Histoire de la typhoïde : une maladie maintenant négligée dans les pays occidentaux

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De nouveaux variants génétiques résistants à tous les antibiotiques connus d’une maladie mortelle mais considérée comme « ancienne » – la fièvre typhoïde – traversent les frontières internationales et soulèvent quelques inquiétudes. Des cas ont été répertoriés au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, aux Philippines en Irak mais aussi au Guatemala, au Royaume-Uni, aux USA, en Allemagne et plus récemment en Australie et au Canada. Ces dernières années ces germes résistants ont aussi envahi de nombreux pays africains. En l’absence de statistiques globales et fiables l’extension de la typhoïde résistante aux antibiotiques est probablement beaucoup plus importante qu’on ne le croit.

L’agent de la fièvre typhoïde est une bactérie, Salmonella enterica serovar Typhi, S.typhi pour faire simple, et cette fièvre est mortelle dans 20 % des cas si ceux-ci ne sont pas correctement traités. S. typhi se répand de personne à personne avec l’eau et les aliments qui ont été contaminés par une eau elle-même contaminée par des eaux usées. Par conséquent la fièvre typhoïde est associée à une mauvaise gestion de l’eau et à des pratiques sanitaires défectueuses. L’apparition de souches très difficiles à traiter constitue une perspective particulièrement alarmante. Alors que jamais auparavant on n’a autant voyagé et que le commerce est devenu mondialisé il apparaît inévitable qu’une épidémie locale de typhoïde puisse avoir des répercussions internationales. Les souches de S. typhi multirésistantes isolées en Europe, en Australie et en Amérique du Nord provenaient de personnes qui avaient voyagé, en particulier au Pakistan où une importante épidémie de typhoïde sévit depuis plusieurs années avec 5274 décès dans la Province du Sindh depuis 2016. La souche pakistanaise est résistante à tous les antibiotiques à l’exception de l’azithromycine, un macrolide de la famille de l’érythromycine.

En Grande-Bretagne, compte tenu des liens avec certains pays d’Asie du Sud-est, environ 500 cas de typhoïde difficilement traitable sont répertoriés chaque année. Aux USA, il y a eu récemment au moins 309 cas de typhoïde, 80 % d’entre eux décrits pour des personnes ayant voyagé dans les jours précédents. En Allemagne, 56 cas ont été comptabilisés en 2018, pratiquement tous associés à des personnes ayant voyagé.

Le retour de la typhoïde constitue un véritable choc pour l’organisation des systèmes de santé des pays occidentaux riches. Entre la fin du XIXe siècle et les années 1950, l’amélioration des conditions sanitaires, la vaccination et les antibiotiques ont pratiquement éliminé cette maladie de la plupart des pays dits riches. Après deux générations le retour de la typhoïde mortelle dans ces pays est devenu une réalité. Comment en est-on arrivé là ? La réponse n’est pas très plaisante à exposer car elle est liée au fait que l’éradication de cette maladie au siècle dernier (XXe siècle) était considérée comme un acquis alors que le germe de la typhoïde existe toujours et n’a jamais été éradiqué comme ce fut le cas pour la variole et comme la typhoïde était devenue dans les pays riches une maladie « ancienne » les contrôles sanitaires aux frontières devinrent plus laxistes puisque ces pays occidentaux en étaient venus à considérer que cette maladie était une maladie réservée aux pays pauvres et aux analphabètes. Cette négligence est en passe de devenir très coûteuse pour les pays riches. Et pour contrôler cette nouvelle typhoïde multi-résistante aux antibiotiques cela dépend des nouvelles technologies de prévention, de diagnostic et de traitement. Il est tout aussi crucial de ne pas oublier le passé afin d’être capables de maîtriser cette nouvelle typhoïde comme nous avons été capables de le faire par le passé mais sans répéter les erreurs qui ont été accumulées alors.

La typhoïde tuait les pauvres mais aussi les Rois.

Des analyses génomiques et archéologiques ont clairement montré que la typhoïde a toujours circulé dans les populations humaines depuis des millénaires. Si on ne peut pas établir une rétrospective exacte en se référant aux seuls écrits passés, la typhoïde était considérée comme une maladie mystérieuse qui tuait aussi bien les rois et les riches que les pauvres dans le monde entier. La typhoïde était redoutée par les armées en temps de guerre. Durant la deuxième guerre des Boers (1898-1902, lien) l’armée britannique fit état de plus de 8000 morts provoqués par la fièvre typhoïde. En dépit de sa fréquence la cause de la typhoïde et son mode de transmission restaient mystérieux. Beaucoup d’experts considéraient que c’était une maladie de l’ « air malsain » ayant pour origine les denrées pourrissantes et les odeurs d’égouts. De plus il n’y avait pas beaucoup de possibilités d’établir un diagnostic précis permettant d’exclure d’autres cas de fièvres. La notion moderne de la typhoïde en tant que maladie avec des signes cliniques précis, principalement transmise par l’eau et la nourriture ayant une origine bactérienne, n’émergea que progressivement au cours du XIXe siècle après que des pandémies répétées de choléra [maladie distincte de la typhoïde qui ne doit pas non plus être confondue avec le typhus] encouragèrent les spécialistes à se pencher sur les modes de transmission du choléra par l’eau. Ce concept de transmission par l’eau coïncidait dans de nombreux pays occidentaux avec des travaux d’amélioration des infrastructures sanitaires et ceci encouragea des investissements dans le traitement des eaux usées et dans les installations de distribution d’eau potable.

Par exemple dans la ville universitaire anglaise d’ Oxford le spectre de la typhoïde favorisa des interventions radicales sur les infrastructures et les réseaux hydrologiques. Henry Liddell, doyen du Christ Church College, père d’Alice, l’inspiratrice du conte de Lewis Carroll « Alice au pays des merveilles », dont l’épouse avait failli mourir de typhoïde, supervisa personnellement les travaux d’amélioration des réseaux d’eaux usées en enterrant les canaux d’égouts en 1863. Vers 1870 ces travaux, favorisés par des investissements massifs du gouvernement permirent de doter la ville d’Oxford d’un réseau d’égouts modernes, de restaurer toutes les fosses septiques fuyardes, d’interdire tout puisement d’eau dans des puits proches des systèmes d’égout et de construire une station de filtrage de l’eau potable de la ville. Le cas de la ville d’Oxford n’était pas isolé puisqu’au tournant du siècle la majorité des grandes villes européennes et de bien d’autres pays étaient dotées d’infrastructures sanitaires efficaces en ce qui concernait l’eau.

