Congés électroniques et changement climatique

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Depuis mardi dernier j’étais coupé du monde, baigné dans le maquis semi-aride du nord de l’île de Tenerife, au pied du volcan Teide. La liaison internet dont disposent mes amis passe par leur téléphone portable et elle est tellement médiocre que j’ai préféré ne pas ouvrir mon MacBook. J’ai donc appris seulement hier soir jeudi que Irma n’était pas aussi « douce » ( incarnée par Shirley MacLaine dans le film de Billy Wilder, 1963) que son homonyme météorologique. Comme les spécialistes de la météorologie auraient pu le prédire quand il n’y a ni Nino ni Nina dans le Pacifique, les éléments se déchainent dans l’Atlantique Nord.

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Par contre dans la montagne surplombant les riches bananeraies côtières de Tenerife les aloès fleurissent et c’est tout à fait exceptionnel au mois de septembre. Selon les autochtones l’hiver sera particulièrement long et rude, toutes proportions gardées car il n’y a pas de chauffage dans les maisons. Par contre les épisodes neigeux autour du volcan (3718 m d’altitude) seront probablement sévères, signe avant-coureur d’un changement du climat ou simple dicton populaire ?

Photos prises le 6 septembre 2017 depuis Genoveses sur le commune de Guarachico, Tenerife

Orlando

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La manifestation de solidarité avec la tuerie d’Orlando n’a pas attiré beaucoup de monde ce samedi 18 juin à Santa Cruz de Tenerife. Il y a pourtant dans cette ville des myriades de lesbiennes et de gays … J’ai moi-même été invité à la célébration du mariage de deux lesbiennes à l’église ! Un curé bienveillant avec accepté de bénir cette union. Dans l’Espagne « très catholique » les temps ont changé.

L’impact de l’homme sur le climat et la biodiversité

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La plus vieille forêt primaire d’Europe se trouve dans l’île de Tenerife, c’est la laurisylva du massif volcanique d’Anaga, jamais spoliée depuis 5 millions d’années sinon par quelques routes et sentiers de randonnée de création récente. Cette forêt n’a survécu aussi longtemps que grâce à des conditions climatiques particulières résultant des alizés presque constants, des vents de nord-est chargés d’humidité qui, en remontant le long de la ligne de relief, font subir à l’air une décompression s’accompagnant donc d’un refroidissement qui à son tour entraine une condensation de la vapeur d’eau. Cette forêt bénéficie donc tout au long de l’année d’une humidité relative importante qui la classe parmi les forêts sub-tropicales humides alors que le climat y est plutôt tempéré. Il s’agit d’un biotope particulier où l’on rencontre des arbres et arbustes apparentés au laurier, des lauracées et d’autres arbustes proches de l’ajonc ou du genêt ainsi que des fleurs géantes proches du dendelion qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Comme dans beaucoup d’îles de par le monde soumises au même type de phénomène météorologique, dans certaines parties du Japon, en Nouvelle-Calédonie ou en Nouvelle-Zélande, la forêt d’Anaga a perduré presque intacte depuis l’émergence du massif volcanique qui fut l’un des premiers socles de l’île de Tenerife.

Aujourd’hui il est incontestable que cette forêt est la plus ancienne d’Europe, bien plus ancienne que les forêts de Pologne ou de Scandinavie qui n’existaient pas il y a 20000 ans car il n’y avait que des glaciers dans ces contrées.

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Curieusement le changement climatique qui eut pour résultat une montée du niveau des océans de plus de 100 mètres il y a environ 15000 ans (Dryas récent) à la suite de la fonte des calottes glaciaires qui recouvraient une grande partie de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’a pas été pris en considération par les auteurs d’une étude parue dans les PNAS relatant l’influence de la présence humaine sur les biotopes. Tout ce qu’a retenu cette étude émanant des Universités de Stanford, de Brisbane et d’Oxford parmi bien d’autres est la singulière et déplorable agression de l’homme sur l’environnement. Parmi les dommages irrémédiables de la « colonisation » de la planète par l’homme il est rappelé dans cette étude que les oiseaux incapables de voler comme le moa en Nouvelle-Zélande ou le mammouth laineux dans le nord de l’Europe ont été exterminés par l’homme jusqu’à leur disparition définitive, mais pas seulement. Certaines espèces de graminées ont disparu de la surface du globe après l’avènement de l’agriculture qui a profondément modifié les biotopes naturels.

