Vaccination contre le virus du papillome ? Oui, et obligatoire !

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Dans la série de mes billets classés « médecine et santé » il m’a été donné l’occasion de revenir sur le virus du papillome (HPV) dont j’ai déjà disserté à plusieurs reprises dans ce blog. Un étude américaine du Cedars-Sinai Hospital vient de paraître et les conclusions sont sans appel, il est conseillé de faire vacciner ses enfants quel que soit leur sexe pour les protéger contre ce virus cancérigène. C’est en analysant 2670 biopsies de tumeurs cancéreuses représentatives de la population, âge, sexe et origine sociale confondus, et considérant la localisation de ces tumeurs qu’il est ressorti les résultats suivants que je livre tels qu’ils ont été présentés dans le résumé de l’article relatant ces travaux conduits sous l’égide du CDC (Center for Disease Control) américain.

L’ADN de l’HPV était présent dans 90,6 % des cancers du col de l’utérus, dans 91,1 % des cancers de l’anus, 75 % des cancers du vagin, 70,1 % des cancers de l’oropharynx (base de la langue et amygdales en particulier), 68,8 % des cancers de la vulve, 63,3 % des cancers du pénis, 32 % des cancers de la cavité buccale et 20,9 % des cancers du larynx. Ça fait beaucoup ! Une vaccination limitée aux sous-types 16 et 18 du virus permettrait de sauver ou de prévenir près de 25000 cas de ces cancers chaque année aux USA. Le même type de résultat pourrait être accessible en Europe si l’organisation de l’accès aux dossiers médicaux et aux biopsies conservées dans de bonnes conditions était possible, ce qui est loin d’être le cas.

Ces données font peur et il est bien évidemment urgent que les pouvoirs publics décident d’une action « coup de poing » pour rendre obligatoire la vaccination contre ce virus des adolescents avant que ceux-ci entament une activité sexuelle. Certes, on peut contester l’occurence de la présence d’ADN de l’HPV dans les cas de cancers de la sphère oro-pharyngée et buccale en particulier les cancers de la langue et des amygdales car d’autres facteurs peuvent intervenir dans cette situation et la favoriser, en particulier la cigarette, mais ces données doivent être prises en compte et être intégrées dans la lutte contre le cancer dès l’instant où la certitude de la causalité a été démontrée.

L’apparition du Gardasil nonavalent pourrait encore réduit d’une dizaine de points de pourcentage l’apparition de ces formes de cancers d’origine virale mais cette diminution doit également être prise en considération si la politique globale de protection et de prévention sanitaire est judicieusement choisie dans le but non seulement de prévenir les désagréments des malades (et éventuellement leur mort prématurée) mais également de contribuer à un abaissement du coût de ces cancers pour la société toute entière. La condition sine qua non est que la vaccination soit effectuée correctement chez les filles et les garçons avant leurs premiers rapports sexuels. Comme la proportion de préadolescents, aux USA, vaccinés dans ces conditions depuis l’apparition du premier vaccin (2007) n’est encore que de 18 %, autant dire que les effets sur une diminution globale des cas de cancers se font attendre. Rendre cette vaccination obligatoire entrainera une levée de bouclier de la part les antivaxxers prétextant une atteinte à la liberté individuelle. La prise de conscience des avantages de ce vaccin devrait idéalement se faire à l’école dans le cadre de l’éducation sexuelle, mais y a-t’il un tel programme prévu ? Rien ne l’indique pour l’instant. En France seules certaines compagnies d’assurance santé complémentaires avertissent les parents de l’aspect bénéfique de ce vaccin pour leurs enfants. Il faut enfin rappeler que ce vaccin ne peut en aucun cas guérir un sujet déjà en contact avec le virus.

