Le cas du Vermont (épisode # 2)

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J’avais relaté la décision du gouverneur du Vermont de fermer définitivement la centrale nucléaire Yankee en septembre dernier (voir le lien) pour des raisons strictement idéologiques alors que la Commission de Sureté Nucléaire américaine avait autorisé la prolongation de son fonctionnement jusqu’en 2032. Cette fois-ci le même gouverneur, écologiste franchement borné, a décidé que dorénavant toute la nourriture disponible sur les linéaires des supermarchés de l’Etat devrait afficher sans ambiguité la présence d’organismes génétiquement modifiés et de leurs dérivés y compris en quantités fifrelinesques. Peter Shumlin (voir photo), le gouverneur de ce minuscule état – 0,28 % de la population américaine – persiste et signe dans la bêtise en déclarant qu’il signera l’arrêté obligeant les industriels de l’agro-alimentaire à indiquer les quantités de produits issus de plantes transgéniques dans leurs produits. Par exemple le ketchup qui contient du sirop de maïs devra indiquer que ce sirop provient d’érable ou de maïs non transgénique ce qui relève de l’illusion aux USA ou encore que la mayonnaise ne contient pas de lécithine de soja également transgénique, encore du domaine du surréalisme ou enfin que l’huile végétale de cuisson ne contient pas d’huile de coton transgénique. Ce qui coince, pour le moment du moins, c’est une disposition fédérale qui stipule qu’une telle loi ne peut être adoptée que lorsqu’un Etat contigu adopte la même disposition. Or en Nouvelle-Angleterre seuls le Maine et le Connecticut ont envisagé une telle décision. Ils ne sont pas limitrophes du Vermont !

Tout n’est pas gagné pour le gouverneur du Maine car il se heurte à un des lobbys les plus puissants des USA, l’association des professionnels de l’alimentation (Grocery Manufacturers Association) qui a immédiatement clamé que cette démarche était prise dans la mauvaise direction, et on n’a aucune peine à les comprendre. L’argument avancé par ces politiciens soucieux de se voir réélus (comme en France) c’est de caresser la bête dans le sens du poil et c’est une stratégie bien connue. Le mot d’ordre est que les consommateurs ont le droit de savoir ce qui entre dans la composition de ce qui est dans leur assiette. Et on ne peut que douter du degré de préoccupation des Américains en ce qui concerne la qualité de ce qu’ils ingurgitent tant ils sont habitués à la malbouffe. Qu’il y ait des plantes transgéniques ou des dérivés de celles-ci ne changera rien ou plutôt si, la qualité et la sécurité des aliments risquent de se détériorer et les cabinets d’avocats se frottent déjà les mains quand il y aura des « class actions » ici et là à cause d’intoxications ou de tromperie sur la qualité.

La FDA (Food and Drug Administration) et l’association BIO (Biotechnology Industry Organization) si bien nommée ( ! ) répètent à longueur de rapports qu’il n’y a aucune différence matérielle ou chimique décelable y compris à l’échelle moléculaire entre les plantes transgéniques et leurs contre-parties non modifiées, ce qui est parfaitement vrai. Or le gouverneur du Vermont, qui est décidément plongé dans un obscurantisme militant frisant la malhonnêteté déclare que « les plantes génétiquement modifiées présentent un risque potentiel pour la santé, la sécurité, l’agriculture et l’environnement ». On retrouve la dialectique des climatologues « auto-proclamés » de l’IPCC car présenter un risque potentiel ne veut rien dire : ou c’est oui ou c’est non et dans les deux cas il faut présenter des arguments convaincants. La FDA, forte de plus de 25 années de retour d’expérience, de dizaines de milliers de publications scientifiques impartiales dûment soumises à l’examen de spécialistes impartiaux avant publication et de millions d’hectares de cultures de plantes transgéniques a dit « non ». Pour dire « oui, les plantes transgéniques sont dangereuses » il faut apporter des preuves, comme pour le climat d’ailleurs, or il n’y en a pas et on tombe alors dans de la pseudo-science qui rappelle étrangement les alchimistes d’un autre temps. Le gouverneur du Maine est contre l’uranium, contre les plantes transgéniques mais pour le climat il doit être pour le réchauffement puisque les températures hivernales du Maine ne sont pas vraiment attirantes … Le monde régresse, la science est manipulée par les politiciens à des fins idéologiques et c’est vraiment inquiétant !

