Retour sur l’autisme : origine virale confirmée

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La campagne de dénigrement infondée contre la vaccination est toujours d’actualité et il ne se passe pas une semaine sans que les antivaxxers hurlent d’horreur et en profitent pour organiser des class-actions à l’encontre des fabricants de vaccins car leur enfant souffre de troubles du comportement apparentés à l’autisme (autism spectrum disorder ou ASD). Ça se passe naturellement aux USA, un pays qui n’hésite pas à trainer en justice des banques étrangères parce qu’elle ont eu la maladresse de réaliser un business en dollars US non conforme aux intérêts du pays. Les Etats-Unis sont en effet le pays du monde le plus judiciarisé et poursuivre les fabricants de vaccins est un business comme un autre, as usual.

En ce qui concerne l’autisme, le corps médical et les biologistes ont maintenant rassemblé des évidences indéniables : l’autisme est favorisé sinon provoqué par de légères malformations du cortex cérébral en particulier au niveau de l’aire de Broca. Les causes de ces malformations restent largement inconnues. Les mouvements anti-vaccin refusent de se rendre à l’évidence et accusent les fabricants de vaccins d’inclure dans la formulation de leurs produits de l’hydroxyde d’aluminium ou d’autres adjuvants qui provoquent l’autisme.

Une étude réalisée conjointement par l’Université Columbia à New-York et l’Université d’Oslo et publiée il y a quelques jours dans la revue mSphere (voir le doi, en accès libre) démonte en grande partie les arguments des mouvements anti-vaccins.

La prévalence de l’ASD est de l’ordre de 1 à 2 % et atteint plus de garçons que de filles. Entre 1999 et 2008 l’organisation norvégienne de la santé a suivi médicalement 114000 enfants et leurs parents, 95244 mères et 75500 pères et détecté 412 mères ayant mis au monde un enfant souffrant d’ASD dont les échantillons sanguins prélevés en cours et à l’issue de grossesse avaient été conservés. Les contrôles étaient un lot de 463 mères ayant mis au monde durant la même période un enfant ne présentant aucun symptôme d’ASD.

L’étude des anticorps présents dans les échantillon sanguins a montré sans ambiguïté que l’autisme était systématiquement lié à la présence durant la grossesse d’un taux élevé d’anticorps dirigés contre le virus de l’herpès (HSV-2) et dans une bien moindre mesure d’anticorps dirigés contre le cytomégalovirus (CMV). La recherche d’anticorps a également inclus la toxoplasmose, la rubéole et l’herpès de type 1 qui affecte la bouche alors que le type 2 affecte l’appareil génito-urinaire.

Ce résultat rend perplexe dans la mesure où une femme sur 5 en âge de procréer est porteuse du virus HSV-2. Les biologistes considèrent donc que si la présence du virus au cours de la grossesse détectée par les taux élevés d’anticorps est incontestablement un facteur aggravant conduisant à l’apparition d’ASD, il doit exister un autre paramètres favorisant l’autisme chez l’enfant. Les recherches s’orientent donc vers l’élucidation de la production de cytokines et d’anticorps maternels traversant la barrière placentaire lors de la réaction immunitaire dirigées contre le HSV-2 en cours de grossesse. Il s’agirait donc alors du facteur génétique suspecté depuis longtemps.

Ces travaux confirment donc que la cause de l’ASD est prénatale et qu’en aucun cas les vaccins sont à incriminer comme le prétend la rumeur. D’ailleurs la société GSK réalise actuellement des essais en phase III pour le développement d’un vaccin conte le HSV-2. Le débat sur l’origine de l’autisme sera donc clos.

Source : mSphere, doi : 10.1128/mSphere.00016-17 en accès libre, illustration : herpes simplex virus

En France, l’imbécillité n’a pas de limites.

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Les Français, encore une fois, se distinguent par leur indigence intellectuelle en ce qui concerne la santé en général. Après l’odieux scandale de la reconnaissance d’une personne sensible aux ondes électromagnétiques, une première mondiale dans le registre du ridicule, c’est maintenant avec la peur des vaccins que s’illustrent les habitants de l’Hexagone.

