L’alarmisme climatique est raciste et néo-colonialiste

Toutes sortes d’articles clament que le changement ou le réchauffement du climat est raciste. Je ne sais pas ce que cela signifie car je n’ai pas lu ces articles. La réalité est différente. L’alarmisme climatique est raciste. En Amérique du Nord et en Europe 100 % de la population a accès à du gaz ou de l’électricité pour cuisiner. Dans les pays d’Afrique centrale seulement 1 % de la population a accès à de telles commodités.

Ne pas disposer d’électricité ou de gaz pour cuisiner provoque la mort prématurée de 4 millions de personnes chaque année (doi : 10.1016/j.tiv.2017.05.021 ). Dans le Deccan le principal combustible pour la cuisine est la bouse de vache séchée. Le ramassage de la bouse, son façonnage sous forme de tuiles et sa vente constituent une source de revenus pour certaines castes inférieures dans les plaines du Gange, du Meghana et du Brahmapoutre. Or elles contiennent de l’arsenic provenant de la pollution des eaux des paddys car elles sont polluées. Ce polluant se retrouve dans les fumées des cuisines et provoque toutes sortes de maladies dont des cancers du poumon.

Les grands journaux occidentaux dont le New-York Times et le Washington Post maintiennent en continu une propagande alarmiste avec Alexandria Ocasio-Cortez comme figure de proue prédisant la fin du monde et la petite Greta qui en rajoute une couche alors qu’elle ne sais pas de quoi elle parle.

Cependant il est opportun de constater que l’utilisation de combustibles fossiles ne cesse d’augmenter comme l’indique ce graphique :

Les énergies renouvelables pour lesquelles les pays occidentaux investissent des dizaines de milliards de dollars représentent une infime partie des combustibles utilisés. La biomasse traditionnelle (bois et bouses de vache séchées par exemple) arrive en quatrième position derrière le gaz naturel, le pétrole et le charbon, plus importante que le nucléaire et l’hydraulique. Les principaux émetteurs globaux de gaz dits à effet de serre dans le monde sont l’Inde, la Chine, l’Europe et les Etats-Unis. Cette obsession de la protection du climat ne concerne que les pays occidentaux, Europe et Amérique du Nord, c’est donc bien à l’évidence une démarche qui concerne avant tout les « blancs ». La Chine prétend atteindre la fameuse « neutralité carbone » vers 2050. Ce pays ne pourra atteindre cet objectif qu’en développant massivement l’énergie nucléaire alors que certains pays européens ne parient que sur les moulins à vent. Quant à la Russie, plus gros émetteur de CO2 par habitant dans le monde, elle vendra son gaz jusqu’à épuisement des gisements tout en développant également l’énergie nucléaire.

Les pays occidentaux ont donc adopté une attitude de « protection » du climat à l’évidence raciste. Ils se moquent du développement de la plupart des pays d’Afrique et de certains pays d’Asie et d’Amérique du Sud tout en pillant les richesses de leurs sous-sol. Ici c’est le lithium, là le cobalt et ailleurs le cuivre ou encore l’uranium car la nouvelle idéologie est la voiture électrique. On assiste ainsi à un nouveau colonialisme sous le prétexte fallacieux et moral, mais ça se discute, qu’il faut sauver le climat. De qui se moquent les instances multinationales ? La réponse est claire : de tous les pays dits du « tiers monde » qui disposent des ressources nécessaires pour arriver à cette fameuse transition énergétique qui n’est qu’une illusion car la Terre continuera à tourner sur elle-même et à tourner autour du Soleil selon des lois déjà prédites, toute intervention humaine n’y pourra rien du tout, alors il faut que ces ressources soient utiles pour cette transition énergétique mise en place par les pays occidentaux. Les pays « sous-développés » resteront sous-développés pour le plus grand confort moral des pays occidentaux. Où est le racisme climatique ? Il est là.

Des voitures électriques peu chères ? À cause du lithium et du cobalt jamais !

Le premier producteur de lithium dans le monde est l’Australie suivie du Chili puis de la Chine avec respectivement en 2020 : 40000, 18000 et 14000 tonnes respectivement de lithium métal (source : Statista.com). De plus la Chine est maintenant le premier producteur de voitures électriques, une situation qui a tendance à faire monter le cours du lithium sur le marché mondial de ce métal. En une année le cours du lithium a traversé une augmentation de 325 % pour atteindre un prix à la tonne de 25675 euros. Pour une berline de taille moyenne tout électrique il faut environ 30 kg de lithium pour confectionner les batteries. Il faut donc au cours actuel 770 euros de lithium par véhicule électrique. La production chinoise de lithium métal suffit en théorie pour équiper 460000 véhicules tout électrique par an si la Chine n’importe pas de lithium de pays étrangers.

On ne peut pas dire que le monde va se trouver à court de lithium car les réserves sont considérables malgré certaines difficultés d’extraction en particulier au Chili et en Argentine, pays qui à eux deux représentent 11 millions de tonnes de lithium métal en réserve, l’Australie représentant un peu moins de la moitié de ces réserves. Quant à la Chine il y aurait un million et demi de tonnes de réserves, l’équivalent de 360 millions de voitures tout électrique. Ce calcul n’a pas beaucoup de signification sinon que les seules réserves de la Chine suffiraient à peine à convertir la totalité du parc automobile européen en véhicules tout électrique.

Persévérer pour des raisons idéologiques à vouloir convertir ce parc automobile dans le but de réduire les émissions de carbone est une vue de l’esprit. Pour trois raisons. D’une part le prix du lithium métal pourrait être décuplé devant une demande croissante pour la fabrication de voitures tout électrique rendant ces dernières inabordables pour la majorité des automobilistes, dont ceux qui ont besoin de leur véhicule pour travailler ou se déplacer pour se ravitailler en nourriture et autres produits de consommation courante ou tout simplement pour conduire les enfants à l’école ou aller à l’hôpital. Interdire les véhicules équipées de moteurs à combustion interne est ainsi une vue de l’esprit, un rêve des écologistes puisque toute la population de cette France périphérique n’aura pas les moyens financiers pour acheter une voiture tout électrique.

D’autre part si le prix de la batterie représente la moitié de celui du véhicule lui-même, la voiture électrique deviendra un objet de luxe. Et le peuple n’acceptera jamais une telle obligation de disposer d’une voiture tout électrique. Enfin, malgré des réserves considérables de lithium dans le monde, certes insuffisantes pour une conversion totale du parc automobile des pays développés, il faudra envisager un recyclage du lithium des batteries. Or, compte tenu des propriétés chimiques de ce métal il n’existe encore aucune entreprise industrielle capable de recycler ces batteries à un prix compétitif, c’est-à-dire équivalent à celui du lithium métal produit industriellement. La principale production de lithium est le chlorure ou le carbonate utilisés pour celle du « lithium » des batteries qui est en fait du cobaltate de lithium LiCoO2, d’où l’importance du cobalt dans la confection des batteries.

