Dernière étape de l’éradication définitive de la poliomyélite

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On a oublié dans nos mémoires la variole et on est en passe d’oublier également la poliomyélite. Le virus de la variole existe toujours mais a été éradiqué de la planète. On peut dire qu’il ne circule plus et ne fait plus de ravages car il est séquestré dans deux ou trois laboratoires dans le monde sous très haute surveillance. Par contre le virus de la polio est toujours bien présent mais il ne fait plus de ravages comme il y a encore une soixantaine d’années avant que le vaccin ne soit mis au point par Jonas Salk en 1955, ou presque plus car cette maladie virale n’est toujours pas totalement éradiquée. L’espoir mondial est que cette maladie frappant surtout les enfants qui peuvent rester en partie paralysés leur vie durant puisse disparaître aux alentours de 2018. C’est ce délai que se sont fixé les autorités internationales.

L’Organisation Mondiale de la Santé encourage toujours la vaccination systématique avec le virus atténué mais des cas sporadiques de polio sont toujours présents dans quelques pays comme l’Afghanistan, l’Inde, le Pakistan et le Nigéria malgré le fait que la dose de vaccin est le plus souvent distribuée gratuitement par les ONGs, elle ne coûte en effet que 0,14 centimes de dollar. En 2015 soixante-dix cas de polio ont été répertoriés dans le monde, 51 au Pakistan et 19 en Afghanistan mais 24 autres cas ont également été reconnus comme associés au vaccin constitué du virus vivant atténué et non pas du virus mort. L’année précédente 359 cas furent encore répertoriés. On assiste donc à une régression sensible de la maladie.

L’homme est le seul réservoir de ce virus et tant que ce dernier ne sera pas totalement éradiqué il faudra poursuivre les campagnes de vaccination. Un homme infecté par le virus peut en effet continuer à relarguer dans ses selles des particules virales pendant plusieurs années. Or il existe deux types de vaccins, celui consistant en une suspension du vaccin vivant atténué dit Sabin et le virus inactivé de type Salk. Le vaccin « Salk » (1955) nécessite une injection intramusculaire alors que le vaccin « Sabin » (1961) est administré par voie orale et est considéré comme plus efficace en termes d’immunité au niveau intestinal. Cependant les 24 cas de polio répertoriés en 2015 dus au vaccin Sabin sont la conséquence d’une mutation extrêmement rare du virus atténué mais encore vivant.

Quand plus aucun cas de polio ne sera reconnu officiellement et que la maladie sera considérée comme éradiquée, il faudra encore pratiquer la vaccination systématique des enfants afin de laisser au virus de temps de disparaître totalement. Il apparaissait donc d’ici 2018 un choix difficile à faire. Soit la souche Sabin originale serait encore utilisée avec des risques de cas de polio atténuée sans séquelles majeures, soit une forme atténuée « dirigée » par modification de l’ARN du virus pour obtenir une meilleure stabilité de ce dernier. De plus les risques de mutation du virus induisant un pouvoir virulent indésirable doivent être contrôlés et enfin le virus recombinant doit être facilement produit massivement sans avoir recours à la forme sauvage devant ensuite être atténuée comme c’est le cas avec le virus « Salk ».

Le modèle animal utilisé pour la mise au point de ce nouveau virus de la polio à des fins de vaccination est une lignée de souris transgéniques exprimant le récepteur humain du virus au niveau de l’intestin. On dispose donc aujourd’hui d’un virus de la polio totalement inoffensif, qui ne peut plus muter et retrouver son pouvoir virulent et qui présente une capacité immunogène satisfaisante. Il s’agit d’une belle illustration de la biologie moléculaire appliquée à la production d’une entité virale inoffensive pour la production d’un vaccin efficace et dénué de risques secondaires.

Source et illustration : http://journals.plos.org/plospathogens/article?id=10.1371/journal.ppat.1005316

Un vaccin contre la bronchiolite (RSV) à la fin de l’année ?

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Le RSV (virus syncytial respiratoire) est une maladie très commune chez les enfants et parfois les adultes et chez les « vieux » elle conduit souvent, pour une personne sur six, à une pneumonie létale. Le RSV est la cause de ce qu’on appelle la bronchiolite, une sorte d’engorgement des bronches. S’il s’agit d’une maladie virale relativement bénigne son coût pour la société est loin d’être négligeable puisqu’on estime que pour la seule Europe celui-ci atteint plus de un milliard d’euros par an. Que pourrait-on faire avec une telle somme ? Tout simplement vacciner les enfants et éventuellement les adultes car des estimations puremement financières arrivent à une somme identique. Or jusqu’à très récemment il n’existait pas de vaccin ni de traitement efficace. Ce virus est connu depuis une soixantaine d’années mais toutes les tentatives pour mettre au point un vaccin ont échoué et ces échecs successifs s’expliquent par la structure particulière de ce virus.