Une étude réalisée par le Docteur en anthropologie Heidi Larson de l’école londonienne d’hygiène et de médecine tropicale montre clairement que les Français s’illustrent encore une fois dans la bêtise mêlée d’ignorance. Dans le pays de Louis Pasteur et de Claude Bernard les vaccins sont considérés comme dangereux par 41 % de la population. Au Bangladesh seulement 0,2 % de la population pense comme ces 41 % d’idiots manipulés par des groupes de pression dont je tairai le nom et une presse subventionnée (ou non) qui raconte n’importe quoi.

Les Français, dont l’emblème de leur pays est un coq, le seul animal suffisamment stupide pour être capable de continuer à chanter en pataugeant dans sa propre merde, pensent que le vaccin protégeant efficacement maintenant contre l’hépatite B provoque la sclérose en plaque et que le vaccin contre le virus du papillome a de nombreux effets secondaires comme la fatigue des jeunes filles qui ont été soumises à ce dernier.

Il est vrai que les Français gardent un mauvais souvenir des errances d’une ancienne ministre de la santé dont la totale incapacité intellectuelle a conduit le gouvernement français à dépenser une fortune en doses de vaccin contre le virus de la grippe H1N1 sur le dos des contribuables, doses qui ont finalement été détruites. Mais sous prétexte que l’un des adjuvants majeurs des vaccins est de l’hydroxyde d’aluminium, l’argument était tellement tentant qu’une espèce de légende a relié l’aluminium à la sclérose en plaque et à la maladie d’Alzheimer … En France on n’est pas à l’abri des inepties de ce genre.

On peut comprendre que les habitants de la Mongolie, pays à majorité bouddhiste, soient opposés aux vaccins pour des raisons religieuses, ce qui est également le cas de l’Iran, mais quel argument « religieux » les Français évoquent-ils ? Les Français sont tout simplement pourris par l’activisme incessant des écologistes … Et s’il ne s’agissait que des vaccins ce serait encore un moindre mal, non pas pour la santé, mais parce que ces exécrables individus vont aussi précipiter le pays dans un désastre économique et social irréversible.

Source : Sciencemag.org et aussi : doi : 10.1016/j.ebiom.2016.08.048 et sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/08/27/londophobie-officialisee-par-la-justice-francaise/

Des OGMs au climat en passant par les vaccins …

Des OGMs au climat en passant par les vaccins …

Un climat d’inquisition et de chasse aux sorcières se met progressivement en place aux USA pour tenter de réduire au silence tous les dissidents à la cause écologiste. L’organisation US Right To Know, (USRTK) qui peut se traduire en français par « nous avons le droit de savoir » bien que cette interprétation soit de mon cru et j’en prends la pleine responsabilité, a pris le taureau par les cornes en assignant devant les tribunaux l’ensemble du Département de Biotechnologie de l’Université de Californie à Davis (voir le lien) sous couvert de la loi de liberté de l’information (Freedom of Information Act) afin d’avoir accès aux dossiers d’une dizaine d’universitaires de haut rang pour prouver qu’ils ont des liens avec la firme Monsanto dans le cadre de leurs programmes de recherche liés aux plantes génétiquement modifiées. Le but on ne peut plus évident d’USRTK est de prouver sur la place publique que ces chercheurs de très haut niveau travaillent main dans la main avec l’industrie et qu’il est impératif de discréditer leur travail et leur réputation.

Le Guardian avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2015 à ce sujet en dénonçant (voir le lien) les agissements obscurs de ce groupe de lobbying qui amalgame les OGMs, le climat et les vaccins … sous le prétexte que le droit de savoir (Freedom of Information Act) l’autorise à ordonner des investigations judiciaires dans le seul but de discréditer des institutions académiques de réputation mondiale. L’UC Davis est en effet l’Université leader mondial dans le domaine de la biologie végétale et pas seulement en ce qui concerne les plantes génétiquement modifiées.

