À la recherche de l’argent du climat

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Article de Paul Driessen paru sur le site CFACT le 30 décembre 2018

L’industrie qui gravite autour de la crise climatique déclare en boucle que les émissions provoquées par les combustibles fossiles sont la cause première de températures sans précédent, de changements météorologiques qui posent de réelles menaces existentielles pour la civilisation humaine et notre planète. La seule solution selon « Climate-Crisis, Inc » (« CCI ») est de bannir le pétrole, le charbon et le gaz naturel qui procurent pourtant 80 % de l’énergie qui fait que les économies, la santé et le style de vie ont été rendus possibles. Toujours selon « CCI » pour atteindre ce but il faut augmenter les taxes sur les combustibles fossiles carbonés et les émissions de carbone.

Cependant comme la crise des Gilets Jaunes (Yellow Vest Protest dans le texte) l’a montré en France ainsi que la dernière démonstration sur le climat en Pologne personne n’est préparé à s’imposer un âge sombre. Dans tous les pays du monde l’usage des combustibles fossiles se développe et personne, aucun groupe humain, aucune famille ne veut réduire son standard de vie ou remettre en cause son souhait d’amélioration de ses conditions de vie.

De plus toutes les prévisions basées sur des modèles informatiques sont complêtement déconnectées de la réalité telle qu’elle est observée. Rien n’indique qu’une légère augmentation des températures, que le moindre petit changement météorologique ou climatique qu’on a pu éventuellement noter soit dangereux, sans précédent ou provoqué par les activités humaines alors que c’est le puissant Soleil et les forces océaniques et naturelles qui ont provoqué par le passé des changements de climat bien plus sérieux.

A contrario les solutions préconisées par CCI entraineraient un déséquilibre sans précédent des sociétés industrielles, une pauvreté permanente, des désastres sanitaires dans les pays les plus pauvres et des dommages écologiques sérieux à l’échelle globale.

Aucun des éléments requis pour mettre en place des éoliennes et des panneaux solaires pour fournir de l’énergie propre n’est propre, « vert », renouvelable ou respectueux du climat. Des dizaines de milliards de tonnes de rochers doivent être extraits du sol pour prélever quelques milliards de tonnes de minerais qui serviront ensuite à produire quelques millions de tonnes de métaux, sans oublier les millions de tonnes de ciment, pour fabriquer et mettre en place des millions d’éoliennes et de panneaux solaires en les installant sur des millions d’hectares d’espaces naturels pour produire une énergie électrique intermitente et coûteuse qui ne pourra jamais satisfaire tous les besoins de l’humanité. Toutes les étapes de ces processus demandent des quantités immenses d’énergie et même parfois nécessite le travail d’enfants …

Comment les alarmistes du CCI répondent à ce type d’arguments ? Il ne répondent pas ! Ils refusent de discuter et vont même jusqu’à interdire tout débat public. Ils se déchainent contre toutes les personnes osant contredire la science du changement climatique en déclarant que celles-ci sont vendues aux intérêts de l’industrie des combustibles fossiles ou même payées par ces dernières et donc qu’elles ne sont pas crédibles en raison d’un conflit d’intérêt évident. CCI cite Greenpeace et le DeSmogBlog comme les seules sources fiables. Et si on est en désaccord avec l’agenda de CCI alors on fait partie d’un de ces think-tanks de droite qui mettent en avant leur scepticisme en ce qui concerne ce changement climatique d’origine humaine. Pour les 30000 activistes du climat qui ont participé à la grand-messe de Katowice fin décembre en Pologne d’où proviennent les capitaux qui leur permettent de vivre et quel est le montant de ces capitaux ?

Le milliardaire Michael Bloomberg a donné en six ans 110 millions de dollars au Sierra Club pour financer sa campagne de propagande dirigée contre l’utilisation du charbon aux USA. La compagnie Chesapeake Energy a donné au Sierra Club 26 millions de dollars sur trois ans pour promouvoir le gaz et l’abandon du charbon. Dix autres fondations « libérales » ont donné encore 51 millions de dollars à cette même organisation et quelques autres groupes d’environnementalistes sur 8 ans. Sur une période de 12 ans l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) a pourvu les 15 membres de son comité scientifique dédié au programme d’air propre (Clean Air act) 181 millions de dollars de bourses d’étude diverses relatives à la qualité de l’air. L’EPA en retour a pu ainsi valider toute une série de dispositions et de régulations contraignantes relatives à cette qualité de l’air et a donné 20 millions de dollars à l’American Lung Association (Association américaine du poumon) pour qu’elle encourage ces régulations.

Durant les années Obama l’EPA, le Département de l’Intérieur et d’autres agences fédérales ont financé des groupes de pression environnementalistes pour financer des actions en justice à l’encontre de dizaines de « contrevenants » sans que jamais le retour financier ait été rendu public, en d’autres termes tous ces procès l’ont été à huis-clos et les organisations environnementalistes ont négocié directement avec des bureaucrates nommés par l’Etat fédéral. C’est la stratégie « paie et tais-toi ! ».

De très loin le gros du financement provient des contribuables : les impôts qui servent à payer les agences gouvernementales pour qu’elles gardent la main sur les scientifiques, les modélisateurs et les groupes de pression pour promouvoir l’alarmisme du changement et du réchauffement du climat. Stephen Moore, membre de l’Heritage Foundation a récemment fait part de quelques remarques en citant des sources gouvernementales et d’autres rapports (source Washington Times du 16 décembre 2018, lien en fin de billet).

Le financement fédéral (USA) pour la recherche sur le changement du climat, les technologies associées, l’assistance internationale et les adaptations est passé de 2,4 milliards de dollars en 1993 à 11,6 milliards en 2014 avec en supplément 26,1 milliards de dollars pour le développement des programmes de changement climatique conformément à l’American Recovery and Reinvestment Act de 2009.

Les réserves fédérales ont investi approximativement 150 milliards de dollars pour les subventions aux énergies vertes et au changement climatique durant le premier mandat de Barack Obama sous forme de « green bonds ».

