Le Pape veut béatifier Blaise Pascal !

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Comme Mozart et Schubert, deux génies de la musique, Blaise Pascal mourut à 39 ans et il fut aussi un génie autodidacte dans le domaine de la physique et des mathématiques. À 19 ans il inventa la machine à calculer (illustration : la « pascaline ») après avoir revisité les notions de vide et de pression qu’avait ébauché Torricelli et ayant papillonné dans de nombreux autres domaines des mathématiques comme par exemple la géométrie projective qui fut reprise au même moment par un autre illustre mathématicien français, Pierre Fermat, un ami de Pascal, pour établir les principes de base des calculs de probabilité. Pascal, Blaise de son prénom, fut également durant cette période d’une intense créativité intellectuelle un talentueux trousseur de jupons. Sa soeur le convertit au jansénisme en 1594 (lire ci-dessous) et ce fut alors une errance philosophico-religieuse d’écrivain plutôt polémiste qui mit à mal les Jésuites dans son pamphlet « Les Provinciales » . Ce dont je me souviens de manière la plus vivante de l’oeuvre de Pascal est son petit livre intitulé « Les Pensées » publié à titre posthume, un petit chef-d’oeuvre inégalé de philosophie encore plus sublime que les Pensées de Marc-Aurèle. Mais avant sa mort Pascal ne quitta jamais sa passion pour les mathématiques. Il explora par exemple par le calcul les courbes appelées cycloïdes …

Après ce très bref résumé de sa biographie, on ne peut pas dire pour quelles raisons le Pape déciderait de béatifier Pascal. Cette décision surréaliste – Pascal fut un inlassable pourfendeur épistolaire des Jésuites – repose sur l’unique fait que le 23 novembre 1654, entre 22h30 et minuit et demi il entendit des voix, eut des visions et la foi lui fut révélée. Il décida de s’infliger une retraite mystique au couvent janséniste de Port-Royal. L’histoire ne dit pas s’il continua à laisser libre cours à son attirance pour la gent féminine, il est raisonnable d’en douter. Donc, le Pape, comme pour les deux bergères de Fatima dont il fit récemment des « saintes », a décidé de simplement le béatifier. C’est tout simplement déshonorant pour la mémoire de cet Auvergnat Ô combien illustre.

Source biographique et illustration : Wikipedia. Un prochain billet de ce blog sera consacré aux personnes qui « entendent des voix ».

Le Pape Francisco, un terroriste (sexuel) d’un nouveau genre …

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J’ai passé 6 années en pension « chez les curés » comme on disait à l’époque, un de ces pensionnats réputés pour leurs résultats au baccalauréat. La vie y était difficile et pour situer celle-ci, de mémoire, on nous servait pour le petit-déjeuner du gruau et le soir un potage de tapioca agrémenté de quelques filaments de viande. Il y avait les heures d’éducation religieuse (et les messes programmées ou de punition) mais pour les autres disciplines on ne pouvait pas se plaindre car les professeurs étaient conscients de leur mission non pas religieuse mais, contrairement à celle des enseignants des écoles d’aujourd’hui, de transmettre une certaine forme de connaissance et d’inciter les élèves à la curiosité, que ce soit pour les versions latines ou grecques ou encore en histoire et en géographie. L’internat, tel que je l’ai connu, était une usine à transmission du savoir et accessoirement un lieu d’éducation. Naturellement cet internat était réservé au garçons. On savait que dans la même ville il existait un internat également religieux réservé aux filles, de jeunes nymphettes de bonne famille que nous avions l’immense privilège de rencontrer deux fois par an lors de compétitions sportives, je n’insiste pas …

Si j’ai introduit dans ce récit la dichotomie entre les écoles pour filles et celles pour garçons, c’était tout simplement pour également introduire le fait qu’à l’adolescence chacun d’entre nous, les internes, car il existait aussi dans cette école des externes, une minorité, nous étions aussi confrontés avec notre sexualité naissante. Et dans cet univers clos et misogyne les seules femelles présentes étaient des nonnes bedonnantes d’origine polonaise, entre deux âges, si tant est qu’on pouvait leur donner un âge, qui nous servaient avec de grandes louches en fer blanc ces potages infects trois fois par jour. Nous spéculions au sujet de leurs vertus car elles arboraient d’opulentes poitrines et de larges hanches qui n’avaient certainement pas passé inaperçues aux yeux de tous les curés et autres vicaires qui sillonnaient la totalité du territoire de l’internat, y compris les dortoirs.

