Brève. « Déconfinement » et histoire de masques et de fromages

Ici à Tenerife le déconfinement est prévu pour ce prochain mercredi 13 mai. Nous aurons donc été contraints de rester chez nous pendant 9 semaines ½, ironiquement le titre du fameux film avec Mickey Rourke et Kim Bassinger (1986). Ma vendeuse de fromage français à qui j’ai rendu visite ce matin pour lui acheter un « tonnelet » du beaujolais et une « bûche » me parlait en ayant baissé son masque, je n’avais moi-même ni masque ni gants. Un flic en maraude est venu lui relever les bretelles pour lui dire que ce n’était pas bien. Ici les flics sont plutôt débonnaires et ne verbalisent pas, d’ailleurs les Espagnols n’aiment pas ça car ils ont, les vieux surtout, un mauvais souvenir des heures sombres de la dictature franquiste.

J’en ai profité pour expliquer à cette charmante nîmoise que le port du masque n’est utile que pour les personnes présentant des symptômes grippaux afin de ne pas contaminer d’autres personnes quand ils toussent ou éternuent. Quand on marche dans la rue le port d’un masque est inutile (si on n’est pas grippé) mais par contre dans un métro, un bus ou un tramway, il ne faut pas compter sur le civisme des passagers qui pourraient être grippés, alors autant que tous les passagers soient masqués : c’est à peu près la seule décision intelligente que le gouvernement français ait pris depuis la première alerte de l’OMS, fin janvier si j’ai bonne mémoire, dont il n’a pas tenu compte puisqu’il savait que tout manquait pour faire face à cette épidémie venue de Chine comme le répète inlassablement le Donald.

Et puisque j’ai mentionné la dictature franquiste il me semble que la France s’achemine vers la mise en place d’une sorte de dictature « soft » pour l’instant sous couvert de l’épidémie mais qui pourrait durcir jusqu’à devenir franchement insupportable pour tous les citoyens. Les prochains mois seront très intéressants à vivre …

Nouvelles des Îles Canaries et d’ailleurs …

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Nous sommes « confinés » dans l’archipel depuis bientôt trois semaines, coronavirus oblige. L’archipel, haut lieu touristique, est totalement isolé du monde extérieur. Seulement quelques vols par jour depuis la péninsule ibérique sont assurés ainsi que les vols inter-îles. Il n’y a plus aucun touriste, plus aucun bateau de croisière, tous les hôtels sont fermés, tous les commerces de détail non essentiels ont baissé le rideau, peut-être définitivement, tous les restaurants, tous les bars à filles (que je ne fréquente pas), tous les centres commerciaux sont fermés. Les rues de Santa Cruz à Tenerife sont désertes. Dans la population canarienne locale, environ 2,4 millions d’habitants répartis dans 7 îles de tailles variées dont la superficie globale représente à peine un tout petit département français, 7500 km2, le coronavirus a contaminé un peu moins de 1000 personnes pour un nombre de décès inférieur à 100, essentiellement des « vieux » cacochymes.

Depuis 10 jours il n’y a plus aucun nouveau cas de contamination ni nouveau décès et la province envisagerait de lever le confinement dans les prochains jours. Cependant l’archipel restera isolé durant plusieurs semaines. Alors que le tourisme (18 millions de visiteurs par an) représente près de 60 % du PIB de l’archipel, l’effondrement total de cette ressource va créer à n’en pas douter un instant une très grave crise économique, humanitaire et sociale par voie de conséquence.

J’ai croisé ce matin un « sdf » qui n’avait plus la force de tendre la main pour demander l’aumône. Il sera peut-être mort demain dans le recoin d’où il ne bouge plus depuis plusieurs jours. De plus il tousse et je n’ai pas osé m’approcher de lui. C’est terrible !

Les autres postes contribuant au PIB canarien sont les primeurs, les fleurs, les bananes et … les dépenses des nombreux retraités européens qui ont (comme votre serviteur) choisi cet endroit pour terminer leur vie dans des conditions climatiques particulièrement favorables.

