Grande-Bretagne : L’énergie nucléaire est nécessaire pour produire de l’hydrogène

Traduction d’un article paru sur le site World Nuclear News

Pour faciliter une décarbonisation rapide et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables sont nécessaires pour la production d’électricité et d’hydrogène, a conclu une nouvelle étude indépendante. L’étude, réalisée par Aurora Energy Research, examine les avantages du déploiement à la fois du nucléaire et des énergies renouvelables pour la production d’hydrogène, afin de soutenir la transition énergétique et d’atteindre les objectifs climatiques du Royaume-Uni. Le rapport – intitulé « Decarbonising Hydrogen in a Net Zero Economy » – a été commandé par Urenco et a été soutenu par l’Agence internationale de l’énergie atomique, EDF et Lucid Catalyst.

Il fait suite à la stratégie du gouvernement britannique sur l’hydrogène, publiée le mois dernier. La Stratégie sur l’hydrogène indiquait que le nucléaire offrait un certain nombre d’options pour produire de l’hydrogène propre, mais ce rapport ne modélisait pas les coûts et la compétitivité de la contribution du nucléaire. « La majorité des études sur l’avenir du secteur de l’hydrogène en Grande-Bretagne se concentrent sur l’hydrogène électrolytique issu de sources d’énergie renouvelables (SER) et l’hydrogène fossile avec capture et stockage du carbone (CSC) », indique le rapport. « Le potentiel du nucléaire à participer à l’économie de l’hydrogène n’est souvent pas pris en compte en raison des coûts élevés des actifs récents et du manque d’orientation politique claire conduisant à la suspension des projets prévus.

« Cette étude examine comment le soutien politique aux nouvelles technologies nucléaires et aux modèles commerciaux pour fournir de l’hydrogène électrolytique à faible émission de carbone pourrait réduire les coûts nucléaires et des systèmes tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles lorsqu’ils sont déployés aux côtés des SER sur la voie du zéro net ».

Le rapport d’Aurora utilise la suite de modélisation intégrée de l’entreprise pour capturer les interactions du marché et les impacts du déploiement des SER et du nucléaire pour atteindre le zéro net. Le scénario interne Net-Zero d’Aurora reflète tous les objectifs récents du gouvernement britannique, y compris les 40 GW d’énergie éolienne offshore du livre blanc sur l’énergie et la capture de 10 millions de tonnes de dioxyde de carbone via le CSC d’ici 2030. La capacité électrique installée devrait passer de 107 GW en 2021 à 257 GWe en 2050, portée par la croissance rapide des énergies renouvelables et la capacité de pointe. La capacité de production nucléaire passerait de 9 GW à 21 GW sur cette période. La production d’électricité passerait de 312 TWh en 2021 à 643 TWh en 2050, la production nucléaire passant de 59 TWh à 159 TWh. Parallèlement, la capacité de production d’hydrogène passerait de 5 GW à 69 GW sur la même période.

Le modèle de décarbonisation d’Aurora diffère des approches traditionnelles en ce qu’il suppose que toutes les technologies de production sans émissions sont traitées sur un pied d’égalité et rivalisent sur le plan des coûts. Après 2030, les enchères de capacité ne sont disponibles que pour les producteurs zéro carbone et les coûts nucléaires et les applications du marché sont pleinement représentés dans le modèle.

L’étude a révélé que pour faciliter une décarbonisation rapide et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, le nucléaire et les énergies renouvelables sont nécessaires pour la production d’électricité et d’hydrogène. Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables peuvent fournir les volumes d’hydrogène nécessaires pour un net-zéro en 2050. Le déploiement de grands volumes de nucléaire parallèlement aux énergies renouvelables est économiquement efficace, réduisant la valeur actuelle nette des dépenses totales du système du Royaume-Uni de 6 à 9 % (40 à 60 milliards de livres sterling ) à l’horizon 2050. Il a également constaté que la combinaison de l’hydrogène et du nucléaire conduit à des coûts compétitifs. L’utilisation conjointe de la chaleur et de l’électricité d’une centrale nucléaire pour la production d’hydrogène offre un avantage de coût important. Les émissions cumulées de gaz à effet de serre jusqu’en 2050 peuvent être réduites de 80 millions de tonnes de CO2 et la consommation de gaz sous forme d’électricité et d’hydrogène conduirait à une réduction de la consommation de 8000 TWh thermique.

Le dernier rapport fait suite à l’étude 2020 d’Aurora Hydrogen for a Net Zero GB: An Integrated Energy Market Perspective. Il note que bien que la nouvelle étude se concentre sur le Royaume-Uni, les résultats étant applicables à d’autres pays, y compris les pays en développement. « Il existe un potentiel passionnant pour combiner le nucléaire, les énergies renouvelables et l’hydrogène pour offrir une économie nette zéro », a déclaré Felix Chow-Kambitsch d’Aurora Energy Research. « Le nouveau rapport d’Aurora est la première étude du genre à démontrer comment le nucléaire peut compléter les énergies renouvelables et l’hydrogène. Atteindre les volumes d’hydrogène requis pour un net-zéro sans combustibles fossiles sera un défi sans hydrogène électrolytique issu du nucléaire et des énergies renouvelables. Un système énergétique avec une grande ambition dans l’énergie nucléaire peut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, réduire les émissions de carbone et réduire les coûts du système ».

« L’énergie nucléaire a clairement un rôle important aux côtés des énergies renouvelables dans la transition vers une énergie propre en soutenant une production d’électricité fiable et à faible émission de carbone et la production future d’hydrogène », a déclaré Boris Schucht, PDG du groupe Urenco. « Pour réaliser cela, nous devons débloquer les investissements, en créant un nouveau modèle de financement pour le nucléaire et un environnement de marché pour l’hydrogène. Le développement de réacteurs à haute température serait un moyen pour le nucléaire de soutenir l’hydrogène, étant donné que ces conceptions sont très efficaces pour la production d’hydrogène. « Cette dernière recherche est une étape importante pour permettre aux décideurs politiques d’ouvrir la voie à la livraison de net-zéro d’ici 2050. Nous attendons avec impatience des conversations constructives dans les mois à venir et une forte collaboration entre l’industrie et le gouvernement sur ce travail essentiel ».

Notes. Urenco est une entreprise britannique d’enrichissement d’uranium majoritairement détenue par l’Etat. Dans le scénario retenu dans le rapport Aurora les énergies dites renouvelables, moulins à vent et autres panneaux solaires, seraient entièrement dédiées à la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Si la production d’électricité par ces éoliennes devait être intégrée au réseau il faudrait en effet des productions d’appui avec des turbines à gaz. Cette éventualité est donc considérée comme devant être exclue du scénario 2050. Enfin le Président de la République française a récemment déclaré que le pays devait s’intéresser au petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) alors qu’il a obtenu autoritairement la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et ordonné l’arrêt du projet Astrid. Peut-être confondait-il les usines de production électriques utilisant le gaz naturel pour pallier avec les SMRs à l’intermittence des énergies dites renouvelables. À l’évidence il ne sait pas de quoi il parle et sa politique énergétique est totalement erratique.

