Environnement et moteurs diesel : un pas de plus dans la taxation pour sauver le climat.

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La Commission de Bruxelles (encore elle !) a finalisé la législation sur les oxydes d’azote émis par les véhicules automobiles munis de moteurs diesel et une nouvelle fois la législation européenne a reculé les limites de l’invraisemblable avec la norme Euro6d. Le sujet concerne cette fois l’addition d’urée dans le pot d’échappement catalytique de ces véhicules. De plus en plus de voitures et de camions sont équipés – les gros camions depuis 2010, du moins aux USA – d’un réservoir supplémentaire contenant une solution d’urée ultra-pure ( 32,5 %, selon les normes) qui au contact d’un catalyseur spécifique va transformer les oxydes d’azote NOx en azote avec production d’eau et de CO2. La grande majorité des incinérateurs et des fours industriels pour la production de vapeur sont équipés de ce genre de système dit réduction catalytique sélective (SCR en anglais). Dans un véhicule automobile la situation est plus complexe pour diverses raisons. D’abord la température des gaz d’échappement provenant du moteur est peu élevée et il faut donc utiliser des catalyseurs coûteux constitués de métaux précieux, platine voire palladium, les catalyseurs vanadium-tungstène ayant une durée de vie limitée. De plus ces catalyseurs sont extrêmement sensibles à d’autres oxydes comme les oxydes de soufre pouvant être produits si le carburant est lui-même contaminé par des dérivés soufrés organiques. Enfin, compte tenu du prix élevé de ces catalyseurs (pots dits catalytiques), leur recyclage après remplacement exigé lors d’un contrôle technique du véhicule est économiquement nécessaire, ce qui naturellement aggrave et complique le coût de l’opération.

Tout ça pour quoi ? Pour réduire les émissions d’oxydes d’azote dans l’atmosphère ! Ah bon ? Et le CO2 dans toute cette histoire rocambolesque puisqu’il faut de l’énergie pour fabriquer l’urée à partir de gaz naturel et d’ammoniac, donc une production fatale de CO2 ? Si ce problème a été contourné, en partie seulement, en réutilisant le gaz carbonique issu des fours des installations industrielles, il en résulte tout de même une consommation nette d’énergie évaluée à environ 40 % en poids de CO2 produit par unité de masse d’urée produite. En effet l’autre matière première nécessaire pour la synthèse industrielle de l’urée est l’ammoniac également produit par synthèse à partir de l’azote de l’air avec une consommation d’énergie extravagante ( voir sur ce blog, lien en fin de billet). Dans ces pots d’échappement « catalytiques » l’urée produit du CO2, de l’azote et de l’eau et la boucle est bouclée !

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Au final, l’automobiliste déja matraqué par les taxes sur les carburant va devoir acheter, conformément à la loi européenne, des bidons de solution d’urée pour ne pas polluer l’atmosphère, obligation bientôt légale qui surenchérira de 10 % le coût total du carburant. Il s’agit pour l’instant de la solution aqueuse d’urée « Adblue » dont la commercialisation est presque exclusivement contrôlée par la société Yara International basée à Oslo. L’activité de cette société était originellement la fourniture d’engrais azotés et d’urée comme complément alimentaire dans les élevages de bovins mais elle a trouvé une nouvelle poule aux oeufs d’or avec l’Adblue puisque 1 litre de solution d’urée à la concentration de 32,5 % pour les pots catalytiques coûte environ 2 euros. En estimant la consommation annuelle d’Adblue pour un véhicule diesel de tourisme à une trentaine de litres par an faites le calcul …

Voilà combien finit par coûter la protection de l’environnement et du climat et ce n’est pas encore terminé pour votre porte-monnaie. La directive européenne dite Euro6d applicable progressivement dès le 1er septembre 2017 et qui devra être généralisée à tous les véhicules diesel, quelle que soit la puissance du moteur, dès le 1er septembre 2020 va évidemment porter un coût sérieux aux constructeurs automobiles qui doivent dès à présent équiper les véhicules du système d’injection de l’urée dans les pots d’échappement et qui vont assister à une chute des ventes de véhicules diesel légers (voitures de tourisme : voir illustration, Wikipedia) car les associations de consommateurs conseillent vivement aux candidats à l’achat d’une voiture « diesel » de reporter leur décision … ou d’acheter un véhicule utilisant du gaz de pétrole liquéfié (GPL) qui ne génère ni poussières ni oxydes d’azote.

Sources : diverses. Note : la production mondiale d’urée est d’environ 190 millions de tonnes par an. Illustrations : bouchons de remplissage d’une voiture diesel de marque allemande, et 1 = réservoir d’urée, 2 = canalisation, 3 =calculateur, 4 = injecteur, 5 = pot catalytique. Et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/02/16/un-tout-petit-pas-vers-la-production-bio-dammoniac/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/10/08/crise-climatique-apres-la-taxe-carbone-la-taxe-azote/

Demain mercredi et le jour suivant je serai déconnecté : pas de billets.