les carottes … Il est triste de constater ce que sont devenus les Etats-Unis. Trump est persuadé qu’il pourra refaire l’Amérique à son image. Il dit souvent que son pays doit être respecté. Mais ce n’est pas ce que l’on perçoit en observant le monde politique américain. En fait c’est tout le contraire : Trump veut être obéi et il considère que le pouvoir américain doit être respecté. Mais ce n’est pas le cas, c’est du ressentiment, et il devrait être assez intelligent pour comprendre ça ! Trump sape la seule chose qui fait du dollar un dollar, la stabilité et la confiance.

Poutine de son côté a choisi d’ignorer Trump et de tisser des relations commerciales qui lient la Russie et ses voisins. À Washington les néoconservateurs hystériques crient de manière incohérente qu’il faut « anihiler l’infuence russe ». C’est simplement un message codé pour dire : « nous voulons que la Russie soit pauvre, faible et incapable de se défendre afin que nous puissions la prendre en charge ».

La réalité est toute différente : chaque pipe-line construit entre la Russie et l’Europe, l’Inde ou la Chine réduit la probabilité de conflits entre ces pays et la Russie. De ce point de vue la Russie utilise ses immenses ressources énergétiques pour sauvegarder son avenir. C’est la « diplomatie du pipe-line » et la position de Washington découle de cette théorie dépassée des « grandes puissances » sur la façon de jouer le grand jeu de la géopolitique.

La Russie connaît trop bien l’esprit belligérent des USA et des élites européennes à son égard. Ce pays a fait avec pendant des siècles et Poutine sait très bien, comme n’importe quel étudiant en histoire, qu’il a le temps et que ce temps est son meilleur allié. Lorsque l’on considère le paysage géopolitique on doit considérer la tendance générale, les joueurs autour de la table et leurs motivations. Pour la Russie l’objectif est une voie indépendante qui ne la réduit pas à la merci des impératifs politiques américains. Personne n’est jamais sorti indemne d’un conflit économique avec les USA mais ce n’est pas vraiment l’objectif. L’objectif de la Russie c’est de minimiser les dommages et de rétablir des relations locales solides qui se sont délabrées après la chute de l’URSS.

Le Premier Ministre russe Dmitri Medvedev a finalement dit clairement que les leaders politiques de son pays ont tourné une page dans leur manière de penser. Il a déclaré que les sanctions américaines avaient poussé Moscou et Pékin à utiliser leurs propres monnaies dans leurs échanges commerciaux « ce qui aurait dû être fait il y a plus de dix ans ». « Commercer en roubles est une priorité absolue, ce qui, soit dit en passant, devrait à termer transformer le rouble, monnaie convertible, en une monnaie de réserve » a aussi déclaré le Premier Ministre russe. Et cette position explique les nombreuses entrevues de Poutine pour construire un zone commerciale en Asie avec le rouble comme alternative au dollar.

La tendance géopolitique est donc claire, l’Occident est surendetté. La chasse aux taxes pour renflouer les budgets se poursuivra sans fin. Les Etats-Unis ne sont intéressés que par le maintien de leur pouvoir. C’est exactement ce que veut dire Trump par son « Make America Great Again ». Et il fera tout pour atteindre cet objectif ce qui rend la politique nord-américaine agressive, violente et vindicative. Et ce n’est pas une recette sur le long terme pour atteindre une stabilité économique et politique. Ce que l’administration Trump craint au plus haut point est que la Russie soit capable de mettre en place un système institutionnel et monétaire parallèle fonctionnant en dehors du contrôle américain.

Mais là où Trump se trompe est que les peuples réagissent aux provocations. Chaque fois que le dollar devient plus cher c’est une occasion de plus où un pays décide de ne plus l’utiliser. Ainsi un rouble stable, insensible aux sanctions et aux fluctuations brutales des cours du pétrole facilite grandement ces prises de décisions. Chaque jour apportant une nouvelle transaction réglée en roubles ou une autre cargaison de pétrole payée en yuans et échangé contre de l’or est un autre jour qui rapproche de la réalité géopolitique de demain.

Source : ZeroHedge, illustration ZeroHedge

Billet d’humeur politique et économique

Billet d’humeur politique et économique

Ce billet reflète mon impression personnelle relative à la situation politico-économique que même les experts n’arrivent pas à comprendre tant les informations affluent de tous côtés chaque seconde. Je ne suis pas économiste et je ne revendique nullement le privilège de comprendre les mécanismes du monde économique et financier car il n’y a à mon humble avis personne sur cette planète capable de comprendre ce qui se passe actuellement et que les grands véhicules de l’information contrôlés par des milliardaires de la finance se gardent bien de présenter au public. Il s’agit d’une information que par exemple Le Figaro n’a même pas daigné reprendre et qui n’a fait que l’objet d’un petit entre-filet dans le Monde : la Chine, premier consommateur de pétrole du monde, le pays le plus peuplé du monde et qui possède l’arme nucléaire et la plus grande armée du monde, va acheter dorénavant son pétrole contre des yuans convertibles en or sur la place financière d’Hong-Kong.