Il apparut très vite, malgré quelques erreurs de parcours, qu’il existait une corrélation claire entre l’amélioration de la qualité de l’eau et le recul de la mortalité due aux maladies transmises par l’eau dont en particulier la typhoïde.

De la prévention à l’éradication.

L’apparition de nouvelles technologies ont ensuite permis d’infléchir l’occurence de ce qui était considéré comme une maladie pouvant être évitée. En 1897, Maisdstone fut la première ville anglaise traitant la totalité de son système d’adduction d’eau potable avec du chlore. La vaccination émergea d’une autre façon pour protéger les populations sans infrastructure sanitaire. Imaginée par des biologistes anglais et allemands en 1896, les premiers vaccins contre la typhoïde étaient fabriqués avec des bacilles tués par la chaleur et comptèrent parmi les premiers vaccins anti-bactériens. Durant la seconde guerre des Boers les troupes britanniques « quittant la civilisation » pouvaient choisir de se faire vacciner. Cette première expérimentation de vaccination avec des bacilles inactivés fut marquée par des problèmes de qualité du vaccin et d’effets secondaires qui rendaient la vaccination particulièrement difficile à supporter. Cependant avant la première guerre mondiale toutes les grandes puissances utilisaient des vaccins améliorés pour protéger les troupes et les voyageurs.

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Le nouveau statut de la typhoïde comme maladie pouvant être évitée fut célébré comme étant une grande réussite de la « science occidentale rationnelle ». L’idée d’une éradication émergea également ce qui stimula la nouvelle profession qu’était devenue la bactériologie. Les travaux de recherches montrèrent rapidement que la situation était beaucoup plus complexe qu’on ne l’imaginait. Bien qu’il apparut de plus en plus clairement que le mode de transmission était l’eau et les aliment souillés, le fait que la bactérie pouvait être également transmise via les selles par des porteurs sains durant des années après avoir guéri de la maladie devenait un sujet de préoccupation. Ce concept de « porteurs sains » avancé par le bactériologiste allemand Robert Koch en 1902 réduisit significativement les espoirs d’éradication de la maladie. Comment un porteur sain de la maladie pouvait-il constituer un danger pour les autres ?

L’approche pour cerner ce problème soulevé par Koch suivit en droite ligne les valeurs socio-culturelles de l’époque. Alors que toutes les personnes suspectées d’être des « porteur sains » de la maladie furent contraintes de rester dans leur communauté si elles s’astreignaient à des précautions d’hygiène (comme par exemple de ne travailler ni dans la production d’aliments ni dans le traitement ou le transport de l’eau potable) certaines personnes furent isolées par la force. Décider de qui pouvait inspirer confiance ou devait être isolé ne relevait plus de la neutralité stricte et refléta rapidement les préoccupations du moment, à savoir l’immigration, le racisme, le chauvinisme, les normes sexuelles et le militarisme naissant. Par exemple en Allemagne les bactériologistes tentèrent de nettoyer les zones de déploiement militaire identifiées comme devant être empruntées pour envahir la France en testant les communautés, en établissant des listes de porteurs sains et en plaçant certaines personnes en isolement dès 1904. Les populations habitant dans le centre du Reich échappèrent à ces contraintes mais les autorités militaires nourrissaient quelques scrupules en ce qui concernait la mise en place de ces mesures dans les zones jouxtant la frontière française sous un prétexte strictement militaire. Pendant toute la première guerre mondiale les soldats allemands étaient examinés en routine et les porteurs sains potentiels issus de région où des épidémies de typhoïde avaient eu lieu par le passé ne pouvaient pas être enrôlés dans l’armée. Encore une fois personne n’était traité sur le même plan d’égalité comme certaines population d’origine juive de l’est du Reich régulièrement accusées d’être des porteurs sains susceptibles de répandre la maladie.

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Aux USA Mary Mallon, une immigrante irlandaise surnommée plus tard « Typhoid Mary », devint la porteuse saine la plus connue après avoir infecté les familles pour lesquelles elle faisait la cuisine. Elle fut placée en quarantaine entre 1907 et 1910 et à nouveau internée de 1915 jusqu’à sa mort en 1936 après avoir enfreint les conditions de sa remise en liberté en exerçant à nouveau le métier de cuisinière sous un nom d’emprunt (illustration datant de 1909). Les autorités britanniques quant à elles enfermèrent en majorité des « porteuses saines » présumées sous le prétexte qu’elles n’étaient pas saines d’esprit car elles ne comprenaient pas pourquoi elles étaient obligées de se soumettre à des mesures sanitaires strictes. Beaucoup d’entre elles furent isolées dans l’asile de fous Long Grove situé à Epsom entre 1907 et jusqu’en 1992. Depuis cette date de sérieux doutes au sujet de la réelle folie de ces femmes émergea dans l’opinion.

Le déclin de la maladie s’accentua par la suite et les cas de porteurs sains mis en isolement ne firent plus que très rarement la une des journaux. À la fin de la seconde guerre mondiale les espoirs d’éradication de la maladie s’amplifièrent comme en Europe et en Amérique du Nord avec des installations d’épuration des eaux usées fonctionnant bien, la chloration de l’eau, la surveillance scrupuleuse des cas de typhoïde et du devenir des porteurs sains, avec la vaccination et l’arrivée des thérapies antibiotiques efficaces pour les victimes de la maladie (chloromycétine en 1948) et les porteurs sains (ampicilline en 1961) cette maladie devint progressivement une menace négligeable. Bien que des cas de typhoïde furent constatés comme par exemple sur des gros bateaux de croisière, dans des stations balnéaires et accessoirement dans des villes focalisèrent l’opinion publique car cette maladie devint de plus en plus une maladie du passé, héroïquement vaincue par les actions sanitaires de grande ampleur et les progrès de la médecine. Il n’y avait donc pas vraiment de raisons de se soucier d’une réemergeancee de cette maladie en faisant entièrement confiance à la science oeuvrant pour son éradication définitive.

Une division infectieuse.