Il s’agit d’un virus à ARN qui code pour seulement 11 protéines. Chacune de ces protéines joue un rôle dans la virulence. Quand le virus pénètre dans une cellule, par exemple de l’épithélium de la trachée, il oriente la machinerie cellulaire pour produire ses propres protéines et permettre ainsi de se multiplier. Les cellules ne comprennent plus rien et le virus se fait en quelque sorte de la place en obligeant les cellules à fusionner les unes avec les autres pour former un syncytium, une sorte de cellule géante avec plusieurs noyaux. Le système immunitaire a alors toutes les peines à organiser une défense de l’organisme. Une autre particularité de ce virus est qu’il se polymérise en filaments (voir illustration Wikipedia) entrainant une inflammation des bronches et une abondante sécrétion de mucus. Enfin, cerise sur le gâteau, si l’organisme réussit à produire des anticorps, leur efficacité n’est pas parfaite et l’année suivante l’immunité aura pratiquement disparu. Les spécialistes des vaccins ne disposent que du chimpanzé comme animal modèle de laboratoire ce qui grève considérablement le coût des travaux de recherche.

Compte tenu de tous ces facteurs, la société Novavax, basée à Gaithersburg dans le Maryland, développe depuis quelques années une approche différente consistant à produire les protéines recombinantes de l’enveloppe du virus de telle manière qu’elles se présentent sous forme de nanoparticules après avoir fusionné plusieurs gènes pour former des protéines virales géantes. À l’aide d’un adjuvant composé essentiellement de lécithine modifiée et d’une saponine un essai clinique en phase 2 conduit sur 1600 adultes a montré sans ambiguité que la réponse immunitaire atteinte était robuste et avait permis de réduire de plus de 45 % les infections par le RSV. Ces essais ont été conduits avec des adultes car il ne faut pas oublier de mentionner que seulement aux USA près de 15000 personnes meurent chaque année d’infection par le RSV et près d’un million doivent être hospitalisées pour les mêmes raisons.

Il reste maintenant à accélérer l’étude en phase 3 et étendre les essais cliniques aux enfants. D’ors et déjà un petit essai clinique est en cours avec des femmes enceintes dans l’espoir de déterminer si l’immunité induite par le vaccin et acquise par la mère sera transmise à l’enfant via le lait maternel. Cette approche un peu différente est basée sur le fait que le seul traitement existant contre le RSV, extrêmement coûteux, est l’administration d’anticorps monoclonaux (AstraZeneca). Cependant ce traitement n’est réservé qu’aux enfants prématurés ou présentant des insuffisances cardiaques ou pulmonaires. L’essai clinique en phase 3 sur plusieurs dizaines de milliers d’adultes est programmé pour la fin de cette année et coïncidera avec la recrudescence hivernale de la bronchiolite à RSV. Combiné au vaccin contre la grippe, une autre préoccupation de la société Novavax, on peut espérer à terme en une diminution significative et durable des affections pulmonaires virales.

Sources : Novavax et Reuters

Un espoir de vaccin contre la malaria, mais pas tout à fait comme on l’imaginait

Un travail réalisé à l’Université de l’Oklahoma sous la direction du Docteur Jun Li permet d’espérer déboucher sur un « vaccin » contre le parasite de la malaria, celui qui tue, le Plasmodium falciparum. Pour se faire une idée de la démarche scientifique abordée pour concrétiser cet espoir il faut rappeler le cycle du parasite dont le réservoir naturel est l’homme. Sans hommes infectés se faisant pomper le sang par les femelles de moustiques, les anophèles, pour la maturation de leurs œufs, il n’y aurait pas de malaria. On pourrait aussi exterminer les moustiques avec des insecticides mais il n’existe pas d’insecticide spécifiquement orienté contre les moustiques et donc on détruit aussi d’autres insectes utiles. À force d’avoir des crises ou d’être contaminé par des moustiques à répétition, on finit pas se prémunir vaguement contre le parasite mais ce n’est jamais à 100 %, j’en ai fait personnellement l’expérience ces 17 dernières années avec le P. vivax puisque je souffre encore périodiquement de crises de paludisme. C’est la même situation avec le P. falciparum, notre système immunitaire réagit mal à la présence du parasite et ce d’autant plus mal que le cycle de maturation dans le sang est plutôt complexe ( https://en.wikipedia.org/wiki/Plasmodium_falciparum_biology ). L’idée du Docteur Li a été de s’attaquer à ce qui se passe dans le moustique et non pas à ce qui se passe dans l’organisme humain.

