Le diamant noir sud-africain

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Il y a un peu plus de six mois, je relatais dans ce blog l’apparition de la truffe noir, l’or ou le diamant noir du Périgord, non pas en France mais en Afrique du Sud. C’était l’été dans cette contrée australe et en ce moment on est au milieu de l’hiver, la saison optimale pour rechercher des truffes. Une organisation financée par des milliardaires locaux s’est intéressée aux « chênes truffiers » il y a un peu plus de dix ans et maintenant est arrivé le temps des premières récoltes. Tout est organisé pour qu’à terme l’Afrique du Sud devienne le leader mondial de la truffe noire. Les estimations parlent de 20 millions de dollars par an dans les 5 années à venir. Beaucoup d’arbres ont déjà presque dix ans et un chêne auquel on a correctement inoculé le champignon parasite doit produire des truffes à un moment ou à un autre. En quelques jours, à l’aide de chiens spécialement dressés pour rechercher les truffes, le patron de Woodford Truffles a trouvé 5 truffes dans deux vergers différents et la recherche ne fait que commencer.

Selon les estimations de Volker Miros d’ici 5 années les propriétaires des vergers espèrent bon an mal an récolter une cinquantaine de kilos de truffes par hectare et comme il y a déjà 500 hectares de chêneraie l’espérance de gain est de 90000 dollars par hectare au prix actuel de la truffe. Les grands restaurants de Capetown se disputent ces premiers diamants noirs … Des investisseurs européens s’intéressent très sérieusement à ce business, et il y a de quoi ! Truffle Growers SA ( http://www.africantruffles.com ) procède à une sélection génétique des rhizobiums et a sélectionné les souches les plus productives de Tuber melanosporum en Europe et dans d’autres pays du monde comme l’indique cette planisphère :

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À la suite de laborieux croisements entre les souches les plus prolifiques, la société Mycorrhizal Systems Ltd a établi une lignée particulièrement productive. Et les estimations sont basées sur des études étroitement réalisées avec les agriculteurs.

Non contente de produire des diamants l’Afrique du Sud va aussi devenir leader mondial du « diamant noir » …

Source : Bloomberg et Plantation Systems

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/15/bientot-de-la-truffe-noire-du-kwazulu-natal/

Bientôt de la truffe noire du Kwazulu Natal

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Neuf ans après les premières inoculations de mycélium au pied de ses chênes vert, avec le support du Département de l’Agriculture du KwaZulu Natal, Cameron Anderson a finalement découvert sa première truffe noire, aidé il faut l’avouer par son chien. C’est une première en Afrique du Sud. Anderson a planté une centaine de chênes importés d’Europe avec des racines sur lesquelles la société Mushrush avait inoculé du mycélium de truffe noire en provenance de France. L’Afrique du Sud suit donc la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui virent leurs premières truffes noires (ou blanches, l’histoire ne le dit pas) respectivement en 1993 et 1999. Si la truffe noire qu’on trouve surtout en France et également en Espagne se négocie à des prix légèrement inférieurs à ceux de la truffe blanche qu’on trouve essentiellement en Italie, son arôme unique n’est pas détruit par la cuisson contrairement à son homologue blanche. C’est l’un des raisons pour lesquelles la truffe noire a été choisie par les planteurs d’Afrique du Sud. Certes, la truffe noire n’atteint que très rarement les tailles exceptionnelles des truffes blanches – une truffe blanche récoltée près de Pise et pesant 1500 grammes a été acquise par Stanley Ho, le propriétaire d’un casino de Macao, pour 330000 dollars en 2007.

Quand Anderson a trouvé se première truffe au mois d’août dernier (ce serait en février en Europe), un morceau a été envoyé en Italie pour identification génétique et le résultat a confirmé qu’il s’agissait bien d’une Tuber melanosporum, en d’autre termes « truffe du Périgord » car c’est ainsi que les grands chefs cuisiniers l’appellent. La production française de truffe noire est en déclin depuis la fin des années 1930 passant de près de 1000 tonnes à une petite vingtaine de tonnes en 2012. Toutes sortes de raisons ont été évoquées pour expliquer ce déclin depuis la mauvaise maîtrise de la population de sangliers qui ravagent les truffières jusqu’à l’usage de pesticides ou même le changement climatique (selon Wikipedia, mais on n’est pas obligé d’adhérer à cette dernière évocation qui ne fait l’objet d’aucune référence). C’est surtout le mauvais entretien des truffières qui explique le déclin de la production de truffes noires françaises … Difficile de comprendre qu’aucun effort ne soit consenti dans ce sens alors que le prix des truffes noires reste relativement stable à 1500 euros le kg.

Source et illustration : Business Day Live, South Africa et http://mushrush.co.za :

Here at our MUSHRUSH HOME in the Natal Midlands, we are uber delighted, to announce that the first ever ‘Black Diamond’ truffle mushroom found in SOUTH AFRICA has been confirmed. For those intrepid truffle entrepreneurs who have been following the Mushrush truffle journey, we are so pleased with this fantastic breaking news. Although this particular delicacy was discovered in August 2014, we have been biting our tongues and holding our thumbs, while doing the DNA analysis. After sending the sample to a well known truffle expert and author in Italy, at the end of November, we received news at the end of December,  that this mushroom is unequivocally Tuber melanosporum!

Naturally this will have a profound and distinct advantage for those who have already started their truffle plantations (truffieres) and we are so excited for them and of course for our own truffiere in Nottingham Road, Natal Midlands.

Besides this, the gourmet ‘foodies’ in South Africa will soon have access to this locally grown delicacy. 

– See more at: http://mushrush.co.za/#sthash.9hdzpj7X.dpuf