Dès lors la production de cobalt revêt une importance capitale dans la production de ces batteries. Il y a cependant un gros problème avec ces batteries. Au delà de 130 °C, une température qui peut être atteinte au cours d’un cycle de charge rapide, le cobaltate de lithium se décompose en produisant de l’oxygène et la batterie s’embrase rapidement.

Puisqu’il fallait mentionner la présence de cobalt dans les batteries des automobiles, en poids 7 fois plus que de lithium, il est intéressant de faire un petit tour d’horizon du marché du cobalt. Cobalt métal : 60000 dollars la tonne, 91 % d’augmentation en un an, principaux producteurs : RD Congo, Russie, Australie et en dixième position Nouvelle-Calédonie avec 2800 tonnes par an (2017) … et la France veut se séparer du « Rocher » ! La répercussion sur le prix d’une batterie de voiture est alors immense puisqu’il faut compter sur près de 10000 euros de cobalt par véhicule. C’est considérable en regard des 770 euros de lithium. Pour une berline les constituants de la batterie atteignent donc 12770 euros. Si un de mes lecteurs tente de me convaincre d’acheter une voiture tout électrique il devra s’orienter vers la voiture à pile à combustible, technologie que les constructeurs de sous-marins connaissent parfaitement, et qui ne pourra être démocratisée que lorsque la production d’hydrogène sera économiquement rentable tout en étant décarbonée, un but qui ne pourra être atteint qu’à l’aide de réacteurs nucléaires à haute température. En conclusion convertir tout un pays en voitures électriques avec batteries Li-ion est une illusion et la voiture électrique avec pile à hydrogène attendra des jours meilleurs …

Maîtriser les émissions de gaz à effet de serre : une lubie européenne

Dans sa fameuse (et unique) comédie « Les Plaideurs » Jean Racine met en scène le portier Petit-Jean du juge Dandin, dans la célèbre première scène de l’acte premier de l’oeuvre. J’ai appris cette scène qu’il fallait réciter de mémoire lorsque j’étais au collège ou plutôt à l’école primaire. Il y figure ce célèbre vers « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». Vous pouvez retrouver ce texte ici : https://www.atramenta.net/lire/oeuvre392-chapitre-3.html . Le but de ce billet n’est pas de faire un commentaire de ce texte plein de sagesse paysanne. J’en citerai cependant un autre passage qui est tout à fait approprié à l’objet de mon billet : « Sur l’avenir bien fou qui se fiera, tel qui rit vendredi, dimanche pleurera ». En effet la grande escroquerie de l’IPCC qui fait l’objet du grand raout de Glasgow, ville industrielle dont je ne me souviens que de l’immense distillerie Johnny Walker, est de prédire l’avenir à l’aide de modèles informatiques tous aussi faux les uns que les autres. Et le premier adage cité plus haut semble avoir été ignoré par la Commission européenne dans ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’autre escroquerie de l’IPCC à laquelle l’ensemble du monde occidental a fini par croire à grands renforts de propagande répétitive depuis des dizaines d’années.

En effet, réaliser d’ici 2030 une réduction de 55 % des émissions de ces supposés gaz à effet de serre en Europe va tuer l’Europe, car « qui veut voyager loin ménage sa monture ». En d’autres termes toute politique énergétique demande du temps, beaucoup de temps. Le tableau ci-dessous figurant dans le document écrit par Philippe Herlin dont j’ai fait mention dans mon précédent billet explique clairement les conséquences que pourrait endurer la France si les désirs de la Commission européenne étaient appliqués à la lettre. La planification du secteur énergétique doit être faite sur le long terme. Neuf années c’est ridiculement court et les conséquences des décisions de la Commission européenne sont extrêmement préoccupantes, je dirai même suicidaires.

Ce tableau ne concerne que la France dont la production d’électricité est déjà « verte » à plus de 80 %. Le rectangle vert en haut et à droite de cette illustration est bien vert mais il comprend en grande partie les petites unités de production d’électricité utilisant du gaz comme combustible qui sont d’une souplesse suffisante pour pallier aux aléas de la production électrique des éoliennes et aussi quelques unités de production d’électricité utilisant du charbon. Que voit-on par ailleurs ? Les deux postes qui excitent les écologistes au plus haut point sont les transports et le résidentiel. On ne va tout de même pas réduire les émissions de GES du secteur agricole à moins de choisir soit d’affamer la population soit d’être condamné à importer ce que l’on peut produire sur le sol national. Dans le secteur des transports supprimer les poids lourds et les véhicules utilitaires légers paralyserait l’économie. Il reste donc les véhicules particuliers et le secteur résidentiel, c’est-à-dire le chauffage, l’éclairage et la consommation d’électricité que nécessite le confort normal d’un logement. Sur les 445 millions de tonnes d’équivalents CO2 il faut trouver un stratagème satisfaisant les injonctions de la Commission européenne et 55 % de ce montant c’est 244 MtCO2. En convertissant la totalité des véhicules particuliers en voitures électriques on est loin, très loin, du compte : 72 pour 244. De toutes les façons il n’y aura jamais assez le lithium pour convertir tous les véhicules particuliers à l’électricité.

Il apparaît donc clairement que le schéma de la Commission est inapplicable à moins d’obliger tous les Français, y compris les politiciens, à réduire d’une manière insupportable leur train de vie, en particulier ne plus manger de viande, l’élevage occupant une part importante dans ce bilan, et reboiser avec des milliards d’arbres toutes les prairies de la douce France puisque les forêts sont des pièges à gaz à effet de serre. « Ne mangez plus de viande ! ». J’imagine l’effet qu’un tel ordre émanant du gouvernement aurait sur la population …

Inutile de continuer à défendre les lubies de Madame Van der Leyen, ce ne sont que des lubies.

