Quelques remarques au sujet du pass sanitaire

Le pass sanitaire vient donc d’être mis en place en France et à n’en pas douter un seul instant il sera également imposé dans la grande majorité des pays européens dont les dirigeants politiques sont le doigt sur la couture aux ordres de la propagande insidieuse des laboratoires pharmaceutiques. On commence à mentionner des injections de rappel pour les premiers vaccinés, par conséquent ce pass sanitaire sera donc mis à jour. En fin d’année si vous ne vous êtes pas soumis à une piqûre de rappel (pour le plus grand bénéfice des laboratoires pharmaceutiques) votre pass sanitaire ne sera plus valable. C’est terrifiant de constater que les démocraties occidentales aient succombé aux démons du totalitarisme avec autant d’enthousiasme.

En France comme dans bien d’autres pays occidentaux il y a des personnes circulant en toute impunité alors qu’elles sont porteuses du virus du SIDA (HIV) et qui sont contagieuses. Ont-elles un pass sanitaire dédié à leur état de santé ? Non. Il y a de plus en plus de personnes porteuses du bacille de Koch, la tuberculose, une maladie hautement transmissible, bien que sous traitement qui n’a pour effet que de ralentir l’évolution de cette maladie, ces personnes sont-elles munies d’un pass sanitaire spécifique ? Non. Et pourtant la majorité des malades souffrant de tuberculose ne sont plus isolés comme autrefois dans des sanatoriums, ils sont soignés chez eux avec des médicaments devenus pratiquement inefficaces. Il y a 50 ans et plus la syphilis était une maladie devant être déclarée aux autorités sanitaires et une enquête devait être diligentée pour identifier ce que l’on appelle aujourd’hui les « cas contact » rapprochés (c’est de l’humour) et c’est ainsi qu’il était possible de limiter voire de prévenir une épidémie de syphilis. Je rappelle à mes lecteurs que la syphilis est toujours une maladie bien présente et que les antibiotiques deviennent de plus en plus inactifs contre le tréponème.

J’ai choisi ces trois exemples car le HIV et la tuberculose tuent chaque année autant de personnes que ne l’a fait le SARS-CoV-2 depuis le début de la pandémie dans le monde. On n’en parle pas et le fait de ne pas en parler est un scandale planétaire. Les porteurs du HIV sous tri-thérapie dont la charge virale n’est pas nulle sont contagieux et ils contribuent toujours à répandre la maladie. Que se passe-t-il dans les Antilles françaises en ce moment avec le SARS-CoV-2 ? Ce virus s’en donne à cœur joie car près de 40 % des Antillais sont HIV-séropositifs et sous tri-thérapie ou non leur système immunitaire est déficient, mais il ne faut pas en parler, ça fait désordre ! Les tuberculeux, en majorité au niveau pulmonaire, sont également un mets de choix pour le SARS-CoV-2. Par pudeur mal placée il n’existe aucune statistique sur l’incidence de ces co-morbidités, HIV ou tuberculose, liées aux décès par coronavirus, vraiment très inquiétant. Il est vrai qu’en France, le pays des Droits de l’Homme, toutes les données de santé sont classées maintenant « secret défense » sur décision du Président Macron. De l’autre côté de la Manche le Royaume-Uni met à la disposition des spécialistes toutes les données de santé de même que le CDC aux Etats-Unis. En France c’est un « niet » stalinien !

Qu’est-ce que le gouvernement français a-t-il donc de si important à cacher ? Selon la loi française il faudra attendre 50 ans pour que les archives, par exemple les compte-rendus des réunions du « conseil de guerre anti covid », soient rendues publiques. Cette « loi du silence » cache à l’évidence la totale corruption de l’ensemble du gouvernement français qui veut aujourd’hui se disculper de ses erreurs et de ses mensonges répétés en imposant des mesures totalement en contradiction avec les principes mêmes de la Constitution. Pourquoi le gouvernement français a-t-il interdit la vente d’hydroxychloroquine et d’ivermectine ? Ces interdictions ont provoqué la mort de plus de la moitié des morts et qui va en rendre compte devant la justice populaire (qui n’existe plus puisqu’elle est aux ordre du pouvoir) ? Si ce n’est pas de la corruption directe du gouvernement par les laboratoires pharmaceutiques je veux bien me pendre. Bienvenue dans un monde meilleur …

Note. Au sujet de la Guadeloupe, au risque de me répéter car j’en ai déjà dit un mot sur ce blog, lorsque j’avais pris mes quartiers à Marie-Galante une de mes amies française se fit mordre par un scolopendre et elle me téléphona pour me demander de la conduire d’urgence à l’hôpital de l’île. Alors qu’un médecin se démenait pour lui sauver la vie je discutais avec une infirmière et lui parlais du SIDA. Elle me répondit que tous les patients étaient soumis systématiquement à un test sérologique et les résultats étaient spectaculaires : à Marie-Galante du moins plus de 40 % des hommes étaient positifs. Je n’en dirai pas plus.