« La centrale nucléaire la plus dangereuse est celle que l’on ne construit pas »

Zion Lights est une activiste écologiste, communicante scientifique britannique et ancienne porte-parole du mouvement Extinction­ Rebellion. Isabelle Boemeke est influenceuse pro-nucléaire tandis que Myrto Tripathi, ingénieure française, préside l’ONG « Les Voix du nucléaire ». Dans une tribune, ces trois activistes mêlent – au lieu d’opposer – l’atome et les énergies vertes. (Article paru sur le site Marianne le 13 août dernier)

La crise climatique actuelle n’aura échappé à personne. Dans le même temps, la pollution atmosphérique liée aux combustibles fossiles tue plus de 8 millions de personnes par an. Ces décès sont entièrement évitables. Dans ce contexte, l’énergie nucléaire offre des avantages considérables. Elle contribue à la stabilité de la transition énergétique, à l’amélioration de la qualité de l’air, à la création d’emplois non délocalisables et à la production non-intermittente d’une électricité verte à bas coût dans des centrales qui ont une durée de vie assez longue : jusqu’à 80 ans dans les bonnes conditions de sécurité.

Le nucléaire n’est bien sûr pas la seule solution pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air. Nous croyons en une cohabitation avec une part croissante de renouvelables à mesure que les technologies qui les portent se développent. Toutes les solutions bas carbone ont un rôle à jouer dans la construction d’un monde plus vertueux. Ce qui nous pousse à ce plaidoyer en faveur du nucléaire est que cette source pourtant propre, bon marché, sûre et durable est trop souvent écartée en vertu d’arguments totalement fallacieux.

TRIOMPHE DE LA DÉSINFORMATION

Il existe un véritable tabou autour de l’atome, qui rend toute discussion factuelle sur ses mérites et défauts impossible. Il n’y a malheureusement aujourd’hui pas d’industrie donnant lieu à plus de fausses informations et de croyances erronées. À titre d’exemple, en France, près de 86 % des 18-34 ans pensent que cette technologie à un impact néfaste sur le climat. Il s’agit pourtant de la seconde énergie la moins émettrice de CO2 après les barrages hydrauliques – et devant le solaire et l’éolien.

Cette tendance est encore plus marquée chez les femmes, qui sont deux fois plus nombreuses à penser que le nucléaire contribue à la production de gaz à effet de serre. Cela peut s’expliquer par le fait que nous sommes traditionnellement plus engagées dans la lutte pour préserver l’environnement, notamment via l’écoféminisme né dans les années 1970, mais aussi par notre association traditionnelle à des figures de « care-giver ».

Après le déni du changement climatique, nous déplorons une sorte de « déni nucléaire ». Il est largement dû à sa perception trop « technique », alors qu’il ne l’est pas plus que les autres technologies que nous utilisons tous les jours, telles que les voitures, les avions, les ordinateurs ou les smartphones. Le nucléaire est mal expliqué, donc incompris, ce qui laisse libre cours aux clivages et à la désinformation.

Le mouvement écologiste a été extrêmement efficace pour communiquer un sentiment antinucléaire et pour associer cette énergie aux armes et accidents nucléaires – une connexion aussi ténue qu’anachronique. Aussi, pour beaucoup, être impliqué dans l’écologie revient à être antinucléaire par principe. Ironiquement, la plupart des mouvements écologistes actuels, qui demandent à nos dirigeants d’écouter les scientifiques sur le climat, se gardent bien d’en faire autant à propos des atouts de nos centrales.

DERRIÈRE L’IMAGE, UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE

Cette croisade a un effet terrible. L’atome est frappé par une sorte de stigmate social et le défendre est mal vu. En coulisses, la plupart des experts et des chercheurs le reconnaissent volontiers : « le nucléaire est indispensable et nous devrions l’utiliser ». Mais ils ne le diront pas publiquement.

Cela nuit au développement de la filière : qui va étudier l’ingénierie nucléaire si tout ce que vous entendez en grandissant est qu’il s’agit d’une technologie polluante, dangereuse et sans lendemain ? Imaginez le nombre de cerveaux qui aurait pu continuer à porter l’industrie nucléaire si elle était considérée comme un élément positif pour le monde. Nous voulons porter la voix de la majorité silencieuse qui soutient le nucléaire, de sorte qu’on lui accorde sa « licence sociale ».

Chaque fois qu’une centrale ferme, les gouvernements assurent qu’elle sera remplacée par des énergies renouvelables. Ce n’est malheureusement jamais le cas, et les conséquences sont très réelles : une récente étude (1) indique que la fermeture de la centrale californienne de Diablo entraînerait 15,5 millions de tonnes d’émissions de CO2 supplémentaires au cours de la prochaine décennie. C’est comme si 300 000 voitures à essence roulaient pendant dix ans. Et ce, pour des raisons purement idéologiques.

L’ENJEU DE LA TAXONOMIE VERTE

La même chose pourrait se produire en Europe avec les débats sur la taxonomie verte : la Commission européenne est en train de mettre en place les règles définissant quelle technologie est verte et laquelle ne l’est pas. Cela déterminera l’allocation d’aides au développement des filières et affectera le choix des investisseurs publics et privés, ce qui aura des conséquences immenses pour la recherche et l’innovation.

Plusieurs pays font pression pour exclure le nucléaire de cette taxonomie, ce qui reviendrait de fait à exclure progressivement le nucléaire du mix énergétique européen. Une attaque directe au porte-monnaie qui bloquerait la construction de nouvelles centrales ainsi que le développement des nouvelles technologies permettant de dépasser les faiblesses actuelles du secteur. Le projet Astrid, qui devait permettre de réutiliser les déchets nucléaires comme carburant, a ainsi été suspendu…

NON AU NUCLÉAIRE ET OUI AU GAZ FOSSILE

L’exclusion du nucléaire de cette taxonomie serait un non-sens total. D’autant plus quand on sait que près des trois quarts des émissions humaines proviennent de la consommation d’énergie Dans le même temps, les mêmes qui s’opposent au nucléaire militent pour que le gaz – une énergie fossile, donc – soit inclus dans cette taxonomie, alors que celui-ci génère près de 80 fois plus de CO2 ou équivalent par kilowattheure d’énergie produite.

La question ne devrait pas être « le nucléaire est-il une solution ? », mais bien « de combien de nucléaire avons-nous besoin pour verdir nos pays ? ». Mais aujourd’hui, le débat est monopolisé par les arguments trompeurs de militants antinucléaires – un peu comme si on n’écoutait que des antivax pour trouver des solutions possibles au Covid-19 ou des platistes pour déterminer la forme de la Terre.