Plus le confinement des individus et de la presque totalité de l’activité commerciale continuera ici plus la crise subséquente sera profonde. Alors ce ne seront pas quelque cent morts qui seront à déplorer mais beaucoup plus, peut-être tout simplement de faim … Ce qui va s’abattre dans l’archipel sera d’une ampleur pourtant inférieure à celle qui attend les 4 pays de l’Europe continentale les plus touchés par l’épidémie, l’Italie, l’Espagne péninsulaire, la France, la Grande-Bretagne et la Belgique, pour faire court. Ces pays vont aussi connaître une très grave crise économique. Celle-ci induira, et c’est inévitable, un changement de paradigme et peut-être une dislocation de l’Union européenne que pour ma part je souhaite sans le dire à haute voix. Les mois prochains vont être tout à fait captivants.

J’ose imaginer parfois qu’en France l’armée prendra le pouvoir quand des émeutes sanglantes surgiront dans les banlieues et les quartier qualifiés pudiquement de « no-go zones » pour reprendre un terme anglo-saxon qui masque le malaise croissant que jamais aucun gouvernement n’a su résoudre intelligemment alors qu’il en coûte un « pognon de dingue » à l’Etat français, mais pas seulement à la France si on considère l’Europe. Cette situation critique de zones péri-urbaines « interdites » existe aussi en Suède, au Danemark, en Italie ou encore en Belgique.

Petite lueur d’espoir au moins pour la province espagnole des Canaries, le nombre de nouveaux cas est quasiment nul et le nombre de morts (dont on ignore le pedigree médical) provoqué par le virus est à peine supérieur à 60. Alors cette province espagnole sera probablement la première à rendre aux habitants leur liberté de mouvements. Je croise les doigts …

Brève humoristique. « Étude de cas »

Il y a quelques jours une ami Française vivant ici à Tenerife à l’autre bout de l’île me téléphona. Elle m’apprit qu’elle souffrait d’une très mauvaise grippe ce que tout je suite je constatais en écoutant le bruit rauque de sa toux grasse et simultanément sifflante, terrifiant. En forme de boutade, peut-être pout tenter de la faire rire, je lui dis que j’espérais que sa grippe n’était pas transmissible via les fibres optiques qui nous reliaient temporairement l’un auprès de l’autre. Que n’ai-je pas dit ! Trois jours plus tard c’était à mon tour de me retrouver au lit avec une fièvre de cheval, une toux de cheval, des douleurs de cheval, une gorge horriblement douloureuse transformant ma toux en hennissements … de cheval. Que mes lecteurs n’aillent pas s’imaginer que je nourris une aversion pour l’espèce équine, encore que … J’en ai donc déduit que la grippe était donc bien transmissible par le téléphone et j’ai également constaté que plus on avance vers une espérance de vie nulle, ce qui est mon cas, plus ce genre de désagrément devient insupportable.

Demain vendredi je ne suis pas certain de remplir mon devoir de blogger auprès de mes lecteurs. Tenerife est une grande île et il y a un grand nombre d’endroits à visiter en particulier le massif du Teide, le point culminant de l’Espagne et le plus haut volcan d’Europe ou encore la plus vieille forêt primaire d’Europe dans le massif d’Anaga. Je serai donc très occupé …

Petite réflexion sur les transports en commun

Petite réflexion sur les transports en commun

À Santa Cruz de Tenerife il y a une ligne de tramway avec des rames Alstom « made in France » (ce n’est plus qu’un vieux souvenir) et chaque fois que j’utilise ce moyen de transport le peu de fibre franchouillarde qui me reste vibre un petit peu. Si un contrôleur entre dans la rame et qu’un voyageur n’a pas acquitté le prix de son transport il doit payer sur le champ une amende de 400 euros.