Pour terminer ce billet la seule source d’énergie non carbonée capable de réduire les émissions de GES est le nucléaire. Le Président Macron a eu une idée de génie opportuniste : développer le plus vite possible les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) pouvant être produit en série. Il faudra au moins dix ans pour que ce qui reste de l’industrie nucléaire française encore capable de construire une centrale nucléaire se reconvertisse à cette technologie qui n’est pas miniaturisée comme on aurait tendance à le croire. Raisonnablement on peut espérer que dans 20 ans la France pourra devenir un acteur d’une importance tout relative dans le domaine nucléaire. Les SMR sont à l’heure actuelle en balbutiement. La Chine apparaît comme le leader dans ce domaine avec les deux SMRs haute température refroidis à l’hélium de 210 MW électriques unitaires et la Russie avec l’usine flottante comprenant deux réacteurs de 50 MW électriques alimentant une petite ville du nord-est de la Sibérie. Une multitude d’autres projets occupent les ingénieurs américains, russes, coréens, chinois et anglais. Tout en voulant vanter l’avenir de l’industrie nucléaire française dans le domaine des petits réacteurs nucléaires modulaires le Président Macron a ordonné la fermeture des deux réacteurs de la centrale électrique de Fessenheim qui représentent 6 SMRs de 300 MW de puissance électrique alors que cette usine pouvait encore fonctionner pendant au moins 30 ans. En conclusion la France ne pourra pas respecter les engagements de la Commission européenne à moins de tuer au sens littéral du terme le pays tout entier. Réchauffement du climat ou pas il faudra bien que les décideurs politiques retrouvent la raison, mais je dois déborder d’optimisme.

Note. Le premier SMR (eau pressurisée) construit par la Chine ( Shanghai Nuclear Engineering Research and Design Institute (SNERDI)) d’une puissance électrique nominale de 300 MW a été opérationnel en 1991. Il s’agit de la série CNP-300 dont plusieurs unités ont été construites au Pakistan, la dernière d’entre elles ayant été connectée au réseau électrique en 2017, sa construction ayant débuté en 2011. La Chine construit aujourd’hui des SMRs haute température dans le but de produire de l’hydrogène à un prix abordable à l’avenir. La Chine a en effet pour ambition de produire des véhicules automobiles munis de piles à hydrogène car il lui paraît évident que la pénurie annoncée de lithium ne permettra pas de répandre les voitures électriques « made in PRC » très longtemps. La Russie, de son côté, a construit un SMR à neutrons rapides refroidi avec du plomb liquide d’une puissance également de 300 MW électriques, le réacteur BREST. Pour la catastrophe annoncée des investissements ESG je conseille à mes lecteurs de voir cette interview :

https://www.youtube.com/watch?v=LlwTJH2DoUY et pour les curieux le rapport RTE : https://assets.rte-france.com/prod/public/2021-10/Futurs-Energetiques-2050-principaux-resultats_0.pdf et la note de Philippe Herlin au sujet de ce rapport : https://www.lopinion.fr/edition/economie/rte-rapport-fausse-hypothese-depart-tribune-philippe-herlin-institut-257996

Climat : les délires de la Commission européenne

Alors qu’a été ouverte la COP26 à Glasgow en fanfare, inondant le monde entier de propagande climatique, quels sont les enjeux de cette réunion pour le petit, le sans dents, le fumeur de cigarettes roulées à la main au volant de sa vieille voiture diesel, habitant dans une maison ou un appartement vétuste qui en apparence s’en moque ? Le « monsieur tout le monde » dont il est question va se trouver en première ligne pour subir les décisions prises par l’Union européenne. De même que la paysannerie et les petites gens des villes constituaient la principale source de revenus par l’impôt et diverses taxes pour les rois il y a encore 300 ans, cet état de fait n’a pas évolué, c’est toujours la multitude, le petit peuple, qui subvient aux finances des Etats. Après avoir été psychologiquement préparés à toutes sortes de sacrifices lors de l’épidémie de SARS-CoV-2 les peuples européens vont devoir maintenant faire de nouveaux sacrifices sans aucune mesure avec ceux déjà consentis pour soit dit en passant combattre cette épidémie et qui n’ont été que d’une utilité contestable. Le seul résultat tangible qu’ont obtenu les pouvoirs politiques a été, il faut le dire clairement, le pass sanitaire, non pas pour combattre cette épidémie mais pour habituer les citoyens à subir des contrôles permanents. Et la lutte renforcée contre l’illusion du réchauffement du climat, objet de cette COP26, sera facilitée par le succès des mesures coercitives et de privation de libertés mises en place par les divers gouvernements européens.

J’insiste sur le fait que c’est surtout l’Europe qui s’engage dans cette lutte climatique car, avec l’Amérique du Nord, elle représente la grande majorité des émissions de « gaz à effet de serre responsables ». Certes l’Inde et la Chine sont les plus gros émetteurs de ces gaz mais il est impossible pour ces pays de prendre des décisions aussi violentes que celles arrêtées par la Commission européenne. Ces deux pays doivent gérer chacun une population plus de trois fois supérieure à celle de l’Union européenne et toute décision d’ampleur provoquerait des réactions sociales incontrôlables et ni les Chinois ni les Indiens ne peuvent envisager de se conformer aux décisions de la COP26. Comme pour les précédentes réunions internationales du même type les décisions prises à Glasgow ne revêtiront aucun caractère autoritaire pour les raisons évoquées ci-dessus. Il en est de même pour la majorité des pays d’Afrique, d’Amérique du sud et du grand sud-est asiatique.

Les récentes décisions de la Commission européenne prises le 14 juillet dernier constituent une très forte accélération dans la lutte contre l’illusoire réchauffement du climat. D’ici 2030 il faudra réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Tout le secteur des transports sera profondément impacté mais l’industrie devra souffrir également en étant pénalisée par le système d’échange des quotas d’émission et l’obligation pour les investisseurs de se conformer aux critères ESG. L’Union européenne mettra également en place un système d’ajustement carbone à ses frontières. Tout produit importé en provenance de pays ne faisant pas partie de l’Union européenne sera taxé, depuis l’acier ou les engrais de synthèse jusqu’aux paires de chaussettes. Or comme l’organisation mondiale du commerce le précise il ne s’agira pas de droits de douane mais de taxes payées par les consommateurs locaux puisqu’ils utiliseront des produits ayant émis des gaz à effet de serre hors de l’Union européenne. 2030 c’est demain et que va-t-il se passer dans chaque pays européen ? Selon diverses études sérieuses il n’y aura plus aucune croissance économique en raison de toutes ces mesures prises par la Commission européenne. En Europe il faudra tabler sur une décroissance annuelle de 2,5 à 3 % au moins jusqu’en 2030 c’est-à-dire en 9 ans une décroissance près de trois fois supérieure à celle qu’endurèrent les pays européens lors de la crise dite des « sub-primes ».