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Quand un moustique vient piquer un sujet infesté il gobe du sang mais aussi ce qu’on appelle des gamétocytes, les formes sexuées du parasite. Normalement la digestion dans l’intestin du moustique devrait non seulement venir à bout des globules rouges du sang mais aussi de ces gamétocytes. Or ce que le Docteur Li a identifié, c’est le mécanisme, disons de protection, que le parasite a mis au point pour ne pas être digéré dans l’estomac du moustique. Quand le moustique a fait son repas de sang, une protéine particulière est très rapidement synthétisée dans la paroi tapissant son tube digestif, et parallèlement la reproduction sexuée du parasite a lieu dans le bol alimentaire constitué de sang dans le tube digestif du moustique. Cette reproduction (voir le détail schéma du cycle de reproduction ci-dessous) aboutit à ce qu’on appelle un ookinete. Or cette forme du parasite va se fixer sur la protéine nouvellement exprimée et disparaître dans l’intérieur du tissu entourant le tube digestif du moustique. Elle a été appelée FREP1 et elle ressemble un peu à une protéine du sang appelée fibrinogène.

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L’équipe du Docteur Li a mis en évidence le gène codant pour cette protéine. Si on stoppe l’expression de ce gène, le cycle de reproduction et de multiplication du plasmodium cesse et le moustique échappe à l’infestation. Une autre preuve de l’importance de cette protéine pour le parasite a été apportée en produisant des anticorps dirigée contre celle-ci après avoir sur-exprimé le gène de la FREP1 dans des bactéries et levé des anticorps chez un lapin. Même chose, le parasite est devenu incapable de produire ce qu’on appelle des sporozoïtes, la forme transmissible du plasmodium lors par exemple d’un second repas quelques heures après le premier. Et c’est là que repose l’espoir d’un vaccin. Encore fallait-il vérifier un certain nombre d’éléments permettant d’alimenter cet espoir. D’abord n’y a-t-il pas un danger à immuniser une personne contre la FREP1 qui est une protéine proche du fibrinogène un facteur de coagulation du sang. Apparemment les lapins à qui on avait injecté de la FREP1 n’ont pas eu de problèmes. Le titre de l’anticorps dans le sérum de lapin a tout de suite paru satisfaisant et même dilué de plus d’un facteur 5 et injecté dans les moustiques, les anticorps étaient suffisamment actifs pour inhiber le cycle de production de sporozoïtes (voir le cycle de reproduction) qui n’a lieu que chez le moustique.

On peut donc espérer que cette approche romprait ce cycle de reproduction qui n’a lieu que chez le moustique puisqu’en s’abreuvant de sang, le moustique va donc également aspirer des anticorps dirigés contre la protéine FREP1 et ces derniers vont mettre fin à l’apparition des sporozoïtes. Une vérification ultime s’imposait avant de décider d’essais en vraie grandeur dits de phase I sur le terrain, dans des régions infestées de moustique anophèle gambiae et de malaria falciparum. Les anticorps de lapin restent-ils actifs suffisamment longtemps pour désactiver la production de sporozoïtes ? La réponse a encore été positive. Tous les espoirs sont donc permis.

Il faut cependant souligner que l’approche choisie par le Docteur Li ne conduit pas à un vaccin proprement dit mais à la construction artificielle d’une réaction immunitaire contre un antigène, en l’occurence la protéine de moustique FREP1, dans le but de combattre le parasite non pas dans son propre corps, comme c’est le cas pour les vaccins dirigés contre les virus, par exemple, mais par prélèvement sanguin interposé et dans le tube digestif du moustique. Il fallait y penser et surtout réaliser de minutieuses dissections de moustiques pour élucider le mécanisme qu’a adopté le falciparum au stade ookinete pour pouvoir produire des sporozoïtes comme c’est résumé dans la figure ci-dessus tirée de l’article paru dans le J. Biological Chemistry et aimablement communiqué par le Docteur Li :