En un mot l’homme est nuisible pour la planète non pas depuis le début de l’ère industrielle qu’on appelle l’anthropocène mais depuis beaucoup plus longtemps, depuis l’apparition de l’espèce Homo sapiens sapiens venu d’Afrique il y a environ 100000 ans. Il est donc facile de culpabiliser l’homme quand on énumère les disparitions successives des grands mammifères. Le bison d’Amérique, réservoir de protéines pour les amérindiens et intelligemment contrôlé par ces derniers pendant des millénaires échappa de justesse à sa disparition quand les hordes génocidaires des généraux Sherman et Sheridan décidèrent de les exterminer pour accélérer l’éradication des Indiens des grandes plaines américaines qui en tiraient l’essentiel de leur subsistance. L’article du PNAS n’en parle même pas.

L’émergence de l’agriculture a profondément modifié l’ensemble des biotopes. Un exemple cité dans cette étude est plutôt caricatural. Le nombre de chiens, le premier animal domestiqué par l’homme, est estimé aujourd’hui entre sept-cent millions et un milliard dans le monde, ce qui bien évidemment réduit d’autant la biodiversité relative puisque le chien est un carnivore. Il est certain que le petit teckel de Madame Chien-chien va systématiquement attaquer les pigeons dans les squares des grandes villes !

Le pire dommage créé par l’homme est donc l’agriculture puisque son extension a été par le passé synonyme de déforestation. Vient ensuite l’occupation des continents et des îles qui toujours selon cet article ont été défigurés par l’homme et les animaux qu’il a domestiqué, en particulier le chien. Selon ce pamphlet qui n’est même pas un article de recherche mais une compilation supposée exhaustive de la littérature (148 références d’articles choisis à dessein) concernant les dégâts créés par l’homme sur l’ensemble de la Terre. La disparition de la mégafaune est illustrée ci-dessous :

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L’article est en accès libre, cela va de soi puisqu’il s’agit d’une vaste propagande dans la droite ligne du malthusianisme des écologistes politisés. Il est déplorable que les PNAS s’abaissent ainsi en dénonçant le milliard de chiens sur Terre, un chien pour 7 personnes …

Source : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1525200113 en accès libre.

Illustration : la forêt d’Anaga à Tenerife avec le volcan Teide en arrière plan. Photo prise par votre serviteur à la fin du mois de mars 2016.

La darse Candelaria à Tenerife : un cimetière de plates-formes pétrolières ?

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Repsol a jeté l’éponge, il n’y a rien à tirer des roches mères du plateau continental au large des îles Canaries. Comme pour améliorer la situation le baril de pétrole a chuté au point que des pays comme l’Angola, pays vers lequel devaient repartir après des réparations de maintenance ces plates-formes, ont cessé toute nouvelle prospection … Ces morceaux de ferraille monstrueux sont condamnés à un triste sort …

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Et quand il n’est plus possible d’acquiter les frais de mouillage, elles sont déplacées au large. Peut-être termineront-elles leur vie comme récifs artificiels …

Il y a 75 ans, un premier avril à Burgos

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J’ai montré à une amie canarienne l’article de Contrepoints (http://www.contrepoints.org/2014/04/01/19527-fin-de-la-guerre-despagne) faisant mention du 75e anniversaire de la reddition des derniers groupes armés républicains devant le général Franco à Burgos le premier avril 1939. Et nous sommes partis dans une longue conversation au sujet des commémorations d’évènements historiques et d’une certaine réécriture de l’histoire pas toujours très respectueuse des faits réellement passés. L’histoire devrait pourtant être une sorte de science au même titre que la géologie ou la paléontologie. Les faits passés sont acquis et ne peuvent en aucun cas être modifiés ce qui n’est à l’évidence pas du tout le cas dans bien des pays et pour de nombreuses raisons. L’histoire, pourtant, est un élément essentiel pour faciliter la compréhension de l’identité actuelle d’un peuple et, j’irai encore plus loin, pour aider chaque individu à appréhender sa place dans la société dans laquelle il vit.