Sources : Cedars-Sinai Cancer Institute :

http://www.cedars-sinai.edu/Patients/Programs-and-Services/Samuel-Oschin-Comprehensive-Cancer-Institute-/index.aspx et aussi :

http://jnci.oxfordjournals.org/content/107/6/djv086.abstract

http://jnci.oxfordjournals.org/content/107/6/djv128.full.pdf+html

http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm426485.htm

La vaccination contre le virus du papillome pose toujours problème …

Les opposants à la vaccination contre le HPV (virus du papillome humain) font toujours parler d’eux mais ils ont fini par se dévoiler la face indirectement dans la mesure où leur principal argument contre la vaccination n’était pas de favoriser l’autisme, ce qui n’a encore jamais été démontré formellement, mais d’éventuellement encourager les jeunes filles à avoir un comportement sexuel libéré sachant que le HPV constitue de loin la principale maladie sexuellement transmissible. Plus de risque de se contaminer avec l’HPV, pourquoi se priver ! Les parents bien-pensants de l’Etat de l’Ontario au Canada ont donc, disons malencontreusement, considéré que cette vaccination libérait les mœurs chez les adolescentes et que c’était la porte ouverte au risque de contamination par le HIV (SIDA) ou les virus de l’hépatite également sexuellement transmissibles. Cette association malfaisante, sans faire de jeu de mots, d’a priori fondés uniquement dans des esprits puritains a été magistralement démontée de toutes pièces par une étude portant sur une cohorte de 131781 jeunes filles dont le comportement sexuel a été scrupuleusement étudié en tenant compte de l’introduction de la vaccination (obligatoire) contre le HPV en 2007. En bref, le comportement sexuel des jeunes filles avant la vaccination et après celle-ci, entre 2005/07 puis 2008/09, n’a montré aucune différence significative au niveau des maladies sexuellement transmissibles autres que le HPV ou au niveau des grossesses, deux facteurs révélateurs des relations sexuelles sans protection. Les jeunes filles vaccinées à l’âge de 14 ans, on peut espérer avant leurs premières relations sexuelles, ne se sont trouvées ni plus ni moins enceintes que celles n’ayant pas été vaccinées avant l’introduction du vaccin, de même pour l’occurence des autres MSTs.

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Les doutes d’ordre moral plus que médical ont émané des associations de parents d’élèves catholiques ! Comme si la santé des enfants et des adultes n’avait aucune importance pour eux … L’Archevêque de Calgary (Alberta) a fait circuler une lettre dans tous les diocèses indiquant clairement que cette vaccination était la porte ouverte à toutes les turpitudes et que les familles se devaient d’être vigilantes quant au comportement de leur progéniture déclarant ainsi que « la vaccination proposée à l’école envoie une message clair que les relations sexuelles sont autorisées, avec supposée protection ». De plus, dit cette lettre épiscopale « nous encourageons les parents à bien étudier les fait médicaux concernant cette vaccination et ses effets secondaires possibles ».

Tout est réuni pour intoxiquer les parents crédules en répandant de fausses affirmations. Depuis l’introduction du vaccin, que ce soit du Gardasil ou du Cervarix, jamais aucun effet secondaire n’a pu être clairement avéré et l’efficacité de ces deux vaccins n’est plus à prouver. Que l’Eglise fasse preuve d’obscurantisme n’a rien de nouveau, mais qu’il s’agisse de mettre en péril la santé de leurs ouailles est tout simplement révoltant et dès qu’il s’agit de sexe ça a l’air de préoccuper au plus haut point ces têtes affublées des signes distinctifs de l’élite sacerdotale qui cachent un vrai désert intellectuel … En France, selon les informations dont je dispose, la vaccination des jeunes filles contre le HPV reste encore du domaine privé, ce sont les parents qui décident en suivant (ou non) les conseils de leur médecin généraliste alors que près de 5000 femmes * souffrent de cancers du col de l’utérus chaque année.

* Estimation car les données issues du Ministère de la Santé sont plutôt floues.

http://www.cmaj.ca/content/early/2014/12/08/cmaj.140900

HPV (virus du papillome humain) : pourquoi ne vacciner que les filles ?

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J’ai déjà disserté sur ce blog du virus du papillome humain (HPV) qui est à l’origine de près de la totalité des cancers du col de l’utérus, d’un pourcentage tout aussi important de cancers de l’anus et de certains cancers du pharynx. Il s’agit des types 16 et 18 de ce virus. La mise au point des vaccins contre le virus et leur efficacité à la suite des premières campagnes de vaccinations chez les filles dès l’âge de 13 ans, c’est-à-dire avant les premières relations sexuelles – ces dernières ayant lieu en moyenne vers l’âge de 16 ans dans les pays de l’OCDE – est tout à fait encourageante. Mais pourquoi ne vacciner que les filles ? Telle est la question posée dans le British Medical Journal par une équipe dirigée par le Professeur Simon Barton de la NHS Foundation Trust à Londres : doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.g4783 .