La stratégie utilisée au cours des années 1990 pour culpabiliser et rançonner au passage l’industrie du tabac est utilisée maintenant d’une manière encore plus agressive contre des universitaires honnêtes et intègres sous prétexte qu’ils développent des OGMs dans le cadre d’une collaboration avec l’industrie privée, en l’occurence Monsanto.

Si on entre dans le détail de cette opération de chasse aux sorcières USRTK est financé en grande partie par des consommateurs gogos membres d’une autre espèce de secte, l’OCA (Organic Consumers Association) qui prône l’alimentation « vegan » pour préserver le climat et des traitements naturels contre le virus Zika. USRTK prêche également ouvertement contre la dangerosité des vaccins qui, selon ses « experts » provoque l’apparition de l’autisme chez les enfants. Pour les adeptes de ces sectes extravagantes – et il en existe en Europe, y compris en France et en Belgique – la grippe peut parfaitement être traitée par l’homéopathie ! Ben voyons …

La Fondation Westreich (voir le lien), également sponsor d’USRTK, amalgame tout et n’importe quoi pour semer le doute au sujet de la science et de la médecine sans jamais apporter de preuves scientifiquement reconnues des allégations formulées dans sa propagande. On baigne donc, du moins aux USA, dans le mensonge institutionnalisé et reconnu par les lois. Et ce ne sont pas seulement les OGMs, le climat, le CO2 ou les vaccins qui sont concernés mais aussi le vol MH17, les gaz utilisés par Assad, les armes de destruction massive de Saddam Hussein et le bellicisme de Poutine. Ce ne sont plus des faits tangibles qui orientent la politique et l’économie de ce pays mais le mensonge organisé à tous les niveaux sociétaux. Triste image d’un pays !

Source : Communication de Mark Lynas

http://www.davisenterprise.com/local-news/ucd/anti-gmo-group-sues-ucd-over-public-records-requests/

https://www.theguardian.com/environment/2015/mar/09/gm-opponents-are-science-deniers

http://thewestreichfoundation.org/

Un nouvel adjuvant pour les vaccins destinés aux très jeunes enfants

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Les opposants à la vaccination dont les arguments sont basés sur des a priori totalement faux vont encore hurler d’effroi en apprenant qu’un nouvel adjuvant a été mis au point pour amplifier la réponse immunitaire au vaccin de la grippe chez les très jeunes enfants. Ces opposants à la vaccination basent en effet leurs arguments sur l’effet délétère de l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant dans les vaccins qui serait tellement dangereux que des milliers de personnes développeraient la maladie d’Alzheimer ou que d’autres milliers d’enfants deviendraient autistes à cause de cet adjuvant (voir le billet sur l’autisme). Jamais une quelconque relation de cause à effet crédible n’a pu être scientifiquement établie. Sur des milliards de vaccins administrés les « incidents » ayant été prétendument liés à ces derniers sont indiscernables de ce que l’on appelle le bruit de fond statistique. À coup sûr les opposants à la vaccination vont immédiatement organiser une campagne populaire pour s’opposer à un nouveau vaccin trivalent contre la grippe dont l’adjuvant est du squalène et on verra apparaître dans la presse de caniveau des articles rageurs dénonçant la dangerosité des vaccins.

Le squalène dont le nom dérive de celui des requins (squales) est un produit naturel que nous synthétisons pour la production des stérols et que l’on trouve dans de nombreux aliments et huiles végétales. Il fallait le préciser car on pourrait croire que cet adjuvant est préparé à partir d’ailerons de requin … Bref, le problème se situe au niveau de la réponse immunitaire des très jeunes enfants au vaccin anti-grippe car ils répondent mal à ce vaccin préparé sans ou avec seulement des traces d’adjuvants classiques. Un essai clinique en phase II et en double aveugle englobant 90 enfants âgés de 14 à 24 mois a montré que l’adjuvant à base de squalène était très bien toléré et conduisait à une réponse immunitaire robuste. Il s’agit d’un résultat important car la réponse des très jeunes enfants à la vaccination est parfois très faible car leur système immunitaire n’est pas encore totalement établi. Le vaccin trivalent contre la grippe avec du squalène comme adjuvant est déjà largement utilisé pour les populations d’âges compris entre 6 et 72 ans. La vaccination des très jeunes enfants est considérée comme importante et utile pour prévenir les complications de la grippe qui peuvent être sévères chez ces derniers. Enfin, d’une manière générale la vaccination est un outil de prévention peu coûteux dont l’efficacité et l’innocuité ont été largement prouvées depuis de nombreuses années.