Nous sommes tous influencés par le passé de notre pays et le passé de nos ascendants familiaux, pourquoi le nier. Un petit rappel historique très bien relaté dans cet article de Contrepoints est toujours présent dans les esprits des Canariens et en particulier des habitants de l’île de Tenerife. Au printemps 1936, alors que l’Espagne péninsulaire sombrait dans le chaos et les exactions en tous genres fomentées par les Républicains de gauche au pouvoir à Madrid, Franco arriva à Santa Cruz de Tenerife et l’Armée locale, au moins une partie de celle qui était restée légitimiste, en d’autres termes respectueuse des traditions de l’Espagne, les Républicains n’ayant jamais été vraiment les bien-venus aux Canaries, se rallia à Franco venu de Mellila lors d’une réunion qui eut lieu dans le centre ville de Santa Cruz de Tenerife, précisément Plaza Weyler, là où je vais boire mon café chaque matin, au quartier général des forces armées de l’Archipel des Canaries. Franco partit dans la montagne au dessus du village de La Esperanza dans des casernements militaires pour établir une stratégie de reconquête du pays. Ce que les livres d’histoire appellent la Guerre Civile Espagnole et les Espagnols la guerre de 36 allait commencer et durer un peu moins de trois ans avec ce que l’on a bien voulu enseigner dans ces livres d’histoire comme faits d’arme, intervention des brigades internationales (genre les partisans aujourd’hui du djihad en Syrie issus de nombreux pays y compris la France), de l’armée allemande qui bombardait des villes espagnoles aux mains des Républicains pour tester ses armements en vraie grandeur, bref, des évènements qui ont complètement occulté les terribles ravages déjà occasionnés au passé historique et culturel multi-séculaire espagnol par ces mêmes Républicains, presque un remake en pire des Jacobins en France quelques années après la prise de la Bastille.

En dehors d’une séquence de 15 secondes hier soir sur la cinquième chaine de télévision aucun média espagnol ne s’est étendu sur ce 75e anniversaire, et pour cause ! A la fin de la guerre civile, ce fut le début de la « dictature franquiste » avec des exactions, des exécutions sommaires, des tortures et des massacres qui n’avaient rien à envier aux horreurs des années 1930 – 1936 qu’avait vécu le peuple espagnol sous la « République ». De même, la mort de Franco n’est pas non plus célébrée comme événement historique ni l’abdication d’Alphonse XIII d’ailleurs. L’histoire a donc tout simplement ignoré ces dates et les manuels scolaires restent pour le moins elliptiques dans leurs descriptions des évènements passés. Et pourtant il s’agit d’un passé bien réel mais il faut parfois mentir par omission plutôt que de se compromettre. Qui a osé remettre en cause le surnom de « Petit Père du Peuple » dont s’affublait Staline, certainement le plus grand criminel de toute l’histoire de l’humanité, certainement pas Maurice Thorez, un intime de Staline, dont on retrouve le nom placardé dans de nombreuses rues et places de France, qui a osé, justement en Espagne, remettre en cause la personnalité des rois très catholiques qui se sont couvert les mains de sang en massacrant souvent pour le plaisir des populations entières d’indigènes d’Amérique, les juifs d’Espagne proprement jetés à la mer, qui oserait remettre en cause la probité de l’armée française en Algérie, etc, etc ?

Le « sens » de l’histoire, lui, ne doit pas être remis en cause et si besoin était, peut être réécrit par les politiciens pour enjoliver les heures sombres que des nations entières ont traversé pour la « bonne cause ».