Comme j’étais un bon élève, en latin, en grec, en français et en physique-chimie mais aussi en histégé, je m’étais attiré les faveurs, sans aucune préméditation de ma part, du curé ou plutôt vicaire car il n’avait pas encore fait les voeux auprès de l’évêque consistant à abandonner toute initiative charnelle et délictuelle de quelque sorte que ce soit. Bref, il m’invitait (avec quelques autres élèves choisis selon ses goûts) à fumer une cigarette et boire un verre de vin dans sa chambrée d’où il était supposé surveiller tout le dortoir où nous dormions près d’une centaine d’entre nous, alignés, avec comme seul territoire privé un placard dans lequel nous gardions nos quelques effets personnels. Le « pion » en soutane était supposé faire respecter le silence après l’extinction des feux et les quelques privilégiés qu’il avait choisi selon son humeur pouvaient fumer une ou deux « gauloises » à condition que nous acceptions de nous asseoir à tour de rôle sur ses genoux, une sorte de geste d’amitié en écoutant des chansons de Brassens sur son petit tourne-disque Teppaz.

Je garde le souvenir très précis du sexe très dur de ce dégénéré tentant de s’insinuer au travers de sa soutane entre mes fesses d’adolescent à peine pubère, un dérisoire plaisir contre une cigarette gauloise. Voilà ce à quoi étaient confrontés ces hommes à qui la loi de l’église a interdit le plaisir de la chair, à se contenter misérablement avec des adolescents naïfs bien qu’ayant déjà découvert pour la plupart les délices de la masturbation. Quelques élèves internes avouaient avoir passé le cap des attouchements et consenti, contre quelques privilèges substantiels, à procéder à une fellation dans les règles de l’art du curé en charge de la discipline ou des cours de latin …

Tout cela se passait au début des années soixante. La situation a-t-elle fondamentalement changé depuis ? Pas vraiment, il faut l’avouer, et le Vatican aura beau tergiverser cette situation ne changera pas à moins que le pape décide que dorénavant les curés peuvent convoler en justes noces avec la femme de leur choix, y compris une nonne, et qu’ils cessent de se contenter avec des adolescents ignorants des choses du sexe comme je l’étais à 12-13 ans.

Le pape Francisco et son prédécesseur ont mis en place des sessions de formation des prélats de quelque grade que de soit pour atteindre la tolérance « zéro » au sujet des dérives sexuelles concernant les adolescents. Selon mes souvenirs j’appellerais ces dites dérives du harcèlement sexuel caractérisé pouvant éventuellement aboutir in fine au viol pur et simple contre un pot de confiture ou un quelconque privilège comme par exemple rester douillettement dans son lit et ne pas assister à la messe de 7 heures du matin, c’est vrai, je ne l’ai pas vécu personnellement, mais des potes de ma classe d’alors se sont laissés manipuler !

Soixante années plus tard, la situation n’a pas changé, le pape, cette espèce exécrable de démagogue qui n’a rien à faire à la tête de la chrétienté, a décidé qu’il y aurait désormais une journée de prière mondiale pour toutes les personnes (entendez les adolescents naïfs comme je l’étais à 13 ans) qui ont été (et qui seront encore) sexuellement abusées par les curés, les diacres, les évêques et pourquoi pas les cardinaux.

C’est quoi cette religion catholique qui prétend incarner les valeurs morales universelles ? Les évêques ne sont dorénavant plus contraints de rapporter au Vatican les abus sexuels perpétrés par leurs administrés, ce sera l’affaire des diocèses, comme si la fornication entre ces représentants de l’Eglise et des ados plus ou moins consentants était devenue une pratique tolérée par Rome. De qui le pape se moque-t-il ? C’est un véritable scandale que j’ose ici dénoncer, fort de mon expérience passée d’adolescent et également fort de ma liberté d’expression de blogueur assujetti à nulle pression financière d’aucun de mes lecteurs !