Il est intéressant de rappeler ici la polémique au sujet de la récente épidémie de coqueluche non pas due à un virus mais à une bactérie (Bordetella pertusis) en Floride. Les enfant de moins de trois ans souffrant de coqueluche avaient été normalement vaccinés contre cette affection respiratoire qui peut parfois être mortelle. Or il se trouve que le corps médical s’est souvent plaint du manque d’efficacité du vaccin qui n’atteindrait qu’à peine 45 % d’efficacité. Naturellement il n’en a fallu pas plus pour que les activistes anti-vaccins crient à l’imposture et à la tromperie des laboratoires pharmaceutiques. Peut-être faudrait-il aussi reconsidérer la nature des adjuvants utilisés pour les vaccins administrés aux très jeunes enfants dont le vaccin hepta-valent incluant la coqueluche.

Source : PNAS, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519690113 et The Daily Beast. Illustration : The Daily Beast.

La fièvre anti-vaccins a atteint l’Espagne et se répand en Europe.

Ce sont des prédicateurs, des colporteurs de fausses nouvelles, de faux médecins, des journalistes d’une crasse ignorance qui osent déclarer sans aucune espèce de preuve scientifique à l’appui que la vaccination, c’est mal, c’est contre nature, ça rend malade et qu’il faut donc arrêter au plus vite avec ce délire moderne. Il y a là un retour à l’obscurantisme des alchimistes du fin fond du Moyen-Age et si Pasteur était encore de ce monde il serait désolé de constater que la bêtise humaine a dépassé toutes les limites de l’imaginable.

Tout se passe à Barcelone, donc en Europe et plus aux USA où les antivaxxers ont obtenu le droit de répandre leur idéologie malsaine jusqu’aux plateaux télévisés des chaines câblées réservées aux abonnés branchés. Et comme il s’agit d’un effet de mode s’appuyant sur des faits qui n’ont jamais été prouvés par une quelconque étude scientifique mais qui alimentent la peur, alors ça paie – comme toutes les peurs – et les conséquences sont plutôt catastrophiques. Un enfant de 5 ans est entre la vie et la mort dans un hôpital de Barcelone parce que ses parents ne l’ont pas fait vacciner contre le tri-vaccin diphtérie-tétanos-polio. Ce gamin s’est ramassé une bonne et belle diphtérie que les médecins ont eu du mal à diagnostiquer car on croyait cette maladie éradiquée grâce à la vaccination. Aucun praticien n’avait été en présence de la diphtérie depuis des années. On meurt de cette saloperie, surtout un enfant ! Les parents sont doublement coupables et devraient être emprisonnés sans procès. Non seulement ils ont mis en danger la vie de leur enfant mais aussi celle d’une dizaine d’autres enfants en contact avec leur enfant malade par leur soin, leur négligence et leur idéologie débile.

J’étais déjà persuadé que les Américains filent un très mauvais coton avec leurs médias asservis par des groupes de pression politico-religieux, mais de constater que ce mal se propage aussi en Europe, c’est proprement hallucinant et surtout très inquiétant.