En réalité cette confiance aveugle était une erreur. Si la typhoïde avait pratiquement disparu des pays riches elle restait endémique dans la plupart des autres pays du monde. Durant la deuxième partie du XXe siècle, la division infectieuse fut renforcée par une relative désinvolture des campagnes d’éradication de la maladie. Il aurait fallu des investissements de grande ampleur pour procurer aux « pays du sud » une source sure d’eau propre et potable, pour organiser des usines de retraitement des eaux usées et la mise en place de structures médicales appropriées pour, sur une longue période, maîtriser non seulement la typhoïde mais également bien d’autres maladies dans le sud global. Or ces investissements restent non coordonnés et largement insuffisants. Plutôt que de s’occuper de ce problème les pays riches n’ont eu d’autre objectif que de protéger leurs propres populations prioritairement avec la vaccination, les antibiotiques et en mettant en place des régulations de bio-sécurité pour éviter que des voyageurs et des migrants importent la typhoïde. Cette stratégie économiquement rentable sur le court terme s’avérera extrêmement coûteuse sur le long terme. Pendant la guerre froide autant les pays occidentaux que ceux du bloc de l’est aidèrent les « pays du tiers-monde » que ce fussent des aides gouvernementales ou via des organisations non gouvernementales pour maîtriser des maladies très dévastatrices comme la malaria ou la variole, autant la typhoïde fut plutôt délaissée. Et pendant ce temps-là l’accroissement des populations des pays du sud aggrava les problèmes d’accès à une eau de qualité, mais aussi l’accès à la santé et, combinés au retard pris pour développer des structures adaptées pour la santé comme les hôpitaux et les dispensaires, cet ensemble de circonstances fit le lit pour un développement parfait de la typhoïde dans les pays du sud. De plus l’utilisation intensive d’antibiotiques pour juguler les épidémies locales favorisa l’apparition de souches résistantes.

Accroissement continuel des cas de typhoïde.

En 1967, des biologistes en Grèce et en Israël signalèrent l’isolement d’une souche de S.typhi avec résistance au chloramphenicol transmissible à d’autres souches. La même année des experts britanniques analysant des souches de S.typhi provenant du Koweit notèrent une résistance transmissible horizontalement non seulement contre le chloramphenicol mais également contre l’ampicilline et les tétracyclines. Cinq ans plus tard une sérieuse épidémie à Mexico City qui affecta plus de 100000 personnes révéla que la souche était multirésistante mais heureusement encore sensible à l’ampicilline. Des résultats similaires furent signalés par l’Inde et le Vietnam. La réponse des pays occidentaux fut à nouveau un renforcement des contrôles sanitaires des voyageurs et des campagnes de vaccination plutôt que de mettre en place avec les pays concernés des stratégies de grande envergure pour combattre les facteurs déclenchant ces épidémies dans les pays à faible revenu et favorisant l’apparition de nouvelles résistances aux antibiotiques. Les commentaires des pays occidentaux à propos des épidémies mexicaine et indienne furent une trop grande confiance aux antibiotiques pour juguler les épidémies et un usage inapproprié de ces derniers. Rarement les facteurs déclencheurs de ces épidémies furent évoqués, comme l’accès aux soins médicaux, la rareté d’une eau potable de qualité et des systèmes d’évacuation et de traitement des eaux usées adéquats et aussi, ironiquement, que la plupart des antibiotiques avaient été importés des pays occidentaux, les seuls producteurs de ces produits.

À l’évidence la priorité des pays occidentaux, encore une fois, était la bio-sécurité de leurs populations alors que la responsabilité collective mondiale n’était pas de leur ressort. De ce fait les aides financières, médicales et techniques de ces pays occidentaux restèrent limitées en regard des immenses contraintes apparues avec l’urbanisation, conséquence de l’accroissement de la population dans les zones à risque endémique. Et dans le même temps la principale préoccupation des pays occidentaux fut d’éviter « l’importation de souches résistantes étrangères » en consacrant des sommes d’argent conséquentes pour contrôler les frontières, les voyageurs et les migrants aux frontières : culturellement la typhoïde est une maladie réservée aux populations peu civilisées. En réponse à l’épidémie mexicaine les autorités sanitaires américaines ont non seulement renforcé leur contrôle des souches de S.typhi étrangères mais ils ont intensifié leur contrôle des population « hispaniques » locales tout en diabolisant les déplorables habitudes d’ « hygiène hispanique » même s’il n’existe aucune évidence scientifique à ce sujet.

Encore et toujours de la négligence.

Négliger tout effort international pour combattre la typhoïde a perduré au cours des années 1980 et 1990 et fut conforté par de nombreuses lacunes dans le système de surveillance sanitaire mondiale, une multitude de pays « du sud » n’étant pas pris en considération. De plus les décideurs accordaient beaucoup d’espoirs aux nouveaux traitements thérapeutiques. Les instabilités économiques et politiques provoquèrent un retour en arrière des systèmes de santé dans ces pays, par exemple dans les pays de l’ancienne sphère soviétique après la chute de l’URSS et aussi dans les pays en voie de développement dont les économies étaient sous la surveillance de la Banque Mondiale pour implémenter la politique de globalisation de l’économie. Par conséquent tous ces pays, sans services de santé adéquats puisqu’ils traversaient une crise économique parfois durable, n’eurent pas d’autre choix que de trouver des antibiotiques moins coûteux pour contrôler les épidémies. Ce phénomène coïncida avec la désaffection des grands laboratoires pharmaceutiques occidentaux pour la recherche de nouveaux antibiotiques, le retour sur investissements n’étant plus assuré, en d’autres termes les antibiotiques ne sont plus « profitables ». En 1988, une épidémie de typhoïde frappa le Cashmire et la bactérie se révéla être résistance aux trois principaux antibiotiques normalement utilisés. Des observations similaires furent communiquées en provenance de Shanghaï, du Pakistan et du delta du Mékong. Des études génétiques révélèrent qu’une grande partie des résistances était associées à la dispersion d’un haplotype spécifique ayant incorporé un groupe de gènes hérités simultanément. Les souches ayant acquis cet haplotype furent appelées séparément H58, se répandirent et dispersèrent cette résistance (dispersion génétique horizontale à l’aide de plasmides) non seulement contre les vieux antibiotiques de première ligne mais de manière croissante contre les antibiotiques gardés « en réserve » telles que les fluoroquinones et les céphalosporines. À la fin des années 1990 la majorité des souches isolées lors d’une épidémie qui frappa le Tajikistan étaient résistantes aux fluoroquinones puis des résistances sporadiques aux céphalosporines furent signalées au début des années 2000.

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L’épidémie actuelle qui sévit au Pakistan depuis 2016 est due à une souche ultra-résistante qui est un variant de H58 et n’est plus sensible qu’à un seul antibiotique, l’azithromycine. Il suffira d’une seule mutation supplémentaire pour que S.typhi acquiert une résistance totale à tous les antibiotiques connus à ce jour.