Notre constat, bien au contraire, est que, compte tenu de l’urgence climatique, nous avons besoin d’énergie décarbonée, et le nucléaire est une source incontournable. En conséquence, il faut construire plus de réacteurs, pas moins – et ce, de toute urgence. Aujourd’hui, la centrale nucléaire la plus dangereuse, c’est celle qu’on ne construit pas. De nombreuses femmes l’ont compris et sont à l’avant-garde d’un élan pronucléaire, loin des clichés. Espérons que nous puissions inspirer les Greta Thunberg de ce monde, qui écartent aujourd’hui le nucléaire pour de mauvaises raisons.

(1) Le Joint Research Center a rendu le 26 mars 2021 un rapport à la Commission européenne affirmant que le nucléaire peut être qualifié d’énergie verte.

Note. J’ai contacté Myrto Tripathi via le site « La voix du Nucléaire » sans réponse de cet organisme à ce jour bien avant de me décider à mettre cet article sur mon blog.

Transition énergétique : Bientôt une Europe sans aciéries ?

Les délires de plus en plus affirmés par les gouvernements européens encouragés par la Commission sous l’impulsion de Madame van der Leyen, qui n’a jamais dissimulé sa sympathie pour les mouvements écologistes, vont conduire l’ensemble de l’Union européenne vers la ruine. Alors, pour maîtriser une population mécontente seul un régime autoritaire fascisant constituera l’avenir de nos enfants et petits-enfants. On constate déjà les prémices d’un tel régime autoritaire avec cette histoire de pass sanitaire qui fait des adeptes pas seulement en France. Et toute cette stratégie pour que l’Europe atteigne cette pompeuse neutralité carbone avant 2050 ! Les beaux jours de l’industrie automobile sont comptés et quand il n’y aura plus de lithium pour fabriquer des batteries les reliquats de cette industrie reconvertie à la hâte dans les véhicules électriques disparaîtront et ce sera bien avant 2050. La politique de « décarbonisation » de l’activité humaine, selon les idéologues qui gravitent autour de la Commission européenne, passera nécessairement par le renouvelable, un mot qui ne veut rien dire.

Produire de l’acier avec des énergies renouvelables, voilà le nouvel objectif qu’a choisi l’Europe car, bien après le secteur des transports, la production d’acier ne représente que 4 % du CO2 émis par l’ensemble des pays européens, c’est-à-dire environ 100 millions de tonnes par an. Pour diminuer la production de CO2 dans le secteur de la production d’acier il faut inévitablement choisir une autre source de « réducteur » au sens chimique du terme et si ce n’est pas du coke, préparé à partir du charbon, alors la seule alternative est l’hydrogène. Dans l’état actuel de la technologie l’hydrogène est obtenu à partir de gaz naturel. Le serpent idéologique se mord donc la queue.

Quelques chiffres aiderons les lecteurs à comprendre l’ampleur du problème posé par les aciéries. Les 100 millions de tonnes de CO2 émis par les aciéries européennes représentent 0,007 ppm sur les quelques 410 ppm de CO2 que contient l’atmosphère. C’est énorme ! Pour remplacer le coke il faudra construire au moins 14 réacteurs nucléaires de 1000 MW et à cet investissement il faudra encore au moins 4 réacteurs de cette même puissance pour produire de l’hydrogène. Le recyclage de l’acier dans le cadre ce la fameuse (et fumeuse) économie circulaire, qui dans ce domaine existe déjà il faut aussi de l’électricité car ce recyclage s’effectue dans des fours à arcs électriques. Les industriels de l’acier, habitués à utiliser le coke produit à partir de charbon disponible à un prix accessible devront se contenter de le kWh beaucoup plus coûteux, opération de substitution qui entrainera un surcoût global de 5 milliards de dollars par an. Importer de l’acier de pays non européens pour faire face à ces augmentations insupportables de prix sera alors l’une des solutions obligées puisque l’Europe, pour bien être certaine de précipiter sa ruine, taxera lourdement cet acier étranger à l’Europe. Au final l’acier deviendra un produit de luxe ! Et par conséquent les centaines de milliers de produits utilisant de l’acier verront leurs prix peut-être décupler. Enfin les pays européens devront investir au moins 100 milliards de dollars pour mettre en place la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables, si possible, puisque faire accepter au public la construction de réacteurs nucléaires dédiés seulement à la production d’hydrogène pour la seule production d’acier risque d’être très problématique.

D’ici 2050 l’Europe, à moins de choisir de se voir totalement désindustrialisée, devra investir au bas mot plus de 400 milliards de dollars. Tout cela pour atteindre un réduction de la température globale de la Terre de 0,002°C, c’est ce que prévoit l’IPCC pour une réduction de 0,2 ppm du CO2 atmosphérique. Si vous voulez vraiment vous faire une idée du résultat obtenu au terme de cet investissement extravagant il suffit d’un petit calcul. Comme nous l’avons tous constaté lorsque l’on se déplace en altitude l’air se refroidit à raison d’environ 1 degré pour chaque 100 mètres, Diminuer la température globale de la terre de 0,002°C représente donc la différence de température de l’air au niveau du sol et au niveau des genoux ! Tout ça pour ça ?

Sources : https://bellona.org/news/climate-change/2021-03-hydrogen-in-steel-production-what-is-happening-in-europe-part-one

https://www.rolandberger.com/en/Insights/Publications/Europe%27s-steel-industry-at-a-crossroads.html

Le plan « net zéro » britannique

Les experts nucléaires de l’Université de Manchester ont identifié les huit actions nécessaires pour évaluer objectivement le rôle du nucléaire dans l’avenir « net zéro » du Royaume-Uni. Leur document positionne l’énergie nucléaire pour ce net zéro. Une stratégie d’action détermine ce que les décideurs politiques et l’industrie doivent explorer afin de prendre une décision éclairée sur la base d’une « meilleure économie ». Cela inclut le développement d’organes consultatifs, la modélisation non partisane de la trajectoire économique et l’optimisation des programmes de R&D.

Le document a été rédigé par l’équipe de direction du Dalton Nuclear Institute de l’Université de Manchester, qui abrite la capacité de recherche nucléaire la plus importante et la plus avancée du Royaume-Uni. Il s’agit de Francis Livens, directeur, Gregg Butler, responsable de l’évaluation stratégique, William Bodel, chercheur associé en choix de systèmes nucléaires et Juan Matthews, professeur invité en technologie de l’énergie nucléaire. https://documents.manchester.ac.uk/display.aspx?DocID=55791

« Le net zéro d’ici 2050 est un défi tellement énorme pour ce pays qu’il faut vraiment tous se mettre au travail, a déclaré Livens. « La réalité, c’est que nous devons explorer toutes les options et les évaluer sur un pied d’égalité et prendre une décision objective sur le point suivant : « Le nucléaire a-t-il un rôle à jouer dans notre avenir énergétique, oui ou non ? ». Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni a besoin d’agir rapidement pour résoudre cette question et de saisir toute opportunité qui se présente. Si elle continue à tergiverser, tout sera certainement perdu ». Butler a ajouté : « Nous avons élaboré ce document parce que nous nous sentions responsables, en tant que communauté universitaire impartiale, de soutenir nos collègues du gouvernement et de l’industrie. Le Royaume-Uni a fixé un objectif de zéro net de premier plan au monde, mais il ne suffit pas de fixer l’objectif – nous devons y parvenir. Il est maintenant temps de prendre des mesures clés qui détermineront les rôles que le nucléaire peut jouer, en reconnaissant qu’elles ne devraient être adoptées que si elles contribuent à une solution économique et environnementale optimisée. Nous pourrions en savoir beaucoup sur l’énergie nucléaire – mais il doit être considéré comme un candidat pour aider à atteindre le zéro net – pas comme une fin en soi ».