J’ai donc fait une petite enquête pour apprécier ce qu’en pensaient quelques Espagnols du cru, des Canariens pure souche directement concernés par ces évènements. Et la réponse fut invariablement « muy politicamente incorrecto », point barre. Une des personnes que j’ai interviewé m’a répondu que trop de familles avaient encore un parent vivant dont les mains étaient couvertes de sang républicain ou franquiste et qu’il n’était pas bien venu de parler de ces évènements. Un vieux militaire à la retraite (89 ans) m’a raconté que son frère avait été enrôlé de force par Franco à l’âge de 15 ans et qu’il a combattu dans la division Azul et s’est ensuite volontairement engagé dans l’armée allemande pour aller se battre sur le front russe. Il m’a raconté cette histoire parce qu’il était lui-même militaire de carrière et que pour lui l’histoire était modifiée par les politiciens et non les militaires qui au final n’avaient pas le droit de protester …

Qui faut-il donc commémorer, les exactions des Républicains espagnols ou la dictature de Franco ? Ni l’une ni les autres. Avant tout la paix sociale et politique quitte à mentir sur l’histoire, mentir, le maître mot devenu aujourd’hui, dans tous les domaines, d’une triste, répugnante et révoltante banalité …

Illustration : Contrepoints

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la dangerosité du lait (et des yaourts)

J’ai passé deux jours avec deux charmantes dames « d’un âge » à qui j’ai fait visiter l’île de Tenerife. Mais la diversité de cet endroit est telle que deux jours sont bien insuffisants pour apprécier les petits villages perdus dans les montagnes ou les forêts primaires du massif d’Anaga, l’un de mes « coins » préférés. Bref, m’ayant vu boire un litre de lait entier pour mon petit déjeuner, ces deux dames me prirent presque à partie car elles considèrent, c’est leur médecin qui le leur a dit et répété, que le lait est un poison dangereux qu’il faut éviter à tout prix. Je suis resté perplexe puisque je survis de manière tout à fait satisfaisante à l’ingestion quotidienne d’un litre de lait (entier) depuis de nombreuses années. Je dois donc, selon les dires de ces deux dames, être un individu spécial, une sorte d’extra-terrestre déroutant par son régime alimentaire surprenant et digne d’attirer sérieusement l’attention de la faculté. Ce qui m’a conduit à prendre leur affolement à la légère était non pas leur peur du lait en tant que tel mais le fait qu’elles se délectaient en face de moi de yaourts aux fruits d’une marque bien connue puis d’un gros morceau de fromage de chèvre frais de l’île de la Gomera. Je ne fis pas de remarque sur le fromage que je n’apprécie pas trop car sa consistance tient plus du bloc de latex séché qu’on trouve en Thaïlande près des plantations d’hévéas que du bon fromage de chèvre d’Ardèche ou des Monts du Lyonnais. Pour les yaourts, je mis en garde ces deux charmantes dames sur le fait que leurs yaourts étaient fabriqués dans une usine située à quelques pas de la raffinerie de pétrole de Santa Cruz et peu éloignée de la station d’épuration des eaux usées de la même ville, dans un quartier industriel (normal, la fabrication des yaourts est un processus industriel) pas très fréquentable en raison des odeurs persistantes de mercaptans dans l’air ainsi que des fumées des chaufferies de la raffinerie et des odeurs plus que lourdes de la station d’épuration. Elles ne semblèrent pas convaincues par mes dires mais j’enfonçai le clou en leur expliquant que les yaourts étaient fabriqués avec du lait en poudre d’origine inconnue qui était reconstitué avec de l’eau locale et que les arômes « fruit » et les colorants les accompagnant pour donner un aspect attirant à la mixture étaient également d’origine plus ou moins connue, probablement synthétique, mais qu’en revanche, les morceaux de fruits étaient bel et bien des miettes de fruits lyophilisés ajoutés au yaourt après la fermentation, le mélange étant ensuite stabilisé par un extrait d’algue ad hoc pour faire bonne (contenance) consistance. Malgré mon alarmisme, ces deux dames persistèrent très sérieusement en me mettant en garde contre la consommation de lait susceptible d’endommager l’ensemble de mon organisme. Je me demande encore d’où vient cette information erronée de la dangerosité du lait, encore un oui-dire aussi stupide que la nocivité du papier d’aluminium, des ondes électromagnétiques ou pourquoi pas de la pleine lune qui était une super pleine lune ce week-end …

