Un gros et long pénis est-il un avantage ? Pas si sûr …

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Le Docteur Nicole Prause du Département de Psychiatrie de l’Université de Los Angeles (UCLA) a réalisé une intéressante étude sur l’influence de la perception du pénis de l’homme (en érection) par sa partenaire. Cette perception peut en effet avoir des conséquences sur l’harmonie du couple. Et ce n’est pas un hasard que de s’intéresser à cet aspect particulier du comportement féminin puisque 68 % des hommes déclarent être plus soucieux des mensurations de leur pénis que de leur poids, de leur calvitie, de la couleur de leurs yeux ou de leur taille comme arguments physiques de séduction. On peut le comprendre aisément mais qu’en pensent les femmes ?

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Nicole Prause a imprimé en trois dimensions 4 modèles de pénis en érection stylisés pour faire abstraction des détails anatomiques n’entrant pas directement dans l’appréciation de la taille et du diamètre de ces derniers. On peut se procurer le document pour imprimante 3-D sur le site cité en lien. Ces « modèles dépouillés » de pénis en érection étaient supposés éviter des réactions négatives de la part des participantes (75 femmes) hétérosexuelles âgées de 18 à 65 ans recrutées sur le campus de UCLA. Le point important était que toutes les participantes à l’étude devaient être engagées dans des relations sexuelles normales. L’échantillon était presque également réparti entre des caucasiennes (blanches), des hispaniques, des femmes d’origine asiatique et des afro-américaines.

Le premier test assorti d’un questionnaire très détaillé consistait à laisser chacune des participantes apprécier les objets représentés par la figure ci-dessus et faire en quelque sorte un choix spontané après 30 secondes d’observation et d’appréciation manuelle, voire buccale, selon l’étude. Le second test durant 30 minutes consistait à laisser à chaque participante le temps d’établir une relation entre la longueur et le diamètre des objets en fonction de la relation sexuelle qu’elles vivaient dans la vraie vie afin d’établir des comparaisons concrètes.

Le résultat de cette étude est en accord avec l’anatomie féminine dans la mesure où la femme privilégie un pénis d’un diamètre d’environ 4 centimètres et d’une longueur de 14 centimètres sachant que le vagin n’est sensible que le long des trois à quatre premiers centimètres et que le diamètre du pénis n’est important que pour comprimer les corps caverneux prolongeant le clitoris et situés autour de l’entrée du vagin. Pas plus compliqué que ça, une observation qui a été bien décrite il y a deux mille ans dans le Kama Sutra. Je rappelle à mes lecteurs masculins que la longueur moyenne du pénis en érection est justement de 14 à 15 centimètres avec un diamètre moyen de 3,5 à 4 centimètres …

Une étude de plus pour vérifier la normalité de la nature qui finalement n’a rien de fantasmatique.

Source : PlosOne : DOI : 10.1371/journal.pone.0133079

http://www.thingiverse.com/thing:518401

Illustration Kama Sutra (Wikipedia)

Des tomates transgéniques pour combattre l’athérosclérose !

Il m’arrive parfois d’hésiter à écrire encore un billet relatif aux progrès incessants et multidirectionnels de la biologie appliquée à la recherche médicale. Mon hésitation tient au fait qu’il faut, pour entrer dans le vif du sujet, faire parfois des rappels fastidieux de chimie ou de biochimie pour bien comprendre ce dont j’ai décidé de disserter. Mais comme beaucoup de mes lecteurs, à n’en pas douter, ont parfois peur d’aller consulter leur médecin qui va leur dire qu’ils ont trop de tension artérielle ou trop de cholestérol ou encore trop de poids ou les trois en même temps, c’est souvent le cas, chaque fois que des scientifiques curieux font émerger par leurs travaux un espoir de traitement, même ténu, de ces inconvénients de santé, je finis par me décider à écrire quelques feuilles pour en faire partager mes lecteurs assidus et leur donner aussi quelques espoirs.

Il faut donc que je fasse quelques rappels basiques de biochimie pour arriver à comprendre ce que viennent de découvrir des biologistes de la UCLA School of Medicine. N’importe quelle cuisinière sait qu’il faut ajouter un jaune d’oeuf à l’huile pour faire monter une mayonnaise. Le constituant du jaune d’oeuf qui permet d’atteindre ce résultat magique, en fait une émulsion de l’huile, tient au fait que le jaune d’oeuf contient de la lécithine, une molécule assez simple formée de deux acides gras liés à un résidu de glycérol. Ce dernier morceau, le glycérol est phosphaté et le phosphate, chargé négativement, est lié également à une molécule de choline, elle-même chargée positivement. Ces deux charges positives et négatives à l’extrémité de l’ensemble et opposées aux deux acides gras expliquent que la lécithine présente des propriétés tensioactives, un peu comme les constituants du savon. La lécithine qu’on trouve donc dans le jaune d’oeuf mais aussi dans le soja est un composant majeur des membranes cellulaires.