Recommandation 1 : L’état de développement de la technologie des réacteurs modulaires avancés (AMR) au Royaume-Uni et dans le monde affirme que le réacteur de démonstration mentionné dans le livre blanc sur l’énergie du gouvernement devrait être doté de la technologie des réacteurs refroidis au gaz à haute température (HTGR), avec une attention particulière également accordée à la démonstration de la production d’hydrogène à l’aide de la chaleur nucléaire.

Recommandation 2 : Le soin de spécifier, développer et poursuivre la voie vers un démonstrateur HTGR basé au Royaume-Uni devrait être confiée à un organisme approprié qui est équipé et habilité à réaliser le projet HTGR. Cela inclurait de diriger toute la R&D nécessaire pour définir un itinéraire optimal, de surveiller si et comment ces optima changent à mesure que les études progressent et de ré-optimiser les programmes en conséquence.

Recommandation 3 : la R&D sur les cycles du combustible fermés doit être poursuivie pour permettre au Royaume-Uni de suivre les évolutions de ces systèmes et d’évaluer si, ou quand, ces systèmes trouveront une place sur le marché britannique de l’énergie.

Recommandation 4 : Une vision britannique continue des développements dans les systèmes AMR devrait être maintenue et dirigée par un organisme qui n’est pas en conflit avec les revendications et le lobbying d’un système particulier. L’évaluation de faisabilité générique a fourni un exemple de plate-forme qui pourrait héberger cette tâche, mais une organisation convenablement « sans intérêt » devrait être mise en place avec un examen par les pairs exemplaire.

Recommandation 5 : Un organe consultatif approprié à large assise devrait être engagé pour conseiller le gouvernement sur le programme nucléaire futur. Il pourrait s’agir du Nuclear Innovation Research and Advisory Board (NIRAB) ou d’un successeur, mais le NIRAB semble avoir établi l’étendue et la valeur possibles de ces conseils.

Recommandation 6 : Le Comité sur les changements climatiques devrait explorer, avec une assistance appropriée, les possibilités d’un rôle plus large du nucléaire sur la voie du zéro net.

Recommandation 7 : Energy Systems Catapult (une organisation indépendante à but non lucratif pour l’industrie, le gouvernement, les universités et la recherche) devrait, avec l’aide d’autres experts en modélisation, mettre en place et exécuter des modèles transparents de règles du jeu équitables pour surveiller les développements économiques. Cela motivera les améliorations et détectera un optimisme irréaliste.

Recommandation 8 : Une plate-forme telle que celle recommandée pour l’énergie nucléaire dans la recommandation 4 devrait être établie pour toutes les sources d’énergie présentes dans la trajectoire net zéro, afin de donner une vision claire et impartiale de l’état actuel de ce net zéro.

Le fait que le gouvernement se soit engagé dans un plan d’action sur 30 ans constitue « une grande raison d’être optimiste » mais la mise en œuvre de l’énergie nucléaire « là où cela est approprié et avantageux » doit éviter d’être « mise à l’écart pour des motifs non étayés ». Il faut espérer que le message « le meilleur pour le Royaume-Uni, le meilleur pour la planète » pourra devenir réalité. En ce qui concerne les délais, la situation actuelle est cruciale, tout retard se manifestant immédiatement sur le chemin critique d’un démonstrateur nucléaire en 2030, et par inférence la forte perspective d’avoir un impact négatif sur l’échéance de 2050 ».

Traduction d’un document paru sur le site World Nuclear News. Commentaire. Il faut admirer le pragmatisme des Britanniques et leur vue sur le long terme. L’intégration des HTGR dans le programme de mise en place de véhicules à pile à combustible est la seule alternative fiable pour accélérer la marche vers le net zéro. Toute autre approche relève de la fiction pour diverses raisons. La raréfaction des matières premières entrant dans la conception des véhicules « tout électrique » est prévisible alors que les piles à combustible ne se heurteront pas à ce goulot d’étranglement prévu pour 2035. La Chine, pays à économie planifiée, a compris que les HTGR étaient la seule alternative économiquement rentable pour produire de l’hydrogène. La production d’énergie, l’hydrogène étant une forme d’énergie puisqu’il s’agit d’un combustible, doit être planifiée sur le long terme. La France a parié sur le remplacement d’une partie du parc nucléaire par des éoliennes. C’est un pur non-sens puisque ces installations ont une durée de vie maximale de 25 ans. La planification « à la française » révèle un amateurisme affligeant. J’en dirai autant sinon pire pour la politique énergétique allemande.

« Transition énergétique » : chronique d’un échec inévitable

Depuis que la grande majorité des scientifiques oeuvrant au sein de l’IPCC à Genève ont déclaré que c’était le CO2 d’origine « anthropique » (et lui seul !) qui perturbait le climat et que nous allions tous « griller comme des toasts » à brève échéance comme le déclarait Madame Christine Lagarde il y a quelques années, la nouvelle obsession est donc la transition énergétique devant aboutir au mieux à une réduction effective des émissions de carbone et au pire à une « neutralité carbone ». La signification de cette dernière notion m’échappe mais je dois probablement vieillir au point de ne plus être capable de comprendre ce que cela signifie dans la réalité des faits. Bref, j’ai tout de même compris que cette transition énergétique doit comporter trois volets. Le premier est une meilleure isolation des logements et des bâtiments de bureaux, publics et administratifs dans les pays connaissant des hivers frais ou franchement froids et des étés parfois torrides, comme le prévoit le réchauffement du climat. Dans les pays de la zone intertropicale de telles mesures d’isolation permettraient de réduire la consommation d’électricité alimentant les conditionneurs d’air. Jusque là tout peut être géré mais le second volet pose déjà plusieurs problèmes. Il s’agit pour réduire les émissions de carbone de procéder à un changement total des systèmes de propulsion des véhicules automobiles pour passer massivement de la consommation de combustibles fossiles à l’électricité ou l’hydrogène. Comme je n’ai pas la prétention de couvrir tous les pays du monde je me limiterai dans mon analyse à la France, pays dont la production et consommation d’énergie primaire sont bien identifiées. Enfin le dernier volet qui relève toujours de la fiction est le stockage de l’électricité hors hydroélectricité par pompage que je n’aborderai pas dans ce billet malgré le fait qu’il est lié aux deux premiers volets.