Vous n’êtes pas encore convaincu alors voici quelques chiffres. La grande transition écologique européenne décidée le 14 juillet 2021 aura besoin de 11200 milliards d’euros pour arriver à l’objectif visé de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Si on ramène ce chiffre à la France il représentera chaque année 6 % du PIB et 10,6 % de l’ensemble des dépenses publiques toujours chaque année. Si les fumeurs de clopes au volant de leur vieille diesel vivant dans de vieux logements « passoires », parce qu’ils n’ont pas le choix, doivent se plier à ces décisions stupides de la Commission européenne autant dire qu’ils se révolteront. La décroissance généralisée et brutale telle que la conçoit cette Commission relève donc du rêve et sera inapplicable. Outre le fait que la majorité de la population se retrouvera appauvrie, l’industrie, ou ce qu’il en reste, disparaîtra, dont l’industrie automobile et les Allemands n’aimeront pas trop. Par conséquent cette décision de la Commission ne sera pas concrétisée puisqu’elle est inapplicable. Ursula van der Leyen et Barbara Pompili, des gauchistes notoires, devront rêver à d’autres chimères. Et « Madame tailleur Chanel » pourra imprimer autant d’euros qu’elle pourra ce plan sera rejeté par tous les peuples européens. Dans un prochain billet je commenterai (à ma façon) le tableau central de l’argumentation de Philippe Herlin, auteur du rapport « Cancel economy ».

Source : www.institut-thomas-more.org et pour plus d’information : https://www.francesoir.fr/videos-le-defi-de-la-verite/bertrand-alliot-ecologie-catastrophisme

Fessenheim : la preuve du désastre politique français

C’est un article du site Causeur qui m’a conduit à prendre mon clavier à défaut de plume pour écrire ce petit billet. Il est fait mention dans l’article cité (lien en fin de billet) de la capacité de nuisance des écologistes qui sont arrivés à faire condamner l’Etat français pour ne pas avoir respecté ses engagements de réduction d’émissions de carbone tout en ayant préalablement exigé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Cette fermeture a provoqué l’émission d’au moins 10 millions de tonnes de carbone et l’Etat a été condamné pour ne pas avoir limité de 15 millions de tonnes ces émissions entre 2015 et 2018, c’est-à-dire avant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Cécile Duflot, aujourd’hui directrice d’Oxfam-France, fait donc perdurer son pouvoir de nuisance. Elle n’est certainement pas idiote et par conséquent elle doit savoir que les moulins à vent installés à grands frais sur le sol français doivent être obligatoirement adossés à des centrales électriques à gaz qui sont très facilement mises en fonctionnement et pilotables pour diminuer l’imprévisibilité de la production électrique par les moulins à vent. Nonobstant le fait qu’elle a encouragé sinon exigé l’installation de moulins à vent en France elle savait que cette opération induirait une émission de carbone inévitable pour ces raisons. Madame Duflot, comme d’ailleurs Hulot sont des personnes incapables de raisonner. Seule compte leur idéologie.

En ce qui concerne maintenant la centrale nucléaire de Fessenheim, EDF a certainement pris la précaution de ne rien toucher. Le combustible extrait de la cuve des réacteurs est toujours dans les piscines de désactivation et il suffira d’un ordre du prochain gouvernement pour remettre en fonctionnement cette usine surtout si l’Europe est plongée cet hiver dans un black-out prolongé. J’avoue que j’en suis arrivé au point de souhaiter qu’un tel événement survienne pour que les politiciens prennent conscience de leur incapacité à gouverner (et donc prévoir) et que les peuples découvrent qu’ils sont bernés par leurs dirigeants. Supposons que cet hiver 2021-2022 ressemble à ceux de 1956 ou de 1962 alors un black-out généralisé à toute l’Europe sera inévitable. Je suggère à mes lecteur de relire l’article de ce blog à ce sujet : https://jacqueshenry.wordpress.com/2019/10/22/petite-histoire-pas-du-tout-fictive-un-black-out-generalise-en-europe-occidentale/ qui décrit les conséquences catastrophiques d’une telle situation, récit que je n’ai pas inventé puisqu’il provenait d’une étude très sérieuse de l’armée suisse.

Je voudrais rappeler à mes lecteurs que les conditions météorologiques des hivers 1956 et 1962 furent similaires : anticyclone sur toute l’Europe, sans vent ni soleil, températures en plaine inférieures à -20°C, circulation des trains et des tramways arrêtée car les aiguillages étaient bloqués par le froid, de nombreuses rivières prises par les glaces, arbres fruitiers dont les oliviers dans le sud de la France ou les abricotiers gelés, des dizaines de milliers de canalisations d’eau endommagées … Je ne voudrais pas être un corbeau de mauvaise augure (cf. l’article de Causeur) mais j’ai vécu ces deux hivers et je m’en souviens parfaitement.

Note. Les années 1950 et 1960 coïncident avec une faiblesse inter-cycle de l’activité solaire. Le présent cycle solaire #25 sera plus faible que le cycle #24 et il n’est pas inconcevable que les prochains hivers deviennent de plus en plus rigoureux.

Actualité. L’incurie des décideurs politiques

Les Allemands veulent servir d’exemple pour les autres pays d’Europe dans leur course irraisonnée vers les énergies dites vertes. Le pouvoir politique, aidé en cela par les partis écologistes, a décidé de détruire le principal pilier de l’économie allemande en décrétant une reconversion rapide et totale des véhicules automobiles à moteur thermique en leurs homologues électriques. La première cible mise en place massivement a donc été les autobus urbains et sub-urbains, gros pollueurs avec leurs moteurs diesel. Malgré le fait que tous les chimistes et métallurgistes savent que le lithium est un métal hautement inflammable et malgré leur mise en garde en ce qui concerne les risques d’incendies impossibles à maîtriser des villes comme Stuttgart ou Francfort ont converti une grande partie de leur flotte d’autobus en véhicules « verts », comprenez électriques. En fin de service journalier les autobus rejoignent le dépôt pour le rechargement des batteries au lithium et ce qui était parfaitement prévisible est arrivé. À Stuttgart un incendie monstrueux a détruit une grande partie des autobus en cours de charge dans un dépôt. Les efforts des pompiers ont été totalement vains.

Force est de constater que les Allemands donnent l’exemple à ne pas suivre alors qu’ils sont persuadés du contraire. Depuis plus de deux mois la force des vents sur le territoire est insuffisante pour que les centaines de milliers de moulins à vent produisent une quelconque énergie électrique. Le gazoduc NordStream-2, bien qu’achevé, n’est toujours pas opérationnel car les procédures légales d’attribution des quotas de gaz à chacun des investisseurs partenaires du projet n’est pas encore clairement défini et la Commission européenne doit aussi donner son accord à cet arrangement économique entre les divers pays européens impliqués. Cette situation a revêtu un caractère mélodramatique !

Je ne voudrais pas avoir l’air de me répéter mais il eut été plus logique de remplacer ces autobus diesel en hybrides utilisant du gaz de pétrole liquéfié, la norme obligatoire au Japon, en Corée et à Singapour. Les Allemands ont voulu mieux faire pour leur image, stupidement suivis par les Français pour « dépolluer » les grandes villes. Et voilà le désastre annoncé.

