Courte revue de presse vespérale

Les nouvelles se précipitent : l’armée égyptienne massacre des islamistes dans une ville où ils faisaient régner la terreur avec, entre autres exactions, le massacre de chrétiens et la destruction de leurs lieux de culte. Tout va bien ! Les experts de l’ONU ont formellement déclaré que c’était bien du gaz Sarin (on s’en doutait) qui avait été utilisé le 21 août dans les faubourgs de Damas, mais leur mission n’indiquait pas la désignation des attaquants, avec des roquettes sol-sol de courte portée. Difficile d’imaginer l’armée syrienne prendre le risque d’en prendre plein les narines avec de telles armes … La Turquie vient d’abattre dans son espace aérien un hélicoptère syrien. Et pendant ce temps-là, on consulte en buvant des coups et en mangeant des petits-fours en attendant un vote des Nations-Unies. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas un temporaire éloignement du spectre de la guerre qui explique une remontée des valeurs boursières, non, c’est la déclaration de Larry Summers, plutôt opposé aux « quantitative easing » de Bernanke (FED), qui a jeté l’éponge laissant la place à la dévouée Janet Yellen, épouse d’un prix Nobel d’économie, avec elle on peut avoir de l’espoir …

Le printemps turc ?

Après « les Printemps Arabes », qualificatif pour le moins douteux, partout les « Frères Musulmans » ont pris le pouvoir en imposant la charia en lieu et place d’une vraie démocratie à l’occidentale et si ce ne sont pas franchement les Frères Musulmans, ce sont d’autres extrémistes ultra-religieux, ultra-surarmés et ultra-décidés à en découdre avec l’occidentalisation des pays qui ont vécu cet épisode controversé de libération du peuple « asservi » par des dictateurs cupides pour imposer la loi religieuse, supportés par l’Arabie Saoudite, un modèle de démocratie comme chacun sait, ou par l’Iran, un autre modèle de démocratie tout aussi notoire. Ce qu’il y a de presque hilarant (rire jaune) c’est le soutien inconditionnel des Européens dans ces processus de soit-disant démocratisation. En Turquie, le premier ministre Erdogan, assoiffé de pouvoir lui aussi, a voulu mettre son pays au pas en réduisant les libertés individuelles pourtant inscrites dans la Constitution du pays, un des rares pays au monde qui ne confondait pas la religion et les affaires de l’Etat, l’autre étant la France, depuis Kemal Ataturk. Le printemps turc était prévisible, et dans ce pays riche et aussi peuplé que l’Allemagne ça risque de faire très mal. Le contexte géopolitique régional se prête à une explosion de grande ampleur. Le pouvoir syrien, dont on voudra bien dire ce qu’on veut pour être politiquement correct, se bat contre ces mêmes illuminés du Coran qui ont pris le pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Libye. Des sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite et des chiites, dont Assad, soutenus par l’Iran s’entretuent en démolissant au passage le pays. Pour faire bonne figure, mais avec des arrières pensées à peine voilées, les fous de dieu libanais se sont invité à la partie de poker menteur pour aller massacrer du sunnite bien comme il faut. C’est le camp d’entrainement idéal pour ensuite s’en prendre à Israël. La Turquie fait partie de l’OTAN et si le pays plonge dans l’obscurantisme religieux, les répercussions jusqu’en Europe sont inimaginables. Il y a une forte minorité d’origine maghrébine en France mais il y a aussi une forte minorité d’origine turque en Allemagne, suivez mon regard. Les Allemands, par prudence, ont adopté le profil a minima lors de l’intervention franco-anglaise en Libye pour débouter le Colonel et laisser le champ libre aux extrémistes, belle illustration de l’ineptie à court terme de la politique européenne. Et ces mêmes Européens veulent maintenant armer les sunnites, encadrés par Al-Qaïda et le Hezbollah sous prétexte de faire dans l’humanitaire un peu à la Kouchner. C’est n’importe quoi. Décidément ce « printemps turc » est très inquiétant, surtout si on se trouve à Jérusalem …