Les faits en 2017. L’énergie primaire consommée en France se répartit ainsi : 40 % de nucléaire, 29 % de pétrole, 15 % de gaz naturel, 4 % de charbon et 11 % d’énergies renouvelables comprenant en majeure partie les barrages hydroélectriques. Le secteur des transports consomme 33 % des énergies primaires, le secteur tertiaire-résidentiel 44 % et l’industrie 21 %. L’objectif de « décarbonation » qui ne sera jamais que partiel de la consommation d’énergies primaires concerne donc le secteur des transports car il peut être appréhendé assez directement. En France toujours, le transport ferroviaire électrifié incluant également les tramways et les métropolitains consomme 3 % de toute la production d’électricité. Le calcul est donc limpide : pour « électrifier » l’ensemble des transports consommateurs de pétrole et émetteurs de CO2 il faudrait construire 65 réacteurs nucléaires type Fessenheim ou 36 EPRs type Flamanville car il est impossible d’envisager de paralyser tout un pays s’il n’y a pas de vent pendant trois jours consécutifs. Il s’agit donc un projet monstrueusement coûteux, de l’ordre de 400 milliards d’euros sans oublier de surcroit les millions de bornes de rechargement dispersées dans les villes où les espaces de stationnement sont perpétuellement encombrés par des voitures qui ne sont utilisées que quelques heures par semaine.

Mais il y a pire. Le parc automobile français comprend 39 millions de véhicules, toutes catégories confondues, d’âge moyen 10 ans (source CCFA). Donc la moitié de ce parc est « vieux » et constitue un ensemble de candidats à une électrification. Le problème pour atteindre ce but partiel est l’approvisionnement en métaux et graphite hors acier et aluminium. Un véhicule classique de puissance moyenne utilise environ 20 kg de cuivre et un peu moins de dix kg de manganèse incorporé dans les alliages. Un véhicule électrique également de puissance moyenne nécessite outre l’acier et l’aluminium plus de 50 kg de cuivre, 20 kg de manganèse, 10 kg de lithium, 40 kg de nickel, 15 kg de cobalt, 70 kg de graphite et quelques centaines de grammes de terres rares (Source IEA, Agence Internationale de l’Energie). Encore une fois le calcul est simple : pour remplacer la moitié du parc automobile français traditionnel en véhicules électriques et en supposant que la France fabriquerait sur le territoire national ces véhicules, y compris les batteries (c’est un doux rêve) il faudrait qu’elle importe 200000 tonnes de lithium et 300000 tonnes de cobalt. Même si ce programme d’ « électrification » s’effectuait sur 10 ans cela représenterait chaque année 20 % de la production mondiale de cobalt (année 2018) et pour le lithium le quart de la production mondiale annuelle qui est de 80000 tonnes (années 2020). Or la France n’est pas toute seule dans le monde et de plus il n’y a aucun gisement de lithium ou de cobalt sur son territoire.

La solution ultime si chère aux écologistes et dont les médias font la promotion jusqu’à la nausée est donc la pile à hydrogène. Or selon un rapport récent de l’IEA la source la moins coûteuse de production d’hydrogène est le charbon à 2 dollars le kg suivi par le gaz naturel à 3 dollars et enfin les éoliennes à 7,5 dollars le kg. Si on considère la Toyota Mirai, un plein d’hydrogène (actuellement détaxé en France) revenant à 50 euros permet de parcourir 500 km. Il y a un petit détail : ce véhicule qui ne produit que de l’eau comme gaz d’échappement coûte 68000 euros. On est encore très loin de la démocratisation des voitures à piles à hydrogène. L’autre grand espoir des écologistes devenus allergiques au CO2 est de pouvoir stocker la production d’électricité provenant des éoliennes ou des panneaux solaires. Cet espoir se heurte au même problème que celui rencontré avec les voitures électriques : une demande délirante en cobalt et en lithium. Je pose ici une question à mes lecteurs : pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille batterie d’accumulateurs au plomb peu coûteuse, dont on maîtrise le recyclage lorsque celles-ci arrivent en fin de vie et moyennant une installation également peu onéreuse il serait possible de récupérer l’hydrogène que produisent ces batteries lors des cycles de charge et de décharge …

Pour conclure ces remarques l’approche des écologistes pour « verdir » l’énergie est condamnée à un échec d’autant plus cuisant que ce sont les contribuables qui paieront et seront jetés dans la misère en raison de l’effondrement de l’économie qu’entrainera cette transition énergétique. Sources partielles : IEA et Statista. Toutes les données figurant dans ce billet son disponibles sur le web.

La transition énergétique ou écologique sans uranium : une lubie !

L’IPCC, organe onusien en charge du changement du climat a préconisé, afin de décarboner la production d’énergie électrique de développer l’énergie nucléaire, seule et unique source d’énergie totalement décarbonée avec l’hydraulique. Les sites susceptibles d’être aménagés pour produire de l’électricité « hydraulique » sont limités. Il suffit de constater l’imbroglio naissant entre l’Egypte et l’Ethiopie ou encore l’immense barrage chinois qui a nécessité le déplacement de dizaines de millions de personnes. Il ne reste donc qu’une seule solution : l’énergie nucléaire. Au cours de l’automne 2020 l’Agence internationale de l’énergie (IEA) mit en garde la Commission européenne sur la nécessité d’inclure l’énergie nucléaire dans la politique du Green-Deal bas carbone, les énergies renouvelables instables risquant de provoquer une dépression économique incontrôlable conduisant à la ruine irréversible de l’Europe. Pour le Directeur exécutif d’EDF, Jean-Bernard Levy le gouvernement français et également les autres pays européens avancés sur le plan technologique doivent impérativement mettre en place un plan de production industrielle de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR, smal modular reactor) en lieu et place des grandes installations telles que les EPRs.

La pression des écologistes, paradoxalement opposés à l’énergie nucléaire, a conduit la Commission européenne à ne pas prendre en considération les recommandations de l’IEA présentées par son Directeur Fatih Birol. Si l’Europe a échappé à un black-out généralisé au cours de l’hiver 2020-2021, ce n’est pas en raison du ralentissement de l’activité industrielle, conséquence de la pandémie coronavirale, mais parce que l’Allemagne a autoritairement limité les activités industrielles grosses consommatrices d’électricité. La raison en est le retard pris depuis plus d’une année dans l’achèvement du gazoduc NordStream-2 sous la pression américaine, gazoduc qui devait être raccordé au réseau gazier allemand au cours de l’automne 2020. En décidant après l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi de « dénuclariser » le pays l’Allemagne se retrouve aujourd’hui dans une impasse et la pression du parti vert allemand refusant de reconsidérer les critères ESG au sujet de l’énergie nucléaire ne pourra qu’aggraver cette situation. L’avenir énergétique de l’Europe est ainsi compromis.