Ces chiffrent ne prennent pas en compte les crédits d’impôt de 30 % accordés aux entreprises et aux particuliers pour les énergies solaire et éolienne, entre 8 et 10 milliards de dollars par an, ni les milliards de dollars de subventions accordés aux compagnies d’électricité pour acheter de l’électricité « verte » très coûteuse.

Pour l’ensemble du monde, selon la Climate Policy Initiative, les investissements globaux dans le changement climatique, seulement en 2013, atteignaient 359 milliards de dollars mais ce montant est très éloigné de celui « nécessaire » estimé à 5000 milliards de dollars par an pour atteindre les objectifs fixés par l’ UNIPCC.

Cet UNIPCC (United-Nations Intergovernmental Panel on Climate Change) fait écho et soutient ces demandes extravagantes. Il a dit que le monde doit dépenser au moins 2400 milliards de dollars par an durant les 17 prochaines années pour subventionner la transition vers les énergies renouvelables. Il faut garder en mémoire qu’en 2014 Climate Crisis Inc (CCI) avait déjà dépensé 1500 milliards en recherche, consulting, négociations carbone et projets renouvelables selon la revue Climate Change Business Journal (lien en fin de billet). Donc, avec 6 à 8 % d’augmentation annuelle on arrive aisément aujourd’hui à 2000 millliards d’investissement annuel dans l’industrie financière du climat.

Le Département du budget américain (US Government Accountability Office, GAO) a évalué le montant des impôts payés par les contribuables pour la « science » du climat à 2,1 milliards de dollars par an, pour la R&D en technologies associées à 9 milliards annuels et pour l’assistance internationale à 1,8 milliards. La totalité des dépenses fédérales américaines pour le climat a atteint entre 1993 à 2017 la somme de 179 milliards soit 20 millions de dollars par jour durant toute cette période !

Lors du sommet pour l’action climatique globale de Septembre 2018 vingt-neuf organisations de gauche ont promis de financer à hauteur de 4 milliards sur 5 ans leur nouvelle campagne intitulée Catastrophic Anthropogenic Global Warming (Catastrophe du réchauffement climatique d’origine humaine). Nath Simons, co-fondateur de la Sea Change Foundation, a déclaré qu’il s’agissait seulement d’un acompte (voir le lien sur la Sea Change Foundation en fin de billet émanant de la Heartland Foundation).

Et Paul Driessen, auteur de cet article paru sur le site CFACT.org (lien), de déclarer qu’on le cloue au pilori pour travailler avec des organisations qui ont touché chaque année entre 41571 et 59728 dollars en provenance d’industriels des combustibles fossiles parce qu’il remet en question le fait que les combustibles fossiles sont à l’origine du chaos climatique et qu’il mentionne des fais dérangeants au sujet des énergies solaire et renouvelable pour remplacer le charbon et le pétrole. Il est tout simplement outrageant que des dizaines de millions de dollars soient dépensés chaque année pour financer des « études » qui démontrent que l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre et l’effet de l’activité humaine sur le climat ont provoqué l’apparition de poissons-globe mutants, de saumons qui ont perdu leur sens du danger, qui ont rendu les requins droitiers et incapables de se nourrir, qui augmentent le nombre d’insectes qui nous piquent et qui expliquent pourquoi les grandes villes sont envahies par des rats.

Appliquons la norme Greenpeace-DeSmogBlog-Climate Crisis, Inc à tous ces chercheurs universitaires. Leurs conflits d’intérêts d’un montant de plusieurs milliards de dollars les rendent clairement incapables d’analyser les questions climatiques et énergétiques de manière juste et honnête. Il faut leur interdire de participer dans le futur à toute discussion sur l’avenir énergétique et économique des Etats-Unis et du reste du monde. À tout le moins eux-mêmes et les institutions qui s’enrichissent et se renforcent pour faire face au réchauffement climatique catastrophique provoqué par l’homme et les médias doivent être, dans le futur, coupés de tout financement de l’Etat.

Source : http://www.cfact.org/2018/12/30/lets-do-follow-the climate-money/?mc_cid=72cbd3e2ac@mc_eid=fc8db34f3b

https://www.washingtontimes.com/news/2018/dec/16/follow-the-climate-change-money/

https://wattsupwiththat.com/2015/08/22/climate-crisis-inc/

https://www.heartland.org/news-opinion/news/real-russian-collusion-the-dems-and-msm-ignore

et au sujet de l’auteur Paul Driessen : https://www.heartland.org/about-us/who-we-are/paul-driessen , ancien membre du Sierra Club qui a claqué la porte de cette institution avec fracas.

Transition énergétique (suite) : un suicide à l’échelle planétaire !

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La substitution des énergies d’origine fossile par des sources dites renouvelables à l’horizon 2050 afin de diminuer l’empreinte carbone globale va conduire à un impact considérable sur le revenu brut des nations ayant opté pour un tel changement de paradigme énergétique. En choisissant comme modèle de base l’évolution passée – 1980-2000 – des produits intérieurs bruts corrélée à la consommation d’énergies fossiles les prédictions sur l’avenir laissent rêveur sinon perplexe. La croissance économique passée a été principalement alimentée par la disponibilité en une énergie bon marché et non pas comme on a coutume de le penser à tort par les progrès techniques exclusivement. Ceux-ci ont été rendus possibles par l’abondance de cette énergie fossile à bas prix. La croissance économique est en effet étroitement liée à la consommation d’énergie primaire et les besoins en énergie iront croissants pour satisfaire l’accession des pays en développement à un standard de vie proche de celui des pays développés. L’énergie est essentielle pour la croissance parce que toute production de biens est liée au capital, au travail et à l’énergie, trois paramètres intimement liés contrairement à ce qu’indiquent certains modèles économiques inspirés de situations biophysiques.

