Les téléphones fixes dans la rue : ça existe toujours au Japon !

Au Japon il y aura encore longtemps des téléphones publics dans les rues tout simplement parce que beaucoup de « vieux » ne savent pas se servir d’un téléphone portable devenu un extension de l’ego de chacun et je fais partie de cette catégorie. D’ailleurs j’en suis parfois très fier car maintenant que j’ai émigré au Japon mon téléphone portable ne me sert plus qu’à faire des photos, et je ne me sens pas du tout ridicule.

Il y a un peu plus d’une quinzaine d’années le Japon était le leader mondial des téléphones mobiles dits plus tard « smart-phone ». Il était déjà possible de payer un trajet en train avec son téléphone portable. Quelques applications apparaissaient mais elles étaient difficiles à utiliser. Bref il semblait que les ingénieurs informaticiens appelés aussi développeurs butaient sur un écueil insurmontable : la complexité de la formulation de la langue japonaise qui comporte des milliers de signes. Cette invention du smart-phone par les Japonais, il ne faut pas avoir peur de le dire, fit la fortune d’Apple, de Samsung et d’autres sociétés déjà impliquées dans la production de téléphones portables qui paraissent préhistoriques aujourd’hui. La raison en est simple : l’alphabet international utilisé par les pays occidentaux est beaucoup plus simple à gérer pour un développeur. L’arrivée des écrans tactiles résistifs ou capacitifs et leur intégration dans les téléphones portables a constitué la grande révolution du smart-phone. Cette invention qui date de la fin des années 1970 a fait le succès des téléphones d’Apple qui a su adapter cette technologie aux téléphones dès 2007.

Les entreprises japonaises n’ont donc pas su intégrer en temps opportun les innovations car ils étaient bloqués par les idéogrammes de leur langue écrite. Mais il existe un autre facteur aujourd’hui qui justifie la présence de téléphones classiques dans la rue : le vieillissement de la population dont une grande partie est réfractaire aux téléphones portables pour qui il s’agit d’un instrument trop complexe à utiliser. C’est un peu mon cas … Dans ce pays où la population est imprégnée du respect de toute chose le téléphone fixe dans la rue se trouve dans une sorte de boite et l’appareil est protégé par une vitre. Jamais personne n’osera détériorer cet appareil et par conséquent il ne requiert aucun entretien particulier. Dans dix ans il sera toujours là pour satisfaire une demande. Il en est de même des « fax » dans chaque maison, le téléphone fixe servant aussi à envoyer ou recevoir des documents, encore une fois pour la population vieillissante qui méconnaît totalement la puissance du réseau internet et ne connait que la manière de changer de programme télévisuel avec un récepteur parfois d’un autre âge.

Un autre détail qui m’a interpellé est la présence de caisses automatiques dans certains supermarchés. Le fonctionnement est simple : on met son panier d’articles d’un côté de la caisse. Le poids du panier est enregistré et on fait passer les articles les uns après les autres de l’autre côté. On paie majoritairement avec son smart-phone (encore lui) car c’est extrêmement rapide et on s’en va. Ce système avait été mis en place peu de temps avant que je rentre en Espagne en décembre 2019. Aujourd’hui je n’ai vu aucun « vieux » utiliser ces caisses automatiques. Par contre en raison du coronavirus il y a des machines pour payer en numéraires afin que la caissière, vieille mode, ne soit pas obligée de manipuler des pièces de monnaie ou des billets qui pourraient être contaminés par le virus. Les « vieux » comme votre serviteur ont compris ce qu’il fallait faire pour payer ses achats. On choisit numéraire ou carte de crédit, il y a une touche pour préciser qu’on est d’accord avec le reçu de monnaie … C’est par cette filière que tous ces « vieux » déconnectés passent et qu’ils paient avec des billets de banque. Mon fils achète une baguette de pain et paye avec son téléphone (un iPhone) et j’avoue que je suis tout simplement ébahi … Je ne savais pas que c’était possible.

L’ondophobie a de beaux jours devant elle …

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Quand je regarde ma table de « travail » (oui, j’ai une table de travail parce que tenir mon blog quotidiennement demande plusieurs heures de travail chaque jour) il y a une souris blue-tooth, un clavier blue-tooth, un MacBook connecté à mon routeur en wifi, un téléphone fixe mais fonctionnant sans fil et mon téléphone portable. Pour ne pas recevoir d’alertes de Google chaque jour j’ai fini par connecter directement mon iMac au routeur avec un câble ethernet. Depuis le balcon de mon modeste logement je peux voir situés sur des buildings, mais qu’on ne peut pas apercevoir de la rue, trois amas d’antennes relais, c’est mieux et c’est rassurant pour le chaland. Enfin quand je réinitialise l’un de mes ordinateurs et les paramètres réseau, je ne sais plus combien de signaux wifi sont reconnus, au moins une bonne trentaine.