Pour inciter les utilisateurs de ce moyen de transport très pratique en raison des énormes difficultés de stationnement des véhicules automobiles en ville (je n’ai pas de voiture et je m’en passe très bien) il existe trois moyens de paiement dans le tram : un petit récepteur dans lequel on glisse une carte achetée avec des équipements qu’on peut trouver à chaque arrêt de tram ou en vente dans les estancos, machine qui imprime le solde de cette dernière. Il est possible aussi de payer avec une carte de crédit sans contact, n’importe quelle carte de n’importe quelle banque et enfin il y a des logos à l’intérieur du tramway que l’on peut scanner avec un smartphone et le prix du transport est débité sur le compte de l’abonnement téléphonique. Pour ceux qui utilisent ce genre de paiement et découvrent que leur téléphone n’a plus d’énergie, il existe des prises USB pour recharger son téléphone presque sur tous les piliers auxquels on peut se tenir. mais oui, c’est vrai. J’allais oublier que les rames de tramway sont équipées de Wifi haut débit.

Pour les adeptes de la petite reine voyager avec son vélo est autorisé et cette possibilité est assez prisée en raison des fortes déclivités existant dans cette ville qui s’étale sur un relief allant de zéro à 600 mètres. Je n’ai pris qu’une seule fois un tramway pour me rendre depuis Roissy dans Paris en raison d’une grève de la SNCF et je ne me souviens pas vraiment des commodités offertes aux voyageurs. J’allais encore oublier un détail : cette ligne de tramway dessert sur son trajet deux gares d’autobus et le prix du trajet en tramway est déduit du prix du billet d’autobus (on les appelle ici des guaguas comme au Vénézuela !) ce qui rend les transports en commun abordables pour tous les petits budgets. Enfin les rames de tramway et les autobus sont propres et non tagués comme en France et à Paris en particulier, ville où on se croit de plus en plus à Dakar et non pas en Europe …

Du jamais vu depuis plus de 70 ans !

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Foi de « Tinerfeniens » – les habitants de l’île de Tenerife – on n’avait jamais vu au milieu du mois de mai la présence de névés sur les pentes exposées au nord du volcan Teide depuis la fin des années 1930 ! Pour les Suisses et les Savoyards il est vrai que le sommet du Teide (3718 m) se trouve bien au delà des neiges éternelles mais ce n’est pas le cas à 28° de latitude nord. Je rappelle ici que le Teide fait partie des 16 volcans de la planète étroitement étudiés et surveillés car ceux-ci se trouvent dans des zone géographiques à fort peuplement. Bien qu’assoupi depuis 1909 le Teide pourrait entrer dans un épisode éruptif tout aussi dévastateur que ceux du Merapi, en ce moment même en éruption, ou du Nyiragongo.

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Illustration : photo prise le 11 mai 2018

Congés électroniques et changement climatique

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Depuis mardi dernier j’étais coupé du monde, baigné dans le maquis semi-aride du nord de l’île de Tenerife, au pied du volcan Teide. La liaison internet dont disposent mes amis passe par leur téléphone portable et elle est tellement médiocre que j’ai préféré ne pas ouvrir mon MacBook. J’ai donc appris seulement hier soir jeudi que Irma n’était pas aussi « douce » ( incarnée par Shirley MacLaine dans le film de Billy Wilder, 1963) que son homonyme météorologique. Comme les spécialistes de la météorologie auraient pu le prédire quand il n’y a ni Nino ni Nina dans le Pacifique, les éléments se déchainent dans l’Atlantique Nord.

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Par contre dans la montagne surplombant les riches bananeraies côtières de Tenerife les aloès fleurissent et c’est tout à fait exceptionnel au mois de septembre. Selon les autochtones l’hiver sera particulièrement long et rude, toutes proportions gardées car il n’y a pas de chauffage dans les maisons. Par contre les épisodes neigeux autour du volcan (3718 m d’altitude) seront probablement sévères, signe avant-coureur d’un changement du climat ou simple dicton populaire ?

Photos prises le 6 septembre 2017 depuis Genoveses sur le commune de Guarachico, Tenerife

Orlando

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La manifestation de solidarité avec la tuerie d’Orlando n’a pas attiré beaucoup de monde ce samedi 18 juin à Santa Cruz de Tenerife. Il y a pourtant dans cette ville des myriades de lesbiennes et de gays … J’ai moi-même été invité à la célébration du mariage de deux lesbiennes à l’église ! Un curé bienveillant avec accepté de bénir cette union. Dans l’Espagne « très catholique » les temps ont changé.