Les Anglais, contrairement aux Français, sont près de leurs sous et tous les moyens de prévention permettant d’abaisser à terme des coûts de l’assurance maladie sont bons à prendre en considération. La vaccination des adolescents, dès le début de leur activité sexuelle, est donc préconisée par le NHS, le pendant anglais du ministère de la santé français. Les deux vaccins existant sont le Cervarix qui protège contre les types 16 et 18 associés aux cancers du col et de l’anus et dans une moindre mesure de l’oro-pharynx, et le Gardasil, tétravalent, qui protège aussi contre les types 6 et 11 associés aux verrues génitales de la vulve ou du pénis qui peuvent dégénérer éventuellement en tumeurs. Le retour d’expérience des vaccination avec le Gardasil initiées dès 2007 indique une forte régression du nombre de papillomes de la vulve chez les jeunes filles sexuellement actives, au moins en Australie où une étude détaillée a été menée à bien. La diminution du nombre de verrues ou papillomes du pénis n’a pas été significative alors que la limitation de la vaccination aux filles était basée sur l’hypothèse que c’était justement les filles qui constituaient le réservoir viral.

Le NHS préconise donc une vaccination avec le Gardasil pour également prévenir les cancer de l’oro-pharynx (types 16 et 18) dont la progression est de l’ordre de 15 % par an ! Idem pour les cancers de l’anus qui ont progressé de 300 % au cours des 40 dernières années. Pour les hommes homosexuels, le NHS va encore plus loin car l’incidence du cancer de l’anus causé par l’HPV est environ 18 fois plus élevée chez les homosexuels. Le NHS va même plus loin et préconise un vaccin pentavalent aux homosexuels mâles incluant aussi l’hépatite B, une pathologie fréquente chez ces derniers.

La théorie du genre s’applique donc pleinement ici car il faudrait idéalement vacciner les enfants des écoles dès l’âge de 13 ans et de manière obligatoire quel que soit leur sexe, deux doses étant largement suffisantes pour atteindre une immunité durable et solide. Toute autre attitude est discriminatoire, inéquitable, moins efficace en terme de santé sur le moyen terme et de toutes les façons difficile à expliquer. Même si les auteurs de cette mise en garde sont membres du NHS ils sont aussi conseillers de compagnie pharmaceutiques telles que GSK, Merck ou encore Sanofi Pasteur, mais peu importe, le pragmatisme anglais (et australien) est en faveur de campagnes de vaccination chez les adolescents, filles et garçons confondus, vers 12-13 ans avant leurs premières relations sexuelles.

Mesdames et Messieurs les médecins des écoles : à vos seringues ! Mais la lenteur et l’incurie de l’administration française dans le domaine de la santé pourraient bien repousser toute prise de position après le prochain quinquennat … tout simplement désolant !

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/22/le-virus-du-papillome-humain-revisite/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/11/12/hpv-virus-du-papillome-humain-a-vos-capotes/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/04/17/a-propos-de-vaccins/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/21/vers-un-traitement-des-verrues/

Des bienfaits de la vaccination (rougeole)

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En ce XXIe siècle qui bénéficie des avancées de la biologie, produire un vaccin propre et efficace est devenu une routine tant la biologie moléculaire a rendu cette technologie accessible avec des coûts de production sans cesse décroissants. Au milieu des années 90 il existait environ 7 vaccins communément prescrits et souvent obligatoires pour les enfants entrant à l’école maternelle ou dans une crèche. Aujourd’hui il y a 14 vaccins disponibles et les protocoles d’immunisation contre certaines maladies infantiles comme la rougeole incluent une première injection dès la plus tendre enfance, quelques semaines seulement après la naissance. Pourtant, puisque la rougeole a été mentionnée, cette maladie dont le vaccin est parfaitement toléré et dont l’efficacité n’a jamais été remise en cause tue entre deux cent cinquante et cinq cent mille enfants chaque année et pour toutes maladies confondues contre lesquelles il existe un vaccin plus de 4 millions d’enfants meurent chaque année dans le monde. La rougeole est en effet une maladie virale souvent mortelle dans les pays tropicaux, les statistiques de l’OMS indiquent que près d’un tiers des enfants meurent de complications neurologiques ou de pneumonie associée. Or la vaccination est efficace et depuis 1965, date de l’apparition du premier vaccin, les épidémies de rougeole sont devenues de vieux souvenirs.