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En bloquant la partie accessible de la protéine FREP1 à l’aide d’anticorps, l’ookinete devient incapable de se fixer sur la matrice péritrophique constituée en grande partie de chitine pour échapper au milieu digestif agressif et se retrouver à l’extérieur du tube digestif afin que les sporozoïtes puissent être délivrés à la prochaine victime du moustique par la salive de ce dernier quand il se sert un deuxième repas de sang ce qui est fréquent. Le pouvoir « infestant » du moustique est alors très amoindri voire réduit à néant. Si le « vaccin » s’avère efficace, autant dire que l’épidémie de malaria s’éteindra d’elle-même faute de parasites …

Pour rappel, l’Organisation Mondiale de la Santé (WHO) a dénombré en deux mille treize 198 millions de cas de malaria et 584000 morts, essentiellement des enfants : un enfant dans le monde meurt chaque minute de malaria, 97 pays et territoires sont touchés par la malaria.

Retour sur l’invention du vaccin contre la variole et la situation actuelle

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Pour les Français, c’est Pasteur qui a inventé la vaccination, en réalité ce n’est pas Pasteur et le nom même de vaccin vient directement d’une maladie contractée par les fermières anglaises (et de bien d’autres pays) en trayant leurs vaches, des sortes de pustules ressemblant à s’y méprendre à la variole. Les faits se déroulèrent au XVIIIe siècle, donc bien avant Pasteur et il est souvent riche d’enseignements de relire l’histoire car on découvre l’ingéniosité de l’esprit humain qui sut faire avancer la science à petits pas, certes, mais des petits pas qui aboutirent à la plus grande avancée de la médecine, c’est-à-dire la vaccination. On savait depuis des temps reculés en particulier en Chine et en Turquie, bien avant l’époque de l’empire Ottoman, que la variole de la vache – en français vaccine – protégeait efficacement contre la variole (humaine) ceux qui avaient souffert de cette maladie, la variole touchant les deux tiers de la population et tuant un cinquième d’entre eux.

La « vaccine » fut donc la première expérimentation dont la finalité était la stimulation du système immunitaire pour se protéger d’une maladie afin d’éviter d’en mourir. Les observations d’immunité acquise contre la variole après avoir souffert de la vaccine restaient inexpliquées et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle qu’Edward Jenner, un médecin anglais né à Berkeley dans le Gloucestershire, comprit ce qui se passait dans la réalité. Jenner préleva du pus provenant des pustules de malades souffrant de vaccine et inocula celui-ci à des personnes saines qui développèrent la maladie dans le but de les protéger contre la variole. Il vérifia son hypothèse d’une immunité acquise en « variolant » ces sujets. La variolation était une pratique développée depuis très longtemps en Chine qui consistait à recueillir le liquide présent dans les pustules des personnes atteintes de variole et de l’inoculer dans la peau de personnes saines. Celles-ci étaient alors protégées contre la variole après avoir développé les mêmes symptômes que la maladie proprement dite mais atténués. Le même protocole appliqué avec le pus des pustules de la vaccine conduisit au même niveau de protection sans toutefois induire parfois de graves symptômes comme c’était le cas avec la variolation.

Fort de cette observation Jenner entreprit de collecter des fonds pour appliquer sa méthode à de nombreuses personnes pour les protéger contre les épidémies récurrentes de variole. Aujourd’hui la variole, grâce à la vaccination systématique mise en place au XIXe siècle, est la première maladie mortelle à avoir été éradiquée totalement et la poliomyélite est en passe de subir le même sort. La vaccination contre la variole reste obligatoire pour les militaires américains et leurs familles … Curieux, d’autant plus que la communauté scientifique considère que ce vaccin est aujourd’hui l’un des moins sûrs, du moins si l’on se réfère à ce qu’affirme une étude datant de 2003. Le vaccin actuel (bien qu’on ne vaccine plus contre cette maladie dans la plupart des pays développés) est un virus atténué authentique obtenu avec des cultures de cellules (Vero) de rein de singe Vervet africain. Paradoxalement cette technique d’obtention de virus atténués fut aussi utilisée pour produire le virus atténué de la polio et manque de chance ou mauvais contrôle industriel, certaines campagnes de vaccination contre la polio aboutirent à répandre massivement un autre virus présent chez le Vervet, le SV40. Ce dernier virus est suspecté d’avoir contaminé des millions d’enfants et d’adultes lors des campagnes de vaccination contre la poliomyélite. Le SV40 hautement suspecté de favoriser l’apparition de cancers contamina des lots entiers de vaccins polio façon Salk ou façon Sabin. Si l’affaire ne fut pas trop ébruitée en son temps car il s’agissait de combattre la poliomyélite en urgence, il n’en reste pas moins qu’à l’époque, sans les moyens d’investigation puissants de la génétique moderne, les pouvoirs publics avaient pris de gros risques qui s’avérèrent rétrospectivement anecdotiques car les études épidémiologiques ne révélèrent aucune incidence sur la fréquence de rares formes de cancers ou tout au plus un soupçon favorisant l’apparition comme co-carcinogène des cancers de la plèvre avec l’amiante. Cette observation conduisit pour partie à interdire l’usage de l’amiante …