N’importe quel quidam mal ou pas du tout informé va s’engouffrer dans cette idéologie qui consiste à prétendre que toute modification de la nature est mauvaise : les vaccins, la plus grande et la plus significative révolution biomédicale des ces cent et quelques dernières années qui a d’ors et déjà permis de sauver des centaines de millions de vies, modifie la nature humaine. Il y a comme un relent sordide de l’idéologie malthusienne entretenue par des groupes de pression actifs dans d’autres domaines du déni de la science et de la technologie comme l’énergie nucléaire, les pesticides, les OGMs, le CO2 ou encore le climat pour répandre cette peur infondée. Ce sont ces mêmes criminels pourvoyeurs de fausses peurs et de mauvaise science qui favorisent des évènements de ce genre : un enfant entre la vie et la mort parce qu’il se débat contre la bactérie de la diphtérie, et ça se passe à Barcelone.

Fort heureusement les quelques bambins qui ont été en contact avec cet enfant ont été aussi en contact avec la bactérie mais ils n’ont pas développé la maladie car ils étaient vaccinés. Cette seule observation montre à quel point la vaccination est efficace et personne ne peut ni est en droit de le nier sauf ces fous écolos de la dernière heure qui veulent retourner vivre dans des cavernes …

Triste, très triste régression généralisée de la civilisation. Heureusement que la majorité de l’humanité est opposée à ces élucubrations iniques.

Et si le virus H1N1 revenait bientôt ?

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On se souvient qu’en 2009 la grippe porcine H1N1, qui fit 18000 morts dans le monde, une hécatombe toute relative, souleva une polémique en France quand la Ministre de la Santé, une certaine Roselyne Bachelot, commanda un plein wagon de doses de vaccin auprès de ses amis passés, puisqu’elle évolua pendant près de 8 années dans le milieu pharmaceutique, des doses qui furent finalement détruites (?) aux frais du contribuable puisque la supposée pandémie meurtrière s’évapora avant même le temps des moissons. Le conflit d’intérêt ne fut jamais évoqué lors de cet épisode qui restera tout de même gravé dans la mémoire des Français qu’on avait pris encore une fois pour des con-tribuables taillables et corvéables pour les beaux yeux et le porte-monnaie d’une politicienne dénuée de conscience, je ne dirai même pas professionnelle, mais tout simplement d’une conscience supposée en raison de sa charge de Ministre. Bref, passons pour ne pas remuer plus avant de vieux démons qui ont terni la réputation du Premier Ministre d’alors, un certain François, qui n’avait pas jugé réagir fermement. Depuis, cette haute personnalité du monde politique, passée en son temps à l’écologie, c’est tout dire, s’est reconvertie dans d’obscures émissions télévisées dites « de réalité » dont la seule utilité est d’augmenter la consommation d’antidépresseurs des téléspectateurs …

Il se trouve qu’un cousin très proche du virus H1N1 vient de faire sa réapparition, rassurez vous tout de suite, pas en France, mais en Inde. Mais où sont passés les vaccins Bachelot ? En fait les spécialistes, dont ne fit jamais partie cette Ministre, considèrent que ce nouvel H1N1 muté pourrait être encore plus virulent et contagieux que sa précédente version. En effet, deux mutations ont été identifiées sur le gène codant pour l’hémagglutinine (H) du H1N1 nouvelle mouture. Rappelons les faits remontant à 2009. Le H1N1 de l’époque concerna surtout les adolescents et les jeunes adultes, un peu comme la grippe espagnole de 1918, ce qui d’ailleurs inquiéta (outre mesure) les autorités sanitaires. Depuis 2009, le virus est considéré comme dormant mis à part quelques cas ici ou là. Mais il a eu tout le temps de muter et de copier ces mutations. Pour le moment on n’est pas trop certain que ces mutations puissent être dangereuses ni que le vaccin mis au point en 2009 soit complètement inutile. La question est donc à nouveau : où sont passées ces dizaines de millions de doses de vaccin anti H1N1 françaises ?

