Les OGM attaquent … les moustiques, pour les dézinguer !

Après le lamentable épisode de l’amnistie sans suite du faucheur de porte-greffes de la vigne génétiquement modifiés par l’INRA avec les impôts des contribuables, faut-il le rappeler, pour résister au virus du court noué, un fait relaté par Contrepoints (voir le lien en fin de billet), va-t-il falloir assister encore une fois à la démonstration de l’obscurantisme ahurissant des écologistes avec le moustique transgénique mis au point pour tenter de combattre la malaria ? Depuis l’interdiction du DDT préconisée par les écologistes il y a plus de 40 ans la malaria a tué peut-être 100 millions de personnes, c’est le tribut payé pour satisfaire les exigences des écologistes qui prétendaient sans aucune preuve à l’appui que le DDT pouvait décimer le plancton, être à la longue cancérigène ou encore favoriser l’apparition de super-moustiques résistants au DDT et donc à tous les autres insecticides puisque ce produit était le seul efficace contre ces insectes volants. Pour l’anecdote il faut rappeler que le développement immobilier des côtes de l’Hérault et de l’Aude depuis la Camargue jusqu’à Perpignan, infestées de moustiques et réservées aux aventureux dans les années 50 et 60 ont été nettoyées à l’aide de DDT utilisé en quantités massives. Sans ce produit la Grande-Motte, pour ne citer que cet exemple, n’existerait pas. Oh, je sais, cette éradication des moustiques a favorisé le tourisme de masse et enrichi les promoteurs, un combat contre la nature qui a enrichi les riches, c’est ce que les écolos vous balanceront dans les dents si vous osez argumenter contre l’ineptie de l’interdiction du DDT. Si vous voulez plus de détails allez sur ce site : http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-ecologie-morts-tome1-123841920.html .

Mais revenons à ces moustiques vecteurs de la malaria et de bien d’autres maladies parasitaires et virales qui tuent en gros un million et demi de personnes dans le monde chaque année. Pas de quoi s’alarmer, la planète est surpeuplée, la nourriture va manquer, les combustibles fossiles aussi, autant laisser mourir un million d’enfants (qui ne se reproduiront pas) chaque année, c’est bon pour l’avenir de l’humanité. 

C’est en résumé l’idéologie des écologistes et ça fait peur parce qu’ils ont pour mission de répandre la peur par tous les moyens.

Une équipe de biologistes de l’Imperial College à Londres a entrepris pourtant, malgré les efforts des écologistes pour dissuader ce genre de recherche, de modifier génétiquement des moustiques de l’espèce Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria pour rendre leur descendance majoritairement mâle. Horreur et damnation, il s’agit de manipulations génétiques ( doi: 10.1038/ncomms4977 (2014) ) ! Mais si l’on oublie l’aspect polémiste de cette approche car il s’agit tout de même de lâcher dans la nature des insectes génétiquement modifiés, c’est bien pire que de planter des porte-greffes de vigne résistants au court noué parce que les moustiques ça vole et ça peut répandre de mauvais gènes alentour, il faut reconnaître que cette approche pour combattre la malaria est porteuse d’immenses espoirs quoi que puissent en penser les écolos !

Il est très intéressant d’exposer l’approche adoptée par les biologistes de l’Imperial College car elle pourrait être appliquée à bien d’autres insectes ravageurs notamment des cultures, justement. Dans le principe, il s’est agi de faire en sorte que les femelles, après fécondation, produisent une descendance majoritairement mâle. Le moustique, comme l’homme, possède s’il est mâle un chromosome sexuel X et un chromosome sexuel Y et la femelle possède deux chromosomes X. Lors de la méiose, c’est-à-dire la réduction de moitié du nombre de chromosomes pour produire les gamètes, la femelle aura toujours un chromosome X et si par un moyen quelconque on arrive à détruire le chromosome X du mâle tout en préservant son chromosome Y, alors la descendance sera inévitablement un mâle. C’est cette approche conceptuelle qu’ont choisi Nikolai Windbichler et Andrea Crisanti, les principaux auteurs de cette étude, pour faire en sorte que la descendance du moustique soit majoritairement des mâles qui, entre parenthèses, ne piquent pas et se contentent de butiner quelques fleurs pour se nourrir.