Source : Associated Press y compris la photo du Gouverneur du Vermont.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/01/le-cas-du-vermont/

Le cas du Vermont

Vermont-Yankee-Nuclear-Power-Station

Le Vermont est un petit Etat du Nord-Est des USA frontalier du Québec. C’est le deuxième moins peuplé des Etats Américains avec seulement 600000 habitants. Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, conséquence du tsunami qui suivit le tremblement du 11 mars 2011, les habitants de cet Etat n’ont eu de cesse de manifester pour obtenir la fermeture du seul réacteur nucléaire de l’Etat qui produit 71 % de toute l’électricité produite dans l’Etat mais seulement 35 % de la consommation totale d’électricité. Le reste de la production est entièrement d’origine hydroélectrique avec quelques fermenteurs à méthane pour l’anecdote ce qui avec le réacteur nucléaire Yankee classe le Vermont comme le moins polluant en terme de rejets de gaz supposés à effet de serre. L’exploitant du réacteur d’une puissance de 620 MW électriques (BWR-4 General Electric) a été autorisé par la NRC (Nuclear Regulatory Commission) a prolonger son fonctionnement jusqu’en 2032. Le gouverneur de l’Etat, en dépit des recommandations de la NRC, a décidé la fermeture définitive de ce réacteur lors du prochain arrêt prévu pour changer le combustible fin 2014. Les arguments avancés pour justifier cette décision laissent rêveur. Abondance de gaz naturel bon marché issu du fracking, coût des investissements nécessaires pour mettre le réacteur aux normes « post-Fukushima » (alors qu’il l’est déjà) et enfin faibles coûts de l’électricité d’origine hydraulique qui rogne les profits espérés par l’exploitant de la centrale nucléaire. Le gouverneur du Vermont s’est par ailleurs engagé à remplacer la production du site de Yankee, la centrale nucléaire dont il est question, par des énergies renouvelables. Pour la réalisation d’un tel programme anti-économique, le Vermont est déjà l’un des Etats où le kWh est le plus élevé des 50 Etats contigus de l’Union (18 cents/kWh et bientôt 20 cents) alors que l’électricité acheté à Hydro-Québec revient à environ 6 cents/kWh et jusqu’à ce jour le kWh de la centrale nucléaire était vendu 5 cents à l’Etat du Vermont. Certes le prix de kWh est fixé sur la base d’une multitude de facteurs économiques et financiers mais la différence atteint un facteur 4, justement pour financer à l’avenir le « mix énergétique » tel qu’en a décidé le gouverneur. Juste pour préciser la situation, les estimations des coûts de production du kWh éolien et photovoltaïque sont respectivement évalués entre 25 et 40 cents sans tenir compte de la nécessité de disposer de sources d’électricité d’appoint comme des turbines à gaz. Mais pour le moment, mais seulement pour le moment afin de faire passer sa décision, le gouverneur du Vermont n’a pas pris en compte ce paramètre puisqu’il y a la proximité d’Hydro-Québec avec ses kW à bas prix ! Bref, un calcul totalement biaisé.

Depuis sa construction la centrale électrique Yankee a produit 200 milliards de kWh, n’a pas émis les 55 millions de tonnes de carbone, de soufre et d’oxydes d’azote qu’aurait émis une centrale au charbon d’une puissance électrique équivalente, rapporte 500 millions de dollars par an à l’Etat sous forme de taxes, emploie 600 personnes hautement qualifiées directement et maintient 1800 emplois indirects dans la région. Mais non, les idéologues anti-nucléaires locaux, à commencer par le gouverneur, n’ont pas l’air concernés par ces données. De plus l’arrêt de ce réacteur va déstabiliser le réseau de distribution électrique d’une grande partie de la Nouvelle-Angleterre et il est d’ors et déjà prévu la construction rapide de centrales électriques brûlant soit du pétrole soit du gaz. Il en résultera les rejets dans l’atmosphère de 4,7 millions de tonnes de CO2 supplémentaires par an. Pour bien montrer la stupidité d’une telle décision, il en coûtera aux habitants du Vermont la bagatelle de 200 millions de dollars par an pendant les 20 années à venir. Le gouverneur de l’Etat a pris cette décision pour satisfaire les écologistes mais aussi parce que le Vermont n’a jamais souffert de la récession qui a frappé l’ensemble des Etats-Unis à la suite de la crise des sub-primes et le gouverneur estime que l’Etat a les moyens de faire de tels sacrifices.

On peut estimer à la vue de ces données que pour la centrale de Fessenheim, en multipliant par trois, on a une bonne approximation du désastre attendu à la suite de la décision électoraliste et pseudo-écologique de Hollande de fermer cette installation, décision réaffirmée récemment par le faucheur d’OGM promu ministre de l’énergie et de l’environnement.

1800 personnels qualifiés à reconvertir dans le dé-commissionnement, 5400 autres emplois locaux menacés, 14 millions de tonnes de CO2 supplémentaires relâchés dans l’atmosphère chaque année, puisqu’il faudra bien remplacer l’énergie manquante par de nouvelles usines brûlant du gaz ou du pétrole, les éoliennes et les panneaux solaires n’y feront rien, coût pour l’Etat 460 millions d’euros par an soit pour dix ans, puisque l’ASN a autorisé EDF à poursuivre l’exploitation pour une durée supplémentaire de dix ans (éventuellement renouvelable), 4,6 milliards d’euros et ce ne sont que les revenus fiscaux dont seront privés l’Etat et le département, le manque à gagner d’EDF n’est pas pris en compte. Certes ma comparaison est basée sur les chiffres concernant la centrale Yankee du Vermont mais elle illustre ô combien clairement l’ineptie de la décision de Hollande de fermer une centrale comptant parmi l’une des plus sûres de France, bafouant au passage la décision de l’ASN.

Billet inspiré d’un article paru dans Forbes crédit photo inclus