Les Allemands ont compris à la suite de l’incendie de Stuttgart qu’il était dangereux d’entasser des dizaines d’autobus au même endroit pour la recharge nocturne des batteries. Ils n’ont toujours pas trouvé de solution alternative parce qu’il n’y en a pas ! Par conséquent l’autobus électrique doit être abandonné. Combien de dizaines de millions d’euros ont été investis en pure perte, ce seront les contribuables qui paieront la facture, comme d’habitude. Sous la pression constante des écologistes les gouvernements sont contraints de prendre des décisions stupides voire dangereuses. Décisions stupides en effet car les réserves économiquement accessibles de lithium sont limitées, qu’il s’agisse du Chili, de l’Afghanistan ou du Portugal et envisager d’électrifier tout un parc automobile est une vue de l’esprit. Il est urgent que les peuples prennent conscience de cet état de fait et exigent de ces décideurs politiques qu’ils reconnaissent leurs incompétences et leurs gestions inopérantes de leur pays car incapables de s’entourer de véritables experts connaissant leur métier et non caviardés par des idéologies destructrices. Mais ce n’est qu’un vœu pieux.

Grande-Bretagne : L’énergie nucléaire est nécessaire pour produire de l’hydrogène

Traduction d’un article paru sur le site World Nuclear News

Pour faciliter une décarbonisation rapide et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables sont nécessaires pour la production d’électricité et d’hydrogène, a conclu une nouvelle étude indépendante. L’étude, réalisée par Aurora Energy Research, examine les avantages du déploiement à la fois du nucléaire et des énergies renouvelables pour la production d’hydrogène, afin de soutenir la transition énergétique et d’atteindre les objectifs climatiques du Royaume-Uni. Le rapport – intitulé « Decarbonising Hydrogen in a Net Zero Economy » – a été commandé par Urenco et a été soutenu par l’Agence internationale de l’énergie atomique, EDF et Lucid Catalyst.

Il fait suite à la stratégie du gouvernement britannique sur l’hydrogène, publiée le mois dernier. La Stratégie sur l’hydrogène indiquait que le nucléaire offrait un certain nombre d’options pour produire de l’hydrogène propre, mais ce rapport ne modélisait pas les coûts et la compétitivité de la contribution du nucléaire. « La majorité des études sur l’avenir du secteur de l’hydrogène en Grande-Bretagne se concentrent sur l’hydrogène électrolytique issu de sources d’énergie renouvelables (SER) et l’hydrogène fossile avec capture et stockage du carbone (CSC) », indique le rapport. « Le potentiel du nucléaire à participer à l’économie de l’hydrogène n’est souvent pas pris en compte en raison des coûts élevés des actifs récents et du manque d’orientation politique claire conduisant à la suspension des projets prévus.

« Cette étude examine comment le soutien politique aux nouvelles technologies nucléaires et aux modèles commerciaux pour fournir de l’hydrogène électrolytique à faible émission de carbone pourrait réduire les coûts nucléaires et des systèmes tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles lorsqu’ils sont déployés aux côtés des SER sur la voie du zéro net ».

Le rapport d’Aurora utilise la suite de modélisation intégrée de l’entreprise pour capturer les interactions du marché et les impacts du déploiement des SER et du nucléaire pour atteindre le zéro net. Le scénario interne Net-Zero d’Aurora reflète tous les objectifs récents du gouvernement britannique, y compris les 40 GW d’énergie éolienne offshore du livre blanc sur l’énergie et la capture de 10 millions de tonnes de dioxyde de carbone via le CSC d’ici 2030. La capacité électrique installée devrait passer de 107 GW en 2021 à 257 GWe en 2050, portée par la croissance rapide des énergies renouvelables et la capacité de pointe. La capacité de production nucléaire passerait de 9 GW à 21 GW sur cette période. La production d’électricité passerait de 312 TWh en 2021 à 643 TWh en 2050, la production nucléaire passant de 59 TWh à 159 TWh. Parallèlement, la capacité de production d’hydrogène passerait de 5 GW à 69 GW sur la même période.

Le modèle de décarbonisation d’Aurora diffère des approches traditionnelles en ce qu’il suppose que toutes les technologies de production sans émissions sont traitées sur un pied d’égalité et rivalisent sur le plan des coûts. Après 2030, les enchères de capacité ne sont disponibles que pour les producteurs zéro carbone et les coûts nucléaires et les applications du marché sont pleinement représentés dans le modèle.

L’étude a révélé que pour faciliter une décarbonisation rapide et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, le nucléaire et les énergies renouvelables sont nécessaires pour la production d’électricité et d’hydrogène. Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables peuvent fournir les volumes d’hydrogène nécessaires pour un net-zéro en 2050. Le déploiement de grands volumes de nucléaire parallèlement aux énergies renouvelables est économiquement efficace, réduisant la valeur actuelle nette des dépenses totales du système du Royaume-Uni de 6 à 9 % (40 à 60 milliards de livres sterling ) à l’horizon 2050. Il a également constaté que la combinaison de l’hydrogène et du nucléaire conduit à des coûts compétitifs. L’utilisation conjointe de la chaleur et de l’électricité d’une centrale nucléaire pour la production d’hydrogène offre un avantage de coût important. Les émissions cumulées de gaz à effet de serre jusqu’en 2050 peuvent être réduites de 80 millions de tonnes de CO2 et la consommation de gaz sous forme d’électricité et d’hydrogène conduirait à une réduction de la consommation de 8000 TWh thermique.

Le dernier rapport fait suite à l’étude 2020 d’Aurora Hydrogen for a Net Zero GB: An Integrated Energy Market Perspective. Il note que bien que la nouvelle étude se concentre sur le Royaume-Uni, les résultats étant applicables à d’autres pays, y compris les pays en développement. « Il existe un potentiel passionnant pour combiner le nucléaire, les énergies renouvelables et l’hydrogène pour offrir une économie nette zéro », a déclaré Felix Chow-Kambitsch d’Aurora Energy Research. « Le nouveau rapport d’Aurora est la première étude du genre à démontrer comment le nucléaire peut compléter les énergies renouvelables et l’hydrogène. Atteindre les volumes d’hydrogène requis pour un net-zéro sans combustibles fossiles sera un défi sans hydrogène électrolytique issu du nucléaire et des énergies renouvelables. Un système énergétique avec une grande ambition dans l’énergie nucléaire peut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, réduire les émissions de carbone et réduire les coûts du système ».

« L’énergie nucléaire a clairement un rôle important aux côtés des énergies renouvelables dans la transition vers une énergie propre en soutenant une production d’électricité fiable et à faible émission de carbone et la production future d’hydrogène », a déclaré Boris Schucht, PDG du groupe Urenco. « Pour réaliser cela, nous devons débloquer les investissements, en créant un nouveau modèle de financement pour le nucléaire et un environnement de marché pour l’hydrogène. Le développement de réacteurs à haute température serait un moyen pour le nucléaire de soutenir l’hydrogène, étant donné que ces conceptions sont très efficaces pour la production d’hydrogène. « Cette dernière recherche est une étape importante pour permettre aux décideurs politiques d’ouvrir la voie à la livraison de net-zéro d’ici 2050. Nous attendons avec impatience des conversations constructives dans les mois à venir et une forte collaboration entre l’industrie et le gouvernement sur ce travail essentiel ».