Il ne fallait surtout pas que cette nouvelle se répande trop dans l’opinion publique et elle a donc été soumise à une censure en règle par les médias occidentaux à la solde de la CIA et pour cause !

Cette décision du gouvernement chinois met fin de facto à la suprématie du dollar comme monnaie mondialement reconnue pour les échanges commerciaux internationaux depuis les accords de Bretton Woods. L’euro aurait pu contrecarrer cette suprématie du billet vert car l’Europe, sur le papier, est la plus puissante économie du monde mais en réalité ce n’est qu’un tigre de papier car cette union artificielle, fruit d’une vision servile de politiciens comme Jean Monnet lui-même déjà le laquais des USA, n’a jamais pu affirmer et consolider sa destinée car il n’y a jamais eu d’union réelle, politique, fiscale, militaire (c’était et c’est toujours l’OTAN, donc les USA) et également culturelle et linguistique puisque l’anglais est presque devenu la langue vernaculaire européenne.

En conséquence la monnaie européenne n’est qu’un copié-collé du dollar et aux yeux du gouvernement chinois elle n’a pas plus de valeur que le billet vert.

Que va-t-il se passer quand la Chine ira acheter des pleins tankers de pétrole à l’Arabie saoudite et à l’Iran (l’Iran a donné son accord pour être payé en yuans, une autre nouvelle soigneusement passée sous silence et qui énerve passablement les Américains, et la dynastie Saoud hésite encore) en réglant la facture avec des yuans convertibles ?

Quand Saddam Hussein a émis l’hypothèse de la possibilité de vendre son pétrole et d’être payé en n’importe quelle devise – dont l’euro – les Américains ont tout de suite détruit le pays puis ont finalement assassiné honteusement ce trouble-fait à la suite d’un procès de pacotille digne des plus indignes mises en scène hollywoodiennes !

Avec la Chine, soutenue par la Russie, c’est une toute autre histoire et les USA divertissent l’attention internationale en se focalisant sur la dangerosité non prouvée de la Corée du Nord afin de dissimuler leur immense embarras en constatant qu’ils ne peuvent rien faire contre Pékin. Que va-t-il donc se passer dans les prochains mois ? Non pas la guerre qui entre deux puissances comme la Chine et les USA ne se règlera pas dans les Spartley’s ou en Corée du Nord ni à coup de bombes nucléaires. La Chine possède un arsenal atomique suffisant pour détruire 80 % du territoire américain et les grands stratèges du Pentagone le savent et ne disposent d’aucuns moyens pour contrer une attaque « balistique » chinoise massive et ce d’autant plus que la Russie est un allié indéfectible de la Chine. Non ! Il ne s’agira pas d’une guerre ni conventionnelle ni nucléaire mais d’une guerre de la monnaie. La suprématie du dollar va tout simplement être annihilée à Hong-Kong ! Qui aurait pu présager d’un tel destin pour l’ancien territoire britannique ?

Les conséquences attendues sont immenses mais vont se retourner contre la Chine tout à fait paradoxalement mais aussi contre le Japon et bien d’autres pays occidentaux car les obligations du Trésor américain vont immédiatement perdre toute leur valeur. Le dollar va perdre son privilège établi lors des accords de Bretton Woods et tous les pays chercheront avec quelle autre monnaie commercer, mais quelle monnaie ? La promesse de convertibilité du yuan en or (la Chine est le premier producteur d’or du monde), un pari certes risqué, va-t-elle contraindre l’Europe à proposer la même convertibilité de l’euro pour ses achats ? Permettez-moi d’en douter car où la Banque Centrale Européenne va-t-elle trouver de l’or ?

Reste un autre point qui est également passé sous silence soigneusement : le montant de la dette américaine émise en dollar, donc la monnaie d’échange internationalement admise, s’élève grosso modo à deux fois le PIB mondial (je n’ai pas les chiffres exacts sous les yeux) … La constitution américaine précise qu’en cas d’insolvabilité le pays n’est pas tenu de payer ses dettes. L’article constitutionnel en question a été écrit par les premiers immigrants du May Flower qui étaient arrivés sur le territoire sans un sou en poche et ne pouvaient donc pas avoir de dettes ni dans le futur de reconnaissance de dette quelle qu’elle soit. Cet article est toujours valable et tous les pays du monde sans exception se sont fait prendre au piège américain.