Le lien entre croissance économique et énergie n’est que très peu « élastique ». Il suffit d’un exemple pour comprendre cette relation très étroite avec le cas des engrais pour l’agriculture. Il faut de l’énergie – beaucoup d’énergie – pour produire des engrais. L’épandage de 50 kg d’engrais azotés par hectare augmente le rendement d’une culture comme le maïs de plusieurs tonnes parce l’azote est un nutriment limitant. Il en est exactement de même pour l’économie : l’énergie est un intrant limitant qui est absolument nécessaire mais pas suffisant car il faut y adjoindre du capital et du travail. Or comme plus de 80 % de l’énergie produite et consommée dans le monde provient des combustibles fossiles, ceux-ci sont donc LE facteur limitant qui apparaitra dans les prochaines décennies dans le cadre de la limitation de la production de carbone. En conséquence, l’effondrement des économies du monde entier sera inévitable.

En restant dans l’hypothèse déjà très défavorable d’une décroissance de l’usage de combustibles fossiles à l’horizon 2050 de 80 % – le but fixé par les pays de l’Union Européenne ( ! ) – et en étendant les prévisions de l’évolution des produits nationaux bruts au monde entier il en résulte une situation pas vraiment enviable à cet horizon 2050. La consommation d’énergie primaire chutera à son niveau du début du XXe siècle. Le produit intérieur brut global sera de 42 % inférieur à celui de 2010. Ce produit intérieur brut global sera de 137000 milliards de dollars (dollars 2015) inférieur à celui pouvant être prévisible selon les modèles largement vérifiés durant la période 1820-2000 qui établissent une corrélation étroite entre consommation d’énergie primaire et croissance économique. Et enfin l’économie mondiale décroitra de 0,6 % par an entre 2015 et 2050 (ce qui est déja le cas en 2018 depuis l’année 2015, la consommation de pétrole étant l’un des meilleurs indicateur de croissance et celle-ci a commencé à décroitre).

Dans ces conditions il est peu vraisemblable que des investissements significatifs puissent être raisonnablement envisagés pour le développement des énergies dites renouvelables sans une paupérisation drastique des populations. Ces populations seront-elles prêtes à sacrifier leur confort de vie pour poursuivre une telle chimère ? Ce n’est malheureusement que l’instauration d’une gouvernance mondiale totalitaire qui pourra permettre d’atteindre de tels objectifs irréalistes. Et la poursuite de tels objectifs sera d’autant plus difficile que les économies, en particulier occidentales, entreront dans une récession brutale et durable. Autant dire que sans un changement complet de paradigme énergétique l’avenir apparaît très sombre. Je suis un ardent défenseur de l’énergie nucléaire qui elle seule peut permettre un avenir à l’humanité qui soit enviable et au risque de me répéter il y a assez d’uranium sur la Terre pour assurer pendant plusieurs milliers d’années une production d’énergie électrique stable, bon marché et non polluante à partir de laquelle tous les process industriels existants aujourd’hui pourront être adaptés.

Il est significatif de constater que les deux pays les plus en pointe dans la progression technologique de l’énergie nucléaire sont la Chine et la Russie. Ces deux pays ont interdit leur accès à Greenpeace. Cette organisation ainsi que d’autres ONGs occidentales y sont considérées comme indésirables …

Source : NIPCC, liens : Hypersustentatrices LLP. 2015 « The World in 2050 : Will the shift in global économic power continue ? et Tverberg, G. 2012 « An energy/GDP forcast to 2050« , Our Finite World

Transition énergétique à la française. Sans énergie nucléaire une catastrophe annoncée …

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Dans le cadre de la transition énergétique, écologique, festive et solidaire vers laquelle le gouvernement français veut précipiter le pays il y a comme un gros problème qui révèle l’amateurisme de ce gouvernement. Cette transition semble ne concerner que la production d’électricité. Première erreur ! D’abord la France, en termes d’émissions de carbone liées à la production d’électricité, fait figure d’excellent élève mondial puisque plus de 82 % de cette énergie électrique ne rejète aucun gaz délétère pour le climat car elle est d’origine nucléaire. L’électricité ne représente que 23 % de l’ensemble de l’énergie consommée en France. Vouloir focaliser la transition énergétique seulement sur l’électricité est une malhonnêteté et un non-sens écologique et financier qui dissimule le fait que les politiciens lourdement teintés d’écologie politique anti-nucléaire veulent tout simplement démanteler en partie le parc électro-nucléaire français qui est toujours le meilleur du monde et le restera encore longtemps.

Les postes d’utilisation d’énergie provenant des combustibles fossiles se répartissent entre les transports automobiles (33 %), le chauffage des habitations et le secteur tertiaire (45 %), l’industrie (19 %) et une infime partie dans le secteur agricole. Partant de cette constatation le gouvernement a décidé de taxer les carburants dans le cadre de cette transition énergétique ce qui a provoqué un soulèvement populaire tout à fait justifié. Une lourde taxation du gaz et du fuel domestique devrait automatiquement suivre si le gouvernement est logique avec ses idées mais il semble que le peuple est plus cohérent que le gouvernement car taxer ce peuple pour construire des moulins à vent ne plait pas à tout le monde …

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Parallèlement le gouvernement français, dont la créativité écologique est sans limites, promeut la voiture électrique convaincu qu’encore plus de moulins à vent disséminés dans la campagne française profonde permettront d’assurer le rechargement en temps voulu des batteries de ces véhicules électriques. Deuxième erreur ! Ceci est totalement erroné puisqu’il faut une disponibilité en énergie électrique 24/24 heures pour assurer le rechargement des voitures électriques et non pas quelques heures par jour quand il fait un temps venteux. Et pour les panneaux solaires c’est exactement le même cas de figure : les automobiles circulent plus souvent le jour que la nuit et leurs utilisateurs les rechargent la nuit justement quand il n’y a pas de soleil. Ce n’est que du bon sens basique.