Billet un peu intimiste : le confinement peut devenir une horreur.

Il y a 60 ans, à quelques jours près, j’étais enfin libéré d’un confinement de plus de 7 mois. Etant jeune adolescent cet isolement total de ma famille et de mes amis d’école, pas tous vous allez comprendre, perturba durablement ma vie scolaire. J’avais attrapé la tuberculose, une forme vicieuse de cette maladie qui commença à détruire irréversiblement mes poumons. Quand je fus transféré dans cette sorte de prison de luxe dans la montagne savoyarde au milieu des alpages que je ne remarquais pas car tout était couvert de neige, j’avais de la fièvre, je toussais et crachais du sang, je n’avais pas envie de manger quoi que ce soit, tout avait un goût répugnant et je souffrais d’une réaction allergique à cette maladie, de mauvaise augure je l’appris bien plus tard. Je fus mis dans une chambre d’isolement car j’étais hautement contagieux. Le premier examen radioscopique révéla que j’avais des « nodules au sommet », une expression qui m’étais totalement incompréhensible. Des nodules … que le médecin appela ensuite « cavernes » me faisaient penser à des hommes préhistoriques et au sommet, certes on était en montagne, mais tout de même il n’y avait pas de glaciers puisqu’il y avait des épicéas partout. Je fus soumis à un traitement consistant à avaler toutes les 8 heures 6 comprimés blancs d’un goût très amère dont j’ignorais la composition.

Je vivais dans une sorte de bulle surréaliste, ayant perdu toute notion du temps, partagé entre un état de semi-conscience et de sommeil profond, avec cette fièvre persistante pour laquelle l’infirmière qui osait pénétrer dans ma chambre avec un masque ne me proposait rien pour la combattre. Il y avait peut-être une raison. Un jour, j’avais totalement perdu la notion du temps, le médecin du sanatorium décida de me faire des piqûres d’un truc dont je ne connaissais pas la nature après un deuxième examen radioscopique qui ne devait pas être très encourageant. Une autre employée venait deux fois par jour me faire écouter le son émis par des diapasons, elle en avait trois, mais j’ignorais pourquoi on s’occupait de mes oreilles. Puis une quinzaine de jours plus tard, après un troisième examen radioscopique et la fin des piqûres, je fus invité à rejoindre un dortoir où se trouvaient une vingtaine de lits avec de grandes baies ouvertes au vent et à la neige. Tout ça se passait en février et mars. J’avais repris un peu d’appétit et le fait de pouvoir parler et de retrouver cinq copains de ma classe de pensionnat me stimula après toutes ces semaines passées d’abord à l’infirmerie du pensionnat puis ces nombreux jours de torpeur indicible dans cette chambre en isolement total y compris du sanatorium qui était lui-même une sorte de prison.

Ma tuberculose fut vaincue définitivement six mois plus tard mais je dus prendre ces cachets blancs au goût amer pendant plus de 2 ans après la fin de ce terrible confinement. Les sanatoriums étaient des endroits où on confinait au sens strict du terme des éléments hautement contagieux. Quand on ne cessait de tousser et de cracher du sang, ce qui était mon cas, il y avait un réel problème et il fallait être isolé. Durant ces derniers mois du début de l’année 2020 j’ai cru revivre cet épisode douloureux de ma vie d’adolescent. Puisque je ne toussais pas, puisque je ne crachais pas de sang et puisque je n’avais pas de fièvre de quel droit les autorités locales m’avaient-elles imposé ce confinement ?

J’appris bien plus tard que les lobes supérieurs de mes poumons étaient partiellement détruits, qu’on m’avait injecté de la streptomycine parce que le « rimifon » n’avait qu’un effet limité devant la progression alarmante de la maladie mais que ce nouvel antibiotique rendait sourd et que la réaction allergique à cette maladie avait rendu les médecins vraiment inquiets. Aujourd’hui on assiste à un « swedish-bashing » honteux parce que ce pays n’a pas mis en place une quelconque mesure de confinement autoritaire et a atteint une immunité de la population qui la met à l’abri d’une très hypothétique deuxième vague de grippe coronavirale alors que beaucoup de pays d’Europe envisagent un deuxième confinement dans les prochaines semaines. Je pense qu’une bonne vieille épidémie de tuberculose bien contagieuse pour laquelle on ne disposerait d’aucun traitement antibiotique efficace, ce qui est devenu malheureusement le cas, remettrait rapidement l’esprit des politiciens en place, mais j’ai de sérieux doutes sur ce dernier point … Prochain billet dans la même problématique une pensée de Friedrich Nietzsche.