Il y a eu en Inde depuis la fin de l’année 2014 plus de 800 morts attribués à la grippe porcine H1N1 et dans de nombreux cas deux mutations ont été retrouvées et comparées aux quelques 4213 séquences du génome viral H1N1 répertoriées. Il se trouve, et c’est très inquiétant, qu’un certain nombre de patients décédés de cette grippe avaient déjà contracté le même virus H1N1 en 2009. Il semble donc que la souche A/India/6427/2014 présentant ces deux mutations ne soit plus reconnue par le système immunitaire de patients ayant déjà été en contact avec ce virus H1N1 ancienne version … On ne sait plus trop quoi faire pour décider de la composition 2015-2016 du prochain vaccin contre la grippe et c’est là tout le cœur du problème. En effet, pas moins de six mutations nouvelles sont apparues entre 2013 et le début de cette année 2015. Le vaccin de la Miss Bachelot, s’il n’a pas été détruit, est donc devenu inefficace puisqu’il était basé sur la souche A/California/07/2009 devenue obsolète dans les faits.

Heureusement le printemps arrive et l’épidémie de H1N1 n’est peut-être pas pour demain en Europe et en Amérique du Nord mais qu’en sera-t-il l’hiver prochain. Faudra-t-il à nouveau commander cette fois deux wagons de doses plutôt qu’un alors que la vitesse avec laquelle ce virus mute prend aussi de vitesse les laboratoires pharmaceutiques. Grave dilemme, insoluble pour le moment.

Source CellPress : DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.chom.2015.02.019

Vaccins : dans le genre obscurantisme on peut difficilement faire mieux

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Le Sieur Abinanti de l’Assemblée de l’Etat de New-York a déposé le 12 janvier 2015 un « projet de loi » (comme on dit en France) pour interdire l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés dans la production de vaccins (voir le lien) :

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Le texte est sibyllin mais c’est justement cet aspect flou qui est alarmant car un tel texte, s’il est adopté, ouvre toute grande la porte à l’interdiction totale des OGMs tant dans l’industrie pharmaceutique que dans l’industrie agro-alimentaire si ce politicien veut rester droit dans ses bottes et persévérer dans ce sens. Le nombre d’applications industrielles d’organismes génétiquement modifiés est tel qu’il paraît difficile de tout interdire en bloc et d’un coup de baguette magique législative. Juste deux exemples très parlants suffiront à situer l’ampleur du vaste problème que soulève ce dénommé Thomas J. Abinanti, activiste anti-OGM bien connu dans la sphère écolo-conservatrice de la Côte Est des USA. La production d’insuline humaine est aujourd’hui entièrement réalisée avec des bactéries ou de la levure de boulangerie modifiées génétiquement afin d’exprimer l’insuline sous forme d’une seule chaine polypeptidique qui est ensuite traitée à l’aide d’enzymes (également produits par génie génétique) pour finalement obtenir de l’insuline humaine active quasiment indiscernable de l’insuline native. Sans organismes génétiquement modifiés reviendra-t-on à l’insuline de porc pour le traitement du diabète de type 1 avec tous les inconvénients que ce retour en arrière comporterait ? Un autre exemple est la synthèse des produits anticonceptionnels. Cette synthèse, pour deux étapes décisives, fait appel à des enzymes produits par génie génétique car elles sont irréalisables par voie chimique classique. Va-t-on interdire les anticonceptionnels pour cette raison ? Des myriades d’autres exemples peuvent être cités à l’appui du bien-fondé de l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés dans des domaines aussi divers que l’industrie textile ou celle des détergents mais également dans l’industrie alimentaire. Supposons que ce projet de législation soir voté lors de la prochaine session de l’Assemblée de l’Etat de New-York, l’ensemble de l’industrie des vaccins rétrogradera de cinquante ans et certains vaccins importants ne seront même plus disponibles parce qu’il n’existe pas d’autre alternative pour leur production !