Pourtant, depuis quelques années, en particulier aux USA, des mouvements obscurantistes rejettent toute idée de vaccination y compris contre la rougeole ou encore la poliomyélite, sous prétexte qu’il faut laisser la nature faire son travail. Une équipe de médecins de l’Université du Michigan, étudiant les variations annuelles du nombre de naissance, a découvert un peu par hasard l’incidence de la vaccination sur l’apparition d’épidémies de maladies virales et en particulier de la rougeole. En analysant les données d’état civil des pays occidentaux, Europe et Amérique du Nord, durant les 78 dernières années et sur 730 millions de naissances, il est apparu que les naissances étaient plus fréquentes en automne qu’au printemps. L’explication est multifactorielle et englobe le revenu des ménages, le niveau culturel, les différences ethniques, l’effet des vacances ou des mois de pluie ou de froid et même les variations saisonnières de la qualité du sperme. Parallèlement à cette augmentation statistiquement significative des naissances en automne, l’apparition d’épidémies de maladies virales infantiles était également corrélée avec quelques mois de retard. Cette étude a aussi clairement montré que pour la rougeole en particulier les épidémies étaient d’autant plus importantes que la vaccination n’était pas systématiquement réalisée dès les premières semaines après la naissance. En conséquence, les épidémies les plus remarquables avaient lieu à la fin de l’hiver avec une amplitude directement liée au nombre d’enfants non vaccinés et ceci depuis 1965. Cette constatation peut paraître évidente mais en réalité, les enfants non vaccinés servent de réservoir pour la propagation de la maladie y compris auprès des adultes non vaccinés et n’ayant pas contracté cette maladie durant leur enfance !

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Sans que cette étude le préconise clairement, il ressort donc qu’une vaccination très précoce soit souhaitable avec un rappel vers le sixième mois. Cette précaution permettrait de contrôler les épidémies printanières de la maladie. Cependant, en particulier en Afrique, il est clair que la rougeole continuera à tuer des enfants surtout ceux qui sont HIV positifs et pour lesquels la vaccination n’a que peu d’efficacité.

Sources : University of Michigan News, illustration Wikipedia

L’obscurantisme et la vaccination

A Malibu Beach et Pacific Palisades, des faubourgs huppés de Los Angeles, plus de la moitié des enfants des écoles maternelles ne sont pas vaccinés. Pourtant tout le monde (ou presque) sait que la vaccination protège les enfants contre des maladies pouvant parfois laisser des séquelles sérieuses. La Mayo Clinic a donc tiré la sonnette d’alarme en répondant fermement aux arguments infondés des « anti ».

A la première objection basée sur une rumeur infondée qui a été démentie à plusieurs reprises par le milieu médical, les vaccins sont l’une des causes de l’autisme, la Mayo Clinic est très claire, jamais aucune étude n’a pu démontrer que les vaccins, quels qu’ils soient, puissent être la cause de l’autisme, il s’agit de pures coïncidences.

Un autre argument des « anti » serait que l’immunité naturellement acquise est plus puissante que celle obtenue par la vaccination. Certes, cet argument se base sur les taux d’anticorps circulant après avoir contracté une maladie mais la vaccination permet d’atteindre un taux de ces anticorps suffisant pour justement ne pas être exposé à cette maladie. Mais il y a de sérieux désavantages que les « anti » veulent tout simplement ignorer. La varicelle, par exemple peut entrainer une pneumonie, une infection naturelle par le virus de la poliomyélite peut conduire à une paralysie lourdement handicapante, les oreillons peuvent rendre sourd et éventuellement endommager les testicules, l’Haemophilus influenza b peut provoquer des dommages cérébraux irréversibles, la diphtérie peut être mortelle tout comme le tétanos. Les « anti » ignorent tout simplement ces faits ou feingnent pour des raisons souvent obscures de les ignorer.