Notes. Urenco est une entreprise britannique d’enrichissement d’uranium majoritairement détenue par l’Etat. Dans le scénario retenu dans le rapport Aurora les énergies dites renouvelables, moulins à vent et autres panneaux solaires, seraient entièrement dédiées à la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Si la production d’électricité par ces éoliennes devait être intégrée au réseau il faudrait en effet des productions d’appui avec des turbines à gaz. Cette éventualité est donc considérée comme devant être exclue du scénario 2050. Enfin le Président de la République française a récemment déclaré que le pays devait s’intéresser au petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) alors qu’il a obtenu autoritairement la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et ordonné l’arrêt du projet Astrid. Peut-être confondait-il les usines de production électriques utilisant le gaz naturel pour pallier avec les SMRs à l’intermittence des énergies dites renouvelables. À l’évidence il ne sait pas de quoi il parle et sa politique énergétique est totalement erratique.

« La centrale nucléaire la plus dangereuse est celle que l’on ne construit pas »

Zion Lights est une activiste écologiste, communicante scientifique britannique et ancienne porte-parole du mouvement Extinction­ Rebellion. Isabelle Boemeke est influenceuse pro-nucléaire tandis que Myrto Tripathi, ingénieure française, préside l’ONG « Les Voix du nucléaire ». Dans une tribune, ces trois activistes mêlent – au lieu d’opposer – l’atome et les énergies vertes. (Article paru sur le site Marianne le 13 août dernier)

La crise climatique actuelle n’aura échappé à personne. Dans le même temps, la pollution atmosphérique liée aux combustibles fossiles tue plus de 8 millions de personnes par an. Ces décès sont entièrement évitables. Dans ce contexte, l’énergie nucléaire offre des avantages considérables. Elle contribue à la stabilité de la transition énergétique, à l’amélioration de la qualité de l’air, à la création d’emplois non délocalisables et à la production non-intermittente d’une électricité verte à bas coût dans des centrales qui ont une durée de vie assez longue : jusqu’à 80 ans dans les bonnes conditions de sécurité.

Le nucléaire n’est bien sûr pas la seule solution pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air. Nous croyons en une cohabitation avec une part croissante de renouvelables à mesure que les technologies qui les portent se développent. Toutes les solutions bas carbone ont un rôle à jouer dans la construction d’un monde plus vertueux. Ce qui nous pousse à ce plaidoyer en faveur du nucléaire est que cette source pourtant propre, bon marché, sûre et durable est trop souvent écartée en vertu d’arguments totalement fallacieux.

TRIOMPHE DE LA DÉSINFORMATION

Il existe un véritable tabou autour de l’atome, qui rend toute discussion factuelle sur ses mérites et défauts impossible. Il n’y a malheureusement aujourd’hui pas d’industrie donnant lieu à plus de fausses informations et de croyances erronées. À titre d’exemple, en France, près de 86 % des 18-34 ans pensent que cette technologie à un impact néfaste sur le climat. Il s’agit pourtant de la seconde énergie la moins émettrice de CO2 après les barrages hydrauliques – et devant le solaire et l’éolien.

Cette tendance est encore plus marquée chez les femmes, qui sont deux fois plus nombreuses à penser que le nucléaire contribue à la production de gaz à effet de serre. Cela peut s’expliquer par le fait que nous sommes traditionnellement plus engagées dans la lutte pour préserver l’environnement, notamment via l’écoféminisme né dans les années 1970, mais aussi par notre association traditionnelle à des figures de « care-giver ».

Après le déni du changement climatique, nous déplorons une sorte de « déni nucléaire ». Il est largement dû à sa perception trop « technique », alors qu’il ne l’est pas plus que les autres technologies que nous utilisons tous les jours, telles que les voitures, les avions, les ordinateurs ou les smartphones. Le nucléaire est mal expliqué, donc incompris, ce qui laisse libre cours aux clivages et à la désinformation.

Le mouvement écologiste a été extrêmement efficace pour communiquer un sentiment antinucléaire et pour associer cette énergie aux armes et accidents nucléaires – une connexion aussi ténue qu’anachronique. Aussi, pour beaucoup, être impliqué dans l’écologie revient à être antinucléaire par principe. Ironiquement, la plupart des mouvements écologistes actuels, qui demandent à nos dirigeants d’écouter les scientifiques sur le climat, se gardent bien d’en faire autant à propos des atouts de nos centrales.

DERRIÈRE L’IMAGE, UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE

Cette croisade a un effet terrible. L’atome est frappé par une sorte de stigmate social et le défendre est mal vu. En coulisses, la plupart des experts et des chercheurs le reconnaissent volontiers : « le nucléaire est indispensable et nous devrions l’utiliser ». Mais ils ne le diront pas publiquement.

Cela nuit au développement de la filière : qui va étudier l’ingénierie nucléaire si tout ce que vous entendez en grandissant est qu’il s’agit d’une technologie polluante, dangereuse et sans lendemain ? Imaginez le nombre de cerveaux qui aurait pu continuer à porter l’industrie nucléaire si elle était considérée comme un élément positif pour le monde. Nous voulons porter la voix de la majorité silencieuse qui soutient le nucléaire, de sorte qu’on lui accorde sa « licence sociale ».

Chaque fois qu’une centrale ferme, les gouvernements assurent qu’elle sera remplacée par des énergies renouvelables. Ce n’est malheureusement jamais le cas, et les conséquences sont très réelles : une récente étude (1) indique que la fermeture de la centrale californienne de Diablo entraînerait 15,5 millions de tonnes d’émissions de CO2 supplémentaires au cours de la prochaine décennie. C’est comme si 300 000 voitures à essence roulaient pendant dix ans. Et ce, pour des raisons purement idéologiques.

L’ENJEU DE LA TAXONOMIE VERTE

La même chose pourrait se produire en Europe avec les débats sur la taxonomie verte : la Commission européenne est en train de mettre en place les règles définissant quelle technologie est verte et laquelle ne l’est pas. Cela déterminera l’allocation d’aides au développement des filières et affectera le choix des investisseurs publics et privés, ce qui aura des conséquences immenses pour la recherche et l’innovation.

