Le thé, c’est bon pour la santé … sexuelle !

Au Sri Lanka, le thé blanc préparé avec de jeunes pousses cueillies avec des ciseaux, séchées au soleil jusqu’à atteindre une couleur légèrement dorée ou argentée est vendu jusqu’à 80 euros (88 dollars) la boite de 20 grammes au temple du thé Mariages Frères à Paris. L’étiquette indique que ce thé « Virgin White Ceylon Tea » qui contient jusqu’à 11 % de polyphénols est un excellent stimulateur de la libido. C’est du thé « vierge » parce qu’il n’a jamais été touché avec les mains, il n’a donc jamais été souillé et c’est peut-être la seule raison pour laquelle il est considéré comme aphrodisiaque. Qu’on ne se méprenne pas, le thé est effectivement un stimulant puisqu’il contient de la caféine et d’après Herman Gunarat-ne, un négociant en thé important au Sri Lanka, le thé améliore la santé d’une manière générale et les performances sexuelles par voie de conséquence. Admettons. Si le thé, qui n’a jamais été une plante endémique du Sri Lanka, a été introduit par l’Ecossais James Taylor qui commença à en planter sur l’île, alors possession de la couronne de sa Majesté britannique, en 1849 et aujourd’hui le thé constitue la première source de devises du Sri Lanka où se trouve aussi  la première bourse du thé du monde. Si la récolte des jeunes pousses exclusivement réduit la production d’un facteur dix, le prix de vente en gros est multiplié par dix pour atteindre des valeurs astronomiques dans la boutique Mariages Frères (4400 dollars le kilo). Le Sri Lanka a exporté 320 000 tonnes de thé en 2012. En modifiant le conditionnement, normalement le thé est exporté en sacs de 3 kilos, Gunarat-ne est convaincu que le Sri Lanka pourrait multiplier par quatre en valeur les exportations de thé avec le label « Ceylon » qui doit être revalorisé pour un meilleur marketing et avec la mention « excitant sexuel » pour le thé vierge blanc, pourquoi pas … tous les arguments marketing sont bon à prendre même s’ils ne sont basés sur aucune évidence scientifique et quand il s’agit de sexe, c’est le succès assuré.

Source: Japan Times

 

Cancer (?) et phénols (thé, café et autres viandes fumées)

J’ai déjà écrit un billet sur la protéine p53 qui commande la mort des cellules malades mais est aussi impliquée dans la réparation de l’ADN cellulaire si ce dernier est endommagé par des facteurs externes comme les ultra-violets ou des substances chimiques délétères, et il y en a ! A l’Université Johns Hopkins (Kimmel Cancer Center) une équipe pluridisciplinaire réunissant des chimistes des aliments et des biologistes spécialisés dans l’étude des causes du cancer ont montré sans ambiguité que certains produits présents dans l’alimentation étaient susceptibles d’endommager l’acide désoxy-ribonucléique (ADN) le support de l’hérédité et si ces dommages étaient mal contrôlés une cellule pouvait devenir cancéreuse avec les conséquences que l’on sait. Le gène de la protéine p53 est activé pour produire cette protéine quand l’ADN a été endommagé et c’est donc une sorte de marqueur des risques de cancer dont un test par fluorescence de l’activation a été mis au point dans le laboratoire de Scott Kern à la Johns Hopkins School of Medicine. Les chimistes des aliments ont effectué divers extraits de toutes sortes d’aliments ou boissons ou encore des sauces et ont redilué ces extraits pour qu’ils soient étudiés à des doses sensiblement identiques à celles présentes dans les aliments avec des cultures de cellules en suivant l’activation du gène de la protéine p53.

Partant d’une hypothèse simple que je retranscris de l’anglais ainsi : « On ne sait pas trop ce que contient notre alimentation et quels effets elle a sur les cellules de notre corps », cette équipe a trouvé que des composés apparemment anodins pouvaient être considérés comme vraiment dangereux d’après le test utilisé. Par exemple les sauces « barbecue » sont particulièrement dangereuses (potentiellement) ainsi que d’autres agents de saveur plus ou moins artificiels ajoutés aux saucisses, par exemple pour qu’elles aient un goût de fumé, mais aussi le thé vert, le thé noir et le café sont aussi potentiellement dangereux. Les chimistes ont ainsi montré que les deux principaux composés qui activaient le gène de la p53 étaient l’acide gallique et le pyrrogallol. Or ces deux phénols se retrouvent en quantités variées dans le saumon fumé, ou d’autres viandes boucannées, mais aussi dans la fumée de cigarette, les colorants pour les cheveux (mesdames attention!) le thé, le café, la croute de pain (mon dernier petit-fils en rafolle) le malt qui sert à fabriquer la bière et le whisky, mes deux boissons préférées, ou encore la poudre de cacao.

Heureusement que Scott Kern, qui doit être un amateur de whisky ou de bourbon, a vite vérifié que le whisky écossais ou tout au moins des extraits dûment préparés dans les conditions strictes du protocole utilisé n’avait qu’un effet mineur sur le gène de la p53, ouf ! Bien d’autres additifs du genre sauces, les Américains sont friands de « dressings » pas vraiment prisés des Français, tabasco, sauce au soja, sauce aux haricôts noirs, kim chee, sauce au paprika ou wasabi pour n’en citer que quelques unes, n’ont aucun effet dans le test utilisé.

En conclusion de ces résultats, leurs auteurs considèrent que des études complémentaires sont nécessaires pour bien préciser quel est l’effet de ces phénols sur la cancérogénèse. A suivre donc et bon appétit.

Source et p53 dans ce blog : http://www.hopkinsmedicine.org/news/media/releases

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/02/02/un-espoir-dans-le-traitement-des-cancers-enfin/