Nouvelle génération de vaccins.

Cette histoire discontinue de la typhoïde montre clairement les limites de la politique sanitaire adoptée tant au niveau local que régional ou international quand il s’agit de tenter d’arrêter la progression de la maladie aux frontières d’un Etat. Soit on justifie les actions menées en dehors de toute considération éthique ou de responsabilité collective, soit on met en avant l’intérêt particulier d’un Etat dans son devoir de protéger sa population. L’apparition des multi-résistances aux antibiotiques est une menace globale et elle ne pourra être appréhendée efficacement que dans le cadre d’une action internationale encore plus robuste. Fort heureusement une nouvelle génération de vaccins pourrait aider à circonscrire les épidémies récurrentes de typhoïde dans le monde entier. Le nouveau vaccin Vi conjugué (TCV, voir le lien) mis au point par la fondation Vaccine Alliance (Gavi) a passé avec succès les tests d’autorisation de mise sur le marché. Il s’agit du Typbar-TCV en dose unique autorisé dès l’âge de six mois qui a été récemment licencié en Inde, au Népal, au Cambodge et au Nigeria. D’autres vaccins sont en cours d’étude ou d’homologation. Le vaccin Typbar-TCV a été développé par la compagnie indienne Bharat Biotec et non dans un pays occidental, ce qui constitue une grande différence. Il a été conçu dans un pays frappé par des épidémies récurrentes de typhoïde. Ironie de l’histoire de ce vaccin, il a d’abord été testé sur des enfants en Grande-Bretagne. En 2017, une centaine de volontaires ayant été vaccinés avec ce produit ont bu un grand verre d’eau contaminée avec des S. typhi vivantes pour tester l’efficacité du vaccin. Ça se passait justement à Oxford où eurent lieu quelques années auparavant quelques cas de typhoïde et l’évènement encouragea le gouvernement britannique à préconiser la vaccination contre cette maladie.

On assiste donc à un complet retournement de situation dans la manière d’appréhender ce problème sanitaire. Ce sont les pays concernés qui en bénéficient en premier lieu et non pas l’inverse comme par le passé.

Un problème « bio-social ».

Les nouveaux vaccins sont, certes, prometteurs pour contourner le problème des résistances aux antibiotiques mais la question fondamentale de l’accès des populations à une eau potable de qualité reste pendant dans de nombreux pays. Le risque encouru avec ces nouveaux vaccins est de délaisser encore une fois les investissements nécessaires dans des infrastructures permettant aux populations d’avoir accès à une eau potable de qualité. Si on remonte à l’ « histoire » du combat contre la typhoïde on se rend compte de l’importance de la prise en charge de la lutte pour une eau propre. Elle commence au niveau des villages et des villes comme ce fut le cas jadis à Oxford. Chaque ville ou village devra développer son propre système de production d’eau de qualité. Ce qui manquera malheureusement toujours ce sont les aides financières. La Salmonella typhi s’est remarquablement bien adaptée à nos habitudes de vie et elle porte l’empreinte génétique des interventions humaines pour la combattre. Les combats futurs contre cette bactérie, qu’ils soient de dimension biologique ou sociale, ne pourront qu’être une combinaison raisonnée de l’ensemble de ces deux approches.

Traduction d’un article paru sur le site The Conversation

Illustrations : The Conversation

Liens : http://www.bbc.co.uk/history/british/victorians/boer_wars_01.shtml

https://academic.oup.com/cid/article/69/Supplement_5/S385/5587093

https://www.bbc.com/news/uk-scotland-north-east-orkney-shetland-26957972

https://cmr.asm.org/content/cmr/28/4/901/F5.large.jpg?width=800&height=600&carousel=1

https://www.gavi.org/library/news/press-releases/2017/millions-of-children-set-to-be-protected-against-typhoid-fever/

Branle-bas de combat au CDC (US Center for Disease Control) !

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Après les épidémies de typhus dans les quartiers de banlieues « défavorisées » des grandes villes américaines comme Los Angeles, San Francisco, Baltimore, Detroit et même, Oh l’horreur ! East-Washington DC, sans oublier New-York, il y a maintenant non seulement des foyers affolants d’épidémies de rougeole mais aussi les micro-ondes. Rien ne va plus dans l’Amérique de Jefferson et Jackson, deux esclavagistes notoires et pourtant pères fondateurs de la légendaire démocratie américaine qui doit servir d’exemple au monde entier, c’est à mourir de rire jaune. Le CDC s’alarme aussi au sujet du nombre de décès par overdose d’opioïde plus ou moins frelatés pourtant fabriqués par des laboratoires américains, un comble ! Selon certaines statistiques que l’on peut contester il y aurait plus de 1000 morts par overdose et par semaine aux USA mais je n’ai pas cherché, je l’avoue, de sources statistiques précises car celles-ci sont très difficiles à trouver, omerta gouvernementale oblige …

Je lis les journaux américains et c’est tout simplement alarmant. Le Los Angeles Times a par exemple déploré que la police ramasse chaque jour dans la rue une centaine de jeunes à moitié morts par overdose d’opioïdes. Ce même LA Times a relaté le cas de cancers dans une école primaire mettant en cause un relais de téléphonie mobile mais passant sous silence l’épidémie de rougeole dans un autre comté de l’Etat. Le Washington Post s’est ému pudiquement de l’épidémie de typhus qui sévit à l’est du carré de DC, le District de Columbia coupé en deux par le Potomac.

Un jour alors que je me trouvais à Washington, il y a une trentaine d’année, j’avais une demi-journée à perdre et je décidais d’aller visiter Annapolis, l’une des premières vraies villes crées par les Européens qui fut la capitale de la Confédération pendant à peine une année. Je pris un taxi et pour traverser East-Washington le chauffeur verrouilla les portes de la voiture par crainte d’une agression à un feu rouge. Partant de Georgetown le contraste était tel, entre la richesse et l’opulence, avec tout d’un coup la misère et la mendicité qu’il est hautement vraisemblable qu’aujourd’hui la situation n’a fait que s’aggraver. Et pourquoi ? East-Washington est une zone défiscalisée avec une population tolérée à près de 100 % noire qui se livre à toutes sortes de trafics qui profitent à intelligentsia de « Washington ouest ».

