L’incroyable descente aux enfers (en piqué !) de Boeing.

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Après les crashs de deux Boeing 737Max ayant provoqué la mort de 346 personnes tous ces aéronefs ont été cloués au sol, environ 200 appareils de par le monde. De nombreuses commandes ont été annulées ou reportées et le département de la justice américain (DoJ) a ouvert une enquête pour, même si le terme n’a pas été prononcé, homicide volontaire, c’est du moins ce que pensent de nombreux observateurs. Cette enquête du DoJ à peine ouverte des « fuites » provenant d’employés de Boeing qui ont voulu naturellement garder l’anonymat ont indiqué que la firme Boeing travaillait à l’économie sur des sujets très critiques pour la sécurité des avions et des passagers et personnels navigants.

Pour résumer il s’agit de logiciels de navigation écrits « à l’arrache » par des programmeurs indiens à Bengalore payés 8 dollars de l’heure qui ne savent même pas ce qu’ils écrivent dans les lignes de programme ni ce à quoi elles sont destinées. De plus la FAA, agence fédérale de l’aviation civile, s’est émue du fait que la formation des pilotes ne soit pas effectuée, entendez payée par Boeing, avec des simulateurs de vol reproduisant la totalité des équipements informatiques embarqués mais avec des tablettes genre iPad.

Cerise sur le gâteau, le même informateur anonyme a divulgué un autre disfonctionnement informatique concernant cette fois les « Dream Liners » ou Boeing 787. Déjà concerné par des feux de batteries cet aéronef, supposé être le fleuron de la gamme Boeing, présente des failles informatiques pouvant provoquer la chute en piqué inopinée en agissant sur les volets des gouvernes en queue d’avion. Ça fait beaucoup ! Des économies de bouts de chandelle pour que les dirigeants se versent des bonus substantiels et que les actionnaires perçoivent de confortables dividendes au prix de 346 morts et peut-être plus, qui sait ? Il est également opportun d’ajouter à ce tableau de gestion calamiteuse de Boeing que le DreamLiner (modèle 787) assemblé dans l’usine Boeing de Caroline du Sud ne suit pas les contrôles de conformité exigés par la FAA. Le suivi de qualité des pièces n’est pas assuré correctement afin de se conformer aux délais de livraison, en résumé tout y est exécuté « à la va vite », toujours selon cet informateur « dans les murs », on pourrait parler de BoeingLeaks …

La descente en piqué de cette firme américaine emblématique est révélatrice du pourrissement du tissu industriel américain, je n’en dirai pas plus … sauf pour cette information complémentaire : la firme Boeing fait sous-traiter de nombreuses approches informatiques à des firmes indiennes dans le cadre d’un accord commercial entre Washington et New-Delhi pour la fourniture d’avions militaires et de 100 Boeing-737 Max-8 pour un montant de 22 milliards de dollars signé en janvier 2017. Et jamais aucun dirigeant de cette firme n’ira en prison … C’est beau la vie !

Source : The Seattle Times du 26 juin 2019 via moneymaven.io, illustration Seattle Times : Boeing-737-Max immobilisés au sol.

Nouvelles de Tenerife : Il y a 40 ans l’accident aérien le plus meurtrier

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Dans une dizaine de jours j’irai à l’aéroport de Los Rodeos maintenant rebaptisé Tenerife Norte (code TFN) pour voler vers le Japon via Madrid puisqu’il existe enfin (!) des liaisons directes Madrid-Tokyo Narita. Cet aéroport de Tenerife Norte maintenant moderne reste tout de même dans les mémoires puisque sur sa piste d’envol eut lieu l’accident aérien le plus meurtrier qu’ait connu l’aviation civile, 583 morts, à la suite d’une conversation mal comprise entre la tour de contrôle et les pilotes de deux Boeing 747, l’un de la PanAm et l’autre de KLM. L’accident eut lieu il y a 40 ans, au milieu du calme après-midi de ce dimanche 27 mars 1977. Pour l’anecdote ma novia (fiancée ou « petite-amie » en français) habitait et habite toujours à Los Rodeos, un faubourg de San Cristobal de la Laguna. Elle souffrit pendant plusieurs jours de l’odeur de viande (humaine) brûlée par le gigantesque incendie provoqué par les réservoirs pleins de kérosène.

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Elle en garde encore aujourd’hui un souvenir tenace, ne pouvant pas ouvrir les fenêtres de son appartement tant l’odeur était insupportable, souvenir d’autant plus tenace que cet accident fut indirectement provoqué par une alerte à la bombe à l’aéroport de Las Palmas (Gran Canaria) et ces deux avions furent détournés vers Tenerife, alerte à la bombe émanant des mouvements indépendantistes canariens … Le frère de ma copine, qui travaillait à l’aéroport dans l’équipe de pompiers et intervint donc directement sur le lieu de l’accident ne put avaler de viande pendant plusieurs années, la simple odeur de viande grillée le dégoutait.

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Voici quelques clichés de cette catastrophe terrible dont réchappèrent seulement 61 personnes du vol PanAm, un vrai miracle ! Et pourtant l’avion est un moyen de transport infiniment plus sûr que la voiture ou le train.

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Note : Il existe à l’entrée de l’aéroport un horrible monument en ferraille plus ou moins rouillée qui commémore cet accident, à l’image de cette catastrophe que la mémoire locale tente d’oublier. Ce prochain dimanche 3 avril 2017 une brève cérémonie sera organisée à l’entrée de l’aéroport pour commémorer cette catastrophe. Illustration : The Telegraph.