Inspiré de mon expérience personnelle ravivée par un article paru dans le Guardian. Illustration : The Guardian

Quand le pape se mêle de climat ça fait nerveux les écolo-malthusiens

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Le pape a récupéré l’Eglise de Scientologie Climatique à son profit parce qu’après tout le mouvement des planètes a été une préoccupation première de l’Eglise de Rome pendant des siècles. De là à s’approprier la « crise » climatique, ce sont les propres termes du pape dans sa récente encyclique, il n’y avait donc qu’un tout petit pas à franchir et c’est maintenant chose faite. Cette « crise » climatique est devenue une préoccupation centrale du Vatican. Mais il y a un gros problème pour les activistes pseudo-scientifiques, ces 97,5 % de « savants » qui n’admettent plus que qui que ce soit les contredise au sujet de la crise climatique, un peu, beaucoup, comme du temps de l’Inquisition. Le pape est passé à côté de la préoccupation essentielle : une nécessaire limitation autoritaire des naissances, la seule solution décente et envisageable dans l’urgence pour ne pas tous griller comme des toasts à brève échéance (dixit Christine Lagarde à Davos).

Quand on parle de cul, de capotes anglaises, de pilules ou d’avortement le Vatican s’énerve, s’émeut, devient nerveux et répand de l’eau bénite (à défaut de sperme) et des bénédictions pour calmer les esprits. Pas question de limiter les naissances, c’est écrit dans les Évangiles « copulez et multipliez pour la plus grande gloire de dieu » !

La récente encyclique ne s’adresse pas seulement aux catholiques mais à tous les peuples de la Terre et c’est là la grande différence, du jamais vu, qui énerve les climatologues politiques. Qu’est-ce que le pape est allé faire dans les affaires de l’IPCC ? Il s’agit pour beaucoup d’une résurgence de l’obscurantisme qui a caractérisé l’Église catholique pendant presque deux millénaires. De quel droit le pape se permet-il de donner des leçons de morale et de bonne conduite non seulement aux adeptes de la crise climatique mais également aux sceptiques !

Pour les alarmistes, la situation est limpide comme le dit clairement Paul Ehrlich du Stanford Woods Institute for Environment dans un commentaire paru ce 24 septembre dans le journal Nature Climate Change (voir le lien), journal scientifique à propos duquel j’ai déjà dit beaucoup de bien dans ce blog : « C’est clair comme du cristal. Quiconque est préoccupé par l’état de la planète et l’économie globale ne peut éviter de mentionner la population ». On est désormais informé, pour cet activiste malthusien de longue date qu’est Ehrlich – il avait mis en garde le gouvernement américain à propos des dangers de la surpopulation planétaire il y a plus de 50 ans – le pape a commis une erreur fondamentale (qui le damnerait jusqu’à la fin des temps) en ne mentionnant aucunement la nécessité pour maitriser la crise climatique d’établir à l’échelle mondiale un contrôle strict des naissances.

Selon les Nations-Unies, encore le « machin », la population atteindrait 9,7 milliards d’individus en 2050. Cette estimation n’est issue que d’un modèle (comme pour le climat) mais pour les scientifiques main-stream de la crise climatique, avec la « crise » de la surpopulation conjuguées, ce sera un cocktail assurément explosif. Il faut donc que le Vatican revoie sa copie et autorise – et même encourage – pour le bien de la planète le contrôle des naissances au risque de perdre toute crédibilité.

On est donc maintenant au fait des agissements des écologistes, ils ne se voilent même plus la face, ils ont abandonné toute pudeur et tout respect pour les trois cinquièmes de l’humanité alors que le pape mentionnait dans son encyclique qu’il ne fallait pas oublier les pauvres de ce monde. Au final le pape a frappé un coup dans l’eau et c’est tant mieux pour les écolo-malthusiens : l’Eglise Catholique n’a rien à voir avec le climat, à chacun son truc …

Illustration et lien Nature : http://www.nature.com/articles/nclimate2799.epd

Note : l’illustration est naturellement un des effets néfastes du changement climatique, ça s’appelle ici du « cherry-picking » caractérisé de photo choc. La science climatique c’est aussi ça …

Le Démon est toujours parmi nous !