Entrons donc dans le vif du sujet de ce billet. L’épidémie de typhus qui sévit dans de nombreuses grandes villes américaines est alimentée par les dizaines de milliers de sans-abri qui jètent leurs détritus dans les caniveaux, détritus qui alimentent les rats. Ceux-ci, commensaux des hommes depuis la nuit des temps, sont infestés de puces qui transmettent le typhus.

Une autre préoccupation du CDC est l’épidémie de rougeole qui frappe diverses villes depuis le début de l’année 2019 à tel point que les officiels du comté de Rockland dans l’Etat de New-York ont banni les enfants non vaccinés des espaces publics et des écoles à dater du 27 mars 2019 pour une durée de 30 jours afin de juguler l’épidémie particulièrement sérieuse qui a affecté 150 enfants en quelques jours. La très grande majorité des enfants atteints n’étaient pas vaccinés ou n’avait pas leur carnet de vaccination à jour. Pour retourner normalement à l’école tous les enfants devront présenter leur carnet de vaccination et en cas de défaut non justifié par un certificat médical les parents seront automatiquement condamnés à une amende de 500 dollars ou 6 mois de prison s’ils ne peuvent pas payer. Dans les recommandations du CDC les enfants non vaccinés ne pourront être admis à l’école si le taux de vaccination des élèves est inférieur à 95 %, le seuil dit de « protection de groupe ». Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole – maintenant combiné aux oreillons et à la rubéole – plus de 500 enfants mourraient chaque année et plusieurs milliers souffraient de séquelles cérébrales irréversibles. Avant les campagnes anti-vaccins il y avait sur tout le territoire nord-américain moins de 140 cas de rougeole par an …

Le CDC et le National Cancer Institute, s’appuyant sur une large étude épidémiologique réalisée en Europe, ont considéré que les relais de téléphonie mobile ne présentaient aucun danger pour la santé. Les ondes émises par ces relais sont constituées de photons infiniment moins énergétiques que ceux de la lumière visible et ils se dissipent sous forme de chaleur. Dans la ville de Ripon du Comté californien de San Joaquin dont l’industrie est à près de 100 % consacrée à la production d’amandes, l’école primaire Weston accueille sur son terrain un relais de téléphonie mobile (photo) qui lui rapporte 2000 dollars par mois de loyer, de quoi rémunérer un professeur. Il se trouve que 4 élèves ont développé des cancers récemment. Le relais de téléphonie a immédiatement été incriminé sans qu’aucune étude épidémiologique n’ai été sérieusement initiée. Les inspections sanitaires avaient indiqué que les émissions de ce relais étaient en dessous des normes de sécurité. La relation de causalité entre ces cancers et le relais téléphonique n’a pas pu être établie et aucune autre étude relative à d’autres facteurs environnementaux n’a été décidée. Néanmoins les parents d’élèves ont exigé le démontage de ce relais et ont eu finalement gain de cause. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » …

Sources : divers sites et journaux américains, illustration trouvée sur ZeroHedge

Les anti-vaccins s’en donnent à coeur joie : de futurs criminels infanticides !

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« Approfondissements nécessaires » après des recherches sur l’aluminium des vaccins« 

Encore un titre accrocheur de l’AFP précisément à un moment où les Français, comme les Italiens, sont en émoi au sujet de la vaccination obligatoire des enfants en âge pré-scolaire. Ce titre est révélateur de l’indigence intellectuelle des correspondants de l’AFP car ils semblent ignorer que ce n’est pas par hasard que les laboratoires pharmaceutiques utilisent l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant pour certains vaccins. De nombreuses années d’études ont abouti à la mise au point de cet adjuvant infiniment plus simple et mieux contrôlé que les anciens cocktails. L’hydroxyde d’aluminium est présent partout (voir le lien sur ce blog) et quand un enfant se baigne dans une piscine il va inévitablement être en contact avec de l’hydroxyde d’aluminium, l’agent floculant le plus utilisé pour clarifier l’eau des piscines. Va-t-il pour autant souffrir ensuite d’autisme ou de myofasciite à macrophages comme l’indique la dépêche d’agence ci-dessous ?

Il est opportun de faire une petite mise au point au sujet de cette « nouvelle maladie » qui n’est pas si nouvelle que ça puisqu’elle a été décrite pour la première fois en 1993. Les causes de cette pathologie sont encore inconnues et elle est classée parmi les maladies auto-immunes. Ce que l’on en sait se résume en quelques mots : on ne sait rien ! Et suspecter les vaccins dans l’apparition des symptômes de la myofasciite semble être un rapprochement de cause à effet bien rapide dans l’état actuel des connaissances car la majorité des patients souffrant de cette pathologie avaient eu recours quelques jours auparavant à des traitements comportant des stéroïdes (anti-inflammatoires) ou des antibiotiques. Accuser les vaccins est un raccourci qui est injustifiable, mais tous les moyens sont bons pour les activistes « anti-vaccins » pour faire prévaloir leur vision anti-scientifique et criminelle !

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/02/23/histoire-de-vaccins-ou-limbecillite-prend-le-dessus-sur-la-raison/