J’ai mentionné sur ce blog à plusieurs reprises que les deux tranches 900 MW électriques de Fessenheim étaient juste suffisantes pour recharger les batteries de 400000 véhicules électriques légers soit environ 1,6 % du parc français de véhicules à l’exclusion des camions. À moins de vouloir obliger autoritairement tous les Français à se déplacer à pied ou en bicyclette ou encore à utiliser les transports en commun – quand il y en a – pour supprimer la totalité des émissions de CO2 produites par les véhicules automobiles il faudrait construire 140 tranches nucléaires du type de celles de Fessenheim ou 78 EPR de 1600 MW électriques, pas moins ! Conclusion : qui va oser prendre une telle décision et la rendre acceptable par le public ? Car il faudrait mettre en chantier dès aujourd’hui deux EPR chaque année pour atteindre les objectifs 2050 de réduction des émissions de CO2 fixés par l’Europe. Et pour « électrifier » entièrement le secteur tertiaire et résidentiel gros producteur de carbone, inutile d’imaginer les scénarios …

Pour les énergies électriques dites renouvelables la France a mis la charrue avant les boeufs sans examiner un seul instant ses voisins, l’Allemagne et le Danemark, dont les programmes de « verdissement » de la production électrique sont des catastrophes écologiques, environnementales, économiques et financières. Sur le papier tout est beau avec ces sources d’énergie intermittentes par nature, mais dans la réalité il n’existe pas à l’heure actuelle de technologies de stockage à grande échelle de l’énergie électrique. Il est probable qu’il faudra attendre des dizaines d’années et des centaines de milliards d’euros d’investissements pour espérer mettre en place des technologies de stockage à très grande échelle de l’électricité. Produire de l’hydrogène – c’est nouveau et c’est écolo car ça ne produit que de l’eau – est une autre lubie car cette « filière » consomme plus d’énergie qu’elle n’en restitue en raison des rendements déplorables tant de la production d’hydrogène elle-même que du fonctionnement des piles à combustible.

Il ne reste donc que l’atome et les écologistes ultra-politisés et pilotés par Greenpeace, une organisation génétiquement allergique à l’uranium, doivent se rendre à cette évidence avant qu’il ne soit trop tard.

Il est clair que remplacer tout le parc automobile d’un pays comme la France avec des voitures électriques constitue un véritable challenge car il faudra alimenter les réacteurs nucléaires de la génération actuelle, c’est-à-dire des réacteurs à eau pressurisée (PWR) qui paraîtront dans quelques décennies complètement démodés en regard, par exemple, des réacteurs à haute température refroidis à l’hélium bénéficiant d’un rendement thermique excellent. Mais comme cette technologie n’est encore qu’en cours de développement expérimental la seule alternative reste le PWR qui bénéficie d’une robuste expérience. La France et la Belgique sont les deux pays au monde les plus « nucléarisés » en termes de production électrique mais il faudra aussi se confronter à l’approvisionnement en combustible pour cette filière PWR qui utilise un uranium enrichi en isotope 235 à hauteur de 4 %.

La France peut servir d’exemple pour qu’il soit permis de faire un peu de prospective. Avec 58 réacteurs de diverses puissances allant de 900 MWe (34 tranches), 1300 MWe (20 tranches) et 4 tranches 1450 MWe la France « consomme » chaque année l’équivalent de 8000 tonnes d’uranium naturel dont environ – toujours en équivalent U naturel – 960 tonnes de MOX et 1120 tonnes (toujours en équivalent U naturel) d’uranium ré enrichi dans les installations ultra-modernes George Besse II. La totalité de l’uranium utilisé en France est importée car toutes les mines d’uranium de l’Hexagone ont été fermées. la France n’importe donc que 6000 tonnes d’uranium naturel sous forme de « yellow cake », soit 7000 tonnes d’oxyde U3O8.

Si tous les pays du monde convertissaient leur parc automobile en voitures électriques la planète serait-elle en mesure de fournir tout l’uranium nécessaire ?

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Selon le dernier rapport de la Nuclear Energy Agency conjointement avec l’IAEA (disponible sur le site de la NEA, n° 7413) d’où ces informations proviennent les réserves mondiales d’uranium métal prouvées se situent dans une fourchette comprise entre 12 et 20 millions de tonnes. À cette estimation très incertaine car comme pour le pétrole de nombreux pays dissimulent leurs véritables réserves il faut ajouter les gisements dits non conventionnels comme les phosphates, les gisements profonds et enfin l’eau de mer. J’ai déjà mentionné ce dernier gisement infini sur ce blog. Quant aux dépôts de phosphate il en existe non pas seulement au Maroc, la première réserve mondiale, mais également en Russie, au nord de la Chine ou encore au Chili. Il reste que l’exploitation des gisements d’uranium est assujettie aux cours mondiaux du Yellow cake et si la demande augmentait en raison de « transitions énergétiques » censément pensées et préparées alors les cours du yellow cake augmenteraient et de nombreux gisements déjà identifiés et non exploités deviendraient rentables.

Si on émet des doutes quant à la fiabilité de l’uranium comme énergie du futur il reste aussi les gisements massifs de thorium et enfin la surrégénération qui a été déplorablement abandonnée par la France. Comme son nom l’indique un réacteur à neutrons rapides surrégénérateur produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Il s’agit de plutonium et la France, dans le cadre du projet européen NERSA, maîtrisait parfaitement le retraitement du combustible irradié. Ce fut une catastrophe industrielle dont l’ampleur apparaît maintenant avec cette « transition énergétique » dans laquelle la France s’engouffre en mettant à nouveau la charrue devant les boeufs pour se conformer aux diktats des mouvements écologistes.

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Illustrations : page de titre du rapport de la NEA (yellow cake), principaux pays producteurs d’uranium et connaissancedesenergies.org pour le « paysage » énergétique français. Lire aussi les articles de Michel Gay sur le site Contrepoints du 9 septembre 2018 relatif à la durée d’exploitation d’un réacteur nucléaire et du 21 juillet 2018 au sujet du stockage de l’électricité sous forme d’hydrogène entre autres multiples articles sur le sujet de l’énergie de ce même auteur.