1-palmitoyl-2-oleoylphosphatidylcholine

Dans l’intestin grêle, il arrive que la lécithine subisse des dégradations indésirables, comme l’enlèvement d’un des acides gras puis de la choline, le petit bout à droite avec l’atome d’azote (N) chargé positivement. On obtient alors ce qu’on appelle de l’acide lysophosphatidique (LPA). Ne pas confondre avec la Ligue de Protection des Animaux, encore que la suite de mon histoire aboutira à une protection des animaux de laboratoire qui ont servi à faire cette découverte intéressante.

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La LPA, détectée en quantités extrêmement faibles dans l’intestin pour qu’on puisse lui attribuer un rôle, a pourtant un puissant effet sur le développement de l’athérosclérose. On savait que la LPA était retrouvée dans certaines cellules cancéreuses et qu’elle semblait favoriser la multiplication des cellules en culture, mais on n’avait jamais songé à lui trouver un rôle autre que de créer parfois des dommages aux membranes cellulaires en se faufilant entre les autres lipides constituants de ces membranes. Les biologistes de UCLA ont nourri des souris avec des granulés vraiment gras contenant plus de 20 % de lipides, dont de la lécithine et du cholestérol. Et ils ont trouvé deux fois plus de LPA dans l’intestin grêle avec ce régime en comparaison d’un régime contenant peu de graisses (4%). Naturellement les souris nourries avec autant d’aliments franchement graisseux développaient très rapidement toutes sortes de symptômes comme une augmentation des LDL et une décroissance des HDL, en d’autres termes une augmentation du « mauvais » cholestérol dans le sang, mais aussi une augmentation des marqueurs d’inflammation comme la CRP (C-reactive protein), dont la présence dans le sang est, entre autres, un indicateur de dommages et d’inflammations artérielles. Quand ils ont ajouté à la nourriture normale, 4 % de graisses, une partie par million de LPA, c’est-à-dire pas beaucoup, on pourrait dire une dose homéopathique, la quantité retrouvée dans l’intestin grêle était sensiblement la même que si les souris avaient été nourries avec des granulés riches en graisses et elles présentaient rapidement les même analyse sanguines inquiétantes que les souris nourries avec beaucoup de matières grasses. La seule explication plausible est donc qu’il se passe quelque chose dans l’intestin et pas seulement dans le foie qui favorise l’apparition de l’athérosclérose et de bien d’autres désagréments.

Parallèlement à ce travail, cette équipe décidément pluridisciplinaire a mis au point une tomate génétiquement modifiée qui exprime une petite protéine appelée 6F qui mime l’action de la partie protéique de l’HDL. Inutile de préciser que HDL signifie High Density Lipoprotein, ce qui veut dire qu’il s’agit d’un complexe entre une protéine et principalement le cholestérol. La partie protéique du complexe est constituée d’une petite protéine appelée ApoA-1 et elle est très utile pour transporter le cholestérol du foie vers d’autres organes comme les glandes surrénales, mais elle enlève également le surplus de cholestérol qui tapisse physiologiquement les artères pour le renvoyer vers le foie. Bref, cette équipe de UCLA composée d’une vingtaine de personnes a donné de la poudre de tomates transgéniques lyophilisées aux souris dans les mêmes conditions que précédemment avec des régimes riches ou pauvres en graisses et addition de LPA ou non à raison de 2,2 % de poudre dans les granulés. Ils ont observé que non seulement l’augmentation de LPA dans l’intestin grêle était totalement annulée mais qu’en plus les LDL diminuaient et les HDL augmentaient et le taux de CRP restait normal. Naturellement ce petit peptide 6F ne se retrouve pas dans le sang puisqu’il est dégradé et seuls les acides aminés individuels passent dans le sang comme pour n’importe quelle autre protéine digérée dans l’intestin. Il se passe donc quelque chose de néfaste dans l’intestin grêle qui peut être l’une des causes de l’athérosclérose et qui pourrait peut-être bien être traité au moins préventivement en se gavant de tomates spécialement modifiées génétiquement à cet effet. L’illustration (Source UCLA Newsroom) montre en bas à gauche l’aorte de souris nourrie avec un régime graisseux auquel a été ajouté ou non la poudre de tomate. La coloration rouge montre les plaques d’athérome. Les souris utilisées sont noires !