Ça fait beaucoup d’appareils (et d’ondes) à proximité de mes neurones vieillissants ! Je me porte encore pas trop mal pour mon âge malgré cet environnement électromagnétique intense dans lequel chacun d’entre nous baigne en permanence, un « électrosmog », c’est nouveau, ça vient de sortir. On ne peut plus y échapper, il y a de par le monde 6 milliards de téléphones mobiles qui tous émettent des « ondes » et le nombre d’appareils connectés autres que des téléphones croit exponentiellement. Mais il ne faut pas non plus que ça nous monte à la tête malgré ce que des « experts » prétendent. Cependant, pour entretenir la phobie des ondes, l’ondophobie, des journalistes qui ne savent pas ce qu’est une onde électromagnétique font des piqûres de rappel périodiquement dans les médias dans le seul but d’alarmer la population. Ces mêmes journalistes ont probablement deux ou trois téléphones portables dans leur besace mais ils sont payés pour écrire des scoops.

La nouveauté sur laquelle s’appuient ces professionnels de l’angoisse est le manque de données relatives aux cancers du cerveau dans les tranches d’âge comprises, disons, entre 0 et 20 ans puisque ces jeunes générations ont été depuis leurs premiers pas plongées dans un univers électromagnétique dont ils ne peuvent se protéger. Depuis que l’IARC (CIRC, mes lecteurs savent ce que je pense de cet organisme) a classé les ondes électromagnétiques « possibles carcinogènes » la psychose ne fait qu’amplifier à tel point que le Docteur Devra Davis, éminente épidémiologiste qui s’intéresse de très près aux cancers, a tiré la sonnette d’alarme, encore une fois. Cette personne respectable n’est pas n’importe qui : elle a été nobélisée en même temps qu’Al Gore en 2007 pour sa contribution hautement significative à la paix dans le monde … C’est une scientifique membre de l’Académie des Sciences américaine et en tant que prix Nobel elle s’active pour établir une relation de cause à effet entre les cancers du cerveau et les téléphones portables. Cette dame alerte les parents sur les plateaux de télévision en les culpabilisant par des propos contestables. Même les écoles sont des électrosmogs notoires et les parents sont involontairement consentants en exposant leurs enfants aux ondes électromagnétiques. On croit rêver.

Cette Devra Davis ne sait probablement pas que les ondes électromagnétiques ne peuvent que se dissiper sous forme de chaleur, une énergie thermique qui se mesure en micro-watts, très exactement comme ce qui se passe dans un four à micro-ondes qui est un émetteur d’ondes de type radar des milliards de fois plus puissant qu’un téléphone portable. En effet, si la longueur d’onde des photons émis par un téléphone cellulaire est relativement proche de celle émise par le magnetron d’un four, le four est un espace clos alors que l’atmosphère est un espace ouvert. L’énergie émise par un téléphone est très rapidement dissipée dans toutes les directions et une très faible fraction de celle-ci atteindra le lobe de l’oreille ou éventuellement les os du crâne.

Le seul effet connu pour un chimiste ou un physicien est une agitation des molécules d’eau qui ont la propriété d’entrer en résonance avec ces ondes d’une fréquence de 2,45 GHz (32,8 centimètres de longueur d’onde) et de se transformer en énergie thermique. Ce n’est pas le cas avec les téléphones portables et les autres appareils wifi ou blue-tooth puisque les fréquences communément utilisées se situent entre 900 et 1900 MHz, fréquences auxquelles ne réagit que très modérément la molécule d’eau. Jamais un chimiste n’a pu noter de modifications au niveau moléculaire de composés chimiques simples ou complexes avec les micro-ondes d’un four commercial ou industriel. Prétendre que les ondes électromagnétiques émises par un téléphone portable peuvent induire des modifications de l’ADN cellulaire et provoquer des cancers relève tout simplement de la fausse science.

Pourtant Devra Davis, activiste climatique auréolée de sa distinction partagée de prix Nobel, ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle il faut respecter l’exécrable principe de précaution : puisqu’on ne sait pas, il ne faut pas prendre de risques. Et de faire allègrement l’amalgame entre le tabac, l’amiante et les téléphones cellulaires. Pour cette fanatique de l’environnement la seule issue possible est la régression technologique avec une forte teinte de malthusianisme si cher aux écologistes. Pour elle, on ne sait pas combien de centaines de millions de jeunes d’aujourd’hui développeront un cancer du cerveau dans 20 ou 30 ans. Faut-il alors interdire une console Wii, une tablette ou un téléphone portable aux enfants ? Décidément la pseudo-science envahit tous les aspects de notre vie quotidienne …