Quand H16, éditorialiste de Contrepoints, dit que la France est un pays foutu (ce qui est fondamentalement vrai) les USA sont aussi un pays foutu mais les conséquences de la mort programmée par la Chine du dollar seront terribles et l’Europe qui aurait pu se prémunir contre une telle calamité n’aura que ses yeux pour pleurer et aussi et surtout reprocher à ses dirigeants de n’avoir pas su se démarquer des Etats-Unis quand il en était encore temps. Oui, grâce à la décision chinoise, enfin, le système économique mondial va être assaini mais à quel prix pour le peuple !!!

Reste le cas du Japon, la troisième économie mondiale, dont certains analystes économiques ont dit pis que pendre au sujet de sa dette. Je pense en particulier à Olivier Delamarche qui a disparu des écrans, interdit de séjour chez BFMTV. La situation de ce pays est très claire. La dette du Japon est détenue à près de 95 % par des résidents, le Japon détient des titres de dette de nombreux pays de par le monde en particulier des USA et également de la France, mais si, mais si ! Le gouvernement japonais a décidé de fusionner le Trésor Japonais avec la Banque du Japon (BoJ, la banque centrale japonaise). Cette décision a été également passée sous silence et seul Charles Gave, probablement l’analyste économique le plus clairvoyant dans le monde actuellement, l’a mentionnée. Gave a très bien expliqué qu’un pays qui emprunte à ses propres résidents, des citoyens, des fonds de pension, des caisses d’épargne (Japan Post par exemple), des banques et des entreprises emprunte finalement à lui-même et le bilan comptable de l’opération est nul d’autant plus que les taux d’intérêt sont pratiquement égaux à zéro. Cette fusion BoJ-Trésor signifie tout simplement que le Japon va effacer la totalité de sa dette détenue par les résidents japonais et il ne se passera strictement rien pour l’économie japonaise et les Japonais continueront à vivre normalement !

Comme le mentionnait Charles Gave dans son analyse reprise par le site Insolentiae ce n’est pas du tout le cas de la France qui ne peut pas faire défaut puisque sa dette est détenue à plus de 60 % par des non-résidents. La France ainsi que d’autres pays comme l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et bien d’autres en Europe doivent de l’argent à qui ? Surtout à l’Allemagne. Dans le cas où les taux d’intérêts des obligations d’Etat augmenteraient, ce qui arrivera automatiquement après la décision chinoise comme conséquence du réajustement mondial des mouvements de capitaux – et il est vain de le nier – alors la France comme les pays cités ci-dessus fera défaut et que se passera-t-il ? Ces pays se retrouveront dans la situation de la Grèce dont le principal créditeur était et est toujours l’Allemagne. Contrairement au Japon la balance commerciale de la France est chroniquement déficitaire, les caisses de la Banque de France n’ont par conséquent plus de devises étrangères, la France comme ces autres pays européens ne peut pas imprimer de monnaie, contrairement au Japon, elle est donc condamnée à être totalement vassalisée par l’Allemagne. Voilà dans quelle situation calamiteuse les politiciens ont mis ce pays, et il en est de même pour l’Espagne et l’Italie, et c’est aussi l’effet pervers de la monnaie européenne unique : la faillite des Etats inévitable à terme. Et cet agenda était prévu par les USA bien avant la réunification de l’Allemagne et la chute du mur de Berlin : Jean Monnet en fut le principal instigateur sous l’impulsion des USA.

Billet d’humeur « économique »

Comme je n’y connais rien du tout en économie mais que j’observe ce qui se passe dans le monde, je voudrais livrer à mes lecteurs une analyse naïve du moment présent dans le monde. La dévaluation du Yuan par deux fois en 48 heures n’est qu’une toute petite correction puisque cette devise s’est réévalué de 23 % en dix ans par rapport au dollar. C’est assez surprenant que les analystes oublient cette information dans leurs commentaires. Il y a un autre aspect surprenant qui ressort de toutes les analyses des journalistes spécialisés dans l’économie globale : la Chine, deuxième puissance économique du monde, forte de plus de 1,3 milliard d’habitants qui n’ont qu’une envie travailler pour gagner plus, falsifie systématiquement ses statistiques et la preuve est très facile à trouver. J’ai égaré le lien de la donnée de l’agence internationale de l’énergie, qu’on doit certainement retrouver, qui indiquait qu’entre 2013 et 2014 la consommation d’énergie primaire de la Chine n’avait progressé que de 1,3 %, ça ne date pas d’hier. Or quand on sait que cet indicateur est l’un des plus fiables pour jauger la croissance d’un pays, il n’y a plus de doute, le gouvernement central chinois falsifie à outrance les statistiques. La Chine, probablement la première économie du monde, est peut-être entrée en récession derrière un rideau de fumée parce qu’elle refuse politiquement que le reste du monde se retrouve devant le fait accompli, tout ce qu’on raconte ce ne sont que des contes de fées.