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Reste à savoir ce qu’en pensera le faucheur d’OGM devenu ministre français de l’environnement (et de l’énergie) lui qui est opposé à toute culture de plantes transgéniques sur le sol français …

Un autre scandale sanitaire en vue ? Les anti-diabète !

Il existe des traitements contre l’hyperglycémie liée au diabète de type II. Les composés chimiques sont tous des inhibiteurs d’un enzyme qui régule la quantité circulante d’une hormone gastro-intestinale appelée incrétine et apparaissant au début de la digestion. Cette hormone stimule la sécrétion d’insuline et diminue la production de glucagon, comme on pouvait s’y attendre mais elle est très rapidement détruite par l’enzyme que je mentionnais plus haut, une dipeptidyl peptidase. Inhiber cet enzyme revient donc à obliger le pancréas à sécréter de l’insuline avec comme conséquence directe une glycémie fortement diminuée, c’est le but recherché par les drogues anti diabète. Une famille de ces drogues est appelée gliptine dont la sitagliptine est la plus connue et commercialisée sous les noms poétiques de Januvia, Xelevia, Ristaben, Tesavel ou encore Janumet. Vous noterez la créativité sans limite des laboratoires pharmaceutiques pour trouver un nom accrocheur à leurs poisons. Bref, Merck, AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb réalisent un chiffre d’affaire global d’environ 6 milliards de dollars par an avec ces gliptines. Actuellement aux Etats-Unis, 575 personnes sous Januvia souffrant de pancréatites et 43 autres souffrant de cancer de pancréas (tant qu’ils sont encore vivants) ont déposé plainte contre Merck. La plupart des médecins universitaires sont plus ou moins, plutôt plus que moins d’ailleurs, conseillers des grands groupes pharmaceutiques surtout quand leur spécialisation scientifique fait autorité. Grassement rétribués pour leurs conseils, ils n’ont jamais contesté les essais cliniques toujours réalisés sur des sujets sains (voir mon billet sur le Canderel) et si un de leurs collègues conteste les résultats lus et approuvés par l’administration qui délivre les autorisations de mise sur le marché, administration également toute dévouée aux grands groupes pharmaceutiques, alors la situation devient vite gênante. C’est un peu comme pour le Médiator. Il a suffi d’une voix au ton différent pour que le scandale éclate. C’est ce qui est en train d’arriver à l’identique aux USA où une diabétologue réputé, le Docteur Peter Butler, chef du service d’endocrinologie de la UCLA School of Medicine, a tiré la sonnette d’alarme en publiant un article dans Diabetes Journal qui montre clairement que ces médicaments administrés à tort et à travers par des endocrinologues endoctrinés par des visiteurs médicaux formatés pour faire vendre leurs spécialités en dépit des effets secondaires souvent mortels produisent effectivement des hyperplasies du pancréas suivies de cancers. Or 100 % des cancers du pancréas sont mortels et les pancréatites se concluent souvent par des cancers. Naturellement, les laboratoires cités plus haut ont immédiatement contesté les résultats arguant du fait que « l’absence d’évidence est une évidence de l’absence ». Et le Docteur Butler de conclure sont article en mentionnant que si l’IATA, l’agence internationale du transport aérien raisonnait de la même façon, plus personne ne prendrait un avion ou encore « on est innocent tant qu’on n’a pas prouvé qu’on est coupable » mais un tel principe appliqué à des sociétés qui ont conduit des essais cliniques bâclés et donc en définitive malhonnêtes conduit au désastre et au scandale attendu pour les gliptines, comme pour les statines et le cholestérol …

Source : http://care.diabetesjournals.org/content/early/2013/05/06/dc12-2713.full.pdf

Narcolepsie, bonheur et hypocretine …

J’ai un souvenir très présent d’un oncle qui souffrait de narcolepsie. Si le repas trainait en longueur il lui arrivait de s’endormir entre deux plats et pour ne pas sombrer dans une somnolence durable, il devait s’obliger en permanence à occuper ses doigts, sa pensée, parler, marcher, jouer au tennis ou aller tailler ses rosiers, que sais-je encore, mais il était handicapé parce qu’il ne pouvait pas conduire une voiture de peur de s’endormir brutalement. Jeune enfant, l’état de mon oncle m’impressionnait parce que, moi-même, j’avais de la peine à trouver le sommeil, toujours poursuivi par des angoisses variées alimentées par le moindre bruit extérieur puisque nous avions dans la famille l’habitude de dormir la fenêtre ouverte, en pleine campagne. Et dans le silence de la nuit, la campagne frémit de toutes sortes de bruissements étranges pour un enfant qui cherche le sommeil.