« Des recherches sur d’éventuels effets neurologiques dus à la présence d’aluminium dans les vaccins nécessitent « des approfondissements », juge le conseil scientifique de l’Agence du médicament, l’ANSM, dans un avis rendu en mars, dévoilé par Le Parisien et dont l’AFP a obtenu copie vendredi.
« Il s’agit d’une recherche très préliminaire fondamentale, essentiellement sur la souris, qui ne change rien à l’analyse bénéfice/risque des vaccins qui contiennent de l’aluminium », a réagi auprès de l’AFP le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin.
« Cela ne remet pas en cause la sécurité des vaccins », a-t-il insisté, en ajoutant que « ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de problème de sécurité qu’il ne faut pas faire de recherche ».
Ces travaux de recherche ont été supervisés par le professeur Romain Gherardi, chef de service à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil).
Il estime de longue date que les particules d’aluminium présentes dans les vaccins pourraient être à l’origine, chez des personnes génétiquement prédisposées, d’une série de symptômes (fatigues extrêmes, douleurs diffuses, troubles cognitifs…) constitutifs d’une nouvelle maladie, la myofasciite à macrophages.
Cette hypothèse est toutefois controversée au sein de la communauté scientifique.
Une étude avait été confiée en 2014 par l’ANSM au professeur Gherardi à la suite d’un mouvement de protestation d’une association de malades, Entraide aux malades de la myofasciite à macrophages (E3M).
Ces travaux ont déjà fait l’objet de trois publications dans des revues scientifiques. Ils s’articulent selon deux axes.
D’abord, étudier la persistance dans l’organisme et les effets neurologiques de l’aluminium sur des souris qui ont reçu des injections.
L’autre volet de cette recherche s’intéresse à une éventuelle prédisposition génétique pouvant expliquer une intolérance à l’aluminium. Ce volet fait l’objet d’un dépôt de brevet de la part des chercheurs.
« Globalement, il y a une véritable logique dans ce projet, même s’il peut sembler avancer par petites touches sans construire encore un ensemble abouti », note le Conseil scientifique de l’ANSM dans son avis rendu le 8 mars.
« L’apport de l’étude aux connaissances sur la sécurité des vaccins semble significatif, sans être encore déterminant », poursuit l’avis, selon lequel « réplications et approfondissements sont nécessaires ».
Ces « approfondissements » posent la question du financement, alors que le professeur Gherardi et ses équipes avaient reçu 150.000 euros de l’ANSM pour les travaux initiaux. Il a indiqué à l’AFP que les besoins se montaient à 670.000 euros pour poursuivre les recherches.
« Nous avions estimé légitime que l’ANSM finance le Pr Gherardi pour qu’il puisse démarrer ses recherches », a commenté Dominique Martin auprès de l’AFP.
« Il y a des pistes qui doivent être poursuivies mais l’ANSM n’est pas l’ANR (Agence nationale de la recherche, ndlr) et n’a pas les capacités financières » pour assurer la poursuite de cette recherche. « C’est à lui de trouver de nouveaux financements, publics et privés », a-t-il poursuivi.
Le sujet polémique de la vaccination est revenu au premier plan ces dernières semaines avec la décision du gouvernement de porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants dès 2018.

(©AFP / 22 septembre 2017 15h48) et première illustration.

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Note. Ce débat sur les vaccins est très significatif du tournant que prend notre société moderne, baignée d’informations en tous genre 24/24 heures. Il devient très difficile de se faire une opinion et si par un effet du hasard, pour des raisons que l’on finit par ignorer, on croit s’être forgé une opinion, devant ce flux permanent d’information, il paraît alors inutile de faire un effort supplémentaire pour infléchir cette opinion ou cet avis, appelez cela comme vous voudrez mais je considère personnellement qu’il s’agit de paresse intellectuelle. Bien que l’évidence contraire soit irréfutable, la plupart des gens rejètent alors violemment ce qui viendrait contredire la conviction profonde qu’ils se sont profondément enfoncé dans leur cerveau, et ce d’autant plus que cette conviction est basée sur des idées fausses. L’individu a dilué son sens critique dans ce flux d’informations et il lui est devenu impossible de contredire ses propres convictions. Cette attitude ouvre grand ouvert le gouffre dans lequel les démocraties vont se précipiter. Car ce ne sont pas seulement les affirmations pseudo-scientifiques qui sont en jeu mais également les statistiques économiques, la géopolitique, le monde de la finance, en un mot l’état du monde, dont les images présentées à chacun sont faussées à dessein. Les campagnes de sensibilisation concernant le climat, la sauvegarde des espèces en voie de disparition, le carbone, et dans ce billet les vaccins, relèvent de la plus pure (et sordide) dialectique marxiste totalitaire. Le monde entier s’enfonce progressivement dans une dictature de l’opinion, favorisée par l’émergence des réseaux sociaux mondialisés. Tous les éléments se mettent progressivement en place pour que nous soyons tous asservis, exceptée l’élite, les 0,01 %, qui détiendront tous les pouvoirs de décision et tous les outils pour poursuivre cet asservissement. Ce sera bientôt le monde que prédisait Georges Orwell : « si vous voulez une image de votre avenir, imaginez votre visage avec un coup de tampon indélébile sur votre front« , traduction libre du texte de l’illustration ci-dessus.

Encore une histoire de vaccins et d’autres maladies négligées

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À l’époque de mes grands-parents, tous nés avant la fin du XIXe siècle, il n’existait ni vaccins ni antibiotiques pour se prémunir d’une mort certaine provoquée par de nombreuses maladies qui décimaient parfois des villages entiers. Au cours de mes recherches généalogiques je pus constater que par exemple au tout début du XVIIIe siècle, durant le mois de janvier de l’année 1703, les trois quarts de la population du village dont sont originaires mes ancêtres paternels disparurent. Les registres paroissiaux ne mentionnent pas les causes de cette épidémie mais aujourd’hui une telle situation, d’autant plus au fin fond de la campagne savoyarde, ne pourrait pas se reproduire aussi dramatiquement. Ce genre d’épidémie existe encore malheureusement dans certains pays du monde et ceci malgré les progrès constants de la médecine.

Le premier grand succès de la vaccination est incontestablement l’éradication de la variole qui décima des peuples entiers du temps des Conquistadors en particulier, une arme infiniment plus redoutable que le mousquet ou l’épée ! Émergèrent également les antibiotiques avec Alexander Fleming et la pénicilline (1930) suivie des sulfamides au cours des années 1930 et 1940. Aujourd’hui le monde entier se trouve confronté à la résistance de certaines bactéries à tous les antibiotiques connus en raison d’un usage abusif de ces derniers. De plus il n’existe pas de vaccins pour se protéger contre ces bactéries résistantes et la situation est donc doublement alarmante de même qu’il n’existe pas d’antibiotiques (antiviraux) efficaces pour soigner une maladie d’origine virale à quelques très rares exceptions près.

Un autre grand succès de la vaccination est la presque totale éradication de la poliomyélite après la vaccination systématique contre cette maladie virale handicapante et parfois mortelle depuis la mise au point d’un vaccin par le Docteur Jonas Salk en 1952. Selon les statistiques de l’OMS moins de 40 enfants ont été paralysés par la polio dans le monde en 2016, essentiellement dans trois pays où cette maladie reste endémique, le Pakistan, l’Afghanistan et le Nigeria.

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Un troisième grand succès de la vaccination est l’éradication totale du continent nord-américain de la rubéole. Il n’existe pas de données récentes de l’OMS au sujet des pays de l’OCDE dans lesquels il est systématiquement conseillé aux femmes en âge de procréer de se faire vacciner contre cette maladie en raison des graves malformations foetales qu’elle provoque si ces dernières n’ont pas reçu le vaccin rougeole-oreillons-rubéole dans leur enfance. En 2016, dans le monde, 120000 enfants sont nés malformés, sourds ou aveugles en raison de cette maladie contractée par la mère en cours de grossesse. Il y a donc encore beaucoup de travail pour sensibiliser les populations afin que les femmes soient vaccinées systématiquement contre cette maladie.