Coronavirus : « Fake-news » ou ce que l’on ne doit pas dire ?

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Pour être politiquement correct il faut parfois dissimuler la vérité, on peut appeler ce comportement un mensonge par omission. En octobre 2018 Matteo Salvini s’inquiétait d’une recrudescence de tuberculose dans le nord de l’Italie (lien). Il attribuait ce problème sanitaire à l’afflux récent de migrants. Il fut immédiatement accusé de racisme et de fascisme car il ne respectait pas les limites du politiquement correct. Il se trouve qu’en Chine chaque année des migrants internes au pays se déplacent au gré des opportunités de travail. Les estimations font état de plus de 350 millions de personnes effectuant des migrations saisonnières dans le pays. Un grand nombre de ces « migrants » viennent des provinces du nord pour travailler dans les provinces plus méridionales de la Chine, plus riches, sans qu’un quelconque contrôle sanitaire ne soit effectué. Il faut reconnaître que cela paraît normal, on ne va pas contrôler un Lillois qui décide d’aller passer ses vacances près de Perpignan ou un habitant de Bilbao qui décide d’aller ramasser des fruits en Andalousie.

Or dans la province de Hubei, l’une des plus industrialisées de Chine, attirant donc les migrants saisonniers, il préexistait avant l’apparition du coronavirus une épidémie larvée de tuberculose. Parallèlement, en Italie, le même phénomène sanitaire importé en partie par les migrants venus chercher un emploi dans les provinces du nord du pays, plus riches et plus industrialisées que celles du sud ou de Sicile, a précédé l’explosion du nombre de cas mortels provoqués par le coronavirus.

À ce jour le nombre de personnes positives pour le coronavirus en Italie est supérieur – 97,3 cas par million – qu’en Chine dans la province précitée avec 56,1 cas par million de personnes. De plus 65 % des cas de tuberculose recensés en Italie proviennent de migrants venus en Italie au cours des années passées. Selon les autorités chinoises il y aurait une relation de cause à effet entre cette tuberculose et l’épidémie de coronavirus. Etablir un rapprochement avec l’Italie peut paraître spécieux. Néanmoins il est légitime de se poser quelques questions. En effet, la tuberculose, selon les statistiques de l’OMS, tue 1,7 millions de personnes dans le monde chaque année. C’est une maladie négligée par les laboratoires pharmaceutiques car le vaccin – qui pourtant existe et est efficace – ne génère pas de profits suffisants et les antibiotiques existants ne génèrent pas non plus de profits. J’ignore si la vaccination contre la tuberculose est toujours imposée mais il serait prudent de la rendre obligatoire, compte tenu de ces informations qu’il faut prendre avec des pincettes tant qu’il ne sera pas procédé à une étude détaillée malheureusement coûteuse et difficile.

Pour la petite histoire la tuberculose peut rester dormante pendant de nombreuses années et à l’occasion d’une grippe bénigne le Mycobacterium tuberculosis se réveille et provoque une fragilisation des voies respiratoires qu’une attaque virale peut aggraver. Il est enfin intéressant de noter qu’en Italie, en 2017, dernière année durant laquelle ces statistiques sont disponibles, les cas de tuberculose étaient de 6,7 pour 100000 « Italiens » et de 550 pour 100000 immigrants récents. Entre 2014 et les deux premiers mois de la présente année 659000 migrants sont entrés sur le sol italien et 5,3 millions de non-européens résident aujourd’hui en Italie.

Il est difficile de faire la part des choses dans l’état actuel de la situation épidémiologique d’autant plus que les informations sont fragmentaires et qu’aucune information confirmée ne filtre quant à l’état de santé des victimes du virus avant que ceux-ci aient été en contact avec celui-ci ayant précipité leur mort. Fake-news ou réalité, le politiquement correct a déjà tranché …

Source et illustration : lewrockwell.com

https://www.euronews.com/2018/09/13/is-salvini-right-to-claim-tuberculosis-is-spreading-in-italy-and-blame-immigration-thecube

Tuberculose : enfin un espoir !

