Un traitement pour soigner l’obésité ? Peut-être pour très bientôt ! !

Une équipe de biologistes de l’Université du Michigan à Ann Arbor, cherchait par screening haute fréquence des inhibiteurs des gènes impliqués dans l’obésité et la stéatose, deux « pathologies » liées si l’on peut considérer l’obésité comme pathologique ou une pathologie acquise par les mauvais traitement que l’on fait subir à notre corps en se goinfrant avec toutes sortes de mauvaises choses riches en sucres et autres graisses, je ferme cette parenthèse, cherchait donc des inhibiteurs liés aux gènes IKKE et TBK1 impliqués dans l’obésité. Il vaut mieux se répéter pour une bonne compréhension de la situation. D’abord le NIH (National Institute of Health) met le paquet dans la recherche sur des traitements de l’obésité, devenue la première cause de morbidité aux USA, et le screening haute fréquence fait partie de ce type de recherche effectuée avec des robots dès l’instant où on a mis au point un protocole de détection de l’activité recherchée et liée à l’obésité. Le robot teste ensuite des milliers de molécules jour et nuit jusqu’à qu’il y ait ce qu’on appelle un « hit », une touche pour être plus prosaïque. Une petite explication au sujet des acronymes barbares cités plus haut, il s’agit des gènes d’enzymes appellés kinases, c’est-à-dire des enzymes qui attachent un groupement phosphate dans une position très précise de protéines tout aussi spécifiquement reconnues qui sont des facteurs de transcription d’autres gènes. C’est un peu compliqué mais on ne peut pas faire simple avec des processus biologiques cellulaires très complexes pour justement que les cellules et les tissus ne deviennent pas tout d’un coup malades, surtout avec les mauvais traitement qu’on leur fait subir avec des régimes alimentaires suicidaires. Or l’expression de ces deux gènes est perturbée par un régime trop riche conduisant à une stéatose (foie gras en d’autres termes) puis à une obésité et enfin à une résistance à l’insuline (diabète de type II) et cette perturbation va dans le mauvais sens puisque la cellule se met à exprimer beaucoup trop de ces deux kinases. Et du coup la cellule accumule de la graisse et je n’insiste pas pour la suite des évènements. Combien de jolies filles s’aperçoivent mais trop tard qu’elle ne peuvent plus enfiler leurs petites jupettes et combien de beaux mecs deviennent incapables d’exercer leur sport favori, par exemple le ski nautique, devenus incapables de sortir leur gros cul graisseux hors  de l’eau !

Le screening haute fréquence est arrivé à un « hit » inattendu puisque la molécule trouvée, inhibant les deux kinases très proches l’une de l’autre, est un vieux médicament utilisé contre l’asthme et les aphtes. En réalité, il y a une corrélation lointaine entre la stéatose et l’asthme puisque dans les deux cas on est au devant de mécanismes inflammatoires avec production de signaux cellulaires favorisant l’accumulation de graisses dans un cas et l’inflammation dans le cas de l’asthme. Quant aux aphtes, une des causes serait une inflammation de l’intestin. Le produit chimique en question est l’Amlexanox aussi appellé Aphtasol, traitement des aphtes aux USA et Solfa au Japon pour le traitement de l’asthme. On n’a jamais observé d’effets secondaires indésirables de ce produit. L’effet spectaculaire du produit sur les souris qu’on oblige à se goinfrer avec des trucs gras et sucrées pour devenir obèses laisse espérer qu’un traitement soit enfin trouvé pour sinon guérir, au moins freiner voire prévenir l’apparition de l’obésité et réduire l’insensibilité à l’insuline, effet également observé avec les souris outre le fait qu’elles dissipent le surplus d’énergie de leur régime alimentaire pléthorique sous forme de chaleur, ce qui n’est pas vraiment un problème, surtout en hiver …

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The obese mouse on the right was fed a high-fat diet. The mouse on the left was fed the same diet but is a normal weight after receiving amlexanox. Image credit: Shannon Reilly.

Il serait intéressant de retrouver les personnes utilisant cette molécule comme traitement de l’asthme ou des aphtes pour simplement mesurer leur indice corporel et réaliser aussi une enquête sur leur régime alimentaire mais il est probablement inutile de glisser cette idée aux chercheurs de l’Université d’Ann Arbor qui l’ont probablement déjà envisagée…

Source : University of Michigan, Ann Arbor et nature.com