Retour à Tenerife

Il est toujours instructif de voyager, ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse … et si je voyage relativement beaucoup ce n’est plus pour me former mais pour le plaisir de visiter mes amis, ma famille et mes petits-enfants. Parti de Tokyo-Narita après avoir emprunté l’Asakuza line depuis Shimbashi, pas chère et rapide, je la conseille vivement aux touristes qui oseraient s’aventurer au Japon puisque paraît-il tout le pays est radioactif, 26 heures plus tard je me retrouvais à Madrid après une escale à Séoul de 4 heures incluse. Le vol Séoul (Incheon)-Madrid est particulièrement éprouvant, 14 heures de vol c’est presque le maximum autorisé pour un biréacteur (Boeing 777) surtout quand on s’attend à une bonne vingtaine de minutes de taxi dans les méandres du tarmac de Madrid-Barajas. Je pratique cet aéroport depuis plus de cinq ans et plusieurs fois par an et je n’ai toujours pas compris pourquoi l’accès des avions à l’aérogare du terminal 1 était si complexe. On dirait qu’il y a des rond-points pour peut-être éviter aux avions de se téléscoper et pourtant à 5 heures quinze du matin, il n’y avait pas vraiment foule sur les tarmacs, je veux parler des aéroplanes. Ensuite les préposés aux bagages n’ayant pas encore fini leur nuit n’avaient pas l’air pressés puisque tous les Coréens venus visiter l’Espagne attendaient avec patience et résignation leur valise alors que quelques Espagnols commençaient à manifester leur énervement d’autant plus évident qu’ils parlaient suffisamment fort pour couvrir totalement les chuchotements timides des Coréens. Il faut aller à Las Vegas pour attendre plus de quarante minutes sa valise mais c’est étudié pour que les arrivants se fassent tout de suite la main sur les machines à sous ! Puisque les machines à sous sont justement légales en Espagne, pourquoi ne pas en installer dans les halls hideux du terminal 1 de Madrid où on attend ses bagages aussi longtemps après ce vol si long ?

Au milieu de la nuit l’avion a survolé des étendues immenses ponctuées de torchères irrégulièrement réparties dans un paysage au relief difficile à apprécier par une nuit sans lune. Probablement les immenses champs gaziers à l’est de l’Oural, loin, très loin dans l’interminable Sibérie centrale. J’ai compris pourquoi le vol avait trainé en longueur, le vent contraire de front avoisinait les 180 km/h et sur de longues distances ce détail fait la différence.

A Madrid, nouvelle escale de plus de quatre heures pour attraper un vol vers Tenerife Norte, l’aéroport où il y eut l’accident le plus meurtrier de l’aviation civile, ma destination finale, qui sera atteinte après plus de 35 heures de périple, attentes comprises. Rien à dire sur la nourriture du catering de Korean Air sinon qu’elle est difficilement supportable pour un palais occidental. Mes voisins coréens avaient l’air satisfaits avec une soupe aux algues et un grand bol d’un mélange dont je n’ai pas été capable de déterminer la composition exacte. Il est préférable de se mettre à la diète plutôt que risquer un gros problème digestif avec des mets asiatiques peut-être fort bons mais que je qualifierai d’exotiques. Je suis donc de retour à Santa Cruz de Tenerife avec son climat exceptionnel, 25 degrés et une belle brise marine pour ressentir une touche de fraicheur, que du bonheur, alors qu’en France l’hiver se languit et qu’à Tokyo la variabilité extrême du climat est assez perturbante. C’est fou comme le temps, le soleil, la température, la pluie et le vent prennent de l’importance quand on commence à prendre de l’âge …