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Quand j’étais en pension chez les curés du diocèse, je fus atteint de tuberculose pulmonaire avec 7 d’autres élèves de ma classe. Ces cons de curés avaient accepté un élève externe dont le père était notoirement tuberculeux, peut-être par charité, mais le résultat fut catastrophique pour mes camarades ainsi que pour moi-même. Six mois de sanatorium réduisirent à néant une année scolaire et le rattrapage fut difficile, très difficile. De retour dans cette même pension, nourrissant une haine irréductible à l’égard de ces curés, je fus finalement poliment contraint de bien vouloir regagner ma famille et de ne plus jamais faire parler de moi. L’affaire avait alimenté les gazettes d’autant plus que le propre fils du maire de la ville avait été contaminé – ça faisait vraiment désordre – mais quelques liasses de billets judicieusement distribuées firent que ce scandale fut étouffé. Le diocèse s’en sortit sans aucun blâme sauf que 8 élèves de la même classe de troisième virent leur cursus scolaire fortement perturbé.

À l’époque, il y a près de 60 ans, la tuberculose se soignait très bien avec de l’isoniazide et des renforts de streptomycine au cas où la maladie évoluait trop rapidement, ce qui fut mon cas. Un bon tiers de mon poumon droit commençait à être sérieusement attaqué et le poumon gauche était menacé. La streptomycine, toujours à cette époque, contenait une impureté qui rendait sourd et pour pouvoir subir ce traitement de choc il fallait que le médecin du sanatorium suive presque quotidiennement l’acuité auditive des malades sous « traitement strepto » sans parler des radioscopies hebdomadaires pour suivre l’évolution de la maladie. J’ai encore aujourd’hui de la peine à évaluer les doses de rayons X auxquelles je fus soumis durant ce séjour en sanatorium. Bref, progressivement la tuberculose fut considérée dans les pays dits développés comme ayant disparu ou du moins maîtrisable avec les thérapeutiques d’alors. Même le vaccin BCG, ayant pourtant fait ses preuves d’efficacité, fut abandonné ou du moins rendu non obligatoire : il ne générait pas assez de profits pour les laboratoires pharmaceutiques qui le produisaient, c’est vrai, je n’invente rien. Le dépistage systématique de la tuberculose avec le test à la tuberculine a ensuite été jeté aux oubliettes. Il n’y a plus de dépistage dans les écoles.

Ces erreurs de prise en charge précoce de la tuberculose ont conduit fatalement à l’apparition de résistances aux antibiotiques. Si le diagnostic de cette maladie est établi aux stades initiaux de l’infection le traitement ne nécessite que peu de substances artificielles mais puisque les autorités en charge de la santé dans les pays développés ont – trop – rapidement considéré que la tuberculose était une maladie d’un autre siècle, celui d’Emile Zola, alors aujourd’hui le bacille de Koch est devenu résistant à tous les antibiotiques connus. Il y a 30 ans, bien longtemps après avoir moi-même été atteint par cette maladie, les patients furent alors soignés chez eux avec de fortes doses de substances chimiques et les sanatoriums de montagne se vidèrent, quoi de plus propice pour que les bacilles deviennent résistants et que la maladie se disperse !

La tuberculose tue chaque année 1,6 millions de personnes dans le monde (dernière statistique datant de 2017) et le tiers de ces morts étaient atteints par un bacille résistant à tous les antibiotiques connus. Les projections de l’OMS mentionnent qu’en 2050 ce seront 10 millions de décès chaque année. Une organisation non mercantile appelée TB Alliance ( https://www.tballiance.org ) a mis au point une nouvelle molécule, le Pretomanid, qui en association avec un ou deux autres antibiotiques (Bedaquiline ou Linezolid) a montré lors des essais cliniques préliminaires concernant 100 patients volontaires souffrant de tuberculose réfractaire à tout traitement antibiotique que 95 d’entre eux avaient montré très rapidement des signes prometteurs de régression de la maladie. La FDA américaine (Food and Drug Administration) a accordé son autorisation de mise sur le marché compte tenu de l’urgence sanitaire que représente aujourd’hui la tuberculose. Cette autorisation rapide est exceptionnelle dans la mesure où les patients sont des malades et sans que des essais cliniques prolongés aient pu être organisés. La précédente autorisation de la FDA pour une drogue anti-tuberculose eut lieu il y a plus de quarante ans … Pour l’anecdote le produit découvert par TB Alliance s’appelle Pretomanid car les premiers tests ont été conduits à Pretoria en Afrique du Sud.

Invraisemblable, la tuberculose tue près de 2 millions de personnes par an.


