Western Union exploite les pauvres !

Je ne sais plus si j’ai déjà disserté de ce sujet mais c’est tellement ahurissant que je me dois d’en reparler. Il y a quelques mois, je discutais (en anglais) avec une Sud-Américaine qui vit à Tenerife depuis une dizaine d’années et elle me racontait qu’elle envoyait de l’argent tous les mois à sa fille, à Quito ou Lima je ne sais plus, prélevé sur son maigre salaire. Elle transférait cet argent par Western Union … Je lui fis remarquer que ce service est coûteux puisqu’il prélève une commission d’environ 7 % sur le montant transféré et qu’un transfert par SWIFT serait beaucoup moins pénalisant. Elle m’avoua qu’elle n’avait pas de compte en banque parce qu’elle travaillait au noir depuis toutes ces années, ce qui lui permettait une rémunération un peu supérieure au salaire minimum local qui est d’environ 700 euros net par mois.

 

Ce qui ressort de cette histoire est que Western Union vit sur le dos des gens pauvres, ceux qui travaillent comme des fourmis au noir et qui n’ont pas de compte en banque, qui sont en marge de la société puisqu’ils n’auront pas de retraite, n’ont naturellement pas d’assurance chômage et doivent faire la queue dans des dispensaires pour se faire soigner ou tout simplement mourir en cas de maladie grave. C’est Western Union qui s’enrichit sur leur dos …

Bel exemple de l’implacable puissance d’une multinationale qui n’a en définitive aucun état d’âme, d’ailleurs personne ne lui a demandé d’avoir des états d’âme, en particulier pour les parias de tous les pays exploités parfois dans des conditions extrêmes !

Vénézuela … Espagne

Je discutais récemment avec une Vénézuélienne récemment (le Vénézuela est la huitième île des Canaries) ici à Tenerife et elle me disait que Chavez avait acheté les voix des plus démunis en distribuant des cadeaux et du cash à son peuple bien-aimé mais que cela n’avait duré qu’un temps. Aujourd’hui, elle envoie un partie de son salaire de misère chèrement gagné à sa famille pour qu’elle puisse survivre. Je lui ai demandé comment elle transférait l’argent. Etonnée par ma question, elle m’a répondu qu’elle allait dans un locutorio (alias internet café) et qu’elle faisait le transfert avec Western Union. Quelle ne fut pas sa surprise quand je lui appris que WU prélevait 8 % de commission sur le transfert et qu’il fallait qu’elle travaille un jour de plus tous les 12 jours pour engraisser WU ! Je lui ai alors demandé si elle avait un compte en banque parce qu’un transfert par swift ou IBAN n’est pas taxé plus de 4 %. La réponse fut négative. Un peu surpris à mon tour, je découvris qu’elle travaillait exclusivement au noir pour ne pas payer d’impôts et de taxes. Je compris qu’il était inutile d’aller plus avant dans la conversation mais je compris aussi que l’Espagne survit sans heurts et troubles sociaux avec plus de 25 % de chômage parce que les chômeurs travaillent tous au noir. Mais ces chômeurs qui ne votent pas ne manifesteront jamais dans la rue, ce sont les nouveaux esclaves du XXIe siècle qui n’ont qu’une chose à faire : fermer leur gueule…