Et si Hollande prouvait qu’il a réellement une paire de couilles ?

Connaissez-vous la loi Diard ? Du nom de l’ancien député des Bouches-du-Rhône Eric Diard qui a fait voter une loi qui limite le droit de grève du personnel navigant des compagnies aériennes françaises, en particulier d’Air France. Cette loi est une version édulcorée de l’acte dit de Taft-Hartley en vigueur aux USA et datant de 1947 qui limite le champ d’action des syndicats en particulier lorsque ceux-ci décident d’organiser des grèves. L’une des conséquences les plus retentissantes de l’application de cette loi fut le licenciement de 11345 contrôleurs aériens sur quelques 13000 en août 1981 par Ronald Reagan, licenciement assorti d’une interdiction à vie de prétendre à un quelconque emploi fédéral. Cette interdiction fut levée par Bill Clinton dix ans plus tard. La grève des contrôleurs aériens avait été considérée comme mettant en péril la sécurité du pays et Reagan appliqua donc la loi Taft-Hartley pour cette raison.

Ce matin, je discutais avec deux Suissesses en villégiature à Tenerife et elles m’ont décrit la France en quelques mots : « il y a toujours des grèves dans ce pays ». Je vais à Tokyo dans quelques semaines et j’ai choisi de ne pas passer par Roissy et j’ai eu le nez creux puisque je reviendrai du Japon à la mi-mai, en plein mouvement de grève du personnel navigant d’Air France qui a déposé un préavis (ou une menace) de grève, selon mes informations, du 3 au 30 mai pour protester contre la loi Diard qui oblige les personnels de cabine et les pilotes à déclarer individuellement leur intention de faire grève au moins 48 heures à l’avance. C’est ce détail qui les fait grincer des dents, individuellement signifiant que le syndicat des personnels navigants (SNPL) ne peut plus gérer ses troupes comme il a coutume de le faire de manière, on s’en doute, très démocratique. De plus cette loi Diard limite le nombre de jours de grève pour le personnel navigant et c’est la goutte qui a fait déborder la coupe du mauvais mousseux qu’on sert maintenant dans la classe bétaillère des longs courriers d’Air France. Quand on sait que sur un vol long courrier comme par exemple Paris-Tokyo, le personnel navigant travaille effectivement 25 heures par semaines, soit un AR entrecoupé de trois jours de repos, et qu’en plus ces gens grassement payés et logés dans des hôtels de luxe par Air France tous frais payés ont 14 mois de salaire par an, le contribuable lambda qui paie des impôts pour maintenir cette compagnie hors de la faillite est en droit de se poser quelques questions.

Bref, l’image de la France est bien écornée, surtout vue de l’étranger. La réponse appropriée à toute grève déclarée illégale est de licencier tous les grévistes comme le fit Reagan. Et si Hollande, qui a prouvé qu’il a une paire de couilles en le faisant bien savoir, prenait une telle décision ? Un simple décret déclarant illégales toutes les grèves dans le secteur public et para-public (comme Air France) redorerait le blason terni de la France.

On peut toujours rêver de lendemains qui (dé)chantent …