En 2015, année des dernières statistiques mondiales publiées par l’OMS (organisation mondiale de la santé ou WHO), 10,4 millions de nouveaux cas de tuberculose ont été recensés entrainant la mort de 1,8 millions de décès directement liés à cette maladie. L’Inde se trouve à l’épicentre de cette catastrophe sanitaire puisque toujours la même année il y a eu dans ce pays un demi-million de morts en raison de cette maladie infectieuse pour laquelle il existe pourtant un vaccin, le BCG, dont l’efficacité a été prouvée dès 1908 par les Professeurs Calmette et Guérin à l’Institut Pasteur de Lille en France.
Le BCG reste le vaccin le plus utilisé dans le monde, 170 millions de doses sont produites chaque année, mais son efficacité requiert des « rappels » périodiques, protocole que la plupart des pays n’ont pas mis en place, et en particulier en Inde. Ce qui devait arriver … arriva. Aujourd’hui certaines souches du Mycobacterium tuberculosis sont devenues résistantes à tous les antibiotiques connus et il s’agit pour l’Inde de tenter une éradication de la maladie. Or un tel programme est immense et extrêmement coûteux puisqu’il a été évalué à 2,5 milliards de dollars par an dans ce seul pays. Il n’y a pas d’autre solution viable que la vaccination obligatoire avec des rappels périodiques, le dépistage des foyers infectieux par les personnels para-médicaux opérant dans les dispensaires, comme cette approche permit au XXe siècle de circonscrire la syphilis par simple identification des personnes porteuses de cette maladie afin qu’elles se soumettent à un traitement adéquat.
Dans la recherche de l’excellence sanitaire dans un pays comme l’Inde qui a pourtant réussi à pratiquement éradiquer la poliomyélite – aucun cas déclaré depuis 5 ans – il s’agit d’un challenge qui peut être atteint à force d’opiniatreté et de civisme.
Source : adapté d’un article paru dans The Conversation, illustration : Reuters

 

On ne dira plus IPCC mais IPAMR

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Il va falloir s’habituer à un nouvel acronyme qui vient de sortir, l’IPAMR parce que l’IPCC ne fait plus vraiment recette même si les derniers soubresauts de cette bête immonde et coûteuse viennent de tenter de prouver que les vagues de froid rigoureux qui ont traversé le continent nord-américain cet hiver sont sans aucun doute dues au changement climatique qui aurait provoqué un réchauffement des eaux du Pacifique Ouest … avec 95 % de certitude. Désormais, il y a plus urgent dans l’urgence, le climat ça peut attendre, l’IPAMR, prononcez « aïe pi et aime are » qui veut dire Intergovernmental Panel on AntiMicrobial Resistance, est un nouveau bidule des Nations-Unies pour fédérer les efforts internationaux sur la résistance des super-bactéries à tous les antibiotiques connus. On peut supporter une vague de froid, une vague de chaleur, des pluies diluviennes, une sécheresse prolongée, la météorologie, qui n’a rien à voir avec le climat, a toujours et fort heureusement réservé des surprises, mais aller à l’hôpital se faire extirper un vulgaire kyste adipeux sur la joue droite et mourir quelques jours plus tard d’une infection généralisée ça fait carrément peur. Ce genre de mésaventure n’est pas de la science-fiction au rabais mais la triste réalité : les hôpitaux et les cliniques sont devenus des endroits dangereux à fréquenter car ils sont infestés de toutes sortes de bactéries contre lesquelles il n’existe plus aucun moyen de lutte efficace.

En se référant à l’éradication de la variole qui est le résultat d’un effort global, Jeremy Farrar, Directeur du Wellcome Trust Medical Charity, considère que les autorités internationales dont l’OMS ont fait preuve de négligence pour ne pas dire de laxisme depuis plus de 20 ans en n’incitant aucune action internationale de grande envergure pour combattre par exemple la bactérie la plus dangereuse, le MRSA, le staphylocoque doré résistant à la méthicilline qui tue plus que le SIDA, au moins aux USA, avec 19000 décès par an à la suite d’hospitalisations et plus de 5000 en Grande-Bretagne également chaque année pour les mêmes raisons. Et la situation est identique en Europe continentale, en Australie et au Japon, de quoi être effrayé. Et il n’y a pas que le MRSA, bien d’autres bactéries deviennent résistantes et la situation empire inexorablement.