Venons-en à trois parasitoses qui font l’objet de campagnes d’éradication systématique dans le monde et pour lesquelles il n’existe pas de vaccin. La dracunculose (voir le lien sur ce blog) ou encore « ver de Guinée » est en passe d’être éradiquée des pays infestés grâce à l’action de la fondation Carter. En 1989 il y avait 892926 cas en Guinée équatoriale uniquement et depuis le début de l’année 2017 seulement trois cas ont été identifiés dans ce même pays :

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La filariose lymphatique ou éléphantiasis également provoquée comme la dracunculose par un ver cette fois dont les larves sont inoculées par des moustiques a fait l’objet d’une vaste campagne d’éradication par voie médicamenteuse, le réservoir du parasite étant exclusivement l’homme. L’objectif peut-être ambitieux est d’éradiquer ce parasite aux alentours de 2020. Le traitement chimiothérapeutique consiste en une prise annuelle par toute la population concernée d’une combinaison de deux drogues tuant les micro-filaires. Il y a encore 81 pays dans le monde (Afrique et Asie) où cette parasitose est endémique. En 2015 six pays ont été officiellement reconnus comme nettoyés de ce parasite. Il s’agit du Cambodge, des Iles Cook, de l’archipel des Maldives, de Niue, du Sri Lanka et du Vanuatu. Vingt-neuf pays sont encore activement surveillés et l’objectif d’éradication totale pourrait être atteint durant la décennie 2020, toujours selon l’OMS.

Enfin l’onchocercose (voir le lien sur ce blog) ou cécité des rivières dont le véhicule est cette fois une mouche fait l’objet d’une campagne d’éradication dans 36 pays d’Afrique sub-saharienne et d’Amérique du Sud. Les larves du ver parasite sont sensibles au Mectizan, gracieusement fourni par les laboratoires Merck à la Fondation Carter qui est activement impliquée dans l’éradication de cette parasitose. Les résultats sont encourageants car la Colombie a été officiellement nettoyée de ce parasite en 2013, l’Equateur en 2014, le Mexique en 2015 et le Guatemala en 2016. Il reste encore beaucoup de travail pour éliminer totalement cette maladie invalidante.

Sources : Cartercenter.org et OMS. Autres lectures sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/07/la-dracunculose-deuxieme-maladie-bientot-eradiquee-de-la-planete/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/05/11/des-smartphones-pour-combattre-lonchocercose-et-le-loa/ Illustration : distribution de médicaments pour l’éradication de la filariose lymphatique en Afrique

Les dommages « collatéraux » de la guerre en Syrie

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Quand Poutine et Trump ont taillé le bout de gras à Hambourg la semaine dernière, ont-ils abordé les désastres sanitaires et humains occasionnés en Syrie par cette guerre civile largement provoquée et soutenue par les USA ? Certainement pas ! Non contents de « droner » des autobus bourrés d’enfants fuyant les zones de combat ou des hôpitaux et des écoles, de toutes les façons les Américains s’en lavent les mains (couvertes du sang d’innocents) et n’attendent tout simplement qu’une chose : que le pays soit complètement ruiné. Ils se moquent de ces dommages pudiquement appelés collatéraux par les haut-gradés du Pentagone. C’est tout simplement écoeurant !

Une information qui n’a été reprise par aucun média occidental – et pour cause ils sont tous à la botte de la CIA – concerne le désastre sanitaire syrien qui a atteint des proportions effrayantes. Dans la ville de Raqqa, tenue par ce qu’on a coutume d’appeler des rebelles, en d’autres termes des groupes de voyous financés par l’Arabie Saoudite et armés par les USA, et également dans le district de Deir-Ez-Zor, une épidémie de poliomyélite a provoqué ce printemps la paralysie irréversible de 25 enfants qui n’avaient pu être vaccinés en raison du conflit et donc du manque de vaccin. Alors que l’OMS s’est récemment félicité d’avoir pratiquement éradiqué la poliomyélite dans le monde, il s’agit ici d’un douloureux rappel à l’ordre adressé à l’humanité toute entière : ce sont surtout des innocents qui paient le plus lourd tribut aux conflits armés provoqués par Washington comme si la Syrie était un ennemi de l’Amérique !

Des équipes de volontaires, au total 416 personnes ont été dépêchées sur place, à Deir-Ez-Zor et Hasaka pour vacciner dans l’urgence plus de 300000 enfants avec des vaccins oraux en provenance d’Europe ou injectables en provenance, ironie de la situation, des USA. Le vaccin injectable en provenance des USA est dirigé contre les type 1 et 3 du virus, le type 2 ayant disparu de la planète il y a plus de 20 ans selon l’OMS, or l’épidémie syrienne actuelle est surtout provoquée par le virus de type 2, encore une ironie de la guerre … Mais infiniment préoccupante (collatéralement) car pratiquement plus personne n’est vacciné aujourd’hui dans le monde pour être protégé contre le virus de la polio de type 2. 

Seule la formulation orale immunisant contre les trois types de virus pourra donc être vraiment efficace. Cependant il n’y aura certainement pas assez de doses pour juguler l’épidémie. Déplorable situation : les Américains sont des criminels qui doivent être poursuivis par la justice internationale ! Tout simplement écoeurant.

Source et illustration (un enfant syrien recevant le vaccin oral) : STAT news

Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (4)

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Les mensonges et les fausses informations parfois émises par des scientifiques peuvent conduire à des désastres sociétaux comme vous allez le découvrir en particulier quand il s’agit d’informations mensongères au sujet de la santé.