Ces rappels sont là tout simplement pour montrer qu’une urgence sanitaire peut conduire à des incidents de parcours qu’il est difficile de prévoir ou de maîtriser. Mais revenons à la variole. À la fin du XIXe siècle, se « faire vacciner » représentait un coût et seules les classes sociales aisées pouvaient se permettre ce luxe. Il en résulta tout naturellement que la variole continuait à faire des ravages chez les pauvres comme c’est le cas aujourd’hui pour d’autres maladies. On accusa donc les classes sociales supérieures, protégées contre la maladie mais néanmoins porteuses éventuelles du virus, de le transmettre aux « pauvres » et cet état de fait introduisit une sorte de ségrégation entre les vaccinés et les non vaccinés. Avec la généralisation de la vaccination, il semble que le virus ait évolué vers une forme moins agressive, fait qui contribua probablement à son éradication. Alors pourquoi conserver les souches de virus les plus dangereuses ? C’est du ressort des armées américaine et russe à tel point qu’en 2000 le gouvernement américain envisagea sous l’administration Bush de produire massivement des vaccins contre la variole car il s’agit d’une arme biologique dont il faut se protéger. Cependant la vaccination telle qu’elle fut décidée par l’armée américaine n’est pas anodine et les effets secondaires peuvent être vraiment indésirables et cela d’autant plus que ce projet était géré par des militaires. Il y eut tout de même un essai clinique organisé par l’armée américaine qui fut globalement catastrophique avec des complications cardiaques notoires pour des personnes ayant des pressions sanguines élevées, des taux de cholestérol hors normes, du diabète, un surpoids ou une prédisposition familiale à ces pathologies, autant dire plus de 60 % de la population américaine ! Pourtant 2,4 millions de militaires furent vaccinés entre 2002 et 2014 malgré les mises en garde du CDC. Il n’y a qu’un tout petit chemin à parcourir pour rapprocher cette campagne de vaccination du syndrome dit de la Guerre du Golfe qui coûta une fortune à l’armée américaine et qui persiste encore aujourd’hui sans qu’on ait pu en identifier les causes mais … suivez mon regard, car le nouveau vaccin produit par l’armée américaine est un véritable poison : le virus supposé désactivé est capable de s’installer et de créer ce qui s’appelle en jargon médical la « vaccine progressive », une sorte de variole atténuée qui progresse avec le temps au niveau du site de vaccination puis sur tout le corps. L’armée américaine a d’ailleurs inventé toutes sortes d’effets de la guerre du Golfe pour minimiser sa gestion catastrophique de cette vaccination obligatoire pour ses personnels comme par exemple l’utilisation de balles en uranium appauvri. Pas vraiment réjouissant !

La réintroduction de la vaccination contre la variole avec un virus atténué est donc potentiellement dévastatrice et ce qui est au contraire certain c’est que le virus détenu tant par les Russes que les Américains ne pourra jamais tomber dans les mains de terroristes tels qu’on les définit actuellement. La terreur pourrait au contraire provenir de l’establishment médico-pharmaceutique qui aimerait bien qu’une campagne de vaccination puisse être décidée afin de réaliser de monstrueux profits. On comprend donc un peu mieux pourquoi les souches de virus sont jalousement gardées, au cas où …

Liens :

http://www.jennermuseum.com/the-garden.html.

http://biotech.law.lsu.edu/blaw/bt/smallpox/Congress/040129_ABiodefenseFailureOneYearLater.pdf

http://www.vaccines.mil/documents/1702_SmallpoxScreeningForm.pdf

Note : la seule autre maladie virale définitivement éradiquée par vaccination est la peste bovine. Illustration Wikipedia : enfant atteint de variole en 1973.

Un vaccin contre la grippe pas aussi efficace qu’attendu : les « anti-vaxxers » se frottent les mains !