2050 : un beau monde sans carbone …

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Afin de sauver le climat et par conséquent la planète l’objectif fixé par les directives de l’IPCC, organisme onusien bien connu pour sa probité scientifique, est d’atteindre en 2050 un taux d’émissions de carbone égal à celui de l’année 1902. Au début du XXe siècle l’automobile en était à ses balbutiements et il n’y avait que quelques rares trains utilisant le plus souvent du charbon comme combustible mais aussi parfois encore du bois. C’était « le bon vieux temps » … Pourtant l’utilisation intensive des combustibles fossiles dont en particulier le pétrole permit tout au long du XXe siècle une amélioration considérable et incontestable du bien-être général des pays occidentaux. Nous ne pourrions pas imaginer aujourd’hui un déplacement d’une ville à une autre en voiture à cheval, ni nous chauffer en hiver avec une cheminée à foyer ouvert ou encore transpirer en été sans air conditionné ni même ne pas avoir de réfrigérateur à la maison et devoir aller glaner quelque bois mort dans une forêt en y allant en voiture à cheval pour cuisiner ni, enfin, aller puiser de l’eau dans un puits communal ou une rivière proche.

C’est pourtant ce qui attend les pays de l’OCDE si en 2050 les émissions de carbone doivent égaler celles de 1902 conformément aux directives de l’accord sur le climat de 2015.

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Les combustibles fossiles ont permis une immense contribution à la santé publique en réduisant la pauvreté grâce à des progrès techniques rendant la vie plus confortable et saine, en favorisant l’électrification de nombreuses productions industrielles et en induisant une disponibilité en nourriture jamais atteinte auparavant. Remplacer les combustibles fossiles sans un développement massif de l’énergie nucléaire, ce dont les écologistes politiques ne veulent pas entendre parler, par des sources d’énergie alternatives infiniment plus coûteuses et intermittentes sans aucun moyen de stockage techniquement et économiquement abordable avant longtemps signifiera donc un retour de l’humanité au début du XXe siècle si on fait preuve d’optimisme.

Avant l’introduction de l’énergie nucléaire civile au tournant des années 1960 les combustibles fossiles avaient déjà créé l’ère moderne, ils avaient favorisé l’augmentation du niveau de vie, considérablement amélioré la santé et allongé l’espérance de vie tout en sortant des centaines de millions de personnes de la pauvreté.

Ce que nous appelons aujourd’hui la modernité ce sont des villes avec des systèmes de transport rapides et sûrs, avec la télévision, les téléphones mobiles et internet, l’eau courante, un retraitement des eaux usées et des rues asphaltées éclairées la nuit. Toute cette modernité a été rendue possible grâce aux combustibles fossiles puisque aujourd’hui encore plus de 92 % de l’énergie primaire utilisée dans le monde provient des combustibles fossiles. Selon Vaclav Smil (voir les liens en fin de billet) : « L’attribut le plus fondamental de la société moderne est simplement celui-ci : c’est une civilisation à haute densité énergétique basée principalement sur les combustibles fossiles ».

Selon D. Deming sans source d’énergie fiable et disponible à tout moment le monde s’écroulerait. Cet auteur a écrit un scénario fictif assez effrayant mais réaliste de ce qui arriverait à la civilisation nord-américaine si toutes les compagnies extrayant des combustibles fossiles se mettaient en grève illimitée et voici les conséquences d’une telle situation. C’est ce qui attend pourtant le monde dans l’hypothèse d’un monde sans carbone en 2050 qui ne pourra plus être ce qu’il est aujourd’hui sans sources d’énergie économiquement abordables et disponibles à tout moment. Le scénario de Deming est une fiction, un film en accéléré de ce que va devenir l’humanité dans les années à venir.

1. Sans carburant diesel, l’industrie du transport routier va être paralysée. Toutes les denrées sont distribuées aux USA par la route. Les linéaires des supermarchés se retrouveront rapidement vides. La production de denrées alimentaires d’une manière générale s’arrêtera progressivement. Sans diesel aucun engin agricole ne pourra plus fonctionner et les grandes cultures sans pesticides et engrais (tous produits à partir d’énergie fossile et par la chimie du pétrole) se transformeront en friches. L’industrie agricole américaine ne peut pas nourrir 315 millions de personnes avec une agriculture basée sur du fumier comme engrais et la traction animale pour les labours et les récoltes. Après seulement quelques semaines une famine massive commencera à s’installer.

2. Les locomotives (aux USA) utilisent toutes du carburant diesel et sans trains ni camions il ne sera plus possible d’acheminer des matières premières ni des produits finis. Toute les industries lourdes et manufacturières s’arrêteront. Il s’ensuivra des mises à pied massives. Toute activité quotidienne deviendra critique. Seuls les privilégiés disposant d’un cheval pourront se déplacer ou encore marcher pour aller sur leur lieu de travail si tant est qu’il existera encore un travail.

3. Aux USA l’électricité est produite à hauteur de 42 % avec du charbon et de 25 % avec du gaz. En perdant les deux tiers de la production d’électricité le réseau de transport et de distribution de l’énergie électrique sera devenu globalement hors d’usage. Quelques privilégiés habitant près de barrages hydroélectriques ou de centrales nucléaires pourront encore bénéficier d’électricité. En l’absence d’électricité cela signifie aussi qu’il n’y aura plus d’eau dans les maison ni de pompes pour évacuer les eaux usées et les retraiter. Quand les eaux minérales en bouteille auront disparu les habitants n’auront plus d’autre choix que de boire l’eau des rivières et des lacs et alors des épidémies massives de choléra apparaîtront. Sans médicaments la situation deviendra totalement catastrophique.

4. Les hôpitaux pourront continuer à fonctionner avec leurs groupes électrogènes mais sans diesel disponible cette production électrique de secours s’arrêtera aussi. Seule la chirurgie d’urgence pourra être encore pratiquée mais seulement dans des locaux éclairés par la lumière du jour. Et comme le kérosène est aussi un distillat de pétrole les lampes à kérosène ne seront pas non plus une solution pour l’éclairage. Même les bougies sont fabriquées avec de la paraffine provenant du pétrole. Il n’y a aucun doute qu’il sera impossible d’éclairer 135 millions de foyers américains avec des bougies faites avec de la cire d’abeille …

5. En quelques semaines la civilisation américaine reviendra à ce qu’elle était à la fin du XVIIIe siècle ! Toute l’évolution favorisée par le charbon puis le pétrole dès la deuxième moitié du XIXe siècle aura disparu, le produit intérieur brut américain aura chuté de plus de 95 % et la majeure partie de la population aura disparu en raison d’épidémies hors de tout contrôle en l’absence de médicaments.