Des souches de E.coli sont aussi multirésistantes, les parasites ne sont pas en reste puisqu’une nouvelle souche de Plasmodium falciparum vient d’être identifiée comme résistante à tous les médicaments anti malaria connus à ce jour, le virus du SIDA dont on espérait être venu à bout fait aussi partie du club des « super bugs » puisque les anti-viraux deviennent inefficaces, sans oublier la tuberculose, la chaude-pisse, les pneumocoques, etc … Cauchemardesque !

Finie la peur du changement climatique, cette fois c’est du sérieux, la situation n’est pas appuyée sur des théories fumeuses mais sur le constat quotidien d’une triste réalité : si vous allez à l’hôpital pour un petit bobo ou pour subir une intervention chirurgicale vous avez de plus en plus de chances de finir à la morgue en urgence. La moindre pose d’un cathéter pour une chimio-thérapie anticancéreuse, une dialyse rénale, un banal coup de bistouri peuvent tout simplement signifier votre arrêt de mort ! Les gènes de résistance aux beta-lactames se sont répandu à une vitesse imprévisible probablement en provenance de l’Inde tout comme la malaria résistante a maintenant atteint l’Afrique de l’Ouest en provenance d’Asie. Ce n’est qu’en 2007 que l’OMS a mis en place une sorte de cellule de crise à la suite de l’épidémie de grippe aviaire mais rien n’a été fait pour les multi-résistances aux antibiotiques car la situation est trop alarmante pour qu’on en parle ouvertement. Les pays scandinaves, le Vietnam et les Pays-Bas ont imposé des règles très strictes concernant l’usage d’antibiotiques et ce sont les rares pays où l’on puisse constater une incidence de maladies nosocomiales inférieure aux autres nations. Par contre dans des pays comme l’Inde ou encore l’Egypte, selon l’OMS, la vente totalement dérégulée d’antibiotiques a favorisé l’apparition de résistances multiples.

Qui sont les responsables de cette situation terrifiante, un peu tout le monde. Les médecins en premier lieu prescrivent trop d’antibiotiques par confort mais aussi les patients eux-mêmes sont complices de leur médecin car ils trouveraient anormal une ordonnance ne mentionnant aucun antibiotique. Les pharmaciens peu regardants ne rechignent pas à vendre des antibiotiques sans ordonnance car le client paie cash, mais oui, c’est la réalité ! Viennent ensuite les contributeurs indirects des apparitions de résistances aux antibiotiques que sont les vétérinaires et les éleveurs d’animaux en tous genres, depuis les truites et les crevettes jusqu’aux chevaux de course en passant par tous les animaux de la ferme, veaux, vaches, cochons, couvées, chiens et chats … Certes les résistances aux antibiotiques ne datent pas d’aujourd’hui puisque la majorité d’entre eux a été découverte dans le sol, le pénicillium de Fleming provenait du sol et les bactéries qui le côtoyaient n’en mourraient pas, elles étaient résistantes naturellement à la pénicilline. C’est cette impression de confort procurée par les antibiotiques et leur usage le plus souvent sans justification réelle qui a tout simplement aggravé la situation et renversé le problème. En quelque sorte la nature reprend possession de ses droits et l’humanité toute entière risque gros, beaucoup plus qu’avec le changement climatique qui va devenir très vite un lointain souvenir !

Sources : Reuters et Nature News Room, illustration Nature. doi:10.1038/509555a

Un antibiotique multicible !

 

La bête noire du corps médical est l’apparition de bactéries résistantes à tous les antibiotiques connus, pas seulement la Neisseria (blennorragie), j’en ai dit un mot dans ce blog, mais aussi et c’est alarmant le bacille de la tuberculose qui est devenu résistant à presque toutes les molécules dont on disposait sans oublier le staphylocoque doré qui provoque des ravages dans les hôpitaux à tel point que même dans les pays développés être hospitalisé constitue déjà un danger en soi. Le problème des antibiotiques est qu’ils s’attaquent à une seule cible et alors la bactérie a tôt fait soit d’acquérir l’équipement enzymatique détruisant l’antibiotique soit de muter le gène codant pour la cible de l’antibiotique.On appelle ce processus le résultat d’une pression de sélection. Les bactéries se multiplient très vite et si elles sont soumises en permanence à un stress, à un moment où à un autre et par simple mutation normale apparaîtra une nouvelle souche résistante. L’abus d’antibiotiques n’est pas étranger à cette situation devenue très sérieuse. Par exemple la progression du bacille de la tuberculose est à peine stoppée avec une trithérapie combinant plusieurs antibiotiques qui s’attaquent à des cibles différentes et le traitement finit par affaiblir la bestiole mais sans jamais vraiment la tuer complètement. C’est en se basant sur cette observation qu’une équipe de biochimistes de l’Université de l’Illinois à Champaign s’est intéressée à une nouvelle molécule encore en phase d’essais cliniques et présentant une activité faible mais certaine sur le bacille de Koch, une molécule dérivée de l’adamantine appelée SQ109.