Les « anti » considèrent que les effets secondaires des vaccins sont tels que s’abstenir est une meilleure solution. En réalité, comme le rappelle la Mayo Clinic, les effets secondaires sont mineurs, fièvre sans gravité, douleur et inflammation légère au niveau du point d’inoculation du vaccin. Certains vaccins peuvent provoquer des maux de tête passagers ou encore quelque fatigue et éventuellement une perte d’appétit. En tous les cas ces symptomes sont négligeables en comparaison des maladies correspondantes.

Les « anti » considèrent qu’il est inutile d’administrer un vaccin à un nouveau-né surtout s’il est nourri au sein. Selon la Mayo Clinic il est effectivement reconnu que le lait maternel contient des anticorps provenant de la mère apportant une certaine protection à l’enfant mais ce n’est pas généralisable. Plus l’enfant est vacciné tôt après la naissance meilleure est la réponse immunitaire. De plus, selon de nombreuses études, l’entourage lui-même immunisé apporte une bonne garantie supplémentaire pour l’enfant mais le conseil est clair et sans appel, plus l’enfant est vacciné tôt meilleure est la protection.

Qu’en est-il des autres pays dans le monde ? Le lien ci-dessous est une bonne illustration de ce qu’il advient quand la vaccination n’est pas généralisée ou respectée. La poliomyélite fait encore des ravages, la rougeole mortelle pour les jeunes enfants dans les régions sub-tropicales pourrait être évitée, la coqueluche, certes non mortelle sévit particulièrement aux USA …

La poliomyélite est loin d’être éradiquée alors que le vaccin assure une protection parfaite (voir le lien). Hormis la coqueluche et la poliomyélite, les maladies indiquées sur cette carte pourraient être prévenues par vaccination systématique.

Pour les non anglophones : measles = rougeole, mumps = oreillons, rubella = rubéole, whooping cough = coqueluche.
Source Mayo Clinic

http://www.cfr.org/interactives/GH_Vaccine_Map/#

Effets bénéfiques inattendues de la vaccination contre la gastroentérite

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Qui n’a pas souffert de gastroentérite une fois dans sa vie, parfois une fois par an, car l’immunité contre le virus qui est la cause de cette désagréable maladie saisonnière, plus précisément printanière, n’est jamais acquise définitivement et il existe de plus cinq sérotypes différents du rotavirus responsable de ce qu’on appelait autrefois la grippe intestinale. Il ne faut pas se méprendre, le seul point commun entre la gastroentérite et la grippe est que l’agent pathogène est un virus dans les deux cas. Compte tenu du cout pour la société de cette maladie parfois mortelle chez les très jeunes enfants (tout de même près d’un demi million de morts par an dans le monde), une campagne de vaccination a débuté en 1998 aux USA avec un virus atténué de type A et prise orale conduisant à plus de 90 % de réduction de l’apparition de gastroentérite. Depuis 2006 la vaccination est devenue fortement conseillée avec un mélange des cinq sérotypes comme celle contre la grippe avec un succès indéniable puisque le nombre d’enfants hospitalisés a considérablement diminué. En étudiant les données disponibles de l’ensemble des hôpitaux et cliniques des USA, on appelle ça « open data » mais on n’y est pas encore en socialie française malgré le fait que les données sont rendues anonymes pour les petits curieux qui désirent les étudier, on a découvert un phénomène tout à fait surprenant. L’étude des dossiers d’hospitalisations dues à une gastroentérite avant le début de la campagne de vaccination (2006) des enfants en bas âge et après cette date a montré que l’incidence des gastroentérites chez les adolescents et les adultes diminuait de manière significative. Il faut rappeler que la vaccination contre le rotavirus n’est pas conseillée chez les adolescents et les adultes compte tenu du fait que 100 % de la population est supposée avoir été au moins une fois en contact avec le virus et développe une gastroentérite plus ou moins aiguë. La seule explication possible est que l’enfant en bas âge constitue un réservoir pour le rotavirus et la vaccination réduit les risques de transmission à l’entourage sachant que ce virus est très facilement transmissible. D’après la littérature médicale, cette observation est la première dans son genre qui prouve qu’une campagne de vaccination d’enfants en bas âge a des effets positifs sur les personnes non vaccinées. A 5 dollars la dose, il est peut-être opportun de vacciner tous les enfants mais je n’ai aucune idée des dispositions sanitaires en France et d’autres pays européens sur ce sujet.

Source : JAMA et photo Wikipedia