Le Sieur Abinanti fait partie de ces politiciens qui parlent et veulent légiférer à propos de faits dont ils ignorent le moindre iota. Il fait partie de cette engeance de démagogues versant dans le populisme pour satisfaire un électorat béat qui les réélira car il s’agit à l’évidence de travailler très précisément sur la peur catalysée par l’ignorance et le politicien est là pour rassurer la populace. C’est pour cette raison qu’Abinanti, qui n’en est pas à son premier coup d’éclat en la matière, a déposé plusieurs projets de loi pour obtenir toutes les informations relatives à l’usage de microorganismes génétiquement modifiés utilisés dans la production de vaccins. Comme si les firmes pharmaceutiques allaient dévoiler leurs petits secrets de fabrication, les brevets industriels ne décrivent en effet jamais totalement un procédé de fabrication, loin s’en faut ! C’est exactement sur ce point que ces politiciens bornés appuient leur argumentation : puisque c’est secret c’est donc dangereux ! C’est à l’évidence sur cette fibre que jouent les opposants au nucléaire civil. Le nucléaire a longtemps été top secret puisque ce sont les militaires qui se sont les premiers accaparés cette technologie pour développer des armements. Le nucléaire civil est resté entaché du secret militaire initial, donc de dangerosité et les politiciens démagogues et populistes, poussés par des organisations toutes aussi ignorantes et infiltrées à tous les niveaux du pouvoir, profitent de ce « marché de la peur » pour entraver tout projet d’expansion du nucléaire civil et de favoriser les moulins à vent.

À propos de l’initiative d’Abinanti le Docteur Paul Offit, chef de la division des maladies infectieuses de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie est clair : « les modifications génétiques sont au cœur de la technologie moderne de production des vaccins ». Un certain nombre de vaccins anti-viraux utilisent encore des virus tués ou dont la virulence a été atténuée mais les conditions de production des virus compliquent singulièrement la tâche pour l’obtention d’un vaccin « propre » présentant le minimum d’effets secondaires indésirables. C’est la raison pour laquelle les industriels ont développé des bactéries ou des levures génétiquement modifiées voire des cellules d’origine humaine (voir le vaccin de Jonas Salk pour la polio) pour s’affranchir de ces problèmes parfois insurmontables de production à grande échelle de protéines virales ou de virus atténués. Abinanti, décidément pas à court d’arguments, définit les OGMs dans un sens très large : « ce sont des organismes qui ont été « altérés » au niveau moléculaire ou cellulaire par des moyens non accessibles dans des conditions naturelles, incluant les techniques d’ADN ou d’ARN recombinants, la fusion cellulaire, la microencapsulation, la macroencapsulation, la délétion ou le doublement de gènes, l’introduction de gènes étrangers et des procédés modifiant la position des gènes … » sic ! Les technologies qui seraient interdites par ce projet de loi sont exactement celles qui permettent aux biologistes de produire des vaccins efficaces, propres et sûrs. Il y a une cinquantaine d’années on arrivait à modifier un virus au niveau de son pouvoir infectieux en le cultivant dans des œufs, des embryons ou des organes d’animaux jusqu’à obtenir à la suite d’essais et d’échecs hasardeux, longs et coûteux, une forme de virus atténué protégeant les gens avec un minimum de risques. Les techniques modernes de la biologie moléculaire ont permis de s’affranchir de l’aspect sale et difficilement contrôlable de cette technologie qui paraît aujourd’hui artisanale de production des vaccins. L’autre immense avantage des techniques modernes de biologie moléculaire est le temps de réponse très rapide devant l’apparition d’un nouveau virus. Sans ces techniques on n’aurait jamais pu obtenir en quelques mois un vaccin contre le virus Ebola ni contre le rotavirus il y a quelques années qui tue encore des milliers d’enfants dans le monde chaque jour. Ce dernier virus responsable de la gastroentérite est maintenant contrôlable à l’aide d’un vaccin qui a été mis au point par la juxtaposition de plusieurs gènes du virus conduisant à la production d’un super-antigène constituant un vaccin très efficace plutôt que d’utiliser le virus « atténué » et à des prix infiniment plus abordables en particulier pour les pays dits « pauvres » …

Voilà dans quel genre de régression dangereuse les politiciens peuvent précipiter toute un population manipulée par des idéologues criminels !

Source : Forbes, illustration rotavirus, lien : http://assembly.state.ny.us/leg/?default_fld=&bn=A01706&term=2015&Summary=Y&Actions=Y&Votes=Y&Text=Y