Ce scénario très sombre de Deming d’un monde futur sans combustibles fossiles peut être sujet à critiques mais il est beaucoup plus vraisemblable que les prédictions de l’Armageddon climatique prédit par l’organisme onusien IPCC et tous les autres organismes non gouvernementaux qui soutiennent ses prédictions. Cette fiction de Deming a le mérite de s’appuyer sur des faits parfaitement prédictibles en cas d’abandon brutal des combustibles fossiles alors que les prévisions de l’IPCC ne s’appuient que sur des hypothèses et des modèles mathématiques. Au contraire de ce qu’affirme l’IPCC et tous les organismes qui soutiennent cette institution onusienne Deming n’a jamais prétendu peindre une fiction inévitable mais celle-ci paraît beaucoup plus crédible que toutes les conséquences supposées d’une catastrophe climatique elle-même hypothétique.

Source : NIPCC, liens. Smil, V. 2005, Energy at the Crossroads : Global Perspectives and Uncertainties, MIT Press

Deming, D. What if Atlas Shrugged ? LewRockwell.com

Apple crée un précédent en levant des fonds verts pour ses fournisseurs

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Transition énergétique : Après ses propres commerces et data centers, 100 % verts, la marque à la pomme s’attaque au « deuxième cercle ». Une première pour servir d’exemple. (Ivan Radja, Tribune de Genève du 13 juillet 2018)

D’ordinaire, les grandes sociétés appliquent leurs principes de gouvernance à leurs filiales, mais n’interviennent pas dans les politiques internes de leurs fournisseurs ou d’autres entreprises. Apple vient d’innover en annonçant vendredi avoir lancé un fonds pour investir près de 300 millions de dollars sur quatre ans dans le soutien à la transition énergétique d’entreprises chinoises. L’objectif est de financer des projets permettant de générer un gigawatt d’énergie renouvelable en Chine, ce qui permettrait d’approvisionner près d’un million de foyers. Dix fournisseurs d’Apple sont pour l’heure associés au projet. «Ce geste est en accord avec la politique d’Apple, qui annonçait en avril que le 100% de ses installations (ndlr: magasins et centres de données) dans le monde tournent aujourd’hui à l’énergie verte, analyse Catherine Reichlin, directrice de la recherche chez Mirabaud & Cie. Élargir sa politique, en l’occurrence environnementale, à ses fournisseurs, au deuxième cercle comme l’on dit, est une première. Mais, vu le montant de départ, je suppose qu’il s’agit surtout de montrer l’exemple à d’autres sociétés.»

Une somme modeste

Car 300 millions de dollars, sur quatre ans, pour une conversion énergétique d’une telle ampleur, c’est une goutte d’eau. Ou presque. Sans doute pour «ne pas effrayer les fournisseurs en fixant d’emblée des sommes trop élevées», poursuit-elle. Et éviter ainsi de viser trop haut pour, in fine, ne pas réussir à lever suffisamment de fonds. Un scénario à éviter, car cette expérience pourrait être suivie par d’autres grands groupes, mais aussi élargie aux autres sous-traitants de la marque à la pomme. Ils sont près de 200, dont principalement une cinquantaine à Taïwan, une quarantaine au Japon, un peu moins aux États-Unis, et quelques dizaines répartis dans sept autres pays. Ce printemps, Apple avait indiqué que 23 d’entre eux s’étaient engagés à produire tous les produits de la marque entièrement grâce aux énergies renouvelables. La plupart des produits d’Apple sont assemblés dans de vastes réseaux de production en Chine qui emploient des centaines de milliers de personnes, et l’entreprise a déjà pris plusieurs mesures pour tenter de réduire son empreinte carbone. C’est la maison DWS, spécialisée dans l’investissement durable, qui est chargée de la gestion de ce «Fonds pour l’énergie propre en Chine». Quelles seront les contributions des trois parties en présence – DWS, Apple et les fournisseurs? La firme de Cupertino ne le détaille pas pour l’heure. «C’est cette clé de répartition qui sera intéressante à étudier», ajoute Catherine Reichlin. 

Contrôle externe

Est-il possible d’imposer de telles directives à des fournisseurs, dans des pays tiers, et qui plus est en Chine? Pour Bertrand Gacon, responsable du Climate Bond chez Lombard Odier, «cela ne devrait pas poser de problème car ils ont le contrôle de chacun de leurs fournisseurs. Ce qui compte par ailleurs, c’est la garantie apportée par un expert indépendant, comme le cabinet Cicero par exemple, qui effectue un travail de vérification et exige un reporting annuel de la société qui se lance dans une opération d’obligations vertes. Il faut s’assurer de la réalité de cette transition énergétique». Il s’agit d’un cas typique d’«impact investing», ou investissement d’impact. «Il ne faut pas perdre de vue qu’on n’est pas dans la philanthropie pure, rappelle Catherine Reichlin. On réfléchit en soupesant trois questions: qu’est-ce que ça va rapporter? Quels sont les risques? Et pour quel impact?». Apple avait pris la tête en juin 2017 des 1000 entreprises américaines, 25 villes et 9 États regroupés derrière le slogan «We’re still in it!» («Nous en sommes encore»). Comprenez: dans l’accord de la COP21, ou Accord de Paris, dont Donald Trump venait de se retirer. Apple est depuis longtemps investi dans la réduction de son empreinte environnementale, comme en témoigne son nouveau siège central, pour la construction duquel la firme avait levé 1,5 milliard de dollars. En mai 2015 déjà, Greenpeace l’avait déclarée entreprise high tech la plus verte, devant Yahoo, Google, Facebook et Microsoft.