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L’astuce a consisté à introduire le gène d’une endonucléase existant dans un lichen (voir la photo ci-dessus, Wikipedia), il fallait l’imaginer, appelé Physarium polycephalum, peu importe le nom scientifique, un enzyme qui coupe spécifiquement un morceau d’ADN présent uniquement sur le chromosome X et l’action ce cet enzyme appelé « I-Ppol » détruit le chromosome X. Pour les femelles, il y a une chance sur deux que l’un des chromosomes X disparaisse lors de la méiose, mais pour le mâle, c’est sans appel, puisque le chromosome Y n’est pas affecté alors la descendance sera exclusivement constituée de mâles. Le tour est joué ! Si on entre dans le détail des travaux réalisés pour atteindre ce résultat on est carrément émerveillé car il s’agit de vraie science au niveau moléculaire et non pas de pseudo-science frelatée à la Séralini. Il a fallu modifier l’endonucléase proprement dite en modifiant son gène afin d’allonger sa durée de vie et son affinité pour la portion d’ADN du chromosome X qui devait être attaquée en se basant sur la structure tridimensionnelle de la protéine en déterminant ainsi quel aminoacide devait être changé pour atteindre ce but. A chaque aminoacide correspond un codon de trois lettres dans l’ADN codant pour la protéine et pour atteindre le but recherché il y a un moyen simple mais tout de même complexe consistant à procéder à ce que l’on appelle de la mutagenèse dirigée et d’observer quelles sont les nouvelles propriétés de l’enzyme modifié produit dans un système bactérien approprié. Finalement ces travaux qu’on peut qualifier de somptueux et nobélisables ont permis d’obtenir un enzyme qui résiste à la chaleur, jusqu’à 54 degrés et présente une affinité trente fois supérieure à celle de l’enzyme non modifié génétiquement pour le site particulier de l’ADN du chromosome X du moustique qu’il aura pour mission de tout simplement détruire. Le résultat est incroyablement banal puisqu’il a fallu atteindre deux modifications ponctuelles de l’enzyme, de la leucine 111 en alanine et du tryptophane 124 en leucine, et pas plus que ça …

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Naturellement il a fallu ensuite introduire ce gène modifié dans le patrimoine génétique du moustique pour arriver au résultat escompté. Sans entrer dans les détails, les curieux peuvent toujours aller cliquer sur le DOI inséré plus haut ou le lien en fin de billet, le gène a été introduit conjointement avec une construction comportant une protéine fluorescente (eGFP) à l’aide d’un promoteur de la tubuline beta-2. C’était pour faire simple … Toujours est-il que les résultats sont sans appel comme l’indique le graphique ci-dessous :

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En noir figure le contrôle avec des mâles normaux et des femelles normales et l’apparition des femelles dans la descendance et en rouge la même évolution de la densité de femelles avec des mâles génétiquement modifiés. Et si on s’intéresse aux œufs le résultat est encore plus évident :

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Après trois générations il ne reste pratiquement plus de femelles et le nombre d’oeufs atteint presque zéro, normal puisqu’il n’y a pratiquement plus de femelles ! Ces travaux d’une sophistication extrême ont donc consisté à créer une distorsion de la fonction sexuelle au niveau chromosomique par introduction d’une nouvelle activité enzymatique qui a pour objectif une stérilisation de l’espèce en orientant la descendance uniquement vers les mâles par destruction spécifique du chromosome X des mâles. Pour l’anecdote cet enzyme dont il est question utilise des atomes de zinc comme cofacteurs pour fonctionner correctement et ce travail, au final, permettra peut-être de « dézinguer » ces sales bêtes qui me rappellent à leur bon souvenir chaque fois que j’ai une crise de malaria.

http://www.contrepoints.org/2014/06/10/168400-faucheurs-de-porte-vigne-transgeniques-de-colmar-christian-velot-porte-parole-de-lobscurantisme

http://www.nature.com/ncomms/2014/140610/ncomms4977/full/ncomms4977.html#supplementary-information

Billet d’humeur vineuse

 