Le gouvernement japonais, plus pragmatique, subit la pression des lobbys industriels du pays pour réactiver l’énergie nucléaire, seule issue pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050. Très gros importateur de charbon et de gaz naturel liquéfié le Japon est très réticent pour tout projet d’installation de moulins à vent sur son territoire, la population japonaise étant traditionnellement attachée à l’harmonie de ses paysages. De plus ce pays est régulièrement traversé par des typhons, ce qui complique sérieusement la mise en place de grandes éoliennes, y compris en mer pour les mêmes raisons météorologiques. Le JAIF (Japanese Atomic Industry Forum) et le JISF (Japan Iron and Steel Federation) exercent une pression constante sur le gouvernement pour réactiver le programme nucléaire. Actuellement 16 unités, entendez réacteurs, sont prêtes pour un redémarrage sans délai, les compagnies d’électricité propriétaires de ces unités ayant effectué tous les travaux de consolidation de sécurité post-Fukushima. L’immense traumatisme provoqué par l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi est toujours présent dans les esprits et les populations restent réticentes quant à la réactivation de ces installations, pour certaines presque neuves.

Le ministère japonais de l’industrie est très attentif aux développements de l’industrie nucléaire chinoise dans deux domaines très précis : les SMRs et les réacteurs à très haute température (HTR, High Temperature Reactor). Pour ce ministère l’HTR est la seule source économiquement viable de production d’hydrogène. Or l’hydrogène a été incluse dans le « Basic Energy Plan » japonais de neutralité carbone et les grands constructeurs automobiles japonais exercent aussi un pression constante sur le gouvernement japonais pour développer la production d’hydrogène avec des HTRs. Le Japon devra donc coopérer étroitement avec la Chine pour développer sur son territoire cette technologie nucléaire de quatrième génération.

On ne peut que constater que l’Europe et en particulier l’Allemagne accentuent leur retard en refusant d’admettre que l’énergie nucléaire est la seule issue possible pour arriver avant 2050 à une totale neutralité carbone. Certains mauvais esprits prétendent toujours que le nucléaire est « has-been ». Il n’y aura jamais, contrairement au charbon, au pétrole et au gaz, de rupture d’approvisionnement en uranium, les océans constituant le plus grand gisement d’ors et déjà exploitable. Si l’humanité veut survivre elle n’a pas d’autre choix car toutes les matières premières utilisées pour les énergies dites renouvelables et pour les véhicules électriques, sans exception, se tariront rapidement, probablement avant l’horizon 2050, alors tout projet de transition énergétique faisant abstraction de l’énergie nucléaire se terminera par un échec.

Source IEA. Illustration Centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa en attente de redémarrage, source TEPCO.

Transitions énergétique et écologique : un miroir aux alouettes.

J’ai visionné ce 17 février 2020 une intervention de Gaël Giraud, l’un des analystes financiers les plus vénérés dans les milieux progressistes, qui considère que le salut de l’humanité, en raison de la dégradation de la biosphère, n’a d’autre solution, en tous les cas dans les pays occidentaux, qu’un retour au pratiques de la fin du XVIIIe siècle. Giraud est complètement à fond dans la transition énergétique et la transition écologique … pour sauver la planète du réchauffement climatique qui avance inexorablement si personne ne fait rien. Ce que Giraud propose est le retour vers une poly-agriculture de proximité non polluante (en termes d’émissions de CO2) : directement de la ferme à la table du citadin, les circuits courts, l’agriculture « bio » si possible pas trop mécanisée car ça pollue, sans aucun pesticide ni aucun engrais de synthèse pour sauver Gaïa. Pour réduire le nombre d’automobiles il faut, toujours selon ce monsieur, développer massivement les chemins de fer de proximité mais il ne mentionne jamais dans son discours d’où proviendra l’énergie pour faire rouler les trains : le charbon ? Inutile d’y penser ce n’est pas ESG, l’électricité : nucléaire ou éolien ? Il n’a pas abordé cet aspect pourtant crucial. J’imagine des habitants de Bourg-la-Reine prendre le train pour aller dans la campagne environnante acheter de quoi préparer les repas quotidiens chez un paysan style fin du XIXe siècle avec vache, veau, cochons et couvées et qui laboure ses champs avec un cheval.

Au fil des années la théorie de l’effet de serre du CO2, totalement erronée et démentie par une multitude de scientifiques, est devenue un dogme auquel tout le monde doit croire sans réfléchir. Toute l’idéologie de la transition énergétique repose sur ce dogme puisqu’il repose sur les effets des émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles. La transition écologique est un concept global dont la portée est mal définie. Ce concept s’étend de l’économie dite circulaire à l’instauration d’une économie totalement décarbonée. Quand Gaël Giraud prétend que ces « transitions » sont la seule solution pour relancer l’économie, je pense qu’il se méprend et qu’au contraire ce projet entrainera une paupérisation généralisée des populations et un chômage massif. On ne peut pas programmer un « retour à la terre » comme le préconisait Pétain avec l’interdiction totale de tout intrant non naturel dans l’agriculture car ce programme consistera à développer le travail manuel pour éliminer par exemple les adventices dans les champs. Vu sous cet angle il y aura, certes, des créations d’emploi mais qui consentira à désherber des milliers d’hectares à la main, labourer avec des chevaux (les bœufs c’est mauvais pour le climat puisque c’est une véritable usine à méthane) puis semer du blé également manuellement ? Car il faudra bien continuer à produire du blé pour les pauvres et les riches qui n’auront pas d’autre choix que de rester dans les villes et qui n’auront pas d’autre choix non plus que de se nourrir avec du mauvais pain et un brouet dans lequel tremperont quelques morceaux de mauvaise viande si possible synthétique ou de mauvais poisson d’élevage si possible « écologique ».

Ce programme de transition écologique est tout simplement absurde et j’ai, dans ces quelques lignes caricaturales, bien fait ressortir cette absurdité. Et cette absurdité dans sa formulation comporte une lacune considérable : le pouvoir de résilience de la nature qui s’est toujours jouée par le passé des multiples changements profonds du climat. Quant à la transition énergétique sans uranium et sans thorium elle ne permettra pas de décarboner la production d’énergie électrique. En effet, un jour viendra, et ce n’est peut-être que dans une petite dizaine d’années, où les matières premières viendront à manquer pour construire des moulins à vent. Bien que je ne sois pas un spécialiste dans ce domaine particulier il me paraît en outre évident que la solution du stockage à très grande échelle de l’énergie électrique ne sera jamais trouvée car encore une fois l’approvisionnement en matières premières deviendra rapidement critique. Si les ressources en combustibles carbonés fossiles sont limitées les ressources en lithium, cobalt et autres terres rares sont encore plus limitées. Pour envisager une transition énergétique réaliste il n’y a pas d’autre choix que l’énergie nucléaire quoiqu’en pensent les grands penseurs de l’écologie.