«Green bonds» en hausse 

Le marché des obligations vertes (green bonds) connaît une hausse exponentielle. Il était de 40 milliards de dollars en 2015, 90 milliards en 2016, 160 en 2017, et devrait atteindre les 250 milliards à la fin de cette année selon les estimations avancées par la Climate Bond Initiative (80 milliards aujourd’hui). Les principaux acteurs en sont les grands organismes financiers (Banque européenne d’investissements, à l’origine du concept dès 2007, Banque mondiale), des groupes tels que Engie, et des pays comme la France ou la Pologne. «Il est intéressant de noter que des pays émergents viennent de s’y lancer, comme le Kenya et le Nigeria, ou l’Indonésie, qui s’y préparent», observe Bertrand Gacon.

Article paru sur le site de la Tribune de Genève. Sans commentaire …

La transition énergétique écologique et solidaire (française) qu’en est-il au juste ?

La transition énergétique écologique et solidaire (française) qu’en est-il au juste ?

Ce billet s’appuie sur des données publiques relatives à la consommation d’énergie primaire en France, reprises et documentées dans un rapport de la Cour des Comptes du 18 mars 2018 (voir les liens en fin de billet) et il n’y a aucune invention de mon fait. La didactique du gouvernement français emmenée par inénarrable laryngophoniste hélicoptérique et cautionnée par le Président de la République, digne représentant du Club de Bilderberg et du Forum de Davos, en d’autres termes le délégué des puissances financières occultes qui voient dans le changement climatique une opportunité de récolter le maximum d’argent, a donc inventé une sorte de pamphlet dans le titre annonçant sa politique énergétique future, la transition énergétique écologique et solidaire.

Et il est intéressant d’en détailler le sens mot après mot. Tout d’abord le terme transition est révélateur. Pour un biologiste que je fus on parlait des transitions conformationnelles des protéines, un changement de structure, et il me paraît judicieux d’utiliser cette définition. Le choix de cette définition se justifie par le fait que le projet du gouvernement français ne tenant aucun compte des expériences du même types tentées dans des pays européens comme l’Allemagne consiste à diversifier les sources d’électricité et uniquement d’électricité car pour le reste de la consommation d’énergie primaire c’est une toute autre histoire comme nous le verrons plus loin. En France quiconque parle d’électricité sous-entend uranium puisque près de 80 % de cette forme d’énergie est produite par le parc électro-nucléaire qui utilise ce métal comme source d’énergie primaire. Cette énergie ne rejette aucun vilain gaz à effet de serre, « perturbateur endocrinien » du climat.

Passons au mot écologique avant de revenir au mot énergétique. Puisque je viens de rappeler que la France est une exception mondiale dans le domaine de la « propreté » de sa production d’électricité vis-à-vis du climat, il fallait bien que le gouvernement français, pétri d’idéologie « écolo », ajoute ce terme car son programme doit satisfaire les fantasmes malthusiens d’organisations comme Greenpeace (Hulot et Macron sont-ils encartés auprès de cette organisation ?) qui depuis le début de son existence a choisi comme objectif de voir la planète entière débarrassée d’uranium, surtout pour l’usage civil car l’uranium militaire, lui (leurs) échappe toujours et pour encore bien longtemps, je le crains. Pour le laryngophoniste l’électro-nucléaire n’est donc pas écologique par définition (selon Greenpeace) et il faut donc en réduire l’importance dans le « paysage » électrique français à commencer par la fermeture de la plus vieille installation, la centrale électrique de Fessenheim qui a pourtant reçu l’autorisation de l’Autorité de Sureté Nucléaire, organisme indépendant et d’EDF et des politiciens, de fonctionner encore dix ans renouvelables en raison des remarquables conditions de sureté de cette installation.

Ce mot écologique n’apparaît donc pas comme un cheveu sur un plat de lentilles, il est sciemment introduit dans cet énoncé pour plaire à tous les bobos férus d’écologie et qui ne connaissent que ce que les médias leur ressassent sur ordre du gouvernement. On ne peut que déplorer que 75 % des Français aient une opinion favorable du Ministre d’Etat laryngophoniste en charge de cette transition écologique.

Le gros morceau de ce libellé est le mot énergétique. Je rappèle que selon le rapport de la Cour des Comptes l’électricité représente en France 24,7 % de la consommation d’énergie finale en France (19 % de l’énergie primaire utilisée dans le pays). Le reste de l’énergie primaire et/ou finale se répartit entre les énergies renouvelables, 12,8 %, surtout les ordures ménagères brûlées pour produire de l’électricité, un tout petit peu, de la chaleur seulement l’hiver, et de l’alcool, une aberration morale car l’alcool est produit au détriment de l’alimentation, et les énergies carbonées fossiles : 68,2 %.

En d’autres termes plus des deux tiers de toute l’énergie utilisée en France est d’origine carbonée fossile entièrement importée ! Il faut acheter cette énergie avec des dollars dont la Banque de France ne dispose plus dans ses réserves car le déficit du commerce extérieur du pays est chroniquement déficitaire, intéressant, n’est-il pas ?

Puisque le gouvernement français parle de transition énergétique de qui se moque-t-il quand il décide de fermer des centrales nucléaires ? À l’évidence l’énergie nucléaire n’est pas le problème urgent à résoudre, d’ailleurs il n’y a pas de problème contrairement à ce qu’insinuent ou déclarent les écologistes. Les déchets nucléaires de haute activité peuvent tout simplement être vitrifiés et largués dans une fosse sous-marine du fond de laquelle ils iront un jour, dans quelques dizaines de millions d’années, se diluer dans le magma du manteau terrestre par subduction si naturellement le « machin » onusien autorise les nations à se débarrasser de leurs déchets nucléaires de cette manière. D’ailleurs je parie non pas un kopeck mais 1000 euros que cette décision sera prise d’un commun accord d’ici deux ou trois décennies.

Le vrai problème – à 68 % – ce sont les combustibles fossiles carbonés brûlés en France et ses dépendances territoriales disséminées dans le monde.