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Ils ont étudié le mécanisme d’action de cette molécule ainsi que diverses autres versions de celle-ci. Etudier le mode d’action d’un produit chimique ressemble à une enquête policière un peu en sens inverse. On connait l’arme du crime mais on ne connait pas la victime. Et pour identifier la victime, ici la cible, il existe des indices qu’on peut classer en diverses catégories comme par exemple une perturbation du métabolisme énergétique, une fragilisation des parois cellulaires ou encore un déficit marqué en un ou plusieurs composés importants du métabolisme de la cellule microbienne. Après une multitude d’observations et d’analyses on finit par se faire une idée assez précise de la cible de la molécule artificielle aux propriétés antibiotiques. L’autre observation intéressante pour ne pas dire cruciale a été que cette molécule appelée SQ109 est également active sur les levures, d’autres bactéries qui n’ont rien à voir avec le bacille de Koch mais aussi le plasmodium, le parasite responsable de la malaria. A l’évidence, cette molécule devait cibler plusieurs activités métaboliques différentes. Les découvreurs du SQ109 avaient montré qu’il inhibait la synthèse de la ménaquinone (vitamine K2) un composant essentiel pour la construction des parois cellulaires. L’action du SQ109 rendait ainsi les parois cellulaires poreuses conduisant à la mort irrémédiable et rapide notamment du bacille de Koch.

Forts de ces résultats des dizaines d’analogues ont été synthétisés et parmi ceux-ci quelques-uns ont montré une activité décuplée sur le bacille par rapport au SQ109 initial. Tout en perturbant profondément la synthèse de la ménaquinone et donc la bonne architecture des parois cellulaires, ces dérivés interfèrent avec deux autres activités essentielles pour la cellule, le mécanisme de production de l’adénosine triphosphate (ATP) et plus spécifiquement en ce qui concerne le bacille de Koch l’inhibition du transporteur (MmpL3, voir le schéma) d’un composé essentiel également pour la construction de la paroi cellulaire, l’acide mycolique.

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Ces dérivés remplissent donc une mission équivalente à une multi-thérapie, la seule approche encore disponible pour tenter de traiter les infections souvent mortelles avec les bactéries multi-résistantes. Il s’agit d’une avancée dans la recherche presque désespérée de nouvelles armes chimiques pour combattre les infections nosocomiales et la tuberculose ou la malaria. A propos de cette dernière maladie parasitaire, la combinaison d’analogues du SQ109 avec des anti-malaria devenus pratiquement sans effet comme la chloroquine s’est révélée encore plus efficace qu’attendu. Enfin, ces dérivés du SQ109 ont été testés sur des cellules humaines en culture et n’ont pas montré de toxicité, ce qui est d’ors et déjà encourageant pour procéder à des essais cliniques pour certains d’entre eux.

Source : Université de l’Illinois à Champaign et illustration tirée du Journal of Medicinal Chemistry

Et pourtant le BCG est bien efficace !!!

Des membres de l’école londonienne de médecine tropicale ont décortiqué des données datant pour la plupart d’avant les années 80 relatives à l’efficacité du BCG. On sait que cette vaccination n’est plus obligatoire dans de nombreux pays malgré l’apparition de souches de bacille de la tuberculose résistantes à pratiquement tous les antibiotiques connus. Le BCG est le seul vaccin homologué pour combattre la tuberculose. Il est peu coûteux et son efficacité a été mise en doute partant du fait que par exemple au sud de l’Inde, plus précisément au Kerala, vaccination ou pas, les enfants contractaient la tuberculose sans différence significative. Pourtant en Grande-Bretagne la même vaccination a fait pratiquement disparaître l’occurrence de cette maladie. Toutes sortes de théories ont été échafaudées pour tenter d’expliquer ces différences qui semblent proportionnelles à la distance à l’équateur, mais si, c’est vrai et prouvé statistiquement ! Cette étude récente a permis au contraire de montrer qu’il n’en était rien et que l’efficacité du BCG était d’autant plus grande que la vaccination avait lieu très tôt après la naissance. Comme on dit souvent « le plus tôt sera le mieux » et cet adage s’applique parfaitement au BCG. Encore fallait-il trouver une explication à cette observation rendue possible par traitement informatique de centaines de milliers de données provenant de dispensaires parfois éloignés de tout centre urbain mais soigneusement conservées par les soins des médecins anglais depuis des décennies.