Croire comme Gaël Giraud que la transition énergétique créera des emplois est un leurre, un rêve, une autre absurdité. Avec de tels théoriciens qui sont passés d’une autre religion à une autre, celle du réchauffement climatique l’humanité est bien mal engagée vers l’avenir. Le dogme de l’effet de serre du CO2 a remplacé les dogmes des religions monothéistes, le changement climatique est devenu une nouvelle religion et celle-ci précipitera l’ensemble des pays occidentaux dans l’enfer de la pauvreté et de l’économie de subsistance.

Je trouve tout à fait surprenant pour un analyste financier de haut-vol comme Giraud qu’il ne mentionne jamais dans son analyse deux pays qui n’ont que faire de ces « transitions » si prometteuses pour la prospérité des pays occidentaux. Vous avez compris il s’agit de la Chine et de la Russie, les deux seuls rares pays au monde qui sont engagés dans un politique énergétique sur le long terme. Les Chinois présentent une image vertueuse sur le plan énergétique en développant l’énergie nucléaire et en s’engageant à atteindre une neutralité carbone à l’horizon 2060, ils sont prudent mais pour un pays de près de 1,4 milliards d’habitants il faut le faire !

Source : https://www.youtube.com/watch?v=L_vqi3nYWAs

Energie : l’Allemagne décide seppuku …

Après le grand tsunami du 11 mars 2011 le Japon a pris des mesures drastiques pour pallier au manque d’énergie électrique à la suite de la fermeture de toutes les centrales nucléaires du pays et de quelques centrales électriques thermiques classiques endommagées par le très puissant tremblement de terre. Une multitude d’entreprises ont choisi de s’équiper rapidement de groupes électrogènes pour ne pas surcharger le réseau gravement impacté par le manque de production d’électricité. C’est ainsi que les ingénieurs japonais de la firme Mitsubishi ont alors construit des dizaines de centrales électriques utilisant le charbon comme combustible. Ces usines ultra-modernes atteignent des rendements thermiques proches de 45 % et les équipements auxiliaires de traitement des fumées permettent de ne rejeter que de l’eau et du CO2 dans l’atmosphère, les oxydes d’azote et les poussières étant parfaitement bien piégés. En Allemagne, c’est une autre tectonique qui ravage doucement le pays et provoque un tsunami d’incohérences environnementales dans le but de sauver le climat. Outre le fait que les décisions gouvernementales prises sous la pression du parti vert, les Grüne, paraissent aberrantes depuis la fermeture de plusieurs unités de production électriques nucléaires en choisissant de développer encore plus avant l’installation de moulins à vent, la dernière décision en date révélant la totale stupidité du gouvernement allemand.

Confrontée aux remontrances répétées de la Commission européenne, l’Allemagne, plus gros « pollueur » européen car plus gros émetteur de CO2 de l’Union, a décidé de moderniser ses centrales électriques à charbon. Ce fut chose faite par Vattenfall, société suédoise gérant une grande partie du parc de production électrique allemand, quand fut décidée à la fin des années 2000 la construction de l’usine de Moorburg près de Hambourg. Cette usine comprend deux chaudières délivrant une puissance électrique de 775 MW électrique chacune avec un rendement thermique de 46,5 %. Ceci signifie que l’installation, à puissance électrique égale, émet 25 % de CO2 en moins par rapport à une installation plus ancienne. De plus les eaux de refroidissement répartissent 650 MW thermiques dans le réseau urbain de chauffage. Enfin cette installation peut être pilotée à hauteur de +/- 300 MW électriques en moins de 15 minutes afin de pallier aux fluctuations induites sur le réseau électrique par les sources d’énergie intermittentes dites « renouvelables » comme les moulins à vent géants dont on aperçoit quelques spécimens sur l’illustration.

Le plan de diminution de la consommation de charbon décidé en 2019 par le gouvernement a pris acte le premier Décembre 2020 de la fermeture à la fin de l’année 2021 de cette installation ultra-moderne quasiment neuve connectée au réseau électrique à la fin de l’année 2016 ! Comme elle appartient à 100 % à Vattenfall les contribuables allemands paieront … Les « experts » verts ont clairement indiqué que la ville et la région de Hambourg ne couraient aucun risque puisque 1600 moulins à vent d’une puissance nominale de 5 MW électriques chacun avec un facteur de charge de 20 % pourront aisément remplacer cette usine. Les contribuables allemands paieront aussi avec leur facture d’électricité l’installation de ces moulins à vent, priés d’oublier en faisant preuve de civisme que le kWh allemand est déjà le plus cher d’Europe. Le gouvernement allemand est devenu l’otage des partis écologiques et il ne respecte plus les citoyens qui, comme des moutons bien dressés pour avoir peur du CO2 (comme du SARS-CoV-2) acceptent en silence cette politique énergétique ubuesque. Dans ces conditions l’Allemagne a fait le choix de sombrer dans une profonde récession dont la conséquence sera un appauvrissement de la population et on sait comment ce genre de situation s’est terminé dans le passé, à une différence près : l’Allemagne entrainera tous les autres pays européens dans ce marasme. Le programme allemand de transition énergétique est le suivant : 1 : fin du nucléaire en 2022, 2 : fin du charbon en 2035, 3 : fin du gaz et du pétrole en totalité en 2050. Messieurs les Allemands tirez les premiers, le gouvernement français a fermé la centrale de Fessenheim et s’est trouvée dans l’obligation d’autoriser la réouverture d’urgence de 4 centrales à charbon. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes écolos qui en sont arrivés à adorer le diable CO2 …

Fessenheim : le décompte sordide a commencé

Les réacteurs de la centrale électrique de Fessenheim ont été mis à l’arrêt plus pour des raisons de basse politique politicienne que technique ou de sureté. Les barres de contrôle intriquées dans les assemblages de combustible sont tombées comme on met un couvercle sur un cercueil en regrettant le mort qui s’y trouve comme tous les ingénieurs et techniciens de cette usine on du le regretter. Puis du borate de sodium a été injecté dans le circuit primaire de refroidissement. Quand la température atteinte s’est trouvée proche de la température extérieure, le réacteur a été ouvert et l’extraction des assemblages de combustible a pu être opérée. Ces assemblages, les uns après les autres, ont été transférés un à un dans une piscine de désactivation située hors du bâtiment-réacteur, piscine refroidie car l’eau de cette piscine capte la chaleur résiduelle de la fission des transuraniens apparus lors du flux de neutrons créés par la fission, source de chaleur exploitée pour produire de la vapeur ainsi que la fission résiduelle due en particulier à l’apparition de plutonium par capteur d’un neutron dans le noyau de l’uranium-238. La plupart des assemblages seront exploités dans d’autres réacteurs du même type dans les mois et les années à venir. L’usine de Fessenheim est maintenant déconnectée du réseau alors qu’elle aurait pu continuer à produire de l’énergie sans aucun incident ou accident pendant peut-être encore 30 ans voire plus.