Comme le soulignait le rapport de la Cour des Comptes un tiers des combustibles fossiles est utilisé pour le transport, un autre tiers pour le chauffage domestique et le reste par l’industrie. La promotion du chauffage domestique électrique n’est plus à l’ordre du jour en raison de l’obstruction des écologistes (allergiques à l’uranium) depuis l’administration Sarkozy qui voulait flatter l’électorat « pastèque ». Que je sache la France ne produit plus de gaz naturel (le gisement de Lacq est fermé) malgré le fait que l’USGS considère qu’il existe des ressources très importantes de gaz de roche mère dans le sud de la France, du même ordre de grandeur que celles de la Pologne en passe d’être exploitées commercialement. Mais l’interdiction d’exploiter cette ressource domestique a été inscrite dans la loi sous la pression de ces mêmes écologistes qui n’en sont pas à une erreur d’appréciation près.

Je le répète ici les deux réacteurs de Fessenheim suffisent pour recharger chaque jour au moins 400000 véhicules automobiles électriques, en gros un centième du parc automobile français. Alors que le gouvernement encourage la production de véhicules électriques par les entreprises françaises il est opportun de se demander comment il sera possible de recharger ces derniers si toutes les « vieilles » centrales nucléaires sont condamnées à la casse prématurément malgré le fait qu’elles peuvent être utilisées sans incidents durant encore au moins 40 ans.

Voilà pour le volet écologique : un tissu de contradictions !

Reste la cerise sur le gâteau, le mot « solidaire« . Les Allemands ont appris à leurs dépens ce que signifiait ce qualificatif : ce sont tout simplement des augmentations presque astronomiques du kWh pour assurer le financement des « énergies vertes » et des taxes tant sur le gaz naturel (importé) que sur les carburants. De plus les contribuables allemands sont mis à contribution, comme le nom l’indique, pour soutenir l’industrie de telle sorte que l’électricité et les combustibles fossiles restent compétitifs pour cette dernière. Le programme démesuré de la transition énergétique à l’allemande n’a même pas permis de réduire les émissions de carbone et de ce fait l’ensemble de la population du pays s’appauvrit pour satisfaire les délires des Verts. La solidarité c’est vraiment beau et vraiment tentant, surtout pour un ministre !Voilà ce qu’a décidé d’imposer au Français l’ubuesque Hulot …

Il reste une inconnue dans ce paysage énergétique et elle est de taille. Si le climat venait à se refroidir comme le prédisent de plus en plus de scientifiques de très haut niveau quelle sera la situation énergétique de la France, mais pas seulement de ce pays qui est connecté électriquement à ses voisins européens, de quelle manière les politiciens actuellement au pouvoir ont-ils envisagé une telle éventualité, et l’ont-ils un instant effleuré ? Il est révélateur que la CIA se soit récemment penchée sur ce problème et il explique peut-être la raison pour laquelle les USA veulent à tout prix contrôler les ressources mondiales des énergies fossiles, que la Chine et la Russie (et accessoirement le Japon) développent à marche forcée l’énergie nucléaire, seul salut pour l’ensemble de l’humanité. On ne peut que constater que le gouvernement français a choisi une option en totale contradiction avec un ensemble d’évidences indiquant que celle-ci va mener l’économie française vers la catastrophe. « Bienvenue dans un monde meilleur », tel était l’adage de Rhône-Poulenc, sponsor de Hulot quand il bafouillait dans son laryngophone à bord de son hélicoptère …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/04/24/energies-renouvelables-la-cour-des-comptes-jete-un-pave-dans-le-marigot/

https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-04/20180418-rapport-soutien-energies-renouvelables.pdf

Transition énergétique en Europe : la Suisse en subit les conséquences

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C’est une dépêche de l’ agence AWP qui a sorti l’information : la Suisse souffre de la baisse des tarifs de l’électricité en Europe. Dans ce pays où la production électrique est contrôlée par l’Etat ce sont les cantons et les villes qui bénéficient des revenus nets disponibles procurés par les centrales électriques qu’elles soient nucléaires, à combustibles fossiles ou hydro, hors TVA qui n’est que de 8 % en Suisse pour ce produit. Globalement ce sont 2,6 milliards de francs qui sont reversés aux collectivités locales chaque année, ce qui correspond à environ 30 % de l’ensemble des dépenses d’électricité toujours sans tenir compte de la TVA qui est gérée au niveau fédéral. Les prix du kWh sur le marché spot ont baissé en Europe et si de nombreuses compagnies d’électricité se trouvent en difficulté en raison de cette baisse, notamment en Allemagne et en Espagne, ce n’est pas pour autant que les consommateurs ont vu leur facture allégée alors que les énergies électriques dites renouvelables sont par définition gratuites, c’est tout le contraire.

Quelle est l’explication de ce paradoxe ? Tout simplement l’obligation légale de ces compagnies à acheter au prix fort l’électricité alternative d’origine éolienne ou solaire afin de financer la transition énergétique mais à revendre cette énergie aléatoire aux ménages à des prix contrôlés par les gouvernements. Au final ce sont donc eux qui paient pour la transition énergétique et dans le même temps les compagnies d’électricité se retrouvent en grande difficulté financière. Les cantons suisses de montagne ont trouvé une parade. Ils gèrent les barrages d’altitude et contribuent à la stabilité du réseau électrique européen grâce au pompage et au turbinage et cette intervention est facturée aux compagnies d’électricité en particulier allemandes.

Un autre paramètre qui grève tant la trésorerie des électriciens que celle des cantons est le tarif préférentiel accordé aux gros consommateurs industriels d’électricité, chimie, pharmacie, transports, raffinage des métaux précieux, etc qui de ce fait ne contribuent pas aux budgets locaux. Et ces avantages accordés aux industriels n’est pas négligeable puisqu’ils consomment 28 % de l’électricité produite dans le pays ! Encore une fois ce sont les ménages qui mettent la main à la poche … Voilà en quelques ligne exposés les « bienfaits » de la transition énergétique exigée par les gouvernements européens et les Suisses ne sont pas vraiment satisfaits d’autant plus que pour installer le moindre moulin à vent dans la Confédération il faut une votation dans la grande majorité des cas négative.

Source : AWP, 20 janvier 2018 à 09h01