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Une fois l’an, au mois de février, une dizaine de spécialistes du monde entier se réunit dans les locaux du CDC (Center for Disease Control) à Atlanta en Géorgie pour décider du choix des souches de virus de l’influenza qui seront utilisées pour la préparation du vaccin anti-grippe qui sera proposé à l’approche de l’hiver suivant. Afin d’éviter les erreurs, parmi des dizaines de souches de virus répertoriées au cours de l’année précédente et l’étude épidémiologique qui a été entreprise, il est alors pris la décision de produire un vaccin tétravalent, c’est-à-dire permettant d’activer les défenses immunitaires contre 4 souches de virus différentes. Le choix n’est pas simple car d’une part l’épidémiologie de la grippe est extrêmement complexe et d’autre part le virus a tendance à muter et les mutations créent une « dérive antigénique ». En d’autres termes, le choix de ces 4 souches, 8 à 10 mois avant la saison grippale, tient parfois à un fil, un peu comme si un météorologue prédisait trois mois à l’avance quelle serait la couche neigeuse au sommet des pistes d’une station de sports d’hiver au mois de janvier en Slovénie depuis son bureau de Sapporo à Hokkaido.

En cette fin d’année 2014 le CDC a reconnu que le choix des souches effectué en début d’année n’était pas optimal et que la protection contre le virus de la grippe n’atteindrait, au mieux, que 60 % et ce dans le meilleur des cas. Les recommandations du CDC datant de décembre 2014 sont donc on ne peut plus claires ( http://www.cdc.gov/media/releases/2014/p1204-flu-season.html ) : il faut tout de même se faire vacciner (on ne sait jamais), il faut rester chez soi quand on est grippé aussi longtemps qu’on est fiévreux afin de diminuer les risques de propagation de l’épidémie et les personnes à haut risque doivent pouvoir disposer de médicaments anti-rétroviraux. Naturellement la poignée d’experts internationaux ayant décidé en février 2014 de la nature des souches utilisées pour l’élaboration du vaccin ne pouvaient pas prévoir que la « dérive antigénique » redoutée apparaîtrait déjà à la fin du mois de mars. Le processus industriel long et coûteux de production du vaccin était engagée et il était alors impossible de faire machine arrière. Malgré les récents progrès des investigations rapides des modifications du matériel génétique viral, dans le cas du virus de la grippe il s’agit d’ARN, la décision se fait toujours selon un protocole datant du début des années 60 !

Autant dire que les pourfendeurs de la vaccination ont sauté sur l’occasion pour défendre leur prise de position, on les appelle des « anti-vaxxers » aux USA. Leurs arguments sont toujours les mêmes, les vaccins sont dangereux parce qu’ils peuvent favoriser l’apparition de l’autisme, entre autres symptômes délicieusement servis par ces activistes d’un genre particulièrement dangereux sans qu’ils ne puissent jamais apporter de preuves scientifiques à leurs allégations délirantes. Ils sont déjà à l’affut d’une saison grippale désastreuse pour renforcer leur argumentation. Le CDC a pourtant insisté sur le fait qu’une efficacité réduite à 60 % pour la souche H3N2 permettrait de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies. Les statistiques indiquent en effet que la très grande majorité des décès dus à la grippe ces dix dernières années a frappé des personnes non vaccinées alors que la dérive génétique (et donc antigénique) ne date pas de cette année 2014. Pour être objectif, la vaccination contre la grippe permettra encore cette année de sauver des dizaines de milliers de vie. Si un laboratoire mettait au point un vaccin efficace contre le virus du SIDA qui a tué près de 15000 personnes aux USA en 2011 il obtiendrait immédiatement le Prix Nobel de Médecine. Quelle serait alors la position des « anti-vaxxers », mais au fait quelle est leur position pour les vaccins protégeant contre la rougeole ou l’hépatite B qui sont efficaces à plus de 99 % ? Force est de constater que l’anti-science a encore de beaux jours devant elle …

Sources : CDC et Daily Beast, illustration Wikipedia (virus de la rougeole)

La phobie de la vaccination fait encore des siennes …

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C’est bientôt la période de la traditionnelle vaccination contre la grippe et qui dit vaccin dit aussi des opposants à cette pratique dont la validité n’a plus besoin d’être démontrée depuis Pasteur. Et pourtant …