Au début des années 2000 une cause putative de la narcolepsie fut avancée quand on découvrit que les patients souffrant de cette infirmité neurologique avaient dans leur cerveau à peine 5 % de la quantité attendue de cellules nerveuses sécrétant l’hormone appelée hypocretine ou encore orexine dans l’hypothalamus, cette région du cerveau extrêmement complexe située entre la base du cerveau et l’hypophyse et siège de nombreuses sécrétions hormonales dont les fonctions sont précisément ciblées pour réguler un grand nombre de processus biologiques fondamentaux comme par exemple la régulation de la production d’hormone de croissance et d’autres hormones hypophysaires mais aussi d’autres peptides ayant un effet sur le système nerveux central ou l’ensemble du corps. Ces hormones généralement de nature peptidique (comme l’hormone de croissance ou l’insuline) sont le plus souvent sécrétées par un petit nombre de neurones hypothalamiques et la régulation de leur excrétion est elle-même sous le contrôle d’autres facteurs, ce qui rend l’hypothalamus d’une complexité encore plus incroyable que la complexité du reste du cerveau. Le Docteur Jerome Siegel découvreur de la relation entre l’hypocretine et la narcolepsie vient de mettre en évidence une relation directe entre ce peptide cérébral et ce qu’on pourrait appeler le « bonheur », mais oui, le bonheur ! Et cette découverte va en faire rêver plus d’un par ces temps de morosité, dans une France, fille aînée de l’Eglise mais d’une Eglise sans pape, aux mains de mécréants socialistes dirigistes, écologistes, marxistes et gauchistes, tous des mots qui riment avec antéchrist, il y a de quoi être triste (j’abuse dans la rime) et dépressif (je n’ai pas trouvé de rime) !!!

Le docteur Siegel du Centre de Recherche sur le Sommeil de UCLA a fait cette découverte assez exceptionnelle dans ses retombées potentielles tant pour soigner certaines formes de dépressions que pour donner de la bonne humeur ou accroitre la vigilence. Il a fait cette découverte en soignant huit malades souffrant d’épilepsie incurable dans son service de psychiatrie du Ronald Reagan UCLA Medical Center. Il a implanté dans le cerveau de ces malades, avec leur consentement, de fines électrodes et des capillaires microscopiques pour d’abord tenter de soigner leur épilepsie, mais qu’il a utilisé aussi pour mesurer en continu, à l’aide de dispositifs expérimentaux de microdialyse connectés à ces capillaires aussi fins qu’un cheveu, la teneur en hypocretine lorsque les patients regardaient la télévision, discutaient avec les infirmières ou leur famille, prenaient leur repas ou faisaient une sieste. Ces mêmes malades notaient aussi en quelques mots s’ils étaient ou non de bonne humeur, en quelque sorte comment ils se sentaient, chaque heure, pendant le temps que durait l’analyse d’hypocretine, au cours des périodes d’éveil. L’équipe du Docteur Siegel a découvert que les taux d’hypocretine n’étaient pas liées à l’éveil en général mais atteignaient un maximum au réveil, au cours d’émotions, de colère ou d’interactions sociales normales. En quelque sorte l’hypocretine serait « le peptide de la bonne humeur ». D’après le Docteur Siegel, trouver des analogues ou des inhibiteurs de cette hormone peptidique cérébrale pourrait permettre de soigner de nombreuses affections neurologiques. Au cours de cette expérimentation l’équipe de neurobiologistes a aussi découvert un autre peptide appellé MCH (melanine concentrating hormone) qui est sécrété pendant le sommeil et dont la sécrétion chute au moment du réveil. Là aussi il y a des applications futures intéressantes pour traiter les désordres du sommeil.

Source : http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/peptide-a-key-to-happiness-244002.aspx

Note : l’hypocretine est un peptide (ou petite protéine) se présentant sous deux formes de respectivement 29 et 39 amino-acides et présentant des analogies avec la sécrétine, une hormone peptidique d’origine intestinale qui régule les sécrétions gastrique et pancréatique ainsi que l’homéostase de l’eau (activité rénale). Il est intéressant de noter que la sécrétine est la première hormone en tant que telle identifiée et appelée « hormone » par les Anglais Bayliss et Starling en 1902 mais encore aujourd’hui, son mode d’action n’est pas totalement élucidé.