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On nage dans le surréalisme au Sénat, cette institution inutile, coûteuse et surannée. Puisque ces brontosaures plus ou moins fossilisés de la politique n’ont pas grand chose à faire, il leur faut faire preuve de beaucoup d’imagination pour justifier leurs mirobolantes rentes de situation. Leur dernière idée en date, ce samedi 12 avril, après s’être gavés aux frais de la princesse avec force bons vins pour diluer les délices gustatifs servis par les cuisines de l’honorable institution qui comptent parmi les meilleures de France, la trogne rougie par des vins de haut terroir, les sénateurs ont décrété que les vignobles, les vignes, les pressoirs, les cépages et les crus, les châteaux et autres appellations d’origine faisaient partie du patrimoine hexagonal. C’est décidé, c’est entériné, et si par hasard les vignerons ont besoin d’un petit coup de pouce financier, comme leurs tracteurs, leurs épandeurs de pesticides, leurs sécateurs et les casseroles de leur cuisine font aussi partie du patrimoine national, les contribuables buveurs de vin ou non se feront un plaisir de contribuer financièrement et généreusement à cette industrie aussi considérable que l’industrie fromagère qui toutes deux font honneur à la France dans le monde entier. Pourquoi pas immédiatement classer tous les vignobles de France dans la catégorie hautement honorifique des monuments historiques ? Ils devaient avoir franchement picolé pour accoucher d’une décision aussi ridicule.

En être arrivé à un tel point de délitement intellectuel est proprement affligeant et cette énième pitrerie ne va certainement pas faire honneur à l’image de la France mais rendre au contraire les étrangers hilares. Comme le répète H16 à longueur de billets dans son blog, ce pays est complètement foutu et ses politiciens donnent l’impression d’être en coma éthylique permanent. Abus de pinard, peut-être …

Source : AFP

L’idéologie absurde des écologistes

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Les écolos n’en sont pas à une absurdité près et ça n’a pas l’air de les déranger. Et chaque jour qui passe met en lumière leurs convictions idéologiques totalement erronées. L’évènement de ce début de semaine est la comparution au tribunal de Dijon d’un vigneron des Côtes-de-Nuits qui a refusé de traiter ses vignes contre le principal vecteur de la flavescence qu’est la cicadelle (Scaphoïdeus titanus) un insecte suceur parmi d’autres. Il y a justement eu des cas de flavescence dans la région et pour ne pas prendre le risque de voir des vignes entières décimées par cette maladie, la loi stipule que toutes les vignes sans exception doivent être traitées avec des insecticides à spectre large afin d’éradiquer le vecteur à titre préventif.

La flavescence dorée est une maladie contre laquelle on ne dispose pas de moyens de lutte car elle est provoquée par une sorte de bactérie primitive appelée phytoplasme qui n’est pas sans rappeler les mycoplasmes du monde animal. Quand un plan de vigne est visiblement atteint, c’est une catastrophe car la maladie se développe en plusieurs années et il est dès lors impossible d’exclure que d’autres ceps soient contaminés. Des mesures de quarantaine très strictes doivent alors être prises comme l’arrachage et la destruction par le feu de toute une parcelle et il est facile d’imaginer l’impact économique d’une telle extrémité en particulier dans la région viticole la plus prestigieuse du monde qu’est le Côtes-de-Nuits.

Le viticulteur incriminé qui a refusé de traiter ses vignes fait partie de cette confrérie sectaire des producteurs dits « bio » qui refuse d’utiliser des pesticides pour sa culture, en l’occurrence le raisin, pour des raisons idéologiques absurdes alors que de nombreuses analyses ont prouvé que les produits dits « bio » ne contenaient ni plus ni moins de pesticides que les produits non « bio » c’est-à-dire ayant été traités conformément à des protocoles bien établis avec des pesticides variés dont le but n’est pas seulement de permettre aux chimistes de réaliser des profits mais surtout de préserver la santé des cultures.

Or la flavescence pourrait être à terme, si des mesures draconiennes n’avaient pas été décidées, conduire à la disparition pure et simple du vignoble français. L’histoire du phylloxera est là pour le rappeler quand cette maladie de la vigne plongea dans la misère l’ensemble de la corporation des viticulteurs français avec la destruction de près de 80 % du vignoble. Pour un agriculteur « bio » convaincu du bien-fondé de ses idées une catastrophe de ce type est d’un autre âge et ne peut pas se reproduire, raisonnement totalement spécieux car le risque est loin d’être négligeable. C’est sur ce premier point que réside la stupidité des écologistes et qui fait ressortir l’absurdité de leur idéologie fourre-tout. Puisque l’usage des pesticides fait courir un risque sanitaire aux populations, comme le dégagement de CO2 lors de l’utilisation de combustibles carbonés fossiles, on n’utilise donc pas de pesticides et on répand par exemple de la paille entre les rangs de vignes pour éloigner les cicadelles. On se croirait au XIXe siècle quand les viticulteurs enterraient des grenouilles vivantes au pied des ceps de vigne pour éloigner le phylloxera ! Les écologistes semblent incapables de calculer objectivement un risque surtout quand il s’agit d’un risque économique, mais on les comprend puisque leurs prises de positions ne sont basées sur aucunes évidences ni économiques ni scientifiques, ce ne sont que des idéologues imbus de leurs convictions malthusiennes, rétrogrades ou tout simplement fausses.