En Colombie, après une campagne de vaccination contre l’HPV, la première maladie sexuellement transmissible dont j’ai déjà largement parlé dans ce blog, il s’est trouvé qu’un phénomène d’hystérie collective a attiré l’attention des médecins qui n’ont pu trouver une quelconque explication rationnelle ou médicale aux symptômes que présentaient plusieurs centaines de jeunes filles récemment vaccinées avec du Gardasil (voir l’illustration, Getty, Bloomberg). Il est rapidement apparu que cette épidémie était orchestrée par des groupuscules activistes fermement opposés à toute vaccination. Pourquoi uniquement des jeunes filles, tout simplement parce que la vaccination pour se protéger de l’HPV était encore récemment préconisée seulement pour les filles pré-pubères et non chez les garçons. Comme on peut l’imaginer sans peine, ces adolescentes ont été manipulées par des sortes de gourous ignares qui les ont persuadé qu’elles allaient ressentir toutes sortes de symptômes indésirables … et c’est ce qui est arrivé.

L’hystérie collective est beaucoup plus communément répandue que l’hystérie individuelle :

In individuals, insanity is rare; but in groups, parties, nations and epochs, it is the rule.” Friedrich Nietzsche

On pourrait disserter à l’infini sur ce mot fameux du philosophe mais dans le cas présent de la vaccination pour se protéger contre l’HPV, on a atteint les limites de l’indécence intellectuelle : on a tendance de nos jours à accorder plus de crédibilité aux rumeurs plutôt qu’aux faits avérés : « on m’a dit que, j’ai entendu dire que, j’ai lu que, j’ai vu à la télé que … » voilà comment se forgent des opinions et des convictions. On pourrait citer des dizaines d’exemples qui défient le bon sens le plus basique et qui peuvent être extrêmement dangereuses surtout quand ce sont les bouffons au pouvoir qui y croient.

Source : Bloomberg

Chronique japonaise (suite)

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Mon petit-fils va au kinder-garten, en français jardin d’enfants, mais il ne doit pas y avoir d’équivalent japonais pour ce mot puisque les Japonais utilisent l’allemand plutôt que le français dont ils sont très friands. Bref, mon petit-fils a ramassé une gastro-entérite, affection virale dont le nom a aussi changé puisqu’on appelait ce dérangement « grippe intestinale » quand j’étais enfant. Comme mon petit-fils est un petit gamin costaud et que les enfants ont cette faculté oubliée des adultes de savoir ce qu’il faut faire en cas de dérangement intestinal, il n’a rien mangé pendant deux jours puis les seuls signes manifestes de sa « gastro » ont été des couches débordantes de liquide nauséabond. Mon fils l’a changé et naturellement, deux jours plus tard il était sérieusement malade. Par contre ma petite fille est presque passée indemne à travers les nuages de virus auxquels nous avons tous été soumis. Et il m’a fallu quatre jours supplémentaires pour à mon tour pour être complètement cassé, ma tuyauterie interne étant totalement déréglée et évacuant par le haut et par le bas des miasmes peu ragoutants. Saloperie de virus !

De toute évidence, les enfants sont les réservoirs de virus variés qu’ils côtoient au jardin d’enfants et se font un plaisir de les rapporter à la maison. Et si on les vaccinait ? Comme pour le vaccin contre la grippe, dont il a été montré le bénéfice indirect sur l’entourage, la vaccination contre le rotavirus de type A, la cause la plus commune de gastro-entérite chez l’enfant et de toute évidence transmissible aux adultes, serait bénéfique en termes économiques et également plus prosaïquement pour le confort personnel. Il existe deux vaccins disponibles contenant un virus atténué, le Rotarix et le RotaTeq dont l’efficacité a été prouvée par les études détaillées de Cochrane Collaboration en 2012. Pourquoi s’exposer à des risques inutiles qui sont coûteux pour la société comme je le mentionnais plus haut. Mon fils a dû renoncer à aller travailler pendant deux jours, consultation médicale en sus (qui ne sert à rien sinon a signer le document d’arrêt de travail, le médecin étant impuissant devant cette maladie), et en multipliant par des millions de cas, ça finit par coûter des milliards d’euros, de yens ou de dollars.

A propos de vaccins

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Après avoir lu un article paru dans Contrepoints (voir le lien) je suis tombé opportunément sur un rapport de la Society for General Microbiology (G-B) relatif aux premières retombées de la vaccination contre les virus du papillome (HPV). Ca se passe en Grande-Bretagne où où l’open data médical est maintenant installé et fonctionnel ce qui n’est toujours pas le cas en France pour des raisons obscures, faut-il le rappeler. Le virus du papillome (HPV types 16 et 18) est responsable de près de 100 % des cancers du col de l’utérus et de plus de 95 % des cancers de l’anus soit environ 5 % de tous les cancers. C’est la maladie sexuellement transmissible la plus courante. Les vaccins contre ces virus ont été introduits à la fin de l’année 1998 et si certaines controverses sont apparues, notamment alimentées médiatiquement par les pourfendeurs de la vaccination, mais jamais médicalement prouvées comme résultant de la vaccination proprement dite, les faits parlent d’eux-mêmes selon ce rapport.