Plusieurs pays font pression pour exclure le nucléaire de cette taxonomie, ce qui reviendrait de fait à exclure progressivement le nucléaire du mix énergétique européen. Une attaque directe au porte-monnaie qui bloquerait la construction de nouvelles centrales ainsi que le développement des nouvelles technologies permettant de dépasser les faiblesses actuelles du secteur. Le projet Astrid, qui devait permettre de réutiliser les déchets nucléaires comme carburant, a ainsi été suspendu…

NON AU NUCLÉAIRE ET OUI AU GAZ FOSSILE

L’exclusion du nucléaire de cette taxonomie serait un non-sens total. D’autant plus quand on sait que près des trois quarts des émissions humaines proviennent de la consommation d’énergie Dans le même temps, les mêmes qui s’opposent au nucléaire militent pour que le gaz – une énergie fossile, donc – soit inclus dans cette taxonomie, alors que celui-ci génère près de 80 fois plus de CO2 ou équivalent par kilowattheure d’énergie produite.

La question ne devrait pas être « le nucléaire est-il une solution ? », mais bien « de combien de nucléaire avons-nous besoin pour verdir nos pays ? ». Mais aujourd’hui, le débat est monopolisé par les arguments trompeurs de militants antinucléaires – un peu comme si on n’écoutait que des antivax pour trouver des solutions possibles au Covid-19 ou des platistes pour déterminer la forme de la Terre.

Notre constat, bien au contraire, est que, compte tenu de l’urgence climatique, nous avons besoin d’énergie décarbonée, et le nucléaire est une source incontournable. En conséquence, il faut construire plus de réacteurs, pas moins – et ce, de toute urgence. Aujourd’hui, la centrale nucléaire la plus dangereuse, c’est celle qu’on ne construit pas. De nombreuses femmes l’ont compris et sont à l’avant-garde d’un élan pronucléaire, loin des clichés. Espérons que nous puissions inspirer les Greta Thunberg de ce monde, qui écartent aujourd’hui le nucléaire pour de mauvaises raisons.

(1) Le Joint Research Center a rendu le 26 mars 2021 un rapport à la Commission européenne affirmant que le nucléaire peut être qualifié d’énergie verte.

Note. J’ai contacté Myrto Tripathi via le site « La voix du Nucléaire » sans réponse de cet organisme à ce jour bien avant de me décider à mettre cet article sur mon blog.

Transition énergétique : Bientôt une Europe sans aciéries ?

Les délires de plus en plus affirmés par les gouvernements européens encouragés par la Commission sous l’impulsion de Madame van der Leyen, qui n’a jamais dissimulé sa sympathie pour les mouvements écologistes, vont conduire l’ensemble de l’Union européenne vers la ruine. Alors, pour maîtriser une population mécontente seul un régime autoritaire fascisant constituera l’avenir de nos enfants et petits-enfants. On constate déjà les prémices d’un tel régime autoritaire avec cette histoire de pass sanitaire qui fait des adeptes pas seulement en France. Et toute cette stratégie pour que l’Europe atteigne cette pompeuse neutralité carbone avant 2050 ! Les beaux jours de l’industrie automobile sont comptés et quand il n’y aura plus de lithium pour fabriquer des batteries les reliquats de cette industrie reconvertie à la hâte dans les véhicules électriques disparaîtront et ce sera bien avant 2050. La politique de « décarbonisation » de l’activité humaine, selon les idéologues qui gravitent autour de la Commission européenne, passera nécessairement par le renouvelable, un mot qui ne veut rien dire.

Produire de l’acier avec des énergies renouvelables, voilà le nouvel objectif qu’a choisi l’Europe car, bien après le secteur des transports, la production d’acier ne représente que 4 % du CO2 émis par l’ensemble des pays européens, c’est-à-dire environ 100 millions de tonnes par an. Pour diminuer la production de CO2 dans le secteur de la production d’acier il faut inévitablement choisir une autre source de « réducteur » au sens chimique du terme et si ce n’est pas du coke, préparé à partir du charbon, alors la seule alternative est l’hydrogène. Dans l’état actuel de la technologie l’hydrogène est obtenu à partir de gaz naturel. Le serpent idéologique se mord donc la queue.

Quelques chiffres aiderons les lecteurs à comprendre l’ampleur du problème posé par les aciéries. Les 100 millions de tonnes de CO2 émis par les aciéries européennes représentent 0,007 ppm sur les quelques 410 ppm de CO2 que contient l’atmosphère. C’est énorme ! Pour remplacer le coke il faudra construire au moins 14 réacteurs nucléaires de 1000 MW et à cet investissement il faudra encore au moins 4 réacteurs de cette même puissance pour produire de l’hydrogène. Le recyclage de l’acier dans le cadre ce la fameuse (et fumeuse) économie circulaire, qui dans ce domaine existe déjà il faut aussi de l’électricité car ce recyclage s’effectue dans des fours à arcs électriques. Les industriels de l’acier, habitués à utiliser le coke produit à partir de charbon disponible à un prix accessible devront se contenter de le kWh beaucoup plus coûteux, opération de substitution qui entrainera un surcoût global de 5 milliards de dollars par an. Importer de l’acier de pays non européens pour faire face à ces augmentations insupportables de prix sera alors l’une des solutions obligées puisque l’Europe, pour bien être certaine de précipiter sa ruine, taxera lourdement cet acier étranger à l’Europe. Au final l’acier deviendra un produit de luxe ! Et par conséquent les centaines de milliers de produits utilisant de l’acier verront leurs prix peut-être décupler. Enfin les pays européens devront investir au moins 100 milliards de dollars pour mettre en place la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables, si possible, puisque faire accepter au public la construction de réacteurs nucléaires dédiés seulement à la production d’hydrogène pour la seule production d’acier risque d’être très problématique.

D’ici 2050 l’Europe, à moins de choisir de se voir totalement désindustrialisée, devra investir au bas mot plus de 400 milliards de dollars. Tout cela pour atteindre un réduction de la température globale de la Terre de 0,002°C, c’est ce que prévoit l’IPCC pour une réduction de 0,2 ppm du CO2 atmosphérique. Si vous voulez vraiment vous faire une idée du résultat obtenu au terme de cet investissement extravagant il suffit d’un petit calcul. Comme nous l’avons tous constaté lorsque l’on se déplace en altitude l’air se refroidit à raison d’environ 1 degré pour chaque 100 mètres, Diminuer la température globale de la terre de 0,002°C représente donc la différence de température de l’air au niveau du sol et au niveau des genoux ! Tout ça pour ça ?

