Nouvelles chroniques japonaises # 1 Le whisky Yamazaki

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Puisque je séjourne pour quelques semaines à Tokyo, je reprends ce cycle de chroniques tokyoïtes et japonaises et pour ce premier billet je vais révolter les amateurs de pur malt de derrière les mottes de tourbe des Highlands car le Japon a accédé à la top position du classement de la dernière édition de la Jim Murray’s Whisky Bible !

Le penchant des Japonais pour le whisky n’est pas récent puisque dès 1923 Shinjiro Torii construisit sa première distillerie à Shimamoto, dans la banlieue de Kyoto, qu’il appela Yamazaki. Cet adepte d’alcools forts était brasseur à l’origine et il fut également le fondateur de Suntory, l’une des trois grosses « maisons » de bière du Japon avec Sapporo et Asahi. Pour la bière, le Japon se diversifie aujourd’hui en une multitude de petites brasseries artisanales qui produisent des breuvages de qualité à l’image des Trappistes belges très prisées des amateurs de bière. Des bières single malt de caractère, pourquoi pas du whisky ? C’est exactement ce que se dit Shinjiro Torii en ces temps où le Japon voulait s’occidentaliser à grande vitesse.

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Dans la tradition de Shinjiro Torii, tout est affaire de tradition au Japon, le whisky Yamazaki de Suntory, est vieilli dans des fûts de chêne spécialement choisis en provenance de France et ayant par exemple contenu des vins comme du Xérès ou du vin de Madère après avoir été distillé avec des appareils adaptés souvent artisanaux. L’addition infime de décoctions de plantes aux arômes subtils permet d’atteindre une finesse et une sophistication qui rend les whiskys japonais comparables à des œuvres d’art qui transportent le dégustateur vers des sommets de satisfaction. Un amateur de whisky sera prêt à débourser 150000 yens, soit 1000 euros pour une bouteille de ce joyau de 12 ans d’âge très haut de gamme. Le paradoxe de la recherche de la qualité « made in Japan » réside dans le fait que la distillerie Yamazaki exporte plus de 60 % de sa production aux USA, en Chine ou à Singapour mais aussi … en Grande-Bretagne, shocking aurait dit Churchill !

Source : DailyBeast, illustrations Wikipedia

Note : la marque Suntory provient de la contraction des mots Torii et Sun, le terme « sun » (se prononce ‘sane’) étant un suffixe familièrement accolé à un nom ou un prénom dans une conversation et signifie en fait « monsieur », « madame » ou « mademoiselle ». Dans le cas présent la marque de bière aurait du s’appeler Toriisun car le mot sun est en réalité un suffixe mais suntory « sonnait mieux », d’où l’histoire de la marque Suntory en romanji, romanji étant l’alphabet romain utilisé au Japon.