Comme c’est beau la guerre

800px-Schlacht_von_Azincourt

Les années en 15 ont marqué l’histoire de France :

1415 : Azincourt

1515 : Marignan

1715 : mort de Louis XIV

1815 : Waterloo

Quel collégien sait aujourd’hui ce que fut la bataille d’Azincourt ? Cette cuisante défaite française devant les armées du roi Henry V d’Angleterre ne figure même plus dans les manuels d’histoire ! Le coq gaulois est tellement fier de ses victoires militaires qu’il en oublie les défaites. On ne va tout de même pas célébrer les défaites. Et pourtant ces grandes batailles militaires ont marqué les esprits et changé durablement le cours de l’histoire.

La bataille d’Azincourt qui mit à genoux la fine fleur de la chevalerie française est l’un des points culminants de la Guerre de Cent Ans qui fut motivée par les prétentions territoriales du roi d’Angleterre sur une grande partie du Royaume de France. Henry V d’Angleterre, faisant toute confiance à ses 7000 archers équipés de grands arcs et appuyant 1500 fantassins en armures et à peu près autant de cavaliers, tailla en pièces l’armée française conduite par Charles d’Albret. Ce fut un massacre malgré la supériorité numérique des Français, les prisonniers furent tous passés par les armes. On dénombra près de 10000 morts du côté français et à peine plus de 1600 du côté anglais. Cette bataille ne changea pas vraiment le cours de l’histoire …

Cent ans plus tard, durant les Guerres d’Italie, les Français se frottèrent aux Suisses qui étendaient leur hégémonie sur le nord de l’Italie au grand dam des mêmes objectifs hégémoniques du tout nouveau roi de France François Premier qui avait le jour de la bataille 21 ans et un jour. Sans l’aide de Venise, les Suisses auraient anéanti l’armée de François Premier mais celui-ci avait décidé d’en découdre car il aménagea à la hâte une route alpine par le Col de l’Argentière (ou de Larche) reliant Barcelonnette à Cuneo pour acheminer de l’artillerie lourde, une sorte de répétition de l’exploit d’Hannibal. Les Suisses depuis leur défaite à Marignan ne reprirent jamais les armes contre aucun pays. Le roi François fut auréolé de prestige. Cette bataille changea (très peu) le cours de l’histoire. Bien entendu on en parle encore dans les livres d’histoire en enjolivant les faits d’arme du fameux Chevalier Bayard …

L’année 1715 c’est la mort de Louis XIV, ouf ! un despote sanguinaire et mégalomane de moins. Mais à sa décharge, pratiquement pendant tout ce long règne, le roi et ses sujets souffrirent du froid – le fameux minimum solaire de Maunder – et quand on a froid on fait la guerre pour se réchauffer …

L’année 1815, c’est la défaite de Waterloo, morne plaine, et l’exil d’un autre despote sanguinaire et encore plus mégalomane que Louis XIV qui laissa la France dans un état économique semi-comateux et des millions de cadavres dans toute l’Europe … Comme c’est beau l’histoire de France.

Pas grand chose à dire de l’année 1915 qui vit pourtant le premier usage des gaz de combat par les Allemands dans les tranchées franco-anglaises notamment à Ypres, sombre rappel de l’histoire passée, c’était le début d’une nouvelle forme de barbarie et la boucherie continua allègrement pendant 3 ans.

L’année 2015 se distingue par les premières « frappes » aériennes française sur l’Etat islamique, l’ISIS ou Daesh, on ne sait plus vraiment comment appeler ces gens financés par l’Arabie Saoudite et entrainés par les Américains mais bon, il faut larguer quelques bombes, c’est bien pour l’image de marque de la France et surtout de son président qui vient de fourguer les deux porte-hélicoptères destinés à la Russie à la dictature militaire égyptienne. Avec les avions Rafale, ça fait pas mal d’argent en provenance essentiellement des émirats arabes et du royaume saoudien mais aussi substantiellement des banques françaises garanties par la COFACE qui ont prêté des sous à l’Egypte pour finaliser ces achats et comme la France et l’avionneur Dassault risquent bien de ne jamais voir la couleur d’une seule livre égyptienne ce sont les contribuables français qui en seront de leur poche.

Comme c’est beau la guerre !