Juste une citation du viticulteur en question pour situer le niveau du débat : « Cet insecticide tue sans discernement toute la faune auxiliaire indispensable aux équilibres naturels, abeilles comprises. C’est un peu comme si on vous soumettait de force à une chimiothérapie, au prétexte que vous risquez d’avoir un cancer … ». L’arrêté préfectoral précise qu’en cas de risques de flavescence (puisqu’il y a eu des cas dans la région et que plus de 11 hectares de vigne ont été détruits en 2013 pour cette raison) il est obligatoire de traiter à titre préventif les vignes dans tout le département avec un insecticide à spectre large. L’agriculteur « bio » va-t-il perdre sa licence s’il traite sa vigne avec des pyrèthres pourtant autorisés pour la culture biologique ? Naturellement non ! Mais idéologiquement il préfère prendre le risque de voir son vignoble éventuellement détruit ainsi que les vignobles de ses voisins ou de toute une région. Voilà l’idéologie absurde des écologistes !

Source : Le Temps (Genève)

 

 

 

Le bon vin du Pays d’Oc …

Il y a près de 2500 ans on cultivait déjà la vigne pour faire du vin dans le sud de la France. La vigne fut « importée » dans ce qui était alors le sud de la Gaule, le Pays d’Oc, par les marchands venus de l’Etrurie, une ancienne région de la botte italienne comprenant la Toscane, le Latium et l’Ombrie. Mais la vigne était en réalité endémique du Moyen-Orient et cultivée déjà depuis des milliers d’années pour faire du vin, on ne sait pas précisément dans quel endroit, Turquie ou Iran, mais elle fut apportée en Etrurie par les Phéniciens qui transportaient le vin dans des amphores à fond de cale. On a retrouvé des graines de vigne dans des épaves datant de l’époque où les Phéniciens et les Grecs dominaient le commerce maritime de la Méditerranée. Les Etrusques commerçaient activement avec ces marchands et le vin constituait en quelque sorte une monnaie d’échange. Il est probable que le même genre de commerce eut lieu dans le sud de la France car on a retrouvé près de Lattes, dans les environs de Montpellier, un complexe commercial avec une sorte d’entrepôt à amphores datant de 525 années avant notre ère. Une analyse chimique fine des résidus préservés dans les amphores prouva qu’elles contenaient bien du vin comme l’attesta la présence d’acides tartrique, succinique, malique et citrique. Ces vins on dirait aujourd’hui un peu trafiqués contenaient aussi du romarin, du thym et du basilic et également de la résine de pin d’où le nom de ce vin grec appelé résiné. Mais la résine était ajoutée au vin pour le préserver de fermentations secondaires plutôt que pour le goût rappelant l’essence de térébenthine.

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A l’endroit où fut découvert l’entrepôt à amphores un pressoir en grès d’environ 70 centimètres de diamètre a été également mis à jour, mais on ignore s’il était utilisé pour presser des grappes de raisin ou des olives puisque l’huile d’olive était déjà connue à cette époque, probablement pour les deux. Ce fut bien des années plus tard que la Gaule devenue la France devint un pays producteur de vin sous l’impulsion des moines cisterciens qui répandirent la culture de la vigne et sélectionnèrent le Chardonnay et le Pinot noir comme étant les meilleurs cépages pour faire du bon vin, en particulier en Bourgogne, tout ça un peu après l’an 1000 quand le climat chaud, ensoleillé et juste assez humide permettait d’agrémenter un cuisseau de sanglier ou de chevreuil d’un vin légèrement capiteux, pas trop lourd et de belle couleur. C’est donc grâce aux Etrusque puis aux moines cisterciens que la France peut encore s’enorgueillir d’avoir promu cette boisson appréciée dans le monde entier …

Sources : livescience.com, crédit photo Unité de Recherches Archéologiques de Lattes (la règle est longue de 50 cm)