13. Si vous faites tomber de la nourriture au sol, vous avez 5 secondes …

Il paraîtrait que si on fait tomber un morceau de gâteau par terre en le ramassant pour le manger pas plus de 5 secondes après, on ne risque pas de contamination. Encore une idée préconçue erronée car il suffit de quelques millisecondes aux bactéries présentes partout pour contaminer ce morceau de gâteau et vous devrez vous résigner à le jeter plutôt que de le manger. Les règles d’hygiène élémentaire ont disparu depuis l’avènement des produits d’entretien de toutes les couleurs et parfumés à la jonquille ou à la résine de pin. Ces produits sont totalement inefficaces et ils ne donnent qu’une impression de propreté : « Ça sent le propre », « Monsieur Propre » … Depuis que les hôpitaux ont abandonné l’usage de l’eau de Javel (hypochlorite de sodium) on ne compte plus le nombre de morts par infections appelées du nom savant d’infections nosocomiales. Pourquoi ? Tout simplement parce que les hôpitaux sont devenus des endroits insalubres et c’est la même chose chez soi. Pour ma part le fais le grand ménage une fois par semaine dans mon modeste logement et je suis à peu près certain qu’il est ensuite propre. J’utilise comme mes grand-mères de l’eau de Javel diluée quatre fois pour laver le sol. De plus, comme dans beaucoup de pays dont en particulier le Japon, je quitte mes chaussures dès que je rentre à la maison. Pourquoi a-t-on interdit l’eau de Javel dans les hôpitaux, pourtant le seul antiseptique efficace à 100 % ? Il n’y a pas de mystère, ça ne coûte rien et les grandes multinationales de la propreté n’en tireraient aucun profit. Ceci explique cela.

14. Les vaccins peuvent être dangereux

Je ne reviendrai pas ici sur la nouvelle phobie des vaccins qui s’est propagée à la suite de la publication par Wakefield d’un article falsifié relatif au lien entre l’autisme et les vaccins en 1998 dans la revue The Lancet. Cet individu a avoué ses turpitudes, s’est rétracté et a été mis au ban de la société par l’Ordre britannique des Médecins. La rumeur s’est pourtant propagée et amplifiée malgré toutes les études scientifiques rigoureuses qui n’ont jamais pu prouver par la suite qu’il y avait un quelconque lien entre vaccins et autisme. À ce sujet le lien suivant est tout à fait instructif (www.pbs.org/wgbh/nova/body/autism-vaccine-myth.html).

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La France, patrie de Pasteur, se distingue par son attitude irraisonnée puisque près de la moitié de la population considère que les vaccins sont dangereux. Il faut dire que la justice française s’est distinguée par son imbécillité en admettant que les téléphones portables étaient dangereux pour la santé, or comme ce sont les mêmes groupes d’activistes qui colportent les même rumeurs, suivez mon regard … L’italie pour sa part vient de rendre la vaccination des enfants des écoles obligatoire, 15 % des parents refusant de faire vacciner leurs enfants.

Aux USA, pays où la rougeole avait été virtuellement éradiquée, passant de 500 000 cas annuels en 1960 à une centaine en 2000, le CDC a constaté ces derniers mois une recrudescence de la maladie. Tous les cas de rougeole déclarés proviennent d’immigrés non vaccinés, en particulier en provenance de Somalie.

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15. Les yaourts remettent de l’ordre dans les intestins

Bien que les yaourts – non sucrés et non aromatisés – ne soient pas mauvais en soi pour la santé il ne faut pas croire que les bactéries lactiques qu’ils contiennent ont le pouvoir de modifier la flore intestinale. C’est un mythe savamment vendu à grands coups de publicité par les fabricants de yaourts. À l’heure actuelle, aucun biologiste digne de ce nom ne sait comment modifier la flore intestinale en raison de sa complexité – plus de 250 bactéries intestinales sont encore inconnues et n’ont jamais été étudiées en détail ! Le marché des « probiotiques » se porte bien, merci, il atteint plus de 25 milliards de dollars par an. Quant aux yaourts sucrés ils sont plutôt dangereux pour la santé puisqu’ils apportent un supplément de sucres dont l’organisme se passerait volontiers. Le seul avantage du yaourt par rapport au lait est qu’il ne contient pratiquement plus de lactose, une caractéristique le rendant assimilable par les personnes souffrant d’intolérance au lactose.

16. Manger une pomme chaque jour, c’est bon pour la santé

Comparée à beaucoup d’autres fruits la pomme est plutôt pauvre en vitamines et en fibres contrairement à la croyance populaire. Par conséquent manger une pomme chaque jour pour rester en bonne santé est une vue de l’esprit. L’argument serait que la pomme est riche en vitamine C. C’est faux : une pomme n’apporte que 6 % du besoin quotidien ce cette vitamine. De là à prétendre que manger des pommes est bon pour soigner la grippe (illustration Red delicious, qui n’a de délicieux que le nom)…

Source : Business Insider, suite dans un prochain billet. Illustrations : World Economic forum, CDC et Wikipedia

Les évidents bienfaits de la vaccination

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S’il y a, certes, des accidents provoqués par la vaccination dont la fréquence est de l’ordre de moins de un cas par million de personnes vaccinées c’est-à-dire bien moindres que les décès annuels provoqués par les médicaments – de 250 à 300000 morts par an dans les pays de l’OCDE – il faut reconnaître que la vaccination a permis d’éradiquer la variole, le premier grand succès de cette technique mise au point au cours du XIXe siècle, et ce n’est qu’un outil pour assurer à l’humanité toute entière un confort sanitaire appréciable. Les antibiotiques ne peuvent pas combattre les maladies virales et c’est la raison pour laquelle seuls les vaccins permettent à l’organisme de construire ses propres défenses immunitaires sans pour autant contracter les maladies. L’illustration ci-dessus est tirée d’un article paru dans Science magasine et le lien en fin de billet permet de se promener sur ce graphique interactif. Pour les non anglophones : measles = rougeole, chickenpox = varicelle, mumps = oreillons, rubella = rubéole et pertussis = coqueluche. Dans ce graphique seules la diphtérie et la coqueluche sont des maladies d’origine bactérienne. Cette illustration est interactive et pour y accéder allez sur le lien en fin de billet. Les autres vaccins préconisés par le corps médical sont ceux dirigés contre le tétanos, la typhoïde, la fièvre jaune en cas de voyage dans des pays où sévit cette maladie, l’influenza et plus récemment le papillome. Les cas de tétanos, de diphtérie et de polio sont devenus rarissimes bien que les agents pathogènes n’aient pas totalement disparu. Le vaccin contre la rubéole est toujours administré aux femmes enceintes ou désirant avoir un enfant pour prévenir les malformations foetales car le virus est toujours présent et partout …

Reste l’immense problème du développement d’un vaccin contre le paludisme. Il ne s’agit ni d’un virus ni d’une bactérie et la situation est beaucoup plus compliquée … Revenir à un monde sans vaccins ? C’est ce que préconisent les malthusiens qui considèrent que seuls les êtres humains beaux, riches et bien-portants seraient autorisés à vivre en toute quiétude, tous les autres seraient éliminés par des maladies infectieuses …

http://www.sciencemag.org/news/2017/04/heres-visual-proof-why-vaccines-do-more-good-harm