Sources : https://bellona.org/news/climate-change/2021-03-hydrogen-in-steel-production-what-is-happening-in-europe-part-one

https://www.rolandberger.com/en/Insights/Publications/Europe%27s-steel-industry-at-a-crossroads.html

Le plan « net zéro » britannique

Les experts nucléaires de l’Université de Manchester ont identifié les huit actions nécessaires pour évaluer objectivement le rôle du nucléaire dans l’avenir « net zéro » du Royaume-Uni. Leur document positionne l’énergie nucléaire pour ce net zéro. Une stratégie d’action détermine ce que les décideurs politiques et l’industrie doivent explorer afin de prendre une décision éclairée sur la base d’une « meilleure économie ». Cela inclut le développement d’organes consultatifs, la modélisation non partisane de la trajectoire économique et l’optimisation des programmes de R&D.

Le document a été rédigé par l’équipe de direction du Dalton Nuclear Institute de l’Université de Manchester, qui abrite la capacité de recherche nucléaire la plus importante et la plus avancée du Royaume-Uni. Il s’agit de Francis Livens, directeur, Gregg Butler, responsable de l’évaluation stratégique, William Bodel, chercheur associé en choix de systèmes nucléaires et Juan Matthews, professeur invité en technologie de l’énergie nucléaire. https://documents.manchester.ac.uk/display.aspx?DocID=55791

« Le net zéro d’ici 2050 est un défi tellement énorme pour ce pays qu’il faut vraiment tous se mettre au travail, a déclaré Livens. « La réalité, c’est que nous devons explorer toutes les options et les évaluer sur un pied d’égalité et prendre une décision objective sur le point suivant : « Le nucléaire a-t-il un rôle à jouer dans notre avenir énergétique, oui ou non ? ». Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni a besoin d’agir rapidement pour résoudre cette question et de saisir toute opportunité qui se présente. Si elle continue à tergiverser, tout sera certainement perdu ». Butler a ajouté : « Nous avons élaboré ce document parce que nous nous sentions responsables, en tant que communauté universitaire impartiale, de soutenir nos collègues du gouvernement et de l’industrie. Le Royaume-Uni a fixé un objectif de zéro net de premier plan au monde, mais il ne suffit pas de fixer l’objectif – nous devons y parvenir. Il est maintenant temps de prendre des mesures clés qui détermineront les rôles que le nucléaire peut jouer, en reconnaissant qu’elles ne devraient être adoptées que si elles contribuent à une solution économique et environnementale optimisée. Nous pourrions en savoir beaucoup sur l’énergie nucléaire – mais il doit être considéré comme un candidat pour aider à atteindre le zéro net – pas comme une fin en soi ».

Recommandation 1 : L’état de développement de la technologie des réacteurs modulaires avancés (AMR) au Royaume-Uni et dans le monde affirme que le réacteur de démonstration mentionné dans le livre blanc sur l’énergie du gouvernement devrait être doté de la technologie des réacteurs refroidis au gaz à haute température (HTGR), avec une attention particulière également accordée à la démonstration de la production d’hydrogène à l’aide de la chaleur nucléaire.

Recommandation 2 : Le soin de spécifier, développer et poursuivre la voie vers un démonstrateur HTGR basé au Royaume-Uni devrait être confiée à un organisme approprié qui est équipé et habilité à réaliser le projet HTGR. Cela inclurait de diriger toute la R&D nécessaire pour définir un itinéraire optimal, de surveiller si et comment ces optima changent à mesure que les études progressent et de ré-optimiser les programmes en conséquence.

Recommandation 3 : la R&D sur les cycles du combustible fermés doit être poursuivie pour permettre au Royaume-Uni de suivre les évolutions de ces systèmes et d’évaluer si, ou quand, ces systèmes trouveront une place sur le marché britannique de l’énergie.

Recommandation 4 : Une vision britannique continue des développements dans les systèmes AMR devrait être maintenue et dirigée par un organisme qui n’est pas en conflit avec les revendications et le lobbying d’un système particulier. L’évaluation de faisabilité générique a fourni un exemple de plate-forme qui pourrait héberger cette tâche, mais une organisation convenablement « sans intérêt » devrait être mise en place avec un examen par les pairs exemplaire.

Recommandation 5 : Un organe consultatif approprié à large assise devrait être engagé pour conseiller le gouvernement sur le programme nucléaire futur. Il pourrait s’agir du Nuclear Innovation Research and Advisory Board (NIRAB) ou d’un successeur, mais le NIRAB semble avoir établi l’étendue et la valeur possibles de ces conseils.

Recommandation 6 : Le Comité sur les changements climatiques devrait explorer, avec une assistance appropriée, les possibilités d’un rôle plus large du nucléaire sur la voie du zéro net.

Recommandation 7 : Energy Systems Catapult (une organisation indépendante à but non lucratif pour l’industrie, le gouvernement, les universités et la recherche) devrait, avec l’aide d’autres experts en modélisation, mettre en place et exécuter des modèles transparents de règles du jeu équitables pour surveiller les développements économiques. Cela motivera les améliorations et détectera un optimisme irréaliste.

Recommandation 8 : Une plate-forme telle que celle recommandée pour l’énergie nucléaire dans la recommandation 4 devrait être établie pour toutes les sources d’énergie présentes dans la trajectoire net zéro, afin de donner une vision claire et impartiale de l’état actuel de ce net zéro.

Le fait que le gouvernement se soit engagé dans un plan d’action sur 30 ans constitue « une grande raison d’être optimiste » mais la mise en œuvre de l’énergie nucléaire « là où cela est approprié et avantageux » doit éviter d’être « mise à l’écart pour des motifs non étayés ». Il faut espérer que le message « le meilleur pour le Royaume-Uni, le meilleur pour la planète » pourra devenir réalité. En ce qui concerne les délais, la situation actuelle est cruciale, tout retard se manifestant immédiatement sur le chemin critique d’un démonstrateur nucléaire en 2030, et par inférence la forte perspective d’avoir un impact négatif sur l’échéance de 2050 ».

Traduction d’un document paru sur le site World Nuclear News. Commentaire. Il faut admirer le pragmatisme des Britanniques et leur vue sur le long terme. L’intégration des HTGR dans le programme de mise en place de véhicules à pile à combustible est la seule alternative fiable pour accélérer la marche vers le net zéro. Toute autre approche relève de la fiction pour diverses raisons. La raréfaction des matières premières entrant dans la conception des véhicules « tout électrique » est prévisible alors que les piles à combustible ne se heurteront pas à ce goulot d’étranglement prévu pour 2035. La Chine, pays à économie planifiée, a compris que les HTGR étaient la seule alternative économiquement rentable pour produire de l’hydrogène. La production d’énergie, l’hydrogène étant une forme d’énergie puisqu’il s’agit d’un combustible, doit être planifiée sur le long terme. La France a parié sur le remplacement d’une partie du parc nucléaire par des éoliennes. C’est un pur non-sens puisque ces installations ont une durée de vie maximale de 25 ans. La planification « à la française » révèle un amateurisme affligeant. J’en dirai autant sinon pire pour la politique énergétique allemande.