Il faudra attendre près de 20 ans pour commencer à couper en morceau toutes les installations situées dans les bâtiments-réacteur. Dans deux ans environ tous les assemblages de combustible auront été évacués. Alors seulement les ouvriers-casseurs encartés au parti EELV pourront commencer avec un plaisir non dissimulé leur travail de démolition d’une partie du patrimoine industriel national français que nous, les anciens, avons payé avec nos impôts mais ils s’en moqueront, trop heureux d’avoir fait un sale coup aux « consommateurs ».

Pendant ce temps les jours passent et depuis le premier juillet 2020 ce sont 56 millions de voitures électriques qui n’auront pas pu être rechargées avec l’énergie électrique de la centrale nucléaire de Fessenheim (en considérant qu’une recharge dure 12 heures) et chaque 5 semaines qui passeront ce seront toujours 56 millions de voitures électriques privées de rechargement qui aurait pu être gratuit si les écologistes avaient accepté que cette installation continue à fonctionner à condition que toute l’énergie électrique qu’elle aurait produit soit dédiée au rechargement gratuit de voitures électriques. C’est un peu de la fiction mais ce court récit met en évidence la totale incompétence de ces politiciens de pacotille qui veulent, quelles qu’en soient les conséquences sur le peuple, détruire le tissu industriel énergétique français, soumis pieds et poings liés aux diktats des écologistes qui réussiront, eux, avec leur démagogie effrayante, à soumettre les peuples, d’un commun accord avec les puissances apatrides de la finance dont ils servent d’outils serviles sans même s’en rendre compte. C’est beau la vie politique française de ce début de XXIe siècle avec une sortie de crise économique créée de toute pièce par la totale incurie gouvernementale, gouvernement qui va consacrer 25 milliards d’euros à cette transition énergétique dont on entrevoit la tournure qu’elle va prendre dans les toutes prochaines années. Associer le retour d’une croissance économique à la sacro-sainte transition énergétique (avec la première étape emblématique de sa stupidité qu’est la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim) ne pourra au contraire qu’aggraver cette situation et jeter dans la misère des millions de Français …

Transition énergétique : encore plus d’impôts et de taxes !

Alors que le parti vert-pastèque a « pris le pouvoir » dans plusieurs grandes villes françaises et que le gouvernement rajoute une couche de la même couleur sur l’orientation politico-écologiste de la fin du quinquennat de Macron avec cette mascarade dite « citoyenne » du comité des 150, une véritable caricature de démocratie, dans le but de taxer encore et encore les classes moyennes et les sans-dents des provinces roulant dans de vieilles diesel en fumant une gauloise, la situation est tout aussi préoccupante en Grande-Bretagne et le Brexit n’y est pour rien.

Le monde politique britannique est plus pragmatique et plus réaliste. Boris Johnson sait qu’il y a de plus en plus de sujets de Sa Majesté faisant partie maintenant d’une sous-classe sociale pudiquement appelée les « pauvres énergétiques ». Ce sont des ménages qui, l’hiver, choisissent de ne pas chauffer leur logement pour pouvoir se nourrir et de circuler à pied ou en vélo (quand ils peuvent s’en offrir un) sur de longues distances car ils n’ont plus les moyens financiers de posséder une voiture. Cette classe sociale est déjà soumise à une multitude de taxes mises en place sous la pression du lobby écologiste dont l’objectif final est « zéro émissions de carbone ». Les taxes sur le gaz naturel domestique et le gasoil destiné au chauffage des logements représentent 3 milliards de livres sterling par an. À ces taxes il faut ajouter une contribution des consommateurs d’électricité de 10 milliards de livres pour la promotion des énergies vertes. À ces mêmes taxes il faudra ajouter 2,5 milliards de nouvelles taxes dites « taxes carbones » dont la mise en place est planifiée pour la fin de l’année 2020. L’ensemble de ces taxes, au final, va complètement effacer la suppression de la contribution de la Grande-Bretagne au budget de l’Europe consécutive au Brexit.

La situation fiscale du Royaume-Uni vérifie le vieil adage qui dit qu’il est facile de créer un nouvel impôt mais qu’il est toujours très difficile de le supprimer. En ce qui concerne l’agriculture les exploitants agricoles vont devoir payer à hauteur de 300 millions de livres par an un impôt spécial sur les émissions de gaz à effet de serre et le diesel pour les machines agricoles ne sera plus détaxé le premier janvier 2021. La pompeuse « Commission Zéro Carbone », un influant lobby vert britannique (lire ci-après) considère qu’en ce qui concerne l’agriculture ce sont les consommateurs qui adopteront des régimes alimentaires « bas carbone » (je ne sais pas ce que cela signifie) et mettront en place des circuits courts de distribution de l’alimentation. J’aimerais avoir des éclaircissements sur la distribution de denrées alimentaires directement du producteur au consommateur dans une agglomération comme celle de Londres …

L’industrie et le commerce ne sont pas en reste. En dehors des secteurs industriels gros consommateurs d’énergie, la grande majorité de l’industrie et du commerce seront affectés par les taxes « vertes » à hauteur de 2 milliards de livres de nouvelles taxes « carbone » par an. Afin d’éviter que les pays étrangers d’où sont importés des biens de consommation courante et des pièces destinées à l’industrie manufacturière nationale considèrent que le gouvernement britannique a mis en place des taxes douanières, ces dernières ont été renommées « taxes carbone » sur les émissions de carbone délocalisées. Peut-être que la France et d’autres pays de l’Europe continentale devraient s’inspirer des Anglais pour stimuler la « relocalisation » de leurs industries manufacturières. Je reste franchement rêveur sur ce dernier point.

Le Premier Ministre Boris Johnson s’émeut du danger que représentent toutes ces taxes dans le cadre de la reprise économique de l’après-Covid, situation qui pourrait également compromettre son avenir politique.

Note. En dépit de son nom la « Zero Carbon Commission » n’est pas un organisme officiel. Ses membres comprennent John Sauven, Directeur exécutif de Greenpeace UK, Georgia Berry, Directrice de la communication de OVO, le deuxième plus grand distributeur d’électricité et de gaz naturel de Grande-Bretagne, la Baronne Bryony Worthington, activiste climatique célèbre, le Professeur Fankhauser de l’Institut Grantham du changement climatique, le Professeur Ekins de l’institut des ressources renouvelables de l’University College de Londres, le Docteur Rhian-Mari Thomas du groupe de pression bancaire du Green Finance Institute, Lord Turner, ancien président du Commitee on Climate Change et Nick Butler ancien vice-président de BP : http://www.publicfirst.co.uk/new-report-for-the-zeroc-commission.html