Maintenant quand certains journalistes auto-proclamés spécialistes de l’économie considèrent que les Chinois manipulent leur monnaie, il faut remettre les choses à leur place avec modestie. Qu’a fait Bernanke, que fait Draghi aujourd’hui et qu’a fait la Banque centrale japonaise depuis des années sinon une manipulation éhontée du dollar, de l’euro et du yen.

Maintenant, qu’on déplore la plongée des cours du pétrole – le brut se négociait ce 12 août 2015 sur le marché spot à 43 dollars le barril aux USA ! – ce n’est qu’un chant de mauvaises sirènes car si les cours du pétrole plongent et vont continuer à dévisser c’est tout simplement parce que l’ensemble de l’économie mondiale et mondialisée plonge dans l’abime de la surabondance de monnaie papier créée par les banques centrales sans qu’aucune repris économique tangible ne soit visible. On n’en est qu’au début de ce plongeon phénoménal et c’est le signal avant-courreur d’une crise infiniment plus grave que celle de 1936 et celle de 2007 n’était qu’une pâle idée de ce qui attend le monde entier dans quelques semaines ou quelques mois. Très significatif, la Banque Nationale Suisse imprime depuis quelques jours des billets de 1000 francs et il paraît qu’on se les arrache, c’est dire à quel point l’humanité toute entière se précipite dans le gouffre de l’illusion monétaire …

J’avais écrit dans ce blog le 30 mai 2014 un billet relatif à ce qui pourrait arriver si l’économie chinoise s’éffondrait. On y est et c’est très facile à comprendre : un régime communiste encore largement totalitaire et profondément corrompu (mais quel régime politique n’est pas corrompu?) ne peut pas gérer une économie dans un marché ouvert. C’est impossible dans les faits. L’ex URSS a avoué son incapacité dans ce domaine, la chute du mur de Berlin c’était le constat d’une défaite économique et financière, tous les régimes centralisés idéologiquement ne sont pas adaptés au monde actuel de la finance internationale toujours sous la domination américaine, mais pour combien de temps encore ? Et pendant ce temps-là les spéculateurs s’en donnent à cœur joie …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/30/quand-la-chine-senfoncera-le-monde-tremblera/

Guerre du Mali et maintenant guerre des monnaies, bon courage Monsieur Hollande.

 

Hollande navigue sur du sable et des cailloux au Mali, mais il va devoir aussi naviguer, lui le capitaine expérimenté, sur des vagues de billets de 10000 yens, j’en ai deux dans mon porte-feuille achetés à prix d’or il y a six mois dans un distributeur de billets à Tokyo. Ils ont perdu 30 % de leur valeur vu d’Europe, mais au Japon, ce sera du pareil au même, le bento me coûtera simplement moins cher quand je serai à Tokyo dans un mois puisque j’irai dans un ATM et avec les mêmes euros, j’aurai 30 % de plus de yens.

Et je suis de tout coeur avec les Japonais, ils ne comprenaient pas pourquoi le yen était considéré comme une valeur refuge. D’ailleurs moi-même qui ne suis pas un économiste, je n’ai jamais pu trouver d’explication satisfaisante puisque la presse européenne répète en boucle que l’économie japonaise est moribonde depuis près de 20 ans et après « Fukushima » encore en pire état. Et quand, enfin, un gouvernement décide de bouger les lignes (Shinzo Abe), cette expression chère aux politiciens français qui ne veut d’ailleurs rien dire, tout le monde s’insurge, depuis le Brésil jusqu’à la Corée en passant naturellement par la Suisse, oui, même la Suisse est inquiète, c’est dire !

Bref, Hollande, devant le Parlement Européen a laché le morceau, après la guerre au Mali la guerre des monnaies, et je me demande bien comment et avec quelle arme il va engager cette guerre. De mon humble point de vue, tout vient du fait que la Chine détient des réserves de devises extravagantes tant des dollars que des euros ou des yens et que le Japon a trouvé la seule arme qui fera tomber le géant chinois de son piédestal, en dévaluant sensiblement le yen. Que font les Européens ? Ils font des discours lénifiants et inutiles. La BCE doit dès à présent frapper un grand coup et faire comme le Japon, tout de suite, pour que le yuan se retrouvera de fait surévalué et qu’il soit mis fin au scandaleux dumping chinois.

Hollande a-t-il compris que le problème ce n’était ni Arcelor, ni Peugeot, mais l’emprise de la Chine qui se complait à manipuler sa propre monnaie au détriment de tous les autres pays ?