 

Le Pape s’est déclaré opposé au créationisme. C’est une bonne nouvelle en soi. Il est vrai que la démarche du Vatican de nier le créationisme relève d’une pure logique scientifique qui finalement admet l’hypothèse darwinienne de l’évolution maintenant largement confirmée par des milliers d’études sur l’ADN. L’ensemble du monde vivant évolue, que ce soient les animaux y compris l’homme, les plantes, les insectes ou les microorganismes. Le monde tel qu’on le connait n’a pas été figé une fois pour toutes à sa création par un être suprême tel qu’il est dit dans la Bible. Il aura fallu plusieurs milliards d’années pour qu’apparaissent les premiers êtres organisés puis en quelques centaines de millions d’années l’explosion du monde des vertébrés a finalement conduit à l’homme. On retrouve des gènes chez l’homme qui sont présents dans les levures, on ne peut donc pas nier l’évolution sur la base des écrits de la Bible relatifs à la création du monde. Le Pape a donc pris position et réfuté d’un revers de main cette pseudo-science pour le moins obscurantiste.

Par contre et c’est un peu surprenant, le même Pape, faisant preuve de clairvoyance scientifique d’un côté, retombe dans les pires aspects de la religion en accueillant à Rome, à l’occasion de la fête des morts le Congrès des exorcistes et l’Eglise catholique en compte pas moins de 300 dûment reconnus pour leurs pouvoirs presque surnaturels d’engager le combat contre le Démon.

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Ça me rappelle cet excellent film de Mikael Håfström, Le Rite (2011), avec l’immense Anthony Hopkins qui, tout curé qu’il est au Vatican dans ce film, exorcise les possédés du démon dans des mises en scène tellement réalistes qu’on croit être soi-même possédé. Dans son rôle, c’est un spécialiste en la matière et il « éduque » un jeune américain à la pratique complexe de l’extirpation du démon qui a pris possession d’êtres humains un peu fragiles psychologiquement. Pour l’Eglise être exorciste n’est pas un travail d’amateur. Et pour cause ! Il existe une association internationale des exorcistes reconnue d’ « utilité religieuse » pas plus tard qu’en juin dernier par la très sérieuse et très honorable Congrégation pour le Clergé dont le siège est au Vatican. Les « bonnes pratiques » de l’exorcisme ont été précisément définies et elles font la part entre la possession par le démon et une banale maladie mentale.

Si vous croyez rêver en lisant ces lignes, pincez-vous car c’est vrai ! L’article 1172 ou plutôt le « Canon » 1172 de la Loi Canon définit très précisément l’exorcisme. Pour exercer ce métier un peu (très) spécial il faut être reconnu apte par le Vatican. À Rome le Père Vicenzo Taraborelli « consulte » tous les matins, sauf le jeudi, sur simple appel téléphonique. Bien qu’âgé de 76 ans ce vénérable exorciste sévissant depuis plus de 50 ans effectue parfois une centaine d’interventions par semaine et il peut se glorifier devant les anges d’avoir formé durant sa carrière plusieurs centaines d’exorcistes car le mal ne fait qu’empirer. Pour le Vatican, l’affaiblissement de la foi est propice au démon qui prend possession d’un nombre croissant de personnes qui finissent par perdre la raison à la suite des œuvres incontrôlables du diable.

Malgré toutes les avancées scientifiques récentes concernant la biochimie et le fonctionnement du cerveau, l’exorcisme constitue un aspect spirituel de cette approche qui peut convenir à certains croyants se sentant possédés par le diable. C’est en tous les cas l’argument qu’avancent les très sérieux spécialistes vaticanesques de l’exorcisme. Le rite de l’exorcisme est parfaitement codifié par l’Eglise catholique, ce n’est pas du cinéma mais bien la réalité. Après une brève confession personnelle pour se purifier l’âme l’exorciste arrose le possédé d’eau bénite et récite des prières variées puis se met carrément à insulter le diable en lui demandant instamment de quitter l’âme qu’il a possédé. C’est écrit là : http://www.catholic.org/prayers/prayer.php?p=683 . À la fin du rite le possédé guéri, donc délivré du démon, est prié d’assister à la messe chaque jour pendant au moins une semaine, en quelque sorte une convalescence.

Conclusion, pour le Pape qui fait pourtant preuve d’une certaine ouverture d’esprit, le démon est toujours parmi nous et beaucoup plus présent qu’on a tendance à le croire … Mais au fait c’est qui, c’est quoi, qui c’est celui-là ? Il est probablement très difficile pour un esprit rationnel d’obtenir une réponse satisfaisante de la part du Vatican.

Source : The Daily Beast