Donc d’abord les faits : le cancer du col de l’utérus est le plus commun des cancers chez les jeunes femmes (moins de 35 ans) sexuellement actives. Environ 2500 d’entre elles sont diagnostiquées avec un tel cancer chaque année en Grande-Bretagne. Entre 2010 et 2012, 4000 échantillons de frottis vaginaux provenant de dépistages systématiques de la présence de Chlamydia ont montré qu’avant les programmes d’immunisation contre l’HPV, 20 % des jeunes femmes de 16 à 18 ans sexuellement actives étaient porteuses d’au moins un des deux types du virus oncogène. Après les premières campagnes de vaccination contre l’HPV, ce pourcentage est tombé à 6,5 % dans cette même tranche d’âge, celle maintenant la mieux couverte par la vaccination. C’est un bon début qui indique par ailleurs, selon le rapport, que la vaccination serait encore plus bénéfique en termes de protection immunitaire si la vaccination était réalisée avant que les jeunes filles deviennent sexuellement actives. Or, les jeunes filles, devant la peur que suscite le cancer du col de l’utérus, sollicitent le corps médical après avoir le plus souvent débuté une activité sexuelle, ce qui explique au moins en partie ce pourcentage résiduel de jeunes filles porteuses du virus, bien qu’étant immunisées.

Un autre effet de la vaccination, bien connu pour d’autres types de vaccins est la réduction de la transmission du virus à son entourage et dans le cas de l’HPV à d’autres partenaires, une conséquence tout à fait bénéfique pour les jeunes filles non vaccinées ainsi que pour les hommes. On peut donc d’ors et déjà considérer que les vaccins contre l’HPV sont grandement bénéfiques pour diminuer significativement l’apparition de cancers tant du col de l’utérus que de l’anus et accessoirement du rhino-pharynx et que le vaccin est parfaitement efficace.

Pour en revenir au virus lui-même, le mécanisme de son oncogénicité vient d’être élucidé formellement en alignant les séquences de la totalité de l’ADN de 10 lignées cellulaires provenant de cancers du col de l’utérus et du rhino-pharynx induits par ce virus. Il a fallu pour aboutir à quelques résultats probant utiliser le super-ordinateur de la Ohio State University, le challenge étant d’aligner et de comparer pour chaque échantillon les séquences d’ADN avec celles d’un témoin soit les quelques trois milliards de bases de chacun après avoir séquencé tous ces ADNs. Un immense travail qui a révélé le mécanisme d’endommagement de presque tout l’ADN des cellules hôtes, ce qui a permis de comprendre pourquoi les cellules infectées ne pouvaient devenir que cancéreuses. Le virus introduit des petits bouts de ses propres séquences un peu partout dans l’ADN et pour tous les chromosomes, entrainant des cascades incontrôlables de dérégulation de l’expression des gènes et presque de n’importe lesquels d’entre eux. Un véritable cataclysme au niveau cellulaire avec des fragments d’ADN purement et simplement supprimés, des insertions au hasard et multiples, un accroissement des copies de l’ADN du virus augmentant l’expression des protéines E6 et E7 de ce dernier, de véritables outils pour transformer irrémédiablement les cellules aboutissant à un cancer intraitable par chimiothérapie tant les cellules devenues cancéreuses sont devenues de véritables monstres avec un patrimoine génétiques, si on peut encore parler de patrimoine, complètement instable. Quand l’ADN du virus s’insère dans celui de la cellule hôte, il se produit un mécanisme totalement fou de multiplication de cet ADN qui va s’insérer partout comme l’illustre la figure ci-dessous.

Il a fallu une puissance de calcul phénoménale d’un Xeon cluster construit par HP comprenant 8300 noyaux (cores) et capables d’effectuer 154 teraflops (calculs) par seconde nécessitant une capacité de mémoire de 2 petabytes. La capacité de mémoire du CERN, pour donner une idée est seulement 6 fois plus importante que celle du centre de calcul de la Ohio State.

Illustration

Sources : Ohio State University, Society for General Microbiology (G-B)

http://www.contrepoints.org/2014/04/16/163023-les-vaccins-oppression-etatique