Ce qui a permis de lever le voile sur le mystère de l’efficacité du BCG est d’abord le fait que les enfants qui avaient été en contact avec le bacille de Koch sans pour autant développer la tuberculose (primo-infection bénigne) ne réagissaient que faiblement au BCG, réaction suivie par le test à la tuberculine. Par comparaison, les enfants vaccinés très tôt après la naissance, quelques jours seulement, développaient une réaction normale à la tuberculine. L’étude a montré qu’en réalité l’efficacité du BCG diminuait si l’enfant était tardivement vacciné et cette observation a été expliquée par le fait que très tôt dans la vie on peut se trouver en contact avec des mycobactéries, famille dont fait partie le bacille de Koch, qui se retrouvent dans l’eau du robinet, sur les aliments et aussi dans les poussières de maison ! La vaccination contre la tuberculose avec le BCG n’a donc pas perdu sa réputation et administré très tôt après la naissance est un gage d’efficacité durable.

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Déclarer que le BCG est « devenu » inefficace est donc une contre-vérité que tous les médecins doivent éliminer de leur mémoire alors que le bacille fait de plus en plus de ravages y compris dans les pays développées.

Pou rappel le test à la tuberculine, mis au point par Koch avec les controverses qui s’ensuivirent, est un extrait dans du glycérol de bacille qui après injection sous-cutanée entraine une inflammation bien visible si je sujet a été préalablement en contact avec le bacille vivant au cours d’une primo-infection. Ce test est utilisé pour valider l’immunité acquise après la vaccination avec le BCG.

Source : London School of Hygiene and Tropical Medicine, illustration Wikipedia (appareil utilisé pour la vaccination BCG au Japon)

Voir aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/22/le-bacille-de-la-tuberculose-va-tres-bien-merci/

Le bacille de la tuberculose va très bien, merci …

La tuberculose, l’un des fléaux sanitaires des siècles derniers n’a pas disparu malgré la mise au point par Calmette et Guérin en 1920 du vaccin qui porte leur nom, le BCG. On estime que la tuberculose affecte plus de 2 milliards de personnes dans le monde et que cette maladie souvent mortelle puisque le bacille (de Koch) est devenu multi-résistant aux antibiotiques affecte une nouvelle personne chaque seconde ! Le bacille ne peut pas vivre à l’air libre et il est obligatoirement transmis par l’aérosol que le malade diffuse autour du lui en toussant ou en éternuant. Le bacille s’est répandu au cours des XVII et XVIIIe siècles lors de l’intensification des colonisations et des grands mouvements de population vers, par exemple, les Amériques. En Océanie, certaines îles indemnes de tuberculose ont vu leur population quasiment disparaître en quelques années avec la venue des colonisateurs. Mais on vient de découvrir par des analyses génétiques détaillées qu’en réalité ce bacille (B.tb) aime les foules : plus il y a de monde, plus il s’adapte et plus sa virulence augmente. Comme toute bactérie, le B.tb est en constante mutation et les analyses ont montré que c’est au cours de la période 1620-1713 qui vit une augmentation significative de la population humaine que le B.tb a acquis l’essentiel de ses mécanismes d’adaptation à l’hôte, en l’occurrence l’homme. La vaccination n’est pas obligatoire puisqu’on considère que l’efficacité du BCG n’est pas prouvée sur le long terme, elle est seulement vivement conseillée mais comme les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas vraiment intérêt à produire ce vaccin car il ne rapporte aucun bénéfice financier et de ce fait aucune réelle publicité n’atteint les populations à risque, prisons, camps de réfugiés, banlieues surpeuplées et insalubres ou encore les écoles ! En France on a recensé cette année une vingtaine de cas dans une école en banlieue parisienne … Une fois que la maladie est déclarée, il faut plusieurs années d’antibiothérapie lourde pour s’en débarrasser. Pourquoi ne pas se faire vacciner et surtout vacciner systématiquement les enfants en bas âge et éventuellement conseiller un rappel de vaccination tous les dix ans, au moins chez les populations à risque puisque le B.tb est assez vicieux pour s’adapter rapidement à tout nouvel environnement. Les études génétiques de B.tb ont en effet montré que ce bacille est capable d’améliorer sa capacité d’infection, sa fonction de production de protéines et d’élimination des mutations indésirables qui est environ 1000 fois supérieure à celle observée chez d’autres bactéries pathogènes. 

 

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L’avant-bras de mon petit-fils quelques jours après la vaccination par le BCG (obligatoire au Japon).

Source : PlosOne